Le jumeau numérique de Mark Zuckerberg, entraîné à partir d’images du PDG ainsi que de sa voix, est censé permettre à ses employés d’interagir avec lui. Dans un second temps, il devrait aussi permettre aux influenceurs et autres « créateurs » de développer de tels jumeaux numériques 3D photoréalistes. C’est la troisième fois, au moins, que Meta cherche à créer de tels clones/avatars par IA.
Après avoir investi, et perdu, 60 milliards de dollars dans le métavers, quatre sources ont confié au Financial Times que Meta travaille désormais au développement de personnages 3D photoréalistes, alimentés par l’intelligence artificielle, avec lesquels les utilisateurs peuvent interagir en temps réel.
Selon trois de ces personnes, l’entreprise a récemment commencé à donner la priorité à un jumeau numérique de Mark Zuckerberg. Le PDG de Meta serait personnellement impliqué dans l’entraînement et les tests de son IA animée, « qui pourrait permettre d’échanger et de donner des retours aux employés », selon l’une de ces sources.
Cette initiative, qui en est encore à ses débuts, est distincte du projet de Zuckerberg visant à créer un « agent de direction » (« CEO agent ») destiné à l’assister dans ses fonctions de PDG, et dont l’existence avait été révélée le mois dernier par le Wall Street Journal.
L’objectif serait de lui permettre d’être plus productif et de recevoir des informations plus rapidement, lui évitant d’avoir à passer par plusieurs personnes au sein de la société pour les obtenir, résumait BFMTech.
Objectif : produire des clones d’influenceurs et autres « créateurs »
Les sources du FT précisent que l’avatar était « programmé pour reproduire les manières, le ton et les déclarations publiques du milliardaire, ainsi que ses récentes réflexions sur les stratégies de l’entreprise, afin que les employés puissent se sentir plus proches du fondateur à travers leurs interactions avec lui ».
Selon quatre personnes, l’entreprise s’est notamment attachée à créer des représentations photoréalistes de personnages virtuels dotés d’intelligence artificielle. Une tâche difficile à développer à grande échelle, du fait de la puissance de calcul considérable nécessaire pour garantir le réalisme et éviter tout décalage dans les interactions avec les utilisateurs.
Meta s’est également attachée à améliorer les interactions vocales avec les personnages. L’an passé, rappelle le FT, elle a d’ailleurs racheté deux entreprises spécialisées dans la technologie vocale, PlayAI et WaveForms.
Une source rapporte que le clone de Zuckerberg sera entraîné à partir d’images du dirigeant ainsi que de sa voix. Si l’expérience est couronnée de succès, les influenceurs et les créateurs pourraient un jour être en mesure de faire de même.
Meta avait déjà tenté, par deux fois, de créer des clones par IA
En septembre 2023, Meta avait déjà lancé un assistant Meta AI ainsi qu’une gamme de chatbots alimentés par l’IA, dotés de personnalités variées inspirées de célébrités telles que Snoop Dogg, qui avait accepté que sa voix et son image soient utilisées dans cette fonctionnalité. Ils ont, depuis, tous été désactivés.
D’après ce qu’en dit la rumeur, ces personnages « IA » avaient été développés après que Mark Zuckerberg eut constaté le succès de la start-up Character AI, spécialisée dans les compagnons virtuels basés sur l’IA, en particulier auprès des jeunes utilisateurs.
Meta avait ensuite lancé un « AI Studio » permettant à ses utilisateurs de créer leurs propres avatars générés par IA, ou aux créateurs de concevoir une version IA d’eux-mêmes pour discuter avec leurs fans.
Cette initiative avait cela dit suscité la controverse l’an passé après que des utilisateurs ont créé des contenus ouvertement sexuels. Depuis janvier, Meta a restreint l’accès des adolescents à ses personnages générés par IA.
Une « frénésie de dépenses » visant la « superintelligence personnelle »
Mark Zuckerberg s’impliquerait de plus en plus directement dans la stratégie de Meta en matière d’intelligence artificielle. L’une de ces sources a indiqué qu’il consacrait entre cinq et dix heures par semaine à coder sur différents projets d’IA au sein de l’entreprise et à assister à des revues techniques.
Au cours de l’année écoulée, Zuckerberg s’est lancé dans ce que le FT qualifie de « frénésie de dépenses » de plusieurs milliards de dollars, promettant de développer une « superintelligence personnelle » et de rattraper son retard sur des concurrents tels qu’OpenAI et Google dans la conception de modèles de pointe.
Lancé la semaine passée, Muse Spark, son nouveau grand modèle de langage (LLM), veut non seulement faire oublier l’échec de Llama, la précédente génération de LLM maison, mais aussi justifier l’investissement maousse costaud dans le labo dédié à la « superintelligence ».
Une entreprise fait la promotion de cryptoactifs et de casinos en ligne, et gagne de l’argent quand ses utilisateurs en perdent. Pour les convaincre d’investir, elle a racheté 300 sites d’infos, et viré leurs journalistes pour les remplacer par des IA. Next a aussi découvert que ses sites promouvaient activement des memecoins douteux ayant pour point commun de perdre jusqu’à 99 % de leur valeur.
Créée par les parents d’un petit garçon décédé le 28 juillet 2017, la Charlie Gard Foundation se présentait comme l’une des principales associations caritatives britanniques dédiée à la lutte contre le cancer chez les enfants, mais semblait inactive depuis 2023. Lancé il y a plus de 30 ans par la mère d’un jeune homme tué par un conducteur ayant grillé un feu rouge, roadpeace.org accompagnait de son côté les victimes d’accidents de la route et leurs familles, mais avait aussi annoncé sa disparition en raison de difficultés financières en janvier dernier.
Jusqu’à récemment, leurs sites faisaient de la retape pour les « meilleurs casinos britanniques hors Gamstop du moment », en référence au service « Gamstop » d’auto-déclaration conçu pour empêcher les joueurs à problèmes de s’inscrire sur des sites de casino. Ces casinos illégaux, généralement hébergés dans des paradis fiscaux, ciblent donc explicitement les joueurs accros. Leurs sites respectifs semblent désormais bloqués, mais Google a gardé la trace de leurs publicités.
Captures d’écran de publicités pour des casinos sur d’anciens sites d’ONG caritatives – PressGazette & Next
Une enquête de Press Gazette révèle que ces deux sites font partie d’une nébuleuse de centaines de sites rachetés par un professionnel du « SEO parasite », une technique consistant à profiter de la bonne réputation de sites web pour y faire la promotion de produits douteux, voire interdits, d’ordinaire promus par spams et filtrés dans nos boîtes aux lettres, ainsi que sur Google.
Une bonne partie des milliers de sites d’infos générés par IA (GenAI) que nous avons identifiés reposent d’ailleurs eux aussi sur des noms de domaine expirés. Rachetés aux enchères sur des sites spécialisés par des pros du référencement (SEO) et du marketing numérique, ils leur permettent de profiter de leurs réputations passées dans l’algorithme de « ranking » de Google.
Clickout Media, une société britannique qui se présente comme « une agence de relations publiques et de marketing spécialisée dans le Web3, la finance et les technologies », pousse le bouchon un cran plus loin. Elle rachète en effet des médias disposant d’une bonne réputation sur Google sans attendre que leurs noms de domaine aient expiré.
Une fois rachetés, elle en vire les rédacteurs freelances et journalistes, les remplace par des avatars générés par IA publiant des articles GenAI, avant de laisser les sites à l’abandon lorsqu’ils sont finalement pénalisés par Google.
Sur son site, l’entreprise revendique plus de 200 « partenaires médias premium » engrangeant plus de 50 millions d’audience mensuelle (l’entreprise ne précise pas si elle parle en visites ou en visiteurs) qui lui permettent de commercialiser des « emplacements publicitaires exclusifs sur les principaux sites consacrés à la cryptomonnaie, à la finance et aux technologies » :
« Grâce à notre accès exclusif aux principales publications, nous concevons des campagnes sur mesure qui marquent les esprits, que ce soit par le biais des relations publiques, des critiques, du marketing d’influence, de la création de contenu ou de la couverture d’événements. »
Capture d’écran de la baseline de Clickout Media – Next
Clickout Media est aussi le successeur de clickout.com, qui se présentait comme « le plus grand réseau d’affiliation dans le domaine des cryptomonnaies », créé par une équipe de spécialistes du marketing dans le domaine des technologies financières, « forte de plus de 10 ans d’expérience dans le secteur ».
Finixio, leur maison mère, se présente comme « une agence de référence en matière de référencement naturel (SEO) et de création de contenu » fondée en 2018. Elle faisait état en 2024 d’un chiffre d’affaires de 40 millions de livres sterling (45M€, contre 69M€ en 2023) et d’une perte de 3 millions de livres sterling (3,5M€, vss 6,42M€ l’année d’avant) dans ses derniers résultats financiers.
Signe d’un business florissant, le groupe avait racheté en octobre 2025 Gambling Insider, un éditeur de médias B2B spécialisé dans le secteur des paris et des jeux d’argent, pour une somme comprise entre 14 et 16 millions d’euros d’après Gaming&Co.
Si Clickout et Finixio communiquent peu sur leurs activités, tous deux mettent par contre en avant les dons qu’ils effectuent auprès d’organismes de charité.
Captures d’écran de communiqués parus sur les sites de Clickout et Finixio – Next
Des journalistes remplacés par des IA pour publier des infos promos
L’enquête de PressGazette révélait que Clickout Media « rachète, exploite et finit par anéantir des marques de presse en ligne ». En février, il déplorait déjà dans un précédent article qu’elle avait notamment racheté un réseau de sites de jeux vidéos, avant de licencier la quasi-totalité de leurs journalistes et rédacteurs, pour les remplacer par des contenus générés par IA.
Ces licenciements, annoncés quelques jours plus tôt sur Insider Gaming, et confirmés par Kotaku, marquaient aussi la réorientation éditoriale de ces sites d’infos, dont les articles ne servent plus qu’à faire la promotion de casinos en ligne ou de plateformes de cryptos non réglementées, et non plus à informer leurs lecteurs quant à l’actualité des jeux vidéos.
Clickout Media rachèterait également des sites d’information et de niche sportifs, consacrés à la tech, aux cryptos et aux jeux en ligne, et bénéficiant d’une bonne réputation sur Google. Une fois rachetés, les budgets dévolus aux freelances seraient gelés, les employés invités à entraîner et former des « rédacteurs » IA, avant d’être licenciés, ce qui aurait suscité un « profond dégoût » confiaient certains d’entre eux à PressGazette.
« Un nombre incalculable de pigistes » d’Esports News UK (ENUK) ont ainsi perdu leur job début février, avait tweeté l’une d’entre-elles, soulignant que « l’IA a joué un rôle déterminant dans ces licenciements massifs. Alors soyons clairs » :
« Le journalisme ne pourra JAMAIS être remplacé par l’IA Une machine ne peut pas être tenue responsable. La responsabilité est essentielle pour le journalisme. L’HUMANITÉ est essentielle dans les médias. »
Ironie de l’histoire, l’un des sites rachetés, VideoGamer.com, qui existait depuis plus de 20 ans mais dont les photos de profils et biographies des nouveaux journalistes qui y écrivent sont désormais générés par IA, fait figurer en exergue de chaque article la mention suivante :
« Vous pouvez faire confiance à VideoGamer. Notre équipe d’experts en jeux vidéo passe des heures à tester et à évaluer les derniers jeux, afin de vous garantir le guide le plus complet possible. Soyez assurés que toutes les images et tous les conseils sont uniques et originaux. »
Clickout Media, dont le nom « apparaît rarement » sur les sites qu’elle acquiert, relevait Press Gazette, ferait notamment la promotion de sites offshore de cryptoactifs et de poker, dont beaucoup sont agréés à Anjouan, dans l’archipel des Comores, relevait pour sa part l’an passé pokerindustrypro.com. Son article avançait que sa ferme de contenus dénombrait plus de 200 noms de domaines, et que sa dernière acquisition, PokerStategy.com, lui aurait coûté 5,9 millions d’euros.
Richard MacManus, le fondateur de l’iconique ReadWriteWeb, célèbre blog dédié à l’actualité du « Web 2.0 » dans les années 2000, avait lui aussi déploré, en se disant « dégoûté », son rachat par Clickout Media/Finixio après avoir découvert qu’ils profitaient de sa notoriété pour publier des contenus liés aux jeux d’argent avec des liens d’affiliation associés.
Ryan y raconte que Lee Astley, le responsable de l’information de Clickout Media, avait il y a quelques mois publié sur LinkedIn deux offresd’emploi visant à recruter des rédacteurs spécialistes de l’esport ou ayant « au moins deux ans d’expérience dans la rédaction d’actualités, de critiques et d’articles de fond sur les dernières sorties sur PlayStation, Xbox, Nintendo et PC ».
« Ce poste implique la rédaction quotidienne d’au moins six articles d’actualité optimisés pour le référencement naturel (SEO) et leur publication sur les réseaux sociaux », précisait l’une des petites annonces.
Des freelances y ayant postulé ont raconté à Jack Ryan s’être étonnés de voir que les profils de certains collègues présumés, publiant nombre d’articles sur les jeux et casinos en ligne, semblaient générés par IA. Ils ne parvenaient pas, en outre, à les identifier sur les canaux Slack du site web ni donc à interagir et échanger avec eux.
Le 29 juillet, raconte Aftermath, l’ensemble des articles publiés sur la page d’accueil du site étaient retitrés « ce site est une arnaque», l’un d’entre eux précisant que « GamesHub est géré par des comptes alimentés par l’IA et escroque les rédacteurs ».
Le « piratage » ne dura qu’une heure, mais l’action fut revendiquée deux jours plus tard dans une vidéo intitulée « Nous sommes tombés dans le piège d’une arnaque à l’emploi de rédacteur chez GamesHub ». « Nous racontons ici notre brève expérience chez GamesHub (et peut-être aussi chez ClickOut Media) dans l’espoir que personne d’autre ne se laisse piéger par de futures offres d’emploi », y précisaient trois rédacteurs, qui venaient de démissionner.
Clickout Media proposa par la suite de verser aux auteurs de la vidéo la rémunération qui leur était due à condition que « tout contenu accessible au public concernant GamesHub susceptible d’être trompeur ou inexact » soit supprimé, faisant spécifiquement référence à la vidéo YouTube, ce qu’ils ont donc refusé de faire.
Les différents témoignages recueillis par Aftermath indiquent que les conditions de travail, et les rémunérations, proposées par Clickout Media, étaient meilleures que celles de leurs compétiteurs. Un ancien employé déplore cela dit que Clickout Media « se moquait du journalisme vidéoludique », et que « leur but est de gagner de l’argent, et ils sont vraiment doués pour ça ».
« La disparition de GamesHub — et il s’agit bien d’une disparition, même si le site continue de publier des actualités sur les jeux vidéo — constitue une nouvelle perte dans le cadre de l’effondrement continu des médias consacrés aux jeux vidéo », concluait Aftermath, qui soulignait que Clickout Media avait aussi racheté videogamer.com, avant d’en détruire la réputation avec ces articles générés par IA.
L’enquête évoquait également le rachat par Clickout Media des sites adventuregamers.com, escapistmagazine.com, esports-news.co.uk, esportsinsider.com et esports.net.
Début mars, Esports Radar indiquait que l’équipe d’esportsinsider.com avait été licenciée, après que Google ait pénalisé le site, et complètement désindexé ses articles. Lancé en 2016, il avait été racheté par ClickOut en 2025.
iGamingToday relève que le site est de nouveau indexé par Google, après qu’il ait retiré ses contenus liés aux casinos en ligne. Or, Google référence plus de 8 000 pages à la requête casino sur esportsinsider.com. Mais CloudFlare bloque étrangement leur consultation.
Des sites rachetés « à prix d’or », mais payant des clopinettes
Plusieurs propriétaires de sites rachetés par Clickout Media ont déclaré à Press Gazette avoir initialement été contactés par des acheteurs anonymes leur proposant de les leur « racheter à prix d’or », sans bien évidemment leur expliciter le réel objectif de cette proposition d’acquisition.
D’anciens employés de Clickout, qui n’étaient quant à eux payés que 1 200 $ (un peu plus de 1 000 €) par mois pour huit articles par jour, avancent que des « centaines » d’autres sites, voire « jusqu’à 300 sites », auraient été cannibalisés de la sorte.
Après avoir initialement racheté des sites spécialisés dans les casinos et les cryptos, l’entreprise avait commencé à racheter plusieurs sites consacrés au football et aux sports féminins (Football Blog, She Kicks, Sportslens, Sportslens UK, Sportscasting UK, Football Blog UK, énumère Press Gazette), ainsi que des sites tech comme l’ex-encyclopédie Techopedia.com, mentionnée comme source dans près de 150 articles de la version anglophone de Wikipedia.
Ce modus operandi est qualifié de « SEO parasite » dans le milieu, et d’« utilisation abusive de la réputation d’un site » par Google, qui le qualifie de « tactique qui consiste à publier du contenu tiers sur un site hôte principalement en raison des signaux de classement déjà établis par ce site », et qui « vise à faire en sorte que le contenu soit mieux classé que s’il n’était pas associé à d’autres contenus ».
Google évoque par exemple le cas d’un « site médical hébergeant une page publicitaire tierce sur les « meilleurs casinos » que les lecteurs ne s’attendent pas à voir et qui est placée sur le site pour améliorer son classement en raison des signaux de classement du site établi ». Soit précisément ce que fait Clickout Media.
Ce type de parasitisme fait partie des techniques de « spam » valant aux sites web qui y recourent d’être black-listés par le moteur de recherche. Ce qui serait d’ores et déjà arrivé à nombre de ceux rachetés « à prix d’or » par Clickout Media. Quand bien même certains rédacteurs continuaient à être payés pour écrire sur leurs spécialités, de sorte de tenter de maintenir la réputation des sites, et camoufler ce pourquoi ils avaient été rachetés.
Or, ces derniers temps, Clickout semble avoir cessé de « conserver quelques rédacteurs humains pour préserver la crédibilité de ses sites », résume Press Gazette, « pour se tourner vers un remplacement massif du personnel par l’IA ». Et ce, à l’instar de ces milliers de sites GenAI que notre enquête nous a permis d’identifier, émanant eux aussi d’éditeurs dont le véritable objectif n’est pas d’ « informer » leurs lecteurs, ni même de produire de l’« information », mais de « pisser de la copie ».
« Bien que nous ne puissions pas nous prononcer sur le classement d’un site spécifique dans les résultats de recherche, nos règles interdisent la publication massive de contenu dans le but principal de manipuler les classements de recherche », précise à Press Gazette un porte-parole de Google.
Son modèle éco : faire perdre de l’argent aux gens
Cherchant à comprendre ce pourquoi, et comment, Clickout Media en était arrivé là, Press Gazette a déniché un podcast de 2023 où Kristoffer Holten, un pro du référencement (SEO) danois associé à Clickout Media, expliquait que son métier était de faire la promotion de casinos en ligne.
De façon tout autant candide que cynique, il précisait que son business lui permettait de toucher de 35 à 50 % des sommes « perdues » par les joueurs qu’il avait réussi à convaincre d’ « investir » dans ces casinos, et que cela pouvait aller de 100 à 1 200 dollars par joueur.
À quoi il convenait de rajouter les frais fixes versés par ses « partenaires » pour figurer dans leurs classements des meilleurs casinos, qui pouvaient aller de 2 000 euros par mois pour les plus modestes à 150 000 euros pour les plus gros :
« Les casinos ont du mal à attirer des joueurs et se livrent une concurrence acharnée. Ils cherchent donc à s’associer à des gens comme nous pour leur apporter le plus grand nombre de joueurs possible. En gros, il s’agit d’envoyer des joueurs vers les casinos et les opérateurs, et vous touchez soit une commission fixe, soit une part des recettes, soit un montant forfaitaire, ne serait-ce que pour leur montrer une bannière ou quelque chose du genre. C’est comme ça que ça marche. Et plus vous générez de trafic, plus vous gagnez d’argent.»
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