Hey, vous utilisez quoi comme clavier dans la rédac ?
So creamyyyyyy !
L’équipe a bien voulu se prêter à un petit exercice : quels types de claviers utilisent les membres de la rédaction ? Quel rapport entretient l’équipe avec ce périphérique si anodin mais sur lequel nous passons une aussi grande partie de notre temps ?
Je ne suis pas un fou des claviers, mais ils m’intéressent assez pour que l’entassement commence à se faire sentir dans un placard. J’ai toujours été sensible au confort de frappe. Avec l’explosion des claviers mécaniques ces dernières années, un autre phénomène s’est enclenché chez certaines personnes : la course au « feeling ». Comment obtenir le son parfait ? La frappe la plus satisfaisante ?
Dans la grande majorité des tests de claviers que l’on peut voir sur YouTube, une partie est ainsi réservée au test sonore : un exercice de dactylo, un micro plus ou moins bon, et vous obtenez des sons qui peuvent vous faire autant d’effet que l’ASMR (pour celles et ceux qui y sont sensibles), ou au contraire faire grimper l’exaspération, comme un bruit de mastication quand on est misophone (coucou).
Alors parlons claviers !
De la membrane au mécanique low profile
J’utilise au quotidien un clavier Magi96 Pro de la marque chinoise Iqunix. Elle est presque inconnue en France, mais mériterait de se faire une place dans le cœur des utilisateurs… qui n’ont pas peur d’abandonner l’ISO-FR (le fameux azerty).
Pourquoi cette marque, ce modèle ? Parce que j’avais vu passer plusieurs tests de leur Magi65 Pro, que celui-ci m’avait conquis et que je voulais une version plus complète, avec les touches de fonctions et le pavé numérique. J’apprécie son knob pour régler rapidement le son, ses contrôles médias sur cette croix si étrange, et son emplacement pour le dongle USB (Wi-Fi 2,4 GHz). Il est plutôt cher (180 dollars, sans les frais de port), mais la qualité se ressent partout, jusque dans le poids (près de 2 kg). Et malgré les apparences, la base n’est pas en plastique, mais en aluminium.


C’est actuellement le clavier qui me fournit le plus grand plaisir à l’écriture, pour le confort de frappe (touches en PBT, switchs lubrifiés…) et le son « crémeux » aujourd’hui recherché par une partie du public. Comment j’en suis arrivé là ? Après de nombreuses années sur des claviers à membrane, dont l’excellent Illuminated de Logitech et ses descendants (en quelque sorte) K800 et MX Keys. Mes premières vraies incursions dans le monde du mécanique en 2019 n’ont pas été très heureuses : des fautes de frappe, encore et encore. Je me suis rendu compte que le retour aux touches en hauteur pleine ne passait pas, malgré les semaines à insister. J’avais passé trop de temps sur les claviers « plats » de type ordinateur portable.
La solution ? Le low-profile ! Mais une fois que vous savez ce que vous aimez, vous entrez dans la spirale infernale, car vous allez devoir trouver LE clavier qui correspond à vos gouts. Vous vous rendez alors compte d’un facteur vraiment limitant : l’ISO-FR. Si vous cherchez un clavier mécanique, low-profile, avec un certain travail sur le son et dont le design vous plait à peu près, la liste de possibilités se réduit comme peau de chagrin !
J’ai la chance d’avoir développé suffisamment de mémoire musculaire sur le clavier pour ne pas le regarder quand j’écris, ce qui m’a ouvert le marché de la disposition américaine (ANSI). Mais quand on branche un tel clavier sur n’importe quel PC avec Windows ou Linux, c’est bien le layout français qui s’applique par défaut. J’avoue, parfois, c’est juste un peu galère quand je cherche un caractère spécifique et peu utilisé. Mais c’est aussi l’avantage d’un clavier choisi avec soin : on peut le paramétrer complètement avec l’outil VIA, qui autorise entre autres le changement de comportement de chaque touche, par exemple pour lui affecter une macro. Et au passage, j’évite d’installer un logiciel dédié, souvent gourmand en ressources, mal fichu et envahissant (coucou Logitech).
Vous vous dites peut-être que ce genre de petite passion grandissante est répandue dans une rédaction comme la nôtre ? Détrompez-vous ! Je suis (pratiquement) le seul.
Martin : bons baisers de Norvège
Interrogé sur son rapport aux claviers, Martin répond : « Je n’ai pas vraiment d’attentes particulières. Je veux juste que ce soit agréable à utiliser. Je ne vais pas chercher spécifiquement un bon clavier ou faire attention à ce point en achetant un portable. Par contre, si je n’aime pas l’expérience de frappe, je changerai ».
Dans son cas, il y a quand même une petite originalité. Il partage sa vie entre la France et la Norvège. C’est là-bas que son ancien PC l’a lâché. Il s’est donc choisi une nouvelle cible (Pavilion Plus Laptop 14) et comptait faire comme d’habitude : dégager Windows pour le remplacer par Debian. Mais avant même de commencer, il s’est aperçu d’un « oubli » dans son choix de machine : « Le clavier est en disposition norvégienne. C’était bizarre au début, et finalement je m’y suis fait ». Et le confort de frappe ? « Je l’ai trouvé sympa, je l’ai gardé ».


Mathilde couldn’t care less
Sur la question des claviers, Mathilde est claire : elle s’en fout. Ça ne l’a jamais intéressé, c’est un périphérique comme un autre, un simple outil sur lequel poser ses doigts pour écrire. Elle ne pense pas être réceptive à ce genre de critère.
« J’utilise un MacBook Pro 13 pouces que j’ai acheté en reconditionné en 2020. Le seul truc que je peux dire, c’est que certaines lettres s’effacent aujourd’hui à force d’écrire. C’est tout ce que ça m’évoque ! », m’indique ma collègue. Apple d’ailleurs, si tu nous lis : merci d’utiliser des matériaux un peu plus nobles pour tes claviers, l’ABS qui devient lisse en quelques années ne cadre pas des masses avec le positionnement premium de tes machines.
Jean-Marc se fournit chez Emmaüs
Jean-Marc s’en fout un peu lui aussi globalement : « J’achète tous mes claviers en seconde main au Emmaüs qui est à quelques minutes à pied de chez moi ». Des besoins particuliers ? « Aucun, je veux juste que ce soient des modèles filaires pour des questions de sécurité et qu’ils soient globalement en bon état. Je ne suis pas spécialement sensible au confort de frappe ou au son que font les touches ».
C’est en revanche le seul à s’être posé ouvertement la question de l’hygiène de ce périphérique : « Je me dis quand même, on pose nos doigts dessus toute la journée ». Et il a raison, car on devrait nettoyer régulièrement la surface des touches avec un chiffon doux et un produit nettoyant (non abrasif). Passer un petit coup d’aspirateur ou de soufflette entre les touches ne ferait pas de mal non plus, quand c’est possible.
Si Jean-Marc n’est pas sensible aux claviers, il l’est beaucoup plus en ce qui concerne les souris : « Je n’utilise que des souris verticales depuis dix ans, ça a sauvé mon poignet ». Intrigué, je m’en suis payé une à Noël, une Swift de Logitech. Et je dois bien avouer que pour l’instant, la sensation est (très) agréable.
Sébastien ne jure que par l’Azerty+
Changement radical chez notre rédac-chef. « Je passe mon temps à changer de clavier, surtout entre le portable, beaucoup dans le train, et le PC de bureau. Je suis obligé de changer, et qui dit changement dit ne pas s’habituer à un clavier précis. Et j’en ai encore un autre, celui qui est dans la cave avec la machine qui me sert de serveur », me dit Sébastien. « Je ne me suis jamais penché sur la question des claviers, parce que c’est avant tout un outil de travail, et j’en change régulièrement », ajoute-t-il, rejoignant Mathilde.
Mais le chef a quand même une particularité : « Mon clavier principal est en Azerty+. Je l’avais acheté chez LDLC, qui était un des rares à en faire au lancement. Je me suis forcé à passer un mois avec pour le tester et j’en suis tombé amoureux. Pas du clavier lui-même, qui est en plastique un peu pourri, mais de l’Azerty+ qui me simplifie vraiment la vie. Les guillemets français, les semi-cadratins, les puissances, le point accessible sans Shift, tout ça. Sur mon portable, j’ai basculé la disposition en Azerty+ aussi, je ne regarde pas les touches de toute façon ». C’est le même clavier dont il faisait le bilan de l’utilisation en 2023.



Cette disposition le fait un peu râler de temps en temps… quand il ne peut pas l’avoir. Dans certains scénarios, elle n’est pas bien reconnue, notamment dans des sessions distantes (telnet par exemple) ou dans des machines virtuelles.
Et si d’autres claviers existaient en Azerty+ ? « Ah oui, là je me poserais la question de changer pour un modèle plus qualitatif. Mais il n’y a pas de choix ».
En bonus, Seb dispose dans sa cave d’une caverne aux merveilles, avec des ordinateurs et périphériques datant des 40 dernières années. Voilà par exemple un vieux clavier Keytronics datant de 1985 (on entend presque les synthés) : très lourd (2,8 kg), avec une base en métal, il avait l’originalité de disposer d’une zone tactile dans laquelle on pouvait placer des grilles équipées de fonctions macros. Par exemple, pour lancer un diskcopy, ou réaliser des actions spécifiques dans Lotus123 ou dans… DOS 2.0.


Alexandre : copain de clavier
Pour mon autre chef, tout est parfaitement clair : « Il y a trois éléments sur lesquels je ne me mets aucune limite de budget : la chaise de bureau, l’écran et le clavier. Ce sont vraiment les trois trucs primordiaux pour le confort de travail. Je ne considère pas que c’est de l’argent jeté par les fenêtres », m’explique Alexandre.
Copain de clavier ? « Dans mon parcours, je n’en ai rien eu à faire pendant longtemps. Mais quand je suis devenu journaliste, je me suis mis à écrire 10 heures par jour. Mon vrai premier amour, ça a été l’Illuminated Keyboard de Logitech ». Copain de clavier !
« C’était pas tellement lié au rétro-éclairage, même si c’était encore peu répandu à l’époque. J’adorais vraiment la frappe : j’écrivais vite, sans avoir l’impression de faire un effort. Je ne trouvais aucun équivalent à ce confort, même sur les claviers de portables. J’ai dû en acheter au moins cinq, parce que le clavier était malheureusement fragile, j’en ai cassé trois sur la touche Backspace, toujours la première à lâcher », explique Alexandre. Il a bien essayé le K800 quand les stocks d’Illuminated ont fini par s’épuiser, mais sans retrouver le même plaisir.
Il s’est donc penché sur les claviers mécaniques, persuadé qu’il pouvait obtenir un grand confort tout en partant dans la direction inverse. « Des claviers full size avec des touches classiques, le low-profile ne se faisait pas à l’époque ». Puis est venu l’engrenage : « J’y ai pris goût, alors j’ai commencé à me pencher sur les switchs : les red, les blue, les brown et compagnie. Je crois que j’ai commencé par des MX Clear, une version un peu plus sensible des brown tactiles ». Contaminé.
Il est resté ces dernières années sur un clavier nettement plus haut de gamme de chez Varmilo, en format 75 % (sans pavé numérique et quelques autres touches), avec switchs linéaires lubrifiés. Il s’est même acheté des touches « aveugles », c’est-à-dire non marquées, pour l’esthétique. Jusqu’à avoir des protestations du reste de la famille, l’ordinateur servant aussi parfois à d’autres personnes.
Et aujourd’hui ? Il est l’heureux détenteur d’un Nuphy Air75 V3, qui mérite manifestement son succès : « Vraiment agréable, 75 %, joli son, sobre, sans fil, et avec une disposition ISO-FR ! ». Il m’a promis de me le faire essayer.


Flock est proche de la contamination
Quant à notre dessinateur favori, il ne s’est jamais trop penché sur la question… jusqu’à récemment. Il possède un clavier MX Keys Mini de chez Logitech. Ce dernier présente deux avantages dans son cas : il peut se mettre facilement sur le côté pour laisser la place à la tablette de dessin, et il est sans fil.
Aujourd’hui, Flock se penche sur les claviers mécaniques, mais il veut pouvoir garder ces avantages. D’autres critères l’interpellent : « Je voudrais un bon son. Pour moi, plus le son est adouci, mieux c’est. J’ai rien contre les cliquetis, mais je veux pas que ce soient des cliquetis pourris de plastique contre plastique. Par exemple, j’ai testé chez LDLC un Ironclad V3, et ça c’est vraiment pas mal du tout ». Et je vous confirme, l’Ironclad est un très bon clavier, n’hésitez pas (mais ils sont uniquement filaires).
La discussion s’est orientée ensuite vers tous les paramètres qu’il pourrait ou non apprécier, notamment les types de switchs et les problématiques liées aux différents formats. D’ailleurs, si vous ne le savez pas, un pourcentage indiqué à côté d’une référence clavier fait directement référence au nombre de touches. Un 100 % est un clavier complet, quand un 60 %… n’a que 60 % des touches. Ce format, tout petit, est très en vogue chez les joueurs, car il laisse le plus de place à la souris. Dans les références, vous trouverez aussi parfois la mention TKL, qui signifie « Ten Keys Less », et désigne un clavier amputé de son pavé numérique.
Bref, dans le cas de Flock, c’est une réflexion en cours. Il n’est pas pressé : « Mon MX Mini fonctionne encore très bien. J’en suis moyennement content, mais je n’ai pas de vraie raison de changer ».
Et vous, qu’utilisez-vous ?