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Oracle relance une vague de licenciements, plusieurs milliers de postes concernés

1 avril 2026 à 13:47
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Oracle relance une vague de licenciements, plusieurs milliers de postes concernés

Six mois après la précédente, une nouvelle vague de licenciements a été engagée au sein des équipes d’Oracle. Certains employés ont été avertis par email que leur poste a été « supprimé » de l’organisation. Les estimations et les témoignages évoquent des coupes comprises entre 10 000 et 30 000 postes. Oracle ne s’est pour l’instant pas exprimé.

Oracle a enclenché un nouveau round de licenciements, dont le périmètre exact est encore difficile à déterminer. Cette salve intervient six mois seulement après la précédente, et elle en reprend le mode opératoire : les employés concernés évoluent dans toutes les divisions de l’entreprise, et sont prévenus par email, de façon plus ou moins laconique selon les cas.

Jusqu’à 30 000 postes concernés ?

Business Insider a reproduit par exemple mardi 31 mars un courrier électronique annonçant une suspension de poste sans préavis. « Après mûre réflexion et compte tenu des besoins actuels d’Oracle, nous avons décidé de supprimer votre poste dans le cadre d’une restructuration plus large. Par conséquent, aujourd’hui est votre dernier jour de travail », indique ce message signé Oracle Leadership.

D’autres témoignages (partagés sur Reddit, origine non vérifiée) montrent que certains employés ont reçu des messages légèrement différents dans la forme, mais similaires sur le fond : le poste concerné n’est plus considéré comme indispensable à l’entreprise, et se voit donc supprimé sans délai.

Comme en septembre dernier, la question se pose de savoir quelle est l’ampleur réelle de cette réduction d’effectifs. Oracle n’a pour l’instant pas communiqué via ses canaux officiels. L’entreprise a toutefois dû signaler formellement certains de ses licenciements pour des raisons réglementaires. Reuters remarque par exemple que l’entreprise a déclaré 491 suppressions de postes dans l’État de Washington et dans ses bureaux de Seattle en raison du ​Worker Adjustment and Retraining Notification (WARN) Act.

En Inde, où Oracle emploie aujourd’hui environ 30 000 personnes, plusieurs sources évoquent le chiffre de 12 000 licenciements au sein d’Oracle IDC (India Development Centre), le centre chargé notamment du développement de NetSuite, l’ERP du groupe, mais ce chiffre n’a pas été confirmé.

Du cash flow pour les investissements dans l’IA

Le groupe présidé par Larry Ellison, qui comptait 162 000 employés dans le monde d’après son dernier rapport annuel de mai 2025, a toutefois laissé entrevoir des signes avant-coureurs dans sa dernière communication financière à destination de la SEC, le gendarme de la bourse des États-Unis. Datée du 10 mars dernier (PDF), celle-ci indique en effet qu’Oracle prévoit une enveloppe totale de 2,1 milliards de dollars de frais de restructuration pour son année fiscale 2026, et qu’il en a pour l’instant dépensé 982 millions sur les trois premiers trimestres de l’exercice concerné.

L’ampleur de ces provisions laisse imaginer un plan de licenciements susceptible de concerner jusqu’à 30 000 personnes dans le monde, estiment certains commentateurs. Une telle réduction d’effectifs se traduirait par une augmentation de la trésorerie disponible d’Oracle de l’ordre de 8 à 10 milliards de dollars. De quoi soutenir le financement des projets pharaoniques d’infrastructures engagés par le groupe, aux côtés notamment d’OpenAI, qui constituent à la fois le cœur de sa politique d’investissements, mais aussi de ses débouchés commerciaux, puisqu’Oracle affiche un carnet de commandes de l’ordre du demi-millier de milliards de dollars.

☕️ L’État français finalise le rachat de Bull

1 avril 2026 à 09:03


Bull, marque historique du calcul informatique, a définitivement tourné la page Atos : l’État a annoncé mardi 31 mars avoir finalisé le rachat de l’ex-division supercalcul du groupe informatique, sur la base d’une valeur d’entreprise qui pourrait atteindre 404 millions d’euros, en fonction de la réalisation de certains objectifs (non communiqués).

« Cette opération constitue une étape majeure pour la souveraineté technologique française et européenne, en particulier dans les domaines du calcul haute performance, de l’intelligence artificielle et du quantique », vante Bercy.

L’État s’était positionné dès fin 2024 comme un repreneur potentiel des activités supercalcul d’Atos, alors que le groupe de services informatiques entrait dans une période de tourmente boursière et financière sur fond de tentative de rachat manquée. L’intention s’était transformée en offre ferme en juin 2025.

Logo Bull

La démarche visait selon Bercy à préserver une activité qualifiée de critique dans la mesure où Atos, via sa division supercalcul, équipait la Défense (notamment pour la simulation nucléaire) et certains grands acteurs de l’industrie française.

Fin janvier, le nouvel actionnaire avait acté sa décision de relancer la marque Bull, quasi-centenaire, pour porter ces activités qui représenteraient aujourd’hui « plus de 3 000 professionnels et experts, pour la moitié basée en France » et un chiffre d’affaires de l’ordre de 720 millions d’euros en 2025.

Bull, sous son ancienne casquette Atos Eviden, est notamment intervenue récemment dans la fabrication du supercalculateur allemand Jupiter, et participe à la création du supercalculateur Alice Recoque qui doit mobiliser à lui seul un budget de 554 millions d’euros sur cinq ans. Ce dernier doit en effet être construit sur la base de la plateforme BullSequana XH3500, puis équipé de GPU AMD Instinct MI430X, pour viser une puissance de calcul de l’ordre de l’exaflops en double précision.

« L’entrée de l’État au capital de Bull apporte à l’entreprise un actionnaire public de long terme, garant de la stabilité, de la continuité stratégique et de la préservation de compétences critiques au service d’une filière française et européenne d’excellence », affirme Bercy.

OpenAI porte son tour de table à 122 milliards de dollars

1 avril 2026 à 07:07
Qui trop embrasse mal étreint
OpenAI porte son tour de table à 122 milliards de dollars

OpenAI annonce avoir conclu sa dernière levée de fonds sur un montant revu à la hausse : 122 milliards de dollars, pour une valorisation totale désormais estimée à 852 milliards de dollars. L’entreprise affirme désormais engranger 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires par mois et revendique une croissance quatre fois supérieure à celle d’Alphabet ou de Meta.

Les investisseurs semblent toujours enclins à suivre Sam Altman dans sa course au gigantisme. OpenAI a en effet annoncé mardi 31 mars avoir conclu son dernier tour de table, un an précisément après sa levée de fonds de 40 milliards de dollars au printemps 2025.

La levée de fonds partait sous des auspices favorables, avec 110 milliards de dollars promis par Amazon, Softbank et NVIDIA, pour une valorisation fixée à 730 milliards de dollars. Elle se termine finalement sur des indicateurs en hausse : OpenAI revendique en effet désormais des engagements à hauteur de 122 milliards de dollars, sur la base d’une valorisation post-money (après réalisation de l’augmentation de capital) de 852 milliards de dollars.

Une ouverture indirecte aux investisseurs particuliers

Dans sa communication, OpenAI affirme clairement voir dans cette surallocation un message de confiance de la part du secteur financier. Outre les trois acteurs déjà mentionnés, le tour réunit 25 fonds d’investissements et gestionnaires d’actifs, parmi les plus grands noms du secteur, dont Sequoia Capital, Thrive Capital, Andreessen Horowitz (a16z), D.E. Shaw & Co, Blackrock, Blackstone, etc. Aux côtés de ces acteurs principalement états-uniens, on note la présence de MGX, fonds d’investissement adossé aux Émirats arabes unis, et de Temasek, le fonds souverain de Singapour.

Au sein de cette enveloppe, trois milliards de dollars émanent indirectement d’investisseurs particuliers, par l’intermédiaire de trois banques privées avec lesquelles OpenAI a passé un accord de distribution. L’entreprise annonce par ailleurs avoir passé un accord avec le gestionnaire d’actifs ARK Invest pour que celui-ci intègre des titres OpenAI à certains de ses fonds de placement cotés (ETF). Une manœuvre que l’on pourrait interpréter comme un galop d’essai, afin de jauger l’intérêt du public pour la future action OpenAI si l’introduction en bourse devait aller à son terme.

L’infrastructure comme avantage stratégique

OpenAI profite de cette communication pour actualiser ses chiffres : ChatGPT compterait maintenant plus de 900 millions d’utilisateurs actifs par semaine, dont plus de 50 millions d’abonnés payants. Le trafic web et mobile de ChatGPT, exprimé en visites mensuelles, serait également six fois supérieur à celui de la deuxième application d’IA du marché (dont OpenAI ne précise pas le nom), et quatre fois supérieur à celui de tous les concurrents combinés.

« À ce stade, notre chiffre d’affaires croît quatre fois plus vite que celui des entreprises qui ont façonné les ères d’Internet et du mobile, notamment Alphabet et Meta », clame OpenAI.

Le marché entreprises représenterait quant à lui 40 % du chiffre d’affaires revendiqué. L’utilisation de ChatGPT par API se chiffrerait à 15 milliards de tokens par minute, et Codex, l’outil dédié aux développeurs, compterait 2 millions d’utilisateurs hebdomadaires.

Les expérimentations liées à la publicité porteraient quant à elles déjà leurs fruits, avec 100 millions de dollars en revenu annuel récurrent atteints en seulement six semaines. « Il ne s’agit pas seulement d’étapes de croissance importantes, mais aussi de la preuve que l’IA de pointe fait désormais partie du quotidien des gens du monde entier ».

Paradoxe de Jevons assumé

De quoi justifier, pour OpenAI, une stratégie toujours plus offensive d’investissement dans les infrastructures, qui assume une logique en droite ligne avec les préceptes du paradoxe de Jevons :

« À chaque nouvelle génération d’infrastructure, nous entraînons des modèles plus performants, rendant chaque token plus intelligent qu’auparavant. Parallèlement, les améliorations algorithmiques et matérielles réduisent le coût de service de chaque token, diminuant ainsi le coût par unité d’intelligence. Cette intelligence accrue rend l’IA utile pour des flux de travail plus complexes, ce qui augmente son utilisation, stimule la demande de calcul et accélère le cycle de croissance.

Il en résulte un effet cumulatif : une infrastructure et des modèles plus performants réduisent le coût de déploiement, tandis que des produits améliorés et un déploiement plus poussé en entreprise augmentent le revenu par unité de calcul. À mesure que l’utilisation augmente et que la plateforme gagne en maturité, cela génère un effet de levier opérationnel significatif au fil du temps.
 »

Le message ne sera sans doute pas de nature à rassurer ceux qui déplorent la course au gigantisme en matière d’infrastructures, ou qui craignent que les promesses d’investissements conditionnées à des perspectives de commandes finissent par faire éclater une possible bulle de l’IA.

Il confirme en revanche, s’il en était besoin, l’ambition d’OpenAI de se positionner comme le fournisseur d’une « superapp IA unifiée », autrement dit un ChatGPT capable de répondre à l’ensemble des demandes, qu’il s’agisse de requêtes grand public, de flux de travail spécialisés, de code ou de faire tourner des agents. Une approche quasi hégémonique qui paradoxalement servira peut-être à consolider le discours d’acteurs faisant le choix de modèles de pointe spécialisés, à l’image de Mistral AI.

En attendant, les vœux d’OpenAI et de Sam Altman se heurtent à certaines contingences matérielles : l’entreprise a ainsi mis un terme soudain à Sora, son IA générative dédiée à la production de vidéos, et reporté sine die ses projets de version adulte de ChatGPT.

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