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Logiciels espions : huit ans de prison pour quatre prestataires du « Watergate grec »

4 mars 2026 à 08:40
Co-intel pros
Logiciels espions : huit ans de prison pour quatre prestataires du « Watergate grec »

Plus de 90 politiciens d’opposition, ministres du gouvernement, employés des services de renseignement, procureurs, journalistes et hommes d’affaires avaient été espionnés entre 2020 et 2022. En 2024, la Cour suprême grecque avait innocenté le service de renseignement national et le gouvernement. Les quatre principaux prestataires viennent quant à eux d’être condamnés.

Quatre personnes liées au marchand de logiciels espions Intellexa ont été condamnées par un tribunal grec à des peines d’emprisonnement cumulées totalisant 126 ans et huit mois, mais dont seulement huit devront être purgés, précise eKathimerini, pour avoir espionné des dizaines de responsables politiques, hommes d’affaires, responsables militaires et journalistes.

L’affaire, surnommée « Predatorgate » ou « Watergate grec », avait éclaté en 2022 lorsque Nikos Androulakis, chef du principal parti d’opposition PASOK et membre du Parlement européen, avait découvert qu’un logiciel espion illégal appelé Predator, l’un des principaux concurrents du logiciel espion Pegasus de la société israélienne NSO, avait été installé sur son téléphone, rappelle Politico.

Reuters précise qu’un procureur avait également ouvert une enquête suite à la découverte, par un journaliste financier de CNN, Thanasis Koukakis, que son téléphone avait été infecté par le logiciel espion Predator de la société Cytrox, qui faisait partie du consortium Intellexa.

Des traces de Predator avaient ensuite été retrouvées dans les téléphones de plus de 90 Grecs, politiciens d’opposition, ministres du gouvernement, employés des services de renseignement, procureurs et hommes d’affaires, rappelle The Record.

L’exécution de leurs peines est suspendue à la procédure en appel

Cette affaire avait ébranlé le gouvernement de centre droit, entraînant le limogeage du chef du service national de renseignement (EYP) et du chef de cabinet du Premier ministre. L’administration, qui a nié toute malversation ou écoute téléphonique délibérée, avait néanmoins survécu à un vote de défiance en 2023, relève Reuters.

En 2024, la Cour suprême grecque avait innocenté l’EYP et les responsables politiques de tout acte répréhensible, et renvoyé les quatre accusés devant le tribunal correctionnel. Nikos Androulakis a depuis fait appel devant la Cour européenne des droits de l’homme.

Lors du procès, les quatre prévenus, Tal Dilian (ancien officier militaire israélien et fondateur d’Intellexa), sa partenaire commerciale Sara Aleksandra Fayssal Hamou, Felix Bitzios (ancien administrateur adjoint et actionnaire d’Intellexa) et Yiannis Lavranos (dont la société Krikel a acheté le logiciel espion), ont nié avoir commis des actes répréhensibles.

Jeudi 27 février, le tribunal les a néanmoins déclarés coupables d’« atteinte à la confidentialité des communications téléphoniques », d’« altération répétée d’un système d’archivage de données à caractère personnel » et d’« accès illégal à un système d’information ou à des données ». L’exécution de leurs peines est suspendue dans l’attente de l’examen de la procédure en appel.

Intellexa, toujours en activité, en partie sanctionné aux États-Unis

« Ce fut une bonne journée pour la démocratie et l’État de droit en Grèce », a déclaré Thanasis Koukakis à l’AFP devant le tribunal, ajoutant que le verdict « ouvrait la voie » à d’autres poursuites contre des suspects dans la même affaire. D’autant que « la moitié du cabinet et des généraux de haut rang étaient sous surveillance de l’agence nationale de sécurité et du logiciel espion Predator ».

Le 18 février, Amnesty International avait cela dit révélé que Predator avait infecté le téléphone d’un éminent défenseur de la liberté de la presse en Angola en 2024, note The Record. En décembre, les chercheurs d’Amnesty avaient quant à eux découvert qu’un avocat pakistanais spécialisé dans les droits humains avait également été pris pour cible par Predator au cours de l’été 2025.

Le département du Commerce américain avait ajouté Intellexa et sa filiale Cytrox à sa liste noire en 2023. Les dirigeants et consultants d’Intellexa, dont Dilian et Hamou, avaient été sanctionnés par l’administration Biden en 2024. Mais l’administration Trump a annulé les sanctions contre Hamou et deux autres dirigeants d’Intellexa en décembre dernier, bien que Dilian figure toujours sur la liste noire.

Nexa (ex-Amesys), le sulfureux partenaire français d’Intellexa

En 2023, Amnesty International a également découvert que Predator avait été vendu à 25 pays, dont plusieurs régimes autoritaires, par un consortium d’entreprises européennes qui a contourné les règlements européens et internationaux via la filiale dubaïote de Nexa Technologies (ex-Amesys), le partenaire français d’Intellexa.

Les responsables de Nexa avaient été mis en examen en 2021 pour « complicité de tortures » et « disparitions forcées » en Libye, puis « pour complicité de torture et de disparitions forcées » en Égypte, avant d’être placés en 2022 « sous le statut plus favorable de témoin assisté, éloignant ainsi la menace d’un procès à leur encontre ». 

Nexa s’est depuis retirée du marché de la surveillance et du consortium Intellexa, et a été rachetée par Chapsvision, le nouveau champion français de la cybersurveillance, dont le modèle économique vise d’après ses dires à aider les handicapés mentaux à communiquer, comme nous l’avions relaté.

☕️ GPT-5.3 Instant : OpenAI promet un ChatGPT moins moralisateur, plus direct et naturel

4 mars 2026 à 08:03

Depuis quelques jours, Anthropic et son IA Claude ont le vent en poupe, face à OpenAI et son ChatGPT dont les désinstallations de l’application ont explosé ces derniers jours. C’est la conjonction de deux événements liés. L’interdiction faite par Donald Trump d’utiliser les modèles d’Anthropic dans les armées et administrations américaines pour commencer. Ensuite, le fait que Sam Altman s’empresse de signer un contrat avec le Pentagone.

Alors qu’Anthropic surfe sur une vague de popularité, l’entreprise a décidé de permettre à tous les comptes, même les gratuits, d’utiliser la fonction Import Memory (pour faciliter une transition de ChatGPT à Claude, par exemple), OpenAI revient sur le devant de la scène avec encore un nouveau modèle, ou plutôt une mise à jour : GPT-5.3 Instant.

Lors du lancement de GPT-5.2 en décembre dernier, il était annoncé dans trois formats : Instant, Thinking et Pro. En février, c’était au tour de GPT-5.3-Codex de débarquer (à quelques minutes d’écart, Anthropic annonçait Claude Opus 4.6). Comme son nom l’indique – Codex –, c’est un modèle pensé pour le code informatique. OpenAI annonce aujourd’hui un modèle plus grand public : GPT‑5.3 Instant. Thinking et Pro suivront, mais plus tard.

Il promet « des conversations plus fluides et plus utiles au quotidien ». Nous avons droit au lot habituel de promesses : « réponses plus précises, résultats plus riches et mieux contextualisés lors des recherches sur le web, moins d’impasses inutiles, d’avertissements et de formulations trop affirmatives qui peuvent interrompre le fil de la conversation ».

OpenAI indique avoir reçu des retours d’utilisateurs indiquant que « GPT‑5.2 Instant refusait parfois de répondre à des questions auxquelles il devrait pouvoir répondre en toute sécurité, ou adoptait un ton trop prudent ou moralisateur, en particulier sur des sujets sensibles ». GPT‑5.3 Instant « réduit nettement les refus inutiles, tout en atténuant les préambules trop défensifs ou moralisateurs avant de répondre à la question ».

Concernant les informations glanées en ligne, GPT-5.3 Instant « équilibre plus efficacement […] avec ses propres connaissances et son raisonnement. Par exemple, il s’appuie sur sa compréhension existante pour contextualiser l’actualité récente plutôt que de simplement résumer les résultats de recherche ». Le Web ne sera plus survalorisé, promet OpenAI.

Enfin, l’entreprise de Sam Altman reconnait que « le ton de GPT‑5.2 Instant pouvait parfois mettre mal à l’aise, perçu comme envahissant ou faisant des suppositions injustifiées sur l’intention ou les émotions de l’utilisateur ». Avec GPT-5.3 Instant, le style devrait être plus naturel. Des exemples sont disponibles sur cette page.

GPT‑5.3 Instant est disponible dès maintenant, pour tous les utilisateurs de ChatGPT. Les mises à jour des modèles Thinking et Pro « suivront bientôt ». Enfin, GPT‑5.2 Instant restera disponible pendant trois mois pour les clients payants (il sera retiré le 3 juin 2026).

Après un contrat « opportuniste et bâclé » avec l’armée US, OpenAI essaye de se rattraper

4 mars 2026 à 07:41
Too Quick and too dirty?
Après un contrat « opportuniste et bâclé » avec l’armée US, OpenAI essaye de se rattraper

L’annonce par OpenAI d’un contrat avec l’armée états-unienne alors que son concurrent Anthropic refusait de céder aux pressions de l’administration Trump a écorné l’image publique de l’entreprise de Sam Altman. Celui-ci essaye de rattraper les conséquences d’une communication trop rapide.

Alors qu’Anthropic a refusé de céder aux pressions du Pentagone pour utiliser Claude sans restriction, OpenAI a signé dans la foulée un contrat avec le département de la Défense des États-Unis.

Si cette signature fait sans aucun doute rentrer de l’argent dans les caisses de l’entreprise de Sam Altman, il n’avait sans doute pas prévu qu’elle fasse fuir autant d’utilisateurs.

Il vient d’annoncer qu’OpenAI et le Pentagone reprenaient le contrat pour le modifier sur le sujet de la surveillance de masse aux États-Unis, un des enjeux qu’Anthropic avait justement soulevé.

Dans un message d’abord envoyé en interne que s’est procuré Axios et que Sam Altman a ensuite diffusé sur X, le CEO d’OpenAI reconnait s’être précipité et avoir signé un accord qui « paraissait opportuniste et bâclé ».

« Une chose que je pense avoir mal faite : nous n’aurions pas dû nous précipiter pour publier cela vendredi », ajoute-t-il, semblant vouloir faire amende honorable.

Des utilisateurs américains ont abandonné ChatGPT en masse

Et effectivement, de nombreux utilisateurs semblent penser qu’il a fait une erreur et lui reprochent peut-être un peu plus que de la simple précipitation. Trois fois plus d’utilisateurs de ChatGPT que d’habitude ont désinstallé, aux États-Unis, l’application dans la journée du samedi 28 février, selon des chiffres de Sensor Tower cités par TechCrunch. Et les téléchargements de l’application baissent aussi.

En parallèle, l’application Claude d’Anthropic a vu ses téléchargements augmenter pour devenir l’application la plus téléchargée de l’App Store d’Apple aux États-Unis. La chanteuse Katy Perry a montré l’exemple en postant, sur X, une capture d’écran de l’offre d’Anthropic entourée d’un cœur. L’éditeur de Claude a par ailleurs annoncé de façon opportune l’ouverture à tous les utilisateurs de sa fonction d’import de données contextuelles, une invitation directe aux utilisateurs de ChatGPT.

Sam Altman explique donc dans son message qu’OpenAI et le Pentagone sont en train d’amender leur contrat pour prendre en compte noir sur blanc les différentes lois qui interdisent la surveillance domestique : « le système d’IA ne doit pas être utilisé intentionnellement à des fins de surveillance nationale des personnes et des ressortissants américains ».

Un changement qui n’aborde pas directement la question des armes autonomes

Si son message est long, Sam Altman ne parle pas directement de l’autre condition sur laquelle Anthropic n’a pas voulu céder : l’utilisation de son outil pour les armes totalement autonomes.

Il affirme par contre qu « il y a beaucoup de choses pour lesquelles la technologie n’est tout simplement pas encore prête, et beaucoup de domaines dans lesquels nous ne comprenons pas encore les compromis nécessaires pour garantir la sécurité ».

C’était justement l’argument invoqué par le CEO d’Anthropic, Dario Amodei, pour mettre de côté, pour l’instant, l’utilisation dans des armes totalement autonomes.

Essayant de ménager la chèvre et le chou, Sam Altman ajoute : « Nous allons y travailler, lentement, avec le ministère de la Défense, à l’aide de mesures de protection techniques et d’autres méthodes ».

Les critiques contre ce contrat ne se retrouvent pas que chez les utilisateurs. Ainsi, le Financial Times explique que des employés d’OpenAI ont fait part de leurs inquiétudes en interne. Ceux qui travaillent dans les locaux de San Francisco ont pu également y voir un tag affichant « NON À LA SURVEILLANCE DE MASSE » et les exhortant à « faire ce qui est juste ! ».

Une rupture avec Anthropic plus sur la forme que sur le fond

Mais si le Département de la Défense des États-Unis n’a pas signé avec Anthropic, le contrat aurait avant tout capoté en raison de tensions entre les négociateurs, selon le New York Times. En effet, le journal raconte qu’Emil Michael, le CTO du côté administration, n’aurait pas apprécié la façon dont le CEO d’Anthropic, Dario Amodei, se comportait. Une position reprise ensuite publiquement par Pete Hegseth quand il a déclaré que « les soldats américains ne seront jamais pris en otage par les caprices idéologiques des géants de la tech ».

Lors des négociations, Emil Michael a accusé Dario Amodei d’être un « menteur » atteint d’un « complexe de Dieu », alors que le CEO d’Anthropic aurait refusé de participer à une réunion avec lui pour régler des questions de formulation parce qu’il était déjà dans une autre réunion avec son équipe dirigeante.

Si Donald Trump a ordonné le week-end dernier à toutes les administrations des États-Unis de rompre avec Anthropic, l’entreprise n’a pas dit son dernier mot et a déjà annoncé qu’elle ira en justice. Elle s’appuiera notamment sur le fait que la décision a été justifiée par le département de la Défense mais aussi par le dirigeant des États-Unis en affirmant que l’entreprise était un « risque pour la chaîne d’approvisionnement », qualificatif utilisé pour signifier qu’une entreprise est une menace pour la sécurité nationale mais qui n’a jamais été utilisé contre une entreprise américaine.

☕️ Seagate Mozaic 4+ : les expéditions en volume de HDD de 44 To ont commencé

4 mars 2026 à 07:18

La gamme de disques durs Mozaic de Seagate débute à la série « 3 + », avec des HDD de 30 To et plus exploitant la technologie HAMR (Heat Assisted Magnetic Recording, avec un faisceau laser). L’année dernière, Seagate passait à 36 To, aujourd’hui il est question de 44 To.

Le constructeur explique que « sa plateforme Mozaic 4 + […] est désormais qualifiée et en production chez deux fournisseurs cloud hyperscale de premier plan », mais sans les nommer.

De plus, les « disques durs Mozaic 4 + avec des capacités allant jusqu’à 44 To sont désormais expédiés en volume vers deux principaux fournisseurs cloud hyperscale ». La densité augmente puisque, en juin dernier, John Morris (CTO de Seagate) affirmait avoir « livré à ses clients de premiers échantillons à 40 To ».

La disponibilité plus large des disques durs Mozaic 4 + est prévue « à mesure que la production continue d’augmenter », sans plus de détails. Avoir des disques durs toujours plus gros permet d’augmenter la densité du stockage dans les datacenters, mais aussi d’utiliser moins de HDD pour une capacité donnée, et donc de réduire la consommation électrique.

Seagate prévoit toujours d’atteindre 10 To par plateau, soit 100 To avec 10 plateaux dans un disque dur classique de 3,5 pouces. En laboratoire, le fabricant a atteint 6,9 To par plateau fin 2025, pour rappel. Il faudrait encore attendre six ans selon l’entreprise pour avoir 100 To. En attendant, le passage par Mozaic 5 (50 To et plus) est prévu aux alentours de 2028.

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