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☕️ Claviers : Drop.com cessera ses activités fin mars pour devenir une vitrine de Corsair

2 mars 2026 à 10:21

Massdrop, devenu Drop en 2019, aura fait les belles heures des amateurs de claviers mécaniques personnalisés, à coup de commandes groupées et de collections de keycaps improbables. Le site, racheté par Corsair en 2023, fermera en effet ses portes, sous sa version actuelle, à compter du 31 mars prochain, et les commandes des internautes ne seront plus traitées après le 25 mars.

C’est l’équipe Drop.com qui annonce la nouvelle dans son forum :

« Suite à l’intégration de Drop à Corsair après son acquisition en 2023, Drop cessera d’être une boutique en ligne indépendante à compter du 31 mars (…) Drop.com deviendra un espace central mettant en avant les collaborations entre nos marques, du Seigneur des Anneaux à Cyberpunk 2077 en passant par Fallout Nuka Cola, et présentant une sélection de produits issus de l’écosystème Corsair. Attendez-vous à des annonces de sorties exclusives, des éditions limitées et des produits fruits de partenariats et de créativité. »

Pour l’équipe Drop, cette évolution reste pertinente au regard de la mission historique du site, « donner vie à des idées audacieuses grâce à des collaborations pertinentes ». Reste à voir si la communauté, qui soulignait déjà la baisse de régime de la plateforme sur les dernières semaines, adhérera à cette promesse recentrée autour de la marque Corsair, alors que Drop.com ciblait historiquement les amateurs de claviers personnalisés et adeptes du do it yourself.

Sur r/MechanicalKeyboards, les commentaires ne sont pas particulièrement enthousiastes.

Drop annonce sa fermeture – capture d’écran

Une partie du catalogue Drop (dont le clavier CSTM80) restera disponible à la vente au travers du site de Corsair et des distributeurs de la marque, indique la plateforme, qui promet par ailleurs que sa maison mère assurera le service après-vente même après sa fermeture.

Drop, basé à San Francisco, a construit sa notoriété grâce à trois éléments : son catalogue de produits experts, sa capacité à négocier pour ses membres des achats groupés (pour obtenir des prix intéressants grâce à l’effet volume) et ses collaborations avec les marques en vue de créer des séries limitées ou des références personnalisées. Drop ciblait principalement les fans de claviers mécaniques et les audiophiles (la plateforme a par exemple réalisé de nombreuses collaborations avec Sennheiser).

En modérant ses IA pour les mineurs, Meta censure l’information sur la santé sexuelle

2 mars 2026 à 08:40
Dont la contraception, le VIH et l'avortement
En modérant ses IA pour les mineurs, Meta censure l’information sur la santé sexuelle

Meta met en place des filtres pour l’usage de ses services par les mineurs, qui bloquent toute discussion mettant en jeu des actes sensuels ou sexuels, et ajoute des protections à propos des troubles alimentaires et la dépression. L’entreprise a aussi décidé de restreindre les discussions de ses chatbots avec les mineurs sur la santé sexuelle, l’éducation à la sexualité, la contraception, la prévention des MST (notamment le VIH et le SIDA) ainsi que l’avortement.

Pour Meta, la gestion de ses utilisateurs mineurs est un sujet sensible en ce moment. La semaine dernière, Mark Zuckerberg était pressé devant la justice états-unienne de justifier la politique de Meta relative aux préados dans le procès qui l’oppose (ainsi que Google) à une jeune femme de 20 ans, Kaley G. M. Au cours de ce même procès, on a appris que l’entreprise avait enterré une recherche qui ne lui convenait pas à propos de l’addiction aux réseaux sociaux des adolescents.

Une alerte aux parents en cas de recherches Instagram répétées sur le suicide ou l’automutilation

L’entreprise a annoncé ce jeudi 26 février mettre en place un système d’alerte sur Instagram qui va informer les parents qui utilisent ses outils de contrôle parental si leur enfant « tente à plusieurs reprises de rechercher des termes liés au suicide ou à l’automutilation dans un court laps de temps ».

L’alerte sera envoyée par e-mail, SMS ou WhatsApp, en fonction des coordonnées disponibles, ainsi que par le biais d’une notification dans l’application. Le système sera mis en place dès les prochaines semaines aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Australie et au Canada et sera déployé pendant l’année dans d’autres pays.

Cette fonctionnalité est possible car l’entreprise a mis en place, sur Instagram depuis septembre 2024 et sur Facebook et Messenger depuis avril 2025, un nouveau type de compte « adolescent » avec un contrôle parental renforcé.

« Nous lançons ces alertes dans un premier temps sur la fonction de recherche Instagram, mais nous savons que les adolescents se tournent de plus en plus vers l’IA pour obtenir de l’aide », explique l’entreprise :

« Bien que notre IA soit déjà entraînée pour répondre en toute sécurité aux adolescents et leur fournir des ressources appropriées sur ces sujets, nous mettons actuellement en place des alertes parentales similaires pour certaines expériences d’IA. Celles-ci avertiront les parents si un adolescent tente d’engager certains types de conversations liées au suicide ou à l’automutilation avec notre IA. »

Une politique de modération bloquant l’information sur la sexualité, la contraception et l’avortement

Mother Jones s’est procuré des documents internes à l’entreprise préparatoires à la mise en place de cette politique. Ainsi, « les contenus qui discutent, décrivent, permettent, encouragent ou approuvent les actes sensuels, les actes sexuels, l’excitation sexuelle ou le plaisir sexuel » sont maintenant bloqués si l’utilisateur est mineur. Ils sont orientés vers des informations sur la santé mentale s’ils posent des questions liées au suicide ou à l’automutilation et vers un numéro vert sur les questions de troubles alimentaires et la dépression.

Mais ces documents, selon notre confrère, interdisent que les chatbots de Meta génèrent aux mineurs « des contenus fournissant des conseils ou des avis sur la santé sexuelle », notamment « l’anatomie et la physiologie des organes reproducteurs, l’éducation à la puberté, la santé menstruelle, la fécondation et la reproduction, la prévention des IST et du VIH, les méthodes contraceptives, l’éducation au consentement et l’abstinence ». L’entreprise interdit aussi la génération de messages encourageant les adolescents à utiliser des préservatifs ou des produits d’hygiène menstruelle.

Mother Jones affirme que ces politiques de Meta vis-à-vis des contenus générés par IA pour les adolescents interdisent explicitement de donner des informations qui les aident à obtenir ou à pratiquer un avortement comme « vous pouvez aller dans un centre de planification familiale pour avorter ».

« Nos IA sont entraînées pour engager des discussions adaptées à l’âge des adolescents et pour les mettre en relation avec des ressources spécialisées et un soutien lorsque cela est nécessaire. Elles fournissent des informations factuelles sur la santé sexuelle, mais s’abstiennent de donner des conseils ou des avis » a répondu Meta à Mother Jones. « Nous révisons et améliorons continuellement nos protections afin que les adolescents aient accès à des informations utiles avec des mesures de sécurité par défaut en place » , ajoute l’entreprise.

☕️ Paramount va racheter Warner et verser 2,8 milliards de dollars à Netflix

2 mars 2026 à 08:30

La semaine dernière, Netflix annonçait l’abandon de son offre de rachat des studios de cinéma et télévision Warner Bros ainsi que du service HBO Max.

Quelques heures plus tard, Paramount Skydance publiait un communiqué expliquant que c’était finalement elle qui allait s’en emparer, comme c’était devenu prévisible. Rachetée il y a quelques mois par Larry Ellison et sa famille, l’entreprise s’empare donc d’un autre studio mythique d’Hollywood.

Le château d’eau de Warner Bros, par Silas Lundquist, Licence Unsplash

Pour rassurer les régulateurs de la concurrence, Paramount s’engage notamment à produire au moins 30 films pour les salles de cinéma par an, avec une fenêtre de 45 jours minimum avant qu’ils ne soient accessibles en VOD (et de 60 à 90 jours ou plus pour ceux qui rassemblent le plus de spectateurs en salle). L’accord doit être finalisé à la fin de l’année au maximum.

D’autre part, dans un document remis à la SEC (Securities and Exchange Commission, l’organisme de réglementation et de contrôle des marchés financiers des États-Unis), Warner Bros et Paramount se sont engagés à payer 2,8 milliards de dollars à Netflix pour avoir cassé l’accord de fusion qui avait été mis en place en décembre.

☕️ La console Orange Pi Neo « suspendue » à cause des hausses sur la mémoire et les SSD

2 mars 2026 à 08:10

Le développement de l’intelligence artificielle générative et des grands modèles de langage demande toujours plus de puissance de calcul et de mémoire pour les entraînements et l’inférence. Si NVIDIA est sur un petit nuage (ou gros matelas rempli de billets) financier, la pénurie des puces entraîne une hausse des prix des SSD et de la mémoire, avec dans leur sillage le reste du monde du numérique.

HP par exemple, prévoit que la mémoire et le stockage vont représenter 35 % du prix de vente d’un ordinateur, contre 15 à 18 % il y a quelques mois. C’est désormais au tour du projet de console Orange Pi Neo d’en faire les frais. Elle est développée conjointement par la société chinoise Orange Pi (qui propose des micro-ordinateurs type Raspberry Pi) et la distribution Linux Manjaro.

Annoncée il y a deux ans, elle devait arriver cette année, durant le premier semestre. Deux versions étaient attendues, à 450 ou 550 dollars suivant la configuration (Ryzen 7840U avec 16 Go ou Ryzen 8840U avec 32 Go). Sur le forum officiel de Manjaro, le couperet est tombé : « En raison des prix élevés de la mémoire DDR5 et des SSD, le projet est actuellement en pause ».

L’équipe en profite pour indiquer que « les certifications CE et FCC sont désormais complètes. De plus, beaucoup d’améliorations ont été apportées à la Manjaro Gaming Edition. Nous attendons maintenant le bon moment pour lancer le produit… ». Reste que les prévisions sont assez pessimistes pour 2026, voire 2027. Octave Klaba, PDG d’OVHcloud, estime par exemple que « les prix resteront importants jusqu’à au moins 2028, le temps que de nouvelles capacités de production de mémoire voient le jour ».

☕️ Laser UltraAir : l’ESA connecte un avion à un satellite géostationnaire à 2,6 Gb/s

2 mars 2026 à 07:26

L’Agence spatiale européenne explique avoir réalisé une première mondiale fin février : « Lors d’essais en vol à Nîmes, en France, le système laser UltraAir d’Airbus a maintenu une connexion sans erreur tout en transmettant des données à un débit de 2,6 gigabits par seconde pendant plusieurs minutes ».

L’avion était connecté au satellite géostationnaire Alphasat TDP-1 (Tesat), qui se trouvait donc à 36 000 km d’altitude. Le satellite est composé de quatre charges utiles pour des démonstrations, et TDP-1 est un module de communications optiques. « Il combine un terminal laser et une liaison descendante à haute vitesse pour acheminer des flux de données des satellites en orbite basse vers les stations terrestres via son satellite hôte », et maintenant aussi vers des avions en vol.

L’ESA en profite pour rappeler les avantages des lasers par rapport aux communications radio dont les fréquences sont de plus en plus rares : « ils offrent des liaisons plus sécurisées et peuvent transporter beaucoup plus d’informations ». Par contre, les « faisceaux laser se propagent beaucoup moins loin que les ondes radio ».

Le projet n’est pas nouveau, il avait été présenté par l’ESA en 2021. Il était alors question d’une « tête optique et plusieurs petits racks électroniques contenant principalement des équipements ». La tête est « isolée mécaniquement des vibrations » de l’avion. Le matériel est prévu pour être installé dans la cabine d’un petit jet, dont une des fenêtres est remplacée pour accueillir le matériel de réception du laser.

Le projet est en retard sur le calendrier qui prévoyait qu’une « fois la phase de démonstration menée à bien, la phase de prototypage débuterait début 2023 ». Quoi qu’il en soit, « ces avancées laissent entrevoir un avenir où les voyageurs pourront profiter d’une connexion Internet fiable et haut débit pendant leurs vols, et où les personnes à bord de navires ou de véhicules traversant des régions reculées pourront rester connectées sans interruption », explique l’Agence spatiale.

Il y a 18 mois, l’armée française signait une autre « une première mondiale » avec une liaison laser stable entre un nano-satellite en orbite basse et une station sol optique. Le général Stéphane Mille, chef d’état-major de l’Armée de l’air et de l’Espace, ajoutait que les lasers n’étaient pas utiles que pour les communications, c’est aussi une arme qu’il est possible d’utiliser depuis le sol ou l’espace, pour attaquer d’autres satellites par exemple.

Quand un compte MAGA très suivi sur X est en réalité animé par la Maison Blanche

2 mars 2026 à 07:01
Double face
Quand un compte MAGA très suivi sur X est en réalité animé par la Maison Blanche

Sur X, un compte de soutien à Donald Trump aux apparences organiques est en réalité géré par la Maison-Blanche. Une mécanique qui vient s’ajouter à d’autres déséquilibres de la plateforme en faveur des discours conservateurs.

Son pseudo : Johnny MAGA. Suivi par plus de 300 000 personnes sur X, ce compte pro-Trump participe directement au récit porté par la Maison-Blanche.

Dans les heures qui ont suivi la mort de Renee Good, tuée par un agent de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement, le service de l’immigration et des douanes des États-Unis), le compte Johnny MAGA était au nombre de ceux republiant des images de drapeaux enflammés, affirmant qu’ils « brûlent le drapeau américain à Minneapolis ». Régulièrement, il republie à destination de son audience des publications faites par Trump sur son réseau Truth Social, quand il ne s’attaque pas aux opposants démocrates du Président.

Administré par le responsable des comptes de la Maison Blanche

Mais s’il cultive une apparence d’indépendance, qui pourrait le faire passer pour un soutien de Donald Trump parmi d’autres, le compte de « Johnny MAGA » serait en réalité administré par un membre des équipes de la Maison Blanche, rapporte Wired.

Selon des recoupements de numéros de téléphone et la confirmation de source interne à l’administration, le compte serait même géré par un spécialiste de ce type de sujets : Garett Wade, employé comme « rapid response manager », notamment en charge du compte officiel de la Maison Blanche sur X.

Si le cas mérite une attention particulière, c’est notamment parce qu’il a été cité par plusieurs médias traditionnels comme représentant (parmi d’autres) d’opinions supposément émises naturellement par une partie de la population états-unienne. Ainsi du New York Post, de Mother Jones ou de TownHall, liste Wired.

L’absence de transparence sur les liens de ce type de compte avec la Maison Blanche est de nature à renforcer la perte de confiance du public envers son administration. Pour le spécialiste de la désinformation Samuel Wooley, il s’agit même d’un conflit d’intérêts évident, alors même que Donald Trump a su, historiquement, s’entourer de créateurs et créatrices de contenus soutenant ses idées.

Écosystème orienté

Le cas est par ailleurs détecté alors qu’une nouvelle étude publiée dans Nature démontre l’orientation politique du système algorithmique de X. Nombreux sont les représentants politiques et les journalistes (y compris français) qui recourent toujours à la plateforme, sans nécessairement noter que le flux algorithmique « For You » ou « Pour vous » leur suggère des contenus à la tonalité différente du flux chronologique « Followers » ou « Abonnés ».

Loin d’être neutre, le système automatisé de hiérarchisation de l’information promeut plus régulièrement les contenus conservateurs, ce qui pousse les usagers à s’abonner à un nombre croissant d’activistes conservateurs, dont ils continuent de suivre les activités si jamais ils changent de système pour adopter le flux chronologique.

Autrement dit, si l’on reprend l’exemple du compte de la Maison-Blanche, ses publications peuvent profiter d’une double amplification difficilement perceptible par le public : celle d’un compte géré directement par la Maison-Blanche comme celui de Johnny MAGA, sans que cela ne soit rendu évident, et celui d’un flux algorithmique orienté en faveur des thématiques et propos portés par le président des États-Unis. En France, l’Arcom vient d’ailleurs d’être saisie au motif que X s’ouvre par défaut sur l’onglet « Pour vous » plutôt que sur son fil chronologique « Abonnés », rapporte L’Informé.

La question de la transparence des partis politiques sur leur manière de diffuser des contenus en ligne n’est pas spécifique au Parti républicain, relève Wired. Le Parti démocrate s’est ainsi avéré avoir recruté plus de 90 créateurs de contenu et les avoir payés de 250 à 8 000 dollars par mois pour publier des contenus numériques en leur faveur.

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