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☕️ GNOME 50 « Tokyo » est officiellement sorti

19 mars 2026 à 17:22


L’environnement de bureau GNOME arrive aujourd’hui dans sa version 50, nom de code « Tokyo ». Au menu, comme nous l’expliquions lors de la sortie alpha en janvier, la suppression totale de X11 au profit de Wayland.

Cette nouvelle version active par défaut le taux de rafraîchissement variable (ou Variable Refresh Rate, VRR, en anglais) et le « fractional scaling » après « des corrections de bogues, des améliorations en matière de stabilité et d’expérience utilisateur », explique l’équipe de GNOME dans sa note présentant les nouveautés.

GNOME 50 améliore aussi l’utilisation de la fonction de bureau à distance en s’appuyant sur le GPU pour « une amélioration significative des performances ». La note de l’équipe met aussi en avant l’ajout, dans la visionneuse de documents, de la possibilité de créer des annotations :

L’équipe souligne aussi son effort sur le contrôle parental avec la possibilité de régler des horaires de coucher et la définition d’un temps limite qui verrouille l’écran quand les limites sont dépassées. L’équipe explique qu’elle a mis en place les fondements pour un filtrage web « sans compromettre la sécurité du Web ni s’appuyer sur des listes préétablies » qui seront utilisables via l’interface dans de futures mises à jour. Elle précise que ce travail a été financé par la fondation Endless.

Les fonctionnalités d’accessibilité ont aussi été améliorées, notamment le lecteur d’écran Orca, mais aussi l’ajout d’une option « mouvements réduits » qui permet de réduire la gêne et les distractions causées par les animations de l’interface.

Côté outils de développeurs, l’équipe a amélioré l’éditeur de Builder mais aussi Mutter Devkit avec la possibilité de simuler des configurations matérielles et des workflows complexes. GNOME 50 utilise maintenant la dernière version de GTK (4.22) qui supporte nativement le SVG. Cela permet notamment de créer directement des icônes :

L’équipe annonce enfin que « GNOME 50 sera bientôt disponible dans de nombreuses distributions, telles que Fedora 44 et Ubuntu 26.04 ». La prochaine version, GNOME 51, est prévue pour septembre 2026.

☕️ Deezer boucle un exercice positif pour la première fois de son histoire

19 mars 2026 à 14:13


Le service de musique en streaming français Deezer a fait état jeudi 18 mars d’un exercice 2025 positif sur le plan financier, pour la première fois depuis sa création en 2007. La plateforme revendique un résultat net de 8 millions d’euros sur l’année close au 31 décembre 2025, alors qu’elle accusait 26 millions d’euros de pertes un an plus tôt.

« 2025 a marqué un tournant pour Deezer. Pour la première fois de notre histoire, nous avons enregistré un résultat net positif, accompagné d’un flux de trésorerie disponible à nouveau positif et un EBITDA ajusté à deux chiffres. Nous avons atteint ou dépassé l’ensemble de nos engagements financiers et réalisé une performance solide, malgré des vents contraires dans notre segment Partenariats », commente Alexis Lanternier, directeur général de Deezer, dans un communiqué (PDF).

La plateforme, introduite en bourse en juillet 2022, affiche pourtant une performance commerciale en léger recul sur un an (- 1,4 %), avec 534 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025. Elle enregistre une progression sur le volume d’abonnés souscrits en direct, qui s’établit à 5,7 millions au 31 décembre 2025 (+ 8,3 % sur un an), dont 3,8 millions en France.

Deezer recule en revanche sur le volet Partenariats de son offre (les forfaits vendus par l’intermédiaire d’un partenaire, opérateur mobile par exemple), qui représente 3,4 millions de clients (- 24,2 %).

L’entreprise attribue cette chute à la fin d’un contrat bien précis, qui la liait à Mercado Libre, une grande plateforme e-commerce d’Amérique latine : « Hors Meli+, le chiffre d’affaires Partenariats est stable. L’ARPU [revenu moyen par abonné, ndlr] s’établit à 3,2 euros, en hausse de + 8,6 % ».

Ce retour à bonne fortune découlerait, selon Deezer, de trois phénomènes découlant de sa stratégie : une bonne dynamique de la marque grâce à des efforts de différenciation, son positionnement en faveur d’une rémunération plus équitable des artistes et sa capacité à nouer des partenariats durables. Sur ce point, Deezer annonce avoir renouvelé les accords passés avec Orange et Bouygues Telecom en France, et signé quelques nouveaux venus comme Molotov ou EDF.

Deezer s’efforce de nouer des partenariats B2B avec des acteurs de premier plan – capture d’écran

Deezer affirme par ailleurs poursuivre ses travaux autour de l’IA, avec confirmation d’un « nouveau potentiel de monétisation pour sa technologie de détection de musique générée par IA », via un modèle de licences. L’entreprise a par ailleurs récemment annoncé qu’elle allait démonétiser ces contenus synthétiques.

Rappelons que Deezer reste un acteur relativement modeste d’un point de vue financier, avec une valorisation en bourse de l’ordre de 150 millions d’euros. Le poids lourd du secteur, Spotify, revendique de son côté 290 millions d’abonnés payants, 4,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel et 701 millions d’euros de bénéfices.

☕️ Les députés européens veulent repousser la régulation des systèmes d’IA à hauts risques

19 mars 2026 à 10:55


L’AI Act est entré en vigueur en août 2024 mais sa mise en application est progressive. Alors que les règles relatives aux systèmes d’intelligence artificielle à haut risque devaient s’appliquer à partir du 2 août 2026, des députés européens se sont prononcés pour le report de près d’un an et demi de ces mesures.

Comme nous l’expliquions, le règlement européen a défini certaines utilisations de l’IA comme « à haut risque » – notamment la biométrie, la gestion d’infrastructures (numériques, routières, d’eau, de gaz, de chauffage ou d’électricité) critiques, l’éducation… Le texte prévoyait que ces systèmes soient plus régulés à partir du 2 août 2026.

IA Act Europe

Mais les commissions du marché intérieur et des libertés civiles du Parlement européen ont adopté une position commune à intégrer à l’omnibus numérique repoussant cette date au 2 décembre 2027, « étant donné que les normes principales pourraient ne pas être finalisées avant l’échéance actuelle », affirme le communiqué du Parlement européen.

Pour les systèmes d’IA couverts par la législation sectorielle de l’UE sur la sécurité et la surveillance du marché (ou utilisés comme composants de sécurité dans des produits couverts par cette législation), les députés européens proposent même de repousser la date au 2 aout 2028.

Enfin, ils proposent de repousser au 2 novembre 2026 l’obligation faite aux fournisseurs d’IA que leurs sorties soient « marquées dans un format lisible par machine et identifiables comme ayant été générées ou manipulées par une IA ». Elle devait aussi initialement s’appliquer au 2 aout 2026.

Ces deux commissions ont aussi ajouté l’interdiction explicite de « systèmes dits de nudification » sans le consentement de cette personne. Rappelons que Grok a permis la génération de millions de deepfakes à ses utilisateurs. L’entreprise d’Elon Musk, xAI, est déjà visée par de multiples enquêtes sur le sujet.

Ces propositions doivent encore être approuvées en plénière par le parlement le 26 mars prochain, puis discutées avec le Conseil européen.

EU Inc : l’Europe dévoile son régime de simplification pour garder ses startups

19 mars 2026 à 10:25
Should I stay or should I go ?
EU Inc : l’Europe dévoile son régime de simplification pour garder ses startups

Bruxelles a présenté mercredi 18 mars « EU Inc », une proposition visant à établir un cadre juridique simplifié pour la création et le développement d’entreprises en Europe. Les startups bénéficieraient ainsi d’un statut harmonisé à l’échelle des 27 États membres. Créer une nouvelle entreprise se ferait en ligne, en seulement 48 heures et pour moins de 100 euros. La Commission espère un accord d’ici fin 2026.

Il serait trop compliqué, trop lourd, trop formel, de créer et d’administrer une startup en Europe, et c’est la raison pour laquelle un certain nombre de créateurs d’entreprises choisiraient de s’expatrier aux États-Unis ou dans d’autres pays plus accommodants ? Qu’à cela ne tienne : la Commission européenne a dégainé mercredi 18 mars une proposition visant à répondre à cette critique récurrente, remise en avant avec la publication du fameux rapport Draghi.

Elle prend la forme d’un nouveau statut pour les entreprises européennes, baptisées EU Inc, et associé à une promesse de démarches simplifiées, totalement numérisées et unifiées à l’échelle des 27 États membres. « Une Europe – un marché – d’ici à 2028 », se réjouit la présidente de la Commission européenne dans un communiqué :

« L’Europe a le talent, les idées et l’ambition de devenir le meilleur endroit pour les innovateurs. Pourtant, aujourd’hui, les entrepreneurs européens qui veulent se développer sont confrontés à 27 systèmes juridiques et à plus de 60 formes d’entreprises nationales. Avec EU Inc., nous facilitons considérablement le démarrage et la croissance d’une entreprise dans toute l’Europe. Tout entrepreneur sera en mesure de créer une entreprise dans les 48 heures, de n’importe où dans l’Union européenne, et entièrement en ligne ».

Le 28e régime

D’après Bruxelles, EU Inc n’a pas vocation à remplacer les subtilités juridiques des différentes réglementations nationales, mais plutôt à les compléter, en offrant une alternative simplifiée, avec un dispositif unique de règles valables à l’échelle de l’Union européenne. L’objectif affiché est ainsi de favoriser l’expansion européenne des sociétés nées sur le vieux continent en leur permettant par exemple d’investir ou de recruter à l’étranger sans avoir à procéder à des adaptations juridiques ou réglementaires parfois complexes.

Remise en avant par le rapport Draghi, la proposition figurait déjà au cœur des travaux de l’ancien président du Conseil des ministres italien Enrico Letta sur la compétitivité européenne, remis en avril 2024. C’est lui qui formalisait cette idée, inspirée de Jacques Delors, d’un régime européen chapeautant les statuts nationaux :

« Nous pouvons par ailleurs penser qu’un Code européen du droit des affaires constituerait une étape transformatrice vers un marché unique plus unifié, offrant aux entreprises un 28e régime pour opérer au sein du marché unique. Il s’attaquerait directement à la mosaïque actuelle de réglementations nationales et la surmonterait, agissant comme un outil clef pour libérer tout le potentiel de la libre circulation au sein de l’Union. »

Guichet unique et formalités simplifiées

La simplification promise par Bruxelles doit porter à la fois sur la création et sur le développement d’une entreprise. « Les entrepreneurs, les fondateurs et les entreprises pourront fonder une société EU Inc. dans les 48 heures, pour moins de 100 € et sans exigence minimale de capital social », affirme ainsi la Commission européenne.

Les formalités se dérouleraient au travers d’un nouveau guichet unique. Il servirait d’abord de point de contact centralisé, connecté avec les différents registres du commerce nationaux, avant la création d’un registre central de l’UE. L’immatriculation d’une entreprise et l’obtention de son numéro de TVA se feraient par cet intermédiaire, « sans avoir à soumettre à nouveau des documents ».

Ce nouveau régime promet également des dispositions simplifiées pour les opérations de financement, notamment en capital, avec la possibilité de créer de façon flexible différents types d’actions, et des options d’achat simplifiées pour leurs salariés.

La mesure n’est pas directement liée au régime EU Inc, mais Bruxelles promet également d’étudier plus avant la possibilité d’autoriser le télétravail transfrontalier à 100 % pour les startups et les sociétés innovantes en phase de développement « dans le cadre du prochain train de mesures sur la mobilité équitable de la main-d’œuvre ».

Même la fin de vie serait simplifiée : « les entreprises de l’UE Inc. auront accès à des procédures de liquidation entièrement numériques. Les startups innovantes auront accès à des procédures d’insolvabilité simplifiées pour faciliter la liquidation des opérations. Cela permet aux fondateurs d’essayer et de tester des idées innovantes et de recommencer si nécessaire », décrit Bruxelles, qui détaille plus avant et justifie certains éléments clés de sa proposition dans une FAQ dédiée. Elle suggère notamment de déclencher la procédure de liquidation sur le critère du seul défaut de paiement, uniquement pour les startups innovantes, avec un simple formulaire « rendant facultative la représentation par un avocat ».

Une mise en œuvre d’ici fin 2026 ?

Mettre en place un nouveau régime unifié à l’échelle de l’UE suppose logiquement quelques aménagements. Le calendrier volontaire affiché par la Commission, avec une mise en œuvre fin 2026, parait dans ce contexte un brin ambitieux mais pas totalement irréaliste, notamment parce que les trois institutions de l’Union sont déjà alignées sur l’objectif.

Le Conseil de l’UE incitait ainsi déjà en mars 2025 (PDF) l’exécutif à envisager la création de ce 28ᵉ régime, tandis que le Parlement européen s’est prononcé en janvier 2026 en faveur d’un « nouveau cadre juridique pour les entreprises innovantes ».

D’un point de vue plus technique, la clause de flexibilité de l’article 352 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) ouvre la voie à la création d’un règlement qui permettrait que les règles nouvelles s’appliquent au même moment dans tous les États membres. « L’utilisation de la clause de flexibilité implique l’unanimité du Conseil de l’UE ce qui risque de prolonger les délais d’élaboration de l’acte juridique à adopter », fait toutefois remarquer le site Vie publique.

Entre autres achoppements possibles, le dispositif ouvre en effet la voie à des risques inédits en matière d’abus sociaux ou fiscaux. Sur ce point, la Commission se veut rassurante : « Il s’agit d’une proposition visant à rationaliser le droit des sociétés, et elle n’a pas d’incidence sur le droit du travail, la fiscalité ou d’autres lois ».

☕️ La cour d’appel de Paris rejette la demande de suspension de la marketplace de Shein

19 mars 2026 à 10:07


C’est le deuxième revers judiciaire pour le gouvernement qui avait demandé à la justice de suspendre les activités de Shein en France. En décembre, le tribunal judiciaire de Paris rejetait la demande du gouvernement, jugeant la mesure « disproportionnée » au regard de ventes problématiques qui restaient « ponctuelles » chez Shein.

Le gouvernement avait annoncé faire appel. Début février, on apprenait que la demande de suspension ne concernait plus que la marketplace, pas le site dans son ensemble. La cour d’appel de Paris confirme quoi qu’il en soit la décision de première instance, estimant dans un communiqué que « le dommage qui avait justifié l’action de l’État n’existait plus », comme le rapporte BFM TV.

La cour ajoute également « qu’il n’était justifié ni d’un dommage actuel ni d’un dommage futur certain », comme le précise France24. Nos confrères expliquent que la cour d’appel rejette ainsi « de fait l’argument de l’État qui considère comme systémique le risque que de tels produits se retrouvent sur la plateforme ». La cour ajoute que la société « avait réagi avec promptitude pour retirer les produits litigieux de la vente et avait mis en place des mesures de contrôle de ses produits et des vendeurs ayant accès à sa marketplace ».

France24 ajoute que la cour d’appel estime « justifié » de « maintenir l’interdiction» faite par le tribunal judiciaire de Paris « de vendre de nouveau des produits pornographiques licites pour adultes sans filtre d’âge ». Le blocage total de la marketplace serait par contre « disproportionné ».

Shein se félicite évidemment de cette décision et précise dans un communiqué envoyé par email avoir « maintenu un dialogue étroit avec les autorités françaises et européennes ». « Au cours des derniers mois, nous avons continué à renforcer de manière significative nos contrôles tant pour les vendeurs que pour les produits vendus sur notre marketplace, et ce afin que nos clients puissent bénéficier d’une expérience d’achat sûre et agréable », ajoute l’entreprise.

L’affaire était partie après la découverte de la vente de « poupées sexuelles à caractère pédopornographique » sur la marketplace de l’enseigne. La marketplace avait été fermée dans la foulée et une procédure de suspension engagée par le gouvernement.

Quoi qu’il en soit, Shein continue de s’implanter en France. Après Paris, des corners Shein de 400 à 1 000 m² débarquent dans cinq BHV en province : Angers, Dijon, Limoges, Grenoble et Reims.

Informatique quantique : Charles H. Bennett et Gilles Brassard lauréats du prix Turing

19 mars 2026 à 09:45
BB84, pas BB-8 !
Informatique quantique : Charles H. Bennett et Gilles Brassard lauréats du prix Turing

Les deux protagonistes se sont rencontrés en 1979 puis ont présenté leur protocole d’échange de clé quantique BB84 en 1984. Ils ont depuis récolté plusieurs récompenses pour arriver aujourd’hui à la plus haute distinction dans leur domaine : le prix Turing.

En informatique, il n’y a pas de prix Nobel, mais il existe le prix Turing souvent appelé le « prix Nobel d’informatique », décerné par l’Association for Computing Machinery (ACM). Deux français ont été lauréats : Yann LeCun en 2018 et Joseph Sifakis en 2007.

Ce prix récompense des « contributions de nature technique durables et majeures pour le domaine informatique », avec 1 000 000 de dollars à la clé. « Le soutien financier du prix Turing est assuré par Google Inc », peut-on lire sur cette page.

Charles H. Bennett et Gilles Brassard et leur protocole BB84

Deux Américains sont récompensés pour l’édition 2025 : Charles H. Bennett des États-Unis et Gilles Brassard du Canada, pour leurs travaux dans l’informatique quantique. Ils « sont largement reconnus comme les fondateurs de la science de l’information quantique, un domaine situé au carrefour de la physique et de l’informatique », explique l’ACM.

« Charles H. Bennett et Gilles Brassard ont fondamentalement changé notre compréhension de l’information elle-même. Leurs idées ont repoussé les limites de l’informatique et ont donné lieu à des décennies de découvertes dans toutes les disciplines. L’élan mondial qui anime aujourd’hui les technologies quantiques souligne l’importance durable de leurs contributions », lâche le président de l’ACM, Yannis Ioannidis.

En 1984, ils ont dévoilé « le premier protocole pratique pour la cryptographie quantique », connu sous le nom de protocole BB84 (pour l’échange de clé). Pour la petite histoire, c’est BB84 avec un B comme Bennett, un B comme Brassard et 84 comme 1984.

Wolf, Breakthrough et maintenant Turing : ils enchainent les récompenses

« Le message transmis est indéchiffrable pour les personnes extérieures et, en théorie, impossible à pirater. Leur approche surpasse donc les capacités des superordinateurs classiques et a inauguré une nouvelle ère: celle de l’informatique quantique », explique l’Université de Montréal.

En 2018 déjà, les deux chercheurs avaient obtenu le prix Wolf puis en 2023 le Breakthrough Prize, c’est désormais la plus haute distinction avec le « Nobel de l’informatique ». Bennett a rejoint IBM Research en 1973 et il y travaille toujours aujourd’hui.

De son côté, Brassard était alors à l’université de Montréal. Il a un doctorat en cryptographie, obtenu sous la supervision de John Hopcroft… lui-même lauréat du prix Turing en 1986. B&B se sont rencontrés en 1979 lors d’une conférence sur les fondations de l’informatique à Porto Rico.

Gilles Brassard « boycotte complètement les États-Unis »

Comme le rapporte Radio Canada International, Gilles Brassard est ravi : « c’est la reconnaissance par les pairs de presque un demi-siècle de travaux. Je ne pourrais pas être plus heureux ». Mais Brassard ne s’est pas rendu au siège new-yorkais de l’Association for Computing Machinery, ajoutent nos confrères :

« Je boycotte complètement les États-Unis, que ce soit pour les voyages ou pour acheter un paquet d’épinards. Si un ingrédient vient des États-Unis, je change de recette. Pas question d’aller dans un pays qui nous a littéralement déclaré la guerre. »

Gilles Brassard est aussi critique envers l’Amérique du Nord dans son ensemble, où la cryptographie quantique n’est pas suffisamment prise au sérieux : « C’est tristement surtout en Chine que c’est très utilisé. Ils ont pris ça très au sérieux et ont développé 10 000 km de fibre optique – un réseau complet de communication quantique – pour la cryptographie spécifiquement ».

☕️ Pénurie de mémoire et GPU : MSI vit son année « la plus difficile », des hausses à venir

19 mars 2026 à 08:52


Il y a quelques semaines, HP expliquait que la pénurie de puces pour la mémoire entraînait une augmentation d’environ 100 % des prix entre le premier et le deuxième trimestre. La mémoire (RAM et stockage) représente ainsi plus d’un tiers du prix d’un PC.

C’est désormais au tour de Huang Jinqing, directeur général de MSI, de sortir du bois sur ce sujet, comme le rapporte TomsHardware.com : « Cette année est la plus difficile depuis la fondation de l’entreprise ». Il ajoute que MSI prévoit d’augmenter les prix de ses produits pour joueurs de 15 à 30 % en 2026, ajoute-t-il lors d’une conférence avec les investisseurs.

Illustration : Flock

Toujours selon nos confrères, MSI aurait un déficit de 20 % sur les approvisionnements en GPU de chez NVIDIA et prévoit en conséquence que le marché des PC devrait se contracter de 10 à 20 % cette année. Chez MSI, cette situation se traduit par un changement dans les gammes de ses produits.

Selon nos confrères et les déclarations du dirigeant, la marque devrait davantage se tourner vers le milieu et haut de gamme pour les joueurs, que vers l’entrée de gamme. Pour simplifier, vendre moins, mais à un prix plus élevé pour limiter la casse sur les revenus.

Afin de limiter la casse sur le prix de la mémoire, le fabricant mise aussi sur la DDR4 à la place de la DDR5. Si les deux subissent de plein fouet les hausses causées par la pénurie, la première reste moins chère que la seconde. En témoigne par exemple le lancement récent de deux cartes mères AM4 en DDR4, compatibles avec les processeurs AMD jusqu’aux Ryzen 5000.

NIS 2 : l’ANSSI publie son ReCyf, la CSNP s’impatiente et le fait savoir

19 mars 2026 à 07:41
L’art du Récyf
NIS 2 : l’ANSSI publie son ReCyf, la CSNP s’impatiente et le fait savoir

NIS 2 devait être transposé avant le 17 octobre 2024, la France est donc largement en retard. Aux dernières nouvelles, le texte devrait passer à l’Assemblée nationale en juillet (2026). Trop tard pour le CSNP qui appelle à un examen « dans les plus brefs délais ». De son côté, l’ANSSI présente en attendant son REférentiel CYber France (ReCyF), « qui liste les mesures recommandées par l’ANSSI pour atteindre les objectifs de sécurité fixés par NIS 2 ».

Le projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité doit transposer les directives NIS 2, REC et Dora. Il a été présenté le 15 octobre 2024 par le gouvernement, puis adopté le 12 mars 2025, mais n’a toujours pas été examiné par l’Assemblée
nationale.

La transposition a presque 18 mois de retard

Son parcours législatif n’est donc pas terminé, alors que la transposition de NIS 2 devait en théorie être faite par chaque État membre avant le 17 octobre 2024. Au 1ᵉʳ janvier 2026, 20 des 27 États membres l’avaient transposé. Dans un communiqué (pdf) publié sur les réseaux sociaux, la Commission supérieure du numérique et des postes (CSNP) « appelle à l’examen du projet de loi Résilience dans les plus brefs délais ».

Pour la Commission mixte (Assemblée nationale et Sénat), « ce retard fragilise notre écosystème numérique et place l’ensemble des acteurs concernés dans une situation d’incertitude injustifiable ». D’autant que « ce retard affaiblit fortement la position de la France au moment même où se redessine l’architecture européenne de la cybersécurité, notamment par les négociations sur la révision du Cybersecurity Act ».

« Un point de clivage politique : l’article 16 bis »

Le CSNP affirme que ce retard vient « d’un point de clivage politique : l’article 16 bis, introduit au Sénat afin de consacrer dans la loi la protection du chiffrement et d’interdire l’imposition de dispositifs de portes dérobées (« backdoors ») aux messageries instantanées, fait l’objet d’une opposition du gouvernement ».

Philippe Latombe était récemment monté au créneau sur le sujet : « Je le dis de façon claire et je ne vais pas me faire de copains en disant ça mais c’est pas grave, la DGSI et les services veulent la fin de l’article 16 bis […] la DGSI a un problème, elle veut savoir ce qui se passe dans les communications chiffrées des délinquants, elle veut mettre un tuyau sur le pipeline pour pouvoir regarder ce qui s’y passe ».

Examen du texte à l’Assemblée nationale prévue en juillet 2026…

La Commission indique que le programme législatif transmis par le gouvernement « prévoit désormais un examen du texte en juillet 2026, et ce sous réserve de la convocation d’une session extraordinaire. Un tel calendrier reporte de plusieurs mois encore l’adoption de ce texte, si toutefois il est examiné avant l’été 2026 ».

Trop tard pour la CSNP. Ses membres « appellent à l’inscription, dans les plus brefs délais, du projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, afin que la France se dote enfin des outils indispensables à la protection de son économie, de ses institutions et de ses citoyens ».

Le REférentiel CYber France (ReCyF) liste les mesures recommandées

Aux Assises de la cybersécurité de Monaco en octobre 2025, Vincent Strubel (patron de l’ANSSI) expliquait que ce vote est « une étape indispensable et essentielle, mais ce n’est qu’une étape et pas la plus difficile »… pas si sûr finalement avec les remous autour de l’article 16 bis. Le plus dur, ajoutait-il, c’est la mise en œuvre et pour cela « il ne faut pas attendre » car « on sait tout ce qu’il faut faire ».

Dans la foulée, l’Agence ouvrait un guichet de pré-enregistrement. C’est « la première brique de l’entrée en vigueur de NIS 2 et un premier pas pour les entités dans le respect de leurs obligations ». Cette semaine, l’ANSSI a mis à disposition son REférentiel CYber France (ReCyF), en version bêta, « qui liste les mesures recommandées par l’ANSSI pour atteindre les objectifs de sécurité fixés par NIS 2 ».

Sur LinkedIn, Vincent Strubel explique que ce document a été « co-construit avec de nombreuses organisations professionnelles, associations d’élus et acteurs de l’écosystème pour définir une réponse adaptée, d’une part à la réalité de la menace, et d’autre part à la taille et à la maturité des entités qui doivent s’en protéger ».

Le patron de l’ANSSI presse les entités concernées de s’y intéresser : « il restera un document de travail jusqu’à la transposition de NIS2 en droit français, mais il ne faut surtout pas attendre pour le mettre en œuvre ».

Le mot de la fin par Vincent Strubel : pourquoi RéCyF ? « Parce que le récif (corallien), c’est à la fois quelque chose de vivant et le socle qui protège de l’érosion et autour duquel se construisent certains des écosystèmes les plus florissants du monde naturel. Bon, en vrai, on a fait comme tout le monde, on a trouvé un acronyme et ensuite on a rétrofitté une belle histoire par-dessus, mais je trouve que pour le coup ça marche bien ».

Des parieurs menacent de mort un journaliste pour qu’il falsifie une info

19 mars 2026 à 07:08
Délits d'initiés VS déni de réalité
Des parieurs menacent de mort un journaliste pour qu’il falsifie une info

Le correspondant militaire du Times of Israël a été menacé de mort pour avoir rapporté qu’un missile iranien s’était écrasé dans une zone boisée à 500 mètres d’habitations. Une information somme toute anodine, mais qui allait à l’encontre de paris placés sur le marché de prédictions Polymarket. Au point que l’un de ses harceleurs lui a rétorqué : « Après nous avoir fait perdre 900 000 dollars, nous allons investir un peu d’argent pour te faire éliminer ».

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël, où il partage, ainsi que sur X.com, des dizaines de messages, photos et vidéos des frappes israéliennes et iraniennes, par jour.

Le 10 mars dernier, il tweetait qu’« un missile a frappé une zone ouverte juste à l’extérieur de Beit Shemesh [dans les environs de Jérusalem, ndlr], selon les premiers intervenants et des images le montrent », précisant qu’« aucun blessé n’est signalé lors de la dernière attaque de missiles balistiques de l’Iran contre Israël, la quatrième aujourd’hui ».

Le tweet était illustré par une courte séquence vidéo montrant une explosion dans une zone boisée des environs de la ville, à 500 mètres des habitations, raconte-t-il dans un stupéfiant article intitulé « Des parieurs de Polymarket m’ont menacé de mort si je ne falsifiais pas ma version sur les missiles iraniens » :

« Ce jour-là, sur le liveblog du Times of Israel, je rapporte que le missile s’est écrasé dans une zone inhabitée sans faire de victimes, sur la foi des déclarations des services de secours et des images qui donnent à voir la forte explosion causée par l’ogive du missile. Mais ce que je pensais être un incident mineur dans le cadre de cette guerre s’est mué en des journées entières de harcèlement et de menaces de mort à mon encontre. »

Évoquant les tirs iraniens, l’article publié par Emanuel Fabian sur Times of Israel mentionnant cette frappe précisait que « la plupart des missiles ont été interceptés, mais l’un d’entre eux – équipé d’une grosse ogive – a explosé dans une zone dégagée à l’extérieur de Beit Shemesh, près de Jérusalem, selon des images, les premiers intervenants et l’armée israélienne ».

« J’apprécierais que vous mettiez à jour votre article, car il ne reflète pas la réalité »

Dans la foulée de la publication de son tweet puis de l’article, Emanuel Fabian raconte avoir reçu un courriel, en hébreu, d’un certain Aviv lui expliquant que « la municipalité de Beit Shemesh et le MDA (Maguen David Adom, la Croix-Rouge israélienne, ndlr) ont corrigé l’information donnée pour dire que ce qui est tombé est en fait un fragment d’intercepteur, et non un missile complet », suivi de cette requête :

« J’apprécierais que vous mettiez à jour votre article, car dans sa forme actuelle il ne reflète pas la réalité. Mais si vous avez des informations indiquant qu’il s’agit bien d’un missile complet non intercepté, corrigez-moi. »

En réponse, Emanuel Fabian lui indique que, d’après ses informations, l’impact est bien « lié à une ogive de missile, pas à de simples fragments », et que « les images montrent aussi une forte explosion correspondant aux centaines de kilogrammes d’explosifs de l’ogive. Normalement, un fragment ne donne pas lieu à pareille explosion », comme on peut le voir dans la vidéo.

No injuries are reported in Iran's latest ballistic missile attack on Israel, the fourth today.

One missile struck an open area just outside Beit Shemesh, first responders say and footage shows.

Sirens had sounded across the Jerusalem area, the West Bank, and parts of southern… pic.twitter.com/j6sovAsDwz

— Emanuel (Mannie) Fabian (@manniefabian) March 10, 2026

Le lendemain, un second e-mail, lui aussi en hébreu et signé d’un certain Daniel, tente une approche différente. « Désolé de vous contacter alors que nous ne nous connaissons pas mais nous allons apprendre à nous connaître », lui explique-t-il, souligne Emanuel Fabian, « d’un ton quelque peu menaçant » :

« J’ai quelque chose d’urgent à vous demander au sujet de l’exactitude de votre rapport sur l’attaque de missile du 10 mars. J’apprécierais vraiment une réponse si possible. Vous avez donné une information inexacte au sujet de l’attaque de missile du 10 mars, ce qui a provoqué une série d’erreurs. Si vous pouviez me répondre ce soir… cela m’aiderait, moi et beaucoup d’autres, et, bien sûr, l’État d’Israël. Et en prime, vous y gagneriez une source intéressante. »

« Il est quelque peu étrange de recevoir la même question, sur un point relativement insignifiant, de la part de deux personnes différentes en l’espace d’une seule journée », ironise Emanuel Fabian dans son article. En réponse à une demande de précisions, Daniel lui ressort la théorie du missile iranien intercepté par l’armée israélienne :

« Pour l’heure, les services de sécurité n’ont pas confirmé qu’il s’agissait d’un missile non intercepté qui serait tombé dans une zone dégagée. Si vous pouviez corriger cela ce soir, cela me rendrait, ainsi qu’à d’autres, un grand service. »

« Pourquoi un détail aussi insignifiant importe-t-il à ces gens ? », s’interroge Emanuel Fabian. Dans les jours qui suivent, Daniel continue à le bombarder de courriels, d’autant que son information commence à être reprise par la presse étrangère.

« Je vous redemande encore de faire au plus vite, ça nous aiderait beaucoup. C’est vraiment important, si possible, ce matin », quémande Daniel. Ce qu’Emanuel Fabian qualifie de « menaces à peine voilées » est suivi d’un nouveau courriel, anonyme celui-là : « L’article sur l’interception du 10 mars va-t-il être mis à jour ? », puis d’un message sur Discord : « À propos du 10 mars. Certaines sources affirment que tous les missiles ont été interceptés le 10 mars, selon Tsahal. Est-ce vrai ? »

23M$ de prédictions sur « L’Iran frappera-t-il Israël le 10 mars ? »

Également interpellé sur X par deux internautes à ce sujet, il découvre qu’ils semblent impliqués dans des jeux d’argent sur le site de paris en ligne Polymarket, et que cette série d’interpellations seraient liées à une prédiction sur Polymarket.

Une capture sur archive.org montre que, le 11 mars, plus de 1,5 million de dollars y avaient en effet été misés sur le fait de savoir si « l’Iran frappera-t-il Israël le 10 mars ? », ou pas. Le chiffre dépasse désormais les 23 millions de dollars, les mises d’une quarantaine de parieurs dépassant les 100 000 dollars, dont trois le million de dollars, Polymarket ayant continué d’accepter les paris depuis lors, la résolution de la prédiction, qui a fait l’objet de deux contestations, venant tout juste d’être finalement actée.

Polymarket, qui se présente comme une plateforme de prédictions, permet de parier de l’argent ou des cryptoactifs sur la probabilité que tel évènement ait lieu, ou pas. Ce pourquoi il est aussi régulièrement soupçonné de faire l’objet de manipulations de marchés et de délits d’initiés.

Un réserviste de l’armée israélienne et un civil ont ainsi été inculpés le mois dernier, rapportait The Times of Israel, pour avoir utilisé des informations classifiées afin de placer des paris sur des opérations militaires sur Polymarket.

Les règles du pari précisent que « ce marché se résoudra par ‘Oui’ si l’Iran lance une frappe de drone, de missile ou aérienne sur le sol israélien à la date indiquée en Heure d’Israël (GMT+2). Sinon, ce marché se résoudra par ‘Non’ », avec cette petite précision :

« Les missiles ou drones interceptés, ainsi que les frappes de missiles sol-air, ne suffisent pas pour une résolution « Oui », même s’ils atterrissent en territoire israélien et y occasionnent des dégâts. »

Emanuel Fabian en déduit que les parieurs qui le harcèlent ont parié sur le « Non », ce pourquoi il voudrait le voir rectifier son article, afin d’espérer ne pas perdre leurs mises.

Dans la foulée, les messages se font plus pressants, et menaçants. « Quand mettrez-vous à jour l’article ? », titre l’un d’entre eux, accompagné de la capture d’écran de sa première interaction avec Daniel. Sauf qu’en lieu et place de la réponse qu’il lui avait adressée, le screen lui attribuait des propos qu’il n’a jamais écrit :

« Salut Daniel, merci d’avoir remarqué, j’ai vérifié auprès du porte-parole de Tsahal et c’est bien un missile intercepté. Je l’ai envoyé pour correction, il sera bientôt corrigé. »

« Après nous avoir fait perdre 900 000 $, nous allons investir un peu d’argent pour te faire éliminer »

En réaction, Emanuel Fabian postait le 13 mars sur X un message un tantinet énervé :

« Mon message à vous, les parieurs, est simple : allez vous faire foutre, arrêtez de me harceler et trouvez-vous un meilleur passe-temps que de falsifier des articles journalistiques pour un gain financier. »

Suite à quoi « les choses empirent », écrit le journaliste. Peu après minuit, dans la nuit de samedi à dimanche, il reçoit des messages menaçants en hébreu sur WhatsApp : « Vous avez exactement une demi-heure pour corriger votre tentative d’influence », « si vous ne corrigez pas cela avant 1h00, heure d’Israël, aujourd’hui, le 15 mars, vous allez au devant de problèmes dont vous n’avez pas idée », « tu choisis la guerre en sachant que tu vas perdre la vie que tu avais jusque là – tout ça pour rien », entre autres :

« Tu n’as aucune idée à quel point tu t’es mis en danger. C’est aujourd’hui le jour le plus important de ta carrière. Tu as le choix entre deux options : soit tu te dis que nous sommes sérieux et qu’après nous avoir fait perdre 900 000 dollars, nous allons investir un peu d’argent pour te faire éliminer. Ou alors on met fin à ça avec de l’argent et tu retrouves la vie que tu avais avant. »

Emanuel Fabian raconte que les messages l’accusent de vouloir « influencer » le marché, une personne se présentant comme « avocat » lui expliquant, au téléphone, avoir été contacté par une entreprise américaine pour enquêter sur sa supposée manipulation sur Polymarket.

Ses interlocuteurs tentent également de le corrompre, y compris en offrant à un autre journaliste une part de leurs gains, s’il parvenait à faire modifier sa version de l’impact du missile à Beit Shemesh, au motif que cela ne représenterait « pas grand-chose » pour lui de le faire :

« Je te demande de répondre dans les 10 minutes. Nous t’avons proposé de mettre fin à tout ça discrètement, avec de l’argent à la clef et tout sera fini. Mais apparemment, tu tentes de gagner du temps ». « Tu as commis une erreur fatale et tu ferais mieux de nous répondre ». « J’attends une réponse de ta part dans 9 minutes ». « Il te reste une minute… »

Après avoir appelé la police, les menaces deviennent plus explicites :

« Il te reste 90 minutes pour revenir sur ton mensonge. Si tu le fais – tu règles en une minute le problème le plus grave de toute ta vie. Et d’ici une semaine, tu m’auras oublié ». « Si tu décides de ne pas revenir dessus et de laisser ce mensonge, tu te découvriras des ennemis prêts à tout pour faire de ta vie un enfer – dans les limites de la loi ». « Mais à ce que je sache, il y a aussi des gens qui se fichent de la loi. Tu vas leur faire perdre 50 fois tout ce que tu gagneras dans toute ta vie. »

Emanuel Fabian conclut son témoignage en précisant que si la tentative d’intimidation de ces joueurs pour le pousser à changer son reportage afin de gagner leur pari a échoué, « je crains que d’autres journalistes puissent faire preuve de moins d’éthique en échange d’une forte rétribution ».

Évoquant les deux Israéliens inculpés le mois dernier pour avoir utilisé des données classifiées pour parier sur Polymarket, il craint également que d’autres individus peu scrupuleux cherchent eux aussi à profiter des informations dont ils disposent :

« Des journalistes pourraient facilement se servir de ce qu’ils savent pour commettre des délits d’initié sur cette plateforme. J’espère sincèrement que cela n’est jamais arrivé et que cela n’arrivera jamais, dans ce nouvel espace troublant où réalité, journalisme, jeu et criminalité s’entremêlent. »

Polymarket a depuis partagé sur X un message qui « condamne le harcèlement et les menaces dont Emanuel Fabian — ou toute autre personne d’ailleurs — a été victime » :

« Ce comportement enfreint nos conditions d’utilisation et n’a pas sa place sur notre plateforme. Nous avons suspendu les comptes de toutes les personnes impliquées et transmettrons leurs coordonnées aux autorités compétentes. »

Emanuel Fabian, quant à lui, a tenu à rappeler que ses harceleurs ne lui faisaient « pas peur du tout » :

« Vous, bande de tarés, vous ne me faites pas peur du tout. Et la prochaine fois que vous menacerez quelqu’un de mort, évitez peut-être d’utiliser votre vrai numéro de téléphone, que les autorités peuvent facilement identifier. »

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Football : le parquet d’Arras sanctionne une vingtaine d’utilisateurs de boîtiers IPTV

18 mars 2026 à 17:41
Arrêts de jeu
Football : le parquet d’Arras sanctionne une vingtaine d’utilisateurs de boîtiers IPTV

La Ligue de football professionnel (LFP) s’est félicitée mercredi de la sanction, par le parquet d’Arras, d’une vingtaine d’utilisateurs de boîtiers IPTV permettant d’accéder gratuitement aux chaines payantes. Ils devront s’acquitter d’amendes comprises entre 300 et 400 euros.

Les sommes sont dérisoires au regard des revenus du football professionnel, mais la peine revêt une portée hautement symbolique pour la LFP : la justice vient en effet de sanctionner des utilisateurs finaux de ces fameux boîtiers IPTV qui font trembler les diffuseurs de la télévision payante.

Relayée par la LFP mercredi 18 mars au soir, la décision émane du parquet d’Arras. Ce dernier a en effet diligenté plusieurs enquêtes sur les réseaux qui prospèrent autour de la vente et de la promotion de ces petites box, souvent sous Android, qui ouvrent un accès à un très large panel de chaînes de télévision payante du monde entier, en échange d’un abonnement de quelques euros par mois.

Mesure de composition pénale pour les usagers

Si la procédure pénale engagée spécifiquement par la LFP cible des prévenus « soupçonnés de revente d’abonnements IPTV illégaux », l’enquête a également permis d’identifier des usagers, et c’est à ces derniers que le parquet d’Arras a proposé une mesure de composition pénale : accepter une amende, comprise ici entre 300 et 400 euros, pour éviter un procès pénal.

« Ces mesures s’appuient sur l’article 79 - 4 de la loi de 1986 », précise la LFP. Le texte en question prévoit une amende pouvant atteindre 7 500 euros pour les usagers d’un dispositif « conçu, en tout ou partie, pour capter frauduleusement des programmes télédiffusés, lorsque ces programmes sont réservés à un public déterminé qui y accède moyennant une rémunération versée à l’exploitant du service ».

La LFP réaffirme sa détermination à utiliser tous les moyens légaux à sa disposition :

« La lutte contre le piratage constitue une priorité absolue pour le groupe LFP. De nombreuses actions pénales ciblant les revendeurs d’abonnements IPTV sont ainsi engagées, et leurs clients peuvent, à ce titre, être entendus et poursuivis. »

Elle profite de l’occasion pour rappeler sa demande, récurrente, de moyens d’action accrus, « en créant de nouvelles incriminations pénales spécifiques dans le Code du sport, et d’autre part, en mettant en place un dispositif de blocage automatisé en temps réel ».

Un business toujours plus lucratif ?

Les acteurs de la télévision payante et tout particulièrement les diffuseurs sportifs sont pour l’instant tenus d’obtenir des ordonnances de blocage, qui supposent un examen par le tribunal judiciaire, et les contraignent à multiplier les procédures pour, par exemple, obtenir que les fournisseurs de VPN soient, eux aussi, astreints à bloquer les sites litigieux.

À l’appui de leurs arguments, les diffuseurs rappellent régulièrement que le marché de l’IPTV représente une surface importante, et mobilise de véritables réseaux organisés. En 2024, une enquête de la police italienne et d’Europol a amené de l’eau à leur moulin en révélant les contours d’un trafic qui représentait 22 millions de clients et quelque 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel.

Plus récemment, DAZN s’est offert les services de quelques experts-conseils pour tenter de chiffrer le manque à gagner lié au piratage des chaînes payantes. Selon le rapport réalisé pour la chaîne britannique, relayé en novembre dernier par l’Équipe, plus de 8 millions de boîtiers IPTV étaient en circulation en France. Associés à un abonnement estimé à 50 euros par an, ils généreraient dans leur ensemble un volume d’affaires de l’ordre de 400 millions d’euros pour les réseaux commercialisant ces services.

Le contexte est particulièrement crucial pour la LFP puisque cette dernière a lancé, en juillet dernier, sa propre plateforme de diffusion payante dédiée au championnat français, Ligue1+.

☕️ Meta ferme la version VR de son jeu vidéo social Horizon Worlds

18 mars 2026 à 15:39


Officiellement, Meta n’a pas renoncé à ses projets en matière de réalité virtuelle et à sa quête du fameux métavers. En pratique, l’entreprise a tout de même déjà donné un sérieux tour de vis à ses projets en la matière, et elle enfonce encore le clou en annonçant l’arrêt de l’application Horizon Worlds sur les casques de réalité virtuelle Meta Quest.

Dans une note d’information, elle signale ainsi que l’application Horizon Worlds and Events ne sera plus disponible dans le magasin d’applications des casques Quest à compter du 31 mars prochain. La version VR de l’application restera disponible (bien qu’amputée d’une partie de ses mondes virtuels) jusqu’au 15 juin 2026, avant de disparaître à son tour.

Meta assure cependant que cet arrêt de la version VR ne signe pas la fin définitive de Horizon Worlds, son application mi-jeu vidéo, mi-réseau social, dans laquelle on peut créer son avatar et partir à la rencontre d’autres internautes dans des environnements thématisés. « Après le 15 juin, vous pourrez accéder à tous vos mondes optimisés pour mobile préférés sur l’application mobile Meta Horizon », indique l’entreprise.

Que les fans d’Horizon Worlds se rassurent : le jeu à dimension sociale reste disponible sur mobile – capture d’écran Next

Présenté à son lancement comme la quintessence des interactions sociales en réalité virtuelle, Horizon Worlds avait été décliné en une version professionnelle, fermée le 16 février dernier, et en cette mouture grand public, qui prendra donc bientôt la forme d’une « expérience exclusivement mobile ».

Meta assure que cet abandon ne préjuge en rien de son investissement dans les casques de réalité virtuelle, dont l’environnement logiciel a effectivement reçu des mises à jour récentes. Fin 2025, l’entreprise avait cependant admis qu’elle allait déplacer le focus de ses projets liés au métavers des casques VR vers des appareils plus ouverts, comme les lunettes connectées qu’elle développe avec EssilorLuxottica.

Début 2026, Meta avait annoncé la fermeture de trois studios de jeux vidéo en VR – Armature (qui a adapté Resident Evil 4 en VR), Sanzaru et Twisted Pixel – dans le cadre d’un plan de réduction d’effectifs visant 1 500 personnes au sein de son département Reality Labs, dédié spécifiquement aux projets VR.

Meta prépare par ailleurs un plan de restructuration de nettement plus grande ampleur, qui pourrait concerner jusqu’à 20 000 employés, dans le cadre d’une réorientation de ses investissements vers les infrastructures et matériels dédiés à l’IA.

Pokémon Go signe un partenariat avec la société de livraison robotisée Coco Robotics

18 mars 2026 à 15:13
Share your localization with Coco's robots
Pokémon Go signe un partenariat avec la société de livraison robotisée Coco Robotics

Le partenariat de l’ex-éditeur de Pokémon Go avec Coco Robotics agite les discussions en ligne. Étant donné la spécialisation croissante de Niantic dans la construction de modèles de géolocalisation, il illustre pourtant un débouché classique de systèmes d’automatisation vers la robotique.

Oui, les données des joueurs de Pokémon Go servent à entraîner des systèmes d’IA. La nouvelle a fait bruisser les discussions numériques, ces derniers jours, alors que Niantic, l’éditeur du jeu vidéo ultra-populaire de l’été 2016 Pokémon Go, annonçait un partenariat avec Coco Robotics.

En cause : une partie du public semblait y découvrir que les multiples données de géolocalisation collectée par l’entreprise au gré des sessions de chasse aux Pokémon en réalité virtuelle servaient des finalités plus concrètes. Mais l’annonce n’est que la traduction de deux tendances : l’évolution du modèle initial de Niantic Labs, et la pratique plus globale de recherche de nouveaux débouchés économiques aux collecte de données orchestrées par les sociétés numériques.

D’éditeur de jeu vidéo à éditeur de modèle géospatial

Initialement lancée au sein de Google, en 2010 par John Hanke, Niantic Labs est en effet une société qui a pris son indépendance en 2015. Depuis, son business model a évolué, pour s’appuyer au fil du temps sur deux pieds : les revenus tirés des jeux eux-même (achats au sein des applications, événements liés à des succès comme Pokémon Go, ou encore publicité) et ceux obtenus par sa filiale Niantic Spatial, dédiée à faire évoluer les technologies de réalité augmentée et d’IA.

Depuis plusieurs années, cette dernière s’emploie en particulier à construire des modèles géospatiaux dont l’efficacité est précisément permise… par la somme de données récoltées grâce aux différents jeux en réalité augmentée de Niantic Labs. En 2024, l’entreprise dévoilait notamment son Large Geospatial Model (LGM), un système qui vient alimenter le Visual Position System (VPS) construit par l’entreprise, et à la base des jeux Pokémon Go, Ingress et Peridot. 



Le but de ces différents outils : permettre aux terminaux des utilisateurs de comprendre où ils se situent dans le monde réel. L’entraînement du LGM, expliquait alors l’entreprise, avait été permis par les « milliards d’images du monde, toutes reliées à des endroits précis du globe » que lui avaient partagées les joueurs de Pokémon Go.

À l’époque, Niantic avait d’ailleurs déployé une nouvelle fonctionnalité, Pokémon Playgrounds, dans laquelle joueuses et joueurs pouvaient placer leur Pokémon dans des lieux donnés, afin que d’autres internautes puissent les voir et jouer avec. L’entreprise se targuait de recevoir en moyenne 1 million de nouveaux points de localisation par semaine, et en détenir déjà 10 millions.

La robotique, débouché industriel à part entière

Depuis Niantic a encore évolué : en mars 2025, l’entreprise vendait sa branche jeux vidéos à Scopely, pour faire de Niantic Spatial une société à par entière. Concrètement, John Hanke indiquait prendre la tête de Niantic Spatial, qui se lançait de manière indépendante grâce à 200 millions de dollars des revenus de Niantic et 50 millions de dollars d’investissements de Scopely. Le projet : faire prendre leur essor aux outils de vision et géolocalisation spatiale auxquels travaillait déjà l’entreprise.

Dans ces conditions, et sachant que l’essentiel des sociétés qui ont fait de la collecte de données un pan de leur modèle d’affaire ont ensuite mobilisé ces données pour construire divers systèmes technologiques, Niantic Spatial a assez logiquement cherché des débouchés pour son VPS et son modèle géospatial.

Ce 10 mars, la société indiquait la mise en place d’un partenariat stratégique avec la société Coco Robotics, qui construit des robots dédiés à la livraison automatisée. Une telle alliance s’explique techniquement : les systèmes de visualisation dans l’espace réel développé par Niantic Spatial pourraient servir d’« yeux » aux robots de Coco. « La navigation dans les rues chaotiques des villes est un des défis d’ingénierie les plus complexes » déclare John Danke dans leur communiqué commun, et c’est à ce défi que les deux sociétés prévoient de s’atteler ensemble.

En l’espèce, leur alliance n’est qu’un symptôme d’une recherche plus large de débouchés des technologies d’IA dans le monde hors ligne. En France, ces dernières semaines, le cofondateur d’AMI Labs Yann LeCun ne s’est ainsi pas caché de chercher des débouchés à ses futurs modèles dans « l’automatisation, les dispositifs portables, la robotique », entre autres exemples.

Bien sûr, cela signifie que Niantic tire profit des activités ludiques et bénévoles des joueurs de Pokémon Go au cours de la décennie passée. Mais est-ce une spécificité, quand on sait que l’essentiel des réseaux sociaux font de même, voire que les tests CAPTCHA que les internautes remplissent pour entrer sur des sites web permettent d’entraîner des modèles d’IA ?

☕️ Apple publie sa première mise à jour de sécurité en arrière-plan avec iOS 26.3.1(a)

18 mars 2026 à 13:50


Apple a débuté dans la nuit de mardi à mercredi le déploiement d’une mise à jour de sécurité d’un genre un peu particulier pour ses environnements iOS, iPad OS et macOS. Estampillée 26.3.1(a) sur les environnements mobiles – macOS dispose aussi pour sa part d’une version 26.3.2 (a), elle est présentée comme une « amélioration de la sécurité en arrière-plan », un canal de distribution présenté comme un intermédiaire avant la véritable mise à jour qui entraine un incrément dans la numérotation des versions.

« Les améliorations de la sécurité en arrière-plan offrent une protection supplémentaire à votre iPhone entre les mises à jour logicielles », explique sobrement Apple. À la différence des mises à jour standard, ces améliorations de la sécurité offrent toutefois une possibilité de désinstallation. « Dans de rares cas de problèmes de compatibilité, ces améliorations de sécurité peuvent être temporairement supprimées, puis installées lors d’une prochaine mise à jour logicielle. »

L’installation requiert un redémarrage mais sans le processus de mise à jour complet d’un changement de version – capture d’écran Next

Le correctif daté du 17 mars intervient pour combler une vulnérabilité au niveau de la politique Same Origin Policy du moteur de rendu WebKit. Implémentée dans tous les navigateurs courants, elle contrôle la façon dont les scripts d’une page Web donnée peuvent faire appel à des éléments émanant d’une source externe. Apple indique avoir implémenté à ce niveau une meilleure validation des entrées au niveau de l’API dédiée.

Un réglage (activé par défaut) permet à l’utilisateur de décider quel comportement doit adopter son appareil en cas d’amélioration disponible. Sur iOS, il est accessible via Réglages, Confidentialité et sécurité, puis Améliorations de la sécurité en arrière-plan.

Ces améliorations de sécurité disposent d’un menu dédié dans les réglages, via le sous-menu Confidentialité et sécurité – capture d’écran Next

IA : Meta investit dans l’infrastructure, mais pourrait licencier 20 % de ses équipes

18 mars 2026 à 11:04
Investissements non humains
IA : Meta investit dans l’infrastructure, mais pourrait licencier 20 % de ses équipes

Alors que l’entreprise multiplie les projets dédiés à étendre ses capacités de hardware et d’infrastructure dédié à l’intelligence artificielle, elle pourrait licencier jusqu’à 20 % de ses effectifs actuels.

Meta s’apprêterait à licencier 20 % de ses équipes, selon les informations de Reuters, une réduction d’effectif qui représenterait donc environ 16 000 emplois sur les 79 000 que la société compte actuellement.

S’il n’a pas encore été confirmé, ce projet se ferait dans un contexte de poursuite des investissements de l’entreprise dans l’intelligence artificielle. Ce 17 mars, la société néerlandaise Nebius indiquait par exemple avoir signé un contrat de 27 milliards de dollars avec Meta pour lui fournir diverses capacités d’infrastructure (data center, serveurs, GPU) sur les cinq prochaines années. Mi-mars, le géant des réseaux sociaux annonçait par ailleurs le développement de quatre nouvelles puces MTIA (Meta Training and Inference Accelerator), qu’elle produit depuis 2023, sur les deux prochaines années.

Investissements accélérés dans l’IA

Ces différents éléments s’intègrent dans une redirection plus large de la société vers l’intelligence artificielle générative. À l’été 2025, Mark Zuckerberg annonçait ainsi son projet d’investir des « centaines de milliards de dollars » dans l’industrie, que ce soit du côté du développement ou de la sous-traitance de centres de données spécialisés dans l’équipement dédié à faire tourner de grands modèles de langage, ou dans le recrutement de personnalités de l’IA.

À l’époque, les packages au montant faramineux proposés à des ingénieurs d’Apple, Google ou Open AI avaient défrayé la chronique : pour tenter de rattraper ses concurrents, Mark Zuckerberg avait en effet proposé jusqu’à un milliard de dollars sur plusieurs années à certains spécialistes. Début septembre, cela n’avait pas empêché certaines embauches récentes (ou plus anciennes) de repartir aussi rapidement, quelquefois pour aller directement chez la concurrence – l’ancienne directrice de produits d’IA générative Chay Nayak a rejoint OpenAI –, quelquefois pour créer leurs propres entreprises – ainsi de l’ancien directeur du laboratoire Facebook Artificial Intelligence Research (FAIR) Yann LeCun, rentré en France pour cofonder la start-up AMI.

Licenciements dans la tech

Mais maintenir ce rythme implique de larges dépenses. En novembre, l’entreprise prévoyait d’investir 600 milliards de dollars dans des infrastructures et des emplois sur les trois prochaines années, sachant que la société avait déjà dépensé 135 milliards de dollars dans le domaine sur la seule année 2025.

Auprès de Business Insider, des cadres de Meta n’en avancent pas moins que le projet de licenciements de la société pourrait débuter dès ce mois de mars. S’il se confirme, ce serait le plus gros réalisé depuis la pandémie. En novembre 2022, la société avait licencié 11 000 employés, avant de se séparer de 10 000 personnes supplémentaires en mars 2023. Début janvier 2026, elle remerciait par ailleurs 1 500 personnes de son Reality Labs, actant son détournement du métavers, pourtant ardemment promu par Mark Zuckerberg pendant la pandémie.

Outre le contexte spécifique à l’entreprise, il s’inscrirait dans une tendance plus large de licenciements dans l’industrie numérique : l’éditeur de logiciel Atlassian a par exemple indiqué se séparer de 10 % de ses effectifs il y a quelques jours, suivi notamment par Block, la société dirigé par le fondateur de Twitter Jack Dorsey. Cette dernière a annoncé fin février se séparer d’un coup de 40 % de ses 10 000 employés.

Starlink passe à trois forfaits et réduit le débit à 200 Mb/s sur le résidentiel standard

18 mars 2026 à 10:01
Payer (un peu) moins pour avoir (beaucoup) moins
Starlink passe à trois forfaits et réduit le débit à 200 Mb/s sur le résidentiel standard

Starlink a discrètement aligné les offres d’accès à Internet commercialisées en France sur les tarifs déjà pratiqués ailleurs en Europe. L’opérateur satellite d’Elon Musk passe de deux à trois forfaits. La formule résidentielle courante voit ses débits plafonnés à 200 Mb/s pour 39 euros par mois, tandis qu’une nouvelle offre Max, incluant une réduction pour la souscription d’un accès en itinérance, fait son apparition.

Starlink a commencé à avertir ses abonnés français d’une évolution à venir de son offre d’accès à Internet résidentielle. Le message, transmis par email en début de semaine, reflète une évolution discrète de la gamme de forfaits grand public.

Pour les nouveaux clients, elle s’articule désormais autour de trois offres qui proposent toutes un trafic théoriquement illimité en volume. La segmentation se fait sur la bande passante allouée, avec des débits plafonnés, en montant comme en descendant.

Trois forfaits à 100 Mb/s, 200 Mb/s et « débit maximal »

La nouvelle offre dédiée aux particuliers qui souhaitent équiper leur résidence (principale ou secondaire) s’articule autour de trois forfaits facturés respectivement 29, 39 et 59 euros par mois. Le nom des deux premiers forfaits reflète le débit descendant maximal prévu par Starlink : 100 Mb/s pour le premier et 200 Mb/s pour le deuxième.

Notons que ces débits ne sont pas garantis contractuellement : ils constituent le maximum proposé par Starlink, qui apporte la précision suivante :

« Les débits sont calculés globalement et représentent le 99ᵉ percentile des données réelles des utilisateurs. Les débits habituels se situent entre le 20ᵉ et le 80ᵉ percentile. Les débits réels peuvent varier en fonction de votre emplacement. »

Les débits montants sont eux aussi plafonnés : Starlink évoque ainsi entre 15 et 35 Mb/s pour ses deux premiers forfaits. Dans les deux cas, l’opérateur promet qu’il n’y a aucun frais d’équipement initial : le modem (Mini X dans l’offre à 29 euros ou antenne standard dans le forfait à 39 euros) est fourni sans frais de location, mais à restituer en fin d’abonnement. Comptez tout de même 19 euros de frais de mise en service pour la réception du matériel.

Résumé des offres grand public de Starlink en France – capture d’écran

Une offre Résidentiel Max jusqu’à 400 Mb/s avec Starlink Mini

La filiale Internet de SpaceX ajoute une troisième offre à sa gamme, le forfait Résidentiel Max, qui promet quant à lui en façade des « débits allant jusqu’à plus de 400 Mbit/s » et l’accès à un « routeur de 3ᵉ génération et maillage gratuits pour profiter d’une portée étendue ». Le maillage prend la forme d’un routeur Mini à réclamer gratuitement après souscription (valeur affichée : 46 euros).

En pratique, Starlink relativise sa promesse, en précisant plus loin que les débits constatés sont « généralement entre 170 et 320 Mb/s » avec 20 à 40 Mb/s dans le sens montant. L’offre dispose cependant de la « priorité résidentielle la plus élevée », ce qui signifie que les abonnés Max devraient être priorisés en cas de congestion sur la partie grand public du réseau Starlink dans leur zone géographique.

Starlink ajoute à cette offre Max, facturée 59 euros par mois, la possibilité de demander gratuitement un kit dédié à l’itinérance (valeur affichée : 199 euros), avec la promesse d’une réduction de 50 % sur les forfaits adaptés aux usages en situation de mobilité. Les deux offres concernées sont affichées à respectivement 40 euros par mois, pour 100 Go de données, et 89 euros par mois pour un usage théoriquement illimité, autorisé en mouvement et dans « plus de 150 pays et territoires ».

Une régression pour les anciens abonnés Résidentiel

Starlink disposait précédemment d’une offre binaire sur le marché grand public, avec un forfait Résidentiel Lite à 29 euros par mois, illimité et dans la pratique non plafonné en matière de débits, mais considéré comme moins prioritaire que le forfait Résidentiel standard, à 40 euros par mois.

Starlink a informé par email ses clients français d’une évolution de tarifs – capture d’écran Next

Les souscripteurs de ce forfait Résidentiel se voient proposer aujourd’hui une bascule vers l’offre 200 Mb/s, qui leur permet d’économiser 1 euro par mois, mais introduit un plafond au niveau des débits descendants, ainsi qu’un niveau de priorité inférieur à celui de la nouvelle offre Max.

Le mouvement risque de se révéler décevant pour les abonnés concernés. Il était cependant prévisible : Starlink a déjà adopté cette segmentation en trois forfaits aux États-Unis, en Allemagne, en Australie, au Canada, en Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni.

Starlink, qui revendiquait en décembre dernier 9 millions d’abonnés dans le monde, ne précise pas le nombre de ses clients, particuliers ou professionnels, dans l’Hexagone.

Drone Guardian : Orange Business propose de la lutte anti-drones « as a Service »

18 mars 2026 à 09:30
Orange is the new DaaS
Drone Guardian : Orange Business propose de la lutte anti-drones « as a Service »

Alors que les drones sont massivement utilisés dans la guerre en Ukraine, les incursions de drones sont aussi de plus en plus nombreuses en Europe, y compris en France sur des bases militaires sensibles. Orange propose sa solution maison de détection – Drone Guardian – aussi bien pour les institutions que les entreprises privées, en France comme en Europe.

Hier, Orange a donné le coup d’envoi de son Business Summit 2026, une édition « tournée sur l’univers des possibles, notamment l’Intelligence Artificielle agentique », objet de plusieurs annonces. Mais l’opérateur surprend sur un tout autre registre : la défense avec Drone Guardian, la « première offre de lutte anti-drones « as a Service » en Europe ».

« Détecter, identifier et classer » les intrusions de drones

Ce projet est lancé par la direction Défense et Sécurité d’Orange Business, lancée il y a moins d’un an. Pour Orange, c’est une réponse au fait que « le nombre de drones civils ne cesse de croître et que leurs usages malveillants se multiplient ».

Drone Guardian a pour but de « détecter, identifier et classer les drones intrusifs dans l’espace aérien basse altitude, partout en France, avec une capacité d’extension en Europe ». Orange s’adresse aux opérateurs d’importance vitale (aka OIV, dont Orange fait partie, même si la liste précise est confidentielle), aux opérateurs de services essentiels (OSE), aux organisateurs de grands événements et aux institutions publiques.

19 700 sites à disposition pour installer des capteurs

Pour la détection, Orange utilise son réseau de 19 700 sites de sa TowerCo TOTEM (détenue à 100 % par Orange) lancé en 2021.

Les points hauts (les tours passives sur lesquelles sont installées les antennes) sont transformés en « supports stratégiques pour les capteurs de détection ». « Cette capillarité territoriale permet d’étendre la portée de la surveillance et d’améliorer la qualité de la détection, sans que chaque client ait à déployer et à maintenir ses propres infrastructures », explique Orange. L’entreprise rentabilise ainsi un peu plus ses investissements dans les antennes.

Ces capteurs seront combinés à un logiciel de Command & Control (C2) pour former la technologie de détection, « qui permet de repérer, identifier et classifier les drones, y compris dans des environnements urbains et perturbés ». Orange s’appuie aussi sur son réseau national et sa plateforme cloud souveraine certifiée SecNumCloud 3.2.

Bien évidemment, Orange ajoute une couche d’intelligence artificielle et de jumeaux numériques pour « enrichir la modélisation et l’analyse des données issues des capteurs ». Drone Guardian est proposé sous la forme d’un abonnement afin d’avoir « une information de détection en temps réel ». Les tarifs ne sont pas précisés.

À l’AFP, Nassima Auvray, directrice Défense & Sécurité d’Orange Business, affirme que « beaucoup d’acteurs sont intéressés, notamment des grands industriels, des acteurs du secteur public et d’autres qui constatent des survols de drones aux abords de leurs installations ». Elle ajoute que d’autres pays, notamment en Europe de l’Est, « ont exprimé beaucoup d’intérêt ». La proximité avec la Russie et la guerre en Ukraine n’y sont pas étrangers.

Orange utilise aussi la 5G, en complément de ses capteurs

Selon nos confrères, Orange aurait pour le moment équipé trois sites TOTEM avec des capteurs, chacun ayant une capacité de détection entre 6 et 20 km. Mais l’opérateur parle de « détection multi-capteurs », en utilisant les réseaux de téléphonie mobile. Plus précisément, Orange exploite les capacités de « radio sensing », qui permet en quelque sorte d’utiliser la 5G comme un « radar » déployé sur une large partie du territoire.

Dans un article sur l’ISAC (Integrated Sensing and Communication en VO, Intégration de la détection et de la communication en VF), l’enseignant-chercheur Frédéric Launay de l’université de Poitiers explique que cette technologie permet de « percevoir et d’analyser l’environnement à l’aide des signaux radio utilisés pour la communication. Ce concept est apparu dans la R.16 et des faisabilités sont présentées pour la 5G-Advanced ». La fonction ISAC « devrait être déployée dans le cadre de la 6G », ajoute-t-il, mais des opérateurs et équipementiers ont décidés de ne pas attendre.

Ericsson aussi détecte des drones avec la 5G

Fin février, Ericsson affirmait en effet avoir utilisé l’ISAC pour « la détection et la localisation spatiale des objets passifs via les réseaux mobiles, prouvant la capacité de la technologie 5G à détecter son environnement ». Le discours n’est pas sans rappeler celui d’Orange avec l’ISAC en complément « de capteurs locaux pour la sécurité des UAV [unmanned aerial vehicle ou drone, ndlr] et espace aérien ». Un autre usage mis en avant concerne des systèmes autonomes pour… « la livraison par drones dans des contextes commerciaux ».

Selon Frédéric Launay, l’ISAC permettrait de faire bien plus avec « des capacités avancées pour la détection de personnes, d’objets ou de véhicules dans un environnement. Cela pourrait être utilisé dans des applications de surveillance, telles que la détection de comportements suspects, l’analyse de foules, ou encore la gestion du trafic ».

Le sujet arrive chez les opérateurs et les entreprises privées, mais il est loin d’être nouveau dans le monde militaire. Si on remonte en 2024, l’Armée de l’Air et de l’Espace (AAE) était responsable de la lutte anti-drones (LAD) pendant les JOP de Paris, et elle avait mis en place « des systèmes de détection et de brouillage », sans plus de détails techniques. Les dispositifs de lutte anti-drones avaient déjà été utilisés sur plusieurs événements d’ampleur comme le sommet de l’Union européenne, les défilés du 14 Juillet, la visite du pape François et la Coupe du monde de rugby de 2023.

Des survols de drones partout en Europe, y compris en France

Depuis plusieurs mois maintenant, les incursions de drones dans l’espace aérien de différents pays européens se multiplient. Pendant l’été 2025, pléthore de pays avaient signalé des survols : France, Lettonie, Lituanie, Danemark, Norvège, Roumanie, Pologne, Estonie et Allemagne.

En décembre 2025, une enquête était ouverte en France suite au survol par des drones de la base sous-marine de l’île Longue. Haut lieu stratégique puisque c’est la « maison » des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de la force de dissuasion nucléaire française. C’était depuis l’île Longue que début mars Emmanuel Macron avait annoncé l’augmentation du nombre de têtes nucléaires et le nom du prochain SNLE : L’Invincible.

Orange, comme bien d’autres (nous aurons l’occasion d’y revenir dans une actualité dédiée), continue d’avancer sur le terrain de la confiance en l’IA avec Live Intelligence : « les clients peuvent développer, déployer et gérer en toute sécurité ces agents au sein d’une infrastructure de confiance, en bénéficiant de capacités avancées de gouvernance et d’observabilité pour automatiser des tâches et analyser leurs données ».

☕️ Mozilla ajoute un VPN à Firefox 149, avec 50 Go de data par mois

18 mars 2026 à 07:18


Il y a trois semaines, Mozilla mettait en ligne la première bêta de Firefox 149, avec la Split View pour les onglets. La fondation annonce aujourd’hui d’autres nouveautés, dont un VPN intégré gratuit.

Mozilla en profite pour tacler ses petits camarades : « Les VPN gratuits peuvent parfois venir avec des arrangements douteux qui finissent par compromettre votre vie privée ». Mozilla rappelle ses engagements en la matière.

« Les utilisateurs disposeront de 50 Go par mois aux États-Unis, en France, en Allemagne et au Royaume-Uni pour commencer ». Mozilla propose aussi un service de VPN payant à part, à partir de 59,88 euros par an. Pour rappel, nous avons récemment publié un tuto sur comment utiliser un VPS comme serveur VPN maison.

La version finale de Firefox 149 est attendue pour le 24 mars. Dans les versions Nightly de Firefox à venir en avril, la section Paramètres sera « améliorée avec une navigation claire et une recherche, ce qui rend la personnalisation de Firefox plus simple ».

Signalons aussi l’ouverture d’une liste d’attente pour Smart Windows (ex « Fenêtre IA ») qui avait valu à Mozilla une volée de bois vert en novembre dernier, lors de l’annonce. Mozilla avait du coup ajouté un kill switch IA dans Firefox 148.

Les fédérations françaises de rugby et de karaté signalent un vol de données

18 mars 2026 à 07:01
Fédérations françaises de la lose
Les fédérations françaises de rugby et de karaté signalent un vol de données

Les fédérations françaises de karaté et de rugby ont tour à tour annoncé avoir été victimes d’une attaque informatique ayant pu conduire à l’exposition des informations personnelles de certains de leurs adhérents. Les deux structures assurent avoir musclé leurs défenses.

L’hémorragie de données personnelles dans le monde du sport se poursuit avec deux nouvelles victimes identifiées. La Fédération française de karaté et disciplines associées (FFKDA) et la Fédération française de rugby (FFR) ont en effet toutes deux annoncé avoir été victimes d’un incident cyber à quelques jours d’intervalle.

Une base de données affectée au sein de la FFKDA

La fédération de karaté a communiqué via son site web le 11 mars dernier. « Nous avons identifié un accès non autorisé à l’un de nos systèmes informatiques, susceptible d’avoir entraîné l’extraction de certaines données personnelles », écrit-elle. Les données concernées comprennent « nom, prénom, coordonnées (adresse e-mail, adresse postale), numéro de licence et certaines informations administratives associées ». Mots de passe et données bancaires seraient en revanche épargnés.

« Nous regrettons sincèrement cet incident et comprenons les inquiétudes qu’il pourrait susciter. Les mesures correctives nécessaires ont d’ores et déjà été mises en place afin de renforcer nos dispositifs de sécurité et de prévenir toute situation similaire à l’avenir », ajoute la fédération.

Alors qu’un prestataire (Exalto via sa solution e-licence) est revenu à de nombreuses reprises dans les nombreux incidents cyber survenus au niveau des fédérations sportives, on peut noter que la FFKDA revendique l’utilisation d’un progiciel de gestion développé par ses soins, baptisé Sikada, et doublé d’une application mobile, « FFKarate e-licence », réalisée par une agence tierce.

Ingénierie sociale à la FFR

La Fédération française de rugby a quant à elle signalé l’incident mardi 17 mars, en précisant d’emblée qu’il ne s’agissait pas d’une intrusion directe dans ses systèmes, mais plutôt d’accès non autorisés permis par une campagne d’ingénierie sociale ciblant certains de ses adhérents ou administrateurs.

« Les investigations techniques menées à ce stade indiquent que l’incident de sécurité s’est produit à la suite d’une campagne de phishing (ou d’usurpation d’identité numérique) sur nos populations licenciées », affirme ainsi la FFR, vraisemblablement alertée par la publication, sur Breach Forums, d’une annonce relative à la vente des données personnelles de ses licenciés.

L’annonce en question évoque une fuite de grande ampleur, qui couvrirait les infos personnelles de 530 000 licenciés mais comprendrait aussi un lot important de photos, des copies de documents d’identité et des déclarations d’accidents.

La FFR ne commente pas la nature ou le volume des données exposées. Elle affirme en revanche qu’elle communiquera plus directement auprès de ses licenciés, et promet que l’intrusion a été circonscrite.

« Sa portée a ainsi été maitrisée, à travers une série d’actions rapides, incluant notamment la suspension temporaire de certains services, le renforcement des contrôles d’accès, la réinitialisation des mots de passe et le déploiement de dispositifs de sécurité complémentaires », écrit la Fédération, qui a temporairement placé hors ligne sa plateforme Oval-e, qui centralise l’ensemble des interactions avec les clubs et les licenciés dont, par exemple, les déclarations d’accident, les feuilles de match dématérialisées, la désignation des arbitres, etc.

Après la vague de vols de données de début 2025, plusieurs fédérations ont été victimes d’incidents début 2026, tout comme l’Union nationale du sport scolaire (UNSS).

Reçu — 17 mars 2026 Next - Articles gratuits

GeForce RTX : avec DLSS 5 et son rendu photoréaliste, l’IA de NVIDIA va-t-elle trop loin ?

17 mars 2026 à 14:31
(Re)jet avec Force
GeForce RTX : avec DLSS 5 et son rendu photoréaliste, l’IA de NVIDIA va-t-elle trop loin ?

Sur la partie matériel, les annonces de NVIDIA se concentrent exclusivement sur les datacenters et l’IA, avec Vera Rubin en ligne de mire. Pour le grand public et les amateurs de jeux vidéo, pas de nouvelles GeForce RTX, mais des « améliorations » logicielles. Des nouveautés pour DLSS 4.5 arrivent, tandis que DLSS 5 est annoncé… et reçoit un accueil plus que mitigé, accusé par certains d’AI Slop.

En janvier, lors du CES de Las Vegas, NVIDIA présentait la version 4.5 de son DLSS, le Deep Learning Super Sampling, avec la fonction Super Resolution dotée d’un « modèle transformer de deuxième génération », fonctionnant sur toutes les GeForce RTX à partir de la série 20.

DLSS 4.5 avec Dynamic Multi Frame Generation et mode 6x le 31 mars

« Il utilise cinq fois la puissance de calcul du modèle transformer original et a été entraîné sur un ensemble de données haute fidélité considérablement élargi », affirme l’entreprise. Autre annonce à l’époque, l’arrivée au printemps du Dynamic Multi Frame Generation. On connait désormais la date précise : le 31 mars, « dans le cadre de la prochaine bêta opt-in de l’application NVIDIA ».

Cette fonction, explique NVIDIA, ajoute un nouveau mode 6x (cinq images générées par IA pour une image réellement calculée par le GPU) au Multi Frame Generation (MFG) ainsi que le « Dynamic Multi Frame Generation, permettant aux jeux et à l’application NVIDIA d’ajuster le multiplicateur de frames en temps réel pour atteindre la fréquence d’images cible du joueur ou correspondre au taux de rafraîchissement de son écran ».

Ni trop de frames générées par IA (elles seraient inutiles), ni trop peu grâce à un nouveau coefficient 6x. Vous avez un écran à 240 Hz ? DLSS 4.5 avec le mode 6x permet de monter à 240 fps avec seulement 40 fps en sortie de carte graphique.

Actuellement, le mode dynamique ne fonctionne qu’avec un coefficient multiplicateur entier (de x2 à x6), il n’y a pas de multiplicateur avec un nombre à virgule afin de s’approcher au mieux de la fréquence cible de l’écran. Le Dynamic Multi Frame Generation et le mode 6x sont réservés aux GeForce RTX de la série 50.

D’autres annonces avaient été faites lors de la GDC il y a quelques jours, notamment que, « à partir du 19 mars, GeForce Now supportera jusqu’à 90 FPS sur les casques de réalité virtuelle, dont l’Apple Vision Pro et le Meta Quest, contre 60 FPS auparavant ».

DLSS 5 veut « transformer la fidélité visuelle dans les jeux »

En cette période de GTC orientée IA, NVIDIA annonce la suite avec le DLSS 5, mais il faudra être patient puisque l’arrivée n’est prévue qu’à l’automne 2026. NVIDIA n’y va pas avec le dos de la cuillère : « DLSS évolue au-delà de la performance pour transformer la fidélité visuelle dans les jeux ».

Si les modèles d’IA sont capables depuis un moment maintenant de réaliser des images (et donc des vidéos) photoréalistes, ils ont plusieurs problèmes si on veut les utiliser dans des jeux. Ils sont notamment « difficiles à contrôler avec précision et manquent souvent de prévisibilité ». De plus, chaque nouveau prompt change la donne.

« Pour les jeux, les pixels doivent être déterministes, livrés en temps réel et solidement ancrés dans l’univers 3D et l’intention artistique du développeur du jeu ». C’est là qu’entre en piste DLSS 5, affirme NVIDIA, qui « utilise un modèle d’IA pour infuser la scène d’un éclairage photoréaliste et de matériaux ancrés pour fournir du contenu en 3D, et cohérent d’une image à l’autre ». DLSS 5 prendra en charge les résolutions jusqu’à la 4K maximum.

NVIDIA insiste sur son modèle d’IA qui a été entraîné « pour comprendre la sémantique complexe de scènes », aussi bien les personnages, leurs cheveux et leur peau que les conditions d’éclairage ; et « le tout en examinant une seule image ».

Du côté des développeurs, DLSS 5 propose des contrôles pour ajuster l’intensité, l’étalonnage des couleurs, etc. « L’intégration est fluide, utilisant le même framework NVIDIA Streamline que les technologies existantes DLSS et NVIDIA Reflex », affirme NVIDIA. Une longue liste de partenaires est déjà citée : Bethesda, Capcom, NetEase, NCSOFT, Tencent, Ubisoft, Warner Bros. Games…

NVIDIA propose plusieurs vidéos de DLSS, avec (forcément) des résultats « bluffants » (ou inquiétants, cela dépend des points de vues comme nous allons le voir). Il faudra maintenant attendre les tests indépendants pour transformer (ou pas) l’essai. Des « avants / après » sur des images de jeu sont aussi disponibles par ici.

Tollé face au DLSS 5, l’IA va-t-elle trop loin ?

La présentation par NVIDIA a rapidement été émaillée de commentaires acerbes de certains, comme s’en font l’écho plusieurs de nos confrères, notamment Les Numériques. Sur les réseaux sociaux, les mèmes n’en finissent pas de pleuvoir. Quelques exemples sur Bluesky et sur X. Certains parlent même d’AI Slop pour les rendus de DLSS 5.

Voici quelques exemple avant/après, avec une modification assez profonde des visages pour comprendre de quoi on parle (ce sont des images officielles de NVIDIA) :

DLSS 5
DLSS 5

Face au tollé, NVIDIA est sortie du bois avec un commentaire (rappelant les annonces de son communiqué) sous la vidéo de présentation de DLSS 5 :

« Il est important de noter que, grâce à cette avancée technologique, les développeurs des jeux disposent d’un contrôle artistique complet et précis sur les effets DLSS 5, leur permettant ainsi de préserver l’esthétique unique de leur jeu.

Le kit de développement logiciel (SDK) inclut des fonctionnalités telles que le réglage de l’intensité, l’étalonnage des couleurs et le masquage des zones où l’effet ne doit pas être appliqué.

Il ne s’agit pas d’un filtre : DLSS 5 intègre les vecteurs de couleur et de mouvement de chaque image du jeu dans le modèle, ancrant ainsi le résultat dans le contenu 3D source ».

Bethesda (partenaire officiel de NVIDIA sur DLSS 5) aussi a pris la parole : « Nous apprécions votre enthousiasme et votre analyse du nouvel éclairage DLSS 5. Il s’agit d’un aperçu préliminaire, et nos équipes artistiques continueront d’ajuster l’éclairage et l’effet final afin d’obtenir le rendu optimal pour chaque jeu. Ces modifications resteront entièrement sous le contrôle de nos artistes et les joueurs pourront les activer ou les désactiver ».

Version « adulte » de ChatGPT : des experts internes d’OpenAI unanimement opposés

17 mars 2026 à 13:26
La « règle 34 » est-elle malsaine ?
Version « adulte » de ChatGPT  : des experts internes d’OpenAI unanimement opposés

L’entreprise de Sam Altman est bien embêtée entre la volonté du CEO de lancer une version de son chatbot réservée aux adultes qui pourrait générer des discussions érotiques et l’avis d’un comité d’experts sur le bien-être et l’IA, créé en interne, qui s’est prononcé unanimement contre.

En octobre dernier, Sam Altman annonçait que son entreprise allait rendre ChatGPT bientôt plus amical et ouvert aux conversations érotiques. Mais en janvier, un comité d’experts, que l’entreprise a créé en parallèle pour « éclairer [ses] efforts » concernant le bien-être et l’IA, s’est prononcé clairement contre ce projet.

Sam Altman affirmait vouloir « traiter les utilisateurs adultes comme des adultes » en leur créant un mode particulier une fois que leur âge était vérifié. En janvier dernier, OpenAI annonçait la mise en place de plusieurs barrières pour les mineurs : soit un système interne de « prédiction d’âge » soit une vérification d’âge avec la solution de Persona (selfies ou scan de pièce d’identité). Le système était donc en place pour lâcher la bride sur des sujets sensibles selon l’âge de l’utilisateur.

Mais, même en interne, ce nouveau mode permettant des conversations à caractère sexuel était critiqué. Une des cadres de l’entreprise, Ryan Beiermeister a, par exemple, exprimé publiquement son opposition à cette fonctionnalité. Elle a été ensuite licenciée au motif qu’elle aurait commis une discrimination de genre à l’encontre de l’un de ses collègues masculins. Et l’entreprise continue officiellement d’avancer sur le projet, même si elle a encore reporté son lancement «  afin de pouvoir [se] concentrer sur des tâches qui sont actuellement plus prioritaires pour un plus grand nombre d’utilisateurs ».

Un comité d’experts furieux

Son comité d’experts sur le bien-être et l’IA s’est réuni en janvier après que les responsables de l’entreprise l’eurent informé de l’avancement du projet. Ce comité, créé mi octobre, rassemble des chercheurs comme David Bickham, Tracy Dennis-Tiwary ou Andrew K. Przybylski. Il a été mis en place notamment suite à la plainte contre OpenAI des parents d’Adam Raine, 16 ans, qui s’est suicidé. L’annonce de sa création a été étonnamment faite le jour où Sam Altman a annoncé son intention de mettre en place le mode adulte sur ChatGPT.

Selon le Wall Street Journal, les membres de ce comité étaient furieux et se sont unanimement opposés au projet. Ils ont averti que « l’érotisme généré par IA pouvait favoriser une dépendance affective malsaine pour les utilisateurs vis-à-vis de ChatGPT et que des mineurs pourraient trouver un moyen d’accéder à ces discussions sexuelles », expliquent les sources du journal. L’un des experts se serait appuyé sur plusieurs cas de suicides impliquant des chatbots IA pour affirmer qu’OpenAI prenait le risque de créer un « coach au suicide séduisant ».

Ainsi, en octobre 2024, l’adolescent Sewell Setzer III s’est suicidé alors qu’il avait développé une relation intime et problématique avec les chatbots de Character.AI. Sa mère a récemment conclu un accord avec l’entreprise, qu’elle accusait de ne pas avoir déployé les garde-fous nécessaires.

12 % des mineurs détectés comme des adultes

Si OpenAI a reporté le projet, le Wall Street Journal explique que l’entreprise veut toujours le mettre en place à terme. Mais selon le journal, le système de prédiction d’âge développé par OpenAI classait encore récemment à tort 12 % des mineurs comme des adultes, ce qui permettrait à des millions d’utilisateurs de moins de 18 ans à accéder à ses services censés être réservés aux adultes.

L’entreprise aurait aussi du mal à permettre aux adultes d’utiliser son chatbot pour des conversations érotiques tout en bloquant les contenus pédopornographiques. Son concurrent, xAI, est actuellement sous le coup de plusieurs enquêtes à travers le monde après la génération de deepfakes par son IA Grok visant à dénuder des femmes et des mineurs sur X.

Certaines personnes chez OpenAI ont souligné aussi le risque d’utilisations compulsives, de dépendances émotionnelles par rapport au chatbot, de tomber dans une spirale de recherche de contenus de plus en plus extrêmes, explique le Wall Street Journal.

Une porte-parole d’OpenAI a affirmé au journal que l’entreprise veut générer des discussions avec des « thèmes adultes » en les décrivant plutôt comme « sales » (« smut » en anglais) plus que « pornographiques ». Selon elle, les algorithmes de prédiction d’âge de l’entreprise affichent des résultats similaires à la concurrence mais ne seront jamais infaillibles. L’entreprise affirme qu’elle a mis en place des gardes-fous dans ses modèles pour ne pas encourager les relations exclusives avec les utilisateurs, et leur rappeler qu’ils ont besoin d’entretenir des relations dans la vie réelle.

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