Vue normale

☕️ [Linux] sudo-rs affiche maintenant des * par défaut quand on tape son mot de passe

2 mars 2026 à 14:12

Jusque-là, la fonction « magique » pour passer en mode super-utilisateur sur de nombreuses distributions Linux (sudo) n’affichait rien quand on tapait son mot de passe. L’utilisateur n’avait donc aucun retour sur le fait que la saisie d’une touche avait été prise en compte ou pas.

Mais les contributeurs qui maintiennent le code de sudo-rs (implémentation reprenant les fonctionnalités sudo et su écrites en Rust et visant à être plus fiable) ont décidé de changer le comportement par défaut de leur outil. Ainsi, depuis la dernière version de sudo-rs (0.2.12), l’option pwfeedback est maintenant activée par défaut et des astérisques s’affichent à chaque fois que l’utilisateur tape un caractère de son mot de passe.

« Cela résout un problème majeur d’UX pour les nouveaux utilisateurs. La sécurité est théoriquement moins bonne, car la longueur des mots de passe est visible par les personnes qui regardent votre écran, mais cet inconvénient est infinitésimal et largement compensé par l’amélioration de l’UX. En dehors de sudo/login, aucune autre interface de saisie de mot de passe n’omet les astérisques (y compris les autres sur Linux) », est-il expliqué dans le commit du changement.

Comme l’a repéré Phoronix, ce changement vient d’une demande d’un utilisateur faite en octobre dernier qui argumentait longuement dans ce sens.

Tous les utilisateurs ne sont pas contents de ce changement et ainsi l’un d’entre eux l’a signalé comme un bug, signalement dont le statut a été classé en « ne sera pas corrigé ».

Des chercheurs alertent sur les dangers de la généralisation de la vérification d’âge

2 mars 2026 à 13:41
Fausse bonne idée
Des chercheurs alertent sur les dangers de la généralisation de la vérification d’âge

Dans une lettre ouverte, 371 chercheuses et chercheurs de 30 pays s’opposent à la généralisation de la vérification d’âge imposée aux différents services en ligne par de nombreuses législations dans le monde sans que les implications sur la sécurité, la vie privée, l’égalité et la liberté aient été prises en compte.

Plusieurs centaines de chercheuses et chercheurs, notamment en informatique, ont signé une lettre ouverte demandant un moratoire sur le déploiement des solutions de vérification d’âge dans le monde numérique. On peut retrouver aussi bien les signatures de la chercheuse en droit du numérique du CNAM Suzanne Vergnolle que celles des cryptologues Ronald Linn Rivest (le « R » de l’algorithme RSA) et Bart Preneel.

Rappelons que, suivant l’Australie de près, la France est l’un des pays qui a pris rapidement la direction d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. L’Assemblée nationale a voté la loi qui doit maintenant être débattue au Sénat. Next avait évoqué les problèmes que le texte soulève.

Et le gouvernement français semble vouloir se montrer à la pointe du sujet en lançant plusieurs travaux sur les effets des usages de l’IA générative et des jeux vidéo sur les mineurs.

Le Royaume-Uni a lui aussi beaucoup avancé sur le sujet. Depuis l’été 2025, la loi sur « la sécurité en ligne » oblige certains sites à mettre en place un système de vérification d’identité pour leurs utilisateurs, ce qui a inquiété la Fondation Wikimedia. Pour l’instant, Wikipédia reste accessible outre-Manche sans système de ce genre.

Un contrôle allant beaucoup plus loin que ce qu’on connait hors ligne

Dans leur texte, les chercheuses et chercheurs expliquent que ces systèmes ont besoin d’aller beaucoup plus loin que ce qui a déjà été mis en place dans le monde hors ligne pour filtrer l’accès des casinos, de l’alcool ou des contenus pornographiques.

« Les discussions actuelles concernant la nécessité de réglementer les réseaux sociaux, les chatbots IA ou les messageries instantanées exigeraient que tous les utilisateurs, mineurs et adultes, prouvent leur âge pour discuter avec leurs amis et leur famille, lire l’actualité ou rechercher des informations, ce qui va bien au-delà de ce qui s’est jamais produit dans nos vies hors ligne », décrivent-ils dans leur lettre [PDF].

Ils pointent aussi que certaines recherches montrent l’utilité des plateformes en ligne et réseaux sociaux pour que les jeunes puissent s’informer, trouver des conseils et s’appuyer sur des communautés pour casser leur isolement.

Besoin d’un consensus scientifique avant de s’y aventurer

Leur idée n’est pas de s’opposer à toute solution de vérification d’âge. Ainsi, parmi les signataires, on retrouve le chercheur de l’École polytechnique, Olivier Blazy, qui avait collaboré avec la CNIL sur un démonstrateur du mécanisme de vérification de l’âge respectueux de la vie privée. Mais ils demandent qu’elle soit mise en place une fois qu’un consensus scientifique sera établi « sur les avantages et les inconvénients que peuvent apporter les technologies de préservation de la jeunesse, ainsi que sur la faisabilité technique d’un tel déploiement ». Et pour eux, il reste des « questions ouvertes sur la faisabilité d’un déploiement efficace ».

« Mentir sur son âge n’est pas difficile », rappelle la lettre qui mentionne la facilité de contournement des solutions actuellement mises en place via l’utilisation de VPN, l’achat d’identifiants validés ou même la simple fabrication de fausses pièces, comme Next l’a déjà montré.

Les systèmes d’estimation d’âge, trop intrusifs

Mais ils ajoutent que la mise en place de ces outils « peut en réalité nuire à la sécurité en ligne en exposant les utilisateurs à des logiciels malveillants et à des escroqueries lorsqu’ils ont recours à des services alternatifs qui ne mettent pas en œuvre de vérification — et les utilisateurs se tourneront sans aucun doute vers ces sources alternatives ».

Ils écartent dans leur texte les systèmes d’estimation d’âge, comme celui mis en place par OpenAI sur ChatGPT, qui manquent de fiabilité et qui sont « très intrusifs pour la vie privée » : « Ils reposent sur la collecte et le traitement de données sensibles et privées telles que les données biométriques ou les informations comportementales ou contextuelles (par exemple, l’utilisation de la langue). Par conséquent, le déploiement à grande échelle de ces méthodes de vérification de l’âge facilite la collecte et l’exploitation des données (des enfants) ».

Une infrastructure mondiale ?

Ces chercheurs et chercheuses l’assurent : « la mise en place d’une infrastructure mondiale fiable pour la vérification de l’âge n’est pas triviale ». Pour eux, avec les connaissances actuelles, cela demande de fait de s’appuyer sur des projets de vérification d’identité gouvernementaux s’appuyant sur des solutions de chiffrement très robuste pour chaque interrogation du service. « Cela entraînerait un usage difficile et l’exclusion de tous les utilisateurs ne disposant pas de papiers », commentent-ils.

De plus, ils expliquent qu’un tel système s’appuyant sur la vérification d’une preuve d’identité est « non seulement sujette à erreur, mais nécessite l’existence d’une infrastructure de confiance à l’échelle d’Internet », ce qui n’existe pas actuellement pour ça.

« Cela nécessite, entre autres, la mise en place d’émetteurs de confiance capables de fournir des certificats numériques à grande échelle, la mise en place de moyens permettant de fournir aux vérificateurs les clés de l’émetteur afin qu’ils puissent effectuer la vérification, et la mise en place de moyens permettant de révoquer les certificats », expliquent-ils. Pour mettre en place ce genre de chose pour sécuriser le HTTP (et le transformer en HTTPS), ça a mis plusieurs dizaines d’années.

Des dangers sur le contrôle de l’information et de l’expression en ligne

La lettre pointe enfin la problématique du choix des contenus qui sont accessibles sur Internet par certains et pas par d’autres : « Entre de mauvaises mains, comme celles d’un gouvernement autoritaire, cette influence pourrait être utilisée pour censurer des informations et empêcher les utilisateurs d’accéder à certains services, par exemple en bloquant l’accès à des contenus LGBTQ+ ».

En modérant ses IA pour les mineurs, Meta censure l’information sur la santé sexuelle

2 mars 2026 à 08:40
Dont la contraception, le VIH et l'avortement
En modérant ses IA pour les mineurs, Meta censure l’information sur la santé sexuelle

Meta met en place des filtres pour l’usage de ses services par les mineurs, qui bloquent toute discussion mettant en jeu des actes sensuels ou sexuels, et ajoute des protections à propos des troubles alimentaires et la dépression. L’entreprise a aussi décidé de restreindre les discussions de ses chatbots avec les mineurs sur la santé sexuelle, l’éducation à la sexualité, la contraception, la prévention des MST (notamment le VIH et le SIDA) ainsi que l’avortement.

Pour Meta, la gestion de ses utilisateurs mineurs est un sujet sensible en ce moment. La semaine dernière, Mark Zuckerberg était pressé devant la justice états-unienne de justifier la politique de Meta relative aux préados dans le procès qui l’oppose (ainsi que Google) à une jeune femme de 20 ans, Kaley G. M. Au cours de ce même procès, on a appris que l’entreprise avait enterré une recherche qui ne lui convenait pas à propos de l’addiction aux réseaux sociaux des adolescents.

Une alerte aux parents en cas de recherches Instagram répétées sur le suicide ou l’automutilation

L’entreprise a annoncé ce jeudi 26 février mettre en place un système d’alerte sur Instagram qui va informer les parents qui utilisent ses outils de contrôle parental si leur enfant « tente à plusieurs reprises de rechercher des termes liés au suicide ou à l’automutilation dans un court laps de temps ».

L’alerte sera envoyée par e-mail, SMS ou WhatsApp, en fonction des coordonnées disponibles, ainsi que par le biais d’une notification dans l’application. Le système sera mis en place dès les prochaines semaines aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Australie et au Canada et sera déployé pendant l’année dans d’autres pays.

Cette fonctionnalité est possible car l’entreprise a mis en place, sur Instagram depuis septembre 2024 et sur Facebook et Messenger depuis avril 2025, un nouveau type de compte « adolescent » avec un contrôle parental renforcé.

« Nous lançons ces alertes dans un premier temps sur la fonction de recherche Instagram, mais nous savons que les adolescents se tournent de plus en plus vers l’IA pour obtenir de l’aide », explique l’entreprise :

« Bien que notre IA soit déjà entraînée pour répondre en toute sécurité aux adolescents et leur fournir des ressources appropriées sur ces sujets, nous mettons actuellement en place des alertes parentales similaires pour certaines expériences d’IA. Celles-ci avertiront les parents si un adolescent tente d’engager certains types de conversations liées au suicide ou à l’automutilation avec notre IA. »

Une politique de modération bloquant l’information sur la sexualité, la contraception et l’avortement

Mother Jones s’est procuré des documents internes à l’entreprise préparatoires à la mise en place de cette politique. Ainsi, « les contenus qui discutent, décrivent, permettent, encouragent ou approuvent les actes sensuels, les actes sexuels, l’excitation sexuelle ou le plaisir sexuel » sont maintenant bloqués si l’utilisateur est mineur. Ils sont orientés vers des informations sur la santé mentale s’ils posent des questions liées au suicide ou à l’automutilation et vers un numéro vert sur les questions de troubles alimentaires et la dépression.

Mais ces documents, selon notre confrère, interdisent que les chatbots de Meta génèrent aux mineurs « des contenus fournissant des conseils ou des avis sur la santé sexuelle », notamment « l’anatomie et la physiologie des organes reproducteurs, l’éducation à la puberté, la santé menstruelle, la fécondation et la reproduction, la prévention des IST et du VIH, les méthodes contraceptives, l’éducation au consentement et l’abstinence ». L’entreprise interdit aussi la génération de messages encourageant les adolescents à utiliser des préservatifs ou des produits d’hygiène menstruelle.

Mother Jones affirme que ces politiques de Meta vis-à-vis des contenus générés par IA pour les adolescents interdisent explicitement de donner des informations qui les aident à obtenir ou à pratiquer un avortement comme « vous pouvez aller dans un centre de planification familiale pour avorter ».

« Nos IA sont entraînées pour engager des discussions adaptées à l’âge des adolescents et pour les mettre en relation avec des ressources spécialisées et un soutien lorsque cela est nécessaire. Elles fournissent des informations factuelles sur la santé sexuelle, mais s’abstiennent de donner des conseils ou des avis » a répondu Meta à Mother Jones. « Nous révisons et améliorons continuellement nos protections afin que les adolescents aient accès à des informations utiles avec des mesures de sécurité par défaut en place » , ajoute l’entreprise.

☕️ Paramount va racheter Warner et verser 2,8 milliards de dollars à Netflix

2 mars 2026 à 08:30

La semaine dernière, Netflix annonçait l’abandon de son offre de rachat des studios de cinéma et télévision Warner Bros ainsi que du service HBO Max.

Quelques heures plus tard, Paramount Skydance publiait un communiqué expliquant que c’était finalement elle qui allait s’en emparer, comme c’était devenu prévisible. Rachetée il y a quelques mois par Larry Ellison et sa famille, l’entreprise s’empare donc d’un autre studio mythique d’Hollywood.

Le château d’eau de Warner Bros, par Silas Lundquist, Licence Unsplash

Pour rassurer les régulateurs de la concurrence, Paramount s’engage notamment à produire au moins 30 films pour les salles de cinéma par an, avec une fenêtre de 45 jours minimum avant qu’ils ne soient accessibles en VOD (et de 60 à 90 jours ou plus pour ceux qui rassemblent le plus de spectateurs en salle). L’accord doit être finalisé à la fin de l’année au maximum.

D’autre part, dans un document remis à la SEC (Securities and Exchange Commission, l’organisme de réglementation et de contrôle des marchés financiers des États-Unis), Warner Bros et Paramount se sont engagés à payer 2,8 milliards de dollars à Netflix pour avoir cassé l’accord de fusion qui avait été mis en place en décembre.

❌