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Plus de 100 pays dotés de logiciels espions, nous évoluons « entre la paix et la guerre »

23 avril 2026 à 15:19
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Plus de 100 pays dotés de logiciels espions, nous évoluons « entre la paix et la guerre »

Après avoir initialement été utilisés pour cibler des dissidents, défenseurs des droits humains et journalistes, les logiciels espions seraient de plus en plus utilisés pour cibler des banquiers et des cadres supérieurs fortunés.

Le National Cyber Security Centre (qui fait partie du GCHQ, le service de renseignement technique britannique) estime qu’une centaine de pays se sont procurés des logiciels espions, a appris POLITICO.

En 2023, le NCSC estimait qu’ils étaient plus de 80, et soulignait que « la prolifération et l’utilisation irresponsable d’outils de piratage commerciaux » constitueront « une menace croissante pour les organisations et les individus à l’échelle mondiale au cours des cinq prochaines années ».

Dans un rapport intitulé « La menace de la cyberprolifération commerciale », le centre prévenait que « les logiciels espions, les pirates informatiques à louer et l’accès à d’autres capacités cybernétiques devraient faire l’objet d’une demande croissante à l’échelle mondiale, ce qui entraînera très certainement une menace accrue pour un large éventail d’industries » :

« Au cours de la dernière décennie, plus de 80 pays ont acheté des logiciels de cyberintrusion, et certains États les ont certainement utilisés de manière irresponsable pour cibler des journalistes, des militants des droits de l’homme, des dissidents et des opposants politiques, ainsi que des représentants de gouvernements étrangers. En outre, le développement du marché des pirates informatiques à louer accroît le risque de ciblage imprévisible ou d’escalade involontaire. »

Les banquiers et cadres fortunés, nouvelles cibles des logiciels espions

Le NCSC souligne aujourd’hui que le champ d’action des logiciels espions se serait depuis « élargi », les banquiers et cadres supérieurs fortunés étant de plus en plus souvent pris pour cibles, relève nos confréres.

À lui seul, NSO, dont le logiciel Pegasus a longtemps été considéré comme le plus puissant du marché, dénombrait de son côté 22 utilisateurs actifs de son logiciel espion dans 12 pays européens, en 2022.

Du fait des scandales rattachés aux cibles identifiées de Pegasus, et du fait que les États-Unis l’avaient placé sur sa liste noire, le ministère israélien de la Défense avait réduit le nombre de pays autorisés à importer ces systèmes de 102 à 37.

Acculée, l’entreprise israélienne a depuis été rachetée par un groupe d’investisseurs dirigé par un producteur hollywoodien, qui en a confié la direction à David Friedman. Ancien avocat d’affaires ayant notamment défendu les intérêts de Donald Trump dans le cadre des faillites de ses casinos d’Atlantic City, il avait été nommé ambassadeur des États-Unis en Israël de 2017 à 2021, sous la première présidence de Donald Trump.

« Le bouleversement géopolitique le plus profond de l’histoire moderne »

Dans son discours d’ouverture de CYBERUK 2026, le principal évènement britannique dédié à la cybersécurité, Richard Horne, CEO du NCSC, se compare à un conducteur de voiture, en plein ouragan, sur un tronçon étroit, demandant à son navigateur comment conduire, sans visibilité au-delà de son capot.

Évoquant la carte du nombre grandissant de « no-fly zones » interdites de survol, du fait des risques d’interférences GPS, et des conflits armés en cours, il estime que « nous vivons actuellement le bouleversement géopolitique le plus profond de l’histoire moderne » :

« Comme l’a déclaré en décembre Blaise Metreweli, le chef du MI6, notre monde est aujourd’hui plus dangereux et plus disputé qu’il ne l’a été depuis des décennies. Nous évoluons dans un espace situé entre la paix et la guerre. »

Quatre « incidents d’importance nationale » par semaine

En octobre, il avait indiqué que le NCSC traitait en moyenne quatre « incidents d’importance nationale » par semaine. Si les chiffres restent relativement stables, il constate cela dit un changement quant à l’origine de ces attaques :   

« Les activités criminelles telles que les ransomwares restent la menace la plus répandue pour la grande majorité des organisations, mais la plupart des incidents d’importance nationale dont mes équipes s’occupent actuellement proviennent, directement ou indirectement, d’États-nations. »

Les services de renseignement et forces armées chinoises « font désormais preuve d’un niveau de sophistication impressionnant dans leurs opérations cybernétiques », précise-t-il. Le NCSC estime que l’Iran recourt « très certainement » à des cyberattaques pour soutenir la répression à l’encontre de citoyens britanniques, considérés comme une menace pour le régime.

La Russie, de son côté, « met à profit les enseignements tirés de ses expériences cybernétiques sur le théâtre des opérations et les applique au-delà du champ de bataille » contre les États qu’elle considère comme hostiles.

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Le boss de Meta se dote d’un clone généré par IA

13 avril 2026 à 11:59
Meta(re)verse engineering
Le boss de Meta se dote d’un clone généré par IA

Le jumeau numérique de Mark Zuckerberg, entraîné à partir d’images du PDG ainsi que de sa voix, est censé permettre à ses employés d’interagir avec lui. Dans un second temps, il devrait aussi permettre aux influenceurs et autres « créateurs » de développer de tels jumeaux numériques 3D photoréalistes. C’est la troisième fois, au moins, que Meta cherche à créer de tels clones/avatars par IA.

Après avoir investi, et perdu, 60 milliards de dollars dans le métavers, quatre sources ont confié au Financial Times que Meta travaille désormais au développement de personnages 3D photoréalistes, alimentés par l’intelligence artificielle, avec lesquels les utilisateurs peuvent interagir en temps réel.

Selon trois de ces personnes, l’entreprise a récemment commencé à donner la priorité à un jumeau numérique de Mark Zuckerberg. Le PDG de Meta serait personnellement impliqué dans l’entraînement et les tests de son IA animée, « qui pourrait permettre d’échanger et de donner des retours aux employés », selon l’une de ces sources.

Cette initiative, qui en est encore à ses débuts, est distincte du projet de Zuckerberg visant à créer un « agent de direction » (« CEO agent ») destiné à l’assister dans ses fonctions de PDG, et dont l’existence avait été révélée le mois dernier par le Wall Street Journal

L’objectif serait de lui permettre d’être plus productif et de recevoir des informations plus rapidement, lui évitant d’avoir à passer par plusieurs personnes au sein de la société pour les obtenir, résumait BFMTech.

Objectif : produire des clones d’influenceurs et autres « créateurs »

Les sources du FT précisent que l’avatar était « programmé pour reproduire les manières, le ton et les déclarations publiques du milliardaire, ainsi que ses récentes réflexions sur les stratégies de l’entreprise, afin que les employés puissent se sentir plus proches du fondateur à travers leurs interactions avec lui ».

Selon quatre personnes, l’entreprise s’est notamment attachée à créer des représentations photoréalistes de personnages virtuels dotés d’intelligence artificielle. Une tâche difficile à développer à grande échelle, du fait de la puissance de calcul considérable nécessaire pour garantir le réalisme et éviter tout décalage dans les interactions avec les utilisateurs.

Meta s’est également attachée à améliorer les interactions vocales avec les personnages. L’an passé, rappelle le FT, elle a d’ailleurs racheté deux entreprises spécialisées dans la technologie vocale, PlayAI et WaveForms.

Une source rapporte que le clone de Zuckerberg sera entraîné à partir d’images du dirigeant ainsi que de sa voix. Si l’expérience est couronnée de succès, les influenceurs et les créateurs pourraient un jour être en mesure de faire de même.

Meta avait déjà tenté, par deux fois, de créer des clones par IA

En septembre 2023, Meta avait déjà lancé un assistant Meta AI ainsi qu’une gamme de chatbots alimentés par l’IA, dotés de personnalités variées inspirées de célébrités telles que Snoop Dogg, qui avait accepté que sa voix et son image soient utilisées dans cette fonctionnalité. Ils ont, depuis, tous été désactivés.

D’après ce qu’en dit la rumeur, ces personnages « IA » avaient été développés après que Mark Zuckerberg eut constaté le succès de la start-up Character AI, spécialisée dans les compagnons virtuels basés sur l’IA, en particulier auprès des jeunes utilisateurs. 

Meta avait ensuite lancé un « AI Studio » permettant à ses utilisateurs de créer leurs propres avatars générés par IA, ou aux créateurs de concevoir une version IA d’eux-mêmes pour discuter avec leurs fans.

Cette initiative avait cela dit suscité la controverse l’an passé après que des utilisateurs ont créé des contenus ouvertement sexuels. Depuis janvier, Meta a restreint l’accès des adolescents à ses personnages générés par IA. 

Une « frénésie de dépenses » visant la « superintelligence personnelle »

Mark Zuckerberg s’impliquerait de plus en plus directement dans la stratégie de Meta en matière d’intelligence artificielle. L’une de ces sources a indiqué qu’il consacrait entre cinq et dix heures par semaine à coder sur différents projets d’IA au sein de l’entreprise et à assister à des revues techniques. 

Au cours de l’année écoulée, Zuckerberg s’est lancé dans ce que le FT qualifie de « frénésie de dépenses » de plusieurs milliards de dollars, promettant de développer une « superintelligence personnelle » et de rattraper son retard sur des concurrents tels qu’OpenAI et Google dans la conception de modèles de pointe.

Lancé la semaine passée, Muse Spark, son nouveau grand modèle de langage (LLM), veut non seulement faire oublier l’échec de Llama, la précédente génération de LLM maison, mais aussi justifier l’investissement maousse costaud dans le labo dédié à la « superintelligence ».

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Rapporté au PIB, le budget du CNRS est à un niveau « historiquement bas » depuis 1980

7 avril 2026 à 14:18
CNRS, est-ce, esse
Rapporté au PIB, le budget du CNRS est à un niveau « historiquement bas » depuis 1980

Alors que son budget initial pour 2026 prévoyait déjà un déficit de 239 millions d’euros, le CNRS annonce en interne devoir procéder à un tour de vis supplémentaire de 20 millions d’euros, dont une partie sera répercutée sur la dotation aux unités de recherche. Certains projets seraient de ce fait menacés.

Un courrier du PDG du CNRS, Antoine Petit, adressé le 24 mars aux directeurs d’unité et qu’a pu consulter l’AFP, évoque un budget initial 2026 déficitaire de 239 millions d’euros « directement lié à des reprises de subventions mises en œuvre depuis 2024 ».

« La baisse des crédits n’a pas pu épargner la dotation des laboratoires », précise le courrier, qui avance que « le montant cumulé de ces charges représente plus de 500 millions d’euros depuis octobre 2024 », souligne Libé.

Une baisse à rapporter aux 2,9 milliards d’euros de dotation annuelle du principal organisme de recherche français. Il emploie 34 000 agents, dont plus de 10 000 chercheurs, soit le plus grand opérateur de l’État après France Travail, selon le rapport de la Cour des comptes de mars 2025, qui le qualifiait d’« opérateur de recherche unique en son genre, dont l’excellence est universellement reconnue et dont les comptes sont sains ».

Contacté par l’AFP, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche évalue quant à lui à « 120 millions d’euros » le montant des charges non compensées « sur la période 2024 - 2026 ».

Une baisse de 5 % du financement du CNRS aux laboratoires

Le CNRS confirme de son côté à l’AFP que « jusqu’à présent le CNRS avait trouvé des marges de manœuvres permettant de ne pas répercuter la contrainte budgétaire sur les moyens financiers alloués aux laboratoires, mais c’est désormais malheureusement impossible ».

Matignon aurait en effet demandé au CNRS de procéder à un tour de vis supplémentaire sur son budget initial, du fait de perspectives budgétaires « particulièrement contraintes ».

« Dans ce contexte, le cabinet du Premier ministre a demandé au CNRS de présenter un budget rectificatif incluant une diminution des prévisions de dépenses de 20 M€ afin de conserver une trésorerie non fléchée de quelques dizaines de millions d’euros en fin d’exercice 2026 », écrit le PDG dans son courrier du 24 mars, reproduit par le syndicat SNCS-FSU.

Antoine Petit souligne qu’il a été fait le choix de « préserver le scénario quinquennal 2023 - 2027 des recrutements annuels par concours (270 chercheurs et 360 ingénieurs et techniciens) prévus dans le cadre de la loi de la programmation de la recherche ».

Dans une précédente déclaration, le syndicat soulignait qu’au total, « 20 millions d’euros d’économies sont imputés au fonctionnement, équipement et investissement : 13,5 millions d’euros sont pris aux laboratoires, soit une baisse de 5 % du financement du CNRS aux laboratoires, et 6,5 millions d’euros sont économisés sur des investissements en immobilier ».

« Le budget rectificatif n°1 inscrit à l’ordre du jour du CA du 13 mars nous est parvenu la veille vers 15 h » s’insurge une déclaration intersyndicale. Elle évoque un comportement « inadmissible » découlant « de choix politiques qui ne font aucun cas du CNRS et de ses personnels et [impactant] l’avenir de notre organisme », et affirme que « nos tutelles veulent imposer une austérité encore plus drastique au CNRS » :

« Le sous-financement chronique de la recherche publique française conduit au déclassement du pays par rapport à ses homologues européens et internationaux. »

« Un niveau historiquement bas depuis 1980 »

Le SNCS-FSU « dénonce avec la plus grande fermeté ce budget dangereusement déficitaire, catastrophique pour le CNRS et la recherche publique en France », à mesure que « ce budget du CNRS porte la masse salariale sur subvention d’État à 91 % de cette subvention, ce qui rend impossible toute mesure d’économie sans atteindre les activités de recherche du CNRS » : « Ce budget 2026 marque un tournant majeur avec une nouvelle étape dramatique dans les reniements des gouvernements successifs de ces vingt dernières années envers la recherche publique. »

Le syndicat avance que l’État « n’a jamais respecté l’engagement européen qu’il avait pris d’investir, dès 2010, 3 % du produit intérieur brut (PIB) pour la recherche et développement (R&D), dont 1 % du PIB pour la recherche publique ».

Il « a été insincère avec la Loi de programmation de la recherche de 2020 (LPR) » qui, plutôt que de rattraper le retard et d’atteindre 1 % du PIB pour la recherche publique, « a ramené son budget à un niveau historiquement bas depuis 1980, à savoir 0,74 % du PIB en 2023 », un pourcentage qui « sera encore plus faible cette année » :

« Alors qu’une accélération de la programmation budgétaire de la LPR est indispensable, c’est le contraire qui est programmé par le gouvernement pour la deuxième année consécutive. Ce budget devrait encore participer à l’érosion de l’emploi scientifique pérenne sur subvention d’État et donc à la chute d’attractivité du CNRS et à l’affaiblissement de notre établissement. »

« À la fin de l’année, il n’y aura plus de réserve »

« Cette année, pour la première fois, une partie des crédits de fonctionnement nous a été donnée avec l’argent des ressources propres, c’est-à-dire la réserve budgétaire », explique à l’AFP Vincent Artero, directeur du Laboratoire de Chimie et Biologie des Métaux : « On comprend qu’il n’y avait pas assez de subventions d’État pour nous donner ce qu’ils nous donnaient d’habitude. On prend sur nos réserves. Mais à la fin de l’année, il n’y aura plus de réserve. »

« Nous avons des remontées très inquiètes en particulier de nos collègues en sciences humaines et sociales », précise à l’AFP Fabrice Kordon, coprésident de l’Assemblée des directeurs de laboratoires.

« C’est l’histoire du fou qui cherche sa clé sous le réverbère »

Au point que quelques directeurs envisagent l’arrêt de certains projets à compter d’octobre. « Les recherches les plus impactées directement sont celles qui vont être les plus dépendantes des équipements », explique à l’AFP Matthieu Refregiers, au nom du Comité des directeurs de laboratoires CNRS d’Orléans.

« C’est l’histoire du fou qui cherche sa clé sous le réverbère. Quelqu’un passe et dit : Vous êtes sûr que vous l’avez perdue là ? Non, je l’ai perdue là-bas. Mais alors pourquoi vous cherchez ici ? Parce qu’ici, il y a de la lumière : ça, c’est la science selon nos politiques, trop sensibles aux effets de mode », ironise Fabrice Kordon.

Une situation qui, résume l’AFP, oblige les laboratoires à se concurrencer pour trouver des financements, les rapprochant du modèle anglo-saxon, et privilégiant les recherches qui sont dans l’actualité.

« Un même chercheur, deux fois plus de résultats, pour un coût perçu constant », résume une note interne consacrée à des travaux exploratoires sur l’optimisation des ressources humaines, qui précise que les implications éthiques seront examinées « dans un second temps, si nécessaire », relève la CFDT Recherche EPST.

Concrètement, les équipes de recherche vont en outre devoir rendre une partie de l’argent déjà versé pour leur année 2026, un revers « inédit », souligne Libé.

Nota bene relatif au sous-titre : l’esse est un crochet de boucherie en forme de S, destiné à suspendre les carcasses.

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☕️ En Italie, une « fausse version » de WhatsApp contenait en fait un logiciel espion

2 avril 2026 à 13:00


WhatsApp explique à TechCrunch avoir informé « environ 200 utilisateurs » d’iPhone, principalement en Italie, qu’ils avaient été manipulés pour installer une « fausse version malveillante » de l’application de messagerie contenant en réalité un logiciel espion :

« Nous les avons déconnectés, les avons avertis des risques pour leur vie privée et leur sécurité liés au téléchargement de faux clients non officiels, et les avons encouragés à le désinstaller et à télécharger l’application officielle WhatsApp. »

TechCrunch illustre son article avec une « capture d’écran de la notification envoyée par WhatsApp aux utilisateurs pour les inviter à télécharger l’application officielle », mais sans expliquer comment WhatsApp aurait réussi, ni à identifier les utilisateurs de la « fausse version malveillante » de l’application, ni à communiquer avec eux via cette dernière.

Capture d’écran de la notification envoyée par WhatsApp – TechCrunch

WhatsApp accuse le fabricant italien de logiciels espions SIO, qui précise sur son site travailler « en partenariat avec les forces de l’ordre, les organismes gouvernementaux, la police et les services de renseignement », d’être derrière cette opération.

L’an passé, TechCrunch avait déjà révélé que SIO était à l’origine d’une série d’applications Android malveillantes contenant son logiciel espion Spyrtacus, notamment de fausses versions de WhatsApp ainsi que de faux outils d’assistance client destinés aux opérateurs de téléphonie mobile.

L’utilisation d’applications frauduleuses contre des personnes placées sous surveillance est une tactique couramment employée par les autorités italiennes, souligne TechCrunch. Pour ce faire, elles sollicitent souvent la collaboration des opérateurs de téléphonie mobile, afin qu’ils envoient à leurs clients des liens de phishing vers un logiciel espion des forces de l’ordre.

☕️ L’UE interdit les contenus générés par IA dans ses communications officielles

2 avril 2026 à 07:54


Les principales institutions de l’Union européenne ont interdit à leur personnel d’utiliser dans leurs communications officielles des vidéos et images générées par intelligence artificielle, révèle Politico.

Alors que le recours aux deepfakes en particulier et à l’intelligence artificielle en général fait l’objet d’une attention croissante, la Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil de l’UE ont en effet déclaré à Politico avoir mis en place des politiques interdisant à leurs équipes de presse d’utiliser des visuels entièrement générés par l’IA.

Une interdiction qui contraste fortement avec l’approche adoptée à Washington, où le président américain Donald Trump a fréquemment recours à du contenu généré par l’IA pour faire passer ses messages afin d’attirer l’attention, et faire parler de lui.

Le Poynter Institut, une ONG spécialisée dans la vérification des faits, avait calculé en octobre dernier que Donald Trump avait eu recours à l’intelligence artificielle dans 36 publications sur son compte Truth Social depuis son investiture. Parmi celles-ci figuraient une image le représentant en pape et une vidéo dans laquelle on le voyait jeter des excréments sur des manifestants.

Le compte Truth Social du président Donald Trump utilise principalement l’intelligence artificielle pour diffuser des images sensationnalistes le présentant comme un personnage divin, puissant ou intransigeant. (Captures d’écran faites par Poynter sur Truth Social)

Thomas Regnier, porte-parole de la Commission européenne, explique à Politico que la Commission avait pour objectif de « renforcer la confiance des citoyens » et que, pour cette raison, « l’authenticité » était une priorité dans ses communications.

Il précise cela dit que la Commission autorisait le recours à l’intelligence artificielle pour optimiser les séquences vidéo, par exemple afin d’améliorer la qualité de l’image.

Le Parlement européen a publié des lignes directrices à l’intention de son personnel concernant l’utilisation des outils d’IA générative, qui « insistent sur la nécessité de faire preuve de vigilance face aux risques inhérents », souligne le porte-parole.

Alexandre Archambault relève de son côté que ces déclarations interviennent alors que le compte X de la Commission européenne avait illustré dimanche dernier le lancement d’un programme censé accélérer l’innovation disruptive de la défense européenne avec une image générée par IA montrant un avion de chasse Soukhoï Su-27 russe. Un tweet qui a depuis été supprimé, comme l’avaient remarqué le journaliste Vincent Lamingeon et l’avocat @Collabblues.

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☕️ NIS2 : vie privée ou sécurité nationale, le « choix entre plusieurs mauvaises solutions »

1 avril 2026 à 06:16


Interviewé par Libé à l’occasion de l’ouverture du forum INCyber, Vincent Strubel, patron de l’ANSSI, rappelle que, en 2025, « sur les 460 vols de données présumés traités par l’agence, 58 % relevaient du bluff », ce pourquoi « il faut relativiser les éléments de langage des attaquants » lorsqu’ils annoncent de nouvelles violations de données sur les forums spécialisés type breachforums, comme il l’avait déjà expliqué lors de l’état des lieux de la cybermenace 2025.

Il ne s’agit pas de considérer les « influenceurs cyber » comme des « adversaires », tempère Vincent Strubel, qui souligne cela dit que « ces sujets réclament de la pédagogie, de la sensibilisation », plus que des cris d’orfraie :

« Mais la reprise sans distance des éléments de langage des attaquants a des effets négatifs très concrets, qu’on a pu observer tout au long de l’année dernière : enquêter dans l’urgence sur des incidents qui n’existent pas consomme du temps et des ressources, avec un vrai risque d’épuisement des équipes de cybersécurité. »

Dans un article consacré aux « excès d’alerte des influenceurs cyber sur les fuites de données », Le Monde soulignait lui aussi récemment que « leur frénésie pose problème à ces derniers », tout en faisant surtout la publicité des attaquants :

« Il y a une différence entre alerter d’une menace et donner des leçons, voire taper sur les victimes. Les pompiers, quand ils éteignent un feu, ils ne se prennent pas en selfie. »

NIS2 : le législateur devra choisir entre plusieurs mauvaises solutions

Interrogé sur le fait que le projet de loi de transposition de trois directives européennes, dont NIS 2 n’est toujours pas programmé en séance à l’Assemblée, au motif que la DGSI s’opposerait à un amendement sanctuarisant le chiffrement de bout en bout, Vincent Strubel précise à Libé que « ce n’est pas un débat dans lequel certains auraient raison et d’autres tort » :

« On est face à deux impératifs de même valeur : celui de la protection de la vie privée et de la sécurité nationale, par la protection des communications que permet le chiffrement, et celui de la capacité des services enquêteurs à faire leur travail. Il faut concilier ces deux enjeux. Or s’il y avait une solution magique qui permette de les préserver ensemble sans impact sur l’un ou sur l’autre, elle aurait déjà été trouvée… In fine, cela relèvera d’une décision politique du législateur, qui sera un choix entre plusieurs mauvaises solutions. »

Dans les faits, le programme législatif transmis par le gouvernement « prévoit désormais un examen du texte en juillet 2026, et ce sous réserve de la convocation d’une session extraordinaire. Un tel calendrier reporte de plusieurs mois encore l’adoption de ce texte, si toutefois il est examiné avant l’été 2026 », expliquait récemment la CSNP, qui râlait sur les délais à rallonge.

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