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Anthropic déploie de nouveau Mythos 5, Fable 5 attend son feu vert

27 juin 2026 à 14:59
Libéré, délivré
Anthropic déploie de nouveau Mythos 5, Fable 5 attend son feu vert

Nouvel épisode dans la saga Mythos. Anthropic a reçu la nuit dernière l’autorisation du gouvernement US pour déployer de nouveau Mythos 5 auprès d’organisations et entreprises états-uniennes. Fable 5 pourrait obtenir son feu vert la semaine prochaine.

Dévoilés le 10 juin, Fable 5 et Mythos 5, les modèles IA les plus avancés d’Anthropic, n’ont pas été très longtemps entre les mains des utilisateurs. Deux jours plus tard, Anthropic était obligée d’en fermer l’accès à tous les ressortissants étrangers ; étant dans l’impossibilité de déterminer la nationalité de ses utilisateurs, le labo IA a décidé d’interdire ces modèles à tout le monde.

Depuis, les négociations se poursuivent entre l’administration Trump à l’origine de l’interdiction, et Anthropic. Elles ont fini par porter leurs fruits, du moins pour Mythos 5. Ce modèle est le frère jumeau de Fable 5, mais sans les restrictions d’usage liées à des sujets sensibles, comme la cybersécurité, la biologie, la chimie ou la distillation de modèles IA.

« Aujourd’hui, le gouvernement nous a informés que Mythos 5, notre modèle le plus avancé en cybersécurité, peut être redéployé auprès d’un ensemble d’organisations américaines chargées d’exploiter et de défendre des infrastructures critiques », a expliqué ce vendredi 26 juin l’entreprise sur les réseaux sociaux. L’accès est depuis en phase de rétablissement pour ces organisations.

Fable 5 dans l’antichambre

C’est un premier pas, mais insuffisant : Mythos 5, qui remplace Mythos Preview, se limite en effet aux membres du projet Glasswing. Fable 5 pourrait cependant suivre assez vite. Selon une indiscrétion d’Axios, l’administration Trump pourrait lever son interdiction sur le modèle grand public dans le courant de la semaine prochaine.

Howard Lutnick, le secrétaire au Commerce, a expliqué dans une lettre envoyée ce vendredi, et révélée par Semafor, qu’Anthropic avait travaillé avec le gouvernement sur les risques associés aux deux modèles. Des efforts qui ont permis « des avancées significatives ». L’entreprise s’est par ailleurs engagée à plancher sur « des protocoles, des normes et les modalités de mise à disposition des modèles ».

Cette « libération » des deux modèles sera vécue comme un soulagement par Anthropic et ses utilisateurs. Néanmoins, ce pataquès ne résout pas la demande du labo qui, le 12 juin, réclamait « un processus statutaire transparent, équitable, clair et fondé sur des faits techniques » plutôt que l’opacité actuelle qui « ne respecte pas ces principes ».

Un message similaire envoyé par OpenAI hier, alors que le créateur de ChatGPT lançait GPT-5.6… mais à une poignée restreinte d’organisations, comme l’a exigé le gouvernement. « Nous ne pensons pas que ce type de procédure d’accès gouvernementale doive devenir la norme à long terme », explique OpenAI. « Elle prive des meilleurs outils les utilisateurs, les développeurs, les entreprises, les défenseurs en cybersécurité et les partenaires internationaux qui en ont besoin. »

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[MàJ] OpenAI lance vraiment GPT-5.6 Sol, Terra et Luna

9 juillet 2026 à 17:23
GPT-5.6 derrière un cordon de sécurité
[MàJ] OpenAI lance vraiment GPT-5.6 Sol, Terra et Luna

Sol, Terra et Luna : les trois versions de GPT-5.6 sont maintenant disponibles, après quelques semaines de purgatoire à la Maison Blanche.

Mise à jour, 9/07 — Après quelques semaines en accès limité, GPT-5.6 a reçu le feu vert de l’administration Trump pour être lancé auprès du grand public.

Article original, 26/06 — GPT-5.6 est finalement disponible, deux mois après la précédente version du grand modèle de langage d’OpenAI. Enfin, disponible… façon de parler. En vertu d’un décret du président Trump, l’entreprise limite le déploiement à quelques organisations et entreprises triées sur le volet. Le labo IA espère pouvoir distribuer le modèle aussi largement que possible « dans les prochaines semaines ».

Une situation loin d’être idéale et qui ne fait pas les affaires d’OpenAI. « Nous ne pensons pas que ce type de processus d’accès gouvernemental doive devenir la norme à long terme », écrit la société. « Il prive des meilleurs outils les utilisateurs, les développeurs, les entreprises, les défenseurs en cybersécurité et les partenaires internationaux qui en ont besoin », ajoute-t-elle. OpenAI dit continuer de travailler avec l’administration Trump pour améliorer le cadre prévu du décret présidentiel sur la cybersécurité.

GPT-5.6 : un modèle à voir de loin

Dont acte, il faudra donc se contenter de GPT-5.5 pendant quelques temps avant de pouvoir juger de son successeur sur pièces. Ou plutôt, de ses successeurs car OpenAI a opté pour trois versions de son modèle :

  • GPT-5.6 Sol est présenté comme le modèle le plus puissant du lot. OpenAI assure qu’il est le plus calé pour les tâches les plus complexes, comme le code, les raisonnements longs, la biologie, la cybersécurité et les usages agentiques. Sol reçoit également les garde-fous les plus costauds (on va y revenir).
  • GPT-5.6 Terra est le modèle intermédiaire, pensé pour les usages quotidiens avec un équilibre entre performances et coûts. Ses performances devraient le mettre au niveau de GPT-5.5, tout en étant deux fois moins cher, promet OpenAI.
  • GPT-5.6 Luna est le modèle rapide et abordable de la gamme. Il se destine aux usages où la vitesse et le prix comptent davantage que les performances brutes.

On pourra voir dans cette gamme un certain alignement avec Anthropic et ses modèles Haiku, Sonnet et Opus.

Deux modes de consommation sont proposées : « max », qui donne à GPT-5.6 Sol davantage de temps pour raisonner sur des tâches complexes. Et « ultra », qui mobilise plusieurs agents capables de travailler en parallèle sur des tâches plus lourdes.

GPT-5.6 Sol se veut donc particulièrement performant sur les tâches liées au code. Sur le benchmark Terminal‑Bench 2.1, les versions standard et Ultra affichent des scores légèrement supérieurs à celles de Mythos 5. Mais OpenAI insiste surtout sur les capacités du modèle pour la cybersécurité (recherche de vulnérabilités et leur exploitation). Sol rivalise avec Mythos Preview sur ExploitBench, en n’utilisant qu’un tiers des tokens en sortie.

La sécurité en bandoulière

Ces super-pouvoirs sont sévèrement encadrés, tient à rassurer OpenAI. Toute la chaîne de sécurité autour de GPT-5.6 Sol a été renforcée, avec des garde-fous directement entraînés dans le modèle, des systèmes de détection en temps réel, des contrôles au niveau des comptes et un accès différencié en fonction des usages.

Il s’agit de compliquer la vie des pirates qui voudraient exploiter ces capacités pour pénétrer par effraction dans des infrastructures sensibles. Mais sans bloquer pour autant les travaux légitimes de recherche et de correction de failles, de débug ou de formation. OpenAI ajoute que certaines activités peuvent entraîner une vérification au niveau du compte, pour distinguer un usage défensif licite d’un comportement malveillant répété.

« Lors d’évaluations portant sur Chromium et Firefox, [GPT-5.6 Sol] a identifié des bugs et des éléments pouvant servir à construire un exploit, mais il n’a pas été capable de produire seul une chaîne d’exploitation complète et fonctionnelle dans les conditions testées. »

OpenAI insiste tout particulièrement sur le travail mené pour contrer les tentatives de jailbreak, qui poussent les modèles à contourner leurs mesures de sécurité. Plus de 700 000 heures de calcul (en équivalent GPU A100) ont été consacrées à du red teaming automatisé : les propres modèles d’OpenAI ont tenté de chercher des failles dans les garde-fous.

Il s’agissait de détecter des jailbreaks « universels » qui peuvent fonctionner dans toute sorte de contextes, pas uniquement sur une requête précise. Des experts humains sont également mobilisés, et les tests se poursuivent durant la phase d’aperçu. Les premiers testeurs pourront d’ailleurs buter sur des restrictions qui bloqueront ou refuseront certaines demandes. D’autres requêtes prendront davantage de temps de traitement, afin de procéder à des examens de sécurité supplémentaires.

Tokens raisonnables

Les tarifs intéresseront les entreprises qui font bûcher les agents IA pour produire du code et qui voient les factures s’alourdir invariablement. La grille des prix de GPT-5.6 est la suivante :

  • GPT-5.6 Sol : 5 $/1 million de tokens en entrée ; 30 $/1M en sortie ;
  • GPT-5.6 Terra : 2,50 $/1M en entrée ; 15 $/1M en sortie ;
  • GPT-5.6 Luna : 1 $/1M en entrée ; 6 $/1M en sortie.

Sol a ceci d’intéressant que ses tarifs sont identiques à ceux de GPT-5.5. Quant à Terra, ils sont tout simplement deux fois moins chers, pour des performances annoncées comme similaires. Un caillou dans le jardin d’Anthropic, dont les derniers modèles se montrent très gourmands.

OpenAI ajoute que GPT-5.6 Sol pourra tourner sur l’infrastructure Cerebras avec une vitesse pouvant atteindre 750 tokens par seconde. De quoi offrir des temps de réponses beaucoup plus rapides pour les clients professionnels exigeants disposant des ressources financières nécessaires.

GPT-5.6 améliore aussi le « cache de requêtes », un mécanisme présent depuis octobre 2024 chez OpenAI qui permet de réduire les coûts quand un développeur réutilise plusieurs fois le même contexte dans ses requêtes. Le nouveau modèle conserve les éléments réutilisables d’une requête pendant au moins 30 minutes ; l’écriture dans le cache coûte 1,25 fois plus cher, mais la lecture (la réutilisation) bénéfice de 90 % de remise. C’était 50 % au lancement de cette fonction. Par ailleurs, les développeurs pourront mieux découper leurs prompts pour choisir les parties à garder en cache et à réutiliser ensuite.

Dans la fonction publique, l’expérimentation de « L’Assistant » laisse sceptique

26 juin 2026 à 15:46
Mouais bof
Dans la fonction publique, l’expérimentation de « L’Assistant » laisse sceptique

La généralisation du déploiement de l’agent IA « L’Assistant » de la DINUM pour tous les agents publics a été annoncée par Sébastien Lecornu. Mais les résultats de l’expérimentation, sans être négatifs, montrent qu’il sera difficile de généraliser son utilisation à la place d’autres outils d’IA générative.

La semaine dernière, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a fait une série d’annonces sur l’intelligence artificielle, dont la généralisation de l’accès au projet « L’Assistant » qui doit équiper tous les agents de la fonction publique. Après dix mois de beta test, les agents ayant donné leur avis semblent l’avoir bien accueilli, mais ils sont finalement peu nombreux par rapport au nombre de beta testeurs affichés par le ministère.

Ce service est un chatbot opéré par la DINUM pour que les agents publics français « dialogu[ent] avec des modèles d’intelligence artificielle générative dans un environnement sécurisé ». On imagine que l’idée est de réduire le « shadow AI » (l’utilisation de bots IA commerciaux dans les bureaux, sans être passés par un contrat) qui se pratique dans les bureaux de la fonction publique.

Mais le but est peut-être aussi d’éviter les déconvenues comme celle du projet HéphAIstos, destiné aux hauts fonctionnaires de Bercy, qui repose sur des modèles de l’entreprise chinoise Qwen AI. Certains utilisateurs ont relevé, rapporte l’AFP, des « réponses orientées » ou « biaisées » sur des sujets relatifs à la Chine.

Le CNRS, comme d’autres institutions françaises, avait fait le choix de signer un contrat avec Mistral, au risque d’un déploiement du chatbot qualifié à l’époque de « pas sérieux ». Ici, la DINUM et le gouvernement ont pris les devants avec un outil maison, une expérimentation pendant dix mois et une évaluation menée par des chercheurs en sciences sociales de l’INRIA, l’INSA Rennes et du CNRS.

Un chiffre de beta testeurs répondant pas si important qu’affiché

La direction interministérielle de la transformation publique a partagé à la fin de cette expérimentation les résultats de l’évaluation [PDF]. Alors que le ministère affiche que le projet a été « expérimenté pendant dix mois auprès de 10 000 agents issus de six ministères (Justice, Finances, Éducation nationale, Culture, Enseignement supérieur et Recherche, Services du Premier ministre) », remarquons d’abord que le document précise que c’est le nombre de licences déployées par la DINUM.

Il explique que plusieurs questionnaires ont été envoyés entre décembre 2025 et juin 2026, mais seulement aux ministères économiques et financiers et au ministère de la Justice. Chez les premiers, 1 359 agents ont accepté de participer à l’évaluation en décembre 2025, 874 d’entre eux ont fait un retour en mars et seulement 465 ont répondu au questionnaire de fin d’expérimentation. Du côté du ministère de la Justice, il n’y a eu que 700 retours en janvier et le document n’évoque aucun retour de questionnaire de fin d’expérimentation de la part des services du garde des Sceaux, Gérald Darmanin.

L’évaluation a aussi été faite en prenant en compte 20 entretiens qualitatifs semi-dirigés et trois focus-groups en présentiel.

Des répondants qui jugent que l’Assistant répond moins bien à leurs besoins que les autres IA génératives

Sachant cela, les répondants sont majoritairement satisfaits de l’outil : 65 % recommanderaient l’Assistant IA à un collègue et 75 % estiment qu’il est utile pour leur métier. Mais ils sont une courte majorité à affirmer qu’ils utilisent moins souvent des solutions non souveraines dans le cadre professionnel grâce à l’Assistant. Et encore plus difficile à avaler pour le projet, « 57 % considèrent que les autres IA génératives répondent mieux à leurs besoins ».

On le voit aussi dans les réponses concernant les freins à l’usage : le manque de confiance dans la fiabilité des réponses est ce qui revient en premier. La méconnaissance des fonctionnalités adaptées aux spécificités de leurs métiers arrive juste après.

Finalement, ces résultats de l’expérimentation ont de quoi laisser sceptique sur les capacités réelles de l’Assistant à remplacer le shadow AI dans les bureaux des ministères.

Binance perd son passeport pour l’Europe

26 juin 2026 à 14:17
Vacance(s) européenne(s)
Binance perd son passeport pour l’Europe

Les services de Binance ne seront plus disponibles dans l’Union européenne à compter du 1er juillet. La plateforme crypto a décidé d’annuler sa demande de licence MiCA déposée en Grèce, et de tenter sa chance auprès d’un autre régulateur du vieux continent. Un processus qui pourrait durer des mois ; les clients européens de Binance sont priés de préparer la sortie.

À partir du 1er juillet, tous les prestataires de services sur crypto-actifs (CASP), dont les plateformes d’échange de cryptomonnaies, doivent posséder une licence dans l’Union européenne afin de continuer à opérer normalement. La période transitoire prévue au règlement européen qui encadre les crypto-actifs (MiCA) expirera en effet à cette date, a rappelé [PDF] l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA).

Les clients devront trouver une autre plateforme de cryptos

Au-delà, la licence MiCA sera donc nécessaire : Binance en sera privée au moins temporairement. La première plateforme mondiale d’échange de cryptos opère dans plusieurs pays européens, dont la Pologne, l’Italie, l’Espagne et la France, en vertu de licences locales. Mais passé le 1er juillet, ces dernières ne vaudront plus rien, il lui faut absolument un agrément MiCA délivré par un État pour poursuivre son activité européenne.

Binance négociait avec les autorités grecques pour décrocher le précieux sésame, mais la société a préféré retirer sa demande auprès de la Commission hellénique du marché des capitaux. Décision a été prise de frapper à la porte d’un autre État membre – ce serait la France, croit savoir le Financial Times (l’Autorité des marchés financiers n’a rien confirmé).

La demande de licence déposée en Grèce aurait été rejetée la semaine dernière, mais Binance n’aurait pas reçu la décision formelle, rappelle le quotidien américain. En attendant de trouver une solution réglementaire, les services de Binance vont donc être interrompus et la plateforme communique avec ses clients européens pour les informer de la situation. Elle affirme que « [les] fonds restent en sécurité et [sont] protégés ». Le message indique ainsi :

« À partir du 1er juillet 2026, les opérations disponibles seront limitées à celles vous permettant de réduire vos positions et de retirer vos actifs. Pour plus de clarté : tous les crypto-actifs resteront disponibles au retrait, y compris après le 1er juillet 2026, conformément aux exigences réglementaires et de conformité applicables. »

Jouer le jeu

Les clients devront choisir une autre manière de gérer leurs actifs, en les transférant vers un autre prestataire. Binance convient que l’incertitude « peut créer de la confusion et de l’inquiétude », mais rappelle son engagement à suivre les règles dans l’UE et ailleurs. « L’Europe est une région importante » pour l’entreprise, qui veut opérer « dans le cadre clair, équitable et harmonisé prévu par MiCA ».

Pour Binance, le règlement européen crée un cadre « cohérent pour les crypto-actifs dans l’ensemble de l’UE ». Encore faut-il posséder une licence délivrée par un État membre, ce qui devrait être fait « dans les prochains mois ».

La plateforme veut montrer patte blanche auprès des régulateurs, après plusieurs affaires ayant conduit Changpeng Zhao, fondateur et ancien patron de la société, à plaider coupable pour des manquements aux règles américaines de lutte contre le blanchiment d’argent. En avril 2024, il a été condamné à quatre mois de prison, puis a été gracié par Donald Trump.

Si Binance cherche désormais à rester dans les clous des réglementations, ses services n’en seraient pas moins toujours utilisés pour blanchir de l’argent sale. En janvier 2025, une information judiciaire a été ouverte en France sur, entre autres, des infractions de blanchiment aggravé et blanchiment de fraude fiscale.

IA générative : Anthropic accuse Alibaba de distiller ses modèles

26 juin 2026 à 10:38
Anti-anthropic
IA générative : Anthropic accuse Alibaba de distiller ses modèles

Anthropic a récemment alerté les élus états-uniens au sujet de la récupération massive de données sur ses outils par Alibaba, accusant son concurrent chinois de distiller ses modèles de façon illégitime. En parallèle, l’administration Trump interdit l’accès au marché de son département de la défense à plusieurs entreprises de Chine, alors qu’un équivalent chinois de Mythos est annoncé.

Après des semaines de bataille entre Anthropic et l’administration Trump, les États-Unis semblent resserrer les rangs alors qu’arrivent de nouveaux outils d’IA générative venant de Chine.

En effet, l’entreprise dirigée par Dario Amodei vient de nouveau de se plaindre auprès des élus de son pays à propos des pratiques de l’entreprise chinoise Alibaba. Le 10 juin, Anthropic a envoyé une lettre au sénateur républicain Tim ​Scott et à la sénatrice démocrate Elizabeth Warren qu’a pu obtenir ArsTechnica et dans laquelle elle affirme partager de « nouveaux éléments de preuve confidentiels concernant la plus vaste campagne visant à exploiter illicitement les capacités de Claude que nous ayons jamais observée ».

Une distillation toujours pas endiguée

L’entreprise y détaille qu’elle a observé entre le 22 avril et le 5 juin dernier « des opérateurs liés à Alibaba et à Alibaba Qwen, le laboratoire d’IA d’Alibaba » qui auraient généré « plus de 28,8 millions d’échanges avec Claude via près de 25 000 comptes frauduleux ». Elle considère que cette utilisation massive est contraire à ses conditions d’utilisation et qu’elle serait menée par Alibaba dans le but de « distiller » son modèle.

L’entreprise et sa concurrente états-unienne OpenAI avaient déjà proféré de telles accusations en février dernier contre d’autres entreprises chinoises : DeepSeek, Moonshot, et MiniMax. À l’époque, elle reconnaissait que « la distillation est une méthode d’entraînement largement utilisée et légitime. Par exemple, les laboratoires d’IA de pointe distillent régulièrement leurs propres modèles afin de créer des versions plus petites et moins coûteuses pour leurs clients ». Mais elle considérait que l’utilisation de cette technique était illicite si l’objectif était « acquérir les capacités puissantes d’autres laboratoires en une fraction du temps et à un coût bien inférieur », sans pour autant s’appuyer sur un texte légal.

Anthropic réitère donc son accusation en soulignant qu’Alibaba a réussi à échapper à la détection en « recourant à des techniques d’obfuscation et à des réseaux de proxys » et qu’« une économie de contournement [était] en pleine expansion » en Chine, ce qui rendrait les modèles Claude d’autant plus fragiles face à la distillation.

Alibaba sur une liste lui bloquant l’accès au marché du département de la Défense

« Alibaba est cotée à la Bourse de New York, exerce ses activités aux États-Unis et doit rendre des comptes aux investisseurs et aux régulateurs américains », affirme encore Anthropic dans sa lettre. Et elle ajoute que, « pourtant, cette activité s’est déroulée dans les semaines qui ont suivi » la note de service de Trump qui avait fait suite aux accusations d’OpenAI et Anthropic en affirmant que ces tentatives de créer des clones des outils d’IA générative états-uniens étaient « inacceptables ».

En parallèle de ces accusations se joue un bras de fer entre Alibaba et l’administration Trump. En effet, cette dernière a ajouté le 8 juin BYD, Baidu, NIO et Alibaba à sa liste des entreprises travaillant pour l’armée chinoise. Cette liste n’impose pas officiellement des sanctions, mais elle bloque l’accès du marché du département de la Défense états-unien aux entreprises qui y figurent. Alibaba a attaqué en justice cette décision ce mardi 23 juin, explique Reuters.

Tulongfeng et Yitianzhen, deux outils chinois pour faire face à Mythos

Ces réflexes de protection du côté états-unien s’activent alors que c’est une autre entreprise chinoise qui se met en avant actuellement. 360 Digital Security Group, aussi connue sous le nom de Qihoo 360 notamment pour ses antivirus, a annoncé ce mercredi 24 juin avoir développé un outil qui serait la réponse chinoise à Mythos d’Anthropic. Reuters explique que le fondateur de l’entreprise, Zhou Hongyi, a dévoilé son projet nommé « Yitian Tulong » qui rassemble deux outils : Tulongfeng et Yitianzhen. Le premier est conçu pour détecter des vulnérabilités logicielles et le second pour automatiser la cyberdéfense et la gestion des incidents.

Tulongfeng aurait, selon lui, identifié 3 432 failles logicielles (dont 105 confirmées par les autorités chinoises) sans qu’il ne soit possible de vérifier cette affirmation.

☕️ Un an à peine après son lancement, Notion annonce déjà la fin de son client Mail

26 juin 2026 à 09:47


En avril 2025, Notion lançait la première version de sa nouvelle application : Notion Mail. Initialement compatible avec Gmail, sa valeur ajoutée devait résider dans l’utilisation de l’IA et l’organisation automatique, grâce à son expérience acquise dans son application de prise de notes.

Las ! L’entreprise jette l’éponge. Dans un tweet publié le 25 juin, elle annonce qu’elle mettra fin à toutes les variantes le 22 septembre : la version web, l’application desktop et celle pour iOS.

« À mesure que les agents Notion sont devenus plus performants, nous avons vu de plus en plus d’utilisateurs leur confier leurs flux de travail par e-mail. Aujourd’hui, plus de la moitié des utilisateurs de Notion Mail gèrent leurs e-mails sans jamais ouvrir leur boîte de réception. Nous misons donc tout sur l’utilisation des agents pour gérer votre boîte de réception », affirme Notion.

L’éditeur se dit « reconnaissant » envers les personnes qui ont construit leur « routine autour de Notion Mail » et qui lui ont fait confiance pour « quelque chose d’aussi important que […] e-mails ».

Côté marche à suivre, les courriers en eux-mêmes ne bougeront pas, puisque ce sont ceux de Gmail, avec lequel l’application se synchronise. En revanche, les brouillons et les e-mails programmés seront supprimés. Notion recommande donc de les sauvegarder avant le 21 septembre.

D’autres en profitent déjà, comme Spark Email, qui vient tout juste de publier sur X un message d’accueil pour les éventuels transfuges, rappelant que son client (payant, à partir de 8,25 euros par mois) est compatible avec Gmail, Outlook et iCloud (en plus des comptes classiques).

(màj) La Maison-Blanche demande à OpenAI de retarder GPT-5.6 pour examen

26 juin 2026 à 09:22
Brouillard de guerre
(màj) La Maison-Blanche demande à OpenAI de retarder GPT-5.6 pour examen

Le gouvernement américain aurait exigé d’OpenAI une période d’examen similaire pour son futur modèle GPT-5.6. Les performances atteindraient le niveau de Mythos et Fable d’Anthropic et feraient donc l’objet d’une analyse des risques. Seuls des acteurs triés sur le volet y auraient actuellement accès.

Mise à jour 19h30 – OpenAI a lancé ce vendredi soir GPT-5.6… mais uniquement à destination d’une poignée d’organisations et d’entreprises ayant reçu l’aval du gouvernement américain. Trois versions du LLM sont proposées : Sol (la plus puissante), Terra (équilibre performances/efficacité) et Luna (plus rapide et meilleur marché). L’objectif est de déployer ce modèle plus largement dans les prochaines semaines.

Article d’origine – OpenAI aurait accepté d’échelonner la sortie publique de son prochain modèle, GPT-5.6. C’est ce qu’affirme The Information dans un article du 25 juin, relayé par divers autres médias. Le gouvernement Trump aurait officiellement demandé à l’entreprise de retarder cette disponibilité et de lui donner un délai de 30 jours pour examiner la situation. Durant cette période, l’accès ne serait confié qu’à une poignée de partenaires sélectionnés avec soin, le temps que la Maison-Blanche étudie les implications pour la sécurité nationale.

Dans le sillage du décret présidentiel

Le 2 juin, Donald Trump a signé un décret présidentiel (executive order) intitulé « Promoting Advanced Artificial Intelligence Innovation and Security ». Il demande aux entreprises d’IA de soumettre volontairement leurs modèles les plus puissants à un examen gouvernemental jusqu’à 30 jours avant leur publication publique. Il prévoit également la création d’un AI cybersecurity clearinghouse (bureau central de la cybersécurité de l’IA) et mandate des benchmarks classifiés pour évaluer les capacités cyber des modèles.

Cet executive order stipule explicitement que rien dans son texte ne saurait être interprété comme autorisant la création d’une exigence gouvernementale de licences, de pré-autorisation ou de permis pour le développement, la publication ou la distribution de nouveaux modèles. La participation est formellement volontaire. Du moins, sur le papier.

En outre, le cadre opérationnel du décret n’est pas établi. Benchmarks classifiés, liste de modèles concernés, procédures d’évaluation : rien n’est encore fixé. Un groupe multi-agences dirigé par les secrétaires au Trésor, à la Guerre et à la Sécurité intérieure dispose de 60 jours (soit jusqu’au 31 juillet 2026) pour concevoir ce cadre.

Mythos et Fable en ont fait les « frais »

Il n’aura pas fallu dix jours pour qu’Anthropic essuie les plâtres du décret. Le gouvernement américain, invoquant ses pouvoirs en matière de sécurité nationale, a émis une directive de contrôle des exportations ordonnant la suspension immédiate de tout accès à Fable 5 et Mythos 5 pour tout ressortissant étranger, où qu’il se trouve dans le monde, jusqu’aux employés d’Anthropic eux-mêmes.

Anthropic a reçu l’ordre le 12 juin. Le courrier ne contenait aucune raison précise à cette préoccupation gouvernementale. Anthropic, incapable de filtrer ses utilisateurs par nationalité, a fini par appliquer la seule solution qui s’adressait à elle : couper l’accès à tout le monde.

Dans son communiqué du même jour, l’entreprise explique que le gouvernement semble alors penser que Fable 5 a été « jailbreaké », permettant d’outrepasser ses limites. Fable est pour rappel une version de Mythos protégée en théorie par des garde-fous. Mythos n’étant accessible qu’au travers du projet Glasswing, composé d’une quarantaine d’organisations triées sur le volet, un tel jailbreak représentait effectivement un sérieux problème.

Mais Anthropic a vivement contesté le bien-fondé de la mesure : l’entreprise estimait que le jailbreak cité par le gouvernement était étroit et ne déverrouillerait les capacités cybersécurité de Mythos que dans un cas spécifique, pas de façon universelle. Elle ajoutait que le même jailbreak pouvait être utilisé pour obtenir des capacités similaires d’autres modèles publiquement disponibles, dont GPT-5.5 d’OpenAI, qui n’était pourtant pas concerné par de tels contrôles.

La décision s’est inscrite en outre dans un contexte politique tendu : les principaux conseillers tech de Trump, notamment l’ex-czar de l’IA David Sacks (Palantir) et le sous-secrétaire à la Défense Emil Michael, ont publiquement attaqué Anthropic et ses dirigeants. Sacks a accusé Anthropic d’être « woke » et « gauchiste » et de se livrer à une « stratégie sophistiquée de capture réglementaire fondée sur la peur », comme le rappelait Fortune le 13 juin. En mars 2026, le Pentagone avait déjà qualifié Anthropic de « risque pour la chaîne d’approvisionnement », et Anthropic poursuit le gouvernement en justice pour tenter de faire annuler cette désignation, les procédures étant toujours en cours.

Anthropic, OpenAI : même combat ?

Les deux cas ne sont toutefois pas les mêmes. Pour OpenAI, il s’agit cette fois d’une demande formelle avant le lancement du modèle. Pour Anthropic, l’ordre avait été donné a posteriori.

Si OpenAI veut commercialiser son modèle, elle doit soumettre à la Maison-Blanche les clients potentiels, qui seront approuvés ou pas après examen. Selon l’article de The Information, GPT-5.6 est estimé au même niveau que Mythos en capacités avancées de cybersécurité.

Toujours selon nos confrères, Sam Altman aurait communiqué la situation aux employés d’OpenAI via une note de service. Les responsables fédéraux approuveraient l’accès « client par client pendant cette période de prévisualisation », suivie « quelques semaines plus tard » d’une publication plus générale du modèle 5.6. Ce dernier pourrait alors sortir en juillet. « Nous avons clairement indiqué au gouvernement américain que ce n’est pas notre modèle préféré à long terme, et nous travaillerons avec lui et d’autres acteurs de l’industrie pour trouver une approche plus durable pour les futures publications », indiquerait également la note.

Un fonctionnement pérenne ?

Si la mesure doit s’appliquer désormais sur tout nouveau modèle issu d’une grande société américaine, les conséquences pourraient être multiples. Financièrement d’abord, car ces entreprises ont besoin de vendre des abonnements pour prétendre un jour à toute forme de rentabilité. Dans un domaine où la concurrence est très active et où la Chine peut dégainer à tout moment un modèle capable de faire fléchir la capitalisation boursière d’une société comme NVIDIA, ces retards ne peuvent être que mal vécus par Anthropic et NVIDIA.

Au-delà d’éventuelles manœuvres politiques, la situation illustre aussi l’ambivalence de la situation. D’un côté, un décret mettant l’accent sur la participation volontaire. De l’autre, une mise en œuvre finalement contraignante. L’absence de cadre clair génère de la confusion chez les entreprises, qui ne savent pas qui ou quelle agence gère effectivement la régulation. Par exemple, la demande adressée à OpenAI provenait directement de la Maison-Blanche, tandis que l’interdiction d’exportation pour Anthropic est venue du ministère du Commerce.

L’épisode d’Anthropic a également souligné la dépendance extrême que les entreprises ou d’autres structures peuvent ressentir quand un acteur aussi important désormais coupe les vannes. La clientèle ne peut que s’inquiéter quand un outil aussi majeur que Claude (ou en l’occurrence l’une de ses variantes) peut disparaitre sans préavis par simple décision politique.

C’est une nouvelle fois un enjeu de souveraineté numérique, comme l’a abordé récemment le Conseil de l’IA et du Numérique. Dans un document (PDF), celui-ci notait (point 4) que la vision américaine de cette notion se rapprochait « paradoxalement et étroitement de la vision chinoise ».

☕️ SpaceX envisagerait de se lancer comme opérateur mobile aux États-Unis

26 juin 2026 à 08:53


SpaceX aurait dans ses cartons le projet de lancer une offre de téléphonie mobile grand public aux États-Unis. Cette dernière s’appuierait en partie sur les constellations de satellites déjà déployées pour les services de connectivité Starlink, mais elle devrait aussi motiver la création (ou l’acquisition) d’une infrastructure dédiée au sol. La mise en place d’une telle offre positionnerait l’entreprise d’Elon Musk comme un concurrent direct d’opérateurs tels que T-Mobile, qui fait aujourd’hui appel à ses services pour la partie satellite.

Le lancement de cette offre de téléphonie mobile aurait été évoqué par Gwynne Shotwell, la présidente de SpaceX, lors de certaines rencontres avec les investisseurs organisées pendant la tournée de préparation de l’introduction en bourse du 12 juin dernier. L’information, révélée vendredi 26 juin par le Financial Times, n’a pas été confirmée par l’entreprise, mais le quotidien britannique affirme avoir eu confirmation de ces déclarations par quatre personnes proches du dossier.

L’hypothèse n’est pas anodine, particulièrement dans le contexte d’une introduction en bourse. Starlink représente déjà une part significative de l’activité totale de SpaceX, avec 11,387 milliards de dollars de chiffre d’affaires, 7,168 milliards de dollars d’EBITDA et 4,423 milliards de dollars de résultat opérationnel sur l’année 2025.

Illustration : Flock

Mais cette activité, réalisée à l’échelle de 150 pays, pèse encore bien peu par rapport au marché états-unien des communications mobiles. Les trois grands opérateurs du secteur (AT&T, Verizon et T-Mobile) totalisent en effet près de 352 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2025, auxquels s’ajoutent les revenus réalisés par les opérateurs virtuels (MVNO). Bien que le marché soit considéré comme saturé, une offre accueillie comme agressive ou innovante permettrait sans doute à SpaceX de conquérir des clients.

Renforcer les possibilités offertes par Starlink fait effectivement partie des promesses formulées par SpaceX dans son prospectus boursier, mais les allusions au sujet ont sans doute été éclipsées par les déclarations relatives aux datacenters dans l’espace ou à la conquête de Mars.

« Bien que nous nous attendions à ce que le service Starlink Mobile ait aujourd’hui un impact particulier sur les clients des zones reculées non couvertes par les réseaux mobiles terrestres (…) nous nous efforcerons d’offrir l’expérience de connectivité privilégiée à nos clients, quel que soit leur emplacement, en zone rurale, périurbaine ou urbaine », écrit notamment Starlink.

« La nouvelle génération de satellites Starlink Mobile, associée à notre récent achat de spectre sans fil auprès d’EchoStar, est conçue pour fournir une connectivité à haut débit et à faible latence directement aux appareils des utilisateurs finaux, offrant ainsi une solution de connectivité équivalente aux réseaux mobiles terrestres », poursuit l’entreprise.

L’occasion a peut-être fait le larron : rappelons en effet que SpaceX a pu mettre la main, fin 2025, sur un lot de fréquences dans la bande des 2 GHz auprès de l’opérateur Echostar pour environ 17 milliards de dollars. L’entreprise d’Elon Musk avait été bien aidée, à l’époque, par la FCC et par Donald Trump, qui avait lui-même exhorté Echostar à vendre une partie du spectre qui lui avait été alloué. Une nouvelle plage de fréquences avait d’ailleurs été cédée à SpaceX quelques semaines plus tard, pour 2,6 milliards de dollars supplémentaires.

Mistral veut bousculer la gestion des documents avec son modèle OCR 4

26 juin 2026 à 07:31
Plus de dame du CDI
Mistral veut bousculer la gestion des documents avec son modèle OCR 4

Mistral a lancé la quatrième version de son modèle dédié à l’OCR, la reconnaissance de texte. Mais de simple extracteur de texte, le modèle spécialisé devient un parseur documentaire sémantique, que Mistral présente comme particulièrement adapté aux pipelines de recherche ou au RAG. L’entreprise parle désormais d’intelligence documentaire.

Le nouveau modèle Mistral OCR 4 lancé ce 23 juin vise l’extraction d’informations et la restitution de représentations structurées de documents entiers. Cette nouvelle version va donc plus loin que la seule extraction de données, au point que le nom même du modèle devient peu représentatif de ce qu’il a vraiment dans le ventre.

Selon Mistral en effet, OCR 4 « extrait et structure le contenu d’un large éventail de documents ». Tous les formats courants comme PDF, DOC, PPT et ODF sont pris en charge. « Là où les générations précédentes se concentraient sur la conversion d’une page en texte et tableaux clairs, OCR 4 restitue une représentation structurée du document », avec encadrés « englobants » (bounding boxes), classification par blocs et scores de confiance par page et par mot.

Ce que fait le nouveau modèle

Dans son communiqué, Mistral assure que ces encadrements étaient la fonction la plus demandée. OCR 4 prend ainsi en charge des données de localisation capables de présenter une traçabilité de l’information. Le modèle renvoie ainsi une représentation en couches dans laquelle chaque bloc est localisé dans une boite, classé par type (titre, tableau, équation, signature, etc.) et assorti d’une note de confiance.

Mais à quoi tout cela sert-il ? Sans ces informations, et avec les modèles précédents, les systèmes en aval ne pouvaient pas retracer un extrait jusqu’à sa source sur une page spécifique. Impossible de poser alors une question simple comme « D’où vient ce chiffre ? ». OCR 4 permet de résoudre ces problèmes selon Mistral.

Autre avantage de cette classification, un texte tagué comme « titre » peut segmenter un document en morceaux hiérarchiques pour une recherche sémantique. En fait, chaque morceau d’un document, une fois étiqueté, peut être acheminé vers un pipeline de traitement spécifique ou non. Si l’on prend le cas des éléments reconnus comme signatures par exemple, ils peuvent alors être repris dans des flux de travail dans un système de conformité.

Mistral indique que ces opérations ne sont pas nouvelles en soi. En revanche, le nouveau modèle les intègre toutes, annulant pour les clients le besoin d’entreprendre eux-mêmes ces traitements et analyses. OCR 4 propose ainsi une fonction triple : localisation spatiale, typage sémantique et confiance. Les zones ayant une confiance faible pourront par exemple être automatiquement routées vers des vérificateurs humains. À l’inverse, les éléments obtenant une note élevée pourront intégrés automatiquement dans les flux de travail.

La reconnaissance de texte est rarement la finalité dans ce type de processus. Le développement de systèmes RAG, des flux de travail agentiques ou tout ce qui touche à une forme d’automatisation avec les documents demande plus de temps que cette étape. OCR 4 veut justement taper dans la fourmilière en proposant une solution capable de faire sauter toute l’étape de reconstruction, avec à la clé des économies, aussi bien sur les coûts de l’OCR proprement dit que sur les heures investies par les ingénieurs chargés du reste. C’est du moins ce qu’affirme Mistral.

Scores à l’appui

Pour prouver le sérieux de sa nouvelle offre, l’entreprise donne plusieurs chiffres. Des annotateurs indépendants auraient ainsi préféré OCR 4 dans 72 % des cas face « à tous les principaux systèmes OCT et IA documentaires testés ». Le modèle de Mistral affiche également un score de 85,20 % sur le benchmark OlmOCRBench, prenant la première place. Le modèle prend en charge 170 langues réparties dans 10 groupes linguistiques, « avec des gains mesurables sur les langues spécialisées et à faibles ressources où plusieurs systèmes concurrents se dégradent ».

Mistral affirme également que son modèle est suffisamment compact pour être déployé dans un seul conteneur. Le Français met ce point en avant, évoquant les gains de confidentialité, de conformité et – bien sûr – de souveraineté. Plusieurs témoignages élogieux sont de la partie dans le billet de blog, de même que sur X.

La tarification proposée via l’API est de 4 dollars pour 1 000 pages, avec une remise de 50 % sur l’API par lots. Si les développeurs passent par Document AI, le tarif passe à 5 dollars pour 1 000 pages. Les cas d’utilisation recommandés sont ceux attendus : analyse et extraction de documents, RAG, flux de travail agentiques, pipelines de données structurées utilisant des scores de confiance, et recherches en bases de connaissances.

Mistral tient cependant à rappeler que son nouveau modèle vise la compréhension, pas l’aide à la décision. « Il n’est pas destiné au diagnostic médical, aux conseils ou jugements juridiques, aux décisions financières à enjeux élevés, aux systèmes critiques pour la sécurité, au traitement en temps réel ou sensible à la latence, ni aux entrées non documentaires (audio brut, vidéo, etc.) », indique l’entreprise.

Washington voudrait embarquer l’UE dans une alliance IA face à la Chine

26 juin 2026 à 07:02
Le contrat de défiance
Washington voudrait embarquer l’UE dans une alliance IA face à la Chine

Branche d’olivier ou coup fourré ? L’administration Trump aurait proposé à l’Union européenne un partenariat sur l’IA, dans le but de créer une alliance pour sécuriser l’approvisionnement en composants indispensables aux datacenters IA.

Washington chercherait à nouer un partenariat avec l’Union européenne sur l’IA. Bloomberg a obtenu un brouillon de la proposition, présentée à plusieurs États membres cette semaine. On peut y lire des mots étonnants provenant de l’administration Trump : « nous partageons l’idée que l’avenir de l’IA doit reposer sur des bases de collaboration de confiance, de sécurité économique, d’innovation et de concurrence loyale ».

L’ennemi de mon ennemi

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, les relations transatlantiques ont été pour le moins chahutées. Les tensions commerciales, la pression sur la régulation européenne du numérique et les restrictions d’accès à des technologies américaines ont réduit la confiance à une peau de chagrin. Dans ce contexte, voir Washington parler de « collaboration de confiance » et de « concurrence loyale » a quelque chose de croquignolet.

Plusieurs capitales auraient d’ailleurs exprimé des inquiétudes : elles estiment qu’un tel partenariat servirait de véhicule aux États-Unis pour promouvoir leur propre écosystème IA, au détriment des entreprises européennes du secteur. L’idée serait de créer une alliance en vue de sécuriser la chaîne de production des composants indispensables aux centres de données IA, alors que la concurrence avec la Chine ne faiblit pas.

Les discussions autour d’un partenariat sur l’IA tombent au plus mauvais moment (ou au meilleur, selon le point de vue), quelques semaines après le blocage de Fable 5 et Mythos 5 pour les ressortissants étrangers. Une interdiction provenant des autorités états-uniennes et qui a soulevé des craintes partout en Europe : sur un coup de tête, Donald Trump peut priver le vieux continent d’une technologie américaine.

Que des États membres de l’UE échaudés par la brutalité de Washington voient cette nouvelle initiative américaine d’un mauvais œil n’est donc pas complètement dénué de sens. Malheureusement, les détails sur ce partenariat sont assez ténus. Le projet de déclaration commune tiendrait sur une seule page, qui appelle à une coopération dans trois domaines : le soutien à la recherche et au développement ; l’exportation des technologies IA vers des pays partenaires ; et surtout, la promotion d’une « réglementation favorable à l’innovation ». Un dernier point qui pose question, alors que les États-Unis ferraillent contre le DMA/DSA et les taxes européennes sur les grandes plateformes du numérique, justement au nom de l’innovation.

Dialogue de sourds

La Commission a en tout cas pris son bâton de pèlerin cette semaine, en faisant le voyage dans la capitale américaine. Henna Virkkunen, vice-présidente chargée de la Souveraineté technologique, a abordé le sujet de l’interdiction des derniers modèles IA d’Anthropic « [elle]-même avec l’administration Trump ». Des discussions ont aussi eu lieu avec l’entreprise.

Henna Virkkunen a également répété que l’UE devait avoir accès à ces modèles avancés pour identifier les vulnérabilités dans le code logiciel, tout en affirmant que l’Europe devait aussi être en mesure de développer ses propres capacités en la matière. Un « plan d’action pour le continent IA » avait été présenté il y a un peu plus d’un an, mais les technologies avancent beaucoup plus vite que les réglementations.

Les États-Unis ont l’art de manier la carotte et le bâton. Car en parallèle, le projet de loi MATCH Act en cours de discussion au Congrès vise à empêcher les fabricants chinois de puces d’accéder à certains équipements occidentaux de production de semi-conducteurs. De quoi frapper de plein fouet ASML, le géant néerlandais de la lithographie, dont les machines sont au cœur de la fabrication des puces les plus avancées.

Sjoerd Sjoerdsma, le ministre du Commerce du pays, a rencontré ce mardi son homologue américain, Howard Lutnick, ainsi que des représentants politiques pour faire entendre la voix des Pays-Bas. Le texte est actuellement en discussion au Congrès. « Il est exceptionnel que je vienne ici exposer largement nos préoccupations devant le Congrès », a-t-il déclaré, toujours à Bloomberg. « Nous le faisons parce que ces préoccupations sont importantes et parce que les enjeux pour les Pays-Bas pourraient être très élevés. »

Le ministre veut lui aussi empêcher des technologies sensibles de se retrouver « là où elles pourraient nuire à notre sécurité ». Mais pour lui, cela doit se faire sur une base volontaire. « Si cela implique des mesures de coercition par-delà les frontières et l’Atlantique, eh bien, c’est à nous, en tant que pays, d’en décider. Nous trouvons donc cela vraiment regrettable », conclut-il.

☕️ Google Finance se dote enfin d’une app mobile, nourrie à l’IA générative

26 juin 2026 à 06:32


Vingt ans après l’ouverture du service Google Finance, le moteur de recherche annonce coup sur coup le déploiement d’une nouvelle interface de gestion des portefeuilles boursiers et l’arrivée d’une application mobile dédiée. Celle-ci n’est pour l’instant proposée que sur Android, mais le moteur de recherche indique qu’une déclinaison iOS sortira d’ici la fin 2026. Le service Web comme l’application, conçus pour fonctionner en adéquation, s’appuient (sans surprise) sur de nouvelles fonctionnalités exploitant les IA génératives maison.

À l’instar de son grand concurrent Yahoo Finance, le service de Google propose pour mémoire un outil de suivi des marchés avec création de listes personnalisées, et suggestions de corrélations entre l’actualité du moment et l’évolution des cours. La firme de Mountain View y ajoute désormais la constitution d’un portefeuille boursier personnel, soit en entrant chacune des valeurs et sa date d’achat, soit en important un PDF ou un CSV issu du fournisseur de services boursiers de l’utilisateur. Contrairement à des applications spécialisées payantes comme Finary, Google ne va donc pas jusqu’à proposer une actualisation automatique du portefeuille via API.

Elle s’engage sur la confidentialité des données ainsi confiées : « Les données de votre portfolio restent confidentielles. Veuillez noter que Google ne conserve aucun fichier ni aucune image que vous téléversez. Vous gardez le contrôle total et pouvez modifier ou supprimer les données de votre portfolio à tout moment ».

Le tout a vocation à être enrichi de conseils personnalisés. « Une fois votre portefeuille mis en place, il est facile d’approfondir l’analyse grâce à l’outil de recherche. Essayez de poser des questions telles que : « Quels secteurs sont actuellement sous-représentés dans mon portefeuille ? » ou « Quel est l’impact de ma répartition en titres à revenu fixe sur mon potentiel de croissance à long terme ? » », illustre Google.


Google Finance peut également être programmé pour la génération d’analyses récurrentes (une veille quotidienne sur une liste de valeurs ou sur les dernières évolutions du marché des cryptomonnaies par exemple). Les contenus ainsi générés par IA seront ensuite poussés sous forme de notifications dans l’application mobile associée.

Dans son billet d’annonce, Google décrit simplement ces nouvelles possibilités, sans évoquer les limitations inhérentes à l’IA générative. Il faut se tourner vers les pages de documentation pour trouver les avertissements de rigueur. « L’IA peut commettre des erreurs. Vérifiez toujours les données financières de manière indépendante et consultez un conseiller financier agréé ou un professionnel avant de prendre toute décision d’investissement », y écrit par exemple l’entreprise.

Outre ces fonctions de gestion des finances personnelles, le service devrait également s’enrichir d’un système d’alerte permettant de suivre en direct ou de retrouver les présentations des résultats financiers d’entreprises cotées, à l’image de ce que propose l’application Quartr.

Meta remplace ses modérateurs par de l’IA

26 juin 2026 à 06:15
AIttention danger
Meta remplace ses modérateurs par de l’IA

Meta veut laisser à l’IA les clés de la modération sur ses réseaux sociaux. Ou tout du moins, d’une très grande partie. Les LLM sont appelés à trancher toujours plus de contenus, de publicités et de recours d’utilisateurs, au moment même où le groupe cherche à réduire ses coûts.

La modération humaine a vécu chez Meta. L’entreprise a l’intention de la remplacer par de l’IA générative qui sera chargée d’évaluer les contenus, les publicités, ainsi que les recours des utilisateurs. Selon plusieurs sources du Financial Times, Meta aurait remplacé environ 50 % des demandes de révision humaine par des LLM cette année. L’objectif est d’aller encore plus loin : possiblement plus de 90 % pour certains types de contenus d’ici la fin de l’année.

L’IA peut-elle résoudre l’équation de la modération ?

Les premiers tests réalisés par Meta depuis le mois de mars montrent qu’en moyenne, l’IA commettrait 13 % d’erreurs en moins que les humains quand il s’agit d’intervenir sur des contenus enfreignant les règles de modération. Elle identifierait 10 % d’infractions réelles en plus. « L’objectif de ce travail est d’améliorer nos efforts d’application des règles, et nous déployons ces systèmes d’IA plus avancés dès lors que nous sommes certains qu’ils obtiennent systématiquement de meilleurs résultats que nos méthodes actuelles de modération des contenus », a assuré l’entreprise au FT.

Mais ces mêmes sources anonymes indiquent que les modèles IA continuent de se tromper, par exemple en retirant ou en limitant la visibilité de contenus pourtant inoffensifs. C’est notamment le cas pour la satire, les évolutions de langage, les contenus ambigus. Autre écueil, l’entreprise n’aurait pas établi la manière de mesurer les performances de ces systèmes. Meta conteste et affirme avoir des processus de contrôle solides, avec des évaluations continues et des échantillons vérifiés par des humains. Le groupe a beaucoup à prouver ici, après qu’un agent IA maison a permis à des malandrins de pirater 34 000 comptes Instagram

Ce passage à la modération par IA n’est pas non plus un moyen de réduire les coûts, affirme encore le groupe, il s’agit d’exploiter une technologie qui évolue rapidement. Cela reste à voir : Meta s’est engagé dans un vaste plan d’économies, occasionnant des milliers de licenciements. Y compris au sein des équipes dédies à l’IA. Les sous-traitants chargés de la modération voient eux aussi leurs contrats se réduire ou ne pas être renouvelés.

Dernier point et pas des moindres, la modération des publicités. En novembre dernier, une enquête de Reuters montrait qu’environ 10 % du chiffre d’affaires annuel (de 2024) provenait de réclames pour des arnaques ou des produits interdits. Confier davantage de décisions de modération de la pub à l’IA a de quoi inquiéter, surtout si les garde-fous ne sont pas irréprochables.

Ce passage à l’IA sur la question aussi sensible de la modération de contenus sera une épreuve de feu pour Muse Spark. En interne, les équipes utilisent Gemini, mais il leur a été demandé de passer au nouveau modèle du labo IA de Meta.

En janvier 2025, Mark Zuckerberg amorçait un nouveau virage pour la modération sur les réseaux sociaux de son entreprise pour « revenir à nos racines autour de la liberté d’expression ». Arrêt des programmes de vérification des faits, plus grande permissivité pour la désinformation ainsi qu’aux insultes envers les femmes et les minorités autorisées, « notes de communauté » comme sur X/Twitter…

Ces changements, réalisés au moment où Donald Trump revenait au pouvoir, ont effectivement libéré une certaine parole. Les menaces violentes, les discours de haine et le harcèlement ont explosé à l’encontre des représentants du monde politique américain.

DMA : les nuages d’Amazon et de Microsoft bientôt sous surveillance renforcée en Europe

26 juin 2026 à 05:32
Orages à l'horizon
DMA : les nuages d’Amazon et de Microsoft bientôt sous surveillance renforcée en Europe

Le club du DMA pourrait bientôt s’ouvrir à deux nouveaux venus : Amazon Web Services (AWS) et Azure de Microsoft. La Commission européenne penche en effet pour une inscription de ces deux infrastructures cloud au tableau du règlement sur les marchés numériques.

Depuis septembre 2023 et la mise en œuvre du DMA, la Commission européenne a désigné 7 contrôleurs d’accès et 23 services de plateformes essentiels. De nouveaux entrants sont régulièrement nommés, comme Booking et iPadOS en 2024, d’autres en sortent, à l’image de la Marketplace de Facebook en juin dernier.

Un nuage indispensable à l’économie européenne

Bruxelles prépare une possible extension du DMA au cloud, et a deux services en ligne de mire : AWS d’Amazon, et Azure de Microsoft. Les deux entreprises sont déjà des contrôleurs d’accès, mais leurs plateformes infonuagiques n’ont pas encore été épinglées. Ce n’est pas encore une désignation définitive : « nous pensons qu’AWS et Azure devraient être considérés comme des gatekeepers au titre du DMA », à ce stade de l’enquête débutée en novembre 2025.

Il se trouve qu’AWS et Azure ne rempliraient pas les seuils quantitatifs habituels du DMA – typiquement les critères de taille, d’utilisateurs, etc. Mais le règlement permet quand même à la Commission d’ouvrir une enquête de marché et de désigner un acteur si elle estime qu’il joue, dans les faits, un rôle de passage obligé. Et ça semble bien le cas : AWS et Azure sont, respectivement, le premier et le deuxième service d’informatique cloud dans l’UE.

Or, le cloud est devenu une infrastructure centrale dans l’économie numérique, constate Teresa Ribera, vice-présidente en charge de la Concurrence. « L’importance de ces services ne fera que croître, raison pour laquelle il est essentiel de veiller au bon fonctionnement et à la compétitivité du marché, ainsi qu’à des conditions équitables pour tous les fournisseurs de services cloud », ajoute-t-elle.

Ces plateformes peuvent donc constituer des points d’accès importants, même si elles ne sont pas aussi visibles du grand public que l’App Store d’Apple, ou que le moteur de recherche de Google.

La défense d’Amazon et de Microsoft

Le régulateur insiste également sur les éléments classiques du DMA : ces deux acteurs ont une position solidement installée, ils peuvent profiter d’effets de verrouillage des marchés, les coûts demeurent élevés pour la migration, et l’avènement de l’IA générative permet de renforcer encore leurs positions. Une entreprise européenne qui construit ses services sur AWS ou Azure peut avoir du mal à partir ailleurs.

« Aujourd’hui, nous considérons, à titre préliminaire, que les services cloud respectifs d’Amazon et de Microsoft, AWS et Azure, devraient relever du DMA », assène Teresa Ribera. Amazon et Microsoft ont la possibilité de répondre à la position européenne, consulter le dossier et se défendre. Si la Commission confirme son analyse, elle adoptera une décision formelle. À partir de là, AWS et Azure auraient six mois pour se conformer aux obligations du DMA. Cela signifie qu’ils feront face à une série d’obligations (interopérabilité, restrictions pour empêcher le verrouillage des clients…).

Microsoft déplore auprès de Bloomberg que l’activité cloud d’Alphabet n’est pas visée par la même procédure. « Ignorer la puissance croissante de Google Cloud et de Gemini risque de fausser le marché de manière dommageable », déclare le géant.

Les « conclusions préliminaires ignorent l’étendue des services cloud disponibles pour les clients européens et risquent de décourager l’investissement et l’innovation en Europe », affirme de son côté Amazon. AWS avait lancé en début d’année son projet de « cloud souverain » pour l’Europe.

Microsoft augmente encore les prix des consoles Xbox

26 juin 2026 à 04:47
Il fait chaud aussi dans le portefeuille
Microsoft augmente encore les prix des consoles Xbox

En l’absence de chiffres officiels, on se gardera bien d’affirmer que personne n’achète plus de Xbox depuis longtemps… Mais il semble assez clair que la PS5 écrase le marché des consoles de salon. Et cela risque d’être encore plus le cas à compter du 1er août : Microsoft a en effet annoncé une nouvelle hausse des prix pour ses consoles – la troisième en deux ans.

Xbox est à nouveau obligée d’augmenter les prix de ses consoles. Cette fois, la hausse varie de 100 dollars (pour les modèles 512 Go) à 150 dollars à compter du 1er août, et concerne le monde entier. Le modèle 2 To va quant à lui purement et simplement disparaitre. Vu son prix actuel, une nouvelle hausse l’aurait probablement fait flirter un peu trop dangereusement avec le seuil psychologique des 1 000 dollars. Xbox n’a pour l’instant communiqué qu’en dollars, on ne sait donc pas encore avec précision comment la hausse sera répercutée dans les différentes zones telles que l’Europe.

Les Xbox poussées vers la sortie

En prenant en compte un taux de change à parité, cette augmentation ferait passer la Series S (512 Go) à 450 euros, soit 50 euros de moins seulement que la Xbox Series X au lancement fin 2020. La petite console blanche était alors vendue 300 euros : une époque bien révolue.

Les prix des Xbox au 25 juin. Capture d’écran du site Xbox

La Series X (1 To) avec son lecteur de disques devrait de son côté être proposée à 750 euros, contre 600 euros en ce moment. Des prix vraiment très élevés pour des consoles sorties il y a six ans. Et qui auraient dû baisser au fil du temps, comme ceux des autres générations de consoles avant elles.

Cette nouvelle grille tarifaire risque en tout cas d’enterrer définitivement la carrière commerciale de ces modèles, au moment où la nouvelle direction de Xbox cherche justement à revitaliser sa gamme d’appareils. Malheureusement, la réalité est têtue : « Nous espérions qu’une nouvelle hausse ne serait pas nécessaire, et nous avons passé les derniers mois à travailler avec nos fournisseurs pour trouver des solutions », explique l’entreprise.

Pas d’alternative aux hausses

En vain : le prix des composants de stockage et de la mémoire ont été « multipliés par plus de 2,5 », déplore le constructeur, qui s’attend à un « nouveau doublement d’ici fin 2027 ». Pas la peine de chercher très loin les coupables : Microsoft fait partie des grands acteurs de l’IA qui dévorent ces composants pour garnir leurs centres de données… Xbox poursuit :

« Toute l’industrie de l’électronique grand public est aux prises avec la crise actuelle des composants, mais ses effets sont particulièrement lourds pour les consoles. Contrairement aux smartphones, aux ordinateurs, aux enceintes et à d’autres appareils grand public, les consoles ne sont généralement pas vendues avec une marge, mais plutôt à un prix inférieur à leur coût de fabrication. »

Histoire de ne pas complètement fermer la porte à la poignée de consommateurs encore désireux de s’équiper d’une Xbox, l’entreprise propose plusieurs solutions : le reconditionné officiel qui permet de faire encore quelques bonnes affaires, mais la boutique n’est pas souvent approvisionnée ; un système de paiement fractionné « acheter maintenant, payer plus tard » ; une offre de financement avec Amazon à 0 % sur 12 mois.

Le constructeur travaille aussi avec des distributeurs sur des programmes qui permettront d’acheter des consoles d’occasion. Les joueurs pourront faire reprendre les Xbox qu’ils n’utilisent plus auprès d’enseignes participantes, contre un chèque ou un crédit. Les consoles seront ensuite vendues à prix réduit.

Microsoft avait procédé à une hausse de prix en mai 2025, puis à une deuxième limitée aux États-Unis en septembre. La crise de la mémoire force tous les constructeurs à réviser leurs prix à la hausse. La Steam Machine, qui devait tourner autour des 750 dollars, sera ainsi commercialisée plus de 1 000 euros. Dans un autre secteur, Apple a également appliqué de sérieuses hausses sur ses Mac et iPad.

Reçu — 25 juin 2026 Next - Articles gratuits

☕️ La Russie a accédé aux données de l’iPhone d’un opposant grâce aux outils de Cellebrite

25 juin 2026 à 15:15


En mai 2021, suite à l’incarcération de l’opposant au régime russe Andreï Pivovarov, plusieurs autres personnalités politiques avaient été soumises à des perquisitions policières.

Il n’avait pas donné ses mots de passe, mais les autorités russes ont pu accéder aux données de son iPhone 12 qui lui avait été confisqué avec son MacBook.

Illustration : Flock

Les chercheurs du Citizen Lab ont pu analyser le smartphone de l’activiste et trouver des traces des outils d’extraction de l’entreprise de cybersécurité israélienne. Dans un billet de blog, ils expliquent qu’ils ont pu détecter que l’iPhone a été branché à un appareil dont ils avaient déjà attribué précédemment l’Host ID à l’entreprise de cybersécurité israélienne Cellebrite. Ils ont ensuite pu obtenir un document du Centre russe d’expertise de cybersécurité du ministère russe de l’Intérieur (MVD) qui confirme l’utilisation des outils de cette entreprise pour analyser l’iPhone.

Pour le MacBook d’Andreï Pivovarov, « les autorités semblent ne pas avoir réussi à y accéder », affirme le Citizen Lab.

Pour ce faire, la Russie n’aurait pas respecté les conditions du contrat de Cellebrite dans cette affaire. En effet, interrogée par les chercheurs, l’entreprise israélienne a envoyé une réponse [PDF] dans laquelle elle explique que « toute utilisation de matériel Cellebrite en Russie après mars 2021 est strictement interdite. Le matériel Cellebrite vendu avant mars 2021 sera désormais incompatible avec les appareils modernes et fonctionnerait sans notre assistance technique, sans notre consentement et sans aucune autorisation légale de la part de Cellebrite. Les progrès technologiques rapides rendent le matériel et les logiciels de cybersécurité obsolètes en très peu de temps. La Russie figure de manière permanente sur notre liste de clients soumis à des restrictions ».

GTA VI plante un clou dans le cercueil du jeu physique

25 juin 2026 à 14:54
Une boîte, zéro disque
GTA VI plante un clou dans le cercueil du jeu physique

Les joueurs savent maintenant à quelle sauce ils vont être mangés. Le studio Rockstar et son éditeur Take-Two ont dévoilé les prix de GTA VI, et lancé les précommandes de ce qui s’annonce comme l’événement jeu vidéo – et culturel – de l’année. Mais à Vice City, il fallait s’attendre à une entourloupe…

La grosse machine est lancée : après des années d’attente, il est finalement possible de précommander GTA VI, qui sortira sur PS5 et Xbox Series S/X le 19 novembre. Rockstar décline son jeu-phénomène en deux versions : une standard à 79,99 euros, une « édition ultime » à 99,99 euros. Elle contient des cosmétiques pour les deux héros, Lucia et Jason (vêtements, coupes de cheveux, tatouages), ainsi que des objets comme des armes et des véhicules.

Le dématérialisé dans une boîte

Les joueurs ayant précommandé auront droit à un petit bonus, un pack « Vintage Vice City » avec des cosmétiques supplémentaires, ainsi qu’à un mois sans frais à GTA+, le service en ligne de Rockstar. Ils pourront aussi télécharger le jeu sur leur console dès le 12 novembre, afin qu’ils puissent profiter de cette nouvelle aventure le jour dit, sans attendre.

Image : Rockstar

L’annonce des prix a fait pousser un ouf de soulagement à tous les joueurs au budget serré. Beaucoup craignaient en effet que Rockstar allait profiter de l’attente autour de GTA VI pour ajouter 10 ou 20 euros au prix de l’édition standard. Il n’en est rien : le jeu est vendu au même prix que les autres AAA pour consoles. La mauvaise surprise est l’absence d’une « vraie » version physique du jeu.

Certes, il existe bien une jaquette en plastique pour GTA VI que l’on peut précommander au même prix que la version dématérialisée. Mais elle ne contient qu’un bête code, à saisir dans la boutique de sa console pour pouvoir télécharger le jeu.

En dehors du gâchis environnemental d’une telle proposition, ce « code in a box » est aussi un signal pour toute la filière. Si GTA VI le fait, pourquoi pas les autres ? Même si le titre n’est pas le premier : cela fait quelques années maintenant que de nombreux jeux sont distribués sous cette forme, en particulier pour la Switch de Nintendo. Mais cette décision risque d’accélérer le mouvement.

Ni le studio, ni son éditeur n’ont voulu expliquer les raisons pour lesquelles ils ont choisi ce format, plutôt qu’un bon vieux Blu-ray (Red Dead Redemption 2, le précédent jeu de Rockstar, est vendu avec deux Blu-ray pour les consoles).

Rockstar a peut-être voulu s’éviter les spoilers venant d’une fuite inopinée d’une version physique. C’est aussi un moyen simple de mettre un coup de frein radical au marché de la seconde main sur lequel le studio ne touche rien.

Rockstar gagne, tout le monde perd

Dans l’affaire, les joueurs ont la mauvaise main. Il est en effet impossible de revendre un code dans une boîte, et encore moins un jeu dématérialisé. En février 2025, l’UFC-Que Choisir, qui a fait de la revente des jeux démat’ une de ses croisades, saisissait la Commission européenne sur cette question.

« Cette décision mécontentera naturellement certains joueurs, et pourrait toucher les consommateurs les moins à l’aise avec le numérique », explique Chris Dring, observateur avisé du milieu, auprès de VGC. « Mais en réalité, pour la majorité des gens, cela ne changera pas grand-chose. »

Les jeux dématérialisés représentent en effet la part du lion chez les constructeurs de consoles : les téléchargements ont pesé pour 78 % des ventes de jeux sur PS4 et PS5 sur le dernier exercice fiscal de Sony, clos le 31 mars [PDF]. Sur le marché PC, cela fait belle lurette que les lecteurs de disques ont disparu et que Steam s’est imposé comme un passage obligé pour acheter des jeux.

Chez Nintendo, où le ratio physique/dématérialisé est plus équilibré (45/55), une solution alternative a été trouvée. Certes, le constructeur vend toujours des cartouches en bonne et due forme, mais il propose aussi aux éditeurs tiers un format intermédiaire (et meilleur marché) : la carte clé de jeu. Il s’agit d’une cartouche… qui ne contient rien, si ce n’est une clé virtuelle pour télécharger le jeu depuis l’eShop.

Pour les amateurs de jeux physiques, cela reste un crève-cœur : que se passera-t-il le jour où Nintendo fermera les serveurs de sa boutique ? Mais au moins, la carte clé de jeu conserve une valeur en seconde main. Et puis il est toujours possible de la prêter à un ami ! Impossible de faire ça avec un code dans une boîte.

Parmi les grands perdants : les détaillants, même s’il n’y en a plus beaucoup, comme le rappelle Chris Dring. Il leur reste quelque chose à vendre aux clients de passage, mais cela demeure une boîte pleine de vide. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs affirmé qu’ils ne proposeront pas GTA VI : les échoppes Video Game Plus et Lost Box Gaming ont ainsi annoncé que le jeu ne sera pas dans leurs rayons, en raison de leur engagement envers la préservation des jeux vidéo.

Quoi qu’il en soit, les enseignes françaises profitent de l’occasion pour attirer les joueurs vers leurs boutiques. GTA VI peut d’ores et déjà se trouver à 60 euros chez de nombreux revendeurs. Quel meilleur produit d’appel que le prochain blockbuster de Rockstar ?

Le support de Windows 10 recule d’un an, au 12 octobre 2027

25 juin 2026 à 14:31
Nouveau sursis
Le support de Windows 10 recule d’un an, au 12 octobre 2027

Microsoft vient de procéder, ce jeudi 25 juin, à un changement important dans le support de Windows 10 : tous les appareils ayant souscrit au programme ESU (Extended Support Updates) recevront des mises à jour de sécurité pendant une année supplémentaire, portant la nouvelle date de fin au 12 octobre 2027.

Pour rappel, la fin du support de Windows 10 a provoqué de nombreuses frustrations. Beaucoup se posaient la question : pourquoi changer un matériel parfaitement fonctionnel ? Pour Microsoft, la logique était économique, puisque la mise à jour vers Windows 11 réclamait obligatoirement certains composants liés à la sécurité, provoquant une vague d’achats de nouveaux matériels.

Mais le contexte a profondément changé en un an. Linux commence à se faire une place chez les joueurs, alors que les jeux vidéo étaient pratiquement la chasse gardée de Microsoft sur les PC. En outre, plus récemment, la course à l’IA a entrainé une flambée des tarifs sur les composants, rendant les achats de PC plus onéreux.

En Europe, Microsoft avait décidé de calmer un peu le jeu en rendant l’inscription au programme ESU gratuite la première année. La démarche était cependant volontaire, même si le système envoie des notifications à ce sujet. En outre, il est obligatoire de posséder un compte Microsoft pour activer cette extension. Enfin, le programme concerne uniquement les failles de sécurité de sévérité importante à critique, pas les autres ni les bugs plus généraux.

Microsoft, qui semble depuis quelque temps vouloir redorer un peu son blason, annonce donc une nouvelle étape : la fin du programme ESU est repoussée d’un an, glissant du 16 octobre 2026 au 12 octobre 2027.

Microsoft « comprend »

Interrogée par plusieurs médias, l’entreprise se veut apaisante. « Nous comprenons que le passage à un nouveau PC peut prendre du temps. Dans le cadre de notre engagement continu à aider nos clients à rester protégés pendant cette transition, le programme de mises à jour de sécurité étendues (ESU) de Windows 10 pour les appareils personnels est prolongé d’une année supplémentaire », a ainsi déclaré un porte-parole à BFMTV.

« Cela offre à nos clients davantage de temps et de flexibilité pour trouver le PC le mieux adapté à leurs besoins, tout en leur permettant de rester protégés », a ajouté Microsoft.

Du côté de l’association HOP (Halte à l’Obsolescence Programmée), on applaudit avec mesure : elle « salue la nouvelle, mais reste nuancée face à cette volte-face très tardive ». L’association rappelle qu’en tenant compte de cette année supplémentaire, Windows 10 aura finalement 12 ans de support pour la sécurité. Un score qu’elle juge « insuffisant », car elle réclame 15 ans à partir de la dernière unité vendue.

Apple applique des hausses vertigineuses de prix sur les Mac et iPad

25 juin 2026 à 13:56
COMBIEN ??
Apple applique des hausses vertigineuses de prix sur les Mac et iPad

Apple n’a pas attendu pour augmenter les prix de ses appareils, comme annoncé par Tim Cook la semaine dernière. Les Mac et les iPad sont les premiers touchés, avec des hausses très importantes sur certains modèles.

Les prix de la majorité des produits Apple ont flambé, dans la foulée de la crise de la mémoire qui enchérit les coûts des composants de mémoire et de stockage. Apple n’a pris personne en traître : Tim Cook avait pris une balle pour l’équipe le 17 juin dernier, en prévenant de la mauvaise nouvelle. Beaucoup espéraient tout de même que le constructeur attendrait la rentrée et la présentation de la gamme d’iPhone 18 pour pousser les potards tarifaires. Finalement, c’est dès aujourd’hui que les prix grimpent, et les hausses sont substantielles.

Difficile de recenser l’intégralité des changements de prix, mais parmi les appareils les plus emblématiques, relevons :

  • MacBook Neo (256 Go) : 799 euros (+ 100 euros)
  • MacBook Air (13 pouces, 16 Go de RAM, 512 Go de stockage): 1 399 euros (+ 200 euros)
  • MacBook Pro (14 pouces, 16 Go/1 To): 2 199 euros (+ 300 euros)
  • iMac (16 Go/256 Go): 1 799 euros (+ 300 euros)
  • Mac Studio (M4 Max, 36 Go/512 Go): 2 999 euros (+ 700 euros)
  • Mac Studio (M3 Ultra, 96 Go/1 To) : 6 299 euros (+ 1 500 euros)
  • Mac mini (M4 Pro, 24 Go/512 Go) : 1 899 euros (+ 200 euros)
  • iPad (A16, 128 Go) : 509 euros (+ 120 euros)
  • iPad Air (11 pouces, M4, 128 Go) : 819 euros (+ 150 euros)
  • iPad Pro (11 pouces, M5, 256 Go) : 1 319 euros (+ 200 euros)
  • Vision Pro (M5, 256 Go) : 3 999 euros (+ 300 euros)
  • Apple TV 4K (64 Go) : 229 euros (+ 60 euros)
  • Apple TV 4K Ethernet (128 Go) : 299 euros (+ 110 euros)
  • HomePod mini : 139 euros (+ 20 euros)

Les hausses sont plus ou moins prononcées selon les produits, avec des modèles qui prennent plus chers en fonction de leur dotation en RAM et en SSD. Tous ceux qui avaient l’intention de s’offrir un Mac Studio M3 Ultra en seront quitte pour demander une rallonge à leur banquier…

Les prix des iPhone et des Apple Watch sont épargnés, mais il y a tout lieu de croire qu’Apple va ajuster les tarifs de sa future gamme durant l’événement iPhone 18 cet automne. Apple a envoyé cette explication de texte à la presse US :

« Le secteur de l’électronique grand public fait face à une situation sans précédent. L’expansion rapide des centres de données dédiés à l’IA a provoqué une hausse extraordinaire de la demande en mémoire et en stockage. Nous n’avons jamais vu une augmentation du prix des composants aussi forte, aussi rapidement. Jusqu’à présent, nous avons protégé nos clients de ces hausses, mais nous sommes arrivés à un point où nous devons commencer à augmenter les prix de plusieurs produits, notamment avec les hausses annoncées aujourd’hui pour l’iPad et le Mac. Nous savons que cette nouvelle n’est pas bienvenue, et nous travaillons sans relâche pour trouver des solutions. »

Tim Cook avait de son côté assuré les consommateurs qu’Apple faisait tout son possible pour « atténuer les fortes augmentations de coûts qui nous sont répercutées », mais la situation est devenue « intenable ». En cause bien sûr, l’appétit gargantuesque des acteurs de l’IA, qui dévorent à belles dents la production mondiale de mémoire. Il ne reste que des miettes au reste de l’industrie.

L’occasion est toute trouvée pour rappeler l’offre de financement à 0 % proposé par l’Apple Store. Par ailleurs, les revendeurs n’ont pas encore procédé à la hausse de leurs prix sur les Mac : en furetant un peu, il y a certainement moyen de faire une bonne affaire.

Le Crédit Agricole lance sa propre application de paiement sur iPhone, quid d’Apple Pay ?

25 juin 2026 à 10:45
C'est sou-ve-rain
Le Crédit Agricole lance sa propre application de paiement sur iPhone, quid d’Apple Pay ?

Le Crédit Agricole a décidé de venir concurrencer directement Apple Pay sur les iPhone. La banque vient de lancer une application dédiée aux paiements par carte bancaire. Elle se pose en alternative à l’application Cartes, posant des questions d’intégration.

L’application Paiement Mobile (iOS 17.4 au moins) a été lancée sur l’App Store ce mardi 23 juin. Elle propose d’enregistrer une ou plusieurs cartes bancaires, puis de régler les achats. Un type de fonction que l’on connait depuis longtemps avec des systèmes aujourd’hui omniprésents comme Apple Pay et Google Pay.

Une possibilité européenne

De fait, pourquoi se lancer sur ce créneau déjà très occupé ? Parce qu’elle le peut. Comme le notent nos confrères d’iGeneration (qui ont repéré l’application avant son lancement officiel), l’évolution de la législation en Europe a permis l’ouverture de la puce NFC sur l’iPhone. Dès lors, les banques ont la possibilité de profiter de ce matériel pour déclencher des opérations de paiements, par exemple au moment de payer ses courses. Et si elles le font, c’est pour en finir avec la petite commission prélevée par Apple pour chaque opération, tout comme Google avec sa solution. En échange, le processus est simple, puisque la carte peut être appelée par une double pression sur le bouton Alimentation sur l’iPhone.

Comme nous l’indiquions en juillet 2024, cette ouverture de la puce NFC se fait avec un autre avantage : la possibilité de déclarer l’application de paiement par défaut. Comme indiqué par iGeneration dans son test publié ce 24 juin, la capacité est prise en charge par l’application du Crédit Agricole, qui invite d’ailleurs à le faire. En cas de double pression sur le bouton Alimentation de l’iPhone, ce sera alors Paiement Mobile qui sera appelée, plutôt que l’application Cartes intégrée à iOS.

Comme pour Cartes d’ailleurs, l’application mobile bancaire peut être utilisée sur toutes les bornes de paiement acceptant le sans contact. Autre bon point, la possibilité de choisir son réseau de paiement, par exemple entre CB et Mastercard ou Visa.

En revanche, il existe une nette limitation : l’intégration dans iOS ne remonte pas jusqu’à l’Apple Watch, car elle ne faisait pas partie de l’accord avec l’Union européenne. Contrairement à Apple Pay, on ne peut donc pas payer rapidement en approchant la montre du terminal.

La banque assure qu’elle gardera Apple Pay

Enfin, la grande question était de savoir s’il s’agissait d’une première étape avant le retrait du support d’Apple Pay au Crédit Agricole. La banque assure que non : « Il n’a jamais été dans notre intention de quitter Apple Pay », a déclaré le 24 juin un porte-parole à iGeneration. La banque a ajouté qu’il s’agissait d’une solution « complémentaire » et a assuré qu’elle communiquerait très bientôt sur le sujet. Nos confrères suggèrent que l’aspect souveraineté pourrait être mis en avant, car sur le plan pratique, l’application n’apporte rien de neuf, voire supprime des possibilités si l’on est habitué à payer via l’Apple Watch.

Enfin, mieux vaut que le Crédit Agricole communique rapidement sur le sujet. Sur les réseaux sociaux, la crainte d’une suppression de la compatibilité Apple Pay était vive le 24 juin.

Notez que l’application existe sur Android depuis un moment, mais elle ne semble pas jouir d’une grande estime sur la plateforme de Google, au vu des commentaires laissés sur sa fiche.

85 % des ados australiens utilisent les réseaux sociaux 3 mois après l’interdiction

25 juin 2026 à 09:58
Qui aurait pu prévoir ?
85 % des ados australiens utilisent les réseaux sociaux 3 mois après l’interdiction

Trois mois après la mise en place de la nouvelle loi australienne interdisant les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, il n’y a pas eu de réduction significative des usages chez les adolescents australiens, constatent des chercheurs.

En décembre dernier est entrée en application l’interdiction des réseaux sociaux en Australie pour les moins de 16 ans après le vote d’une loi en 2024. Mais, trois mois après, des chercheurs n’ont pas vu de réduction significative des usages chez les adolescents australiens.

Premier pays à mettre en place ce dispositif juridique, la mesure en a inspiré d’autres comme les exécutifs français et britannique. Ainsi, Emmanuel Macron a pesé de tout son poids pour la mise en place d’une loi similaire pour les moins de 15 ans, votée récemment et en cours d’examen par la Commission européenne. Le gouvernement français espère pouvoir l’appliquer dès la rentrée prochaine.

Lors du vote de la loi en Australie, certains experts critiquaient sa mise en place sans attendre les résultats d’une enquête sur les effets des réseaux sociaux sur la société australienne. Le professeur à l’Université de technologie du Queensland, Daniel Angus, jugeait « imprudent » et « irréfléchi » le projet de loi et affirmait à l’AFP qu’il « sape l’enquête et les principes de la démocratie délibérative et menace de causer de sérieux torts en excluant les jeunes d’une participation importante et saine au monde numérique ».

Mise en œuvre limitée, respect partiel et contournement massif

À défaut de la prise en compte de cette enquête avant le vote de la loi, des chercheurs australiens ont pris en charge le suivi de l’utilisation des réseaux sociaux par une petite cohorte d’un peu plus de 400 adolescents de moins de 16 ans dans leur pays après sa mise en application. Leurs résultats après trois mois viennent d’être publiés dans la revue scientifique British Medical Journal.

« Les résultats suggèrent que la période qui a suivi immédiatement l’entrée en vigueur de la loi a été marquée par une mise en œuvre limitée, un respect partiel de la législation et un contournement massif des restrictions imposées aux réseaux sociaux », expliquent Courtney Barnes et ses collègues.

Ils constatent que « plus de 85 % des participants âgés de moins de 16 ans ont déclaré utiliser, lors du suivi, des plateformes de réseaux sociaux relevant du champ d’application de la loi, principalement via leurs propres comptes (54 à 68 %) ».

Pas de ralentissement de la pratique quotidienne

La mesure ne semble pas non plus avoir eu de conséquences importantes sur leur pratique quotidienne des réseaux sociaux. « Entre le début de l’étude et le suivi, l’utilisation quotidienne des réseaux sociaux est restée stable chez les 12 - 13 ans ; elle a légèrement diminué chez les 14 - 15 ans (passant de 78 % à 69 %) et a augmenté chez les plus de 16 ans (passant de 80 % à 89 %) », expliquent les chercheurs.

Et la loi ne semble pas avoir eu non plus de réelles conséquences, après trois mois du moins, sur le temps passé sur TikTok, Instagram, Snapchat et YouTube : « Le temps consacré aux réseaux sociaux était moins important lors du suivi chez les jeunes âgés de 14 à 15 ans […] et restait similaire chez les adolescents plus jeunes (12 - 13 ans) et chez les plus âgés (en dessous de 16 ans) ».

Une loi qui n’impose pas de technologies spécifiques de vérification de l’âge

Les chercheurs rappellent que, dans la loi Australienne, « les plateformes concernées sont tenues de prendre des mesures raisonnables pour empêcher les utilisateurs âgés de moins de 16 ans de créer ou de conserver des comptes, notamment en mettant en œuvre des mesures rigoureuses de vérification de l’âge garantissant la protection de la vie privée » mais qu’elle « n’impose pas de technologies spécifiques de vérification de l’âge ; elle laisse au contraire aux plateformes le soin de déterminer les méthodes appropriées, à condition qu’elles soient efficaces et proportionnées ». La loi prévoit cependant que les plateformes qui ne sont pas conformes s’exposent à des amendes pouvant atteindre 30,2 millions d’euros.

De fait, 66 % de ceux qui sont sur les réseaux sociaux « ont déclaré avoir été soumis à une vérification de l’âge sur la plateforme, le plus souvent par la déclaration de leur âge (24 à 39 %) ou par le téléchargement d’une photo (" selfie ") (13 à 27 %) ». Une petite partie (entre 15 à 19 %) utilise un « faux » compte pour contourner les restrictions. « L’utilisation des VPN n’a toutefois été que rarement signalée », expliquent les chercheurs.

Cependant, les auteurs de l’étude ne repoussent pas totalement l’idée que la loi ait un impact. En effet, ils imaginent que la loi pourrait s’avérer plus efficace pour empêcher ou retarder l’accès aux réseaux sociaux chez les jeunes enfants de moins de huit ans qui n’y ont pas encore accès. D’où l’intérêt aussi de continuer à poursuivre leur étude sur un plus long terme.

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