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☕️ Étudiants : le Cnous victime d’un vol de données concernant 774 000 personnes

25 mars 2026 à 14:12


Le Centre national des œuvres universitaires et scolaires (Cnous) a signalé mardi 24 mars avoir été victime d’une exfiltration de données personnelles. Ces informations ont été obtenues par l’intermédiaire de sa plateforme de prise de rendez-vous avec les 27 établissements régionaux (les Crous) qui constituent son réseau.

L’organisme chiffre précisément la population concernée : en l’occurrence, 774 000 personnes différentes, dont les données « sont issues de rendez-vous pris sur les dix dernières années ».

« Parmi elles, 139 000 personnes ont fait l’objet d’une exfiltration de pièces jointes déposées dans l’application et 635 000 ont fait l’objet d’une exfiltration de données très limitée (nom, prénom, adresse mail, objet et date du rendez-vous) », précise le Cnous.

Il indique avoir pris connaissance de cette exfiltration la veille de son communiqué, soit le 23 mars, vraisemblablement suite à la revendication exprimée par l’attaquant supposé sur un forum spécialisé.

Illustration : Flock

Le Cnous affirme s’être acquitté de ses obligations réglementaires et avoir temporairement suspendu l’accès au site concerné (mesrdv.etudiant.gouv.fr), « le temps de procéder aux corrections nécessaires et de garantir une réouverture dans des conditions de sécurité renforcées ». Les services sociaux des Crous restent, dans l’intervalle, accessibles par téléphone (09 72 59 65 65). « Un dépôt de plainte est en cours. Chaque personne concernée sera informée de la situation par le Cnous », déclare encore l’organisme.

Cette attaque, dont le mode opératoire précis (ingénierie sociale, infostealer ou autre) n’a pas été précisé, participe à une vague de vols de données touchant le monde de l’éducation. Ces derniers jours, des incidents cyber de grande ampleur ont ainsi touché l’Éducation nationale et le secrétariat général à l’enseignement catholique.

☕️ OVHcloud va racheter Dragon LLM, concepteur de modèles spécialisés d’IA générative

25 mars 2026 à 09:38


OVHcloud fait une nouvelle incursion dans le domaine de l’IA générative avec l’annonce, mercredi 25 mars, d’un accord engageant portant sur l’acquisition de la startup française Dragon LLM.

Venue du monde de la traduction automatique, dans lequel elle a évolué depuis 2011 sous le nom Lingua Custodia, cette dernière se positionne comme un producteur de grands modèles de langage (LLM) spécialisés, pensés initialement pour le secteur financier.

« Grâce à cette acquisition, OVHcloud renforce ses équipes avec de nouveaux experts de fine-tuning. En internalisant les briques technologiques développées par Dragon LLM, OVHcloud proposera à ses clients de nouveaux services dans l’IA générative pour les données sensibles, déployables dans le Cloud et On-Premise », déclare le groupe roubaisien dans un communiqué (PDF).

OVHcloud annonce à cette occasion la création de son « lab AI », une division chargée de concevoir et commercialiser ces services associés à l’entraînement ou à la spécialisation des grands modèles de langages. Le groupe confirme ainsi son ambition de ne pas se limiter à l’hébergement d’infrastructures dédiées à l’IA générative, mais bien de remonter une partie de la chaîne de valeur.

Le montant de cette acquisition, qui doit donc encore être finalisée, n’a pas été communiqué.

Lingua Custodia a opéré son pivot vers Dragon LLM à partir de 2024 en postulant, avec succès, au Large AI Grand Challenge lancé par la Commission européenne. L’entreprise, basée en région parisienne, a dans ce cadre pu accéder à plusieurs millions d’heures d’utilisation des supercalculateurs Leonardo (Italie) et Jupiter (Allemagne), pour une valeur cumulée de l’ordre de 10 millions d’euros.

Dragon LLM a livré en novembre 2025 une première incarnation concrète de sa vision en matière de modèles spécialisés et verticaux, avec la publication, sur Hugging Face, de deux LLM Open Finance basés respectivement sur Llama 3.1 et Qwen 3, conçus en partenariat avec l’Agefi et soutenus financièrement par Bpifrance. Ces modèles open source à 8 milliards de paramètres se déclinent également en modèles distribués sous licences commerciales, comptant de 12 milliards à 70 milliards de paramètres, toujours spécialisés en finance et notamment en traduction de documents.

Dragon LLM revendique des performances supérieures à celles des modèles généralistes sur des missions spécifiques au monde de la finance – crédit Dragon LLM

En novembre dernier, Octave Klaba, redevenu CEO d’OVHcloud, avait développé lors du sommet annuel du groupe l’idée selon laquelle l’IA et les grands modèles de langage s’installeraient bientôt comme une forme de surcouche omniprésente au-dessus des applications métier.

☕️ Amazon s’offre la startup Fauna Robotics et son robot dédié aux interactions humaines

25 mars 2026 à 08:37


Après la startup suisse Rivr et ses livreurs autonomes dédiés aux 100 dernières mètres, Amazon poursuit ses emplettes dans le domaine de la robotique avec l’acquisition, confirmée à Bloomberg, d’une jeune pousse new-yorkaise baptisée Fauna Robotics.

Fondée en 2024 et financée à hauteur de 30 millions de dollars un an plus tard, cette équipe de 50 personnes développe un robot humanoïde baptisé Sprout, officiellement dévoilé le 27 janvier dernier. Tout en rondeurs, ce robot de 107 cm pour 22,7 kg est présenté par la startup comme une plateforme de développement dédiée à la création de robots pensés pour le service à la personne.

« Conçu pour les innovateurs dans les domaines de la robotique, de l’IA, de l’enseignement supérieur, du divertissement, du commerce et de l’hôtellerie, Sprout combine mobilité bipède, interaction expressive et manipulation dans un robot léger, robuste et élégant. Son corps à 29 degrés de liberté, son interface vocale naturelle et son design doux et ergonomique le rendent idéal pour déployer des robots dans les mêmes environnements que les personnes », explique ainsi l’entreprise dans la fiche de présentation (PDF) de l’appareil.

Rob Cochran, cofondateur de Fauna Robotics, et le robot Sprout – crédit Fauna Robotics

Amazon a confirmé que les équipes de Fauna et ses deux cofondateurs rejoindraient sa division robotique, sans préciser plus avant ses plans. « Grâce à l’expertise d’Amazon en matière de robotique et à ses décennies d’expérience dans l’acquisition de la confiance des clients à domicile grâce à nos activités de vente au détail et d’appareils, nous sommes impatients d’inventer de nouvelles façons d’améliorer et de simplifier la vie de nos clients », déclare un porte-parole cité par Bloomberg.

Les dernières acquisitions d’Amazon en matière de robots concernaient plutôt la logistique et le transport, activités situées au cœur de son modèle. Le géant du e-commerce a cependant déjà manifesté son intérêt pour la robotique « personnelle » : on se souvient par exemple d’Astro, son petit robot domestique lancé en 2021, qui s’est rapidement révélé un échec technique et commercial.

☕️ Epic licencie plus de 1 000 personnes, met en cause le recul de Fortnite, pas l’IA

25 mars 2026 à 07:32


Epic Games a initié mardi 24 mars le licenciement de plus de 1 000 employés, et annoncé la décision en interne via un email reproduit sur son site. Cette coupe dans les effectifs s’accompagne d’un plan de réduction des coûts de 500 millions de dollars par an. Les deux mesures combinées doivent permettre à Epic de revenir à une position « plus stable », explique Tim Sweeney, CEO d’Epic.

Dans sa lettre aux employés, ce dernier invoque d’abord le contexte général de l’industrie du jeu vidéo, avec une croissance ralentie, des dépenses d’investissements en berne, des consoles de dernière génération dont les ventes plafonnent et une concurrence accrue entre le jeu vidéo et d’autres formes de divertissement.

À ces éléments de langage entendus dans la plupart des grands plans de licenciement enclenchés par l’industrie, notamment chez Riot Games ou Ubisoft, s’ajoutent des facteurs plus spécifiquement liés à Epic, au premier rang desquels la baisse de popularité de Fortnite. Tim Sweeney :

« Malgré le succès indéfectible de Fortnite, l’un des jeux les plus populaires au monde, nous avons rencontré des difficultés à maintenir la magie de Fortnite à chaque saison ; nous n’en sommes qu’aux prémices de notre retour sur mobile et de l’optimisation de Fortnite pour les milliards de smartphones à travers le monde ; et en tant que pionniers du secteur, nous avons essuyé de nombreuses critiques dans une bataille qui ne commence que récemment à porter ses fruits pour nous et pour tous les développeurs. »

Cette bataille, censée profiter à l’ensemble des développeurs, c’est bien sûr le combat engagé en justice par Epic contre Google et Apple afin de limiter le contrôle et les coûts associés à la distribution sur les kiosques d’applications mobiles. Un terrain sur lequel Epic peut effectivement se targuer de premières victoires significatives, ayant conduit Apple à transiger et Google à ouvrir plus largement les vannes du Play Store.

Logo Epic Games

Le CEO d’Epic appelle maintenant ses équipes à construire de nouvelles expériences Fortnite pour relancer la dynamique et évoque la migration engagée vers l’Unreal Engine 6 à la fois pour le jeu et pour l’outil de création associé, Unreal Editor pour Fortnite (UEFN). « C’est ce que nous souhaitons faire pour nos joueurs, et nous voulons emmener avec nous d’autres développeurs partageant les mêmes idées dans ce projet afin de construire ensemble un avenir du divertissement toujours plus ouvert et dynamique. »

En ces temps troublés par l’avènement des grands modèles de langage, Tim Sweeney prend soin de préciser que ce plan de licenciements n’est pas lié à l’IA :

« Puisque le sujet est désormais d’actualité, je tiens à préciser que les licenciements ne sont pas liés à l’IA. Dans la mesure où elle améliore la productivité, nous souhaitons disposer d’un maximum de développeurs talentueux pour créer du contenu et des technologies de pointe. »

Epic avait déjà licencié 900 personnes, soit environ 16 % de son effectif de l’époque, en septembre 2023. Sweeney tenait déjà un discours similaire quant aux facteurs conjoncturels et à la nécessité de réduire les coûts de fonctionnement. « Depuis un certain temps, nous dépensons beaucoup plus d’argent que nous n’en gagnons », écrivait-il alors.

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