Vue normale

Reçu — 28 avril 2026 Next - Articles gratuits

GitHub Copilot passe à une facturation à l’usage à partir du 1er juin

28 avril 2026 à 07:26
Adieu, veau, vache, cochon, couvée
GitHub Copilot passe à une facturation à l’usage à partir du 1er juin

Une semaine après avoir restreint la souscription de nouveaux abonnements individuels, Microsoft annonce le passage prochain de GitHub Copilot à une tarification basée sur l’usage réel. L’utilisateur n’aura donc plus accès aux modèles d’IA générative une fois son crédit mensuel épuisé, à moins d’acheter une option supplémentaire. Dans le même temps, Microsoft annonce le déploiement de Copilot 365 à l’échelle des 743 000 employés d’Accenture.

GitHub rattrapé par la réalité ? La plateforme a annoncé mardi 27 avril une modification substantielle de sa tarification associée à ses outils d’IA générative, réunis sous la casquette GitHub Copilot. À compter du 1ᵉʳ juin prochain, ces derniers seront associés à une facturation à l’usage, en fonction du volume de tokens consommé.

La nouvelle formule s’appuiera sur ce que GitHub qualifie de « crédits IA », avec une enveloppe donnée pour chaque formule prépayée (sur abonnement) et la possibilité de débloquer des tokens supplémentaires en cas de besoin, moyennant finances bien sûr. Microsoft va de ce fait basculer sur un système de tarification identique à ce que l’on connait chez Anthropic ou OpenAI.

Des crédits IA pour mesurer l’utilisation réelle

« L’utilisation sera calculée en fonction de la consommation de jetons (entrées, sorties et jetons mis en cache) selon les tarifs API indiqués pour chaque modèle. Cette modification aligne la tarification de Copilot sur l’utilisation réelle et constitue une étape importante vers une activité et une expérience Copilot durables et fiables pour tous les utilisateurs », justifie l’éditeur.

Microsoft et GitHub abandonnent donc le système actuellement en vigueur, qui combinait une licence (l’abonnement de base) ouvrant droit sans restriction aux requêtes courantes, et une enveloppe de « requêtes premium » (discussion avec un modèle de pointe, fenêtre contextuelle dépassant un certain volume, etc.), faisant l’objet d’une mesure spécifique.

Le changement de tarification présente, d’après GitHub, un caractère presque inéluctable, compte tenu de la double évolution des usages et des modèles :

« Aujourd’hui, une simple question posée via le chat et une session de codage autonome de plusieurs heures peuvent coûter le même prix à l’utilisateur. GitHub a absorbé une grande partie de l’augmentation des coûts d’inférence liés à cette utilisation, mais le modèle actuel de facturation premium n’est plus viable. La facturation à l’usage remédie à ce problème. Elle aligne mieux les prix sur l’utilisation réelle, nous aide à garantir la fiabilité du service à long terme et réduit la nécessité de limiter l’accès aux utilisateurs intensifs. »

Restrictions temporaires en attendant le 1er juin

Les clients de GitHub Copilot verront-ils cette évolution du même œil ? Microsoft veut rassurer en précisant que le prix des abonnements Copilot reste inchangé, et en expliquant que la complétion automatique et les suggestions de code restent disponibles par défaut, sans consommer de crédits IA.

Dans les faits, un abonnement Copilot Pro à 10 dollars par mois ouvrira droit à 1 000 crédits (0,01 dollar par crédit), contre 3 900 crédits pour une formule Copilot Pro+ à 39 dollars par mois. Impossible en revanche de transposer directement cette réserve de crédits en jetons, puisque GitHub précise que le coût exact d’une interaction dépend à la fois du modèle et de la complexité de la requête (voir les coefficients multiplicateurs en fonction du modèle).

« Une question posée rapidement via une messagerie instantanée avec un modèle léger peut coûter une fraction de crédit. Une longue session de programmation avec un agent utilisant un modèle plus complexe sur plusieurs fichiers coûtera plus cher, car elle implique davantage de travail ».

L’annonce de cette nouvelle tarification ne sera sans doute qu’une demi-surprise pour ceux qui suivent l’actualité de la plateforme. Le 21 avril dernier, GitHub avait déjà décidé la mise en pause des nouvelles souscriptions sur les abonnements individuels, soi-disant pour servir plus efficacement les clients existants, ainsi que l’exclusion des modèles Opus (les plus performants de la gamme d’Anthropic) des forfaits premier prix.

GitHub avait également durci à cette occasion les limites d’usage par session, qui plafonnent le volume de requêtes possibles sur une plage quotidienne (quelques heures) ou hebdomadaire (remise à zéro tous les sept jours).

Ces deux mesures étaient présentées comme temporaires : on comprend maintenant qu’il s’agissait d’introduire la tarification à l’usage.

Accenture passe 743 000 employés sous Copilot 365

Les deux informations n’ont pas de lien direct, mais leur concomitance résonnera de façon particulière auprès des utilisateurs individuels qui paient leur licence GitHub Copilot : si Microsoft avance la nécessité de restreindre l’utilisation chez les développeurs, ou d’ajuster la tarification, c’est aussi parce que l’éditeur négocie des accords entreprise à grande échelle qui sollicitent donc ses infrastructures dédiées à l’IA.

Microsoft s’est ainsi félicité mardi 27 avril d’avoir signé avec Accenture, le leader mondial du conseil, pour un déploiement de Copilot 365 sur la quasi totalité de son parc utilisateurs, soit la bagatelle de 743 000 employés dans le monde. Le contrat n’est pas une nouveauté en soi (Accenture fait partie des premiers partenaires et clients de Copilot depuis son lancement, notamment via Avanade, la coentreprise commune aux deux géants), mais il témoigne d’une diffusion continue de l’IA générative au sein des équipes d’Accenture.

Reçu — 27 avril 2026 Next - Articles gratuits

☕️ France Titres : le portail de l’ANTS est fermé pour maintenance depuis vendredi

27 avril 2026 à 08:55


S’agissait-il du piratage de trop ? Le portail France Titres (ants.gouv.fr) a été placé en maintenance technique à compter du vendredi 24 avril, à 19h30 :

« L’accès à votre compte est momentanément indisponible. L’ANTS poursuit les mesures de renforcement de sécurité de son portail. Tous les moyens sont mis en œuvre pour que cette opération soit effectuée dans les meilleurs délais. »

Le site reste accessible, mais la navigation est limitée aux pages qui sont en simple consultation. Toutes les fonctionnalités qui sont placées derrière le processus d’authentification sont quant à elles gelées. Pendant cette phase de maintenance, il n’est donc pas possible d’initier une nouvelle démarche en ligne.

« Pour solliciter un titre d’identité, il est nécessaire de se rendre en mairie après avoir pris rendez-vous, où l’usager pourra remplir un cerfa pour initier sa demande de titre. Le dossier se constituant sur place, le temps passé sur place en mairie sera plus long », précise une FAQ dédiée.

Cette opération de maintenance inédite fait l’objet d’une FAQ dédiée.

Le suivi des dossiers déjà ouverts est également inopérant, même si l’Agence nationale des titres sécurisés assure que les demandes suivent leur cours normal.

« Dans ce cas, pour toute question relative à l’état d’avancement de son dossier, l’usager peut écrire (https://ants.gouv.fr/contactez-nous) ou appeler le centre de contacts citoyens (CCC) de l’ANTS (34 00 en France métropolitaine (numéro non surtaxé), 09 70 83 07 07 depuis l’Outre-Mer et l’étranger). »

Les inscriptions au permis de conduire sont quant à elles gelées, faute de pouvoir obtenir un numéro d’enregistrement préfectoral harmonisé (NEPH). Les obligations de déclaration relatives à la vente d’un véhicule (carte grise) restent quant à elles en vigueur et associées à un délai maximal de 15 jours.

Pour ce faire, l’ANTS recommande « d’utiliser l’application mobile Simplimmat (simplimmat.gouv – attention aux sites frauduleux) qui permet de réaliser chacune de ces démarches administratives de façon totalement dématérialisée, à partir de son smartphone après chargement de l’application, à condition que le vendeur et l’acheteur soient en présence physique lors de la remise des clefs (durée estimée de la procédure d’une dizaine de minutes) ».

Reste enfin la question sans doute la plus cruciale pour les usagers concernés : quand le portail va-t-il rouvrir ? « Tous les moyens sont mis en œuvre pour que cette opération de maintenance soit effectuée dans les meilleurs délais. Les usagers seront tenus informés », se contente de répondre l’Agence.

Cette fermeture sine die du service France Titres est une première motivée par la survenue récente d’une intrusion informatique qui a exposé les données de 11,7 millions de comptes, d’après les annonces faites par le ministère de l’Intérieur.

En septembre dernier, l’ANTS avait enquêté sur une fuite de données revendiquée par des pirates, sans trouver de trace d’intrusion tout en affirmant que l’échantillon mis en ligne présentait de « nombreuses incohérences ». France Titres affirmait alors que, « en tant qu’opérateur du ministère de l’Intérieur manipulant des données sensibles, l’ANTS fait l’objet de mesures de sécurité renforcées et d’une vigilance permanente des services de l’État contre toute intrusion, physique ou informatique ».

Ces dernières exigeaient manifestement un tour de vis supplémentaire.

Mise à jour, mercredi 29 avril, 20 heures : selon nos constatations, l’accès aux démarches en ligne et à l’identification via France Connect sont rétablis.

☕️ XChat : Elon Musk lance son concurrent à Signal ou WhatsApp sur iOS

27 avril 2026 à 08:12


En attendant que X devienne la « super app » bonne à tout faire dont rêve Elon Musk, le réseau social vient de lancer sa messagerie, XChat, sous forme d’application dédiée. Cette première mouture publique est réservée aux utilisateurs d’iPhone sous iOS 26. « Discutez avec n’importe qui sur X. En toute confidentialité. Désormais sur votre écran d’accueil. », promet le message d’annonce, posté vendredi 24 avril.

XChat prend donc la forme d’une interface indépendante, mais l’application est bien adossée à X : on s’y connecte via les identifiants du réseau social (il n’est donc pas indispensable de renseigner un numéro de téléphone comme sur Signal ou WhatsApp), et l’on retrouve sur son téléphone les messages privés déjà échangés via le Web ou l’application X générale.

Le client de messagerie promet cependant d’aller plus loin, avec un chiffrement de bout en bout protégé par code PIN, la possibilité de créer des conversations de groupe allant jusqu’à 500 participants, une option permettant d’empêcher que l’interlocuteur réalise une capture d’écran, et un mode message éphémère, pour lequel on peut paramétrer la durée de conservation (de cinq minutes à quatre semaines).

Rapidement prise en main lundi matin, XChat donne une impression d’inachevé : l’application fonctionne de façon réactive, mais l’interface présente quelques manquements (confirmations d’envoi non datées, etc.) ou imprécisions (rien n’indique par exemple qu’il est impossible de créer une conversation de groupe avec des utilisateurs X n’ayant pas encore installé le client).

Une fonction permet de bloquer la réalisation de captures d’écran (image de droite)

Reste à voir ce que donne la sécurité, présentée comme l’un des arguments phares de XChat. Les choix d’implémentation du chiffrement bout en bout opérés par X avaient déjà soulevé des critiques fin 2025.

Au lancement de cette première version publique, la plupart des éléments pointés du doigt sont toujours d’actualité, comme en témoigne la foire aux questions dédiée à la fonction Chat.

X y admet toujours que les protections mises en œuvre au sein de XChat présentent encore des pistes d’amélioration, notamment en ce qui concerne la confidentialité persistante (forward secrecy) :

« Si la clé privée d’un appareil enregistré est compromise, un attaquant pourrait déchiffrer tous les messages de chat chiffrés envoyés et reçus par cet appareil. Autrement dit, cette implémentation n’est pas sécurisée de manière persistante. Nous travaillons actuellement sur des mécanismes de rotation des clés privées afin d’offrir une meilleure sécurité persistante à l’avenir. »

X utilise pour mémoire le protocole Juicebox pour sécuriser les clés privées des utilisateurs, qui sont ainsi découpées en plusieurs morceaux et recomposées grâce au code PIN, ce dernier étant lui-même théoriquement protégé des attaques par force brute.

Dans l’implémentation actuelle de Chat au sein de X, les morceaux de clé sont stockés sur des serveurs opérés par le réseau social, ce qui soulève là aussi des questions quant à la garantie de confidentialité totale. Là aussi, le réseau social promet des évolutions, sans avancer de date précise :

« À l’avenir, nous prévoyons d’offrir aux utilisateurs davantage d’options, comme la possibilité de choisir des domaines gérés par différentes organisations afin de mieux répartir la confiance et l’autogestion des clés. »

X a par ailleurs profité du lancement de XChat pour annoncer la fermeture des Communautés, la fonction permettant de rejoindre ou créer des groupes thématiques. « Les communautés servaient une vision formidable, mais elles n’étaient utilisées que par moins de 0,4 % des utilisateurs – et pourtant, elles contribuaient à 80 % des signalements de spam, des escroqueries financières et des logiciels malveillants sur X. Certaines semaines, elles occupaient la moitié du temps de l’équipe, tandis que le reste de l’application en pâtissait », a déclaré à ce sujet Nikita Bier, responsable du produit chez X.

Initialement prévue pour début mai, la fermeture des communautés existantes a été décalée au 30 mai et les utilisateurs concernés sont invités à migrer vers XChat, dont le fonctionnement se révèle pourtant assez différent.

Reçu — 24 avril 2026 Next - Articles gratuits

☕️ Rémunération des stagiaires : fuite de données à l’Agence de services et de paiement

24 avril 2026 à 14:49


L’Agence de services et de paiement (ASP) a alerté, vendredi 24 avril, certains destinataires des versements qu’elle opère pour le compte de l’État d’une fuite de données susceptible d’avoir exposé des informations personnelles. En l’occurrence, la fuite concerne les usagers du portail Profil, dédié à la rémunération des stagiaires de la formation professionnelle continue.

« Le 1er avril 2026, les équipes de l’Agence de services et de paiement ont détecté un accès frauduleux à un compte utilisateur ayant permis l’exfiltration de documents susceptibles de contenir des données personnelles vous concernant », décrit l’ASP dans cet email consulté par Next.

Outre les données d’état civil et les coordonnées (adresse postale), le périmètre de la fuite englobe également le numéro de sécurité sociale, le montant de l’aide perçue (avis de paiement) ainsi que les données bancaires (RIB).

Extrait du courrier envoyé par l’ASP – capture d’écran Next

L’ASP assure que l’incident a été « immédiatement pris en charge et circonscrit », et promet avoir pris les mesures techniques adéquates. « Le compte compromis a été sécurisé et les contrôles d’accès renforcés, affirme l’Agence, qui ajoute : « la vulnérabilité à l’origine de cet incident a été identifiée et corrigée ».

Aux usagers concernés, elle recommande une vigilance particulière « à l’égard de toute sollicitation inhabituelle ».

Même si la diffusion d’un RIB n’est pas censée présenter de risque en soi, la combinaison de données personnelles identifiantes et d’informations relatives au compte bancaire permet effectivement des scénarios malveillants poussés, qu’il s’agisse de campagnes de phishing ou de tentatives de prélèvements frauduleux.

Ni l’Agence, ni ses deux ministères de tutelle (Agriculture et Travail) n’ont pour l’instant communiqué sur le volume de comptes concernés par cette fuite, qui vient alourdir un tableau déjà bien chargé dans l’univers des services publics.

Cette intrusion intervient quelques jours seulement après la révélation d’une fuite de 11,7 millions de comptes au niveau de France Titres, l’ex-ANTS.

Plus tôt, le système d’information sur les armes du ministère de l’Intérieur a fait l’objet d’une attaque en mars, tandis que des données du CNRS ont été récupérées en février dernier, et que l’Urssaf a déjà subi une fuite en janvier concernant 12 millions de victimes potentielles.

Meta va licencier 10 % de ses effectifs, plan de départ volontaire chez Microsoft

24 avril 2026 à 10:34
Who's next ?
Meta va licencier 10 % de ses effectifs, plan de départ volontaire chez Microsoft

Meta et Microsoft ont tous deux confirmé cette semaine d’importantes coupes à venir dans leurs effectifs. Le premier prévoit de licencier 8 000 personnes, soit environ 10 % de ses équipes, d’ici le mois de juin, et réduit la voilure au niveau des nouvelles embauches. Le second vient pour sa part de lancer un plan de départ volontaire aux États-Unis. Environ 9 000 personnes seraient éligibles.

L’hémorragie se poursuit chez les géants de la tech, avec deux nouvelles coupes annoncées chez Meta et Microsoft, qui se préparent, chacun à sa façon, à supprimer plusieurs milliers de postes. Une nouvelle vague de licenciements partiellement imputée, au moins chez Meta, à la nécessité de dégager des ressources financières pour poursuivre les investissements liés à l’intelligence artificielle.

Meta supprime 8 000 postes, soit 10 % de ses effectifs

Chez Meta, l’échéance est fixée au 20 mai. C’est à cette date que l’entreprise débutera un plan qui doit conduire au départ de 8 000 personnes, soit environ 10 % de l’effectif mondial du groupe, selon un mémo interne dont la teneur a été révélée par Bloomberg. Le document dévoile par ailleurs que Meta met un terme à 6 000 recrutements ouverts.

Le message est signé par Janelle Gale, directrice des ressources humaines de Meta. Elle explique avoir dû prendre les devants en raison de fuites dans la presse. La rumeur d’un nouveau plan de grande ampleur circule en effet depuis la mi-mars. Le plan mis en œuvre au 20 mai se révèle toutefois plus modeste qu’anticipé, puisqu’on parlait à l’époque de 20 % des effectifs.

« Je sais que cette nouvelle est malvenue et que sa confirmation met tout le monde mal à l’aise, mais nous pensons que c’est la meilleure solution, compte tenu des circonstances, écrit Janelle Gale, avant de justifier la décision. Nous agissons ainsi dans le cadre de nos efforts continus pour gérer l’entreprise plus efficacement et pour compenser les autres investissements que nous réalisons. Ce choix est difficile et impliquera le départ de personnes qui ont apporté une contribution significative à Meta durant leur passage parmi nous. »

Ces « autres investissements » ne sont pas spécifiés dans le courrier, mais ils renvoient logiquement à l’IA et aux annonces formulées en juillet 2025 par Mark Zuckerberg, qui évoquait alors des « centaines de milliards de dollars » fléchés vers ses centres de données.

Meta a déjà procédé à plusieurs restructurations importantes ces dernières années. En novembre 2022, la société avait licencié 11 000 employés, avant de se séparer de 10 000 personnes supplémentaires en mars 2023. Début janvier 2026, elle remerciait par ailleurs 1 500 personnes de son Reality Labs, actant son détournement du métavers, pourtant ardemment promu par Mark Zuckerberg pendant la pandémie de Covid-19.

Microsoft lance un plan de départ volontaire aux États-Unis

Chez Microsoft, l’année 2025 a déjà été marquée par une double vague de licenciements, avec 6 000 personnes concernées en mai et 9 000 en juillet, soit un total de 15 000 postes supprimés. L’éditeur souhaite manifestement poursuivre sur cette lancée, mais il a cette fois choisi une voie moins brutale. D’après, là aussi, un mémo interne consulté par CNBC, Microsoft a proposé à ses employés basés aux États-Unis un plan de départ volontaire exceptionnel.

« Nous espérons que ce programme permettra aux personnes admissibles de franchir cette prochaine étape selon leurs propres conditions, grâce à un généreux soutien de l’entreprise », écrit dans ce courrier Amy Coleman, directrice des ressources humaines. Microsoft ouvre en effet ce guichet de départs sous conditions. Pour être éligible, il faut que l’âge de la personne concernée et son ancienneté dans l’entreprise égalent ou dépassent le nombre 70 (par exemple, être âgé de 50 ans et afficher au moins 20 ans de présence dans le groupe).

Les employés éligibles devraient recevoir les détails pratiques à partir du 7 mai. Une source proche du dossier a indiqué à CNBC que ce double critère d’âge et d’ancienneté rendrait éligibles environ 7 % des 125 000 personnes que Microsoft emploie aux États-Unis, soit environ 8 700 employés. Reste à voir si ces départs volontaires seront jugés suffisants, ou si l’éditeur décidera de lancer un nouveau plan, contraint cette fois, en suivant.

Microsoft n’invoque pas spécifiquement l’IA pour justifier ces différents plans, mais il est impossible de ne pas établir un parallèle, dans la mesure où l’éditeur a accéléré significativement ses dépenses d’investissement en la matière. Le groupe a d’ailleurs annoncé le 23 avril son intention de flécher l’équivalent de 18 milliards de dollars vers l’Australie, notamment pour construire des datacenters dédiés à l’IA.

Cette tension entre IA et ressources humaines vient également de justifier un plan social chez Oracle, avec potentiellement jusqu’à 30 000 employés informés par un email laconique que leur emploi dans le groupe était terminé.

Reçu — 23 avril 2026 Next - Articles gratuits

☕️ France TV diffusera bientôt ses journaux et magazines d’info sur YouTube

23 avril 2026 à 10:08


France Télévisions et YouTube ont officialisé jeudi 23 avril un « partenariat stratégique » selon les termes duquel l’audiovisuel public mettra à disposition de la plateforme « l’intégralité des éditions d’information nationale et locale, ainsi que l’ensemble des magazines quotidiens et hebdomadaires d’actualité et d’investigation phares du Groupe ».

France TV procèdera par ailleurs à une « éditorialisation renforcée des contenus » en distribuant ses programmes sur des chaînes dédiées, éventuellement thématisées. Le groupe audiovisuel s’engage par ailleurs à produire des contenus originaux et 100 % natifs.

« Cette collaboration illustre une ambition claire : l’audiovisuel de demain s’articule autour du streaming », commentent les deux acteurs, qui rappellent que YouTube revendique, en France, une audience de 43 millions d’utilisateurs mensuels.

Visuel de l’annonce de l’accord entre France Télévisions et YouTube

« Ce partenariat stratégique avec YouTube accélère la stratégie « streaming first » de France Télévisions. Dans un univers vidéo ultra-concurrentiel et face à l’exposition croissante des Français aux fausses informations, il renforce le rayonnement des contenus d’information de France Télévisions auprès de tous les publics, y compris des plus éloignés des médias traditionnels », commente Delphine Ernotte Cunci, PDG de France Télévisions.

YouTube y gagne de son côté de nouveaux programmes susceptibles de nourrir ses audiences, et concède d’ailleurs à la régie publicitaire du groupe audiovisuel, France TV Publicité, le droit de commercialiser ses propres inventaires (avec, sans doute, une mécanique de rétrocommission). La plateforme indique par ailleurs intégrer France Télévisions au groupe des partenaires qui testent son dispositif Likeness ID, chargé d’essayer de détecter les contenus générés par IA pour prévenir la prolifération des deepfakes.

Ce nouvel accord illustre le virage à l’œuvre dans le monde de l’audiovisuel français vis-à-vis du streaming. Si pendant longtemps, tous les grands groupes ont tenté de capitaliser sur leur propre plateforme de diffusion et de replay (contenus de rattrapage), les digues se lèvent progressivement. Jusqu’ici, les chaînes avaient cependant plutôt tendance à nouer des accords avec des acteurs du streaming payant : France TV a signé avec Amazon Prime Video (y compris pour la fiction), tandis que TF1 arrive bientôt sur Netflix.

Scaleway remporte l’hébergement des données de santé à la place de Microsoft

23 avril 2026 à 07:05
Pas mal non ?
Scaleway remporte l’hébergement des données de santé à la place de Microsoft

La ministre de la Santé a annoncé jeudi matin la sélection de Scaleway, filiale du groupe iliad, par la Plateforme des données de santé. Ce fameux « Health Data Hub », qui doit notamment faciliter l’accès aux données de santé à des fins de recherche, était précédemment hébergé par Microsoft.

C’est finalement Scaleway, entité du groupe iliad, qui va reprendre l’hébergement de la Plateforme des données de santé, ou Health Data Hub, qui fonctionnait jusqu’ici sur des infrastructures opérées par Microsoft Azure. L’information a été révélée mercredi dans la soirée par Emile Marzolf de Politico, puis confirmée jeudi 23 avril via un communiqué du HDH et un message de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist :

« Avec le choix de Scaleway par la Plateforme des données de santé, nous faisons le choix d’un cloud souverain pour héberger nos données de santé. Un choix stratégique pour renforcer la sécurité, la confiance et notre indépendance technologique ».

Deux mois et demi de sélection

Les modalités exactes de la migration et le montant du contrat associé n’ont pour l’instant pas été communiqués, mais la Plateforme de santé (PDS) affiche son ambition de pouvoir « gérer en autonomie une copie de la base principale du SNDS [Système national des données de santé] entre la fin de l’année 2026 et le début de l’année 2027 ».

Le Health Data Hub affirme que le processus de sélection a duré deux mois et demi, sous contrôle de l’UGAP et des pouvoirs publics. « Ce travail a permis de partager et de clarifier la spécificité des besoins de la PDS avec plus de 350 exigences techniques », indique-t-il.

Le HDH confirme par ailleurs que plusieurs « offreurs » se sont positionnés sur le dossier, intéressant à la fois par sa surface financière et par la notoriété qu’il renvoie, associée à l’image de souveraineté numérique. Au terme du processus, c’est donc finalement Scaleway, qui n’est pas encore arrivé au terme de la certification SecNumCloud, qui a remporté le morceau.

L’hébergeur s’est lancé dans le processus en janvier 2025, peu de temps après l’obtention de son agrément HDS (Hébergeur de données de santé). Jeudi, il estime par voie de communiqué que le choix de la PDS démontre « la crédibilité de sa trajectoire de qualification SecNumCloud » et confirme que cette dernière est bien indispensable dans le cadre de ce contrat.

OVHcloud allié à Docaposte, Cloud Temple ou Atos faisaient partie des candidats potentiels dont les noms ont circulé dans la presse en début d’année. « La société Bleu, qui réunit Capgemini et Orange pour continuer de vendre en France les services de Microsoft aux administrations de l’Etat grâce au tampon SecNumCloud, n’avait pas candidaté, et n’avait pas même été sollicitée par l’équipe du Health Data Hub », affirme Emile Marzolf.

Épilogue d’une longue polémique ?

Le gouvernement a régulièrement été interpellé sur la décision, formalisée dans la loi en 2019, de confier l’hébergement de la Plateforme de santé à un acteur états-unien. Début février 2026, il s’était engagé à initier une migration vers un hébergeur répondant aux exigences de la certification SecNumCloud avant la fin de l’année, après avoir envisagé une solution intercalaire finalement jugée peu satisfaisante.

L’autorisation donnée par la Cnil avait quant à elle fait l’objet d’une procédure devant le Conseil d’État. Fin mars, ce dernier avait reconnu l’existence d’un risque lié à la portée extraterritoriale des lois états-uniennes, tout en estimant que les garanties apportées par le Health Data Hub étaient suffisantes.

Rappelons que le Health Data Hub prend la forme d’une structure publique, chargée de concevoir et d’opérer la Plateforme des données de santé, un guichet unique permettant aux acteurs de la santé publique, de la recherche ou de l’innovation, d’accéder à des données de santé non nominatives dans un environnement censé bénéficier d’un niveau de contrôle et de sécurité adéquat.

« La PDS et Scaleway s’engagent donc aujourd’hui pour mettre à disposition des acteurs de la recherche et de l’innovation en santé un espace sécurisé capable d’héberger les données de remboursement de l’Assurance maladie et d’autres bases de données de santé d’intérêt », promet le Health Data Hub.

Reçu — 22 avril 2026 Next - Articles gratuits

Claude Desktop s’arroge le droit de pré-autoriser ses extensions pour navigateurs

22 avril 2026 à 15:11
M'enfin, c'était pour rendre service
Claude Desktop s’arroge le droit de pré-autoriser ses extensions pour navigateurs

L’installation de Claude Desktop entraîne la création, sur la machine hôte, de manifestes pré-autorisant la communication entre le client logiciel et les extensions de navigateur dédiées à Chrome. Ce mécanisme, dont l’utilisateur n’est pas informé, soulève des questions de conformité et de sécurité selon le consultant qui l’a découvert.

Non contente de contraindre certains utilisateurs à une vérification d’identité, Anthropic se montrerait-elle un peu laxiste vis-à-vis des permissions données à la version desktop du client Claude ? C’est l’hypothèse soulevée par Alexander Hanff, consultant spécialisé dans les enjeux de vie privée en ligne. Dans un long billet de blog publié le 18 avril et relayé, notamment, par The Register deux jours plus tard, il s’émeut qu’Anthropic « installe secrètement un spyware [sur votre machine] quand vous installez Claude Desktop ».

Découverte fortuite d’un json dédié à Claude

Au hasard d’un projet personnel mené sur son MacBook, Alexander Hanff décrit comment il est tombé sur un fichier émanant d’Anthropic et associé à Claude, dans l’un des dossiers de configuration de son navigateur Web, Brave. Baptisé com.anthropic.claude_browser_extension.json, le fichier révèle un pan de code de quelques lignes, qui comprend notamment trois clés destinées à l’identification de trois extensions Chrome et visant à faire de ces dernières des sources autorisées (allowed_origins) en vue d’interagir avec le navigateur.

Nous avons entrepris d’installer l’image de Claude Desktop sur une machine équipée de macOS, afin de voir si nous reproduisions cette découverte. Une rapide recherche, conduite via le terminal dans la foulée de l’installation, nous a permis de localiser le fichier .json concerné et d’en consulter le code, conforme à ce qu’a publié Alexander Hanff le 18 avril. Comme lui, nous constatons d’ailleurs que ce fichier, décrit comme un manifeste « Claude Browser Extension Native Host » est présent non seulement pour nos navigateurs courants, mais aussi pour des logiciels qui ne sont pas installés sur la machine.

{ 
 "name": "com.anthropic.claude_browser_extension",
 "description": "Claude Browser Extension Native Host",
 "path": "/Applications/Claude.app/Contents/Helpers/chrome-native-host",
 "type": "stdio",
 "allowed_origins": [
   "chrome-extension://dihbgbndebgnbjfmelmegjepbnkhlgni/",
   "chrome-extension://fcoeoabgfenejglbffodgkkbkcdhcgfn/",
   "chrome-extension://dngcpimnedloihjnnfngkgjoidhnaolf/"
 ]
}

Anthropic demande bien d’accepter les conditions d’utilisation de son logiciel au cours du processus, et un consentement lié aux cookies est affiché au premier lancement du client Claude, mais jamais il n’est fait mention, de façon explicite, d’une quelconque autorisation donnée au niveau des navigateurs web.

Nous avons reproduit ce comportement sur une machine équipée de Windows 11. L’installation de Claude Desktop fait en effet apparaître, dès le premier lancement, de nouvelles clés de registre dans le répertoire des navigateurs installés, avec renvoi vers un .json identique. À ses côtés, on note la présence d’un exécutable de type chrome-native-host.exe, alors qu’aucune extension Anthropic n’a jamais été installée sur la machine.

Nous avons pu reproduire le comportement dénoncé sur Windows – capture Next

Un manifeste de « messagerie native »

À quoi peut donc bien servir ce fichier ? La plupart des navigateurs permettent la déclaration d’un manifeste de messagerie native (Native Messaging en VO), qui va créer une sorte de pont (bridge) entre une extension Web et une application installée en local sur la machine.

« Ceci permet que des applications natives puissent fournir un service à des extensions sans avoir besoin d’être atteignables via internet. Un exemple typique est le gestionnaire de mots de passe : l’application native s’occupe du stockage et du chiffrement des mots de passe et communique avec l’extension afin de remplir les formulaires web », illustre Mozilla dans sa documentation développeurs.

Dans le cas d’Anthropic, l’application Claude (Desktop ou Code) peut être amenée à communiquer avec un navigateur pour certaines fonctions d’automatisation (IA agentique). De la même façon, on peut appeler les binaires de l’application Claude depuis l’extension. On suppose donc que l’éditeur prépare le terrain, en positionnant, dès l’installation, les manifestes qui serviront à faire le pont avec le navigateur de l’utilisateur.

La méthode n’est pas du goût d’Alexander Hanff :

« Je n’ai installé aucune extension Anthropic pour mon navigateur. Je n’ai jamais installé d’extension Claude pour des raisons de confidentialité et de sécurité. J’ai installé Claude Desktop, l’application Mac, il y a quelque temps. C’est le seul élément sur cet ordinateur qui aurait pu créer ce fichier. Claude Desktop a accédé à Brave, un navigateur d’un fournisseur totalement différent, et a enregistré une porte dérobée pour une extension que je ne possède pas. »

Un problème de sécurité ?

Admettons avec lui que le procédé est un peu cavalier – un lieu commun dans l’univers de l’IA générative. Pour le consultant, elle soulève aussi un véritable problème de sécurité. Documentation d’Anthropic sur Claude Code with Chrome à l’appui, il remarque que quand une extension est reliée par ce pont avec l’application installée en local, tout agent exécuté par le modèle accède à des droits équivalents à ceux de l’utilisateur enregistré sur la machine.

« Le pont s’exécute en dehors du bac à sable du navigateur avec un niveau de privilèges équivalent à l’utilisateur, et les hôtes de messagerie native n’apparaissent dans aucun processus macOS standard ou interface utilisateur d’autorisation, ils sont invoqués par le navigateur et communiquent via stdio. »

Pour appuyer sa critique, Hanff rappelle que, de l’aveu même d’Anthropic, l’utilisation de Claude in Chrome n’est pas anodine. En août dernier, lors de l’annonce de la mise à disposition en bêta de son extension pour Chrome, l’entreprise indiquait en effet que son composant était vulnérable à l’injection de prompt, c’est-à-dire l’envoi de commandes malveillantes susceptibles d’entraîner une action non sollicitée sur la machine hôte.

« Un exemple d’attaque réussie – avant la mise en place de nos nouvelles défenses – consistait en un courriel malveillant prétendant que, pour des raisons de sécurité, des courriels devaient être supprimés. Lors du traitement de la boîte de réception, Claude a suivi ces instructions et supprimé les courriels de l’utilisateur sans confirmation », écrivait alors Anthropic. L’entreprise ajoutait que sans ses nouvelles mesures de protection, sa red team avait réussi 23,6 % de ses attaques par injection.

Native Messaging n’est pas exempt de défauts

« La fonctionnalité préinstallée silencieusement sur l’ordinateur portable de chaque utilisateur ayant déjà exécuté Claude.app est, selon les propres mesures d’Anthropic, vulnérable à une injection de code environ une fois sur quatre. », en conclut Alexander Hanff.

S’il est vrai que la connexion d’une application AI à un navigateur soulève un risque d’attaque par injection de prompt sur la machine, la conclusion se révèle peut-être un peu hâtive : toutes les installations de Claude desktop sur Mac n’en sont pas pour autant vulnérables puisqu’il faut encore que l’extension associée soit installée pour que le pont opère.

Autrement dit, les vrais vecteurs d’attaque ne seraient pas le manifeste proprement dit, mais plutôt l’exécutable installé en local, ou les extensions autorisées par ledit manifeste.

On peut en revanche aller dans le sens d’Alexander Hanff en soulignant que Native Messaging en tant que tel n’est pas absolument exempt de défaut du point de vue de la sécurité. En 2024, des recherches conduites autour de l’implémentation de l’extension 1Password sur Chromium ont par exemple montré qu’il était possible de s’immiscer dans le protocole (attaque de type man in the middle), faute de vérification au moment d’enclencher la réponse des binaires aux demandes de l’extension.

À l’époque, le sujet n’avait pas été considéré comme critique, notamment parce que, pour être exploitée, cette vulnérabilité supposait que le code responsable de l’attaque et la cible tournent sous le même compte utilisateur. Corrigée tout de même au nom du principe de précaution chez Chromium, mais aussi chez 1Password et Firefox, elle se révèle aujourd’hui sous un jour plus sensible.

De façon plus anecdotique, on remarque que le comportement de ce composant chrome-native-host a donné lieu à un rapport de bug en janvier dernier sur le Github de Claude Code. À l’époque, ce n’était pas l’éventuel caractère intrusif de la démarche qui motivait la discussion, mais plutôt un conflit entre les .json dédiés respectivement à Claude Code et Claude Desktop.

Une infraction à la directive e-Privacy ?

Plus qu’une réelle faille de sécurité, il reste en revanche un comportement que l’on est en droit de qualifier de suspect, puisqu’il n’est pas annoncé. Hanff va plus loin, en affirmant qu’avec cet ajout sous-marin, Anthropic enfreint plusieurs lois, dont la fameuse directive européenne e-Privacy de 2002.

« Je tiens à être franc. Il s’agit d’une pratique douteuse. De plus, à mon avis professionnel, c’est une violation directe de l’article 5, paragraphe 3, de la directive 2002/58/CE, ainsi que de nombreuses lois relatives à l’accès et à l’utilisation abusive des ordinateurs (généralement du droit pénal), à une échelle suffisamment importante pour avoir des conséquences, chez un fournisseur qui a déployé des efforts considérables pour se forger une image de laboratoire d’IA soucieux de la sécurité. »

L’article concerné (voir texte intégral), qui motive les bandeaux de consentement sur le web ou la récente recommandation de la Cnil sur les pixels espion dans les emails, dispose pour mémoire qu’un acteur n’est autorisé à stocker ou accéder à des informations sur la machine de l’utilisateur qu’après consentement éclairé de ce dernier. Le texte tolère toutefois une exception pour finalités « strictement nécessaires à la fourniture d’un service de la société de l’information expressément demandé par l’abonné ou l’utilisateur ».

La justice considèrerait-elle la création d’un pont Native Messaging comme nécessaire, alors que l’application Claude a vocation à fonctionner sans lien direct avec le navigateur ? Plutôt que d’attendre de voir ce qu’en pense la justice, le consultant suggère à Anthropic de supprimer ce pont, ou a minima de conditionner la création des manifestes à un consentement explicite. « Si ce n’est pas le cas, nous saurons ce que vaut réellement la politique d’Anthropic en matière de sécurité publique », lâche-t-il pour conclure.

S’il est tentant d’user de la commande rm pour évacuer ces .json non sollicités, leur suppression ne sera que de courte durée, puisque les fichiers sont recréés à chaque nouveau lancement de l’application Claude.

SpaceX sécurise un partenariat avec Cursor avec option d’achat à 60 milliards de dollars

22 avril 2026 à 08:25
Nous aussi on va forker VS Code tiens !
SpaceX sécurise un partenariat avec Cursor avec option d’achat à 60 milliards de dollars

SpaceX, désormais rapprochée de l’entreprise d’intelligence artificielle xAI, a annoncé la signature d’un partenariat avec l’éditeur de l’environnement de développement Cursor. Le deal prévoit une option d’achat à 60 milliards de dollars d’ici la fin de l’année.

Non contente de préparer la plus grande introduction en bourse de l’histoire, SpaceX vient de signer un partenariat avec l’entreprise éditrice de Cursor, un environnement de développement logiciel (IDE) basé sur l’intelligence artificielle. L’accord, résumé en un tweet, doit selon SpaceX permettre aux deux entreprises de « travailler en étroite collaboration pour créer la meilleure IA au monde pour le codage et le travail intellectuel ».

SpaceX évoque l’utilisation, par Cursor, des capacités d’entraînement du million de puces H100 de son supercalculateur Colossus, pour « construire les modèles les plus utiles au monde ». En échange, l’entreprise d’Elon Musk disposera d’un « produit de pointe et d’un réseau de distribution performant auprès d’ingénieurs logiciels experts ».

Annonce de SpaceX postée sur X le 22 avril – capture d’écran

Plus concrètement ? Les modalités précises de l’accord n’ont pas été détaillées, mais on comprend que Cursor a vocation à utiliser les infrastructures de xAI pour entraîner son propre modèle Composer, lancé fin 2025. En échange, xAI met la main sur une activité en fort développement, et se dote dans le même temps d’un produit populaire capable de rivaliser avec Claude Code d’Anthropic ou Codex d’OpenAI.

Dans ce contexte, Cursor accorde à SpaceX le droit de l’acquérir pour 60 milliards de dollars d’ici la fin de l’année. À défaut de transaction finalisée, SpaceX verserait à Cursor 10 milliards de dollars d’indemnités.

Cursor, l’IDE nativement tourné vers l’IA

Initialement conçu comme un fork de VS Code (Microsoft), Cursor se présente pour mémoire comme un environnement de développement nativement IA, mais destiné aux développeurs professionnels ou avertis.

La logique n’est pas celle du vibe coding (création semi-automatisée d’une application avec peu ou pas de compétences techniques), mais plutôt celle de l’usine logicielle : le développeur exploite des agents qui écrivent le code, exécutent les tests, préparent les déploiements, etc., au sein d’un environnement dont il est censé garder la maitrise.

Cursor 3, sorti début avril 2026, renforce cette dimension usine à agents, en permettant par exemple de gérer au sein d’une même interface des agents exécutés en local avec des modèles hébergés sur des infrastructures distantes ou des LLM commerciaux.

Historiquement, Cursor se voulait agnostique au niveau des modèles : son interface et l’abonnement associé permettent d’exploiter tous les produits courants du marché (OpenAI, Anthropic, etc.), avec un orchestrateur capable d’aller chercher le bon modèle pour la bonne tâche, à la façon de ce que propose un produit comme OpenRouter.

Fin 2025, Cursor a musclé son jeu avec la publication de Composer, son premier modèle agentique pour le code. Passé en version 1.5 en février, puis en version 2 en mars dernier, Composer revendique des performances supérieures à celles des modèles plus généralistes (Gemini, Claude, ChatGPT, etc.) sur les missions liées au code. Et Cursor a logiquement besoin de tenir son rang face aux progrès continus affichés par les modèles concurrents.

« Nous voulions aller beaucoup plus loin dans nos efforts d’entraînement, mais nous étions limités par les capacités de calcul. Grâce à ce partenariat, notre équipe s’appuiera sur l’infrastructure Colossus de xAI pour accroître considérablement les capacités de nos modèles. », affirme à ce niveau l’équipe de Cursor.

Une option de rachat sur fond de levée de fonds

Que ferait précisément xAI de Cursor si cette option d’achat à 60 milliards de dollars était exercée ? Difficile à dire à ce stade. En attendant de juger sur pièce, le deal annoncé par SpaceX interfère avec un processus de levée de fonds qui semblait déjà bien engagé.

CNBC révélait dimanche 19 avril que Cursor était en plein tour de table, avec l’ambition de réunir 2 milliards de dollars d’argent frais, sur une valorisation à 50 milliards de dollars, calculée avant recapitalisation. L’opération aurait notamment associé Andreessen Horowitz, NVIDIA et Thrive Capital, déjà actionnaires de Cursor.

Cette cinquième levée de fonds post-amorçage (série E) serait intervenue six mois après la précédente (série D) : en novembre 2025, Cursor avait annoncé avoir réuni 2,3 milliards de dollars, sur une valorisation (incluant les montants levés) de 29,3 milliards de dollars. À l’époque, Cursor indiquait avoir dépassé 1 milliard de dollars de chiffre d’affaires annualisé.

Les 60 milliards de dollars indiqués par SpaceX constitueraient un premium par rapport aux montants évoqués par la presse, mais l’horizon de réalisation, fixé « plus tard dans l’année » ne prend pas en compte l’évolution possible de la valorisation de Cursor.

Le deal ira-t-il à son terme ? Dans un contexte d’introduction en bourse pour SpaceX, le simple fait de montrer que les investissements pharaoniques de xAI dans les supercalculateurs Colossus trouvent des débouchés commerciaux est peut-être un signal largement suffisant pour justifier le versement de 10 milliards de dollars d’indemnités…

Reçu — 21 avril 2026 Next - Articles gratuits

☕️ Le bouquet Apple TV est maintenant disponible en option sur Prime Video

21 avril 2026 à 13:42


Amazon a officialisé mardi 21 avril l’arrivée du bouquet Apple TV au sein de son abonnement Prime Video, moyennant la souscription d’une option dédiée, un « pass » facturé 9,99 euros par mois ou 99 euros par an.

Ce dernier permet d’accéder, via l’interface de Prime Video, à l’intégralité du catalogue Apple TV, dont certaines séries à succès tels que Severance, Pluribus ou Ted Lasso, mais aussi l’offre de films et de documentaires, dont le film F1 qui, chronologie des médias oblige, n’arrivera que fin 2026.

« Les clients Amazon peuvent s’abonner à Apple TV sans avoir à télécharger d’autres applications que Prime Video. L’abonnement peut être résilié à tout moment. », décrit Amazon. Comme souvent, l’arrivée de cet abonnement optionnel s’accompagne d’une offre d’essai gratuite de sept jours, qui constitue un produit d’appel supplémentaire pour l’abonnement Prime Video.

L’offre optionnelle Apple TV s’affiche en page d’accueil de Prime Video – capture d’écran

L’arrivée d’Apple TV sur Amazon pour les comptes basés en France était attendue de longue date, puisque les deux entreprises ont déjà formalisé ce rapprochement dans de nombreux pays.

Elle participe d’une tendance plus large, qui voit les géants du streaming Amazon et Netflix rivaliser d’accord pour enrichir leurs portails, et fédérer des catalogues qui dépassent largement leurs productions propres.

Amazon s’enorgueillit ainsi de proposer, sous forme d’abonnements optionnels, HBO Max, Ligue 1 +, Paramount+, Crunchyroll, MGM ou Ciné+OCS. La plateforme syndique aussi depuis l’été 2025 l’intégralité de l’offre de streaming de France TV. Netflix diffusera pour sa part les contenus VOD et le direct de la chaîne TF1 à compter de l’été 2026.

Anthropic et Amazon étendent leur accord, 5 milliards de dollars contre 5 GW

21 avril 2026 à 09:57
GW$
Anthropic et Amazon étendent leur accord, 5 milliards de dollars contre 5 GW

Nouvel accord croisé entre Anthropic et Amazon. L’éditeur de Claude s’engage à consommer l’équivalent de 5 GW de puissance de calcul sur les infrastructures d’AWS. En échange, Amazon investit 5 milliards de dollars dans Anthropic, avec une option portant sur 20 milliards de dollars supplémentaires. Les deux annoncent par ailleurs la disponibilité native de Claude Platform sur AWS, pour l’instant en bêta privée.

Anthropic et Amazon ont dévoilé lundi les contours d’un nouvel accord croisé, avec un investissement en capital échangé contre une promesse de dépenses garanties. Sur le volet financier, Amazon injecte 5 milliards de dollars d’argent frais dans Anthropic, et ouvre une fenêtre pour 20 milliards de dollars supplémentaires, selon des modalités, ou plutôt des conditions, qui n’ont pas été précisées. Ces sommes s’ajoutent aux 8 milliards de dollars déjà investis par Amazon dans Anthropic en deux vagues, entre fin 2023 et fin 2024.

Anthropic s’engage à exploiter massivement les puces Trainium

En face, Anthropic s’engage de son côté à exploiter l’équivalent de 5 GW de puissance informatique pour entraîner et déployer Claude. Cette allocation concerne notamment « la nouvelle capacité Trainium2 qui sera mise en service au cours du premier semestre de cette année et près de 1 GW de capacité totale Trainium2 et Trainium3 qui sera mise en service d’ici la fin de 2026 », indiquent les deux partenaires.

Que recouvrent exactement ces chiffres, à plus forte raison sur une génération Trainium3 dont l’efficacité et les performances n’ont pas encore été mesurées en production ? L’équivalent puissance devenu la norme dans la communication des grands noms de l’IA est toujours aussi flou. À titre de comparaison, Anthropic affirme à l’occasion de ce nouvel accord exploiter aujourd’hui un million de puces Trainium2 pour entraîner et exploiter ses modèles Claude. Fin octobre, l’entreprise évoquait déjà son intention d’exploiter un million des TPU concurrents fournis par Google.

Si floues que soient les capacités de calcul réellement mises en œuvre, les engagements d’Anthropic représentent, selon l’entreprise, « plus de 100 milliards de dollars » de dépenses sur les dix prochaines années. Aux puces allouées en propre, s’ajoutent des capacités (non chiffrées) prévues sur Amazon Bedrock, l’infrastructure exploitée par Amazon pour ses propres services d’infrastructure IA.

Claude Platform sur la facture AWS

Au-delà de ces investissements croisés, l’accord prévoit une dimension supplémentaire inédite : Claude Platform (l’accès aux modèles d’Anthropic par API, par opposition aux canaux de type application ou chatbot web) va faire l’objet d’une intégration directe dans les outils d’Amazon Web Services (AWS). Le leader du cloud computing va donc distribuer Claude sans intermédiaire auprès de ses clients.

« Même compte, mêmes contrôles, même facturation, avec davantage de fonctionnalités de la plateforme Claude et sans identifiants ni contrats supplémentaires. Les organisations bénéficient ainsi d’un accès direct à Claude tout en respectant leurs exigences de gouvernance et de conformité existantes. », affirme Anthropic. L’accès à Claude Platform dans AWS se fait pour l’instant sur demande.

Anthropic était jusqu’ici mis en avant au travers des services Bedrock, mais ces derniers se veulent agnostiques quant au modèle utilisé. Reste à voir dans quelle mesure cette intégration au sein des processus et des outils plus généralistes d’AWS se traduira par un gain d’activité pour l’entreprise.

En attendant, l’entreprise profite de l’occasion pour remettre en avant les chiffres exceptionnels de sa croissance. Elle réaffirme avoir atteint une projection de chiffre d’affaires annuel supérieure à 30 milliards de dollars, contre 9 milliards de dollars fin 2025, ce qui la place devant OpenAI : l’entreprise de Sam Altman affirmait de son côté fin mars réaliser 2 milliards de chiffre d’affaires par mois, à l’occasion d’un point d’étape sur sa dernière levée de fonds en cours. Affichée à 122 milliards de dollars d’engagements, celle-ci mobilise une trentaine d’investisseurs, au premier rang desquels un certain Amazon, impliqué à hauteur de 50 milliards de dollars.

Reçu — 20 avril 2026 Next - Articles gratuits

Palantir veut faire du numérique un instrument de puissance coercitive

20 avril 2026 à 16:08
"Embrassez le pouvoir de l’anneau ou embrassez votre propre destruction"
Palantir veut faire du numérique un instrument de puissance coercitive

Palantir a publié samedi sur X un manifeste en 22 points qui reprend l’essentiel de la thèse développée par son cofondateur, Alex Karp. Aussi péremptoires que belliqueuses, ses propositions dépeignent la façon dont le monde numérique devrait se mettre au service d’une politique elle-même centrée sur une logique de pouvoir absolu. « Nous devons résister à la tentation superficielle d’un pluralisme vide et creux », écrit Palantir.

Un manifeste pour les esprits libres, doublé d’un appel à restaurer la grandeur de l’Amérique conquérante : voilà, en substance, comment l’éditeur d’Alex Karp présente son dernier livre, The Technological Republic. Coécrit avec Nicholas Zamiska, son bras droit chez Palantir, l’ouvrage vient de faire l’objet d’un résumé en 22 points publié sur le compte X de l’entreprise samedi 18 avril et déjà vu plus de 25 millions de fois.

Les idées qui y sont défendues ne sont pas inédites pour qui s’est déjà intéressé à Alex Karp et à son acolyte Peter Thiel, cofondateurs de ce géant de la tech spécialisé dans l’analyse de données à des fins décisionnelles. Elles ont toutefois reçu samedi un écho et une forme de caution institutionnelle sans précédent. Cette fois, ce n’est pas Alex Karp qui fait son show face à des caméras. C’est une entreprise pesant 350 milliards de dollars en bourse qui s’exprime.

Une entreprise dont les solutions équipent les États-Unis et Israël face à l’Iran, chez qui l’OTAN commande des systèmes de défense stratégiques, et qui compte Airbus, Stellantis ou la DGSI parmi ses clients français.

La tech au service de la domination états-unienne du monde

Karp avait déjà donné un avant-goût de sa thèse principale mi-mars : la Silicon Valley n’est pas assez reconnaissante envers le pays qui lui a permis de grandir. Elle devrait donc non seulement participer à la défense du pays, mais aussi accepter que ses propres orientations soient mises au service d’une cause supérieure : la domination états-unienne du monde. « La décadence d’une culture ou d’une civilisation, et même de sa classe dirigeante, ne sera pardonnée que si cette culture est capable d’assurer la croissance économique et la sécurité publique », écrit Palantir.

Capture d’écran du manifeste posté par Palantir

Autrement dit, la victoire, qui ne peut plus passer par la diplomatie ou le soft power. « La capacité des sociétés libres et démocratiques à triompher exige bien plus qu’un simple appel à la morale. Elle requiert une puissance coercitive [hard power, ndlr], et cette puissance coercitive, au XXIᵉ siècle, reposera sur des outils numériques », enchaîne Palantir, selon qui la question n’est pas de savoir s’il y aura des armes dotées d’intelligence artificielle, mais de savoir qui les construira et à quelle fin.

« Nos adversaires ne s’attarderont pas à des débats théâtraux (…) ils avanceront », prophétise Palantir. Le monde serait de ce fait entré dans une « nouvelle ère de dissuasion fondée sur l’IA » qui supplanterait l’ère atomique, et aux prémices de laquelle le désarmement de l’Allemagne et du Japon, prononcé à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, se révéleraient des erreurs de premier plan. La Chine n’est pas nommée dans les mille mots de ce manifeste, mais elle est régulièrement évoquée comme l’adversaire à écraser dans les sorties publiques d’Alex Karp.

Lutter contre l’adversaire intérieur

L’ennemi n’est pas que chinois : dans le discours de Palantir, il gangrène non seulement la Silicon Valley, mais aussi une partie de la société américaine, sclérosée par « la tyrannie des apps », l’absence de service militaire obligatoire et le manque de reconnaissance, que cette dernière s’exerce vis-à-vis des classes laborieuses ou des milliardaires intéressés par les « grands récits » comme Elon Musk.

En réponse, Palantir affirme que la Silicon Valley doit assumer de jouer un rôle dans la lutte contre la criminalité violente, et que la parole publique doit être libérée pour que les personnes inefficaces et vides sortent du champ, au profit de ceux qui osent avoir des convictions.

Ces convictions, justement, ne devraient pas se limiter au politique ou à l’économie. « L’intolérance de l’élite envers les croyances religieuses est peut-être l’un des signes les plus révélateurs que son projet politique constitue un mouvement intellectuel moins ouvert que beaucoup en son sein ne le prétendent. », écrit Palantir.

Le nouveau dogme serait ainsi que « toutes les cultures sont désormais égales », et que « la critique et les jugements de valeur sont proscrits », déplore Palantir. Avant de terminer par un dernier point, numéroté 22. « Nous devons résister à la tentation superficielle d’un pluralisme vide et creux. En Amérique, et plus largement en Occident, nous avons, depuis un demi-siècle, refusé de définir des cultures nationales au nom de l’inclusion. Mais inclusion dans quoi ? »

Est-ce la technologie, l’intelligence artificielle, le religieux ou le politique qui doit définir le nouvel ordre social ? Peter Thiel se fait un plaisir de développer sa vision teintée d’Apocalypse dans les conférences qu’il donne en petit comité à San Francisco, Paris ou Rome.

Palantir, en tant qu’entreprise, ne répond pas directement à la question dans son manifeste, mais une chose est sure : le discours de l’entreprise est globalement en phase avec l’idéologie en vigueur dans la sphère MAGA aux États-Unis. Corrélation n’est pas causalité, mais difficile de ne pas penser que cette proximité a profité aux affaires de Palantir, dont les ramifications s’étendent de plus en plus loin dans les agences américaines.

L’entreprise n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai. En 2024, elle développait déjà certaines de ces idées dans un traité consacré à la résurrection de l’industrie américaine. À l’été 2025, elle s’était cependant défendue publiquement des questions accusatoires formulées à son encontre par des membres du Congrès au sujet d’une éventuelle participation à une base de données consacrée au fichage de la population. Un an plus tard, elle montre que, quel que soit le régime ou la région du monde, c’est sur le conflit comme levier de puissance et de domination que repose sa doctrine.

☕️ Victime d’une intrusion, Vercel évoque un vol d’identifiants via un outil IA tierce partie

20 avril 2026 à 10:57


Vercel et sa plateforme permettant de déployer une application web en quelques clics ont été victimes d’un incident de sécurité, signalé par l’entreprise dimanche 19 avril.

« Nous avons initialement identifié un nombre limité de clients dont les identifiants Vercel avaient été compromis. Nous avons contacté ces clients et leur avons recommandé de renouveler immédiatement leurs identifiants », indique l’entreprise, selon qui les personnes qui n’ont pas été contactées n’ont donc a priori pas d’inquiétude à avoir.

Vercel invite tout de même ses utilisateurs à vérifier l’activité de leur compte et renouveler leurs variables d’environnement pendant que ses équipes poursuivent leurs investigations en interne. Vercel rappelle à ce propos que ses outils permettent de qualifier une variable de sensible, de façon à la stocker sans qu’il soit possible de la lire.

Et c’est justement là que le bât aurait blessé :

« L’incident a débuté par une compromission de Context.ai, un outil d’IA tiers utilisé par un employé de Vercel. L’attaquant a exploité cet accès pour prendre le contrôle du compte Google Workspace Vercel de l’employé, ce qui lui a permis d’accéder à certains environnements et variables d’environnement Vercel qui n’étaient pas marqués comme sensibles. »

En attendant de mesurer les répercussions exactes sur les clients et utilisateurs de Vercel, l’incident illustre le risque supplémentaire lié à l’intégration d’outils d’IA tierce partie dans les processus de développement et de déploiement.

Vercel alerte sur une intrusion causée, a priori, par une double erreur de paramétrage liée à un outil IA non déclaré.

« Notre enquête a révélé que l’incident provenait d’un petit outil d’IA tiers dont l’application Google Workspace OAuth a fait l’objet d’une compromission plus large, affectant potentiellement ses centaines d’utilisateurs dans de nombreuses organisations », alerte à ce sujet Vercel.

Context, qui propose des services permettant d’interfacer des agents IA avec les ressources internes de l’entreprise, confirme avoir été victime d’une intrusion en mars dernier, qui aurait permis à l’attaquant de compromettre certains jetons OAuth utilisé par ses clients.

« Nous avons également appris qu’il semble avoir utilisé un jeton OAuth compromis pour accéder à l’espace de travail Google de Vercel. Bien que Vercel ne soit pas client de Context, il apparaît qu’au moins un employé de Vercel s’est inscrit à la suite AI Office avec son compte professionnel Vercel et a accordé les autorisations « Tout autoriser ». »

Blizzard fait fermer Turtle WoW

20 avril 2026 à 09:03
Need rez
Blizzard fait fermer Turtle WoW

Trainée en justice par Blizzard, la société qui opérait le serveur privé Turtle WoW jette l’éponge. Une semaine après avoir négocié une transaction au tribunal, elle annonce la fermeture prochaine de ses serveurs et de son site. Fin 2025, elle avait déjà dû se résoudre à abandonner son projet de remake de World of Warcraft au moyen du moteur Unreal Engine 5.

Le raid judiciaire enclenché par Blizzard était un peu trop difficile à tanker : l’équipe qui opérait les serveurs de Turtle WoW a annoncé samedi la fermeture définitive de ses infrastructures et la disparition programmée de son site web et de son forum.

La mise hors ligne des serveurs est programmée au 14 mai 2026, tandis que la présence en ligne de Turtle WoW disparaitra le 16 octobre prochain. En guise de cadeau d’adieu, l’équipe annonce débloquer les derniers éléments de progression et s’engage à assurer le support technique jusqu’à la coupure.

« Travailler sur Turtle WoW a été l’expérience la plus marquante de notre vie. Ce fut un honneur de construire avec et pour vous. Que vous exploriez de nouvelles histoires, montiez de niveau, participiez à des raids, à des combats PvP, à du jeu de rôle ou profitiez simplement d’un moment de calme dans ce monde, voir à quel point ce jeu compte pour vous a été notre plus grand privilège », écrit l’un des membres en guise de message d’adieu.

Message d’annonce de la fermeture programmée de Turtle WoW

Turtle WoW, un serveur « Vanilla+ » populaire

Au fait, de quoi parle-t-on ici ? Dans le monde de World of Warcraft, on distingue les serveurs officiels, gérés par Blizzard et accessibles uniquement sur abonnement, et les serveurs privés, plus confidentiels et souvent perclus de bugs, qui attirent soit des joueurs désireux de jouer gratuitement, soit des amateurs à la recherche d’une expérience différente de celle du « Retail WoW ».

Turtle WoW, créé en 2018, s’adressait aux deux catégories, en proposant une version dite « Vanilla+ » de World of Warcraft : sur la base du jeu tel qu’il était distribué en 2004 (l’expérience dite Vanilla), les membres de Turtle WoW ont construit des éléments de contenus personnalisés (nouvelles races jouables), modifié des éléments de la progression des personnages, et même créé ses propres extensions avec l’écriture de donjons et de raids directement inspirés de l’univers Warcraft.

La fréquentation sur les royaumes des serveurs Turtle WoW est sans commune mesure avec celle des serveurs de Blizzard, mais le projet a tout de même fédéré un nombre significatif de joueurs : la population active sur les 90 derniers jours se révèle par exemple supérieure à 200 000 personnages.

L’accès à Turtle WoW est gratuit en façade mais l’équipe, abritée derrière une société immatriculée à Hong-Kong, a imaginé différents éléments de monétisation, avec une possibilité de dons, mais aussi une boutique vendant des pièces d’or, des boosters ou des éléments cosmétiques. Et ce sont probablement ces leviers économiques, associés à la popularité du projet, qui ont conduit Blizzard à sonner la charge en justice.

Blizzard dégaine la loi RICO contre Turtle WoW

La plainte déposée le 29 août 2025 devant un tribunal de Californie dénonce sans surprise de nombreuses infractions au droit d’auteur, à la fois sur les éléments constitutifs du jeu, mais aussi sur la marque World of Warcraft. Elle affirme que Turtle WoW a délibérément fait sauter les mesures techniques de protection du client WoW pour créer ses propres outils, et provoqué de ce fait un manque à gagner considérable, en partant du principe que les adeptes de ces royaumes privés se seraient tournés vers son abonnement payant si aucune alternative n’existait.

L’éditeur accuse également Turtle WoW d’avoir cherché à cannibaliser et entraîner une rupture avec les joueurs de WoW en faisant la promotion de ses serveurs sur les réseaux sociaux. Blizzard pointe notamment du doigt un trailer dédié à Turtle WoW 2.0, une réécriture du jeu original sous Unreal Engine 5 que Turtle WoW prévoyait de sortir en décembre. Pour faire bonne mesure, Blizzard invoque même la célèbre loi RICO sur le contrôle du crime organisé.

Turtle WoW avait déjà dû annoncer l’abandon de son projet de remake sous Unreal Engine 5 fin 2025

La justice n’aura finalement pas à trancher : la cour a enregistré le 10 avril dernier un accord à l’amiable selon lequel Turtle WoW admet sa culpabilité sur les sept charges énumérées par Blizzard. Les modalités financières précises restent confidentielles, mais Turtle WoW s’engage à ne plus exercer la moindre activité susceptible de porter préjudice à l’éditeur, abandonne ses droits à interjeter appel, etc. Bref, un wipe en bonne et due forme.

☕️ Mozilla drague les entreprises avec un client IA open source, Thunderbolt

20 avril 2026 à 07:45


MZLA, la filiale de Mozilla en charge du développement du logiciel de messagerie Thunderbird depuis 2020, se lance sur le terrain de l’intelligence artificielle avec l’annonce d’un client open source dédié, baptisé Thunderbolt. Conçu pour fonctionner en adéquation avec le framework (lui aussi open source) Haystack, Thunderbolt offre une porte d’entrée multiplateforme (des applications natives macOS, Windows, Linux, iOS et Android sont prévues) vers l’infrastructure IA de l’entreprise, que cette dernière soit opérée en local (on premises) ou souscrite chez l’un des grands noms du secteur.

Thunderbolt, dont le code est déjà disponible sur GitHub, se présente donc selon MZLA comme un « client d’IA souverain qui permet le chat, la recherche, l’automatisation et les flux de travail multi-appareils via une interface auto-hébergée et extensible ». L’architecture est décrite comme pensée avant tout pour le local et surtout agnostique en matière de grand modèle de langage (LLM), avec prise en charge Claude, GPT, Mistral, et OpenRouter, via Model Context Protocol (MCP) et Agent Client Protocol (ACP).

« Vous devrez ajouter vos propres fournisseurs de modèles ; nous ne proposons pas encore de point d’accès public pour l’inférence. Nous recommandons l’utilisation de Thunderbolt avec Ollama ou llama.cpp pour une inférence locale gratuite. Vous pouvez également ajouter des clés API pour tout fournisseur de modèles compatible avec OpenAI dans les paramètres », prévient MZLA.

Thunderbolt est l’interface proposée par MZLA pour donner accès aux services IA internes à l’entreprise – crédit MZLA

Reçu — 17 avril 2026 Next - Articles gratuits

☕️ Bruxelles flèche 180M€ de contrats vers les acteurs du cloud, les Français en bonne place

17 avril 2026 à 10:42


La Commission européenne a dévoilé vendredi 17 avril les lauréats de l’appel d’offres dynamique qu’elle avait enclenché en octobre 2025 pour permettre à ses différents bureaux et agences de s’équiper en ressources cloud. L’enveloppe, fixée à 180 millions d’euros sur six ans, profitera à quatre acteurs ou consortiums, parmi lesquels on retrouve plusieurs spécialistes français du secteur.

Le premier lauréat est l’opérateur luxembourgeois Post Telecom (via sa filiale cloud DEEP), associé ici à deux Français, Clever Cloud et OVHCloud. Arrivent ensuite StackIT, la filiale cloud du géant allemand de la distribution Lidl, puis Scaleway (groupe Iliad).

L’opérateur belge Proximus est le quatrième lauréat. Il emmène lui aussi des acteurs (au moins partiellement) hexagonaux dans ses bagages : S3NS, la coentreprise de Thales et Google Cloud, Mistral AI, ainsi que sa propre filiale Clarence (codétenue avec LuxConnect), qui opère un cloud déconnecté sur la base de technologies Google.

Bruxelles indique avoir procédé à la sélection de ces prestataires en fonction des critères de son cadre de souveraineté (Cloud Sovereignty Framework), qui ambitionne d’évaluer cette notion parfois floue à l’aune de considérations juridiques, technologiques et opérationnelles.

Des données sensibles dans le Cloud selon Flock.
illustration Flock

« La Commission a attribué quatre contrats en parallèle afin de garantir la diversification et la résilience, en évitant une dépendance excessive à l’égard d’un seul fournisseur. Pour être éligibles, les fournisseurs devaient atteindre des niveaux d’assurance rigoureux garantissant que les tiers non membres de l’UE exercent un contrôle limité sur les technologies utilisées par les fournisseurs ou les services qu’ils fournissent », affirme Bruxelles.

« Fiers de cette sélection, et très heureux du travail accompli collectivement pour y parvenir. C’est aussi la preuve que des acteurs européens peuvent s’organiser, coopérer et proposer des alternatives solides et crédibles », s’est réjoui Quentin Adam, CEO de Clever Cloud. Même son de cloche du côté d’Octave Klaba, redevenu CEO d’OVHcloud fin 2025 : « Merci pour la confiance ! On sera au rendez-vous pour démontrer qu’il existe des alternatives crédibles en Europe ».

Netflix trace sa route après le rachat manqué de Warner, Reed Hastings sur le départ

17 avril 2026 à 09:02
The world is not enough
Netflix trace sa route après le rachat manqué de Warner, Reed Hastings sur le départ

Netflix a publié jeudi de nouveaux résultats financiers record, soutenus par l’indemnité versée suite à la rupture des négociations liées au rachat de Warner. Le géant du streaming a dans le même temps annoncé le départ prochain de Reed Hastings, son emblématique cofondateur, aujourd’hui président du conseil d’administration.

La publication, jeudi 16 avril, des résultats financiers de Netflix pour le premier trimestre 2026 s’est accompagnée d’une annonce à la portée symbolique. Dans sa lettre aux actionnaires (PDF), le géant du streaming a en effet indiqué le départ prochain de Reed Hastings (65 ans), cofondateur de l’entreprise et CEO jusqu’en 2023, date à laquelle il s’était placé en retrait de l’opérationnel, mais restait en charge de la vision stratégique à long terme en tant que président du conseil d’administration.

Reed Hastings se met en retrait de Netflix

« Reed Hastings nous a informés qu’il ne se représentera pas à notre conseil d’administration lorsque son mandat actuel arrivera à échéance lors de l’assemblée générale annuelle de juin, afin de se concentrer sur ses activités philanthropiques et autres projets », indique Netflix.

« Ma véritable contribution chez Netflix ne résidait pas dans une décision isolée ; il s’agissait de privilégier la satisfaction des membres, de bâtir une culture que d’autres pourraient hériter et améliorer, et de construire une entreprise à la fois adorée des membres et extrêmement prospère pour les générations à venir », écrit l’intéressé.

Reed Hastings décrit le mois de janvier 2016, date du lancement du service dans 130 nouveaux pays, comme son meilleur souvenir de l’aventure. « Vous assistez aujourd’hui à la naissance d’un nouveau réseau mondial de télévision sur Internet », avait-il déclaré à cette occasion, lors d’une conférence donnée au CES de Las Vegas. Netflix avait pour mémoire investi le marché français 18 mois plus tôt, avec un lancement dans l’Hexagone en septembre 2014.

En 2016, Reed Hastings lance le service à la conquête de 130 nouveaux pays – crédit Netflix

Figure de la transformation de Netflix, parti comme un obscur loueur de DVD et devenu un groupe valorisé 450 milliards de dollars en bourse, Reed Hastings s’était d’abord entouré d’un co-CEO en 2020 en la personne de Ted Sarandos, avant de céder sa place à Greg Peters en 2023. Le rachat programmé de Warner, amorcé en décembre 2025, aurait sans doute été le dernier fait d’armes majeur d’Hastings si Paramount ne s’était pas invité dans l’équation, jusqu’à finir par remporter la bataille.

Contenus, IA et monétisation

Dans sa communication financière, Netflix se veut rassurant quant à cette tentative de rachat manquée. « Warner Bros. aurait été un excellent catalyseur pour notre stratégie, mais seulement à un prix raisonnable. Nous disposons de plusieurs moyens pour atteindre nos objectifs (notamment la production, l’octroi de licences et les partenariats) », commente le groupe. À défaut d’accord industriel de grande envergure, Netflix présente une stratégie toujours orientée selon les trois axes principaux que sont les contenus, la technologie et l’optimisation de la monétisation.

Sur le volet de la production, Netflix indique poursuivre sa logique de licences développées en propre, mettre un accent particulier sur la diffusion d’événements en direct (un concert de BTS diffusé le 21 mars dernier, ou le futur combat de boxe Tyson Fury – Anthony Joshua en négociations pour novembre prochain) et les nouvelles formes de divertissement, dont le jeu vidéo.

Côté technique, Netflix rappelle avoir construit son propre réseau de distribution de contenus (CDN), et regarde désormais du côté de l’IA générative « afin d’améliorer les recommandations faites aux membres grâce à une meilleure compréhension du contenu » ou de concevoir de nouvelles « expériences conversationnelles de découverte ».

L’IA est également envisagée au niveau des activités de production, d’une façon plus fine que la simple génération automatisée de bout en bout de séquences vidéo. Netflix rappelle à ce niveau avoir procédé, début mars, à l’acquisition de la société InterPositive. Fondée par Ben Affleck, cette dernière est censée développer des outils adaptés aux besoins d’un directeur de la photographie ou d’un réalisateur, « intégrant la cohérence et les contrôles qu’ils attendent », selon les mots du cinéaste, devenu pour l’occasion senior adviser chez Netflix.

Dernier axe et non des moindres, le groupe indique vouloir s’attacher à optimiser sa monétisation, ce qui signifie à la fois conquérir de nouveaux abonnés, développer son offre publicitaire et identifier de nouveaux canaux pour enrichir son offre ou distribuer ses propres productions. Netflix se félicite par ailleurs d’avoir globalement pu augmenter ses prix sans encombre : « Les récentes modifications de prix se sont bien passées, reflétant la force et l’augmentation de la valeur de notre offre ».

L’offre avec publicités, dont le montant est récemment passé à 8,99 dollars par mois aux États-Unis, représente toujours le premier levier de conquête. Elle a été choisie par 60 % des nouveaux clients au premier trimestre dans les pays qui la pratiquent, indique le groupe, qui mise désormais sur 3 milliards de dollars de chiffre d’affaires publicitaire en 2026.

Netflix veut par ailleurs donner des gages de réassurance quant à sa capacité à poursuivre une croissance dynamique. Tout en revendiquant une audience cumulée de l’ordre du milliard de spectateurs, le groupe fait remarquer qu’il ne représente que 5 % environ des usages de l’écran de TV en temps consommé, et affirme qu’il n’a pénétré, à fin 2025, que 45 % de son marché adressable.

2,8 milliards de dollars d’indemnités suite au rachat manqué de Warner

En attendant, la publication trimestrielle de Netflix a été accueillie plutôt froidement à Wall Street, peut-être en raison du départ annoncé de Reed Hastings, mais aussi parce que Netflix a alerté sur une possible baisse à venir de sa marge, en raison de coûts d’amortissement en hausse sur ses productions. Le groupe affiche pourtant une croissance de 16,2 % sur un an, avec un chiffre d’affaires de 12,25 milliards de dollars sur le premier trimestre 2026. La rentabilité est toujours au rendez-vous, avec un bénéfice net dopé par un élément exceptionnel : le versement de l’indemnité de 2,8 milliards de dollars prévue par l’accord de négociations exclusives qui liait Netflix à Warner avant que Paramount ne fasse capoter la transaction.

Résultats Netflix du premier trimestre 2026, en millions de dollars

Rachat de SFR : Orange, Free et Bouygues Telecom entrent en négociations exclusives

17 avril 2026 à 06:28
Verdict d'ici un mois ?
Rachat de SFR : Orange, Free et Bouygues Telecom entrent en négociations exclusives

Le consortium constitué par Orange, Free et Bouygues Telecom annonce son entrée en négociations exclusives avec le groupe Altice en vue d’acquérir les actifs de SFR. La nouvelle offre porte sur un montant minimal de 20,35 milliards d’euros.

Après les discussions, place aux négociations exclusives, qui signifient que les deux parties ont, au moins sur le papier, trouvé un terrain d’entente.

Le trio constitué par Orange, Free et Bouygues Telecom a confirmé vendredi 16 avril qu’il avait remis à Altice France une nouvelle offre relative à l’acquisition de SFR, avec une enveloppe revue à la hausse : les échanges envisagent désormais une enveloppe minimale de 20,35 milliards d’euros, sans doute plus conforme aux vœux de Patrick Drahi, que les 17 milliards d’euros évoqués lors de la première offre publique, en octobre dernier.

Négociations ouvertes jusqu’au 15 mai

« Altice France a octroyé une période d’exclusivité au Consortium jusqu’au 15 mai 2026 afin de finaliser les termes et la documentation de la transaction », indiquent les trois acheteurs.

Si l’enveloppe a été revue à la hausse, les grandes lignes du découpage envisagé pour les activités de SFR restent globalement inchangées. « La répartition du prix et de la valeur serait de l’ordre de 42% pour Bouygues Telecom, 31% pour Free-Groupe iliad et 27% pour Orange ».

Dans le détail, les trois opérateurs se partageraient les activités et la clientèle grand public (dite B2C). Bouygues Telecom mettrait la main sur tout le volet entreprise (dit B2B). Enfin, « les autres actifs et ressources (notamment les infrastructures et les fréquences) seraient partagés entre Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange, à l’exception du réseau mobile de SFR en zone non dense qui serait repris par Bouygues Telecom ».

La transaction signerait donc le retour de la France à trois opérateurs, ce qui n’irait pas sans poser de nombreux défis, sociaux et réglementaires, compte tenu du poids de SFR.

Une opération scrutée de près

« L’opération sera soumise à la consultation préalable des instances représentatives du personnel compétentes. Elle devra ensuite faire l’objet des autorisations réglementaires requises par les autorités compétentes, notamment au titre du contrôle des concentrations », précisent sans surprise les acheteurs potentiels, qui devront probablement composer, aussi, avec le gouvernement.

« Cette annonce marque une étape importante pour une opération structurante qui concerne l’ensemble du secteur télécoms français et européen. Nous continuerons de suivre cette opération avec attention, a commenté Bercy vendredi matin. Nous demeurons extrêmement vigilants quant à la préservation de l’emploi, à l’impact sur les prix des abonnements pour les consommateurs, ainsi qu’au maintien des investissements dans les réseaux »

Benoît Cœuré, président de l’Autorité de la concurrence, avait laissé entendre que la porte n’était pas fermée pour un retour à trois opérateurs : « Si cette opération devait être notifiée, nous la regarderions sans camper sur nos positions d’il y a neuf ans ».

(Actualité mise à jour vers 11 heures pour signaler la réaction de Bercy)

Reçu — 16 avril 2026 Next - Articles gratuits

La France lance JUNN, un socle national pour des jumeaux numériques de territoire

16 avril 2026 à 15:05
Si ce n'est toi, c'est donc ton frère
La France lance JUNN, un socle national pour des jumeaux numériques de territoire

L’IGN, le Cerema et Inria vont assurer la mise en route d’un projet visant à créer, d’ici trois ans, un socle technique adapté à la création d’un jumeau numérique national (JUNN) des territoires. Il doit permettre aux acteurs du public comme du privé de simuler l’évolution de ces territoires, notamment au regard du changement climatique, et de construire des outils décisionnels innovants.

Un consortium de 14 partenaires copiloté par l’IGN, le Cerema (pour Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) et Inria va s’attacher à développer un socle technique « commun et souverain » dédié à la création de jumeaux numériques de territoire. En pratique ?

Un socle pour relier les jumeaux numériques existants

Il s’agit d’assembler les différentes briques nécessaires à la création d’un service dans lequel il sera possible de reproduire les caractéristiques d’un territoire (une rue, une ville, les rives d’un cours d’eau…) pour ensuite tester des scénarios d’évolution, au sein de cette réplique virtuelle, à des fins d’aide à la décision.

« Un jumeau numérique de territoires peut par exemple simuler les conséquences d’une crue centennale sur un territoire, en tenant compte de l’évolution du climat. Il peut également simuler des scénarios d’aménagement et leurs conséquences sur le trafic routier », illustrent les porteurs de projet dans un dossier de presse.


Il existe déjà de nombreux projets de jumeau numérique de territoires en France, à l’échelle de métropoles (Rennes, Lille, Lyon, Angers, Brest, Aix-Marseille et d’autres), ou de zones spécifiques (l’estuaire de la Gironde), mais il manquait un cadre et un outillage permettant de faire communiquer les différents projets, et donc de mutualiser à la fois les données, les développements techniques et les initiatives.

C’est à cette ambition que veut répondre le projet JUNN, pour jumeau numérique national, dont le coup d’envoi officiel a été donné le 13 avril dernier, avec l’annonce d’un financement de 25 millions d’euros consenti dans le cadre du plan France 2030, sur un budget prévisionnel fixé à 40 millions d’euros.

L’initiative, dont le site dédié a été mis en ligne, associe donc 14 premiers partenaires au premier rang desquels les établissements publics spécialisés dans la gestion de la donnée. L’IGN apporte sa « maîtrise de la production et de la gouvernance des données pour décrire le territoire », tandis que Inria, Géodata Paris et GeometryFactory « fondent les briques scientifiques et technologiques des modèles 3D et temporels, des graphes de connaissances, de l’IA ou encore des interactions avancées ».

Le Cerema a quant à lui vocation à structurer les cas d’usage et les interfaces. Enfin, plusieurs acteurs privés sont partie prenante du projet, dont 1Spatial, éditeur de solutions de gestion de données géospatiales, qui aura la charge de l’intégration et de l’industrialisation de ce nouveau socle commun.

Une exploitation opérationnelle visée sous trois ans

Le site dédié ne donne pas d’information précise sur la structure technique du projet. On trouve cependant des éléments relatifs à la vision cible développée par les porteurs dans un document de présentation (PDF) préalable, daté de janvier 2025, qui donne une idée de l’architecture retenue.

Issu d’un document de préfiguration, ce schéma dessine la vision cible du projet

Le calendrier annoncé au lancement évoque quant à lui un objectif à trois ans. La première année doit permettre la mise en place des outils techniques, la production des premiers jeux de données 3D et la réalisation des premiers cas d’usage ou démonstrateurs. Les Alpes-Maritimes, la Charente-Maritime, la Gironde et l’Ille-et-Vilaine feront à ce titre l’objet de territoires pilotes.

Le socle tel qu’il était envisagé en 2025 couvrait un large périmètre fonctionnel

Les deux années suivantes doivent quant à elles permettre l’émergence ou la connexion d’applications destinées à des usages réels. Au terme de ces trois ans débutera la phase d’exploitation opérationnelle. C’est en principe de la réussite de cette dernière que dépendra l’avenir du jumeau numérique national, puisque le consortium JUNN est censé parvenir à définir « un modèle économique pérenne pour l’exploitation des ressources et des infrastructures technologiques développées ».

Accusés de boycott de contenus politiques, les grands noms de la pub transigent avec la FTC

16 avril 2026 à 09:49
Breitbart et X aiment ce message
Accusés de boycott de contenus politiques, les grands noms de la pub transigent avec la FTC

L’autorité états-unienne de la concurrence (FTC) a négocié un accord avec les trois plus grandes agences de publicité au monde, pour contraindre ces dernières à ne plus coordonner l’exclusion de certains médias ou plateformes au nom de la désinformation. La FTC, qui dans son action évoque spécifiquement le cas du média d’extrême-droite Breitbart, prend le contrepied de la justice texane, qui a refusé de donner suite à la plainte formulée par X sur le même sujet.

Les annonceurs sont libres de choisir la façon dont ils flèchent leurs achats média, mais les agences publicitaires auxquels ils confient leurs budgets n’ont plus le droit, aux États-Unis, de s’entendre pour écarter certains journaux ou certaines plateformes au nom de la désinformation. WPP, le français Publicis et Dentsu, trois des plus grandes agences au monde, viennent de passer un accord en ce sens avec la FTC, l’autorité états-unienne de la concurrence.

Annoncé par voie de communiqué, cet accord fait suite au dépôt, mercredi 15 avril, d’une plainte (PDF) de la FTC dénonçant la façon dont ces agences se seraient alliées pour démonétiser certains sites pour des raisons politiques, en invoquant l’argument de la désinformation. Plutôt que de défendre leur cause en justice, les trois agences ont donc immédiatement accepté de passer un accord avec la FTC, sous la forme d’un consent decree (décret de consentement) qui prendra force de loi une fois ratifié par un juge.

Une alliance contre les médias conservateurs selon la FTC

Andrew N. Ferguson, président de la FTC, se réjouit de cet accord qui, d’après lui, met un terme à la façon dont les grands noms de la pub « complotent » au nom de la brand safety. Cette « défense de marque » représente pour mémoire l’idée selon laquelle une agence d’achat média cherche à qualifier les éditeurs chez qui elle prend des espaces, pour éviter que les publicités de ses clients se retrouvent à côté de contenus jugés inappropriés (terrorisme, pornographie, escroqueries…).

La brand safety peut aussi dans certains cas prendre des accents politiques : en France, le phénomène s’incarne par exemple au travers du chapitre local du collectif Sleeping Giants, qui interpelle publiquement les annonceurs accusés de financer des discours de haine, notamment parce qu’ils achètent des espaces publicitaires sur Cnews.

C’est bien ce volet politique qui motive l’action de la FTC. « Cette collusion illégale a non seulement nui à notre marché, mais a également faussé le marché des idées en discriminant les discours et les idées qui ne respectaient pas un seuil illégalement convenu », écrit ainsi Andrew Ferguson. Nommé à la tête du gendarme de la concurrence fin 2024 par Donald Trump, il avait explicitement annoncé qu’il s’en prendrait aux acteurs suspectés de pratiques anticoncurrentielles en vue d’interférer avec la liberté d’expression.

La plainte illustre les accusations formulées par la FTC avec le cas précis du média d’extrême-droite Breitbart, qui aurait fait l’objet d’une volonté explicite de démonétisation orchestrée par la Global Alliance for Responsible Media (GARM, ou alliance mondiale pour des médias responsables), une émanation de la Fédération mondiale des annonceurs (WFA), créée dans la foulée de l’attentat de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, pour travailler sur les questions de brand safety.

La plainte rapporte l’incident lié à Breitbart de la façon suivante :

« En novembre 2021, le responsable de l’initiative GARM avait suggéré d’inclure les contenus « délibérément trompeurs » dans la catégorie « désinformation afin de priver spécifiquement le site conservateur Breitbart de revenus publicitaires. Il avait expliqué à un exécutif de GroupM/WPP : "L’exemple de la manière dont Breitbart peut utiliser les faits de manière sélective pour induire en erreur était un exemple donné" pour illustrer la nécessité d’amender la définition par le GARM du terme "désinformation."  »

Elle ajoute qu’en parallèle de cette nouvelle formulation, « des éditeurs conservateurs identifiés comme publiant ce que le seuil de brand safety définissait comme de la « désinformation » ont subi des baisses spectaculaires de leurs ventes d’espaces publicitaires numériques ».

X également concerné au premier chef

L’ex-Twitter n’est mentionné qu’à la marge de la plainte de la FTC. Le réseau social d’Elon Musk a pourtant lui aussi maille à partir avec la GARM. En août 2024, X a ainsi déposé plainte contre les géants de la publicité pour pratiques anticoncurrentielles. La plateforme estimait alors que l’alliance des agences avait agi en sous-main pour assécher ses recettes publicitaires.

Beaucoup d’annonceurs se sont effectivement détournés de X suite à la reprise du réseau social par Elon Musk, en invoquant la prolifération de contenus inappropriés, mais les agences publicitaires ont toujours nié s’être accordées pour enclencher ou favoriser un tel mouvement. La GARM a tout de même annoncé sa dissolution trois jours après le dépôt de la plainte de X, affirmant n’être qu’une petite association aux moyens bien insuffisants pour faire face à une telle procédure.

L’affaire a tout de même suivi son cours en justice, la WFA ayant elle aussi été poursuivie aux côtés de la défunte GFAM, avec une issue qui s’est finalement révélée défavorable à X. Un rapport de la Commission judiciaire de la Chambre des représentants des États-Unis (House Judiciary Committee) avait pourtant lui aussi dénoncé l’influence de la GARM sur les revenus publicitaires de Twitter en juin 2025.

Dans son jugement rendu le 26 mars 2026 (PDF), la juge Jane Boyle a en effet statué que X n’avait pas apporté la preuve d’un quelconque préjudice pouvant être imputé à une action concertée des agences de publicité. Dit autrement, si les annonceurs se sont détournés de X, c’est de leur propre chef, a estimé la juge.

Toujours très prolixe sur son réseau social, Elon Musk n’a pour l’instant pas commenté l’annonce de cet accord qui lui permet finalement d’obtenir gain de cause, même si c’est de façon indirecte.

La FTC indique que Omnicom et IPG, les deux grandes agences états-uniennes d’achat média engagées dans un processus de fusion, devraient elle aussi signer cet accord. En juin 2025, l’autorité avait explicitement (PDF) conditionné son accord au projet de fusion à un assouplissement des règles en matière de brand safety.

❌