Vue normale

« Nous ne pouvons pas tout contrôler » : l’ANSSI face à la complexité des systèmes de l’État

19 mai 2026 à 06:45
Débranche, débranche, débranche tout. Revenons à nous.
« Nous ne pouvons pas tout contrôler » : l’ANSSI face à la complexité des systèmes de l’État

Face aux quasi-incessantes fuites de données en France, notamment sur des institutions, l’ANSSI serait sur la sellette ? Son directeur général Vincent Strubel réfute et revient sur les travaux de pilotage du numérique, avec une future autorité « Ariane ». Il en profite pour mettre en face des milliers de systèmes d’information de l’État la capacité de l’Agence à mener… 50 contrôles par an.

La semaine dernière, le Canard enchainé a publié un article intitulé « Lecornu débranche l’Anssi, accusée de ne pas avoir sécurisé des sites sensibles de l’État ». Le Palmipède y explique que le premier ministre Sébastien Lecornu chercherait un fusible. En cause, les fuites de données à répétition. « Cela pourrait déboucher sur le limogeage de Vincent Strubel, le directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) », indiquent nos confrères.

« Il n’y a pas de remise en cause des missions de l’ANSSI »

Hasard ou pas du calendrier, ce même Vincent Strubel était auditionné par la Commission de la défense de l’Assemblée nationale le lendemain dans le cadre du cycle Guerre hybride et continuum de conflictualités. Le rendez-vous était déjà fixé avant la publication de l’article de nos confrères. Après un discours introductif sur l’état de la cybermenace en France, des questions sont rapidement arrivées sur l’article du Canard et le piratage de l’ANTS. C’est la dernière institution en date à avoir subi une fuite massive de données : au moins 11,7 millions de comptes ont été compromis. Dans cette affaire, un ado de 15 ans a été placé en garde à vue fin avril.

« Non, il n’y a pas de tension entre le Premier ministre et l’ANSSI. Je réfute ce qui est dit dans l’article », affirme sans détour Vincent Strubel. Il en veut pour « preuve » sa présence encore au poste de directeur général de l’ANSSI.

Il en profite pour rappeler que ses équipes ne ménagent pas leurs efforts en matière de cybersécurité et joue lui aussi de l’analogie des cyberpompiers : « Je trouve que là on est dans le même registre que jeter des cailloux sur les camions de pompiers qui viennent éteindre des incendies et je le trouve parfaitement abject. »

« Je pense qu’il y a une mécompréhension fondamentale de la réforme annoncée, non pas de l’ANSSI mais du pilotage numérique. Il n’y a pas de remise en cause des missions de l’ANSSI, il n’y a pas de remise en cause de l’efficacité de son travail », ajoute-t-il.

Une réforme du pilotage du numérique, pas de la cybersécurité


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