Vue normale

☕️ Le Parlement européen repousse la régulation de l’IA et veut interdire la nudification

26 mars 2026 à 16:48


La décision était attendue, le Parlement avait prévenu la semaine dernière. C’est désormais officiel (et sans surprise), les députés ont adopté ce jeudi – à une large majorité avec 569 voix pour, 45 contre et 23 abstentions – une « position sur une proposition de simplification (omnibus) modifiant la législation sur l’intelligence artificielle (AIA) ».

Pour les systèmes d’IA à haut risque, les députés proposent, comme prévu, la date du 2 décembre 2027, au lieu du 2 août 2026, soit près d’un an et demi de retard. Également validée, la proposition de repousser au 2 août 2028 « les systèmes d’IA couverts par la législation sectorielle européenne sur la sécurité et la surveillance du marché ».

Autre délai repoussé, celui sur les « règles relatives au marquage numérique des contenus audio, image, vidéo ou des textes créés par l’IA afin d’indiquer leur origine ». Désormais, les députés visent le 2 novembre 2026 alors que cela devait entrer en vigueur cet été. Cela concernera donc les actualités générées par IA, comme le signale déjà notre extension, qui a dans sa base de données près de 12 000 sites.

Au passage, les députés veulent introduire l’interdiction des systèmes de « nudification », c’est-à-dire les applications qui utilisent l’IA pour « créer ou manipuler des images sexuellement explicites ou intimes et qui ressemblent à une personne réelle identifiable, sans le consentement de cette personne ».

Le Parlement précise que cette « interdiction ne s’appliquera pas aux systèmes d’IA dotés de mesures de sécurité efficaces empêchant les utilisateurs de créer de telles images ». Cette semaine, l’Internet Watch Foundation a d’ailleurs sonné l’alerte face à la multiplication d’images et de vidéos pédocriminelles crédibles générées par IA.

Les députés sont également favorables « à ce que les fournisseurs de services puissent traiter des données à caractère personnel afin de détecter et de corriger les biais dans les systèmes d’IA, mais ils ont introduit des garanties pour s’assurer que cela ne se fasse qu’en cas de stricte nécessité ».

Après ce vote, les négociations avec le Conseil sur la version définitive de la loi peuvent désormais commencer, avec ensuite un trilogue avant le vote définitif. La proposition de simplification adoptée ce jour fait partie du septième paquet omnibus sur la simplification proposé par la Commission européenne depuis novembre 2025.

Protection des mineurs en Europe : quatre sites pornos hors la loi, enquête sur Snapchat

26 mars 2026 à 16:20
Quelles surprises…
Protection des mineurs en Europe : quatre sites pornos hors la loi, enquête sur Snapchat

Ce jeudi, la Commission européenne a publié deux communiqués autour de la protection de l’enfance et des mineurs. Snapchat est sous le coup d’une enquête formelle, tandis que les conclusions préliminaires sont tombées pour PornHub, Stripchat, XNXX et XVideos, qui « enfreignent la loi sur les services numériques ».

Le premier communiqué concerne Snapchat, avec l’ouverture d’une procédure formelle pour déterminer si le réseau social « garantit un niveau élevé de sûreté, de confidentialité et de sécurité pour les enfants en ligne, conformément à la législation sur les services numériques (DSA) ».

De nombreux griefs contre Snapchat, une enquête ouverte

Les griefs de la Commission sont nombreux car elle estime que la plateforme a peut-être enfreint les règles en « exposant des mineurs à des tentatives de manipulation et à des recrutements à des fins criminelles, ainsi qu’à des informations sur la vente de biens illégaux, comme des drogues ou des produits à restriction d’âge, tels que les cigarettes électroniques et l’alcool ».

Plusieurs points seront analysés, à commencer par la vérification d’âge (13 ans minimum) à l’entrée de la plateforme. La Commission européenne soupçonne en effet que « l’autodéclaration en tant que mesure d’assurance de l’âge est insuffisante ». Des inquiétudes également de l’Europe concernant « les paramètres du compte par défaut de Snapchat ne fournissent pas suffisamment de confidentialité, de sureté et de sécurité pour les mineurs ».

La modération est aussi pointée du doigt, avec un manque d’efficacité « pour empêcher la diffusion d’informations orientant les utilisateurs vers la vente de produits illégaux […] De plus, elle ne semble pas empêcher efficacement les utilisateurs, y compris les enfants et les adolescents, d’accéder à ce type de contenu ».

Les mécanismes de signalement sont également scrutés de près car, selon la Commission, ils « ne sont ni faciles d’accès ni faciles à utiliser, et pourraient utiliser ce qu’on appelle des dark patterns dans leur conception ».

La Commission lance donc son enquête approfondie afin de collecter des preuves, et demander des comptes à Snapchat si besoin.

« PornHub, Stripchat, XNXX et XVideo enfreignent la législation »

Une autre enquête, toujours axée sur la protection des mineurs, se termine dans le même temps. Elle concerne quatre sites pornos : « La Commission conclut à titre préliminaire que PornHub, Stripchat, XNXX et XVideos enfreignent la législation sur les services numériques pour avoir permis aux mineurs d’accéder à leurs services ».

Selon la Commission, les plateformes « n’ont pas identifié et évalué avec diligence les risques que leurs plateformes présentent pour les mineurs qui accèdent à leurs services ». De plus, même lorsque des risques étaient identifiés, elles « n’ont pas procédé à une évaluation approfondie ».

La réputation avant les risques sociétaux pour les mineurs

Toujours selon l’Europe, les plateformes avec du contenu pornographique ont mis « l’accent de manière disproportionnée sur leurs préoccupations, notamment les dommages liés à la réputation, plutôt que de se concentrer sur les risques sociétaux pour les mineurs, comme l’exige le DSA ».

La Commission ajoute que « Pornhub, Stripchat, XNXX et XVideos n’avaient pas mis en œuvre de mesures efficaces pour empêcher les mineurs d’accéder à leurs services ». Les conditions d’utilisation précisent qu’il faut être majeur, mais « un simple clic confirmant qu’ils ont plus de 18 ans » suffit aux mineurs pour passer. Même problème que pour Snapchat donc.

Pornhub, Stripchat, XNXX et XVideos « doivent mettre en œuvre des mesures »

La Commission estime donc « que Pornhub, Stripchat, XNXX et XVideos doivent mettre en œuvre des mesures de vérification de l’âge respectueuses de la vie privée afin de protéger les enfants contre les contenus préjudiciables ». Ce sont des conclusions préliminaires, qui « ne préjugent pas du résultat final de l’enquête ».

Les quatre plateformes ont désormais la possibilité d’examiner les documents des dossiers d’enquête et de répondre. Elles peuvent aussi, de manière volontaire, prendre des mesures pour corriger le tir. Si les conclusions de la Commission sont validées, des sanctions pourront être prises.

En France, depuis cet été, l’Arcom a intensifié sa lutte et mis en demeure 17 sites pornos de mettre en place des mesures de vérification de l’âge. Dans la foulée, nous avions testé plusieurs méthodes pour prouver son âge à l’entrée des plateformes.

Problème, quelques clics suffisaient parfois pour passer outre, tandis que d’autres validaient parfois n’importe quoi.

Nous sommes par exemple passés avec une fausse carte d’identité de Gabriel Attal récupérée sur Internet, une carte au nom de Dora l’Exploratrice, une vidéo du visage d’une personne sur une banque d’image (avec le watermark)… Pire encore, nous avons refait un tour début février et la situation est toujours catastrophique.

☕️ AMD annonce son Ryzen 9 9950X3D2 Dual Edition (AM5) avec 208 Mo de cache

26 mars 2026 à 14:44


Tout juste un an après le lancement des Ryzen 9 9900X3D et 9950X3D, AMD remet le couvert avec le Ryzen 9 9950X3D2 Dual Edition avec un « 2 Dual Edition » en plus à la fin de sa référence. La différence ? La technologie AMD 3D V-Cache est présente sur les deux chiplets du processeur.

Le CPU dispose donc toujours de 16 cœurs et 32 threads Zen 5 répartis sur deux chiplets de 8C/16T chacun. Le Ryzen 9 9900X3D a 128 Mo de mémoire cache L3 (série X3D oblige), pour un total de 144 Mo de cache avec les 16 Mo de cache L2 (1 Mo par cœur).

Le Dual Edition double presque la mise avec 208 Mo de cache au total, soit 192 Mo de cache L3 (toujours 16 Mo de cache L2). Avec une simple division, on en déduit que chaque chiplet dispose de 96 Mo de cache L3. Dans tous les cas, le cache L1 est de 1 280 Ko.

La fréquence de base est de 4,3 GHz avec jusqu’à 5,6 GHz en mode boost, soit 100 MHz de moins que le Ryzen 9 9950X3D (5,7 GHz). Autre changement, le TDP du CPU Dual Edition passe à 200 watts, soit une hausse de 30 watts.

Selon AMD, cela permet « des gains de performances de 5 à 10 % par rapport au Ryzen 9 9950X3D ». La disponibilité est prévue pour le 22 avril, mais il y a fort à parier qu’il coûte plus de « 5 à 10 % » que son grand frère. Dans tous les cas, ce sera « le premier processeur de bureau intégrant la technologie AMD 3D V-Cache sur deux chiplets ».

Le processeur utilise un socket AM5 (compatible avec les chipsets 620, X670E, X670, B650E, B650, X870E, X870, B840 et B850). ASRock avait vendu la mèche il y a quelques jours en publiant (et retirant rapidement) une fiche précisant que ses cartes mères AM5 étaient compatibles, comme le rapporte VideoCardz.

☕️ WhatsApp fait le plein de nouveautés : stockage, comptes multiples, transferts, Meta AI…

26 mars 2026 à 14:27


WhatsApp annonce une salve de nouveautés pour son application mobile. Sur la gestion du stockage, la messagerie instantanée de Meta (Facebook, WhatsApp, Instagram…) explique que « vous pouvez désormais rechercher et supprimer les fichiers volumineux directement dans les discussions », via une nouvelle option Gérer le stockage dans les discussions.

C’était déjà possible sur Android, mais c’est désormais aussi le cas sur iOS : sur un seul téléphone, vous pouvez avoir deux comptes connectés en même temps.

WhatsApp ajoute que la « fonctionnalité de transfert de discussions permet désormais de déplacer votre historique de discussion depuis iOS vers Android, en plus du transfert sur une même plateforme ». C’était déjà possible auparavant, mais tout est à présent centralisé dans l’application et WhatsApp promet que, maintenant, « vos conversations, photos et vidéos sont facilement accessibles en quelques appuis seulement ».

Une annonce de nouveautés sur un produit Meta sans parler d’IA ? Bien sûr que non : « Vous pouvez désormais utiliser Meta AI pour retoucher des photos directement dans vos discussions avant de les envoyer ».

Autre nouveauté, « l’aide à la rédaction peut désormais suggérer une réponse en fonction de votre conversation afin que vous puissiez trouver le message idéal, tout en gardant vos discussions complètement privées ».

Comme toujours avec la messagerie, « ces fonctionnalités sont en cours de déploiement et seront bientôt disponibles pour tous ».

Le WorldModel : comment Yann LeCun et son équipe veulent révolutionner l’IA

26 mars 2026 à 13:29
JEPA tout compris, vous pouvez répéter ?
Le WorldModel : comment Yann LeCun et son équipe veulent révolutionner l’IA

Apprendre à partir du monde plutôt que du langage, c’est le but des « world models ». Yann LeCun et son équipe d’AMI Labs viennent de dévoiler leur premier modèle du genre, LeWorldModel. Comment ça marche ? Quelles différences avec les LLM (grands modèles de langage) ? Quelles sont les limitations et les espoirs ? Next vous explique tout.

Après avoir quitté Meta, Yann LeCun s’est associé à d’autres chercheurs de renom pour lancer AMI Labs (Advanced Machine Intelligence) au début de l’année. Début mars, la start-up levait 890 millions d’euros. Elle vient de présenter son premier modèle : LeWorldModel ou LeWM de son petit nom. C’est un modèle qui apprend et qui, à partir d’actions données, essaye d’anticiper le futur.

LeWorldModel, JEPA, régulariseur gaussien… Wait, what ?!

Présentation rapide : « LeWM est un « world model » basé sur JEPA qui évite l’effondrement des représentations grâce à un simple régulariseur gaussien (SIGReg), s’entraîne de bout en bout à partir des pixels avec seulement deux termes de perte, et atteint des performances de contrôle compétitives pour une fraction du coût de calcul ».

Vous n’avez pas tout compris ? Pas de panique, Next vous explique de façon simple l’approche d’AMI Labs pour apprendre le monde à partir d’images et de vidéos. Le concept n’est pas nouveau, mais la manière de faire est différente et demande moins de puissance de calcul, alors que c’est actuellement le nerf de la guerre des IA (génératives).

Pour être plus performantes, ces IA ont de plus en plus de paramètres (ils se comptent en centaines de milliards), mais ce gain de taille se fait au prix de calculs et d’un besoin en quantité de mémoire (pour charger les paramètres) toujours plus importants. Pour rappel, une requête à ChatGPT avec un seul token, c’est déjà des centaines de milliards de calculs pour répondre.

Apprendre et raisonner « comme les animaux et les humains »

Il y a maintenant plus de quatre ans, alors qu’il était chez Meta, Yann LeCun parlait de « sa vision d’un système d’IA capable d’apprendre et de raisonner comme les animaux et les humains ».


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☕️ Saturne épluchée comme un oignon avec deux superbes images de Webb et Hubble

26 mars 2026 à 08:23


L’Agence spatiale européenne (ESA) revient sur la mise en ligne de deux images avec les vues les plus détaillées de Saturne. L’agence spatiale américaine fait de même. Publication coordonnée logique puisque les télescopes James Webb et Hubble « se sont associés pour capturer de nouvelles vues de Saturne ».

« Les observations dans l’infrarouge et la lumière visible révèlent des couches et des tempêtes dans l’atmosphère de la planète aux anneaux ». Une image vient de Hubble et « révèle de subtiles variations de couleur sur la planète », elle a été capturée en août 2024. La seconde de Webb quelques mois plus tard, avec une vue infrarouge qui « détecte des nuages et des produits chimiques à de nombreuses profondeurs dans l’atmosphère ».

À gauche, l’image de James Webb du 29 novembre 2024, à droite celle de Hubble du 22 aout 2024. La NASA propose aussi une vue plus large de Saturne, avec ses six plus grandes lunes, dont la plus imposante, Titan, est tout à gauche :

C’est un travail d’équipe, expliquent les agences spatiales. Les scientifiques peuvent en effet découper l’atmosphère de Saturne à plusieurs altitudes, comme on épluche un oignon : « Chaque télescope raconte une partie différente de l’histoire de Saturne, et ces observations aident les chercheurs à comprendre comment fonctionne l’atmosphère de Saturne ».

Le temps des saisons sur Saturne est bien différent de celui sur Terre, car chaque saison dure environ 7 ans et la planète met plus de 29 ans à faire sa révolution. « Ces images montrent la planète passant de l’été boréal à l’équinoxe de 2025 ». C’est une période particulière durant laquelle ses anneaux « disparaissent ».

« La Terre passe dans le plan équatorial de Saturne autour du moment de l’équinoxe de Saturne. À ce moment, depuis la Terre, les anneaux ne se voient que par la tranche, c’est-à-dire selon un trait si mince qu’il donne l’illusion de leur disparition », explique l’Observatoire de Paris. Ils ne dépassent alors pas les 40 mètres d’épaisseur.

Ce phénomène s’est produit le 23 mars, mais l’Observatoire avait prévenu que, « malheureusement, lors de cette configuration 2025, il ne sera pas observable […] Saturne sera à cette période noyée dans la lumière du Soleil en journée et non visible la nuit. Elle ne sera donc pas observable ».

Rendez-vous le 1ᵉʳ avril… 2039 pour la prochaine disparition des anneaux. « Saturne sera à l’opposition et le phénomène sera alors facile à observer ».

☕️ Au CERN, une première mondiale : le transport d’antimatière dans un… camion

26 mars 2026 à 07:27


L’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN) avait annoncé il y a cinq ans deux expériences pour transporter de l’antimatière… dans une camionnette. Elle rappelait alors que son usine d’antimatière était « le seul endroit au monde où l’on produit des antiprotons de basse énergie ». C’est-à-dire des « équivalents » des protons dans l’antimatière.

Le CERN prévoyait que les expériences soient opérationnelles en 2023. Le calendrier s’est étiré, mais l’expérience BASE est finalement « parvenue à transporter un piège rempli d’antiprotons d’un bout à l’autre du site principal du CERN ». L’ensemble pèse 1 tonne et peut passer des portes standards de laboratoire.

Dans le détail, l’expérience comprend un nuage de 92 antiprotons dans un piège de Penning cryogénique portatif. Le dispositif est ensuite déconnecté de l’installation, chargé dans un camion, transporté et l’expérience a été poursuivie après le transport. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour eux ça veut dire beaucoup.

Le CERN parle d’un véritable tour de force : « l’antimatière est très difficile à conserver, car elle s’annihile au contact de la matière ». C’est une première mondiale selon le CERN. L’objectif est de transporter des antiprotons vers d’autres laboratoires en Europe, notamment l’université Heinrich-Heine de Düsseldorf pour effectuer des mesures de très haute précision sur l’antimatière.

Ce n’est pas encore gagné car pour arriver à l’université Heinrich-Heine, cela prendrait au moins huit heures de route. Christian Smorra, chef du projet BASE-STEP, explique que « cela signifie que l’aimant supraconducteur du piège devra rester à une température inférieure à 8,2 kelvins pendant tout ce temps. Donc, en plus de l’hélium liquide, il nous faudrait un groupe électrogène pour alimenter un réfrigérateur cryogénique dans le camion. Nous étudions actuellement les possibilités ».

Une fois cette étape franchie, il reste le « défi le plus important » : transférer les antiprotons jusqu’à l’expérience sans qu’ils disparaissent. Mais le jeu en vaut la chandelle pour les scientifiques car ils pensent pouvoir ainsi mesurer l’antimatière avec « une précision au moins 100 fois supérieure », précise Stefan Ulmer, porte-parole de l’expérience BASE.

Une petite foire aux questions est disponible sur cette page.

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