Vue normale

Black-out en Espagne : cascade de défaillances pour le plus grave incident depuis 20 ans

23 mars 2026 à 14:23
Jour, nuit !
Black-out en Espagne : cascade de défaillances pour le plus grave incident depuis 20 ans

Le black-out en Espagne et au Portugal n’est pas la conséquence d’une seule cause, mais d’un ensemble d’éléments. Le rapport final est disponible avec le déroulement des faits. Nous y avons ajouté des comparaisons avec le réseau français, plus résilient sur plusieurs points (mais pas invulnérable). Les experts formulent enfin des recommandations.

Le 28 avril 2025, l’Espagne et le Portugal ont subi un important black-out électrique pendant plusieurs heures. Dans une bien moindre mesure, certaines zones du sud-ouest de la France ont aussi été légèrement affectées.

Rapidement, les hypothèses se sont emballées sur le sujet, alors que l’enquête officielle de l’ENTSO-E, le réseau européen des gestionnaires de réseau(x) de transport d’électricité, ne faisait que commencer et promettait de durer des mois.

Incident de niveau 3, « le plus grave et le plus inédit » depuis plus de 20 ans

Presque un an plus tard, le rapport définitif a été mis en ligne, en fin de semaine dernière (PDF de 472 pages et de plus de 50 Mo). Cet incident est classé de niveau 3 (le plus élevé) sur l’échelle Incident Classification Scale (ICS). Le rapport est le fruit du travail de dizaines d’experts, qui ont tenu plus d’une quinzaine de réunions.

Selon le Réseau européen des gestionnaires de réseau de transport d’électricité (ENTSO-E), « il s’agissait de la panne de courant la plus grave survenue sur le réseau électrique européen depuis plus de 20 ans, et une première du genre ». La bonne nouvelle étant que « le reste du système électrique européen n’a connu aucune perturbation significative à la suite de l’incident ».

En mai dernier, la ministre espagnole de la Transition écologique avait détaillé le déroulement des faits qui ont entraîné cette panne de courant d’envergure. La piste de la cyberattaque était officiellement écartée au passage. Le gestionnaire du réseau de transport français, RTE, publiait de son côté une foire aux questions.

Dans les grandes lignes, selon les autorités espagnoles, il est question d’une « « surtension » qui a déclenché une « cascade de pertes de production » », entrainant à son tour « une chute de production à « grande échelle » qui a provoqué une « perte de synchronisation » entre la péninsule ibérique et le reste de l’Europe ».

Mais comment en est-on arrivé à cette situation ? L’ENTSO-E donne les éléments en sa possession et retrace le déroulement des faits. Son enquête conclut que la panne n’a pas une cause unique, mais résulte « d’une combinaison de nombreux facteurs ».

Déroulement des faits, au millième de seconde près

Comme vous pouvez le voir sur la capture ci-dessous, la cause profonde du black-out est loin d’être attribuée à un seul élément. Si vous la trouvez compliquée, n’allez pas voir la topologie de la grille électrique espagnole à 12h32 (page 37 du rapport).

Les causes sont en effet nombreuses puisque le réseau de gestionnaires européens cite « des oscillations, des écarts de tension et dans la gestion de la puissance réactive, des différences dans les pratiques de régulation de la tension, des déconnexions et baisses des générateurs en Espagne, ainsi que des capacités de stabilisation inégales. Ces facteurs ont conduit à des augmentations rapides de tension et à des coupures de production en cascade, entraînant des coupures de courant en Espagne continentale et au Portugal ».

Reprenons calmement avec des explications concernant les différentes étapes.


Il reste 73% de l'article à découvrir.
Vous devez être abonné•e pour lire la suite de cet article.
Déjà abonné•e ? Générez une clé RSS dans votre profil.

☕️ VMware : nouvelle plainte contre Broadcom, le CISPE demande des actions immédiates

23 mars 2026 à 07:46


L’été dernier, le CISPE (Cloud Infrastructure Services Providers in Europe) déposait une plainte au tribunal de l’Union européenne pour faire annuler la validation du rachat de VMware par Broadcom. Pour le regroupement d’opérateurs, la Commission européenne n’aurait jamais dû donner son feu vert.

Le CISPE vient de déposer une nouvelle plainte, cette fois-ci devant la DG Competition, c’est-à-dire la direction générale de la concurrence de l’Union européenne. Il demande « une action immédiate de l’UE ».

Le groupement a plusieurs griefs. Pour commencer, en janvier, « Broadcom a annoncé la fin de son programme VMware Cloud Service Provider en Europe. Cela s’ajoute aux hausses de prix, aux offres groupées, aux exigences de paiements anticipés et d’engagements minimaux basés sur une utilisation potentielle plutôt que réelle, qui ont collectivement augmenté les coûts de plus de 1 000 % ».

Pour le CISPE, « cette décision unilatérale a supprimé les partenaires à l’exception d’une petite minorité et a exclu la plupart des CSP européens de la vente des produits VMware ». La Cloud Infrastructure Services Providers in Europe demande donc à l’Union des actions immédiates.

À minima, le retour des programmes VCSP (VMware Cloud Service Provider) pour les fournisseurs de services européens, mais aussi le « white label », supprimé par Broadcom en 2025, « qui permettait auparavant aux PME et aux petits fournisseurs de proposer des logiciels VMware ». Le CISPE demande aussi que soient mises en place des protections « contre les représailles de la part de Broadcom » et « qu’un système d’amendes doit être appliqué pour garantir le respect de ces termes ».

Depuis son rachat fin 2023 pour plus de 60 milliards de dollars, Broadcom a largement revu et modifié les conditions d’accès aux produits VMware au fils des mois, poussant plusieurs gros acteurs à passer par la case justice, notamment AT&T, Orange et Thales. Plus récemment, c’est la CNAM qui a fait plier Broadcom en justice.

D’autres n’ont visiblement pas à se plaindre. Lors de son dernier Summit fin 2025, Octave Klaba revenait sur la question des licences VMware et affirmait avoir obtenu des garanties de prix pour quatre ans.

En termes de licences, ajoutait le patron d’OVHcloud, la demande « continue à croître et on reprend régulièrement de nouvelles licences chez VMWare […] On ne voit pas aujourd’hui ce que vous appelez la fuite des clients VMware. Mais ce n’est pas le même comportement d’entrée de gamme que le comportement haut de gamme ; en entrée de gamme, c’est plus dur ».

☕️ « just setting up my twittr » : le premier tweet a 20 ans

23 mars 2026 à 07:06


C’est en effet le 21 mars 2006 que Jack Dorsey a publié le tout premier message sur Twitter : « just setting up my twttr ». En mars 2021, pour les 15 ans, il a été vendu pour près de 3 millions de dollars à Sina Estavi, qui obtient ainsi un certificat numérique. Il a depuis essayé de le revendre, sans jamais s’approcher du montant qu’il a déboursé ; la folie des NFT est terminée, comme le rappelait l’année dernière Numerama.

Le réseau social a pris de l’importance et il est devenu une source importante pour les journalistes, les économistes et la classe politique, permettant de suivre l’actualité en direct. Mais tout a basculé fin 2022 avec le rachat de Twitter par Elon Musk pour 44 milliards de dollars. Rachat mouvementé car, après une offre et un désistement, c’est un passage par la case justice qui l’a poussé à la finaliser.

Elon Musk a rapidement procédé à des changements importants au sein du réseau social, poussant certains à quitter Twitter, devenu X depuis, vers d’autres contrées comme Bluesky ou Mastodon. Mais X reste toujours en place et dispose même de sa propre IA Grok, se qualifiant elle-même de MechaHitler. Plus récemment, l’IA génère des deepfakes de femmes déshabillées sans leur consentement.

Malgré ses dérives et déboires judiciaires, X reste toujours largement présent sur la scène internationale, notamment en France où des responsables politiques, jusqu’à Emmanuel Macron, sont toujours présents, avec parfois des messages « exclusifs ».

L’année dernière, Elon Musk s’est revendu X à xAI, pour 45 milliards de dollars. Un montant choisi en accord avec lui-même, à un milliard de dollars au-dessus de son prix d’achat fin 2022. Il y a quelques semaines, il a fusionné SpaceX et xAI, une opération alors que SpaceX devrait entrer en bourse d’ici cet été.

❌