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UE : la Commission a copié/collé les lobbys pour cacher les données sur les datacenters

17 avril 2026 à 15:05
Discrétion assistée par la loi
UE : la Commission a copié/collé les lobbys pour cacher les données sur les datacenters

En 2024, Microsoft et le lobby bruxellois de la tech DigitalEurope ont obtenu que les données de consommation des datacenters de plus de 500 kW récoltées par la Commission européenne ne soient pas rendues publiques. Le consortium Investigate Europe montre que les amendements au texte européen réglementant ces informations sont des reprises quasiment mot pour mot des propositions qu’ils ont faites.

Il y a trois ans, en 2023, l’Union européenne a voulu réviser sa législation sur l’efficacité énergétique et introduire une obligation d’information sur la consommation des data centers qui dépassent les 500 kW de puissance. Mais Microsoft et le lobby bruxellois de la tech DigitalEurope ont réussi à faire intégrer à la Commission des amendements quasiment copiés/collés interdisant toute publication de ces données par l’Europe et ses États membres, a découvert le consortium journalistique Investigate Europe.

Les données sur la consommation des data centers font l’objet d’intenses débats sur leur impact environnemental. Dans leurs rapports environnementaux maison, les grandes entreprises de la tech font leurs arrangements (plus ou moins importants), rendant impossible leur interprétation. Les projets de création de data centers font de plus en plus face à des résistances, mais il est difficile d’objectiver le débat avec le peu d’informations sur la réalité du terrain de ces installations.

Dans ce sens, la volonté exprimée par une première version du texte de révision aurait pu grandement aider l’information du public sur le sujet. En effet, le texte prévoyait un inventaire des informations sur les data centers de plus de 500 kW situés en Europe comportant au moins leur localisation et des indicateurs de performance sur la consommation d’énergie, la valorisation de la chaleur résiduelle, la consommation d’eau et l’utilisation d’énergies renouvelables. Et, selon cette première version, la Commission devait rendre publique cette base de données sous forme agrégée.

Ensuite, comme le prévoit le processus, la Commission a recueilli les commentaires des parties concernées et notamment des différents lobbys. Ainsi, Microsoft [PDF] et le lobby DigitalEurope (dont les membres sont par exemple Meta, CapGemini, Microsoft, NVIDIA ou encore Google) [PDF] ont tous deux proposé un amendement pour classifier les informations concernant les data centers.

Des propositions d’amendements adoptées mot pour mot

Et, dans l’article 5 du texte final, ces amendements ont été adoptés quasiment mot pour mot. Ainsi, le texte prévoit, comme le demandaient Microsoft et DigitalEurope, que « les informations relatives aux centres de données, qui sont soumises au droit de l’Union et au droit national en matière de protection des secrets d’affaires et de confidentialité, ne doivent pas être rendues publiques. L’article 12, paragraphe 3, exige en outre que la base de données européenne soit accessible au public sous forme agrégée. Il est donc nécessaire de veiller à ce que les indicateurs clés de performance et les autres informations communiquées à la base de données européenne restent confidentiels ».

A aussi été ajouté que « la Commission et les États membres concernés préservent la confidentialité de toutes les informations et de tous les indicateurs clés de performance relatifs aux centres de données individuels qui sont communiqués à la base de données conformément à l’article 3. Ces informations sont considérées comme des informations confidentielles touchant aux intérêts commerciaux des exploitants et des propriétaires de centres de données », comme le demandaient les entreprises de la tech mot pour mot ou presque.

Nos confrères expliquent que les États membres de l’Union européenne ont aussi été vivement encouragés par la Commission à refuser toute demande d’accès à ces informations dans un email envoyé début 2025 [PDF].

Selon le chercheur en droit de l’environnement de l’université d’Opole, Jerzy Jendrośka, consulté par Investigate Europe, cette clause de confidentialité pourrait violer les règles de transparence édictées par la Convention d’Aarhus. « En vingt ans, je ne me souviens pas d’un cas similaire », explique-t-il, « Cela ne semble manifestement pas conforme à la convention ».

☕️ Google : 1,6 milliard de publicités frauduleuses supprimées dans l’UE avec Gemini

17 avril 2026 à 14:12


Google ne cherche pas seulement à intégrer Gemini partout où c’est possible dans ses applications et services destinés au grand public. L’IA est également à pied d’œuvre dans les outils internes, comme celui qui fait la chasse aux mauvaises publicités.

L’an dernier, l’entreprise a bloqué (PDF) ou supprimé 8,3 milliards de publicités (dont 1,6 milliard dans l’Union européenne), un record : le nombre de suppressions s’était établi à 5,1 milliards en 2024. Google a également suspendu 24,9 millions de comptes (4 millions associés à des escroqueries) ; 2 millions de comptes ont été suspendus dans l’UE. 

Illustration : Flock

La principale raison pour laquelle les publicités sont supprimées en Europe est « l’abus du réseau publicitaire ». Google exclut toute annonce liée à des tentatives de manipulation ou de contournement des systèmes de vérification : les contenus concernant des logiciels malveillants, des sites infectés ou des programmes jugés trompeurs ou nuisibles sont interdits. Tout comme les pratiques visant à obtenir un avantage déloyal, à masquer la véritable nature d’une annonce ou à contourner les règles publicitaires.

Que vient faire Gemini là-dedans ? L’IA générative explique pourquoi le nombre de comptes suspendus est bien moins élevé en 2025 que l’année précédente (39,2 millions). Google affirme que Gemini peut détecter et bloquer plus tôt les publicités enfreignant ses règles en analysant des « milliards de signaux » (ancienneté des comptes, indices comportementaux, schémas de campagne), précise Keerat Sharma, directeur général confidentialité et sécurité des publicités.

Les derniers modèles Gemini comprennent « mieux » les intentions, contrairement aux précédents systèmes basés sur des mots-clés. L’IA serait donc capable de distinguer plus aisément une offre crédible d’une escroquerie, permettant de réduire les « suspensions injustifiées » d’annonceurs de 80 %.

Si les équipes chargées de la modération publicitaire utilisent depuis longtemps l’intelligence artificielle pour trier le bon grain de l’ivraie, les outils optimisés par Gemini ont permis d’intercepter 99 % des annonces enfreignant les règles « avant même qu’elles ne soient diffusées ». 

Les acteurs malveillants utilisent l’IA générative pour créer des publicités trompeuses. « À la fin de l’année dernière, la majorité des annonces responsives créées dans Google Ads étaient examinées instantanément, et les contenus préjudiciables étaient bloqués dès leur soumission », indique le responsable, avant d’annoncer que cette fonction allait être étendue à d’autres formats cette année. 

Le géant de la recherche en ligne veut donner la priorité à la suppression des contenus préjudiciables, et « [aider] les entreprises honnêtes à maintenir leurs publicités en ligne ». L’IA et Gemini ne font pas tout, c’est pourquoi Google a aussi en parallèle un programme de vérification des annonceurs chargé de la validation de l’identité des annonceurs afin de bloquer les acteurs malveillants avant diffusion de leurs publicités.

OpenAI récupère le prénom de Rosalind Franklin pour son modèle spécialisé en biologie

17 avril 2026 à 11:38
Dans son ADN
OpenAI récupère le prénom de Rosalind Franklin pour son modèle spécialisé en biologie

Avec GPT‑Rosalind, OpenAI veut encore affirmer que ses outils peuvent être utiles aux chercheurs mais surtout aux industries pharmaceutiques et biomédicales. L’entreprise de Sam Altman utilise aussi le prénom d’une chercheuse, Rosalind Franklin, dont le travail a été pillé par ses confrères qui ont eu le prix Nobel qu’elle n’a pas obtenu.

Alors qu’OpenAI vient de mettre à jour Codex pour poser la fondation de sa « superapp », l’entreprise de Sam Altman veut afficher son potentiel dans les industries pharmaceutique, médicale et biochimique en présentant un nouveau modèle : GPT‑Rosalind.

Depuis quelque temps déjà, OpenAI veut absolument nous faire croire que ses modèles d’IA générative ont le niveau d’un chercheur. En novembre dernier, l’entreprise publiait une compilation de témoignages de chercheurs qu’elle avait édités sous forme d’un article scientifique pour vanter les mérites de GPT-5. À l’époque, OpenAI mettait en avant la résolution de problèmes mathématiques… qui avaient déjà été résolus par des humains, revendiquant donc des découvertes effectuées par d’autres.

Le créateur de ChatGPT assure désormais que son nouveau modèle peut améliorer le « workflow » des biologistes, biochimistes et bioinformaticiens pour « explorer davantage de possibilités, à mettre en évidence des liens qui auraient pu passer inaperçus et à formuler plus rapidement de meilleures hypothèses ».

« À terme, ces systèmes pourraient aider les organismes du secteur des sciences de la vie à réaliser des avancées qui seraient impossibles autrement, avec un taux de réussite bien plus élevé », promet l’entreprise sans pour autant expliquer comment.

L’instrumentalisation du prénom de Rosalind Franklin

Pour nommer ce modèle fine-tuné pour les biologistes, OpenAI utilise le prénom de Rosalind Franklin, qui avait co-découvert la structure hélicoïdale de l’ADN. « Ce modèle porte le nom de Rosalind Franklin, dont les recherches rigoureuses ont contribué à élucider la structure de l’ADN et ont jeté les bases de la biologie moléculaire moderne », affirme l’entreprise.

Cette biologiste n’avait pas reçu le prix Nobel pour cette découverte, contrairement à James Dewey Watson, Francis Crick et Maurice Wilkins, alors qu’on sait maintenant que ses travaux ont été cruciaux et que Watson et Crick les ont utilisés sans la créditer correctement.

Plusieurs chercheurs font remarquer l’ironie qu’une entreprise, dont l’entrainement des modèles s’appuie massivement sur les travaux des autres sans les citer, rende hommage à une chercheuse qui a longtemps été invisibilisée.

On peut aussi ajouter que, contrairement aux habitudes, par exemple avec Watson chez IBM, l’entreprise n’utilise pas le nom de Rosalind Franklin mais seulement son prénom. Mais ce n’est pas le premier « hommage » de la sorte que l’entreprise met en avant : rappelons-nous de son utilisation du style du réalisateur anti-IA Hayao Miyazaki pour la promotion de ses modèles.

Des collaborations avec des acteurs majeurs du domaine

Concernant son utilisation, GPT‑Rosalind doit, selon OpenAI, permettre aux chercheurs en biologie de faire de l’analyse de données, ou encore de pouvoir fouiller dans la littérature scientifique existante pour construire de nouvelles expériences scientifiques. Mais l’entreprise n’explique pas quelles données elle a utilisées pour affiner son modèle.

La recherche étant, par défaut, en perpétuelle évolution, le modèle en lui-même ne suffira pas à avoir un outil adapté à l’état de l’art et l’utilisation du RAG (Retrieval-augmented generation) et d’autres techniques seront sans doute nécessaires. Néanmoins, OpenAI affiche travailler avec des entreprises du secteur comme Novo Nordisk, Thermo Fischer ou Moderna pour intégrer son modèle dans leurs processus de recherche.

OpenAI met en avant des benchmarks qui, bien sûr, affichent GPT‑Rosalind au top dans son domaine, comparé à Gemini 3.1 pro, Grok 4.2 et à ses autres modèles. Mais pour BixBench, le seul pour lequel la startup donne des chiffres, la performance ne semble pas si exceptionnelle comparée à celle d’un GPT5.4 non spécialisé :

Pour accéder au modèle, les entreprises et organisations qui le voudraient doivent faire une demande via un formulaire. OpenAI met par contre en avant des plugins pour la recherche en bio avec Codex accessibles sur son GitHub.

☕️ Bruxelles flèche 180M€ de contrats vers les acteurs du cloud, les Français en bonne place

17 avril 2026 à 10:42


La Commission européenne a dévoilé vendredi 17 avril les lauréats de l’appel d’offres dynamique qu’elle avait enclenché en octobre 2025 pour permettre à ses différents bureaux et agences de s’équiper en ressources cloud. L’enveloppe, fixée à 180 millions d’euros sur six ans, profitera à quatre acteurs ou consortiums, parmi lesquels on retrouve plusieurs spécialistes français du secteur.

Le premier lauréat est l’opérateur luxembourgeois Post Telecom (via sa filiale cloud DEEP), associé ici à deux Français, Clever Cloud et OVHCloud. Arrivent ensuite StackIT, la filiale cloud du géant allemand de la distribution Lidl, puis Scaleway (groupe Iliad).

L’opérateur belge Proximus est le quatrième lauréat. Il emmène lui aussi des acteurs (au moins partiellement) hexagonaux dans ses bagages : S3NS, la coentreprise de Thales et Google Cloud, Mistral AI, ainsi que sa propre filiale Clarence (codétenue avec LuxConnect), qui opère un cloud déconnecté sur la base de technologies Google.

Bruxelles indique avoir procédé à la sélection de ces prestataires en fonction des critères de son cadre de souveraineté (Cloud Sovereignty Framework), qui ambitionne d’évaluer cette notion parfois floue à l’aune de considérations juridiques, technologiques et opérationnelles.

Des données sensibles dans le Cloud selon Flock.
illustration Flock

« La Commission a attribué quatre contrats en parallèle afin de garantir la diversification et la résilience, en évitant une dépendance excessive à l’égard d’un seul fournisseur. Pour être éligibles, les fournisseurs devaient atteindre des niveaux d’assurance rigoureux garantissant que les tiers non membres de l’UE exercent un contrôle limité sur les technologies utilisées par les fournisseurs ou les services qu’ils fournissent », affirme Bruxelles.

« Fiers de cette sélection, et très heureux du travail accompli collectivement pour y parvenir. C’est aussi la preuve que des acteurs européens peuvent s’organiser, coopérer et proposer des alternatives solides et crédibles », s’est réjoui Quentin Adam, CEO de Clever Cloud. Même son de cloche du côté d’Octave Klaba, redevenu CEO d’OVHcloud fin 2025 : « Merci pour la confiance ! On sera au rendez-vous pour démontrer qu’il existe des alternatives crédibles en Europe ».

La mise à jour de Codex pose les bases de la « superapp » d’OpenAI

17 avril 2026 à 10:01
Une app à tout faire peut-elle faire tout bien ?
La mise à jour de Codex pose les bases de la « superapp » d’OpenAI

Codex, l’application dédiée au code d’OpenAI, est la fondation de la « superapp » sur laquelle l’entreprise planche depuis plusieurs mois. Un premier pas qui se destine surtout aux développeurs, cible principale du logiciel. Mais on entrevoit déjà les usages grand public.

Codex en a fait du chemin, depuis ses débuts en février sur macOS (un mois plus tard, une version Windows faisait son apparition). L’application d’OpenAI permet aux développeurs d’utiliser l’agent IA spécialisé dans la programmation dans une interface dédiée (il se décline aussi en version CLI).

Déployez les agents

Ce logiciel phare du vibe-coding — n’oublions pas Claude Code — permet de prototyper rapidement une application (voire de la développer complètement) en laissant le plus gros du travail à l’agent Codex. Mais l’ambition d’OpenAI va bien plus loin : le client Codex n’est autre que la brique fondatrice de la fameuse « superapp » censée répondre à l’ensemble des requêtes des utilisateurs, qu’il s’agisse du grand public, des développeurs ou des professionnels.

« Nous procédons en réalité de façon un peu détournée », a révélé Thibault Sottiaux, responsable de Codex, à ArsTechnica, « nous construisons la superapp au grand jour, en la faisant évoluer à partir de Codex ». La grosse mise à jour livrée hier par l’entreprise le confirme.

On verra si cette stratégie « attrape-tout » ne reviendra pas à créer un véritable monstre ingérable. En attendant, OpenAI démultiplie les capacités de Codex, à commencer par la possibilité d’utiliser n’importe quelle app présente dans le Mac. Plusieurs agents peuvent se déployer et travailler en tâche de fond, sans interférer sur ce que fait l’utilisateur, promet l’entreprise.

Quand Codex s’embête, il lance une partie de Tic Tac Toe.

Codex étant d’abord et avant tout un outil pour les développeurs, cette nouveauté est présentée comme un moyen pour eux de tester leurs apps ou de multiplier les itérations. Le logiciel intègre également son propre navigateur web (ce qui est peut-être le premier pas vers la disparition d’Atlas, le propre navigateur d’OpenAI). 

Le navigateur intégré de Codex.

L’utilisateur peut commenter des éléments de la page web pour fournir des instructions précises à Codex. À terme, OpenAI a l’intention de permettre à Codex de prendre le contrôle complet du navigateur embarqué, au-delà des webapps tournant sur le serveur en local. Avec l’aide du modèle gpt-image-1.5, le nouveau Codex sait aussi générer des visuels d’interface, pour des maquettes ou des jeux.

Le générateur d’images de Codex.

Plus de 90 nouveaux modules d’extension s’ajoutent à la bibliothèque actuelle, qui permettent une intégration collée-serrée entre Codex et de nombreux services et outils comme Slack, Notion, GitLab, Jira, CodeRabbit… L’idée est de connecter Codex à l’environnement de travail et donc d’en faire une passerelle indispensable entre l’utilisateur et son environnement numérique.

Un intermédiaire nommé Codex

Sur les tâches longues, Codex propose de planifier des tâches et reprendre automatiquement un travail plus tard. Il peut aussi reprendre des conversations existantes et se souvenir de modifications demandées pour continuer une tâche. 

Ça peut servir dans le cadre du suivi d’un projet sur le long cours : dans le meilleur des mondes, Codex devrait être en mesure de repérer dans Slack qu’une décision a été prise, aller chercher les détails dans Notion, vérifier ce qui a déjà été implémenté dans le code et proposer à l’utilisateur une liste d’actions. L’agent n’a plus besoin qu’on lui redonne le contexte, il l’a en tête.

L’outil sait prendre en charge les commentaires de revue de code sur GitHub, exécuter des commandes dans plusieurs terminaux en simultané, se connecter à des environnements distants via SSH (encore en alpha). Un nouveau panneau de synthèse complète l’ensemble avec une vue d’ensemble sur les actions réalisées par l’agent, les sources utilisées et les résultats obtenus.

Tout cela parlera davantage aux développeurs. Mais le navigateur web intégré, la manipulation des apps, le suivi de tâches dans la durée, tout cela sera aussi utile à un utilisateur grand public. La mise à jour est en phase de déploiement chez les utilisateurs de l’app de bureau.

Netflix trace sa route après le rachat manqué de Warner, Reed Hastings sur le départ

17 avril 2026 à 09:02
The world is not enough
Netflix trace sa route après le rachat manqué de Warner, Reed Hastings sur le départ

Netflix a publié jeudi de nouveaux résultats financiers record, soutenus par l’indemnité versée suite à la rupture des négociations liées au rachat de Warner. Le géant du streaming a dans le même temps annoncé le départ prochain de Reed Hastings, son emblématique cofondateur, aujourd’hui président du conseil d’administration.

La publication, jeudi 16 avril, des résultats financiers de Netflix pour le premier trimestre 2026 s’est accompagnée d’une annonce à la portée symbolique. Dans sa lettre aux actionnaires (PDF), le géant du streaming a en effet indiqué le départ prochain de Reed Hastings (65 ans), cofondateur de l’entreprise et CEO jusqu’en 2023, date à laquelle il s’était placé en retrait de l’opérationnel, mais restait en charge de la vision stratégique à long terme en tant que président du conseil d’administration.

Reed Hastings se met en retrait de Netflix

« Reed Hastings nous a informés qu’il ne se représentera pas à notre conseil d’administration lorsque son mandat actuel arrivera à échéance lors de l’assemblée générale annuelle de juin, afin de se concentrer sur ses activités philanthropiques et autres projets », indique Netflix.

« Ma véritable contribution chez Netflix ne résidait pas dans une décision isolée ; il s’agissait de privilégier la satisfaction des membres, de bâtir une culture que d’autres pourraient hériter et améliorer, et de construire une entreprise à la fois adorée des membres et extrêmement prospère pour les générations à venir », écrit l’intéressé.

Reed Hastings décrit le mois de janvier 2016, date du lancement du service dans 130 nouveaux pays, comme son meilleur souvenir de l’aventure. « Vous assistez aujourd’hui à la naissance d’un nouveau réseau mondial de télévision sur Internet », avait-il déclaré à cette occasion, lors d’une conférence donnée au CES de Las Vegas. Netflix avait pour mémoire investi le marché français 18 mois plus tôt, avec un lancement dans l’Hexagone en septembre 2014.

En 2016, Reed Hastings lance le service à la conquête de 130 nouveaux pays – crédit Netflix

Figure de la transformation de Netflix, parti comme un obscur loueur de DVD et devenu un groupe valorisé 450 milliards de dollars en bourse, Reed Hastings s’était d’abord entouré d’un co-CEO en 2020 en la personne de Ted Sarandos, avant de céder sa place à Greg Peters en 2023. Le rachat programmé de Warner, amorcé en décembre 2025, aurait sans doute été le dernier fait d’armes majeur d’Hastings si Paramount ne s’était pas invité dans l’équation, jusqu’à finir par remporter la bataille.

Contenus, IA et monétisation

Dans sa communication financière, Netflix se veut rassurant quant à cette tentative de rachat manquée. « Warner Bros. aurait été un excellent catalyseur pour notre stratégie, mais seulement à un prix raisonnable. Nous disposons de plusieurs moyens pour atteindre nos objectifs (notamment la production, l’octroi de licences et les partenariats) », commente le groupe. À défaut d’accord industriel de grande envergure, Netflix présente une stratégie toujours orientée selon les trois axes principaux que sont les contenus, la technologie et l’optimisation de la monétisation.

Sur le volet de la production, Netflix indique poursuivre sa logique de licences développées en propre, mettre un accent particulier sur la diffusion d’événements en direct (un concert de BTS diffusé le 21 mars dernier, ou le futur combat de boxe Tyson Fury – Anthony Joshua en négociations pour novembre prochain) et les nouvelles formes de divertissement, dont le jeu vidéo.

Côté technique, Netflix rappelle avoir construit son propre réseau de distribution de contenus (CDN), et regarde désormais du côté de l’IA générative « afin d’améliorer les recommandations faites aux membres grâce à une meilleure compréhension du contenu » ou de concevoir de nouvelles « expériences conversationnelles de découverte ».

L’IA est également envisagée au niveau des activités de production, d’une façon plus fine que la simple génération automatisée de bout en bout de séquences vidéo. Netflix rappelle à ce niveau avoir procédé, début mars, à l’acquisition de la société InterPositive. Fondée par Ben Affleck, cette dernière est censée développer des outils adaptés aux besoins d’un directeur de la photographie ou d’un réalisateur, « intégrant la cohérence et les contrôles qu’ils attendent », selon les mots du cinéaste, devenu pour l’occasion senior adviser chez Netflix.

Dernier axe et non des moindres, le groupe indique vouloir s’attacher à optimiser sa monétisation, ce qui signifie à la fois conquérir de nouveaux abonnés, développer son offre publicitaire et identifier de nouveaux canaux pour enrichir son offre ou distribuer ses propres productions. Netflix se félicite par ailleurs d’avoir globalement pu augmenter ses prix sans encombre : « Les récentes modifications de prix se sont bien passées, reflétant la force et l’augmentation de la valeur de notre offre ».

L’offre avec publicités, dont le montant est récemment passé à 8,99 dollars par mois aux États-Unis, représente toujours le premier levier de conquête. Elle a été choisie par 60 % des nouveaux clients au premier trimestre dans les pays qui la pratiquent, indique le groupe, qui mise désormais sur 3 milliards de dollars de chiffre d’affaires publicitaire en 2026.

Netflix veut par ailleurs donner des gages de réassurance quant à sa capacité à poursuivre une croissance dynamique. Tout en revendiquant une audience cumulée de l’ordre du milliard de spectateurs, le groupe fait remarquer qu’il ne représente que 5 % environ des usages de l’écran de TV en temps consommé, et affirme qu’il n’a pénétré, à fin 2025, que 45 % de son marché adressable.

2,8 milliards de dollars d’indemnités suite au rachat manqué de Warner

En attendant, la publication trimestrielle de Netflix a été accueillie plutôt froidement à Wall Street, peut-être en raison du départ annoncé de Reed Hastings, mais aussi parce que Netflix a alerté sur une possible baisse à venir de sa marge, en raison de coûts d’amortissement en hausse sur ses productions. Le groupe affiche pourtant une croissance de 16,2 % sur un an, avec un chiffre d’affaires de 12,25 milliards de dollars sur le premier trimestre 2026. La rentabilité est toujours au rendez-vous, avec un bénéfice net dopé par un élément exceptionnel : le versement de l’indemnité de 2,8 milliards de dollars prévue par l’accord de négociations exclusives qui liait Netflix à Warner avant que Paramount ne fasse capoter la transaction.

Résultats Netflix du premier trimestre 2026, en millions de dollars

☕️ Zorin OS 18.1 est disponible, recommandant encore plus d’apps alternatives

17 avril 2026 à 08:31


Comme la dernière version majeure de Zorin OS, la version 18.1 qui vient de sortir propose un environnement fait pour séduire les utilisateurs de Windows 10 qui se demandent par quoi remplacer l’ancien système.

L’équipe de la distribution explique notamment dans un billet que la version 18.1 permet, avec son système de support des applications Windows en surcouche de Wine, d’installer plus de 240 logiciels édités pour le système d’exploitation de Microsoft tout en proposant des alternatives.

Cette nouvelle version de Zorin améliore encore un peu l’interface avec la possibilité d’afficher les fenêtres en mosaïque ou encore une meilleure intégration des alphabets de droite à gauche utilisés par l’arabe, l’hébreu ou l’ourdou. Zorin OS intègre aussi la version 26.2 de LibreOffice dont l’équipe met en avant la meilleure compatibilité avec les formats de documents de Microsoft Office/365.

Sous le capot, Zorin OS 18.1 utilise la version 6.17 du noyau de Linux, comme la dernière version 25.10 d’Ubuntu.

Les ayants droit veulent augmenter la copie privée et lorgnent sur les ordinateurs

17 avril 2026 à 08:04
Pas touche au grisbi !
Les ayants droit veulent augmenter la copie privée et lorgnent sur les ordinateurs

Il n’y a pas que le prix des composants mémoire qui augmentent, il y a… le montant de la copie privée. Les représentants des ayants droit ont mis sur la table leurs propositions de nouveaux barèmes censés refléter l’évolution des usages. Au programme : forte hausse sur les produits déjà touchés, et extension aux ordinateurs qui étaient jusqu’à présent épargnés.

Les organismes de gestion collective, comme la SACEM et la SACD, ont la main sur le trésor de la rémunération de la copie privée (RCP), et elle est de plus en plus lourde. Les études d’usage réalisées fin 2024 par l’institut CSA concernant la pratique de copies d’œuvres (musique, films, photos, textes) servent de base à de nouveaux barèmes proposés mercredi 15 avril aux industriels de la tech et aux organisations de consommateurs, durant une réunion au ministère de la Culture révélée par L’Informé.

Fin du plafond à 128 Go

Le moins qu’on puisse dire, c’est que les ayants droit ont poussé fort sur la valorisation de la rémunération, qui se base en partie sur l’espace de stockage des appareils. Jusqu’à présent, sur les smartphones neufs de 128 Go ou plus, la redevance était plafonnée à 14 euros HT (16,80 euros TTC). De nouveaux paliers se mettraient en place. Quelques exemples :

  • sur un smartphone de 128 Go, la rémunération passerait à 18 euros HT (21,60 euros TTC), soit une hausse de 29 % ;
  • sur un smartphone de 256 Go : 20 euros HT (24 euros TTC),+ 43 % ;
  • sur un smartphone de 512 Go : 22 euros HT (26,40 euros TTC),+ 57 % ;
  • sur un smartphone de plus de 512 Go : 24 euros HT (28,80 euros TTC), ce qui représente une hausse vertigineuse de 71 %.

Même topo sur les tablettes, où la redevance se limitait à 14 euros HT pour les modèles dotés de 128 Go ou plus. Là aussi, des paliers supplémentaires seraient créés :

  • sur une tablette de 128 Go : 17 euros HT (20,40 euros TTC), soit 21 % de plus ;
  • sur une tablette de 256 Go : 18 euros HT (21,60 euros TTC),+ 29 % ;
  • sur une tablette de 512 Go : 20 euros HT (24 euros TTC),+ 43 % ;
  • sur une tablette de plus de 512 Go ou plus : 26 euros HT (31,20 euros TTC),+ 86 %.

Les smartphones et tablettes reconditionnés subiraient également une augmentation sensible de la rémunération. Elle s’établirait à 10,80 euros HT (12,96 euros TTC) sur un mobile de 128 Go, soit 28,57 % de plus. Un smartphone équipé de plus de 512 Go aurait droit à une redevance de 14,40 euros HT (17,28 euros TTC), soit 71,4 % de plus.

La copie privée aussi pour les PC

Et comme si cela ne suffisait pas, les ayants droit proposent d’appliquer la rémunération copie privée sur les ordinateurs portables/hybrides et les ordinateurs de bureau. Elle serait calculée sur une base forfaitaire : 30 euros HT (36 euros TTC) pour les premiers, 24 euros HT (28,80 euros TTC) pour les seconds. Les modèles reconditionnés seraient aussi concernés, respectivement 18 euros HT (21,60 euros TTC) et 14,40 euros HT (17,28 euros TTC).

Si ce barème était appliqué tel quel, les organismes de gestion collective récupèreraient, à quantités équivalentes, plus de 400 millions d’euros par an. En 2024, la collecte avait grimpé à 246 millions…

Reste cependant un obstacle à passer : les 12 représentants des ayants droit au sein de la commission copie privée font face à 6 représentants des constructeurs et des importateurs, et 6 organisations de consommateurs. Ces derniers vont faire des contre-propositions, qui déboucheront sur un arbitrage puis un vote. La commission, dont la dernière réunion remonte au 12 février (PDF), a écarté le streaming, considéré comme de la location et non comme une copie.

La rémunération pour la copie privée n’est pas un permis de pirater : c’est une exception au Code de la propriété intellectuelle qui autorise la reproduction d’une œuvre pour un usage strictement personnel, à condition que la source soit licite. La redevance, collectée par la société Copie France auprès des fabricants et des importateurs (et répercutée sur le prix payé par les consommateurs), finance en partie la création. 25 % des sommes sont consacrées à des actions culturelles : diffusion du spectacle vivant, développement de l’éducation artistique et culturelle, formation d’artistes.

La France au premier rang mondial de la copie privée

Fin observateur du sujet, Marc Rees de l’Informé remarque sur X que la France représente une part significative des montants collectés à l’échelle mondiale.

Les différentes pratiques mises en oeuvre en Europe et dans le reste du monde ont en effet fait l’objet d’une étude comparative portant sur la période 2019 – 2024, réalisée sous la houlette de la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs (Cisac).

Dans cette « étude mondiale sur la copie privée », publiée fin mars 2026, la Cisac évalue à 1,06 milliard d’euros les sommes collectées au nom de la copie privée au niveau de 32 pays qui pratiquent la fameuse exception depuis 2019.

Avec 246,4 millions d’euros collectés, la France arrive en tête du classement ainsi constitué, juste devant l’Allemagne (235,5 millions d’euros).

La France et l’Allemagne dominent largement le classement des montants collectés entre 2019 et 2024

« En valeur nominale, l’Allemagne et la France affichent de loin les recettes les plus importantes issues des redevances pour copie privée. Sur la période 2019 - 2024 cumulée, ces deux pays ont perçu 50 % du total des recettes déclarées », remarque la Cisac.

L’IA de Google réécrit des titres d’articles et pages web de façon putaclic et erronée

17 avril 2026 à 07:00
Google-boulgIA
L’IA de Google réécrit des titres d’articles et pages web de façon putaclic et erronée

Aux États-Unis, Google expérimente le fait « d’identifier, sur une page, le contenu susceptible de constituer un titre utile et pertinent par rapport à la requête d’un utilisateur », avant de re-générer par IA les titres des pages et articles qu’il indexe. Quitte à ce qu’ils racontent le contraire, voire n’importe quoi.

The Verge a découvert que le moteur de recherche de Google réécrivait par IA les titres de certains articles. « J’ai utilisé l’outil IA “tricher sur tout” et cela ne m’a aidé à tricher sur rien » a par exemple été réduit à seulement cinq mots : « Outil IA “tricher sur tout” », laissant entendre, à tort, que The Verge en ferait la promotion :

« Au cours des derniers mois, plusieurs membres de l’équipe de The Verge ont constaté que des titres que nous n’avions jamais rédigés apparaissaient dans les résultats de recherche Google — des titres qui ne respectaient pas notre ligne éditoriale et sans aucune indication précisant que Google avait remplacé les mots que nous avions choisis. »

Exemples de titres d’articles revus et corrigés par l’IA de Google – The Verge

« Il s’agit d’une expérience « modeste » et « limitée », qui n’a pas encore reçu l’autorisation d’être déployée à plus grande échelle », ont déclaré à The Verge les porte-parole de Google Jennifer Kutz, Mallory De Leon et Ned Adriance.

Ils précisent que l’idée générale était « d’identifier, sur une page, le contenu susceptible de constituer un titre utile et pertinent par rapport à la requête d’un utilisateur ». L’objectif est « de mieux faire correspondre les titres aux requêtes des utilisateurs et de faciliter l’interaction avec le contenu Web », selon Jennifer Kutz. Ned Adriance souligne que ce test « ne concerne pas spécifiquement les publications d’actualité, mais vise à déterminer comment améliorer les titres de manière générale ».

Google a par ailleurs confirmé que le test utilisait l’IA générative, mais Mallory De Leon précise que « si nous devions réellement lancer un produit basé sur cette expérience, celui-ci n’utiliserait pas de modèle génératif et nous ne créerions pas de titres à l’aide de l’IA générative ». Google n’a pas détaillé, cela dit, comment il pourrait remplacer les titres d’articles sans recourir à l’IA générative.

« Nous passons beaucoup de temps à essayer de rédiger des titres qui soient véridiques, intéressants, amusants et dignes de votre attention, sans pour autant recourir au « clickbait », mais Google semble considérer que nous n’avons pas le droit de promouvoir notre propre travail de cette manière », déplore de son côté The Verge.

Nos confrères sont d’autant plus en colère que le lancement de ce « test » intervient après qu’ils aient déjà documenté, par deux fois ces derniers mois, que l’IA de Google « hallucinait » de nombreux titres racoleurs et erronés dans son algorithme de recommandation Discover.

Google nous prive de notre liberté de promouvoir notre propre travail


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Rachat de SFR : Orange, Free et Bouygues Telecom entrent en négociations exclusives

17 avril 2026 à 06:28
Verdict d'ici un mois ?
Rachat de SFR : Orange, Free et Bouygues Telecom entrent en négociations exclusives

Le consortium constitué par Orange, Free et Bouygues Telecom annonce son entrée en négociations exclusives avec le groupe Altice en vue d’acquérir les actifs de SFR. La nouvelle offre porte sur un montant minimal de 20,35 milliards d’euros.

Après les discussions, place aux négociations exclusives, qui signifient que les deux parties ont, au moins sur le papier, trouvé un terrain d’entente.

Le trio constitué par Orange, Free et Bouygues Telecom a confirmé vendredi 16 avril qu’il avait remis à Altice France une nouvelle offre relative à l’acquisition de SFR, avec une enveloppe revue à la hausse : les échanges envisagent désormais une enveloppe minimale de 20,35 milliards d’euros, sans doute plus conforme aux vœux de Patrick Drahi, que les 17 milliards d’euros évoqués lors de la première offre publique, en octobre dernier.

Négociations ouvertes jusqu’au 15 mai

« Altice France a octroyé une période d’exclusivité au Consortium jusqu’au 15 mai 2026 afin de finaliser les termes et la documentation de la transaction », indiquent les trois acheteurs.

Si l’enveloppe a été revue à la hausse, les grandes lignes du découpage envisagé pour les activités de SFR restent globalement inchangées. « La répartition du prix et de la valeur serait de l’ordre de 42% pour Bouygues Telecom, 31% pour Free-Groupe iliad et 27% pour Orange ».

Dans le détail, les trois opérateurs se partageraient les activités et la clientèle grand public (dite B2C). Bouygues Telecom mettrait la main sur tout le volet entreprise (dit B2B). Enfin, « les autres actifs et ressources (notamment les infrastructures et les fréquences) seraient partagés entre Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange, à l’exception du réseau mobile de SFR en zone non dense qui serait repris par Bouygues Telecom ».

La transaction signerait donc le retour de la France à trois opérateurs, ce qui n’irait pas sans poser de nombreux défis, sociaux et réglementaires, compte tenu du poids de SFR.

Une opération scrutée de près

« L’opération sera soumise à la consultation préalable des instances représentatives du personnel compétentes. Elle devra ensuite faire l’objet des autorisations réglementaires requises par les autorités compétentes, notamment au titre du contrôle des concentrations », précisent sans surprise les acheteurs potentiels, qui devront probablement composer, aussi, avec le gouvernement.

« Cette annonce marque une étape importante pour une opération structurante qui concerne l’ensemble du secteur télécoms français et européen. Nous continuerons de suivre cette opération avec attention, a commenté Bercy vendredi matin. Nous demeurons extrêmement vigilants quant à la préservation de l’emploi, à l’impact sur les prix des abonnements pour les consommateurs, ainsi qu’au maintien des investissements dans les réseaux »

Benoît Cœuré, président de l’Autorité de la concurrence, avait laissé entendre que la porte n’était pas fermée pour un retour à trois opérateurs : « Si cette opération devait être notifiée, nous la regarderions sans camper sur nos positions d’il y a neuf ans ».

(Actualité mise à jour vers 11 heures pour signaler la réaction de Bercy)

Claude Opus 4.7 : le nouveau modèle d’Anthropic se veut plus performant et plus gourmand

17 avril 2026 à 05:51
Un effort qui se paie
Claude Opus 4.7 : le nouveau modèle d’Anthropic se veut plus performant et plus gourmand

À chaque jour son grand modèle de langage, ou presque. Anthropic a en effet dévoilé Claude Opus 4.7, son LLM le plus performant (en dehors de Mythos). Des performances qui se paient : le modèle peut se montrer plus gourmand.

Un peu plus de deux mois après Claude Opus 4.6, et une semaine après Mythos, Anthropic a lancé Claude Opus 4.7, présenté comme son modèle IA le plus performant à ce jour… pour le grand public. Mythos détient toujours la couronne du LLM le plus puissant au catalogue d’Anthropic, mais compte tenu de ses capacités en cybersécurité, il n’est déployé qu’au compte-goutte via le projet Glasswing.

Opus 4.7 est « moins capable » que Mythos, admet l’entreprise. Le modèle intègre en effet des garde-fous capables de détecter et de bloquer automatiquement les requêtes liées à « des usages de cybersécurité interdits ou à haut risque ». Si les modèles de classe Mythos ont vocation à être diffusés à grande échelle, il faudra pour le moment faire avec Opus, dont cette version 4.7 est maintenant disponible pour tous les utilisateurs de Claude, ainsi que dans l’API.

Gare aux tokens

Claude Opus 4.7 promet une vision améliorée avec la prise en charge d’images d’une résolution maximale de 2 576 pixels de long ou 3,75 mégapixels (à comparer avec le maximum précédent qui était de 1 568 px/1,15 mpx). Le modèle devrait donc être en mesure de mieux détecter les objets et mieux comprendre les documents et captures d’écran. 

Image : Anthropic

Par ailleurs, les coordonnées renvoyées correspondent directement aux pixels de l’image d’origine. Plus besoin de conversion comme par le passé, les positions peuvent être immédiatement exploitées. Cela peut être utile pour, par exemple, cliquer sur un bouton dans une interface graphique ou tout simplement pointer précisément sur un élément comme un texte ou un graphique.

Autre changement : un nouveau niveau d’effort « extra high » (xhigh) qui se positionne entre les paliers « high » et « max ». Anthropic recommande de basculer Claude en xhigh pour tout ce qui est programmation et agents autonomes, et high pour tous les cas d’usage sensibles à la qualité du raisonnement.

Les calculs IA coûtent cher, aussi bien pour Anthropic que pour les utilisateurs. Avoir sous la main des options supplémentaires pour contrôler son budget est donc indispensable, d’où ce niveau xhigh. C’est d’autant plus important qu’Opus 4.7 inaugure un nouveau tokenizer qui découpe le texte différemment : un même texte peut générer jusqu’à 35 % de tokens en plus qu’avant. Utiliser ce modèle est donc susceptible de coûter plus cher ou de faire atteindre plus vite les limites de son abonnement. 

Pour justifier cette inflation, Anthropic affirme que son nouveau découpage est plus efficace et qu’il permet au modèle de mieux comprendre certains contenus. Opus 4.7 réfléchit aussi davantage quand le niveau d’effort est élevé, notamment dans des contextes agentiques : la fiabilité s’améliore sur les requêtes complexes, mais le modèle dépense aussi davantage de tokens.

Ce graphique fourni par Anthropic montre qu’Opus 4.7 consomme plus de tokens, mais il atteint aussi des scores supérieurs.

Sur une évaluation interne dédiée au code, l’utilisation des tokens s’améliore « à tous les niveaux ». En pratique, Opus 4.7 consomme souvent davantage de tokens, mais il atteint des scores nettement supérieurs. À effort équivalent, le modèle semble donc obtenir de meilleurs résultats, quitte à « dépenser » davantage.

Afin de faire passer la pilule, Claude Opus 4.7 peut garder en mémoire jusqu’à 1 million de tokens pour une seule requête sans surcoût spécifique. Le modèle est donc en capacité de traiter beaucoup plus d’informations d’un coup, sans impact financier supplémentaire.

Quel budget pour quelle tâche ?

Pour aider les utilisateurs à ne pas exploser leur plafond de dépenses, Opus 4.7 inaugure (en bêta) une fonction « budget de tâche ». Il s’agit d’une enveloppe d’un volume minimal de 20 000 tokens, que le modèle peut dépenser en temps réel : il adapte son travail pour aller au bout de la boucle agentique complète, ce qui inclut la réflexion, les appels et les résultats d’outils, ainsi que la réponse finale. Il s’en sert comme compteur décroissant pour prioriser les tâches à mesure de la consommation du budget alloué.

Attention : un budget trop restrictif poussera Opus 4.7 à traiter la tâche de manière moins approfondie. Il pourra même tout simplement refuser de s’en charger. Anthropic recommande d’expérimenter avec différents budgets en fonction de l’usage. Cette nouveauté diffère de « max_tokens », une limite fixe par requête sur les tokens générés. Les budgets sont une limite indicative sur l’ensemble de la boucle de travail. 

Le pilotage du modèle avec l’API est simplifié. Exit les paramètres classiques (« temperature », « top_p »…), le contrôle se veut plus global pour réduire la complexité, mais aussi reprendre la main sur le comportement du modèle. « Utilisez les budgets pour inciter le modèle à s’auto-réguler, et la limite fixe de tokens comme plafond strict pour maîtriser la consommation », résume Anthropic. Un guide est en ligne pour épauler les utilisateurs dans la migration depuis Opus 4.6.

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