Fake news : les fact-checkeurs amateurs se font avoir plus souvent que les autres
Le fact-checking est un process, pas un pari
Une étude de l’ARCOM révèle que 60 % des Français pensent être capables d’identifier les fausses informations, mais également que seuls 23 % des autres Français en seraient eux aussi capables. De fait, seuls 23 % des Français ont identifié les sept fausses informations qui leur ont été présentées, mais également 19 % seulement de ceux qui s’estiment pourtant capables de les fact-checker.
En 2024, une étude de l’ARCOM sur le rapport des Français à l’information, conduite auprès d’un échantillon représentatif de 3 400 Français âgés de 15 ans et plus, révélait que 48 % des Français déclaraient douter toujours ou souvent de la fiabilité des informations diffusées dans les médias.
En 2026, une nouvelle étude sur le rapport des Français aux fausses informations révèle que 60 % pensent savoir identifier une fausse information, mais également que 23 % seulement estiment que la plupart des autres Français seraient eux aussi capables de pouvoir le faire. Or, l’étude révèle que « ceux qui s’estiment aptes à identifier les fausses informations sont en réalité plus nombreux à se tromper ».
2 000 individus ont en effet été interrogés en ligne au travers d’un questionnaire de 25 minutes entre les 14 et 26 novembre 2025, via un protocole d’étude nourri par des échanges avec des experts spécialistes des fausses informations (sept chercheurs universitaires, et trois professionnels du fact-checking), et réalisé en partenariat avec VIGINUM, l’agence française en charge de la lutte contre les ingérences numériques étrangères.
79 % estiment que la désinformation présente un risque pour la démocratie
70 % des sondés disent avoir été confrontés à de fausses informations au moins une fois par semaine, dont 33 % au moins une fois par jour, et 13 % au moins une fois par mois. 79 % estiment qu’elles représentent un risque pour la démocratie, « fort » (48 %) ou « très fort » (31 %, mais 38 % chez les 60 ans et plus, contre 26 % pour les moins de 45 ans, et 25 % chez les CSP-).
92 % estiment que la désinformation dégrade la confiance dans les médias, 89 % dans les institutions, 79 % dans les résultats des élections, que cela incite à avoir des comportements dangereux pour la santé et alimente le racisme et les discriminations, 60 % qu’elle freine la lutte contre le réchauffement climatique.
En conséquence, 80 % des sondés considèrent qu’il est indispensable de lutter contre les fausses informations. Un chiffre qui monte à 89 % chez les plus de 60 ans, mais qui n’est que de 74 % chez les moins de 45 ans et les CSP-. 75 % appellent à sanctionner les auteurs de fausses informations, mais 39 % seulement à renforcer les moyens des journalistes et des médias.


34 % ont déjà partagé une fausse information, dont 1/4 en sachant qu’elle était fausse
34 % des sondés reconnaissent cela dit avoir déjà partagé une fausse information. Un taux qui s’élève à 45 % chez les 18 - 24 ans, et à 41 % pour ceux qui s’informent sur les plateformes et les réseaux sociaux. 76 % précisent qu’ils pensaient qu’elle était vraie, mais 24 % savaient qu’elle était fausse, et même 32 % chez les 18 - 24 ans.