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☕️ La Russie a accédé aux données de l’iPhone d’un opposant grâce aux outils de Cellebrite

25 juin 2026 à 15:15


En mai 2021, suite à l’incarcération de l’opposant au régime russe Andreï Pivovarov, plusieurs autres personnalités politiques avaient été soumises à des perquisitions policières.

Il n’avait pas donné ses mots de passe, mais les autorités russes ont pu accéder aux données de son iPhone 12 qui lui avait été confisqué avec son MacBook.

Illustration : Flock

Les chercheurs du Citizen Lab ont pu analyser le smartphone de l’activiste et trouver des traces des outils d’extraction de l’entreprise de cybersécurité israélienne. Dans un billet de blog, ils expliquent qu’ils ont pu détecter que l’iPhone a été branché à un appareil dont ils avaient déjà attribué précédemment l’Host ID à l’entreprise de cybersécurité israélienne Cellebrite. Ils ont ensuite pu obtenir un document du Centre russe d’expertise de cybersécurité du ministère russe de l’Intérieur (MVD) qui confirme l’utilisation des outils de cette entreprise pour analyser l’iPhone.

Pour le MacBook d’Andreï Pivovarov, « les autorités semblent ne pas avoir réussi à y accéder », affirme le Citizen Lab.

Pour ce faire, la Russie n’aurait pas respecté les conditions du contrat de Cellebrite dans cette affaire. En effet, interrogée par les chercheurs, l’entreprise israélienne a envoyé une réponse [PDF] dans laquelle elle explique que « toute utilisation de matériel Cellebrite en Russie après mars 2021 est strictement interdite. Le matériel Cellebrite vendu avant mars 2021 sera désormais incompatible avec les appareils modernes et fonctionnerait sans notre assistance technique, sans notre consentement et sans aucune autorisation légale de la part de Cellebrite. Les progrès technologiques rapides rendent le matériel et les logiciels de cybersécurité obsolètes en très peu de temps. La Russie figure de manière permanente sur notre liste de clients soumis à des restrictions ».

GTA VI plante un clou dans le cercueil du jeu physique

25 juin 2026 à 14:54
Une boîte, zéro disque
GTA VI plante un clou dans le cercueil du jeu physique

Les joueurs savent maintenant à quelle sauce ils vont être mangés. Le studio Rockstar et son éditeur Take-Two ont dévoilé les prix de GTA VI, et lancé les précommandes de ce qui s’annonce comme l’événement jeu vidéo – et culturel – de l’année. Mais à Vice City, il fallait s’attendre à une entourloupe…

La grosse machine est lancée : après des années d’attente, il est finalement possible de précommander GTA VI, qui sortira sur PS5 et Xbox Series S/X le 19 novembre. Rockstar décline son jeu-phénomène en deux versions : une standard à 79,99 euros, une « édition ultime » à 99,99 euros. Elle contient des cosmétiques pour les deux héros, Lucia et Jason (vêtements, coupes de cheveux, tatouages), ainsi que des objets comme des armes et des véhicules.

Le dématérialisé dans une boîte

Les joueurs ayant précommandé auront droit à un petit bonus, un pack « Vintage Vice City » avec des cosmétiques supplémentaires, ainsi qu’à un mois sans frais à GTA+, le service en ligne de Rockstar. Ils pourront aussi télécharger le jeu sur leur console dès le 12 novembre, afin qu’ils puissent profiter de cette nouvelle aventure le jour dit, sans attendre.

Image : Rockstar

L’annonce des prix a fait pousser un ouf de soulagement à tous les joueurs au budget serré. Beaucoup craignaient en effet que Rockstar allait profiter de l’attente autour de GTA VI pour ajouter 10 ou 20 euros au prix de l’édition standard. Il n’en est rien : le jeu est vendu au même prix que les autres AAA pour consoles. La mauvaise surprise est l’absence d’une « vraie » version physique du jeu.

Certes, il existe bien une jaquette en plastique pour GTA VI que l’on peut précommander au même prix que la version dématérialisée. Mais elle ne contient qu’un bête code, à saisir dans la boutique de sa console pour pouvoir télécharger le jeu.

En dehors du gâchis environnemental d’une telle proposition, ce « code in a box » est aussi un signal pour toute la filière. Si GTA VI le fait, pourquoi pas les autres ? Même si le titre n’est pas le premier : cela fait quelques années maintenant que de nombreux jeux sont distribués sous cette forme, en particulier pour la Switch de Nintendo. Mais cette décision risque d’accélérer le mouvement.

Ni le studio, ni son éditeur n’ont voulu expliquer les raisons pour lesquelles ils ont choisi ce format, plutôt qu’un bon vieux Blu-ray (Red Dead Redemption 2, le précédent jeu de Rockstar, est vendu avec deux Blu-ray pour les consoles).

Rockstar a peut-être voulu s’éviter les spoilers venant d’une fuite inopinée d’une version physique. C’est aussi un moyen simple de mettre un coup de frein radical au marché de la seconde main sur lequel le studio ne touche rien.

Rockstar gagne, tout le monde perd

Dans l’affaire, les joueurs ont la mauvaise main. Il est en effet impossible de revendre un code dans une boîte, et encore moins un jeu dématérialisé. En février 2025, l’UFC-Que Choisir, qui a fait de la revente des jeux démat’ une de ses croisades, saisissait la Commission européenne sur cette question.

« Cette décision mécontentera naturellement certains joueurs, et pourrait toucher les consommateurs les moins à l’aise avec le numérique », explique Chris Dring, observateur avisé du milieu, auprès de VGC. « Mais en réalité, pour la majorité des gens, cela ne changera pas grand-chose. »

Les jeux dématérialisés représentent en effet la part du lion chez les constructeurs de consoles : les téléchargements ont pesé pour 78 % des ventes de jeux sur PS4 et PS5 sur le dernier exercice fiscal de Sony, clos le 31 mars [PDF]. Sur le marché PC, cela fait belle lurette que les lecteurs de disques ont disparu et que Steam s’est imposé comme un passage obligé pour acheter des jeux.

Chez Nintendo, où le ratio physique/dématérialisé est plus équilibré (45/55), une solution alternative a été trouvée. Certes, le constructeur vend toujours des cartouches en bonne et due forme, mais il propose aussi aux éditeurs tiers un format intermédiaire (et meilleur marché) : la carte clé de jeu. Il s’agit d’une cartouche… qui ne contient rien, si ce n’est une clé virtuelle pour télécharger le jeu depuis l’eShop.

Pour les amateurs de jeux physiques, cela reste un crève-cœur : que se passera-t-il le jour où Nintendo fermera les serveurs de sa boutique ? Mais au moins, la carte clé de jeu conserve une valeur en seconde main. Et puis il est toujours possible de la prêter à un ami ! Impossible de faire ça avec un code dans une boîte.

Parmi les grands perdants : les détaillants, même s’il n’y en a plus beaucoup, comme le rappelle Chris Dring. Il leur reste quelque chose à vendre aux clients de passage, mais cela demeure une boîte pleine de vide. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs affirmé qu’ils ne proposeront pas GTA VI : les échoppes Video Game Plus et Lost Box Gaming ont ainsi annoncé que le jeu ne sera pas dans leurs rayons, en raison de leur engagement envers la préservation des jeux vidéo.

Quoi qu’il en soit, les enseignes françaises profitent de l’occasion pour attirer les joueurs vers leurs boutiques. GTA VI peut d’ores et déjà se trouver à 60 euros chez de nombreux revendeurs. Quel meilleur produit d’appel que le prochain blockbuster de Rockstar ?

Le support de Windows 10 recule d’un an, au 12 octobre 2027

25 juin 2026 à 14:31
Nouveau sursis
Le support de Windows 10 recule d’un an, au 12 octobre 2027

Microsoft vient de procéder, ce jeudi 25 juin, à un changement important dans le support de Windows 10 : tous les appareils ayant souscrit au programme ESU (Extended Support Updates) recevront des mises à jour de sécurité pendant une année supplémentaire, portant la nouvelle date de fin au 12 octobre 2027.

Pour rappel, la fin du support de Windows 10 a provoqué de nombreuses frustrations. Beaucoup se posaient la question : pourquoi changer un matériel parfaitement fonctionnel ? Pour Microsoft, la logique était économique, puisque la mise à jour vers Windows 11 réclamait obligatoirement certains composants liés à la sécurité, provoquant une vague d’achats de nouveaux matériels.

Mais le contexte a profondément changé en un an. Linux commence à se faire une place chez les joueurs, alors que les jeux vidéo étaient pratiquement la chasse gardée de Microsoft sur les PC. En outre, plus récemment, la course à l’IA a entrainé une flambée des tarifs sur les composants, rendant les achats de PC plus onéreux.

En Europe, Microsoft avait décidé de calmer un peu le jeu en rendant l’inscription au programme ESU gratuite la première année. La démarche était cependant volontaire, même si le système envoie des notifications à ce sujet. En outre, il est obligatoire de posséder un compte Microsoft pour activer cette extension. Enfin, le programme concerne uniquement les failles de sécurité de sévérité importante à critique, pas les autres ni les bugs plus généraux.

Microsoft, qui semble depuis quelque temps vouloir redorer un peu son blason, annonce donc une nouvelle étape : la fin du programme ESU est repoussée d’un an, glissant du 16 octobre 2026 au 12 octobre 2027.

Microsoft « comprend »

Interrogée par plusieurs médias, l’entreprise se veut apaisante. « Nous comprenons que le passage à un nouveau PC peut prendre du temps. Dans le cadre de notre engagement continu à aider nos clients à rester protégés pendant cette transition, le programme de mises à jour de sécurité étendues (ESU) de Windows 10 pour les appareils personnels est prolongé d’une année supplémentaire », a ainsi déclaré un porte-parole à BFMTV.

« Cela offre à nos clients davantage de temps et de flexibilité pour trouver le PC le mieux adapté à leurs besoins, tout en leur permettant de rester protégés », a ajouté Microsoft.

Du côté de l’association HOP (Halte à l’Obsolescence Programmée), on applaudit avec mesure : elle « salue la nouvelle, mais reste nuancée face à cette volte-face très tardive ». L’association rappelle qu’en tenant compte de cette année supplémentaire, Windows 10 aura finalement 12 ans de support pour la sécurité. Un score qu’elle juge « insuffisant », car elle réclame 15 ans à partir de la dernière unité vendue.

Apple applique des hausses vertigineuses de prix sur les Mac et iPad

25 juin 2026 à 13:56
COMBIEN ??
Apple applique des hausses vertigineuses de prix sur les Mac et iPad

Apple n’a pas attendu pour augmenter les prix de ses appareils, comme annoncé par Tim Cook la semaine dernière. Les Mac et les iPad sont les premiers touchés, avec des hausses très importantes sur certains modèles.

Les prix de la majorité des produits Apple ont flambé, dans la foulée de la crise de la mémoire qui enchérit les coûts des composants de mémoire et de stockage. Apple n’a pris personne en traître : Tim Cook avait pris une balle pour l’équipe le 17 juin dernier, en prévenant de la mauvaise nouvelle. Beaucoup espéraient tout de même que le constructeur attendrait la rentrée et la présentation de la gamme d’iPhone 18 pour pousser les potards tarifaires. Finalement, c’est dès aujourd’hui que les prix grimpent, et les hausses sont substantielles.

Difficile de recenser l’intégralité des changements de prix, mais parmi les appareils les plus emblématiques, relevons :

  • MacBook Neo (256 Go) : 799 euros (+ 100 euros)
  • MacBook Air (13 pouces, 16 Go de RAM, 512 Go de stockage): 1 399 euros (+ 200 euros)
  • MacBook Pro (14 pouces, 16 Go/1 To): 2 199 euros (+ 300 euros)
  • iMac (16 Go/256 Go): 1 799 euros (+ 300 euros)
  • Mac Studio (M4 Max, 36 Go/512 Go): 2 999 euros (+ 700 euros)
  • Mac Studio (M3 Ultra, 96 Go/1 To) : 6 299 euros (+ 1 500 euros)
  • Mac mini (M4 Pro, 24 Go/512 Go) : 1 899 euros (+ 200 euros)
  • iPad (A16, 128 Go) : 509 euros (+ 120 euros)
  • iPad Air (11 pouces, M4, 128 Go) : 819 euros (+ 150 euros)
  • iPad Pro (11 pouces, M5, 256 Go) : 1 319 euros (+ 200 euros)
  • Vision Pro (M5, 256 Go) : 3 999 euros (+ 300 euros)
  • Apple TV 4K (64 Go) : 229 euros (+ 60 euros)
  • Apple TV 4K Ethernet (128 Go) : 299 euros (+ 110 euros)
  • HomePod mini : 139 euros (+ 20 euros)

Les hausses sont plus ou moins prononcées selon les produits, avec des modèles qui prennent plus chers en fonction de leur dotation en RAM et en SSD. Tous ceux qui avaient l’intention de s’offrir un Mac Studio M3 Ultra en seront quitte pour demander une rallonge à leur banquier…

Les prix des iPhone et des Apple Watch sont épargnés, mais il y a tout lieu de croire qu’Apple va ajuster les tarifs de sa future gamme durant l’événement iPhone 18 cet automne. Apple a envoyé cette explication de texte à la presse US :

« Le secteur de l’électronique grand public fait face à une situation sans précédent. L’expansion rapide des centres de données dédiés à l’IA a provoqué une hausse extraordinaire de la demande en mémoire et en stockage. Nous n’avons jamais vu une augmentation du prix des composants aussi forte, aussi rapidement. Jusqu’à présent, nous avons protégé nos clients de ces hausses, mais nous sommes arrivés à un point où nous devons commencer à augmenter les prix de plusieurs produits, notamment avec les hausses annoncées aujourd’hui pour l’iPad et le Mac. Nous savons que cette nouvelle n’est pas bienvenue, et nous travaillons sans relâche pour trouver des solutions. »

Tim Cook avait de son côté assuré les consommateurs qu’Apple faisait tout son possible pour « atténuer les fortes augmentations de coûts qui nous sont répercutées », mais la situation est devenue « intenable ». En cause bien sûr, l’appétit gargantuesque des acteurs de l’IA, qui dévorent à belles dents la production mondiale de mémoire. Il ne reste que des miettes au reste de l’industrie.

L’occasion est toute trouvée pour rappeler l’offre de financement à 0 % proposé par l’Apple Store. Par ailleurs, les revendeurs n’ont pas encore procédé à la hausse de leurs prix sur les Mac : en furetant un peu, il y a certainement moyen de faire une bonne affaire.

Le Crédit Agricole lance sa propre application de paiement sur iPhone, quid d’Apple Pay ?

25 juin 2026 à 10:45
C'est sou-ve-rain
Le Crédit Agricole lance sa propre application de paiement sur iPhone, quid d’Apple Pay ?

Le Crédit Agricole a décidé de venir concurrencer directement Apple Pay sur les iPhone. La banque vient de lancer une application dédiée aux paiements par carte bancaire. Elle se pose en alternative à l’application Cartes, posant des questions d’intégration.

L’application Paiement Mobile (iOS 17.4 au moins) a été lancée sur l’App Store ce mardi 23 juin. Elle propose d’enregistrer une ou plusieurs cartes bancaires, puis de régler les achats. Un type de fonction que l’on connait depuis longtemps avec des systèmes aujourd’hui omniprésents comme Apple Pay et Google Pay.

Une possibilité européenne

De fait, pourquoi se lancer sur ce créneau déjà très occupé ? Parce qu’elle le peut. Comme le notent nos confrères d’iGeneration (qui ont repéré l’application avant son lancement officiel), l’évolution de la législation en Europe a permis l’ouverture de la puce NFC sur l’iPhone. Dès lors, les banques ont la possibilité de profiter de ce matériel pour déclencher des opérations de paiements, par exemple au moment de payer ses courses. Et si elles le font, c’est pour en finir avec la petite commission prélevée par Apple pour chaque opération, tout comme Google avec sa solution. En échange, le processus est simple, puisque la carte peut être appelée par une double pression sur le bouton Alimentation sur l’iPhone.

Comme nous l’indiquions en juillet 2024, cette ouverture de la puce NFC se fait avec un autre avantage : la possibilité de déclarer l’application de paiement par défaut. Comme indiqué par iGeneration dans son test publié ce 24 juin, la capacité est prise en charge par l’application du Crédit Agricole, qui invite d’ailleurs à le faire. En cas de double pression sur le bouton Alimentation de l’iPhone, ce sera alors Paiement Mobile qui sera appelée, plutôt que l’application Cartes intégrée à iOS.

Comme pour Cartes d’ailleurs, l’application mobile bancaire peut être utilisée sur toutes les bornes de paiement acceptant le sans contact. Autre bon point, la possibilité de choisir son réseau de paiement, par exemple entre CB et Mastercard ou Visa.

En revanche, il existe une nette limitation : l’intégration dans iOS ne remonte pas jusqu’à l’Apple Watch, car elle ne faisait pas partie de l’accord avec l’Union européenne. Contrairement à Apple Pay, on ne peut donc pas payer rapidement en approchant la montre du terminal.

La banque assure qu’elle gardera Apple Pay

Enfin, la grande question était de savoir s’il s’agissait d’une première étape avant le retrait du support d’Apple Pay au Crédit Agricole. La banque assure que non : « Il n’a jamais été dans notre intention de quitter Apple Pay », a déclaré le 24 juin un porte-parole à iGeneration. La banque a ajouté qu’il s’agissait d’une solution « complémentaire » et a assuré qu’elle communiquerait très bientôt sur le sujet. Nos confrères suggèrent que l’aspect souveraineté pourrait être mis en avant, car sur le plan pratique, l’application n’apporte rien de neuf, voire supprime des possibilités si l’on est habitué à payer via l’Apple Watch.

Enfin, mieux vaut que le Crédit Agricole communique rapidement sur le sujet. Sur les réseaux sociaux, la crainte d’une suppression de la compatibilité Apple Pay était vive le 24 juin.

Notez que l’application existe sur Android depuis un moment, mais elle ne semble pas jouir d’une grande estime sur la plateforme de Google, au vu des commentaires laissés sur sa fiche.

85 % des ados australiens utilisent les réseaux sociaux 3 mois après l’interdiction

25 juin 2026 à 09:58
Qui aurait pu prévoir ?
85 % des ados australiens utilisent les réseaux sociaux 3 mois après l’interdiction

Trois mois après la mise en place de la nouvelle loi australienne interdisant les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, il n’y a pas eu de réduction significative des usages chez les adolescents australiens, constatent des chercheurs.

En décembre dernier est entrée en application l’interdiction des réseaux sociaux en Australie pour les moins de 16 ans après le vote d’une loi en 2024. Mais, trois mois après, des chercheurs n’ont pas vu de réduction significative des usages chez les adolescents australiens.

Premier pays à mettre en place ce dispositif juridique, la mesure en a inspiré d’autres comme les exécutifs français et britannique. Ainsi, Emmanuel Macron a pesé de tout son poids pour la mise en place d’une loi similaire pour les moins de 15 ans, votée récemment et en cours d’examen par la Commission européenne. Le gouvernement français espère pouvoir l’appliquer dès la rentrée prochaine.

Lors du vote de la loi en Australie, certains experts critiquaient sa mise en place sans attendre les résultats d’une enquête sur les effets des réseaux sociaux sur la société australienne. Le professeur à l’Université de technologie du Queensland, Daniel Angus, jugeait « imprudent » et « irréfléchi » le projet de loi et affirmait à l’AFP qu’il « sape l’enquête et les principes de la démocratie délibérative et menace de causer de sérieux torts en excluant les jeunes d’une participation importante et saine au monde numérique ».

Mise en œuvre limitée, respect partiel et contournement massif

À défaut de la prise en compte de cette enquête avant le vote de la loi, des chercheurs australiens ont pris en charge le suivi de l’utilisation des réseaux sociaux par une petite cohorte d’un peu plus de 400 adolescents de moins de 16 ans dans leur pays après sa mise en application. Leurs résultats après trois mois viennent d’être publiés dans la revue scientifique British Medical Journal.

« Les résultats suggèrent que la période qui a suivi immédiatement l’entrée en vigueur de la loi a été marquée par une mise en œuvre limitée, un respect partiel de la législation et un contournement massif des restrictions imposées aux réseaux sociaux », expliquent Courtney Barnes et ses collègues.

Ils constatent que « plus de 85 % des participants âgés de moins de 16 ans ont déclaré utiliser, lors du suivi, des plateformes de réseaux sociaux relevant du champ d’application de la loi, principalement via leurs propres comptes (54 à 68 %) ».

Pas de ralentissement de la pratique quotidienne

La mesure ne semble pas non plus avoir eu de conséquences importantes sur leur pratique quotidienne des réseaux sociaux. « Entre le début de l’étude et le suivi, l’utilisation quotidienne des réseaux sociaux est restée stable chez les 12 - 13 ans ; elle a légèrement diminué chez les 14 - 15 ans (passant de 78 % à 69 %) et a augmenté chez les plus de 16 ans (passant de 80 % à 89 %) », expliquent les chercheurs.

Et la loi ne semble pas avoir eu non plus de réelles conséquences, après trois mois du moins, sur le temps passé sur TikTok, Instagram, Snapchat et YouTube : « Le temps consacré aux réseaux sociaux était moins important lors du suivi chez les jeunes âgés de 14 à 15 ans […] et restait similaire chez les adolescents plus jeunes (12 - 13 ans) et chez les plus âgés (en dessous de 16 ans) ».

Une loi qui n’impose pas de technologies spécifiques de vérification de l’âge

Les chercheurs rappellent que, dans la loi Australienne, « les plateformes concernées sont tenues de prendre des mesures raisonnables pour empêcher les utilisateurs âgés de moins de 16 ans de créer ou de conserver des comptes, notamment en mettant en œuvre des mesures rigoureuses de vérification de l’âge garantissant la protection de la vie privée » mais qu’elle « n’impose pas de technologies spécifiques de vérification de l’âge ; elle laisse au contraire aux plateformes le soin de déterminer les méthodes appropriées, à condition qu’elles soient efficaces et proportionnées ». La loi prévoit cependant que les plateformes qui ne sont pas conformes s’exposent à des amendes pouvant atteindre 30,2 millions d’euros.

De fait, 66 % de ceux qui sont sur les réseaux sociaux « ont déclaré avoir été soumis à une vérification de l’âge sur la plateforme, le plus souvent par la déclaration de leur âge (24 à 39 %) ou par le téléchargement d’une photo (" selfie ") (13 à 27 %) ». Une petite partie (entre 15 à 19 %) utilise un « faux » compte pour contourner les restrictions. « L’utilisation des VPN n’a toutefois été que rarement signalée », expliquent les chercheurs.

Cependant, les auteurs de l’étude ne repoussent pas totalement l’idée que la loi ait un impact. En effet, ils imaginent que la loi pourrait s’avérer plus efficace pour empêcher ou retarder l’accès aux réseaux sociaux chez les jeunes enfants de moins de huit ans qui n’y ont pas encore accès. D’où l’intérêt aussi de continuer à poursuivre leur étude sur un plus long terme.

Supprimé par Trump, le portail états-unien de la recherche sur le climat ressuscité

25 juin 2026 à 08:52
Comment dit-on cheh en anglais ?
Supprimé par Trump, le portail états-unien de la recherche sur le climat ressuscité

Utilisé par le monde de la recherche comme par le public, le site climate.gov a été supprimé l’an dernier au beau milieu des attaques du gouvernement de Trump contre les sciences climatiques. Des bénévoles viennent de lui donner une nouvelle vie à l’adresse climate.us.

Printemps 2025 : de retour au pouvoir depuis quelques mois, Donald Trump met en place une politique d’attaque en règle de la recherche, en particulier celle liée aux enjeux climatiques. Les effets se font ressentir aux États-Unis, mais aussi à l’international : la communauté scientifique recourt à de nombreux outils et bases de données américaines pour mener ses travaux. En France, la paléoclimatologue du CEA Valérie Masson-Delmotte demande aux sénateurs que la France protège les données scientifiques en passe d’être supprimées.

Un outil en particulier illustre la politique appliquée par le gouvernement Trump : climate.gov. Hébergé par l’administration des États-Unis, le site servait de point d’accès à quantité de ressources liées aux enjeux climatiques, que ce soit des jeux de données, des analyses ou de simples articles de vulgarisation destinés au grand public. À la suite du décret « Restoring Gold Standard Science » (Rétablir une science au meilleur standard), pris en juin 2025, le site a été rendu inaccessible.

Un an plus tard, une large part de l’équipe qui avait fabriqué climate.gov dévoile climate.us. Indépendante de l’administration des états-unis, la plateforme rend l’accès à la vaste collection de données hors ligne pendant un an.

D’anciennes équipes de la National Oceanic and Atmospheric Administration

À la manœuvre : une partie des équipes de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), qui avait drastiquement coupé dans ses effectifs dès mars 2025. Ces anciens agents fédéraux ont créé une organisation à but non lucratif et collecté 2 500 « petites donations auprès de personnes qui veulent que l’information relative aux sciences climatiques reste accessible ».

Pour un total de 250 000 dollars environ, ces donations ont constitué le tiers des financements totaux collectés. Grâce à ces moyens, ils ont annoncé ce 24 juin, soit pile un an après la suppression de climate.gov, le lancement de la version complète du site climate.us.

Ce dernier compte devenir un « foyer pour l’information climatique de confiance, soutenu par le public ». L’ONG indique que plus de 80 scientifiques « se sont portés volontaires pour exercer des révisions par les pairs sur leurs sujets ». Au total, la plateforme revendique donner l’accès à 15 ans d’articles, de publications de blogs, de rapports et d’autres indicateurs essentiels liés au climat.

Les attaques du gouvernement Trump contre les régulations environnementales n’ont pas cessé depuis l’an dernier. La semaine dernière, le ministère de la Justice a notamment adressé à la cour du Mississippi une lettre l’intimant de classer l’affaire relative au supercalculateur Colossus de xAI. Ce dernier est accusé d’avoir violé le Clean Air Act en installant des générateurs au gaz non autorisés, et de polluer l’air du voisinage, principalement habité par une population noire qui présente déjà l’espérance de vie la plus faible de Memphis et ses environs.

LDLC fait un pied de nez à Valve en lançant une Stim Machine destinée à SteamOS [MàJ]

25 juin 2026 à 09:25
Vapeur contre anabolisants
LDLC fait un pied de nez à Valve en lançant une Stim Machine destinée à SteamOS [MàJ]

Alors que Valve vient de lancer les précommandes de sa très attendue Steam Machine, le distributeur lyonnais LDLC lui répond avec un mini-PC de son cru, la Stim Machine. La configuration se veut légèrement supérieure à celle adoptée par Valve, pour un prix équivalent et, surtout, une disponibilité immédiate.

Mise à jour, jeudi 25 juin à 11h25 : la blague n’est finalement plus assumée. LDLC vient en effet de faire disparaitre toutes les mentions Stim Machine de son site, et son ordinateur est maintenant présenté comme une « LDLC Box ». Les arguments comparatifs avec la Steam Machine sont toujours là, mais le groupe lyonnais a manifestement eu peur que Valve n’apprécie pas le détournement de marque. L’info devient donc « LDLC lance un mini PC avec des composants validés pour SteamOS », et l’on perd tout le succès d’eStim (ou d’eSteam ?) que nous avions pour la pirouette initiale.

Publication initiale, 25 juin, 10h19 :

LDLC vient de mettre en ligne un mini-site dédié à la Stim Machine, un PC au format mini-ITX ouvertement inspiré du projet Steam Machine de Valve et destiné à accueillir le système d’exploitation SteamOS. « On fait mieux – au même prix, ou moins cher si vous montez vous-même », promet l’e-commerçant.

Steam vs Stim

Le nom est doublement bien trouvé : outre sa prononciation identique à celle de l’ordinateur de salon tout juste lancé par Valve, il évoque aussi le stim (stimulant) qui donne un coup de fouet aux performances des marines terrans dans Starcraft. Or LDLC promet justement des caractéristiques supérieures à celles de la fameuse Steam Machine. L’e-commerçant annonce par ailleurs une disponibilité immédiate, là où Valve doit composer avec un système de précommandes sur tirage au sort.

Bref, le coup de com est plutôt bien pensé. Reste à voir si la machine suit ? LDLC met à profit son catalogue de pièces détachées pour composer un mini-PC légèrement mieux-disant que la machine de Valve, au moins sur le papier.

Les mérites comparés de la Stim Machine et de la Steam Machine selon LDLC – capture d’écran

Elle s’articule autour d’un processeur Ryzen 5 8400F (6 cœurs, 12 threads) et d’une carte graphique RX 9060 XT (architecture RDNA 4, 8 Go de mémoire vidéo), là où Valve propose un ensemble de puces semi-custom (personnalisées par AMD selon la configuration souhaitée), avec une partie CPU en Zen 4 (également 6C/12T) et un GPU basé sur la génération précédente d’AMD (RDNA3), lui aussi muni de 8 Go de GDDR6.

En théorie, l’avantage va donc à LDLC (dans des proportions qui restent à vérifier), au prix sans doute d’une consommation électrique plus importante, puisque le TDP du processeur proposé par LDLC est de 65 W, contre 30 W annoncés par Valve sur sa propre puce.

Architecture ouverte vs bénéfices d’une intégration poussée

LDLC met par ailleurs en avant l’évolutivité de sa machine, avec la capacité à monter jusqu’à 128 Go de mémoire vive, ou la possibilité de faire évoluer le stockage, avec deux emplacements SATA disponibles en parallèle du SSD NVMe préinstallé. Sur ce point, l’avantage des périphériques supplémentaires est indéniable, mais Valve a déjà confirmé que son premier batch de machines arrivait avec une seule barrette de 16 Go sur deux emplacements disponibles, et qu’il était donc possible d’augmenter cette capacité.

En définitive, on retrouve l’éternel débat entre l’architecture hardware ouverte, plus évolutive, et les promesses de compacité et de silence permises par un niveau d’intégration plus poussé. LDLC utilise en effet des composants standard (boîtier Silverstone donné pour 11,5 litres, carte-mère Gigabyte B650I AX) là où Valve exploite un boîtier (nettement plus compact avec 3,8 litres) et une carte-mère propriétaires, dont la connectique et le refroidissement ont, en principe, été calculés au plus juste des usages anticipés.

LDLC propose sa Stim Machine sous forme de lot à assembler soi-même pour 999,95 euros, soit environ 10 % de réduction par rapport à la facture totale des composants (calculée à 1 107 euros sur son propre catalogue). Le montage est proposé en option pour 40 euros supplémentaires.

Il restera dans les deux cas à installer soi-même SteamOS (prêt à l’emploi sur la machine Valve), un processus que LDLC résume en cinq points sur sa page produit pour souligner sa simplicité. Signalons que même si SteamOS est mis en avant, d’autres distributions Linux dédiées aux jeux peuvent être utilisées, comme Bazzite, CachyOS ou la française GLF OS.

Notons que le Steam Controller, la manette officielle de Valve (vendue en option aux côtés de la Steam Machine) ne figure pas au catalogue de LDLC, qui pousse toutefois des alternatives piochées chez Microsoft, 8Bitdo, Asus ou Logitech.

☕️ Quand une vidéo YouTube permet de prouver l’existence du chat des sables libyen

25 juin 2026 à 07:30


Tout est parti d’une vidéo YouTube de 18 secondes : le photographe animalier Mohammed Almuntasir l’a publiée en 2017, sans plus y penser.

Dessus : un petit chat pâle, creusant un trou dans le sable du désert du sud-ouest de la Libye.

« Personne ne voulait croire que ç’avait été filmé en Libye », explique-t-il au Guardian.

Si Mohammed Almuntasir n’en a pas particulièrement fait la promotion, sa vidéo a attiré l’attention d’un nombre croissant de chercheurs au fil des ans, alors que des preuves de la présence de tout un groupe de chat des sables en Libye émergeaient.

À répétition, ces derniers contactent le photographe. Jusqu’à Firas Hayder, zoologue sud-africain spécialisé dans les petits carnivores.

Ce dernier convainc Mohammed Almuntasir de l’aider à mener une étude sur le retour de cet animal en Libye – la région dans laquelle ce dernier a repéré à plusieurs reprises des chats des sables n’est ni protégée, ni équipée pour repérer les animaux. Théâtre de trafics entre l’Algérie, le Niger et le Tchad, elle est par ailleurs dangereuse pour le travail de terrain.

Après une première rencontre, Mohammed Almuntasir et Firas Hayder se sont donc lancés dans une collaboration de huit ans, le plus souvent menée à distance, dans laquelle le zoologue a appris au photographe les techniques d’enregistrement des coordonnées GPS et de documentation photographique et vidéo des petits animaux.

En se liant aux communautés touareg locales, Mohammed Almuntasir a quadrillé le terrain avec ses appareils, jusqu’à ce que les deux hommes puissent publier une étude revue par les pairs dans le Journal of Arid Environments, en février 2026. Ils y établissent la présence du chat des sables dans 13 sites du Sahara libyen.

Top500 des supercalculateurs : la Chine reprend la tête, cinq machines exaflopiques

25 juin 2026 à 07:03
C’est l’édition six-seven (oui, j’ai honte)
Top500 des supercalculateurs : la Chine reprend la tête, cinq machines exaflopiques

Le Top500 permet de classer les machines les plus puissantes au monde. Elles doivent lancer des benchmarks et les envoyer pour être prises en compte. Un nouvel entrant arrive directement en première place (sans que ce soit une surprise) : LineShine, un supercalculateur chinois, sans GPU.

Le classement du Top500 se met à jour deux fois par an, en juin et novembre. La 67ᵉ édition vient d’être mise en ligne et, « pour la première fois depuis 2017, un système chinois domine le Top500 ». C’est un peu plus complexe, car depuis des années la Chine était aux abonnés absents. Selon plusieurs spécialistes, le pays resterait discret pour éviter que les États-Unis n’en profitent pour durcir les restrictions.

La Chine n’a que 31 machines dans le Top 500, mais écrase la concurrence

Jack Dongarra, cofondateur de Top500, expliquait durant l’été 2024 que « les Chinois ont des machines plus rapides, mais ils n’ont pas communiqué leurs résultats ». En juin 2020, 226 supercalculateurs chinois étaient présents dans le classement, contre 80 en juin 2024. Cette année, seules 31 machines sont dans le Top500.

Le Top 3 des pays comprend les États-Unis avec 161 supercalculateurs, le Japon avec 44 et l’Allemagne avec 41. La France est cinquième avec 21 machines, juste derrière la Chine qui occupe la quatrième place. Avec seulement 31 machines référencées, la Chine est tout de même 2ᵉ en puissance cumulée. C’est grâce à son supercalculateur LineShine, qui dépasse à lui seul le total des autres pays, sauf les États-Unis.

LineShine, nous en avions parlé en avril, quand le supercalculateur était apparu dans une publication scientifique. Elle n’était pas axée sur la machine, mais elle était utilisée pour entrainer un MLIP (Machine Learning Interatomic Potentials), avec des détails sur ses performances.

La barrière des 2 ExaFLOPS dépassée pour la première fois

La Chine a depuis décidé de transmettre les résultats de ses benchmarks au Top500 et elle prend donc la première place, avec une solide avance. Sur la base des données partielles de l’époque, nous avions estimé la puissance de calcul à 2,47 ExaFLOPS, nous n’étions pas loin.

LineShine est, quoi qu’il en soit, le premier supercalculateur à dépasser les 2 ExaFLOPS avec 2,198 ExaFLOPS pour être précis. Les États-Unis se bousculent derrière avec El Capitan à 1,809 ExaFLOPS, Frontier à 1,353 ExaFLOPS et enfin Aurora à 1,012 ExaFLOPS. L’Europe dispose d’une des cinq machines exaflopiques de ce classement avec JUPITER au centre de supercalcul de Jülich en Allemagne. Elle affiche une puissance de calcul de 1 ExaFLOPS tout juste.

Pas de GPU, c’est confirmé par le Top500

LineShine dispose de plus de 13,7 millions de cœurs CPU, des LX2 304C à 1,55 GHz dont nous avons déjà parlé. Le Top500 confirme l’absence de GPU : « Sur le benchmark HPL-MxP en précision mixte, LineShine a atteint 7,92 ExaFLOPS et se classe 4ᵉ. Un rapport de 3,6x modeste par rapport à son score HPL, qui indique une architecture exclusivement CPU, dépourvue d’accélérateurs dédiés à la basse précision ».

Les autres utilisent les GPU pour augmenter les performances en précision mixte. Sur le benchmark HPL-MxP (précision mixte), la première place revient à El Capitan avec 16,7 ExaFLOPS, soit un ratio de 9,2x par rapport à son score HPL. Aurora est deuxième avec 11,6 ExaFLOPS (ratio de 11,5x) et Frontière troisième avec 11,4 ExaFLOPS (ratio de 8,4x). LineShine n’est que quatrième avec 7,92 ExaFLOPS et un ratio de 3,6x, bien inférieur aux autres.

Le Top 10 a un autre nouvel entrant : HPC6, un supercalculateur HPE Cray EX235a avec plus de 3,1 millions de cœurs AMD EPYC de 3ᵉ génération et des Instinct MI250X en GPU. Sa puissance est de 0,6 ExaFLOPS. Il appartient à la société italienne Eni.

Le vénérable Fugaku qui avait pris la tête du classement en juin 2020 avec ses cœurs ARM est désormais en 9ᵉ position.

Green500 : la France toujours en tête, LineShine 50e

Terminons avec un mot sur le classement Green500, qui mesure les performances (sur le benchmark HPL) par watt d’énergie électrique consommée. La France est encore sur les deux premières places du podium avec KAIROS (CALMIP / Université de Toulouse – CNRS) et ROMEO-2025 (Centre HPC Bull). Les machines sont respectivement 445e et 192e au Top 500, mais la « faible » puissance électrique leur permet d’être en tête du Green500.

La France est également à la 9ᵉ place avec AMD Ouranos, tandis que l’Europe occupe bien le terrain avec neuf machines sur dix (si on compte Isambard-AI phase 1 au Royaume-Uni). Les États-Unis sont 10e avec Portage.

LineShine est 50ᵉ du Green500 avec une efficacité de 52,1 GigaFLOPS/watt, contre plus de 73 GigaFLOPS/watt pour KAIROS en tête de classement. El Capitan fait mieux avec la 28ᵉ place (60,9 GigaFLOPS/watt), Aurora 102ᵉ avec 26,1 GigaFLOPS/watt et enfin JUPITER 17ᵉ avec 63,3 GigaFLOPS/watt.

☕️ Oracle a licencié 21 000 personnes en un an après avoir recentré ses activités sur l’IA

25 juin 2026 à 06:02


En un an, Oracle a mis fin à 21 000 postes à travers le monde. En mai 2026, l’entreprise indiquait compter 141 000 employés à temps plein, contre 162 000 l’année précédente, soit une baisse de 13 % de ses effectifs.

Très investie dans le déploiement de l’intelligence artificielle générative (Oracle est au cœur de contrats circulaires avec OpenAI et NVIDIA), l’entreprise lie explicitement ce type de technologie à ses décisions en matière de ressources humaines. 
« Le déploiement des technologies d’IA à travers nos activités a eu pour effet, et pourrait continuer d’avoir pour effet de réduire nos effectifs », indique Oracle dans son rapport annuel.

Illustration : Flock

Si le constat a de quoi rassurer les marchés financiers sur la productivité effective du secteur de l’IA, il peut aussi correspondre à l’économie de la promesse que la présidente de Signal Meredith Whittaker critique régulièrement. Il peut aussi cacher la réalité de l’évolution des tâches demandées aux employés d’Oracle, ou de ceux en charge d’entraîner les modèles qu’elle utilise.

Au total, les réductions d’effectifs ont coûté 1,8 milliard de dollars d’indemnités de départ, beaucoup plus que les 374 millions de dollars déjà engagés l’année précédente pour restructurer la société. L’entreprise prévient par ailleurs que ces coupes pourraient entraîner un manque de main d’œuvre qualifiée sur certains postes, note la BBC, ce qui pourrait réduire sa productivité et impacter ses revenus.

Comme Oracle, Amazon et Meta ont chacune procédé à des licenciements en 2025. Amazon, Google et Meta prévoient d’investir collectivement 650 milliards de dollars dans l’IA en 2026. Oracle, de son côté, prévoit au moins 50 milliards de dollars d’investissement dans ses infrastructures.

Reçu — 24 juin 2026 Next - Articles gratuits

Larry Sanger, l’un des cofondateurs de Wikipédia, est banni du site

24 juin 2026 à 15:11
Mêmes règles pour tous ?
Larry Sanger, l’un des cofondateurs de Wikipédia, est banni du site

Contempteur de l’encyclopédie participative depuis déjà plusieurs années après avoir participé à sa fondation, Larry Sanger vient d’en être banni pour avoir demandé de l’aide en dehors du site pour influencer son contenu.

Larry Sanger est l’un des cofondateurs de Wikipédia et même de son ancêtre plus élitiste, Nupedia. Mais après plus de 25 ans d’existence, il vient d’être banni de l’encyclopédie. La page de son profil indique « Cet utilisateur est actuellement bloqué », et ce avec une durée de validité indéterminée.

Cela fait des années que Larry Sanger critique Wikipédia. L’année dernière, il se réjouissait que les Républicains ouvrent une enquête sur de supposés biais anti-Israël de Wikipédia. Elon Musk avait annoncé son projet de Grokipedia quelques semaines après, prolongeant ces critiques.

Accusé d’avoir biaisé la discussion en démarchant à l’extérieur

Mais en 2021, il accusait déjà la version anglophone d’être trop pro-démocrates en ne citant pas, par exemple, le regard des républicains à propos de Joe Biden. « Tout le monde sait désormais que Wikipédia exerce une grande influence dans le monde. Il y a donc un jeu très vaste, sordide et complexe qui se joue en coulisses pour que l’article dise ce que certains veulent qu’il dise », affirmait-il à l’époque.

C’est justement à propos de ce genre de jeu d’influence qu’il a été accusé de jouer par la communauté anglophone de Wikipedia.

La note indiquant son blocage sur son profil renvoie vers une discussion où Larry Sanger est accusé d’avoir appelé sa communauté sur des sites extérieurs (notamment X) pour peser en sa faveur sur les discussions en cours sur Wikipédia. Ce procédé, appelé « démarchage » sur le site participatif, est considéré comme incorrect s’il est fait de manière massive, biaisée, en direction d’une audience partisane, ou de façon secrète.

Un des messages de Larry Sanger posté sur X le 9 juin est cité, ainsi qu’un autre du 19 juin. Dans la discussion ci-dessous, on peut voir qu’il est tout à fait conscient qu’il joue avec les règles :

Après plusieurs jours de discussions, la sentence est tombée : « Il existe un consensus clair en faveur d’une exclusion de la communauté de l’utilisateur User:Larry Sanger. Les participants s’accordent généralement à dire qu’il s’est livré à des activités de démarchage en dehors du wiki et qu’il n’est pas ici pour contribuer de manière constructive à l’élaboration de l’encyclopédie ». Certains ont notamment retenu qu’en envoyant ces appels à ses plus de 91 000 followers sur X, il faisait du « bourrage d’urne ». La note explique aussi que « de nombreux rédacteurs partagent par ailleurs une vive inquiétude quant au fait que ses agissements pourraient être interprétés comme des appels à la divulgation d’identité ».

Un projet de diversité intellectuelle ou de malhonnêteté intellectuelle ?

La discussion qui a déclenché tout ça portait sur la proposition de créer un projet officiel de Wikipedia de « diversité intellectuelle » que soutenait Larry Sanger et pour lequel il avait déjà développé un outil appelé PolicyScanner. Il présentait ce projet comme « un groupe de personnes qui s’accordent à dire que la politique de Wikipédia devrait être, à bien des égards, plus accueillante envers un ensemble de contributeurs beaucoup plus diversifié sur le plan intellectuel ; à ce titre, nous pouvons mener ensemble de nombreuses actions, un peu comme un club de réforme », ce qui revient notamment à amener plus de contributeurs proches des Républicains, si on suit les critiques que Larry Sanger lance depuis des années.

Les débats étaient vifs sur le sujet. Il affirmait que ce projet s’adressait « à une immense communauté de wikipédiens actuels et potentiels — tous ceux qui ont été systématiquement écartés par des pratiques et des politiques qui marginalisent ceux dont les points de vue sont systématiquement exclus de Wikipédia ». Ce à quoi un des wikipédiens lui a répondu  :« D’après ce que je peux constater, les seuls points de vue  » systématiquement exclus de Wikipédia » sont ceux dont la fausseté peut être démontrée. Cela ressemble moins à un « projet Wikipédia sur la diversité intellectuelle » qu’à un « projet Wikipédia sur la malhonnêteté intellectuelle » ».

Récidive

Mais ce n’est pas la première fois que Larry Sanger est accusé de « démarchage » sur Wikipédia. Ilyas Lebleu, un administrateur de la Wikipédia anglophone, a expliqué à 404 Media que Larry Sanger avait déjà été averti il y a deux mois pour un comportement similaire.

« Larry a tenté de présenter le débat communautaire comme un processus pseudo-juridique, en avançant une liste d’ « accusations » et de « chefs d’accusation » formulés par des « procureurs », au lieu d’un débat communautaire ouvert », explique-t-il à nos confrères.

« Wikipédia est devenue plus que jamais une anarchie où règne la loi de la rue », a de son côté répondu Larry Sanger à 404 Media, ajoutant : « Lors de ce simulacre de procès au cours duquel une foule m’a évincé, les administrateurs de Wikipédia ont montré qu’ils ne semblaient pas accorder d’importance à des détails tels que les chefs d’accusation formels, la désignation d’un procureur, les règles élémentaires de bienséance, la distinction entre le ministère public et le juge, un jugement impartial, etc. Ils ne disposent d’aucun système approprié, si ce n’est celui de mobiliser une foule pour faire appliquer de manière sélective leur méli-mélo de règles vagues ».

Impact environnemental de l’IA : le secrétaire général de l’ONU réclame la transparence

24 juin 2026 à 14:04
There might be an alternative
Impact environnemental de l’IA : le secrétaire général de l’ONU réclame la transparence

Le secrétaire général de l’ONU inaugure une initiative sur la transparence environnementale de l’IA et appelle globalement les secteurs polluants et les États à accélérer leurs actions pour faire face au changement climatique.

Alors que l’Europe est frappée d’une canicule historique, le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), António Guterres, appelle l’industrie de l’IA à « dire la vérité » sur ses impacts environnementaux. Il a lancé une AI Environmental Transparency Initiative, dédiée à obtenir ces informations, et a appelé les sociétés du secteur à recourir à des énergies renouvelables.

« Le chaos climatique s’accélère devant nos yeux » a-t-il déclaré à Londres, tandis que la crise énergétique alimentée par la guerre au Moyen-Orient « démontre la folie d’un monde dépendant aux hydrocarbures ». Ces deux crises peuvent « sembler différentes. Mais elles partagent la même origine destructrice : les énergies fossiles. »

Côté data centers, des appels à accroître le recours aux énergies fossiles

Quelques jours plus tôt le représentant du lobby européen des centres de données Lex Coors déclarait qu’il fallait ouvrir le débat du recours aux énergies fossiles pour alimenter les data centers européens. Selon lui, si l’Europe continuait de chercher à remplir ses objectifs climatiques, elle serait nécessairement dépassée par les États-Unis et la Chine en matière d’intelligence artificielle. L’autre alternative serait de passer par le recours au gaz, notamment.

Une étude de l’ONU publiée début juin constate que l’industrie des centres de données consomme plus d’électricité que quasiment tous les pays du monde : seulement dix en consomment plus. Or, dans le monde, l’essentiel de cette consommation repose sur de l’énergie fossile, participant à la fois à aggraver la crise énergétique actuelle et la crise climatique plus globale.

Autant d’eau qu’1,3 milliard de personnes d’ici 2030 ?

En pleine London Climate Action Week, le secrétaire général de l’ONU a inauguré une initiative dédiée à la transparence du secteur. Si plusieurs d’entre elles indiquent, sur des bases de volontariat, travailler à recourir à des solutions solaires ou (le plus souvent) nucléaires pour alimenter leurs infrastructures, l’essentiel utilise pour le moment toutes les solutions qu’elles peuvent trouver. Dans le cas de xAI, cela comprend aussi l’installation non autorisée de générateurs au gaz.

D’ici 2030, les secteurs de l’IA et des data centers qui leur permettent de fonctionner « pourraient utiliser plus d’énergie que tous les pays sauf cinq, et autant d’eau que le volume nécessaire pour répondre aux besoins de base des 1,3 milliard de résidents d’Afrique subsaharienne en un an », a encore alerté António Guterres. Si, en France, le secteur repose assez peu sur l’eau pour refroidir ses serveurs, il en va autrement du reste du monde, comme l’illustrait l’enquête Dirty Data, à laquelle Next a pris part.

L’ONU le déclare désormais clairement : la question de la consommation énergétique ne suffit pas à comprendre les effets concrets de l’expansion des centres de données sur les populations. Selon les régions, celle-ci peut aussi se traduire par des pressions accrues sur les ressources en eau ou encore sur les territoires. Les deux tiers des centres de données que l’industrie prévoyait de construire au premier trimestre 2025 sont par exemple supposés être installés dans des zones subissant déjà des stress hydriques.

L’appel d’António Guterres à l’adresse de l’industrie de l’IA se fait dans un contexte plus global d’urgence à adapter la vie économique pour faire face au changement climatique. Comme de nombreux spécialistes du sujet le rappellent ces derniers jours (et depuis des années, notamment via les travaux du GIEC, le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat), l’adaptation à la situation climatique impose de prendre des décisions politiques de long terme. Quant à inverser le réchauffement climatique, cela implique de passer à de vraies logiques de sobriété, voire de renoncement. À ce titre, Antonio Guterres souligne que « chaque émetteur majeur doit accélérer son action (…) et chaque pays doit surperformer sur ses engagements ».

Meta va se lancer sur le marché des plateformes de paris en ligne avec « Arena »

24 juin 2026 à 12:00
L'addiction est un bon filon
Meta va se lancer sur le marché des plateformes de paris en ligne avec « Arena »

Meta a dans les cartons une application, nommée Arena, qui pourrait, à terme, concurrencer Polymarket et Kalshi sur le marché des plateformes de paris en ligne. Celui-ci est cependant assez instable légalement aux États-Unis et se voit critiqué par une partie de la classe politique.

Après le Metaverse, les lunettes connectées et l’IA générative, Mark Zuckerberg a dans le viseur un autre marché du numérique à la mode : les plateformes de paris en ligne. En effet, Meta a dans les cartons une application expérimentale nommée Arena prévue pour concurrencer les deux grosses plateformes du marché, Polymarket et Kalshi.

Des sources du New York Times ont expliqué à nos confrères que, contrairement aux plateformes citées ci-dessus, Meta avait prévu, au moins dans un premier temps, que les utilisateurs d’Arena ne puissent pas utiliser de l’argent réel pour parier. L’idée est de proposer des paris avec un système de points comme dans un jeu vidéo. Mais Meta n’exclut pas d’introduire ensuite des paris utilisant de l’argent réel.

Un projet en « priorité absolue » dans l’entreprise

Si Arena devrait être une application indépendante d’Instagram, Facebook ou WhatsApp, Meta espère bien s’appuyer sur le nombre d’utilisateurs de ces plateformes pour créer rapidement une audience importante à sa plateforme de paris en ligne.

Au sein de l’entreprise, le projet reste étiqueté « expérimental » mais est considéré comme une « priorité absolue » poussée par Mark Zuckerberg.

Des applications qui jouent sur la ligne de la légalité, voire qui la dépasse

Les applications comme Polymarket et Kalshi sont présentées à leurs utilisateurs comme des plateformes de paris. Et elles peuvent générer du revenu en prélevant une commission sur chaque pari. Mais, comme nous l’expliquions, aux investisseurs, elles s’affichent comme de potentiels systèmes de prédiction pour le milieu financier. D’autant plus qu’on a vu apparaitre, rapidement et en nombre, des paris soupçonnés de s’appuyer sur des délits d’initiés. L’administration Trump parie d’ailleurs sur l’IA pour les détecter.

Ça n’empêche pas, pour le moment, des cas de délits d’initiés de faire les titres de la presse états-unienne. Récemment, le Département de la Défense du pays a par exemple lancé lancé une enquête à propos de l’ancien élu à la Chambre des représentants des États-Unis, George Santos.

Et la légalité du marché des applications de paris est remise en cause dans certains États comme celui de New York. La procureure générale de cet État expliquait en avril s’allier avec 37 autres procureurs généraux contre Kalshi, « accusée de proposer illégalement des paris sportifs en violation de la législation de l’État en matière de jeux d’argent ». En mai, l’administration Trump a, de son côté, attaqué la loi récemment votée dans l’État du Minesota contre ce genre de plateforme.

Du côté de Polymarket, les utilisateurs américains doivent utiliser un VPN pour accéder au site autrement qu’en lecture seule. Ça n’a pas empêché l’entreprise de payer des influenceurs américains pour créer et partager des vidéos de promotion de la plateforme montrant de faux gains faramineux.

« Marché de prédiction »

De fait, Meta n’en est pas à son premier essai dans le secteur. En effet, l’entreprise de Mark Zuckerberg (qui s’appelait encore Facebook à l’époque) avait lancé Forecast de façon opportune dans les premiers mois de la pandémie de Covid-19. Le projet, lancé seulement aux États-Unis et au Canada permettait de poser des questions et d’utiliser des points gagnés dans l’application pour faire des prédictions. Ainsi, l’entreprise invitait les personnels de santé et de la recherche de proposer des prévisions concernant la pandémie et ses impacts. Finalement, l’entreprise a fermé le projet au bout d’un peu plus de deux ans.

Concernant le nouveau projet de Meta, le sénateur Richard Blumenthal (démocrate) a réagi sur X, en affirmant : « Meta s’est inspiré des machines à sous pour rendre les enfants accros à Instagram. Aujourd’hui, Zuckerberg transforme son entreprise en marché de prédiction. » Il a ajouté : « Le modèle économique de Meta consiste à tirer profit de la dépendance : enfants, joueurs, etc. Mettons-y un terme grâce à KOSA [le projet de loi fédérale Kids Online Safety Act qu’il porte, ndlr] et à mes projets de loi sur les marchés prédictifs. »

☕️ Dans le noyau Linux 7.2, la suppression du vieux strncpy a réclamé un audit gigantesque

24 juin 2026 à 10:32


Depuis des décennies, les développeurs Linux utilisent une fonction nommée strncpy pour copier du texte. Développée en C, elle est étiquetée comme dangereuse par la propre documentation du noyau. Problème, elle est omniprésente.

Pour comprendre le problème, on peut utiliser une analogie. Supposons que la mémoire de l’ordinateur est comme une série de casiers. Quand un programme veut enregistrer un texte, il réserve une boite d’une certaine taille et y écrit le texte. En langage C, l’ordinateur n’a pas de moyen « naturel » pour savoir quand le mot s’arrête. Il y a donc une règle simple : quand le programme écrit un texte, il faut qu’un point rouge (caractère de fin de chaîne \0) en signale la fin.

Photographie retouchée de Long Ma pour Unsplash
Long Ma pour Unsplash

Et c’est là que les ennuis commencent. La fonction strncpy() est responsable de la copie des textes, mais elle a un gros défaut : quand le texte est trop long, elle coupe la séquence de caractères, mais oublie d’ajouter un point. Et quand le texte est trop court ? Elle ajoute autant de points rouges que nécessaire pour remplir le champ réservé. Les conséquences vont du gaspillage d’énergie à la fuite de secrets, car l’absence de point rouge entraine l’application ou le service à lire ce qui se trouve au-delà, donc des informations présentes dans d’autres « casiers ».

Ces problèmes sont connus depuis longtemps, mais leur résolution a demandé un vaste effort d’ingénierie. Des développeurs ont ainsi passé les six dernières années à référencer toutes les occurrences de la fonction strncpy dans l’intégralité du code du noyau, totalisant 362 commits (des participations, en quelque sorte), rapporte Phoronix. La version 7.2 à venir sera donc la première à ne plus posséder strncpy, remplacé par des variantes modernes et beaucoup plus sécurisées.

Dans la plupart des cas, il s’agira de strscpy, qui possède le comportement adapté : l’outil copie du texte, mais si la séquence est trop longue, il la tronçonne en ajoutant systématiquement un point rouge à la fin de chaque morceau. Strncpy est donc supprimé définitivement à partir du prochain noyau, avec impossibilité d’y faire appel.

Les vidéos de gains faramineux sur Polymarket ? Des faux, payés par la plateforme.

24 juin 2026 à 09:01
Fake cote, fake gain, fake respect
Les vidéos de gains faramineux sur Polymarket ? Des faux, payés par la plateforme.

Aux États-Unis, pour promouvoir ses activités, la plateforme de paris en ligne Polymarket aurait payé des influenceurs pour produire du contenu manipulé.

En janvier, George Makihara, un étudiant, a publié une vidéo dans laquelle il gagnait 100 000 dollars. Le pari qui lui a permis de rafler la mise ? Celui que le président Trump dirait publiquement le nom « McDonald’s » au fil du mois suivant. Problème : d’après une analyse du Wall Street Journal, personne n’a gagné un tel pari au mois de janvier 2026 sur la plateforme.

Pire : d’après le journal, l’entreprise qui a défrayé la chronique au point d’être interdite en France et dans plusieurs autres pays a purement et simplement payé des internautes pour mettre en scène de faux gains sur les réseaux sociaux. L’entreprise a construit des « copies quasi-parfaites de son site web », puis leur a demandé de « simuler ces paris sur les faux sites et de cacher le fait qu’ils avaient été payés par Polymarket ».

« Bro, what ? »

La dissimulation a plutôt fonctionné : certaines de ces vidéos sont devenues virales, au point que les 1 105 vidéos étudiées pour l’enquête ont cumulé 140 millions de vues sur YouTube, TikTok et Instagram. Pour les produire, les créateurs de contenu concernés se sont vus envoyer des guides rédigés au format bullet point, ce qui conduit plusieurs d’entre eux à reprendre exactement les mêmes termes.

Ainsi de l’idée selon laquelle, grâce à ces paris, ils gagneraient de « l’argent gratuit », ou des phrases « bro, what ? » et « wait, what ? », dédiées à accrocher l’attention des internautes. Une fois leurs vidéos tournées, ces derniers étaient encore supposés les envoyer à Polymarket qui s’assure de leur aspect crédible. À défaut, l’entreprise demandait aux vidéastes de recommencer.

Surtout, les vidéos s’appuyaient fréquemment sur un faux site Polymarket dont l’URL, poiymarket.com, est difficilement distinguable de la vraie lorsqu’elle est écrite avec un i majuscule. 70 % des paris analysés n’auraient ainsi jamais été vraiment réalisés. Dans certains cas, les vidéos montrent aussi les influenceurs réagir à des éléments d’actualité dépassée.

Dans un des clips, un internaute déclare par exemple avoir parié que Donald Trump dirait les mots « April fools » pendant la première semaine du mois d’avril. L’extrait auquel on le voit réagir devant son écran de télé comme s’il venait de remporter la mise, en revanche, date du mois de mars précédent. En conditions réelles, une personne qui aurait reproduit le même pari aurait perdu. Dans la plupart des cas, les créateurs de contenu ont ajouté des précisions sur le fait qu’ils avaient été payés après avoir été contactés par les médias américains.

Paris perdants

La campagne a particulièrement visé les utilisateurs états-uniens, quand bien même Polymarket n’est accessible que de manière détournée. En 2022, rappelle ArsTechnica, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) a en effet conclu que Polymarket opérait une plateforme d’échanges financiers de manière illégale. Depuis, le site principal de la marque n’est accessible qu’en mode « lecture seule »… sauf si les internautes recourent à un réseau privé virtuel (VPN).

Quoiqu’il en soit, Polymarket s’est tourné vers des influenceurs qui devaient avoir au moins 60 % de leur audience aux États-Unis. Au total, ces derniers montrent avoir placé pour environ 1,9 million de dollars de paris et remporté près de 900 000 dollars. S’ils avaient été placés pour de vrai, selon les calculs du Wall Street Journal, ces paris auraient entraîné des pertes de plus de 166 000 dollars.

L’affaire vient s’ajouter à de multiples critiques qui visent ces plateformes de paris en ligne. En novembre 2025, une étude de la Columbia University estimait déjà qu’au moins un pari sur quatre enregistré sur Polymarket relevait de l’amplification artificielle pour simuler une demande forte.

En janvier, un internaute avait gagné plus de 430 000 dollars en pariant pile au bon moment sur la chute du président vénézuélien Nicolas Maduro. Des aléas qui n’empêchent pas Mark Zuckerberg d’envisager lancer son propre service de paris.

☕️ MesVaccins.net touché par un vol de données, tous les utilisateurs potentiellement concernés

24 juin 2026 à 08:21


Le site MesVaccins.net est la dernière victime en date d’un vol de données. La plateforme, qui centralise les données de vaccination et propose un carnet de vaccination numérique, a prévenu ses utilisateurs et donné quelques détails.

Un tiers non autorisé a accédé à certaines données personnelles traitées par MesVaccins.net, et en a obtenu une copie. D’après l’enquête toujours en cours, la cyberattaque a compromis des informations d’identification et de contact comme les adresses email et les numéros de téléphone, ainsi que les données d’état civil (dont le numéro de sécurité sociale s’il a été renseigné).

Illustration : Flock

Les mots de passe des comptes étant chiffrés, ils ne sont pas concernés – prudence étant mère de sûreté, le site recommande tout de même de changer de mot de passe. En ce qui concerne les données vaccinales, les informations du profil santé (là encore, s’il a été renseigné) ne sont pas stockées en clair mais « sous forme codée ». Une formulation plutôt vague qui peut inquiéter. MesVaccins.net indique n’avoir identifié aucune exposition directe des informations médicales en clair.

La plateforme n’est pas en mesure d’identifier avec certitude les personnes touchées par ce vol de données. Mais elle considère que l’ensemble des titulaires d’un carnet de vaccination numérique est susceptible d’être concerné par l’incident. Les responsables de MesVaccins.net ont mis en œuvre des mesures de sécurité renforcée pour contenir la fuite, notifié la CNIL (c’est obligatoire) et déposé plainte.

Ces données peuvent être utilisées dans des attaques de phishing. Le site conseille de faire preuve d’une vigilance particulière à la réception d’emails, de SMS ou d’appels téléphoniques inhabituels réclamant des informations personnelles. Vérifiez systématiquement l’identité de l’interlocuteur et ne communiquez aucune information sensible : un conseil qui doit faire office d’hygiène de vie numérique pour tout le monde. Le site du gouvernement sur la cybermalveillance peut aussi être une adresse utile.

Les services de MesVaccins.net, dont le Carnet, sont toujours accessibles et peuvent être utilisés normalement. L’entreprise affirme avoir isolé les systèmes touchés, reconstruit son infrastructure de production, sécurisé davantage l’accès au code source et lancé des audits de sécurité supplémentaires, tout en revoyant ses procédures internes de gestion des accès. Le site est intégré à la plateforme officielle Santé publique France, qui utilise son moteur pour fournir des recommandations vaccinales personnalisées.

2 000 vieux smartphones Pixel vont devenir un mini datacenter

24 juin 2026 à 07:54
Retraite active pour les bazous
2 000 vieux smartphones Pixel vont devenir un mini datacenter

En cette période de disette de composants informatiques, pourquoi ne pas recycler d’anciens appareils pour construire des serveurs ? L’idée n’est pas neuve, mais le projet de l’université de Californie entend passer à la vitesse supérieure avec un centre de calcul composé de 2 000 smartphones Pixel recyclés.

En moyenne, un utilisateur d’iPhone ou de smartphone Android en change tous les 4 ans, a récemment calculé l’assureur Assurant. Passées ces quatre années, que se passe-t-il pour le vieux modèle ? Il meurt souvent tranquillement au fond d’un tiroir, mais il est possible (et important !) de lui donner une seconde vie : le revendre ou le céder à un proche, ou encore recycler ses composants.

Une seconde carrière pour d’anciens smartphones

Des chercheurs de l’université de Californie à San Diego (UCSD) considèrent qu’un smartphone avec un peu de bouteille reste un ordinateur tout à fait capable. Certes, le châssis peut avoir souffert, et la puissance de batterie n’est plus qu’un lointain souvenir de ce qu’elle était auparavant. Leur idée a été de récupérer la carte mère du téléphone, le processeur, la mémoire et le stockage, pour les intégrer dans un serveur.

Le projet, soutenu par Google, utilise des smartphones Pixel Fold, et l’objectif ne manque pas d’ambition puisque ce sont 2 000 unités qui seront connectées entre elles dans un centre de calcul. L’université espère ainsi disposer d’une puissance de calcul équivalente à une cinquantaine de serveurs conventionnels.

Les appareils ne fonctionneront pas sous Android ; le système d’exploitation sera une distribution Linux pour que les téléphones puissent exécuter des applications serveur. Pour répartir les tâches automatiquement entre les différents appareils, les chercheurs utilisent Kubernetes.

Ryan Kastner, professeur associé en informatique à l’UCSD, a expliqué à The Register que les premiers essais ont été réalisés avec des smartphones non modifiés. Une solution pas idéale : lors des premières réunions avec Google, « leurs ingénieurs nous ont expliqué que, si nous voulions déployer ces appareils dans un centre de données, il était impensable de conserver les batteries — comme d’ailleurs beaucoup d’autres composants — car ils constituent un risque d’incendie ».

les cœurs les plus puissants du Pixel Fold affichent, sur la plupart des tests du benchmark SPEC, de meilleures performances individuelles que ceux d’un serveur de centre de données de référence.

Le processeur Google Tensor G2 du Pixel Fold abrite deux cœurs Cortex-X1 (2,85 GHz), deux cœurs Cortex-A78 (2,35 GHz) et quatre Cortex-A55 (1,8 GHz), un GPU Mali-G710 et 12 Go de mémoire. Prise seule, cette puce est loin des monstres qui motorisent les serveurs avec leurs centaines de Go de RAM, des dizaines de cœurs et des capacités réseau sans commune mesure. Mais combinez-en 25 à 50 smartphones, et vous obtiendrez un serveur conventionnel convenable pour certains types de tâches.

D’autant qu’en performances par cœur, les processeurs des smartphones modernes peuvent rivaliser avec certains serveurs de centre de données. Ce sont surtout la quantité de mémoire et le nombre de cœurs disponibles qui distinguent encore les deux catégories.

Les serveurs sont-ils solubles dans les smartphones ?

L’idée n’est toutefois pas de remplacer les serveurs IA ou les infrastructures de Google. Mais pour des travaux pratiques d’informatique, certains calculs parallèles, la correction automatique de devoirs, de petites applications web ou pour héberger des notebooks Jupyter (des espaces de travail interactifs utilisés pour programmer et analyser des données), ces serveurs bricolos sont aptes à la tâche.

L’équipe explique d’ailleurs que beaucoup de services universitaires tournent déjà sur de très petites machines virtuelles dans le nuage ; un smartphone pourrait assumer ce genre de charge. Les premières expérimentations montrent qu’un cluster de 20 unités peut gérer les pics de travaux soumis par une promotion de plus de 75 étudiants, avec des temps de correction plus rapides que le backend AWS utilisé habituellement (des instances t3.micro équipées de deux vCPU et d’un seul Go de mémoire vive).

Le centre de calcul au complet, avec ses 2 000 smartphones, devrait entrer en service dès cet automne. Il pourrait faire fonctionner une centaine de cours similaires en parallèle. L’installation servira de test grandeur nature, et permettra également de mesurer la fiabilité de matériel grand public utilisé en continu comme infrastructure infonuagique.

Les chercheurs rappellent aussi que la fabrication des appareils informatiques représente une part importante de son empreinte carbone. Or, la carte mère, qui est conservée dans le projet, concentrerait à elle seule près de la moitié des émissions liées à la production d’un smartphone.

En cas de réussite de l’expérience, la vie utile de nombreux smartphones pourrait gagner quelques années – même s’il faut garder en tête que seule une partie des composants est exploitée. Le recyclage reste indispensable pour valoriser le reste de l’appareil.

Peut-on accéder aux chats secrets entre Von der Leyen et les dirigeants européens ?

24 juin 2026 à 06:32
Chatcontrol version dirigeants ?
Peut-on accéder aux chats secrets entre Von der Leyen et les dirigeants européens ?

Les chats entre Ursula von der Leyen et les dirigeants des pays européens sont-ils des documents administratifs auxquels on peut accéder en évoquant le règlement européen sur l’accès du public aux documents ? La question est en suspens mais est prise au sérieux par la médiatrice européenne.

Les discussions qui se trament dans un chat privé entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et les dirigeants des pays européens comme Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Giorgia Meloni doivent-elles rester privées ?

On aurait tendance à le penser, notamment pour le bon déroulé de négociations et la fluidité des échanges entre dirigeants européens.

Cependant, la question reste pour l’instant en suspens et la médiatrice européenne, Teresa Anjinho, ne l’a pas écartée d’un revers de main. Elle a même envoyé une lettre à la Commission européenne pour lui signaler qu’elle ouvrait une enquête à ce sujet.

Un groupe de discussion éventé dans la presse

C’est notre confrère Alexander Fanta du média Follow The Money qui l’a soulevée en apprenant l’existence d’un tel groupe de discussion en janvier 2026, quand l’Europe serrait ses rangs pour faire face aux menaces de Donald Trump d’envahir le Groenland. Au détour d’un article de Politico sur le sujet, on apprenait qu’un groupe de discussion privé permettait à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen d’échanger régulièrement avec des dirigeants comme le Britannique Keir Starmer, le Français Emmanuel Macron, l’Allemand Friedrich Merz, le Finlandais Alexander Stubb et l’Italienne Georgia Meloni. « Au cours de l’année écoulée, ils ont mis en place une routine bien rodée consistant à s’échanger des messages chaque fois que Trump fait quelque chose d’extravagant et potentiellement préjudiciable », expliquaient nos confrères.

Il serait donc intéressant, quoiqu’explosif, de connaître les détails de ces échanges. Alexander Fanta a donc demandé à la Commission européenne « tous les messages échangés entre la présidente Ursula von der Leyen et d’autres dirigeants depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 » au sein de ce groupe et d’ «empêcher la suppression automatique de tous les messages issus de cette discussion de groupe ».

Pour cette demande, il s’appuie sur le règlement européen de 2001 sur l’accès du public aux documents du Parlement européen, du Conseil et de la Commission. Celui-ci règlemente la possibilité pour toute personne d’accéder aux documents administratifs européens, comme ce que fait la Cada en France.

Teresa Anjinho prend le dossier au sérieux

Après plusieurs échanges, la Commission européenne a répondu à notre confrère pour synthétiser sa position de refus [PDF]. Elle estime notamment que ces échanges sont pleinement dans le cadre de l’exception prévue par le règlement européen « où la divulgation porterait atteinte à la protection [des] relations internationales » (article 4(1)(a), troisième tiret). La commission explique que « les échanges se déroulent dans un climat de confiance mutuelle et de confidentialité, ce qui est essentiel pour jeter les bases permettant de s’accorder, lorsque cela s’avère nécessaire et opportun, sur des positions officielles, telles qu’elles sont exprimées dans des déclarations communes et les conclusions des sommets ». Elle ajoute que « la divulgation de ces échanges compromettrait les relations internationales de l’UE (et de ses États membres) avec les pays tiers ».

Alexander Fanta a alors soumis une plainte auprès de la médiatrice européenne, comme l’invitait la Commission dans sa réponse. Teresa Anjinho semble ne pas se satisfaire des arguments de la Commission et a ouvert une enquête : « J’ai décidé d’ouvrir une enquête sur la manière dont la Commission a traité la demande du plaignant au titre de la législation de l’Union européenne relative à l’accès du public aux documents », explique-t-elle dans une lettre adressée à la Commission que Follow the Money a pu se procurer.

Teresa Anjinho a récemment épinglé la Commission européenne pour la suppression d’un message envoyé par Emmanuel Macron à Ursula von der Leyen sur Signal à propos de l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur. La médiatrice a affirmé dans sa recommandation qu’à l’avenir, « la Commission devrait veiller à ce que tous les textos et messages instantanés relatifs à ses politiques, activités et décisions, échangés entre les chefs d’État ou de gouvernement, ou les ministres, et les membres de la Commission, y compris ceux qui sont supprimés automatiquement après un certain délai, soient dûment conservés pendant une période raisonnable ».

☕️ Apple et Tesla rattrapées par une fuite de données chez leur fournisseur Tata Electronics

24 juin 2026 à 06:16


Tata Electronics, un important fournisseur indien d’Apple et de Tesla, a été ciblé par une cyberattaque. Le groupe de pirates à l’origine de l’effraction a posté sur le dark web des centaines de milliers de documents confidentiels sur les produits des deux constructeurs.

Il y a quelques semaines, Tata Electronics a identifié un « incident de cybersécurité » dans son infrastructure. Les protocoles de sécurité ont été déployés immédiatement, et l’incident n’a eu « aucun impact sur les opérations » de l’entreprise. Néanmoins, les pirates de World Leaks ont tout de même pu subtiliser une belle quantité de documents, pour laquelle ils réclament une rançon.

Tata a informé certains employés de son activité d’assemblage d’iPhone de cette fuite de données la semaine dernière, selon Reuters. Apple, un des principaux clients de l’entreprise, procèderait à une « analyse complète » de l’attaque.

Un butin colossal dérobé chez Tata Electronics

World Leaks affirme avoir publié plus de 200 000 fichiers tirés du vol, ce qui représente 630 Go de données. Plusieurs dossiers portent des noms équivoques (« com.apple.factorydata »), tandis que certains sont liés à des spécifications de matériaux. Un document de 52 pages porte des mentions de propriété intellectuelle d’Apple, qui décrivent des procédures de contrôle qualité pour des composants électroniques d’iPhone.

Image : Tata Electronics

Des informations liées à la production des smartphones d’Apple en Inde semblent aussi concernées. Les données comprendraient ainsi 33 fichiers et dossiers associés au terme « Hosur », qui correspond au principal site d’assemblage d’iPhone de Tata dans l’État du Tamil Nadu. Selon le chercheur en cybersécurité Rajshekhar Rajaharia, une recherche du terme « Apple » dans les données divulguées renvoie 181 fichiers et dossiers.

Apple n’est pas la seule entreprise touchée ; c’est le cas aussi de Tesla, même si les documents volés semblent moins fournis. Les fichiers visibles en ligne font état d’informations sur des composants, ainsi que sur un contrôleur de port de recharge destiné à une mise à jour de la Model Y. On trouverait aussi des documents en lien avec le projet « Highland » du constructeur automobile, dans un dossier « TOP SECRET » daté de 2023. Il contiendrait des dessins techniques connectés à la refonte de la Model 3.

Cette fuite tombe à un moment critique pour Apple : Tata Electronics est devenue en quelques années un des piliers de sa stratégie de diversification industrielle. Le constructeur fait assembler en Inde une part de plus en plus importante de ses iPhone destinés au marché mondial. Tata assurerait environ un tiers de la production d’iPhone en Inde, le reste étant confié aux sites indiens opérés par Foxconn. L’entreprise est ainsi devenue l’un des partenaires industriels les plus importants d’Apple en dehors de la Chine.

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