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Banques et authentification forte : l’application mobile n’est (en théorie) pas une obligation

23 février 2026 à 16:01
Regardez comme elle est largement utilisée mon application !
Banques et authentification forte : l’application mobile n’est (en théorie) pas une obligation

Les banques poussent massivement leurs clients à utiliser leur application mobile pour valider les paiements (et ça marche). BoursoBank fait le forcing auprès de certains clients. Rappelons que le recours à une application n’est pas une obligation légale. L’inverse semble aussi vrai : les banques ne semblent pas avoir l’obligation de proposer une alternative.

« Pour continuer à gérer vos comptes simplement et réduire les risques de fraude, l’App devient indispensable. » C’est le message envoyé par BoursoBank (anciennement Boursorama Banque) à certains de ses clients, comme ces derniers en témoignent ici et par exemple. Il reste encore quelques semaines puisque l’échéance est fixée au 6 avril 2026.

BoursoBank : « La validation dans l’application sera indispensable »

Sur son site, la filiale de la Société Générale confirme :

« Certaines opérations nécessitent une validation de votre part. Par défaut, celle-ci se fait via l’application BoursoBank car elle offre le meilleur niveau de sécurité et de confort : vous recevez une notification directement sur votre appareil et validez dans votre espace personnel protégé (mot de passe, code ou biométrie). Si vous ne détenez pas l’application, la validation de vos opérations se fait encore par code à usage unique reçu par SMS ou Email. Toutefois, à partir du 06/04/2026, pour les opérations les plus importantes, la validation dans l’application sera indispensable ».

Le message est clair : « l’application sera indispensable » pour certaines opérations sensibles, mais sans plus de précisions. BoursoBank ajoute que, « si vous ne pouvez pas utiliser l’application pour valider une opération, vous pourrez contacter le Service Client qui vous orientera vers une solution de validation provisoire selon votre situation ».

Quid des autres banques ?

Il n’est pas précisé combien de temps cette solution provisoire sera disponible, ni comment elle fonctionnera. Nous avons contacté le service presse de BoursoBank, qui n’a pas répondu à nos questions pour le moment.

Qu’en est-il chez d’autres banques ? Des alternatives existent en général, même si elles ne sont pas toujours mises en avant.

Chez Fortuneo (Crédit mutuel Arkéa), l’application mobile n’est pas obligatoire pour une authentification forte : « Un mode de validation alternatif par SMS et mot de passe est en place lorsqu’un paiement en ligne avec votre carte nécessite une authentification forte. Vous devez tout d’abord renseigner le code reçu par SMS, puis entrer votre mot de passe Fortuneo (celui que vous saisissez pour vous connecter sur l’espace client Fortuneo) ».

Même approche chez MonaBanq (Cofidis) : « Si vous n’utilisez pas l’application mobile Monabanq, l’authentification forte est réalisée à l’aide d’un code à usage unique envoyé par SMS sur le numéro de téléphone mobile enregistré dans vos coordonnées pour valider les opérations sensibles. Vous devrez également saisir le code d’accès à votre Espace Client ».

Au CIC, l’authentification forte pour les achats en ligne passe par Confirmation Mobile, mais ce n’est pas obligatoire : « Si vous ne possédez pas de smartphone permettant d’installer notre application, vous pouvez vous connecter à votre espace client depuis notre site internet et créer votre Code Personnel de Paiements Internet (CPPI), via l’onglet « Profil » puis « Sécurité ». Lors d’un paiement par carte sur un site marchand, un code vous sera envoyé par SMS, celui-ci sera à renseigner ainsi que votre CPPI ».

Par contre, le CIC écrit noir sur blanc que « lors de vos connexions au site internet, la validation de votre connexion par Confirmation Mobile vous est demandée systématiquement ».

Qu’est donc cette « DSP2 » dont parlent les banques ?

Un mot revient souvent quand il s’agit de banques et de validation d’opérations d‘achats en ligne : la 2e directive sur les services de paiement ou DSP2. Cette directive a été votée en 2015 par le Parlement européen et elle est entrée en vigueur en septembre 2019. Elle vise, rappelle le site officiel de France Num à « harmoniser la réglementation sur les paiements au sein de l’Union européenne ».

Elle renforce les droits des consommateurs, interdit des pratiques de surfacturation et, dans le cas présent, oblige une authentification forte pour tous les paiements en ligne : « c’est-à-dire à deux facteurs au moins entre un code ou mot de passe que l’on sait, un appareil que l’on possède, une donnée biométrique telle que l’empreinte digitale, la voix ou l’iris ». Il existe quelques exceptions, notamment pour les petites sommes (moins de 30 euros).

L’authentification forte décrite dans la DSP2 n’impose pas l’utilisation de l’application mobile de la banque, mais ne l’interdit pas non plus. Les banques ne se privent donc pas de pousser leur application auprès de leurs clients.

Une seule obligation : fournir deux éléments d’identification

France Num explique que, dans le cadre d’une authentification forte, « le client doit fournir deux des trois éléments d’identification suivants :

  • un mot de passe ou code numérique (dit élément de connaissance)
  • son portable ou sa ligne téléphonique (dit élément de possession)
  • son empreinte digitale ou faciale ou le son de sa voix (dit élément d’inhérence) ».

France Num ajoute néanmoins que « si le client ne possède pas de téléphone intelligent ou ne souhaite pas utiliser l’application mise à disposition par sa banque, l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement rappelle que « les utilisateurs doivent disposer de la liberté de choix de leur solution d’authentification » et que « les prestataires de services de paiement sont donc invités à offrir au moins une méthode alternative et gratuite à l’application mobile sécurisée » ».

Dans la charte du comité national des moyens de paiement (pdf, disponible sur la Banque de France), il est aussi indiqué que « les prestataires de services de paiement sur internet devraient proposer, dans la mesure du possible et sans surcoût pour les utilisateurs, au moins une solution d’authentification forte alternative à l’utilisation d’une application bancaire sécurisée ».

France Num donne deux exemples : « envoi d’un SMS à usage unique couplé à un mot de passe connu par le client ; mise à disposition d’un dispositif physique dédié comme un lecteur de cartes bancaires ». La première solution est celle mise en place par Fortuneo et MonaBanq par exemple.

De son côté, l’April propose un « atelier DSP2 » sous la forme d’un wiki ouvert aux non-membres : « Double authentification par SMS : certaines banques l’ont supprimée… et imposent des solutions non libres, intrusives et/ou payantes. Le risque est que les autres banques fassent de même… », explique l’Association sur Mastodon. Des membres essayent donc de maintenir à jour le wiki afin de « mutualiser les informations » et « indiquer les recours possibles ». La dernière mise à jour date du 14 février 2026.

82 % des paiements authentifiés via les applications mobiles

Le portail de la transformation numérique des entreprises reconnait volontiers que, « le plus souvent, les banques demandent à leurs clients de télécharger leur application mobile qui intègre le service d’authentification forte ».

C’est d’ailleurs confirmé par la Banque de France dans son observatoire de 2023, qui rappelait que l’application mobile était la principale solution d’authentification forte en France : « 74 % des porteurs de cartes en sont équipés (contre 72 % en 2022), et elle représente 82 % des paiements authentifiés ».

La question du smartphone pour accéder à ses comptes s’invite au Sénat

Les mentalités sont-elles en train de changer ? Alors que les rapports de la Banque de France publiés fin 2023 et 2024 (sur des données de 2022 et 2023) indiquaient tous les deux que les prestataires devaient offrir « au moins une méthode alternative et gratuite à l’application mobile sécurisée » (même phrase dans les deux rapports), celui de 2025 n’en fait plus mention.

Il y a un an, la question de l’« obligation de possession d’un téléphone portable pour accéder à ses comptes bancaires en ligne » était arrivée au Sénat. Lauriane Josende (Les Républicains) demandait au gouvernement s’il envisageait de « prendre des mesures pour assurer un égal accès de tous les usagers au service bancaire ».

La réponse est arrivée quelques semaines plus tard, via Nathalie Delattre (ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie et des Finances). Elle expliquait alors que « les clients qui n’ont pas de smartphone disposent de plusieurs modalités d’accès à leur compte bancaire – en contactant leur conseiller bancaire par téléphone ou en utilisant un ordinateur classique. Ils peuvent également se rendre dans leur agence bancaire et utiliser un guichet automatique – qui se trouve le plus souvent dans le sas de l’agence – ou s’adresser à un conseiller au guichet ». Pour la ministre déléguée, « l’égalité d’accès de nos concitoyens qui ne possèdent pas de smartphone à leurs informations bancaires est donc assurée ».

Ce à quoi la sénatrice rétorque : « Dans les zones rurales, l’égal accès aux comptes bancaires tel que vous le décrivez est toutefois bien souvent une illusion. En pratique, les agences sont loin, en particulier pour des personnes âgées qui rencontrent des difficultés pour se déplacer. La plupart du temps, les numéros d’appel des services clients, a fortiori des nouvelles banques qui ne proposent leurs services qu’en ligne, sont difficiles d’accès ». Il faudra peut-être ajouter prochainement la validation de certaines « opérations les plus importantes ».

Free augmente sa 5G(+), au détriment de sa 4G+ dont les débits sont divisés par deux

23 février 2026 à 14:03
Jeu d’ondes musicales
Free augmente sa 5G(+), au détriment de sa 4G+ dont les débits sont divisés par deux

Free continue de réarranger son spectre après l’annonce de l’arrêt de sa 3G et déploie désormais de la 5G sur trois bandes de fréquences : 700, 2 100 et 3 500 MHz. L’opérateur en profite pour mettre à jour ses fiches d’informations standardisées avec de nouveaux débits pour la 4G+ et la 5G(+). Certains sont fortement réduits, d’autres augmentent un peu.

Fin octobre, juste après la validation par l’Arcep d’une nouvelle (et dernière ?) prolongation de l’itinérance sur le réseau d’Orange, Free annonçait la fin de sa 3G. Désormais, la 2G comme la 3G passent exclusivement par le réseau « de l’opérateur historique partenaire ». Free ouvre par contre une nouvelle fréquence pour la 5G et la 5G+ : 2 100 MHz (qui reste aussi disponibles pour la 4G).

900 MHz pour la 4G, 2 100 MHz pour la 5G

Peu après la fermeture de la 3G, Free mettait à la retraite près de 15 000 sites 3G sur les 900 MHz. Dans le même temps, plus de 11 000 sites 4G dans les 900 MHz étaient mis en service. L’opérateur appliquait simplement le principe des vases communicants : les sites utilisés pour la 3G sont réutilisés pour de la 4G. Free est le seul opérateur en France à proposer de la 4G sur les 900 MHz, selon le dernier observatoire de l’ANFR (Agence nationale des fréquences).

Free avait été rapide à migrer plus de 11 000 sites de la 3G vers la 4G sur les 900 MHz fin 2025, mais depuis c’est relativement calme avec seulement 244 sites supplémentaires sur le mois de janvier (observatoire de février 2026).

Après les 900 MHz, c’est au tour des 2 100 MHz. Ce sont pour rappel les deux fréquences utilisées pour la 3G en France par l’ensemble des opérateurs. Depuis le début de l’année, Free n’a plus aucun site 3G en service sur les 2100 MHz, alors qu’il y en avait encore quelques centaines fin 2025.

Sur la 5G, les opérateurs ont fait des choix différents. D’un côté, Bouygues Telecom et SFR ne mettent pour le moment en service des sites que sur les 2 100 et 3 500 MHz. De l’autre, Free Mobile mise massivement sur les 700 MHz, en plus de 3 500 MHz. Enfin, il y a Orange qui déploie de la 5G sur les 700, 2 100 et 3 500 MHz.

Pour rappel, plus les fréquences sont basses, plus elles portent loin (on parle souvent de fréquences en « or » en dessous de 1 GHz), mais elles proposent moins de bande passante car les blocs de fréquences disponibles sont moins nombreux.

Free est en train de revoir sa gestion du spectre avec de premières autorisations pour de la 5G sur les 2 100 MHz, comme l’a repéré VacheGTI sur X. Sur le site de l’Agence nationale des fréquences, il y a en effet 38 sites « approuvés » pour de la 5G Free Mobile sur les 2 100 MHz. Ils sont regroupés au niveau du 15ᵉ arrondissement de Paris, à l’exception d’un site à Issy-les-Moulineaux.

Le dernier décompte officiel de l’ANFR ne faisait état d’aucune autorisation sur les 2 100 MHz pour de la 5G. Un observatoire est publié chaque début de mois, rendez-vous donc début mars pour voir ce qu’il en est sur l’ensemble du mois de février.

Désormais, Free explique que son service mobile est « accessible en itinérance 2G/3G sur le réseau de l’opérateur historique partenaire, en 4G/4G+ dans les bandes de fréquence 700 MHz, 900 MHz, 1800 MHz, 2100 MHz et 2600 MHz et en 5G/5G+ dans les bandes de fréquence 700 MHz, 2100 MHz et 3500 MHz sur le réseau de Free Mobile, et sous réserve de disposer d’un mobile compatible ». Fin 2025, il était seulement indiqué « 5G dans les bandes de fréquences 700 MHz et 3500 MHz ».

Les débits en 4G+ passent de 850 Mb/s à… 395 Mb/s

Avec l’arrivée de la 5G sur les 2 100 MHz, Free Mobile met aussi à jour ses débits maximums, aussi bien en 4G+ qu’en 5G. L’opérateur parle aussi de la 5G+ mais uniquement pour son Forfait Free à 19,99 euros par mois qui est le seul à pouvoir profiter de cette option.

Entre le mois d’octobre 2025 avec la fin de la 3G et mi-janvier 2026, Free Mobile a mis à jour la partie de « Débits du service internet » de ses fiches d’informations standardisées (version du 21 octobre 2025, version actuelle). Rien ne change pour la 3G et la 4G avec 384 kb/s et jusqu’à 150 Mb/s en téléchargement, contre respectivement 384 kb/s et jusqu’à 50 Mb/s en upload.

Pour la 4G+ avec l’agrégation de plusieurs bandes de fréquences, le Forfait Free annonce désormais « Jusqu’à 395 Mb/s » en téléchargement 4G+ et « Jusqu’à 75 Mbit/s » en upload 4G+, au lieu de respectivement 850 et 100 Mb/s en octobre et de nouveau en décembre 2025. En téléchargement, le débit est donc divisé par plus de deux. Free avait, pour rappel, indiqué jusqu’à 850 Mb/s en 4G+ débit 2025.

Petite hausse en 5G avec 1,9 Gb/s au lieu de 1,75 Gb/s

En 5G, Free annonçait fin 2025 « Jusqu’à 1,75 Gb/s en zones couvertes en 3,5 GHz avec agrégation des 4 bandes de fréquences 4G, et jusqu’à 850 Mb/s en zones couvertes par la bande de fréquences 700 MHz avec agrégation des 3 autres bandes de fréquences 4G ». 700 et 3 500 MHz étaient alors les deux seules bandes disponibles pour la 5G chez Free Mobile.

Désormais, il y a trois cas :

  • Jusqu’à 844 Mb/s en zones couvertes en 700 MHz avec agrégation des bandes de fréquences 4G
  • Jusqu’à 1 Gb/s en zones couvertes en 2,1 GHz avec agrégation des bandes de fréquences 4G
  • Jusqu’à 1,9 Gbit/s en zones couvertes en 3,5 GHz avec agrégation des bandes de fréquences 4G

Sur les 700 MHz, Free Mobile passe donc de 850 à 844 Mb/s, soit une petite baisse de 6 Mb/s, tandis qu’en 3,5 GHz l’opérateur grimpe de 150 Mb/s avec 1,9 Gb/s au lieu de 1,75 Gb/s. La mention des 2 100 MHz est nouvelle.

5G+ pour le Forfait Free, pas la Série Free

Une nouvelle case fait aussi son apparition : 5G+. Il s’agit cette fois de combiner des fréquences de la 5G uniquement. Le débit dans la bande de 3,5 GHz est de 1,2 Gb/s maximum, alors qu’il peut atteindre « jusqu’à 1,6 Gb/s en zones couvertes en 3,5 GHz avec agrégation des bandes de fréquences 3,5 GHz + 2,1 GHz + 700 MHz – Paris (en cours de déploiement) ». La précision de Paris correspond bien à ce que nous avons vu sur le déploiement des 2 100 MHz.

La 5G+ est, pour rappel, le nom commercial utilisé par les opérateurs pour parler de 5G SA (SA pour StandAlone), c’est-à-dire « un réseau 5G complet et indépendant du réseau 4G », contrairement à la 5G NSA (NSA pour Non StandAlone) qui était déployée au début en 2020. La 5G NSA a besoin d’un cœur de réseau en 4G, ce qui n’est pas le cas de la 5G SA ou 5G+ ; ce qui explique pourquoi en 5G+ il n’y a pas d’agrégation des bandes de fréquences 4G.

Les débits descendants aussi augmentent un peu en 5G+ avec « jusqu’à 173 Mb/s en zones couvertes en 3,5 GHz » au lieu de 130 Mb/s précédemment. L’agrégation des trois bandes de 5G ne change rien au débit maximum, qui reste à 173 Mb/s.

Ci-dessous, à gauche la fiche d’information standardisée (FIS) du 16 décembre avec la 4G+ jusqu’à 850 Mb/s et aucune mention de la 5G en 2 100 MHz, puis à droite la nouvelle du 13 janvier avec la 4G+ à 395 Mb/s et les 2 100 MHz pour la 5G.

Lors de la lecture des fiches d’information standardisée de Free Mobile, on se rend compte d’une différence entre le Forfait Free à 19,99 euros par mois et la Série Free à 9,99 euros par mois pendant un an (puis passage automatique au Forfait Free à 19,99 euros) : il n’y a pas de 5G+ dans le forfait en promotion, selon la fiche d’informations standardisées du 19 février 2026.

Rien de surprenant pour autant puisque c’est indiqué sur la page de présentation des offres : le Forfait Free propose bien de la 5G+, contre de la 5G « simplement » pour la Série Free.

« L’option 5G+ est disponible avec le Forfait Free 5G et activable gratuitement depuis votre Espace Abonné Mobile », explique Free Mobile. En plus de la 5G SA, l’option 5G+ disponible uniquement sur le Forfait Free à 19,99 euros par mois permet donc de mélanger les fréquences 5G, mais pas forcément d’avoir un débit plus élevé puisque la 5G est annoncée jusqu’à 1,9 Gb/s et la 5G+ jusqu’à 1,6 Gb/s.

OVHcloud augmente fortement le prix de ses VPS 2026 et IPv4

23 février 2026 à 08:03
Moins j’augmente plus vite, plus j’augmente moins vite
OVHcloud augmente fortement le prix de ses VPS 2026 et IPv4

À partir du 1ᵉʳ avril, OVHcloud va fortement augmenter le prix de ses VPS 2026. En cause, l’explosion du prix de la mémoire et du stockage… mais pourquoi cela concerne-t-il du matériel qui a déjà de nombreuses années ? OVHcloud veut « équilibrer » ses tarifs en limitant les hausses des nouveaux produits à venir et en augmentant ceux des anciennes gammes pour « compenser ».

En août dernier, OVHcloud lançait de nouveaux VPS avec un tarif agressif (lire notre test), à partir de 4,58 euros par mois pour 4 vCore, 8 Go de mémoire et 75 Go de stockage, mais seulement 400 Mb/s de bande passante.

Plus de 40 % sur les VPS 2026 d’entrée de gamme,+ 20 % sur les IPv4

Dans un message publié sur X vendredi, Octave Klaba (qui a repris les rênes de l’entreprise fin 2025) annonçait des hausses à venir : « On prévoit d’impacter légèrement les prix du Cloud déployé entre 2021 et 2025, en moyenne de + 2 % à+ 6 %, en fonction de l’ancienneté du hardware, et de faire évoluer légèrement les prix des IPv4 ». Des chiffres optimistes puisque la réalité est bien différente.

Des emails ont en effet été envoyés aux clients concernés, expliquant que la « gamme VPS 2026, de VPS 1 à VPS 6 et les VPS en Local Zones », ainsi que « les adresses Additional IPv4 » sont concernées par les hausses de prix. OVHcloud n‘y va pas avec le dos de la cuillère. La société est en effet bien loin des « + 2 % à+ 6 % » mis en avant par son PDG, puisque le VPS 1 passe de 5,39 à 7,79 euros (hors remise liée à un engagement de 6 ou 12 mois), soit environ 45 % de hausse !

Selon les retours sur X, c’est plus ou moins la même chose sur les autres offres de la gamme. Le VPS 2 passe ainsi de 8,39 à 11,99 euros par mois (hors remise), soit 43 % de hausse, explique #Kero. Si vous êtes touchés par les hausses, n’hésitez pas à nous laisser un commentaire avec les anciens et nouveaux tarifs des services concernés. OVHcloud n’a pour le moment pas communiqué officiellement sur l’ensemble des nouveaux tarifs à venir.

Une hausse (VPS) peut en cacher une autre (IP) : l’adresse IPv4 supplémentaire est actuellement facturée 2,39 euros par mois, mais elle passera prochainement à 2,87 euros, soit 20 % de hausse. Là encore, nous sommes loin de la « moyenne de + 2 % à+ 6 % » annoncée par Octave Klaba, sans parler de « faire évoluer légèrement le prix des IP v4 ».

Ces changements interviendront « à compter du mercredi 1 avril 2026 », selon l’email envoyé aux clients. Octave Klaba prévoyait de son côté « l’application des nouveaux tarifs au 1ᵉʳ avril 2026 ou au 1ᵉʳ mai 2026 ». D’ici là, il est possible de souscrire aux tarifs actuels ou de prolonger un abonnement existant, y compris sur des formules avec un engagement de six ou douze mois (il n’y a pas d’engagement de 24 mois sur les VPS 2026). Lors du renouvellement après le 1ᵉʳ avril par contre, les nouveaux tarifs seront appliqués.

« Cette évolution tarifaire ne s’applique pas aux gammes de serveurs Kimsufi et So you Start. Les performances des services concernés, leur disponibilité ainsi que les niveaux de support restent inchangés », explique l’hébergeur dans son email.

Réduire les augmentations en augmentant les tarifs

Comme nous l’avons expliqué dans notre test du VPS d’OVHcloud, l’hébergeur utilise des CPU d’anciennes générations pour au moins une partie de ses VPS. Dans notre cas (un VPS 1 avec 4 vCores), c’est la génération Haswell lancée il y a plus de 10 ans par Intel. Comme nous l’avons vu avec le test du VPS d’Ionos, un CPU récent change complètement la donne sur les performances.

L’amortissement du matériel est donc théoriquement déjà fait depuis longtemps. Pourquoi donc cette hausse, justifiée notamment par le fait que « le coût de composants matériels [mémoire et stockage, ndlr] a augmenté » ?

Octave Klaba y va de son explication sur les réseaux sociaux :

« Chez OVHcloud, nous voulons réduire l’impact de ces augmentations de composants pour éviter que notre Cloud (Public Cloud, Private Cloud, Bare Metal) ne devienne trop coûteux. C’est pourquoi, pour le Cloud que nous allons déployer en 2026 - 2028, nous avons décidé d’augmenter les prix de manière moins importante que les coûts réels de la RAM et des disques. Le prix de notre Cloud en 2026 - 2028 va ainsi évoluer, en moyenne, de + 9 % à+ 11 % seulement. Pour compenser, on prévoit d’impacter légèrement les prix du Cloud déployé entre 2021 et 2025 ».

OVHcloud veut « rendre acceptable le prix des gammes 2021 - 2028 »

L’hébergeur augmente donc le prix de ses anciennes offres pour limiter la hausse sur le prix des nouvelles. On attend maintenant de voir ce que les «+ 9 % à+ 11 % » donneront vraiment dans la pratique. L’idée est donc de « rendre acceptable le prix des gammes 2021 - 2028, avec une prévision de retour à la normale en 2029 ».

Pour le PDG d’OVHcloud, l’augmentation du prix de la RAM et des disques « va encore se poursuivre pour trouver un nouveau point d’équilibre entre l’offre et la demande probablement vers fin 2026 », mais « les prix resteront importants jusqu’à au moins 2028, le temps que de nouvelles capacités de production de mémoire voient le jour ».

Le prix n’est pour OVHcloud pas le seul problème, il y a également la question de la disponibilité : « même avec une telle augmentation de prix, la RAM et les disques ne sont pas disponibles si facilement sur le marché. Pour avoir la certitude d’être livré, il est nécessaire de passer les commandes 12 mois à l’avance, sans connaître le prix d’achat ! Les prix sont en effet communiqués 1 à 2 mois après livraison, en fonction de l’offre et de la demande dans le trimestre ».

Cette hausse de prix et cette pénurie de composants font au moins quelques heureux. Lors du salon IT Partners qui se tenait début février à La Défense Arena, nous avons discuté avec plusieurs entreprises spécialisées dans le reconditionnement et la revente de matériel informatique. Ils étaient unanimes : leur activité est en forte croissance durant cette période compliquée pour la disponibilité et le prix des composants.

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