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☕️ Le noyau Linux 7.0 est disponible

13 avril 2026 à 15:29


Le niveau de sévérité des tickets associés à la dernière release candidate de la version 7.0 du noyau Linux a atteint un niveau suffisamment bas pour que Linus Torvalds, son principal mainteneur, décrète dimanche soir le passage en version finale. « La dernière semaine de cette version s’est poursuivie sur la même lancée de nombreuses petites corrections, mais tout ceci parait plutôt bénin, je l’ai donc taguée et je l’ai déployée », écrit le créateur de Linux sur la mailing list dédiée.

Hasard du calendrier, il réagit également, de façon indirecte, aux débats relatifs à l’utilisation de l’IA générative dans la production de code dédié au noyau, soulignant que la pratique est devenue sensible. « Je soupçonne que l’utilisation intensive d’outils d’IA continuera de nous révéler des cas particuliers pendant un certain temps, donc cela pourrait devenir la « nouvelle norme », au moins temporairement. L’avenir nous le dira ».

Illustration : Flock

Quelques heures après la publication de son message et la diffusion du code sur son git, le noyau Linux figure bien en version 7.0 finale sur le site dédié, ce qui signifie que les éditeurs et mainteneurs des distributions courantes devraient rapidement envisager son intégration. Ubuntu 26.04, dont la version finale est attendue pour le 23 avril prochain, sera vraisemblablement l’une des premières à basculer vers Linux 7.0, déjà testé au travers de la bêta distribuée fin mars.

Rappelons que si ce changement de numéro de version sonne comme un événement, cette version 7.0 s’inscrit en réalité dans la continuité de la version 6.19 sortie début février. « Le numéro de version majeure est incrémenté lorsque le nombre après le point commence à paraître « trop grand ». Il n’y a littéralement aucune autre raison », renseigne à ce sujet Kernel.org.

Même si rien ne permet de parler de saut générationnel, cette nouvelle version est tout de même l’occasion d’introduire de nombreuses petites nouveautés, dont on pourra lire un condensé, mis en forme de façon un peu plus digeste que dans les échanges de la mailing list dédiée, sur le site Kernelnewbies.

Forfaits « sans condition de durée » : SFR condamné à 10 millions d’euros d’amende

13 avril 2026 à 11:21
À vie, mais pas trop
Forfaits « sans condition de durée » : SFR condamné à 10 millions d’euros d’amende

SFR a été condamné le 19 mars dernier par le tribunal correctionnel de Paris à une amende de 10 millions d’euros, dont la moitié a été assortie du sursis, pour pratiques commerciales trompeuses. L’affaire portait sur des communications marketing relatives à des forfaits à prix attractifs associés à des promesses latentes de pérennité, avec des formules telles que « sans condition de durée » ou « sans prix qui double au bout d’un an ».

Lundi 13 avril matin, la condamnation est affichée en une du site sfr.fr et relayée sur les comptes de réseaux sociaux de la marque Red by SFR : l’opérateur a été condamné le 19 mars dernier pour « pratiques commerciales trompeuses », dans le cadre d’une affaire initiée en 2021 par l’association UFC-Que Choisir.

Des forfaits sans condition de durée trop beaux pour être vrais

Les faits reprochés remontent aux alentours de 2018, période à laquelle les opérateurs mobiles rivalisaient de promotions et de campagnes de communication agressives pour augmenter leur portefeuille de clients mobiles, quitte à brader des enveloppes de plusieurs dizaines de Go de données pour quelques euros.

SFR a relayé la décision sur son site et ses réseaux sociaux – capture d’écran Next

SFR avait participé à l’offensive avec une communication de son cru, qui tournait autour de l’idée de tarifs avantageux valables « sans condition de durée », voire « à vie ». Problème, comme Next le soulignait d’ailleurs à l’époque, ces offres très attractives cachaient parfois une réalité plus contrastée, et ne protégeaient pas contractuellement de modifications ultérieures.

Et les prix sont sans surprise remontés dès 2019 chez SFR, ce qui a conduit l’UFC-Que Choisir à déposer une première plainte en 2021, puis une seconde en 2022. Ses démarches ont conduit à l’ouverture d’une information judiciaire, puis au lancement d’une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Elles ont finalement conduit à une audience qui s’est tenue le 19 février dernier à Paris. « À la barre, l’actuelle directrice juridique de SFR a rejeté les accusations, insistant sur le fait que SFR n’avait jamais utilisé le terme « à vie » dans ses publicités institutionnelles (dans ses spots télévisés, sur ses affiches, sur son site Internet…). C’est exact, mais d’autres expressions, à peine plus claires, ont été employées, telles que « sans condition de durée » ou « sans prix qui double au bout d’un an » », relatait alors l’association.

« Allégations de pérennité »

Si l’idée de forfaits valables « à vie » a bien été exprimée, elle serait, d’après SFR, à mettre au crédit d’affiliés, c’est-à-dire des partenaires (sites média par exemple) rémunérés à la commission pour promouvoir les offres de l’opérateur. Une rapide recherche permet de vérifier que l’expression a effectivement été largement relayée en 2019. D’après le rapport fait par l’UFC-Que Choisir, plusieurs éléments attestent que l’opérateur avait connaissance du recours à cette expression, et l’aurait au moins une fois explicitement validé.

Résultat des courses : le jugement du 19 mars condamne SFR « pour les délits de pratiques commerciales trompeuses » portant sur « l’usage d’allégations de pérennité » fausses ou de nature à induire en erreur les consommateurs, au versement d’une amende de 10 millions d’euros (dont 5 millions assortis du sursis), ainsi qu’à verser une indemnité de 50 000 euros à l’UFC-Que Choisir, qui s’était portée partie civile. Ainsi bien sûr qu’à la publication dudit jugement sur son site et ses réseaux sociaux.

L’association ne cache pas sa satisfaction. Soulignant que SFR n’a pas interjeté appel de la décision, elle estime que la « justice rappelle avec force que les professionnels ne peuvent impunément entretenir d’ambiguïté sur les conditions essentielles de leurs offres, en particulier lorsque celles-ci portent sur le prix. »

☕️ Linux clarifie les règles d’utilisation de l’IA dans les contributions au noyau

13 avril 2026 à 07:15


Le document concerné a fait l’objet d’un commit dès le 6 janvier dernier, mais c’est ce samedi 11 avril qu’il a émergé sur Hacker News : le dépôt administré par Linus Torvalds et dédié au noyau Linux comporte désormais un fichier coding-assistants.rst qui résume les bonnes pratiques à adopter en matière de recours à l’IA générative dans les contributions.

Ceux qui attendaient soit un blanc-seing, soit une condamnation sans équivoque, en seront pour leurs frais. Ces lignes de conduite ne tranchent pas la question polémique du bien-fondé : elles disposent simplement que le code qui a été produit avec l’assistance de l’IA obéit aux mêmes règles que le code d’extraction exclusivement humaine, et que tout code soumis doit être signé (et donc endossé) par un humain.

« Seuls les humains peuvent légalement certifier le certificat d’origine du développeur (DCO) », indique le document, selon lequel le développeur assume l’entière responsabilité de sa contribution, et doit donc de ce fait attacher une attention particulière à la vérification de tout code généré par IA, ainsi qu’à la conformité aux exigences de licence, en l’occurrence la GPL 2.0.

La mention explicite du recours à l’IA est encouragée. « Lorsque les outils d’IA contribuent au développement du noyau, une attribution appropriée permet de suivre l’évolution du rôle de l’IA dans le processus de développement ».

L’utilisation d’un assistant IA est censée faire l’objet d’une attribution explicite, sous la responsabilité du développeur humain qui signe le commit – capture d’écran

« C’est… étonnamment normal ? », réagit un internaute sur Hacker News. La position, qui semble effectivement plutôt consensuelle, rejoint l’attitude manifestée publiquement par Linus Torvalds quant à l’utilisation de l’IA générative dans le code.

Il s’était exprimé sur le sujet fin 2025 à l’occasion de l’édition japonaise de l’Open Source Summit, expliquant détester la hype autour de l’IA, mais reconnaître à l’outil de réelles qualités, notamment pour la maintenance du code. Le créateur de Linux et de Git a lui-même eu recours à la pratique dite du vibe-coding pour un projet tiers (AudioNoise, voir mention explicite en fin de Readme).

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