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☕️ L’UE veut l’ouverture d’Android aux IA rivales : Apple vole au secours de Google

13 mai 2026 à 15:02


Google reçoit un coup de main d’Apple, pour éviter d’avoir à donner aux IA concurrentes un accès à Android. Fin avril, dans le cadre du règlement sur les marchés numériques (DMA), la Commission européenne envoyait au moteur de recherche ses « conclusions préliminaires » concernant le contrôle de certains fonctions du système d’exploitation par les assistants IA. Seul Gemini est aujourd’hui en mesure d’accéder aux profondeurs d’Android — une pratique qui s’est encore renforcée avec l’annonce de Gemini Intelligence.

Bruxelles a ouvert une consultation publique, qui s’est achevée aujourd’hui, mercredi 13 mai. Et Apple est venue au secours de Google, comme le rapporte Reuters. Les mesures proposées par l’exécutif européen « soulèvent des préoccupations urgentes et sérieuses ». La Commission veut en effet que les IA rivales bénéficient du même niveau d’accès que Gemini, ce qui leur permettrait d’envoyer des courriels, partager des photos ou lancer une action dans une app tierce.

Apple vs EU : le bras de fer
Illustration : Flock

C’est une mauvaise idée selon Apple, car cette ouverture créerait « des risques profonds pour la confidentialité, la sécurité et la sûreté des utilisateurs, ainsi que pour l’intégrité et les performances des appareils ». Ce coup de main n’a rien d’innocent : le constructeur de Cupertino pourrait en effet être obligé de faire de même sur iOS. 

Les risques posés par un accès total aux couches basses d’Android sont « particulièrement aigus dans le contexte de systèmes d’IA en évolution rapide » : leurs capacités, leurs comportements et les vecteurs de menace restent en effet « imprévisibles ». 

Cette intervention d’Apple ne manque pas de sel : une rumeur de Bloomberg indiquait que l’entreprise pourrait autoriser l’utilisation d’un autre modèle que ceux d’Apple Intelligence pour propulser les fonctions IA d’iOS 27… soit ce que demande la Commission. Mais bien sûr, si cela devait arriver, ce serait Apple qui dicterait ses conditions à la concurrence, pas un régulateur.

Le groupe s’interroge plus largement sur l’expertise technique de la Commission, qui voudrait « redesigner » un système d’exploitation. L’autorité européenne « substitue son propre jugement à celui des ingénieurs de Google sur la base de moins de trois mois de travail. C’est d’autant plus dangereux que la seule valeur qui semble guider ces projets de mesures est un accès ouvert et sans restriction. »

En octobre dernier, Apple portait plainte contre l’UE devant la Cour de justice (CJUE) au Luxembourg, sur le dossier du DMA.

Tokenmaxxing : quand les salariés d’Amazon brûlent des tokens pour se faire bien voir

13 mai 2026 à 06:50
La course au token
Tokenmaxxing : quand les salariés d’Amazon brûlent des tokens pour se faire bien voir

Des salariés d’Amazon utilisent un outil maison équivalent à OpenClaw pour brûler des tokens et générer artificiellement de l’activité IA pour éviter de mauvaises évaluations. Ce phénomène du « tokenmaxxing » n’est pas propre à Amazon.

Les entreprises qui investissent lourdement dans l’IA générative poussent leurs employés à utiliser cette technologie au quotidien, ne serait-ce que pour justifier les sommes ahurissantes mises sur la table pour développer des modèles et faire pousser les centres de données. Amazon en fait partie : le géant du commerce en ligne a ainsi annoncé 200 milliards de dépenses d’investissement (capex) pour 2026 : il faut prouver que tout cet argent sert à quelque chose et les salariés sont mis à contribution.

Amazon a lancé il y a quelques semaines un nouvel outil interne, MeshClaw, qui fonctionne sur le même principe qu’OpenClaw. Il permet de déployer des agents IA pour accomplir des tâches au nom de l’utilisateur : MeshClaw peut ainsi trier des courriels, interagir dans la messagerie Slack, déployer du code, surveiller des apps ou encore exécuter des tâches répétitives.

Le Financial Times rapporte que certains salariés d’Amazon font tourner MeshClaw non pas parce qu’ils en ont besoin, mais pour générer artificiellement de l’activité IA et améliorer leurs statistiques.

Si les stats d’utilisation de tokens IA ne sont pas censées servir à l’évaluation des performances des salariés d’Amazon, plusieurs d’entre eux ressentent une pression très forte pour les intégrer dans leur travail. L’entreprise a fixé des objectifs ambitieux : dépasser le seuil des 80 % de développeurs utilisant l’IA chaque semaine. La direction aurait aussi commencé à suivre la consommation de tokens dans des classements internes.

« Les managers regardent ces chiffres », affirme un employé sous le sceau de l’anonymat. « À partir du moment où l’usage est surveillé, ça crée des effets pervers et certaines personnes deviennent très compétitives là-dessus. » À cela s’ajoutent des craintes concernant l’autonomie assez large donnée aux agents MeshClaw, qui a accès à des outils internes sensibles. Ce qui ouvre la porte à des erreurs pouvant provoquer de sérieux incidents.

Le nouveau Graal de la Silicon Valley

Ce phénomène du « tokenmaxing » n’est pas circonscrit à Amazon. De nombreuses entreprises ont des objectifs d’usage de l’IA, ce qui peut déboucher sur des abus. Un tableau de bord interne chez Meta attribuait des statuts (« Token Legend ») aux employés qui consommaient le plus de tokens. Ce classement, développé par un employé sans l’aval du groupe, a été retiré depuis… même s’il existe un tableau de bord officiel qui suit l’usage de l’IA au global (pas uniquement la consommation de tokens).

Une étude réalisée par Jellyfish publiée le mois dernier remettait en cause cette idée très répandue dans la Silicon Valley (et ailleurs) que les gains de productivité sont liés à la consommation de tokens IA. Les auteurs ont analysé les usages de 12 000 développeurs répartis dans 200 entreprises au premier trimestre 2026.

Le premier enseignement, c’est qu’il existe une grande disparité dans la consommation de tokens : un développeur « médian » utilise environ 51 millions de tokens par mois, quand les 10 % des plus gros consommateurs dépassent les 380 millions de tokens mensuels. Une consommation massive qui coûte très cher, environ 52 dollars par mois pour un utilisateur moyen selon les tarifs de l’API Claude, mais près de 700 dollars par mois pour les plus gros utilisateurs.

C’est le rapport coût/productivité qui est le plus intéressant ici. Les développeurs qui consomment énormément de tokens produisent effectivement davantage de code, et même s’il est correct, il nécessite davantage de travail : plus d’allers-retours, plus de supervision humaine, plus de corrections, et au bout du compte plus d’abandon de code. Tout cela fait grimper la facture bien plus vite que la productivité gagnée.

Les auteurs de l’étude estiment que les 20 % des développeurs les plus économes en tokens génèrent en moyenne 11 modifications de code validées et intégrées aux projets (pull request fusionnées) pour 3 dollars de tokens sur un trimestre. Les 20 % des plus gros consommateurs en comptabilisent en moyenne 23, mais la facture est de 1 822 dollars.

Consommer plus de tokens permet effectivement de produire davantage, mais le coût unitaire se révèle bien plus élevé. L’étude dresse une comparaison intéressante : les tokens ressemblent à du carburant de fusée. On peut aller plus vite mais chaque gain supplémentaire nécessite énormément plus de ressources. Dans ces conditions, un usage modéré et raisonnable de l’IA semble bien plus indiqué que de forcer une consommation poussée à l’extrême.

Google troque le Chromebook pour un Googlebook dopé à Gemini Intelligence

13 mai 2026 à 06:01

Google troque le Chromebook pour un Googlebook dopé à Gemini Intelligence

Google n’attend pas l’ouverture de son événement I/O la semaine prochaine pour lever le voile sur un gros paquet de nouveautés qui, sans trop de surprise, tournent beaucoup autour de l’intelligence artificielle. Mais il y a tout de même quelque chose de nouveau (et d’inattendu) du côté du matériel.

Pour fêter les 15 ans du Chromebook, Google a décidé de… tuer le Chromebook. À l’occasion de l’Android Show, le moteur de recherche a en effet dévoilé le Googlebook, un nouvel ordinateur portable qui consacre la fusion entre Android et ChromeOS — c’est le fameux système d’exploitation unifié Aluminium OS, sur lequel Google planche depuis des années.

L’entreprise donne très peu de détail sur le matériel en lui-même, si ce n’est que les ordinateurs seront conçus « avec des matériaux haut de gamme et un soin particulier ». Ils porteront tous une barre lumineuse « glowbar » sur le capot, histoire de faire joli. En revanche, Google en dit un peu plus sur le logiciel et l’IA intégrée.

Le Googlebook est un ordinateur taillé pour Gemini, et même pour « Gemini Intelligence ». C’est le nom donné par le moteur de recherche aux fonctions d’IA basées principalement sur les agents. Les smartphones Android y auront droit (on s’en reparle très vite), mais le Googlebook est le premier appareil à avoir été imaginé spécifiquement pour ces fonctionnalités IA.

L’équipe de Google Deepmind a ainsi été mise à contribution pour développer le Magic Pointer : en secouant le curseur à l’écran, on activera un menu contextuel contenant des suggestions IA. En visant une date présente dans un courriel, le curseur magique va proposer de l’ajouter dans l’agenda. Ce même curseur proposera aussi de combiner deux images après leur sélection.

On verra à l’usage s’il s’agit d’un outil vraiment utile ou d’un Clippy dopé à l’IA encore plus pénible que l’original. Le système d’exploitation du Googlebook — qui ne porte pas de nom pour l’instant — proposera de créer des widgets personnalisées en le demandant dans une fenêtre texte.

L’accès à un smartphone Android sur le Googlebook depuis la barre des tâches.

L’OS du Googlebook reposant en partie sur des technologies Android, il communique de manière transparente avec un smartphone Android. Les apps du téléphone s’ouvrent sur le portable quand on n’a pas le temps de le dégainer ; voilà qui n’a rien de franchement original. Microsoft, Samsung et Apple n’ont pas attendu Google pour développer des solutions similaires.

Plusieurs constructeurs sont sur les rangs pour fabriquer des Googlebook : Acer, Asus, Dell, HP et Lenovo. Les premiers modèles devraient être commercialisés cet automne. Aucun prix n’a été avancé, ce qui est probablement plus prudent vu la situation des composants mémoire actuellement.

Gemini Intelligence met de l’IA partout

La grande affaire du jour, c’est surtout Gemini Intelligence, qui fera son apparition sur les smartphones Samsung et les modèles Pixel les plus récents cet été, probablement dans les bagages d’Android 17. Il s’agit d’imposer les agents au quotidien. Google vante ainsi la capacité de Gemini d’effectuer des tâches complexes dans les apps, avec ou sans données contextuelles comme une photo ou une capture d’écran.

 

L’entreprise donne l’exemple d’une liste de courses dans l’app Notes. Un appui prolongé sur la bouton d’allumage du smartphone sur cette liste lancera Gemini qui remplira un panier dans une app de livraison d’épicerie. Autre exemple : en prenant la photo d’une brochure de voyage, l’utilisateur pourra demander à Gemini de créer une excursion similaire dans Expedia. L’assistant fera connaitre où il en est de ses élucubrations via des notifications. Et bien sûr, il vous reviendra de valider une commande (ouf).

Après avoir fourré Gemini dans tous les coins de la version de bureau de Chrome, le tour de Chrome mobile est arrivé. À partir de la fin juin, l’assistant niché en haut à droite de la barre de menu pourra rechercher, résumer et comparer du contenu en ligne. Le navigateur pourra également puiser des informations dans d’autres applications. Ces nouveautés seront proposées sur tous les smartphones sous Android 12 et au-delà, aux États-Unis pour commencer.

Le remplissage automatique des formulaires est une fonction discrète mais qui a certainement contribué à faire progresser l’humanité d’un pas de géant (j’exagère à peine). Gemini pourra piocher dans les informations personnelles de l’utilisateur pour remplir encore plus de ces petits formulaires mal adaptés aux écrans mobiles.

Une nouvelle interface verra le jour spécialement pour Gemini Intelligence, basée sur le langage de design Material 3 Expressive. Elle est pensée pour réduire les distractions et mettre en avant les informations qui comptent.

Quelques nouveautés pour Android aussi

Gemini Intelligence est une chose, et il est très clair que Google est très loin d’en avoir terminé avec ce bouquet de fonctions IA. Mais il y a aussi Android tout court. Plusieurs nouveautés ont été présentées hier, à commencer par Pause Point qui limite l’usage compulsif des apps addictives — il faudra au préalable l’activer dans les réglages.

Pause Point.

Au lancement d’une application, Android pourra imposer une pause de 10 secondes pour inciter l’utilisateur à se demander s’il veut vraiment doomscroller pendant des heures. Durant ce laps de temps, la fonction propose de faire un exercice de respiration, définir une limite de temps ou se tourner vers une activité moins chronophage comme lire un livre (ce qui peut être tout aussi addictif). Désactiver Pause Point nécessitera de redémarrer le smartphone, une contrainte qui poussera certains à la laisser active.

La fonction Quick Share de partage instantané de document s’est récemment enrichie du support d’AirDrop, une technologie jusqu’à présent réservée aux appareils Apple. Disponible sur les appareils Pixel depuis novembre dernier, elle s’est ouvert aux modèles de Samsung. Dans le courant de l’année, elle sera aussi disponible sur des modèles de Vivo, Xiaomi, Oppo, OnePlus et Honor. Et sur les téléphones qui ne sont pas compatibles, Quick Share proposera un code QR pour partager du contenu avec les appareils iOS depuis le nuage.

La migration depuis un iPhone.

Google et Apple continuent leur travail commun pour faciliter la migration entre Android et iPhone, et inversement. Le processus de transfert de données entre smartphones ajoute celui de l’eSIM, ce qui sera bien pratique, et pourra fonctionner sans fil. Ce changement sera disponible sur les Pixel et les Galaxy de Samsung.

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☕️ Daybreak, la nouvelle plateforme cybersécurité d’OpenAI

12 mai 2026 à 14:30


OpenAI ne veut pas se laisser distancer par Anthropic sur le terrain de la cybersécurité. Avec Daybreak, le créateur de ChatGPT a lancé sa réponse à Mythos : l’idée est la même dans les deux cas (équiper les défenseurs d’un outil IA de chasse aux bugs), mais la pratique diffère.

Daybreak est la réplique d’OpenAI au Mythos d’Anthropic. Ce dernier a fait grand bruit le mois dernier : il serait si puissant que son créateur a décidé d’en limiter la diffusion à une quarantaine d’organisations et d’entreprises au travers du projet Glasswing. Un déploiement à la discrétion d’Anthropic : l’Union européenne est toujours exclue du club.

Illustration : Flock

OpenAI prend un autre chemin avec Daybreak. Cette nouvelle initiative a pour objectif d’« accélérer le travail des défenseurs et sécuriser les logiciels en continu ». Là où Mythos est un modèle de langage, Daybreak est davantage une plateforme regroupant plusieurs services. Il combine Codex Security avec différents modèles : GPT-5.5, GPT-5.5 avec Trusted Access for Cyber (TAC) et GPT-5.5-Cyber.

Codex Security (anciennement Aardvark⁠) a été lancé début mars. Cet « agent de sécurité » est chargé d’identifier, de valider et de corriger des vulnérabilités dans le code. Il s’appuie par défaut sur GPT-5.5, mais on peut utiliser le modèle TAC dédié à la cybersécurité, accessible via un programme d’accès de confiance. Le dernier palier, GPT-5.5-Cyber, dévoilé le 7 mai, se présente comme le plus puissant du lot.

Les organisations intéressées peuvent demander un « scan de vulnérabilité » afin d’identifier les problèmes de sécurité présents dans le code de leurs infrastructures informatiques. Il s’agit certes d’un simple formulaire, mais il existe au moins une procédure standardisée pour faire partie du programme, alors que l’extension du projet Glasswing est laissée aux bons soins d’Anthropic.

Sam Altman explique vouloir travailler « avec le plus d’entreprises possible » pour sécuriser leurs logiciels. OpenAI semble se montrer proactif : l’entreprise est allée frapper à la porte de la Commission européenne pour proposer un accès à ses LLM cyber.

L’IA aurait aidé des pirates à développer un exploit zero-day, une première selon Google

12 mai 2026 à 07:03
Un assistant IA pour les pirates
L’IA aurait aidé des pirates à développer un exploit zero-day, une première selon Google

Un « avant-goût de ce qui nous attend » : c’est ainsi que John Hultquist, chef analyste du Google Threat Intelligence Group (GTIG), a qualifié la découverte du labo. Les chercheurs en sécurité de l’entreprise ont identifié un acteur malveillant utilisant un exploit « zero-day » vraisemblablement développé avec l’aide de l’IA.

Le ou les cybercriminels prévoyaient d’exploiter cette vulnérabilité « dans le cadre d’une campagne d’exploitation massive ». Cette « découverte proactive » a permis d’éviter le pire, même si Google ne peut pas exclure que la vulnérabilité — implémenté sous la forme d’un script Python — a pu être exploitée à plus petite échelle (le labo n’a cependant pas vu de campagne active). Le GTIG se veut discret : il ne révèle pas le nom des criminels, mais précise que des acteurs en Corée du Nord et en Chine s’intéressent à l’utilisation de l’IA pour débusquer des failles de sécurité.

La faille a été corrigée

Google n’indique pas non plus le logiciel affecté par cette faille, si ce n’est qu’il s’agit d’un outil d’administration open-source très utilisé. La vulnérabilité permettait de contourner la double authentification (2FA), mais les pirates devaient au préalable connaître les identifiants et mots de passe de leurs victimes. Le GTIG a prévenu de manière responsable l’éditeur concerné, dont le nom n’a pas été révélé, pour corriger la faille.

Le groupe de chercheurs constate que les acteurs malveillants utilisent de plus en plus les outils d’IA des assistants « niveau expert » pour la recherche de vulnérabilités et le développement d’exploits, y compris pour des failles zero-day. Le verre à moitié plein, c’est que ces mêmes outils sont aussi aux mains des défenseurs. Ce serait la raison pour laquelle OpenAI et Anthropic réservent leurs modèles de cybersécurité à des organisations et des entreprises triées sur le volet.

De la même manière, le GTIG ne dévoile pas le modèle IA utilisé pour cette faille. « Nous ne pensons pas que Gemini a été utilisé », avance-t-il prudemment. Mais la structure et le contenu de l’exploit donne au labo de fortes raisons de croire que l’acteur a eu recours à un modèle AI « pour faciliter la découverte et l’exploitation de cette vulnérabilité ».

Les LLM de plus en plus finauds

Les grands modèles de langage actuels ont encore du mal à appréhender les logiques complexes d’autorisation en entreprise, détaillent les chercheurs. Par contre, « ils sont de plus en plus capables d’effectuer un raisonnement contextuel en interprétant l’intention du développeur ». Dans le cas qui nous intéresse, la faille ne provient pas d’un bug technique classique, mais d’un passe-droit intégré directement dans le code qui permettait dans certains cas de contourner la 2FA.

Les chercheurs estiment que les LLM sont particulièrement efficaces pour identifier ces erreurs logiques de haut niveau, qui sont souvent invisibles pour les outils de détection traditionnels. Cette découverte est qualifiée de première par Google et par des spécialistes en cybersécurité indépendants. 

« Nous pensons que ce n’est que la partie émergée de l’iceberg », s’alarme John Hultquist auprès du New York Times. « Le problème est probablement bien plus vaste ; c’est simplement la première preuve tangible que nous pouvons observer. » Il est évidemment difficile d’assurer à 100 % que du code a été écrit par un humain ou une IA. Mais dans ce cas précis, les indices relevés par le GTIG (trop de texte explicatif, un style de code très propre et scolaire, une mise en forme jugée caractéristique des données d’entraînement des LLM) font pencher nettement la balance vers l’hypothèse IA.

Ce premier cas possible de faille zero-day développée avec l’IA devrait en tout cas renforcer les appels à un encadrement plus strict des modèles IA les plus avancés. L’administration Trump voudrait ainsi avoir un droit de regard sur les LLM avant leur diffusion, pour s’assurer de leur innocuité.

Avec iOS 26.5, Apple ouvre un peu plus son jardin fermé dans l’UE et ailleurs

12 mai 2026 à 06:01
L'innovation dictée par les régulateurs
Avec iOS 26.5, Apple ouvre un peu plus son jardin fermé dans l’UE et ailleurs

Apple innove contre son gré. iOS 26.5, dont la version finale est disponible depuis lundi, est plein de fonctions qui ont été dictées au constructeur par des régulateurs. Outre le support du RCS chiffré de bout en bout, plusieurs nouveautés destinées aux utilisateurs européens et brésiliens sont au rendez-vous.

Soyons justes : la prise en charge du chiffrement de bout en bout dans les RCS, une des grosses nouveautés d’iOS 26.5, n’est pas le fait d’un coup de pression d’un gouvernement. C’est le résultat d’un travail commun entre Apple et Google pour sécuriser les échanges entre iOS et Android. Néanmoins, le constructeur de Cupertino s’est fait tirer l’oreille pendant des années pour intégrer le RCS tout court dans son application Messages. Et il n’a cédé qu’après que la Chine en a exigé le support.

Ce qui est en revanche le résultat direct d’une demande d’un régulateur — en l’occurrence l’Union européenne —, c’est le jumelage de proximité entre un iPhone et une paire d’écouteurs tierce. Avec iOS 26.5, la procédure doit maintenant être aussi simple et rapide que pour des AirPods. Il suffit d’approcher des écouteurs (compatibles avec la fonction) pour initier et compléter le processus d’appairage en une « tape ». Ce qui évite des manipulations parfois compliquées ou l’installation d’une app tierce.

Apple cède, contrainte et forcée

Toujours dans l’UE, les utilisateurs de montres connectées (et d’autres accessoires tiers) qui reçoivent des notifications provenant de l’iPhone peuvent désormais interagir avec ces alertes. C’était auparavant un privilège de l’Apple Watch ; les autres appareils devaient se contenter de notifications en lecture seule. Il faut néanmoins avoir en tête que les notifications ne peuvent être connectées qu’à un seul appareil à la fois : les activer sur un accessoire tiers désactivera les alertes sur une Apple Watch.

Image : 9to5Mac

Enfin, les activités en direct peuvent également s’afficher sur des accessoires tiers. Ce sont des notifications rafraîchies régulièrement, pour indiquer l’heure d’arrivée d’une course Uber par exemple. Jusqu’à présent, seuls l’iPhone, l’iPad, le Mac et les Apple Watch pouvaient afficher ces activités.

Ces fonctions sont apparues dans les versions bêta d’iOS 26.3, mais comme le note MacRumors, elles sont effectives et disponibles partout dans l’UE avec iOS 26.5. 

Les fabricants doivent encore intégrer ces changements dans les firmwares de leurs produits, ce qui explique pourquoi bien peu d’entre eux sont compatibles avec ces nouveautés. iGeneration avait relevé début février la compatibilité de certaines montres Garmin avec le nouveau système de jumelage simplifié.

La section 3.3.7(J) de l’accord de licence du programme Apple Developer a par ailleurs été mis à jour le 30 mars pour refléter ces évolutions. Il y est notamment écrit que les notifications ne peuvent pas être utilisées pour de la publicité, pour entraîner des modèles, pour collecter des données de localisation, ou pour nourrir un profil de suivi publicitaire.

Ce n’est pas la première fois qu’Apple doit repousser les murs de son jardin fermé dans l’Union européenne. En vertu du règlement sur les marchés numériques (DMA), l’entreprise a ainsi dû travailler avec Google sur une fonction de transfert simplifié des données pour faciliter la migration entre un iPhone et un smartphone Android, et vice-versa. iOS 26.5 apporte d’ailleurs une nouveauté ici : l’utilisateur peut choisir les pièces jointes attachées aux messages qu’il veut transférer sur son nouveau téléphone.

Ce qu’Apple donne d’une main, elle le reprend de l’autre : en novembre dernier, le constructeur prévenait que les futures versions (à l’époque) d’iOS 26.4 et de watchOS 26.4 allaient supprimer une fonction dans l’UE. En l’occurrence, il s’agissait de la connexion automatique aux réseaux Wi-Fi connus sur l’Apple Watch. L’entreprise ne voulait pas ouvrir cette fonction à la concurrence, car elle aurait pu poser des problèmes de protection de la vie privée.

Pour terminer, iOS 26.5 ouvre aux utilisateurs brésiliens la possibilité d’installer des boutiques alternatives à l’App Store, comme au Japon et dans l’UE. Là aussi, Apple ne l’a pas fait de gaieté de cœur, il s’agit d’une exigence du régulateur.

Pour la CNIL, les lunettes connectées sont une menace sérieuse pour la vie privée

12 mai 2026 à 05:20
Caméra cachée (sur le nez)
Pour la CNIL, les lunettes connectées sont une menace sérieuse pour la vie privée

Les lunettes connectées présentent des risques majeurs pour la vie privée, alerte la CNIL qui lance un plan d’action pour répondre à ce « nouveau défi ».

La CNIL s’inquiète des risques que font peser les lunettes connectées pour la vie privée. Leur utilisation est bien sûr soumise au règlement général sur la protection des données (RGPD) et à la loi Informatique et Libertés, mais ces appareils dépassent le cadre juridique actuel. La commission relève ainsi que les lunettes peuvent capter des sons, des images et des vidéos de personnes sans que celles-ci en aient nécessairement conscience.

Le risque de la surveillance généralisée

Les modèles Ray-Ban de Meta intègrent une loupiote qui s’allume dès que le propriétaire prend une photo ou enregistre une vidéo. Mais cet indicateur a une « portée limitée » et il est absent pour certains usages. Contrairement aux smartphones qu’il est impossible de ne pas voir quand quelqu’un filme avec, les lunettes sont un objet du quotidien qui n’a habituellement pas cette finalité ; il existe donc un risque « important » que les lunettes ne soient pas identifiées comme un appareil connecté par les personnes se trouvant dans le champ de captation. Ces montures présentent donc « un caractère particulièrement intrusif ».

La CNIL s’inquiète du risque important de surveillance généralisée et une forme de banalité induite : n’importe qui est en mesure de filmer n’importe quoi n’importe où, aussi bien en privé qu’en public. Voilà qui pourrait avoir des conséquences importantes dans les interactions sociales entre citoyens, et même conduire à des dérives.

« Toute personne pourrait ainsi douter de manière constante d’un enregistrement potentiel de ses moindres faits et gestes et de ses échanges, créant un sentiment d’être constamment observée, voire surveillée, et engendrant peu à peu une forme d’autocensure. L’exercice des libertés individuelles (libertés d’expression, de réunion, de manifestation) s’en trouverait directement menacé. »

La CNIL cite l’article 9 du Code civil, qui garantit le droit au respect de la vie privée de chacun dans tous les lieux privés comme publics, et n’oublie pas de rappeler les sanctions en cas de violation de l’article 226 - 1 du Code pénal : jusqu’à un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour le fait de porter atteinte à l’intimité de la vie privée d’autrui en fixant, enregistrant ou transmettant l’image d’une personne se trouvant dans un lieu privé sans son consentement.

Les enjeux liés aux lunettes connectées dépassant le cadre d’intervention de la CNIL, le régulateur lance donc des travaux sur la conformité de ces appareils en matière de protection des données personnelles. D’abord en engageant une discussion avec ses homologues européens au sein du CEPD (Comité européen de la protection des données), puisque cette problématique ne concerne pas que la France. Les autres autorités publiques compétentes sur ces questions vont aussi être approchées car les enjeux vont plus loin que la seule question de la protection des données.

En attendant, la commission liste les bonnes pratiques à destination des porteurs de lunettes connectées, avec des conseils de bon sens comme prévenir les personnes à proximité quand on utilise ces montures, désactiver les fonctions de captation quand elles ne sont plus utiles, éteindre les fonctions connectées des lunettes quand il est demandé d’éteindre le téléphone et, moins évident, éviter d’utiliser ces lunettes dans les lieux où les personnes ne s’y attendent pas.

Dans tous les cas, la CNIL demande d’obtenir le consentement des personnes pour utiliser des photos ou des vidéos où elles apparaissent (le droit à l’image s’applique), et pour finir de réfléchir avant de partager quoi que ce soit : « une publication, même anodine, peut avoir des effets durables pour les personnes ».

Peu d’enthousiasme pour les lunettes connectées

Un sondage réalisé fin janvier par le laboratoire d’innovation numérique de la CNIL, avec Harris Interactive – Toluna indique que 57 % des personnes interrogées s’inquiètent du droit à l’image et du consentement des personnes. L’utilisation de l’IA à des fin de détournement ou de deepfakes vient ensuite (37 %), puis le vol ou la fuite de données collectées par les lunettes (34 %).

«  D’après ce que vous en savez ou l’idée que vous vous en faites, diriez-vous que les lunettes connectées peuvent être utiles ou pas utiles au quotidien ? ». Image : LINC

L’enquête révèle également que 87 % des sondés ont entendu parler des lunettes connectées, mais 9 % seulement ont eu l’occasion d’en tester, en particulier dans la catégorie 18 - 25 ans (25 %), et plus généralement chez les férus de technologies (29 %). 22 % des personnes interrogées ont de ce produit une vision plutôt négative, contre 20 % qui en ont une perception positive.

« De manière générale, êtes-vous d’accord ou pas d’accord avec chacune des affirmations suivantes concernant les lunettes connectées ? » Image : LINC

En termes d’utilisation, près de 8 personnes sur 10 (78 %) perçoivent les lunettes connectées comme une aide potentielle pour les personnes en situation de handicap visuel ou auditif. En revanche, 67 % trouvent qu’elles posent un problème d’atteinte à la vie privée, et 55 % un danger tout simplement (distraction, visibilité réduite). Enfin, et cela montre que les constructeurs ont encore du chemin à faire pour convaincre, 62 % des sondés ne veulent pas acquérir ce type d’appareil, contre 36 % d’enthousiastes. 1 % ont déclaré en posséder une paire.

Des dizaines d’associations de défense des libertés numériques ont publié une lettre ouverte mi-avril à destination de Mark Zuckerberg. Le texte souligne les risques que feraient peser les lunettes connectées sur « les victimes de violences conjugales, les cibles de harceleurs et d’agresseurs sexuels, les minorités religieuses, les personnes de couleur, les personnes LGBTQ+, ainsi que les femmes et les enfants, entre autres ». Les signataires demandent à Meta de renoncer au déploiement de la reconnaissance faciale dans ces appareils.

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☕️ SoftBank investirait jusqu’à 100 milliards de dollars dans des infrastructures IA en France

11 mai 2026 à 15:15


Le groupe SoftBank s’apprêterait à dévoiler un plan à 100 milliards de dollars pour doter la France de nouveaux centres de données. C’est du moins le projet qu’aurait monté Masayoshi Son, patron du conglomérat japonais, après une rencontre avec Emmanuel Macron.

Lors de sa visite au Japon fin mars, Emmanuel Macron a fait la tournée des popotes auprès des responsables politiques et des grands acteurs de l’économie de l’archipel. Parmi eux, Masayoshi Son, directeur général de SoftBank, opérateur télécom, fournisseur de services en ligne et surtout mastodonte des investissements tous azimuts. Selon Bloomberg, le président français lui aurait proposé d’établir des infrastructures IA dans l’Hexagone.

consommation de l'ia
Illustration : Flock

L’investisseur aurait été intrigué par cette approche provenant d’un chef d’État, alors qu’il est plus souvent sollicité par des dirigeants d’entreprise. Depuis, il étudierait sérieusement le projet et aurait même évoqué auprès de proches du dossier la possibilité de mettre jusqu’à 100 milliards de dollars sur la table. Gardons la tête froide : le montant final pourrait être beaucoup moins élevé. 

Ce d’autant que SoftBank a déjà fort à faire avec ses autres projets, dont l’initiative Stargate avec OpenAI, Oracle et le fonds émirati MGX — un investissement à 500 milliards qui semble presque modeste face aux plus de 700 milliards avancés par Microsoft, Meta, Amazon et Alphabet pour cette année. 

SoftBank s’est également engagée à investir plus de 60 milliards dans OpenAI pour en obtenir 13 % du capital et travaille de près avec la startup IA sur de nombreux projets.

La liste des investissements (réels et potentiels) de Masayoshi Son est très longue, de nombreux milliards promis n’ont toujours pas été concrétisés. Le projet français pourrait être dévoilé à l’occasion du sommet Choose France, le 19 mai. Les détails restent encore flous et la portée de l’annonce peut encore évoluer. 

En février 2025, à l’occasion d’un sommet pour l’action sur l’IA, Emmanuel Macron avait déjà annoncé 109 milliards d’euros d’investissements « dans les prochaines années », soit « l’équivalent pour la France de ce que les États-Unis ont annoncé avec “Stargate” », avait-il affirmé. Pour attirer les entreprises IA, le locataire de l’Élysée met en avant les capacités nucléaires de la France qui donnent aux centres de données « l’énergie la plus décarbonée d’Europe ».

☕️ Bruxelles obtient un accès à GPT-5.5-Cyber, mais ça bloque toujours avec Mythos

11 mai 2026 à 13:46


L’Union européenne a décroché son billet pour GPT-5.5-Cyber, le grand modèle de langage d’OpenAI spécialisé dans la cybersécurité. En revanche, les discussions se poursuivent avec Anthropic pour obtenir un accès à Mythos.

L’UE court après les LLM américains spécialisés dans la cybersécurité. Pour l’un d’entre eux, GPT-5.5-Cyber, c’est chose faite : la Commission européenne a confirmé l’accès au modèle de langage d’OpenAI. « Nous saluons la transparence d’OpenAI et sa volonté de donner à la Commission un accès à son nouveau modèle », s’est réjoui Thomas Regnier, le porte-parole à la souveraineté technologique. « Cela nous permettra de suivre de très près le déploiement de ce modèle, mais aussi de traiter plus directement certaines préoccupations en matière de sécurité. »

OpenAI est allé frapper à la porte de la Commission pour leur proposer un accès au modèle. Ce n’est que le début de la collaboration, la Commission doit par exemple déterminer qui pourra travailler sur GPT-5.5-Cyber au sein de l’UE. Plusieurs organisations pourraient y prétendre : la DG Connect (direction générale des réseaux de communication, du contenu et des technologies), l’AI Office (centre d’expertise pour l’IA), l’agence de cybersécurité Enisa… « Une étape après l’autre : nous discutons d’abord avec l’entreprise. Ensuite, nous verrons évidemment quelles seront les prochaines étapes », ajoute le porte-parole.

« Les laboratoires d’IA comme le nôtre ne devraient pas être les seuls arbitres de la cybersécurité », déclare George Osborne, responsable d’OpenAI for Countries. « La résilience repose sur des partenaires de confiance travaillant ensemble ». Les capacités de GPT-5.5-Cyber doivent être « accessibles aux nombreux défenseurs européens, et pas seulement à quelques-uns », ajoute-t-il en rappelant l’existence du plan d’action européen d’OpenAI pour la cybersécurité.

La déclinaison cyber de GPT‑5.5 est disponible depuis le 7 mai, dans un « aperçu limité » réservé aux « défenseurs chargés de sécuriser les infrastructures critiques », explique OpenAI. L’entreprise a élargi son programme TAC (Trusted Access for Cyber) au mois d’avril avec le lancement de GPT-5.4-Cyber ; il faut montrer patte blanche pour entrer dans le club, les partenaires étant vérifiés et approuvés par l’entreprise.

L’UE reste en revanche privée de Mythos. Thomas Regnier a indiqué qu’il y avait « un niveau d’engagement » avec Anthropic, « nous avons eu quatre ou cinq réunions avec l’entreprise ». Les discussions semblent aller bon train mais pour le moment, « nous ne sommes pas au même niveau [qu’avec OpenAI] ». Bruxelles salue « l’approche proactive adoptée par OpenAI, y compris sa volonté de nous donner accès au modèle », et voudrait bien que ça soit le cas avec Anthropic également.

Vibe coding : des milliers de web apps exposent des données sensibles en ligne

11 mai 2026 à 12:23
Une URL, et tout devient accessible
Vibe coding : des milliers de web apps exposent des données sensibles en ligne

Plus besoin de connaissances en HTML ou en JavaScript pour développer des web apps : il suffit de la décrire à une des plateformes de vibe coding qui se partagent un marché florissant. Mais la sécurité est le parent pauvre de cette pratique.

Les apps générées par IA publiées sur internet sont souvent peu sécurisées. Red Access, une entreprise spécialisée dans la sécurité dans le nuage, et son cofondateur Dor Zvi ont analysé des milliers de web apps créées avec des outils comme Lovable, Replit, Base44 et Netlify. Le résultat fait froid dans le dos : plus de 5 000 d’entre elles ne présentent aucune authentification ni véritable sécurité.

La simplicité c’est bien, la sécurité c’est mieux

Il suffit de trouver l’URL du site web pour accéder aux données de ces applications. D’autres n’opposaient comme résistance que des barrières faciles à franchir, comme l’obligation de se connecter avec une adresse email. Environ 40 % de ces web apps exposent des données sensibles, des documents confidentiels ou des historiques de conversation entre clients et chatbots. Dor Zvi tire la sonnette d’alarme chez Wired :

« Des organisations se retrouvent à divulguer des données privées via des applications créées avec le vibe coding. C’est l’un des plus grands cas de fuite où des personnes exposent des informations d’entreprise ou d’autres données sensibles à n’importe qui dans le monde. »

Parmi les trouvailles de l’équipe de Red Access : des plannings d’hôpitaux avec des informations personnelles sur des médecins, les achats publicitaires d’une entreprise, une présentation de lancement commercial, les registres de cargaisons d’une société de transport… Dans certains cas, Dor Zvi aurait pu obtenir les privilèges admin de certaines de ces apps en ligne — et même supprimer des comptes administrateurs.

Les plateformes de vibe coding permettent aux utilisateurs d’héberger leurs web apps directement sur leurs propres domaines. Pour mettre la main dessus, les chercheurs ont simplement utilisé Google ou Bing. Ils ont également trouvé plusieurs sites d’hameçonnage reproduisant ceux de grandes entreprises, créés et hébergés chez Lovable.

« Certains utilisateurs ont publié sur le web des applications qui auraient dû rester privées », explique Amjad Masad, le directeur général de Replit. « Qu’une application publique soit accessible sur internet est donc un comportement attendu. Les paramètres de confidentialité peuvent être modifiés à tout moment en un clic. » Rappelant l’existence d’outils de sécurité sur sa plateforme, le dirigeant s’engage à basculer les applications en mode privé et à informer les utilisateurs, si Red Access décide de lui transmettre une liste de ces derniers.

Masad reproche au passage le délai très court donné par la société de cybersécurité : « moins de 24 heures » avant de rendre l’affaire publique, ce qui n’a guère laissé de temps à Replit pour s’organiser. Le 6 mai, Replit annonçait que tous les utilisateurs du service, gratuit comme payant, peuvent publier leurs apps en mode privé. Une fonction qui était réservée auparavant aux clients Pro et Enterprise.

La responsabilité des plateformes

Chez Lovable, on indique également que les utilisateurs ont des outils de sécurité à leur disposition, « mais la manière dont une application est configurée relève au final de la responsabilité de son créateur ». Même discours du côté de Base44 : « Désactiver ces contrôles [de sécurité] est une action volontaire et simple, que n’importe quel utilisateur peut effectuer ». Une web app rendue publique est « un choix de configuration de l’utilisateur, et pas une faille de la plateforme ».

Base44 rappelle aussi qu’il est très simple de générer des données ressemblant à des vraies. Malgré tout, le risque d’exposer des informations confidentielles via des web apps vibe-codées reste réel. Ces outils sont utilisés par des utilisateurs n’ayant pas nécessairement le bagage technique suffisant pour sécuriser leurs données en ligne. 

« N’importe qui dans une entreprise peut générer une application à tout moment, sans passer par un cycle de développement standard ni par le moindre contrôle de sécurité », prévient Dor Zvi. Les plateformes ont une responsabilité ici, celle de mettre en place des garde-fous pour éviter un tsunami potentiel de fuites de données.

Mozilla industrialise la chasse aux bugs dans Firefox avec l’IA

11 mai 2026 à 09:42
Firefox sous perfusion de Mythos
Mozilla industrialise la chasse aux bugs dans Firefox avec l’IA

Firefox sert désormais de laboratoire grandeur nature pour éprouver de nouveaux outils de cybersécurité assistés par IA. En avril, Mozilla a corrigé la bagatelle de 423 vulnérabilités, la majorité ayant été débusquée par Mythos.

Mozilla ne tarit décidément pas d’éloges sur les capacités de Mythos à détecter des bugs et des failles de sécurité dans Firefox. En avril, des correctifs ont permis de corriger 423 vulnérabilités : les 271 bugs dans Firefox 150 déjà annoncés qui proviennent des analyses de Mythos, plus 41 bugs signalés par des chercheurs externes, et 111 découverts en interne avec d’autres méthodes. À comparer avec les 76 correctifs du mois de mars.

Mozilla

Une chose a changé dans l’utilisation des LLM par les développeurs de Firefox. Les tests réalisés ces dernières années avec GPT-4 ou Sonnet 3.5 s’avéraient certes prometteurs, mais au bout du compte « le taux élevé de faux positifs les rendait impraticables à grande échelle », écrivent Brian Grinstead, Christian Holler et Frederik Braun de Mozilla. Le mode opératoire était relativement classique : demander au modèle d’analyser du code jugé sensible pour repérer d’éventuelles vulnérabilités.

Des agents qui traquent les bugs

Les modèles agentiques ont changé la donne, soulignent-ils : « Ces systèmes peuvent trouver de véritables bugs et écarter les hypothèses impossibles à reproduire ». Claude Opus 4.6 a permis de mettre au point un « harnais agentique » qui interagit avec l’environnement de développement : il peut exécuter du code, vérifier si la faille existe réellement et générer des cas de test qu’il est possible de reproduire.

En substance, le LLM formule une hypothèse et tente lui-même de la valider. De quoi identifier « une quantité impressionnante de vulnérabilités jusque-là inconnues ». Les ingénieurs de Mozilla ont affiné et ajusté le comportement du modèle, et lorsque les résultats ont été jugés suffisamment bons, ils ont parallélisé les tâches sur plusieurs machines virtuelles éphémères. 

Le LLM n’est qu’une partie de ce Meccano de sécurité. L’infrastructure au complet inclut aussi la gestion du cycle de vie des vulnérabilités : orchestration, validation, triage, intégration avec d’autres outils internes. Ce « harnais », qui reste très spécifique au projet, peut ensuite fonctionner avec d’autres LLM, comme l’aperçu de Mythos. « Le système devient simultanément meilleur pour repérer des bugs potentiels, créer des cas de test de preuve de concept pour les démontrer, et expliquer précisément leur mécanisme ainsi que leur impact », indique Mozilla.

Ce travail de fond pour créer un pipeline autour des modèles de langage et les capacités accrues de ces derniers ont permis d’accélérer la détection et le développement de correctifs. « Il y a encore quelques mois, les rapports de bugs de sécurité générés par IA envoyés aux projets open source étaient surtout connus pour être du bruit inutile », rappellent les ingénieurs. Trier le bon grain de l’ivraie était chronophage : « il est simple et peu coûteux de demander à un LLM de trouver un « problème » dans du code, mais il est long et coûteux de vérifier puis de répondre à ces signalements. »

Tout a changé avec les nouveaux LLM plus puissants, et l’amélioration des techniques permettant d’exploiter ces modèles. C’est un cas d’usage spécifique pour Firefox qui peut ne pas s’adapter à d’autres organisations. 

L’IA n’écrit pas les correctifs

Brian Grinstead apporte un éclairage intéressant chez TechCrunch. Si l’équipe de Firefox utilise les LLM pour repérer des failles, les correctifs sont toujours écrits par des humains malgré les progrès des outils de développement assistés par IA. « Pour les bugs dont nous parlons dans ce billet, chaque correctif a été écrit par un ingénieur puis relu par un autre », explique-t-il.

Les développeurs demandent tout de même à l’IA de proposer des correctifs pour chaque bug, mais le code qu’elle produit ne peut pas être déployé tel quel. Il sert surtout de base de travail, car « nous n’avons pas constaté que cela pouvait être automatisé ».

Mozilla est suffisamment confiant pour partager 12 bugs corrigés sans attendre les plusieurs mois habituels avant une divulgation publique, « compte tenu du niveau d’intérêt extraordinaire suscité par ce sujet et de l’urgence des mesures à prendre dans l’ensemble de l’écosystème logiciel ». Ces bugs, qui permettent des échappements de sandbox, doivent être combinés à d’autres exploits pour compromettre Firefox.

« Nous n’avons pas encore découvert tous les bugs latents présents dans Firefox, mais nous sommes très satisfaits de la trajectoire actuelle », conclut le billet. La prochaine étape pour Mozilla est d’intégrer le système directement dans la chaîne de développement du navigateur : chaque nouveau correctif envoyé par un développeur pourrait être automatiquement analysé par le pipeline IA, ce qui permettrait de détecter les bugs quasiment au moment où ils sont intégrés dans le code de Firefox.

Sur le sujet de l’impact de l’IA sur le monde de la cybersécurité, illustré notamment par le phénomène médiatique Mythos, voir notre récent dossier :

☕️ Apple pourrait de nouveau utiliser des processeurs fabriqués par Intel dans ses produits

11 mai 2026 à 06:20


Six ans après avoir amorcé la transition des processeurs Intel vers ses propres puces dans les Mac, Apple s’apprêterait à travailler de nouveau avec le fondeur américain. Les deux entreprises se seraient accordées pour lancer la production de puces destinées à des appareils du constructeur.

Avec 200 millions d’iPhone vendus chaque année et des dizaines de millions de Mac et d’iPad, Apple a d’énormes besoins en composants électroniques. En ce qui concerne les puces qui motorisent ses produits, le constructeur fait appel aux capacités de production de TSMC mais un nouveau fournisseur pourrait bien faire son apparition à l’horizon : Intel. Après des « discussions intenses » qui ont duré plus d’un an, les deux entreprises auraient scellé un accord préliminaire, selon le Wall Street Journal.

L’indiscrétion ne va pas jusqu’à préciser quels appareils Apple seront équipés de puces Intel. De même, on ignore la finesse de gravure de ces puces même s’il est probable que le constructeur jette son dévolu sur le procédé 14A, le plus avancé du fondeur. Mais pour Apple comme pour Intel, cet accord tombe à pic.

Un système-sur-puce d’Intel.

Apple a longtemps été le premier client de TSMC, ce qui lui permettait de dicter les orientations et l’activité du géant taïwanais. C’est moins le cas aujourd’hui, la demande du secteur de l’IA est telle que c’est devenu le principal moteur de la croissance de TSMC. NVIDIA devrait ainsi prendre la première place dans le carnet de commandes de l’entreprise cette année, selon Tim Culpan.

Avoir sous la main un autre fournisseur est donc une opportunité intéressante pour Apple, qui sait mieux que personne négocier les prix les plus bas. Et pour Intel, c’est également une bonne affaire : depuis l’arrivée de Lip-Bu Tan l’an dernier à la tête du groupe en mars 2025, il fait des pieds et mains pour attirer de nouveaux clients. Avec un succès indéniable : NVIDIA et Tesla ont signé pour produire des puces dans les usines Intel. Et le tour d’Apple semble tout proche.

Intel, qui était alors au bord du gouffre, a bénéficié d’un gros coup de pouce de l’administration Trump. Le gouvernement s’est porté acquéreur de 9,9 % du capital du groupe, rompant au passage avec l’habituelle politique de laissez-faire économique américaine. Le WSJ rapporte que Donald Trump aurait personnellement fait l’article d’Intel auprès de Tim Cook, un familier de la Maison Blanche.

Le retour de puces fabriquées par Intel dans des produits Apple serait en tout cas un joli pied de nez de l’histoire, même s’il n’est pas question d’abandonner l’architecture ARM pour revenir au x86. En 2006, le constructeur de Cupertino intégrait les processeurs Intel dans ses Mac avant de commencer à s’en débarrasser à partir de 2020, pour les remplacer par des puces de sa conception. Une transition qui s’est achevée en 2023 avec le premier (et ultime : Apple ne le propose plus aucune tour à la vente) Mac Pro tournant sur du silicium Apple.

Google lance un nouveau bracelet Fitbit avec de l’IA sur abonnement

11 mai 2026 à 05:47
Gym Tonic 2.0
Google lance un nouveau bracelet Fitbit avec de l’IA sur abonnement

Le Fitbit Air est un nouveau bracelet de suivi de l’activité physique et sportive. Sans écran et relativement abordable, c’est un cheval de Troie vers le nouveau coach IA sur abonnement de Google.

Retour aux fondamentaux pour Fitbit. En 2012, le fabricant lançait un de ses premiers bracelets de suivi grand public, un simple moniteur d’activité porté au poignet. Ses successeurs ont connu un succès tel que le nom « Fitbit » est devenu synonyme de ce type de produit. L’entreprise a ensuite diversifié son catalogue avec des montres connectées et des bracelets équipés d’écran. 

Un bracelet à oublier au poignet

En 2021, Google se porte acquéreur de Fitbit et décide de déshabiller Pierre pour habiller Paul : les fonctionnalités et les algorithmes développées par Fitbit renforcent l’écosystème Google, notamment la famille Pixel Watch. Mais de son côté, la marque autrefois emblématique, perd peu à peu de son lustre sans toutefois rejoindre le fameux « cimetière Google ».

Le géant du web n’a pas complètement remisé Fitbit au placard : la marque a en effet lancé un tout nouveau produit original… enfin presque, puisqu’il rappelle les premiers temps de l’entreprise. Le Fitbit Air est en effet un module de suivi de l’activité, sans écran, qui se glisse dans un bracelet. Le boîtier, épais de 8,3 mm, pèse 5,2 grammes. Conçu en polycarbonate, il embarque un cardiofréquencemètre, des capteurs de saturation en oxygène (SpO2), un capteur de température qui mesure la température de la peau, ainsi qu’un moteur vibrant.

Ainsi armé, le Fitbit Air va relever la fréquence cardiaque (et même repérer les signaux de fibrillation auriculaire), compter le nombre de pas et les distances parcourues, mesurer la qualité du sommeil, détecter automatiquement un entraînement. Le module saura aussi vibrer au poignet pour vous réveiller. La batterie devrait assurer une autonomie jusqu’à 7 jours.

Le coach qui sait tout

Pour 99,99 euros, le Fitbit Air se situe plutôt dans la bonne moyenne de prix pour ce genre de produits (le Polar Loop, lui aussi sans écran, est vendu 180 euros). Mais ce qui distingue ce bracelet d’un autre, c’est — évidemment, pourrait-on dire — la présence envahissante de l’IA générative et de Gemini. L’appareil remplit des fonctions basiques gratuitement, mais les utilisateurs qui voudront aller plus loin sont fortement invités à souscrire à un abonnement Coach Google Health.

Dormez sur vos deux oreilles, Google vous regarde

Ce service a été dévoilé en octobre dernier, et il est disponible depuis sous la forme d’un aperçu public. Le lancement du Fitbit Air est son baptême du feu auprès du consommateur. Facturé 8,99 euros par mois, il est inclut dans les formules AI Pro et Ultra de Google.

Le porteur du Fitbit Air (ou d’une Pixel Watch) peut poser des questions à un bot santé, obtenir des programmes de remise en forme personnalisés en fonction de son style de vie, des infos plus détaillées sur le sommeil (tant il est vrai que cette mesure brute n’est pas très utile), une bibliothèque d’entraînements et de séances de pleine conscience, et « des informations proactives » sur le bien-être. Le coach peut par exemple remarquer que la variabilité de fréquence cardiaque s’est améliorée.

Le coach est accessible dans l’application mobile Android et iOS Google Health, qui remplacera l’app Fitbit (déshabiller Pierre…). Ce modèle « bracelet + IA sur abonnement » ne sort pas de nulle part : il a fait le succès de l’offre Whoop. Google se positionne donc sur ce marché du suivi de la santé facturé mensuellement, avant que d’autres ne se lancent à leur tour (tous les yeux sont tournés vers Apple).

Les fournisseurs IA s’intéressent également à la santé, comme on l’a vu en début d’année avec ChatGPT Santé. Mais le coach de Google a un avantage : il accède à une montagne de données mises à jour chaque jour par le bracelet, ce qui devrait lui éviter quelques uns des écueils des nouveaux LLM santé.

Reçu — 7 mai 2026 Next - Articles gratuits

☕️ X et Elon Musk visés par une information judiciaire en France

7 mai 2026 à 15:51


Une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Paris contre X (anciennement Twitter), Elon Musk et l’ex-directrice générale du réseau social, Linda Yaccarino. Une procédure qui s’ajoute à un dossier déjà bien épais.

La justice française n’en a pas terminé avec X. Le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire en janvier 2025 pour deux infractions potentielles : manipulation volontaire de l’algorithme et exploitation de données personnelles pour afficher de la publicité ciblée. La procédure découle des signalements du député Renaissance des Côtes-d’Armor, Éric Bothorel.

En juillet dernier, le parquet précisait ses soupçons : le réseau social chercherait à « biaiser le débat démocratique en France ». L’enquête avait été confiée aux bons soins des gendarmes de l’Unité nationale cyber. Elle portait entre autres sur l’« altération du fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données en bande organisée, ainsi que l’extraction frauduleuse de données d’un système de traitement automatisé de données en bande organisée ». 

X avait alors refusé d’ouvrir ses algorithmes, niait les allégations, notamment d’ingérence étrangère, et dénonçait une enquête motivée par des considérations politiques. Selon l’entreprise, la procédure porterait gravement atteinte à la liberté d’expression. Par conséquent, le réseau social a refusé de donner suite aux demandes du parquet et des gendarmes.

L’enquête portait également sur des infractions de contestation de crimes contre l’humanité, et la présence de messages à caractère antisémite et négationniste par Grok. En début d’année, le dossier s’était alourdi des faits d’atteinte à la représentation de la personne, en raison de l’explosion d’images générées par IA représentant des femmes et des mineures dénudées sans consentement.

Le 3 février, une perquisition était diligentée dans les locaux français du réseau social par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris.

Le 20 avril, Elon Musk et une vingtaine de dirigeants convoqués par la justice pour témoigner devant la section cyber ne se sont pas présentés. Mais l’enquête se poursuit malgré tout et franchit un nouveau cap : Le Monde rapporte maintenant l’ouverture ce mercredi 6 mai d’une information judiciaire contre X, Elon Musk et Linda Yaccarino, la directrice générale jusqu’en 2025.

Cela signifie que les faits sont considérés comme suffisamment graves ou sensibles pour qu’un juge d’instruction instruise le dossier avec des pouvoirs d’enquête étendus (perquisitions, saisies de documents, réquisitions techniques, auditions sous serment, etc.).

dessin de flock sur Musk

AI Act : l’Union européenne accorde un répit aux industriels

7 mai 2026 à 14:38
Un omnibus qui roule pour l'industrie de l'IA
AI Act : l’Union européenne accorde un répit aux industriels

Un pas en avant, deux pas en arrière. La mise en œuvre des mesures inscrites dans l’AI Act européen continue de danser la gigue, avec le report de plusieurs dispositifs ; en revanche, les protections contre les deepfakes non consensuels et les apps permettant de dénuder des personnes sont renforcées.

L’AI Act est entré en application en février 2025. Son objectif : « promouvoir l’adoption d’une IA axée sur l’humain et digne de confiance ». Difficile de s’opposer à une telle lettre de mission, mais la portée et la mise en œuvre des différents dispositifs du texte européen restent sujettes à modification… et même à des reculs.

Le Parlement européen et le Conseil de l’UE sont ainsi tombés d’accord sur l’omnibus dédié au numérique proposé par la Commission européenne en novembre dernier. Il a pour objet de « simplifier » les régulations pesant sur les entreprises. Plusieurs mesures, qui concernent l’implémentation du règlement sur l’IA, auraient été influencées par des « oligarques de la tech », comme le dénonçaient en début d’année des organisations spécialisées dans la surveillance des lobbies.

Le calendrier de l’AI Act bousculé

L’accord annoncé ce jeudi 7 mai modifie deux dates limites. Les règles applicables aux systèmes d’IA utilisés dans les domaines à haut risque (biométrie, infrastructures critiques, éducation, emploi, migration, droit d’asile, contrôle aux frontières) entreront en vigueur à compter du 2 décembre 2027. Soit 16 mois de délai, puisque la précédente date avait été fixée au 2 août 2026. Quant aux systèmes intégrés dans des appareils comme des jouets ou des ascenseurs, les règles ne s’appliqueront qu’à compter du 2 août 2028.

« Ce calendrier progressif doit permettre de s’assurer que les normes techniques et les autres outils d’accompagnement seront en place avant l’entrée en application des règles », écrit la Commission. Pas question de parler de reculade, Bruxelles cherche plutôt à faire valoir son pragmatisme : « Avec des règles plus simples et plus favorables à l’innovation, nous facilitons l’innovation sans abaisser les exigences en matière de sécurité », affirme ainsi Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission en charge de la Souveraineté technologique.

De nombreuses entreprises du secteur font pression sur l’exécutif européen pour adoucir l’AI Act, en particulier face aux États-Unis et à la Chine qui avancent très rapidement. Le 4 mai, en plein débat sur l’omnibus, Airbus, Mistral AI, Nokia ou encore ASML ont ainsi signé une lettre ouverte (une de plus) déplorant « des règles étouffantes, inutilement complexes et souvent redondantes, qui rendent extrêmement difficile le fait de suivre le rythme des avancées technologiques ».

Dont acte : en plus de ces reports, l’accord prévoit également « des règles simplifiées et une gouvernance plus claire ». Des avantages accordés à des PME vont s’étendre aux entreprises de taille intermédiaire. Des clarifications ont été apportées sur l’articulation entre l’AI Act et d’autres législations européennes sur la sécurité des produits afin d’éviter les doublons. Les fournisseurs d’IA auront accès à des « bacs à sable » réglementaires pour tester leurs solutions.

Les instances européennes en ont également profité pour intégrer des renforcements de la protection contre les apps de deepfakes non consensuels : l’accord interdit ainsi les systèmes IA qui génèrent du contenu à caractère sexuel explicite sans consentement et des images sexualisées d’enfants. Une réponse aux exactions de Grok en début d’année.

Dans le détail, cette interdiction s’appliquera à la mise sur le marché de systèmes IA ayant pour but de créer de tels contenus, ou qui n’ont pas mis en place de mesures de sécurité pour empêcher la création de ce type de contenus. Les entreprises auront jusqu’au 2 décembre 2026 pour se mettre en conformité.

La loi retarde également l’application des obligations de marquage numérique (« watermarking» en VO) des contenus générés par l’IA au 2 décembre 2026 (au lieu du 2 février 2027, comme le prévoyait la proposition de la Commission, et du 2 août 2026 comme initialement adopté dans l’AI Act), censées permettre de détecter et de retracer les contenus générés par IA.

Il reste désormais au Parlement européen et au Conseil d’adopter formellement cet accord, ce qui devrait être fait avant le 2 août.

Anthropic donne de l’air à Claude grâce à Colossus de SpaceX

7 mai 2026 à 06:42
Claude to the moon
Anthropic donne de l’air à Claude grâce à Colossus de SpaceX

Anthropic traverse une crise de croissance : les services proposés par la startup sont toujours plus populaires, mais les capacités de calcul ne sont pas extensibles à l’infini. Un nouvel accord avec SpaceX donne de l’air à Claude.

Anthropic a signé avec SpaceX pour accéder à la puissance de calcul de Colossus 1, le centre de données installé dans le Tennessee qui contient plus de 220 000 GPU de NVIDIA. Le labo IA va tout simplement utiliser l’intégralité des capacités de l’infrastructure, soit l’équivalent de 300 mégawatts de puissance de calcul. Un coup de turbo bienvenu, notamment pour l’inférence des services d’Anthropic, très courus.

Grok prête ses GPU

L’engouement pour Claude ne faiblit pas, en particulier du côté des entreprises et des développeurs : cette activité florissante permet à Anthropic d’afficher un chiffre d’affaires annualisé dépassant les 30 milliards de dollars. Revers de la médaille : Claude a du mal à suivre. L’entreprise a ainsi testé la suppression de l’option Claude Code de l’abonnement Claude Pro et imposé des limites d’usage durant les heures de pointe histoire de soulager ses serveurs.

Image : SpaceX

Si on ne connait pas les détails financiers de l’accord, il devrait donc satisfaire les deux parties. SpaceX va trouver quelque chose à faire faire à Colossus 1, et Anthropic accède à une réserve de puissance dont il a bien besoin.

D’ailleurs, la startup annonce dans la foulée la suppression des restrictions d’usage pendant les heures les plus chargées sur Claude Code (comptes Pro et Max), le relèvement du plafond des heures de Claude Code pour tous les abonnés (la quantité de tokens allouée par période de cinq heures est doublée), ainsi qu’une forte hausse des maximums d’entrées et de sorties de l’API pour Claude Opus.

Anthropic avait récemment signé pour 5 gigawatts avec Amazon, dont 1 GW dès la fin de l’année et pour 5 GW supplémentaires avec Google et Broadcom qui seront disponibles en 2027. Par ailleurs, un partenariat stratégique a été noué l’an dernier avec Microsoft et NVIDIA qui inclut 30 milliards de dollars de capacité Azure.

Et puisque tout cela n’est pas suffisant, Anthropic s’intéresse également au développement de centres de données en orbite, la dernière marotte de SpaceX dont la faisabilité reste encore à démontrer. L’entreprise l’admet d’ailleurs : « Si les obstacles techniques peuvent être surmontés, l’informatique spatiale offre une source d’énergie durable quasi illimitée, avec un impact moindre sur la Terre », explique-t-elle. C’est un grand « si ».

Claude Code sort des heures de pointe

En attendant, il faudra s’arranger avec les datacenters installés sur le plancher des vaches. Construit en 122 jours, Colossus 1 est devenu opérationnel en juillet 2024, où il sert principalement à entraîner Grok, le chatbot de xAI, et à d’autres activités en lien avec les entreprises d’Elon Musk. xAI, désormais intégré dans SpaceX, avait l’ambition de l’équiper d’un million de GPU, mais on en est encore loin. 

Quant au projet d’extension Colossus II annoncé en mars 2025, il se fait plus discret. Ses capacités de calcul sont utilisées pour entraîner les modèles de SpaceX, comme l’a confirmé Elon Musk. 

Le milliardaire, actuellement en pleine bisbilles de prétoires contre OpenAI, a tressé des lauriers à Anthropic : « J’ai passé beaucoup de temps la semaine dernière avec des membres seniors de l’équipe d’Anthropic afin de comprendre ce qu’ils font pour s’assurer que Claude soit bénéfique pour l’humanité, et j’ai été impressionné. Toutes les personnes que j’ai rencontrées étaient très compétentes et tenaient énormément à faire ce qui est juste. Aucune n’a déclenché mon détecteur de malveillance ». Nous voilà rassurés.

Il se réserve tout de même le droit de reprendre ces capacités de calcul si l’IA d’Anthropic adoptait des « comportements nuisibles à l’humanité ». Il est quelque peu singulier de voir Elon Musk et Anthropic travailler ensemble : le premier défend un modèle IA complètement débridé et sans censure (et qui va trop loin), le second a bataillé contre le Pentagone pour imposer des limites à l’utilisation militaire de ses technologies. Ce qui lui a valu d’être blacklisté par l’administration Trump.

Se rapprocher d’un ancien conseiller du président américain ne peut pas faire de mal. Enfin, et ce n’est pas négligeable, cet accord intervient alors qu’Anthropic et SpaceX préparent très sérieusement leur introduction en Bourse.

☕️ Google DeepMind s’attaque à EVE Online

7 mai 2026 à 06:08


Après le Go, les échecs et même StarCraft, DeepMind veut devenir maître d’un autre jeu, mais cette fois, ce sera autrement plus ardu : le laboratoire IA de Google s’attaque en effet au monument EVE Online

Google DeepMind va jouer à EVE Online. Le MMORPG, lancé en 2003 et toujours bon pied bon œil, est un jeu bien particulier. Il permet à des milliers de joueurs d’évoluer dans une galaxie persistante, New Eden, sur un seul et même serveur mondial. L’économie est entièrement gérée par les joueurs, qu’il s’agisse du commerce et des ressources, tandis que les corporations se font et se défont au rythme des alliances de circonstance et des trahisons… 

EVE Online offre un terrain de jeu potentiellement très fructueux pour le labo d’IA de Google, qui a déjà démontré ses capacités dans d’autres domaines, aux échecs ou au go bien sûr, mais aussi dans des jeux vidéo comme ceux d’Atari ou StarCraft IIEVE Online reste néanmoins un très gros morceau. Comme dans notre monde, New Eden est régulièrement secouée par des guerres, des campagnes d’influence, de l’espionnage industriel, de la manipulation de marché, de la propagande. 

Les chercheurs IA et en sciences sociales s’intéressent à ce jeu plus particulièrement, car il produit des comportements émergents très riches où les joueurs sont amenés à coopérer, à créer des cartels, à spéculer, à s’organiser et même à développer des doctrines militaires et politiques. Ces interactions sociales complexes sont un terreau fertile : « C’est une simulation unique en son genre pour tester une intelligence artificielle généraliste dans un bac à sable sécurisé », explique Alexandre Moufarek, directeur de Google DeepMind.

Cette phase initiale de recherche se déroulera dans des environnements contrôlés et hors ligne d’EVE Online. « Cela ouvre la porte à des travaux qui correspondent parfaitement à l’esprit d’EVE : des problèmes complexes, des horizons à long terme, des possibilités étranges, et des personnes prêtes à explorer ce qui vient ensuite », se réjouit Hilmar Veigar Pétursson, directeur général de Fenris Creations, l’opérateur islandais du jeu.

La portée et la nature des travaux de DeepMind dans EVE Online sont encore assez floues, mais on en saura plus à l’occasion de la Fanfest la semaine prochaine. Une rencontre est prévue avec Adrian Bolton, un des fondateurs du laboratoire.

Ce partenariat intervient à un moment bien particulier dans l’histoire de EVE Online. Depuis 2018, le jeu était opéré par Pearl Abyss, un éditeur coréen qui vient de publier le hit Crimson Desert. L’entreprise a cédé à Hilmar Veigar Pétursson CCP Games, le studio à l’origine du jeu, rebaptisé Fenris Creations. Le tout contre un chèque de 120 millions de dollars, soit bien moins que les 225 millions de l’acquisition de CCP.

La somme comprend en outre 20 millions en crypto, en l’occurrence des tokens du jeu EVE Frontier qui doit toujours faire ses preuves. CCP/Fenris et Pearl Abyss semblent toujours croire dans cette monnaie virtuelle adossée à une blockchain. Malgré cette tambouille, Fenris se porte bien : non seulement Google DeepMind a pris une petite participation au capital du studio (de l’ordre de quelques millions de dollars), mais encore les résultats enregistrés fin 2025 ont été les plus solides de ces dernières années.

Reçu — 6 mai 2026 Next - Articles gratuits

☕️ Meta voudrait prendre sa revanche sur OpenClaw avec Hatch

6 mai 2026 à 16:13


OpenAI a chipé OpenClaw au nez et à la barbe de Meta, mais qu’à cela ne tienne : le géant des réseaux sociaux développerait sa propre version de la plateforme d’agents IA avec « Hatch ». 

Meta préparerait une armée d’agents IA, croit savoir le site The Information. Les tests de cet agent autonome baptisé Hatch (le nom pourrait changer) débuteraient dès le mois de juin. Des simulations auraient déjà été effectuées dans des environnements web reproduisant des sites comme DoorDash, Etsy, Yelp ou encore Outlook.

Ça n’est pas réellement une surprise : Mark Zuckerberg a déjà télégraphié ses intentions en matière d’agents durant les derniers résultats de Meta. Il expliquait alors vouloir créer des assistants capables de « comprendre [les] objectifs [des utilisateurs] et travailler jour et nuit pour les atteindre ». Hatch aurait été entraîné avec des modèles Claude Opus et Sonnet 4.6 d’Anthropic, mais la version finale devrait tourner avec Muse Spark, le nouveau LLM maison.

Illustration : Flock

Meta travaillerait plus spécifiquement sur la mémoire de l’agent, sa capacité à prendre des initiatives, la gestion des outils et la compréhension de longues séquences d’informations. C’est le talon d’Achille des agents IA qui ont encore tendance à halluciner, à se tromper sur les prix ou sur des fiches produit. Mark Zuckerberg a reconnu ces difficultés techniques, qui s’ajoutent à la nécessité de servir des milliards d’utilisateurs : il faut non seulement serrer tous les boulons à la technique, mais aussi disposer d’une infrastructure solide.

Si Hatch ressemble à OpenClaw, ça n’est pas vraiment une surprise : le groupe a bien tenté d’acquérir la plateforme d’agents autonomes, mais son créateur Peter Steinberger a préféré rejoindre les rangs d’OpenAI.

En parallèle, le groupe plancherait également sur un agent de shopping qui pourrait se lancer dans le courant du quatrième trimestre sur Instagram. Concrètement, les utilisateurs du réseau social seraient en mesure de toucher un produit présent dans un Reel ou dans leur fil de photos afin d’obtenir plus d’informations, et surtout pour pouvoir l’acheter directement depuis l’application.

Meta a dévoilé en mars une nouvelle « expérience de shopping » avec des fonctions IA capable de produire davantage d’informations sur tel produit, ainsi qu’un outil pour acheter ledit produit en un clic. Avec l’apport de cet agent IA dans Instagram, Meta espère mieux rivaliser avec les fonctions de commerce en ligne de TikTok.

☕️ Washington veut pouvoir tester les nouveaux modèles IA avant tout le monde

6 mai 2026 à 14:10


Microsoft, Google et xAI vont donner au gouvernement américain un accès anticipé à leurs nouveaux modèles IA, pour permettre d’en évaluer les risques en matière de sécurité nationale avant qu’ils soient diffusés plus largement.

Les autorités états-uniennes ne veulent pas découvrir les capacités d’une IA en même temps que monsieur tout-le-monde (et les hackers). La présentation par Anthropic de Mythos, son dernier modèle le plus puissant, a suscité des craintes auprès des spécialistes de la cyberdéfense.

Entre les mains de pirates, une telle IA pourrait potentiellement faire des ravages en repérant et en exploitant des failles de sécurité dans des infrastructures critiques. C’est aussi la raison pour laquelle le déploiement de Mythos se limite à une cinquantaine d’organisations et d’entreprises.

Washington s’inquiéterait des risques que font peser ces modèles de frontière sur la sécurité nationale. En 2024, l’administration Biden mettait en place l’institut sur la sécurité de l’intelligence artificielle, une agence rattachée au département du Commerce. Rebaptisée CAISI (Center for AI Standards and Innovation) par le gouvernement Trump, elle occupe les mêmes fonctions : tester les modèles IA avant un déploiement public.

Le CAISI, qui avait déjà signé des accords avec OpenAI et Anthropic, va désormais obtenir un accès anticipé aux modèles de frontière de Microsoft, Google et de xAI. Ces entreprises livrent leurs modèles sans garde-fous : les chercheurs peuvent ainsi mesurer les capacités de ces IA dans des scénarios hostiles, sans leurs roulettes de sécurité.

Avant son changement de nom, le CAISI se concentrait surtout sur le développement de standards de tests de sécurité. Sa mission a quelque peu évolué, puisque le centre évalue maintenant les risques stratégiques et militaires des modèles IA. Il a réalisé une quarantaine d’évaluations de modèles dont certains n’ont pas encore été déployés auprès du grand public.

Microsoft confirme le travail avec le CAISI pour sonder des « comportements inattendus » de ses modèles, a précisé l’éditeur auprès de Reuters. L’entreprise a également signé un accord similaire avec l’AI Security Institute britannique.

Les relations entre l’administration américaine et les acteurs de l’IA continuent donc de s’approfondir. La semaine dernière, le Pentagone annonçait un accord avec plusieurs fournisseurs d’IA pour exploiter leurs modèles dans des missions secret défense. Anthropic est exclue du lot… même si Mythos pourrait tout de même être utilisé.

☕️ Amazon ouvre sa machine logistique à toutes les entreprises

6 mai 2026 à 07:28


Le petit monde de la logistique compte un nouvel acteur, et pas des moindres : Amazon a en effet annoncé que son infrastructure de distribution mondiale peut maintenant être utilisée par n’importe quelle entreprise, y compris si elle ne vend rien sur Amazon. Rude concurrence pour UPS, DHL ou encore FedEx.

Amazon espère refaire le coup d’AWS. La plateforme d’hébergement en ligne avait été lancée en 2006, d’abord pour moderniser l’infrastructure interne du géant du e-commerce. Elle s’est ensuite ouverte à d’autres entreprises, avec le succès que l’on sait : AWS est aujourd’hui un des plus grands fournisseurs infonuagiques au monde.

Avec Amazon Supply Chain Services (ASCS), le mastodonte états-unien reprend la même stratégie, mais pour la logistique. Amazon exploite une gigantesque flotte comptant plus de 100 avions, 80 000 camions, 24 000 containers, un système d’approvisionnement et de distribution de premier plan, sans oublier la livraison du dernier kilomètre assurée par ses bons soins ou par des livreurs tiers.

Image : Amazon

Jusqu’à présent, ce réseau était au service d’Amazon et des vendeurs tiers de sa boutique. Depuis 2006, plus de 80 milliards d’articles provenant de vendeurs indépendants ont transité par la gestion logistique des commandes d’Amazon (préparation, emballage, expédition, gestion des retours), des opérations complexes et coûteuses sur le plan opérationnel quand on est un vendeur solo.

Avec le temps, le groupe a ajouté de nouveaux services de transport, de dédouanement, de stockage en gros et de distribution sur plusieurs canaux de vente. « Les vendeurs qui utilisent ces solutions de bout en bout enregistrent des ventes supérieures d’environ 20 % », affirme Amazon. 

Le groupe a annoncé l’ouverture d’ASCS aux entreprises de toutes tailles et de tous types (santé, automobile, industrie, commerce de détail…), pas besoin de vendre quoi que ce soit sur Amazon. Ce sont de nouvelles capacités de fret, de distribution et de livraison qui vont concurrencer celles des autres poids lourds du secteur.

Plusieurs clients utilisent déjà des services d’ASCS : Procter & Gamble fait transporter des matières premières vers ses sites de production, puis les achemine à travers son réseau de distribution ; 3M se sert du fret Amazon pour déplacer ses produits depuis ses sites de production vers les centres de distribution.

Selon le cabinet d’études Grand View Research, le marché mondial de la logistique au sens strict (transport, entreposage et distribution des marchandises) pèse près de 4 000 milliards de dollars, et il pourrait frôler les 6 000 milliards en 2030. Si tout le monde en connait les principaux représentants, le marché est en fait très fragmenté, avec des milliers d’acteurs locaux et régionaux. L’arrivée d’Amazon, avec sa puissance de feu, a toutes les allures d’un chien au milieu d’un jeu de quilles.

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