Vue normale

Reçu — 17 novembre 2025 Next - Articles gratuits

Ubisoft glisse « par erreur » une image générée par IA dans Anno 117

17 novembre 2025 à 16:46
« J’ai glissé chef »
Ubisoft glisse « par erreur » une image générée par IA dans Anno 117

Le dernier titre d’Ubisoft, Anno 117 : Pax Romana, s’est attiré les foudres de quelques internautes, déçus d’un visuel manifestement généré par IA. L’éditeur, qui informe publiquement que l’IA générative a été mise en œuvre dans le processus de développement du jeu, s’est excusé, affirmant que ce visuel avait été intégré par erreur dans la version finale du jeu. Ce faisant, il illustre une problématique de plus en plus criante, dans le jeu vidéo comme ailleurs : où placer le curseur ?

Attendu de longue date par les fans de cette série historique mêlant city builder et jeu de stratégie en temps réel, Anno 117 : Pax Romana est sorti le 13 novembre dernier. Alors que les jeux Anno sont généralement salués pour leur direction artistique de haut vol, sa découverte a occasionné quelques commentaires déçus chez les joueurs de la première heure : il apparait en effet que le studio Ubisoft Mainz a fait appel à une IA générative pour la création de certains éléments visuels apparaissant dans les cinématiques du jeu.

Avec, dans le lot, quelques scories bien visibles, notamment au niveau de l’un des écrans de chargement, comme ce banquet dont plusieurs personnages présentent des artefacts visuels caractéristiques telles que des mains tronquées, une absence de bras, ou un visage complètement écrasé.

Un placeholder malencontreux

« Malheureusement, les graphismes d’arrière-plan sont de qualité assez médiocre », s’est ému un internaute sur Reddit, peu de temps avant qu’un autre visuel n’émerge. Cette fois, il montre une assemblée de sénateurs romains, au milieu desquels émerge un personnage sans tête.

Contacté par Kotaku, Ubisoft a rapidement réagi au premier visuel incriminé, et plaidé l’erreur de bonne foi, tout en présentant un visuel corrigé, qui devrait être déployé au sein du jeu lors de la sortie du patch 1.3. « Cette image était une illustration provisoire qui a échappé à notre processus de validation », affirme l’éditeur avant de rappeler que le studio en charge d’Anno : 117 a « réuni la plus grande équipe d’artistes jamais créée pour la franchise ».

Ubisoft admet dans le même temps qu’afin de « répondre aux exigences uniques de ce projet », les membres de cette équipe « utilisent des outils d’IA pour les itérations, le prototypage et l’exploration ».

Cette mention spécifique à l’IA générative apparait également, pour la première fois chez Ubisoft, sur la fiche Steam dédiée au jeu :

« L’équipe de développement décrit l’utilisation de contenu généré par IA dans le jeu comme suit. Des outils d’IA ont été utilisés pour la création de certains éléments du jeu. Dans tous les cas, le produit final témoigne du savoir-faire et de la vision créative de notre équipe ».

Cinq jours après son lancement, le jeu reçoit des évaluations moyennement positives sur Steam, mais ce n’est pas le recours à l’IA générative qui est mis en cause : les joueurs se plaignent principalement de problèmes de connexion au multi. Sur Reddit en revanche, certains digèrent mal l’argument du placeholder (illustration provisoire), et regrettent que le studio emploie des procédés bas de gamme sur un jeu vendu plein tarif.

PC Gamer rappelle en outre que l’emploi de l’IA générative au sein d’Anno 117 avait déjà été questionné, au sujet des traductions cette fois. L’un des participants à la bêta s’était ainsi étonné que la version allemande du jeu présente des traductions approximatives ou grossières, alors même qu’Ubisoft a reçu un soutien financier de 5,7 millions d’euros de la part du gouvernement allemand autour de ce nouvel opus.

L’IA générative déjà largement répandue au sein des studios

Début 2023, Ubisoft avait communiqué ouvertement sur son intention de mettre à profit l’IA générative pour écrire la première mouture des dialogues des personnages non joueurs (PNJ) de certains de ses jeux vidéo.

La création de PNJ capables d’adapter leurs réponses aux comportements du joueur, grâce à l’IA générative, suscite d’ailleurs l’intérêt de la plupart des grands noms du secteur, de Square Enix à Microsoft, soutenus par NVIDIA qui fournit des kits de développement dédiés à ces problématiques d’animation de personnages.

Dans ces différents cas de figure, l’utilisation de l’IA générative est cependant associée à une promesse d’amélioration de la qualité perçue pour le joueur : les PNJ qu’il rencontre sont censés devenir plus intéressants. La bourde d’Ubisoft évoque cependant une approche plus productiviste, qui interroge sur son éventuelle propension à faire appel à des modèles pour réduire ses coûts de développement.

Et si 87 % des développeurs dans le monde du jeu vidéo recourent déjà à des modèles d’IA générative dans le cadre professionnel, d’après un sondage commandité par Google, certains acteurs semblent soucieux des éventuelles problématiques d’image associées. En mai dernier, Bloomberg a par exemple révélé que Take Two (Rockstar et 2K Games) et Electronic Arts avaient tous deux intégré un avertissement relatif à l’IA dans leur communication financière.

« L’essor des technologies d’intelligence artificielle dans notre secteur a influencé la production de jeux pour les développeurs et l’expérience de jeu pour les joueurs. L’utilisation de cette technologie émergente (…) soulève des questions sociales et éthiques susceptibles d’entraîner des préjudices juridiques et de réputation, ainsi que des responsabilités juridiques », faisait par exemple remarquer Take Two.

Ubisoft en plein virage stratégique ?

L’incident lié à Anno 117 intervient dans un contexte particulièrement complexe pour Ubisoft. L’entreprise a manqué à plusieurs reprises ses objectifs financiers, enregistre des pertes récurrentes, et se voit malmenée en bourse, alors même qu’elle a négocié au printemps le transfert de ses principales licences au sein d’une nouvelle coentreprise détenue avec son actionnaire chinois Tencent.

Vendredi, le groupe a déclenché un nouveau vent d’incertitude en annonçant à la dernière minute le décalage de la publication de ses résultats financiers et la suspension de la cotation de ses actions à la Bourse de Paris. L’entreprise n’a donné aucune explication quant à la cause de cet événement exceptionnel, ouvrant la voie à toutes les rumeurs, dont l’hypothèse d’un rachat, soit par Tencent, soit par un autre acteur du secteur.

☕️ OpenAI va ouvrir ChatGPT aux conversations de groupe

17 novembre 2025 à 16:35

Dans un billet du 13 novembre, OpenAI a annoncé qu’une phase de test venait d’être lancée dans quelques pays pour les conversations de groupes.

Concrètement, on pourra envoyer un lien pour créer un groupe de conversation comprenant jusqu’à 20 personnes. Les échanges se feront comme sur n’importe quelle interface de discussion (comme WhatsApp, Signal…), à ceci près que l’IA participera comme le ferait une autre personne.

OpenAI indique que cette fonction est confiée à GPT-5.1 Auto, modèle récemment lancé et devant pour rappel répartir les demandes entre les variantes Instant et Thinking, conçues respectivement pour les demandes classiques et celles plus exigeantes.

La semaine dernière, l’entreprise expliquait qu’Auto avait été entrainé pour renvoyer intelligemment les requêtes selon leur contenu. Cette fois, elle indique qu’il a aussi été entrainé pour les conversations de groupes, ne devant intervenir que lorsque le contexte s’y prête, à moins d’être explicitement mentionné.

OpenAI donne plusieurs détails pratiques. Par exemple, si vous invitez d’autres personnes à rejoindre un échange en cours avec ChatGPT, l’application créera automatiquement une conversation séparée. Les personnes qui la rejoindront seront invitées à donner quelques informations, notamment un nom d’utilisateur et une photo. Toutes les fonctions habituelles sont prises en charge, y compris la génération d’images et l’envoi de fichiers.

« Les réponses sont alimentées par GPT-5.1 Auto, qui choisit le meilleur modèle avec lequel répondre en fonction de l’invite et des modèles disponibles pour l’utilisateur auquel ChatGPT répond en fonction de son forfait Free, Go, Plus ou Pro », précise OpenAI. En outre, les éléments dans la mémoire du service ne sont pas utilisés et les conversations de groupes ne peuvent pas créer de souvenirs. Enfin, si une personne de moins de 18 ans rejoint un groupe, le service adaptera automatiquement ses réponses, affirme OpenAI.

Il s’agit pour l’instant d’un projet pilote lancé au Japon, en Nouvelle-Zélande, en Corée du Sud et à Taïwan. « Une première étape », selon OpenAI, qui ne donne pas d’autres informations sur une diffusion plus large.

☕️ Le service Pajemploi de l’ Urssaf concerné par une cyberattaque

17 novembre 2025 à 15:58

Ce lundi 17 novembre, l’Urssaf indique que son service Pajemploi « a été victime d’un vol de données à caractère personnel de salariés des particuliers employeurs utilisant le service Pajemploi ».

Celui-ci a été mis en place pour permettre aux parents employeurs de déclarer et rémunérer les assistants maternels et gardes d’enfants à domicile.

L’Urssaf affirme avoir constaté l’ « acte de cybermalveillance » ce vendredi 14 novembre qui « a pu concerner jusqu’à 1,2 million de salariés de particuliers employeurs ».

Selon l’organisme, les données potentiellement concernées sont « les nom, prénom, date et lieu de naissance, adresse postale, numéro de Sécurité sociale, nom de l’établissement bancaire, numéro Pajemploi et numéro d’agrément ».

Il souligne qu’ « aucun numéro de compte bancaire (IBAN), aucune adresse mail, aucun numéro de téléphone ou mot de passe de connexion ne sont concernés ».

L’Urssaf assure avoir « immédiatement pris les mesures nécessaires et mobilisé toutes les équipes pour en identifier les causes, y mettre fin et renforcer la protection de nos systèmes d’information », avoir notifié la CNIL et l’ANSSI et qu’elle portera plainte auprès du procureur de la République.

L’organisme « présente toutes ses excuses pour cette atteinte à la confidentialité des données et assure ses usagers de son engagement et de sa vigilance permanente en matière de sécurité et de protection des données personnelles ».

Il « s’engage à envoyer une information individuelle à tous les usagers potentiellement concernés » et recommande à tous de faire preuve de vigilance renforcée face au potentiel phishing.

Publicité : sanctionnée en Allemagne, Google tente d’apaiser Bruxelles

17 novembre 2025 à 15:26
Loi des séries
Publicité : sanctionnée en Allemagne, Google tente d’apaiser Bruxelles

La situation de l’entreprise se tend encore d’un cran en Europe. La société a ainsi écopé d’une nouvelle amende pour abus de position dominante en Allemagne, d’un montant de 572 millions d’euros cette fois. Google tente également d’apaiser la Commission européenne en communiquant une série d’engagements.

Un tribunal de Berlin a condamné Google à verser 572 millions d’euros à deux entreprises allemandes de comparaison de prix pour abus de position dominante. Cette décision, datée du 14 novembre, répartit l’amende entre Idealo (465 millions d’euros) et Producto (107 millions d’euros), rapporte Reuters.

Une condamnation de plus en Europe

Les deux sociétés accusaient Google de favoriser ses propres placements au détriment des services concurrents. Une accusation que l’on retrouve souvent autour de Google Shopping et qui a déjà fait l’objet de plusieurs condamnations, dont l’énorme amende de 2,95 milliards d’euros infligée par la Commission européenne en septembre.

Idealo réclamait initialement 3,3 milliards d’euros de dommages et intérêts pour le préjudice subi entre 2008 et 2023. La décision ne satisfait donc pas complètement l’entreprise, dont le cofondateur Albrecht von Sonntag a déclaré : « Nous continuerons à nous battre, car l’abus de marché doit avoir des conséquences et ne doit pas devenir un modèle économique lucratif payant malgré les amendes et les indemnités ».

Sans trop de surprise, Google est mécontente du résultat, rappelant qu’elle avait procédé à des changements en 2017 afin de s’assurer que les plateformes concurrentes aient les mêmes avantages que la sienne. « Les changements que nous avons apportés en 2017 se sont avérés fructueux sans intervention de la Commission européenne », a déclaré un porte-parole. Google affirme que suite à ces changements, le nombre de sites de comparaisons de prix utilisant son « remède » était passé de 7 à 1 550.

Calmer la Commission européenne

Parallèlement, Google a envoyé à la Commission européenne une série de mesures pour adapter son offre aux reproches qui lui ont été adressés en septembre, avec la condamnation. L’amende de 2,95 milliards d’euros était en effet assortie d’une obligation de présenter un plan pour faire évoluer ses pratiques.

On ne connait presque pas le détail de cette proposition, mais Google estime qu’elle « répond pleinement à la décision de la Commission européenne sans une rupture perturbatrice qui nuirait aux milliers d’éditeurs et d’annonceurs européens qui utilisent les outils Google pour développer leur activité ». Google ne donne que deux exemples : « la possibilité de définir des prix minimums différents » pour les sociétés qui enchérissent via Google Ad Manager, ainsi que l’augmentation de l’interopérabilité de ses outils pour « donner aux éditeurs et aux annonceurs plus de choix et de flexibilité ». Google assure qu’elle continuera de « coopérer avec la Commission » dans l’examen de ses propositions.

Mais c’est bien un nouveau danger de scission qui guette Google, alors même que l’entreprise est passée près de perdre son navigateur aux États-Unis. Rappelons qu’en septembre, lors de la condamnation européenne, la Maison-Blanche avait fustigé la décision, alors même que la justice américaine doit rendre une décision sur une affaire équivalente, avec là aussi un risque de scission de l’entreprise. Fin septembre, devant un tribunal fédéral de Virginie, Google a d’ailleurs proposé de modifier ses pratiques sur la publicité en ligne.

Un historique chargé

La condamnation allemande n’est que la dernière en date dans une longue série en Europe. Comme nous l’avions indiqué en septembre dans notre analyse des sanctions, Google a cumulé 11,2 milliards d’euros en condamnations pour différents abus de position dominante : moteur de recherche et comparateur de prix en 2017, Android en 2018 et publicité en ligne en 2019 et cette année. En dehors de l’amende de 2019, d’un montant de 1,49 milliard de dollars, toutes sont en suspens, avec de longues procédures d’appel.

La tension est toutefois élevée actuellement pour Google, des deux côtés de l’Atlantique. L’Europe a durci le ton avec les années, particulièrement depuis l’entrée en application du DMA (Digital Markets Act). Aux États-Unis, la situation est plus ambivalente, avec d’un côté une Maison-Blanche fustigeant la position européenne, et de l’autre un Department of Justice qui réclame un démantèlement partiel de Google.

Dans ces procès, Google joue ainsi une partie de son avenir, affirmant qu’une telle séparation de ses activités n’aurait que des inconvénients pour les clients et pour le marché. Mais c’est bien en Europe que la situation est la plus tendue pour l’entreprise, entre la condamnation allemande, celle de septembre et la nouvelle enquête ouverte récemment sur ses pratiques de référencement des contenus médiatiques.

Weda : une cyberattaque et une semaine de galère pour 23 000 médecins

17 novembre 2025 à 14:48
Health Data leak
Weda : une cyberattaque et une semaine de galère pour 23 000 médecins

L’éditeur du logiciel médical Weda et filiale du groupe de santé Vidal a subi une cyberattaque la semaine dernière. Les 23 000 médecins et structures médicales clients n’ont pas pu accéder aux données de leurs patients pendant plusieurs jours. De nombreuses questions restent en suspens, relatives à la responsabilité d’informer les patients ou à la nature des informations potentiellement dérobées.

Depuis lundi 10 novembre, des milliers de praticiens de santé ont été touchés par les conséquences d’une cyberattaque contre l’éditeur du logiciel médical Weda, une filiale du groupe de santé Vidal depuis 2019.

Weda affiche plus de 23 000 utilisateurs, professionnels de santé sur son site internet. Mais l’accès au service a été coupé par l’entreprise le lundi 10 novembre à 23 h avant l’envoi mercredi 12 novembre d’un message à ses clients indiquant que ses « équipes ont détecté une activité inhabituelle sur certains comptes utilisateurs, laissant penser à des tentatives d’accès non autorisés », a appris le Mag IT.

Weda expliquait dans ce message que « depuis cette décision, [ses] équipes techniques et de cybersécurité travaillent sans relâche, en collaboration avec des experts externes, pour renforcer les mesures de protection ».

Toujours dans ce message daté de lundi dernier, elle annonçait à ses clients que « les premières analyses indiquent que les accès malveillants auraient pu permettre une extraction partielle de données, mais ni l’ampleur ni la confirmation formelle d’une fuite de données ne sont encore établies ». Elle ajoutait que « la faille d’accès est fermée et aucune nouvelle activité suspecte n’a été détectée ».

Plusieurs jours sans accès aux dossiers patients

Si Weda leur a envoyé plusieurs emails pour les tenir au courant de la situation, ses clients ont quand même dû attendre plusieurs jours pour avoir de nouveau accès au service. Jusqu’à vendredi 14 novembre, les médecins qui utilisent quotidiennement le service de l’entreprise pour gérer notamment les dossiers de leurs patients ne pouvaient plus s’y connecter.

Mercredi, l’entreprise a communiqué sur l’éventualité du retour de la plateforme sous un mode dégradé avec un accès à certaines fonctionnalités comme la consultation des dossiers de patients ou la gestion de leur agenda mais sans la création d’un nouveau dossier patient, ni la télétransmission des feuilles de soin à la sécurité sociale, ni le service d’ordonnance numérique ou encore la gestion des connectiques (ex: scanner, matériel ECG, etc.).

Finalement, cet accès en mode dégradé a été mis en place vendredi matin, selon Le Figaro, mais de nombreux témoignages sur les réseaux sociaux montraient que les médecins avaient toujours des difficultés à se connecter à Weda ce week-end.

Ainsi, le médecin Jean-Jacques Fraslin jugeait que « le logiciel WEDA reste convalescent » en joignant samedi une capture d’écran d’un message de Weda informant ses utilisateurs d’une fermeture nocturne de la plateforme « chaque nuit de 22 h à 7 h, du vendredi soir au lundi matin ».

Concrètement, la semaine dernière a été compliquée pour certains médecins, comme l’explique la Fédération des médecins de France : « les médecins utilisateurs de WEDA sont revenus au crayon et au papier, sans possibilité de consulter le moindre dossier médical partagé, ni le moindre dossier individuel ».

« On ne peut plus rien faire en ligne, on doit tout faire par papier. Nous n’avons plus accès aux antécédents des patients ni à leur dossier médical », confiait un médecin eurois à Paris-Normandie, ajoutant : « C’est plus qu’un handicap, ça fout en l’air nos journées ». Son confrère Philippe Boutin détaille au Figaro : « Ce n’est pas confortable de soigner les patients à l’aveugle, sans visibilité sur les prises de sang, les antécédents médicaux, les examens complémentaires » et explique avoir utilisé des « moyens un peu détournés, comme aller sur le site d’Ameli [le site de l’Assurance maladie en ligne, NDLR] pour consulter l’historique des remboursements et avoir une idée des dosages et traitements particuliers ».

Alors que le Sénat se prépare à examiner le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS 2026), dont l’article 31 prévoit de rendre obligatoire la consultation et l’alimentation du dossier médical partagé (DMP), le syndicat des médecins généralistes veut quant à lui tirer la sonnette d’alarme. « Au-delà du désagrément majeur impactant la pratique, cet incident illustre la dépendance et la fragilité de systèmes d’information en santé « tout en ligne ». Pendant que les médecins sont empêchés de travailler, les parlementaires choisissent ce moment pour rendre obligatoire l’usage du DMP et prévoir des sanctions pour ceux qui ne l’utiliseraient pas ! », s’insurge ce dernier.

Une information aux patients à faire par les médecins ?

Mais un nouveau message de Weda envoyé vendredi 14 novembre vers 11 h a fait bondir plusieurs médecins. En effet, en cette fin de semaine mouvementée, l’entreprise a expliqué à ses clients qu’ils devraient eux-mêmes compléter une « déclaration de violation de données auprès de la CNIL ».

L’entreprise ajoutait que « la première communication faisant état d’une violation de données est datée du mercredi 12 novembre à 01h00. En conséquence, le délai réglementaire de notification de 72 heures court jusqu’au samedi 15 novembre à 01h00. WEDA est déjà en contact avec les autorités, qui sont bien conscientes de la difficulté de recueillir toutes les informations dans ce délai ».

Le message envoyé par Weda le 14 novembre invite les professionnels de santé à compléter une déclaration de violation de données auprès de la CNIL – capture d’écran Next

Weda semble considérer que ce sont ses clients, les médecins utilisateurs de son service, qui sont responsables du traitement des données des patients et que c’est donc à eux de notifier aux personnes concernées. Comme le rappelle la CNIL, cette notification doit « a minima contenir » les éléments suivants :

  • « la nature de la violation ;
  • les conséquences probables de la violation ;
  • les coordonnées de la personne à contacter (DPO ou autre) ;
  • les mesures prises pour remédier à la violation et, le cas échéant, pour limiter les conséquences négatives de la violation. »

« Mais on ne sait même pas quelles données ont été violées ! » explique Pierre Bidaut, médecin généraliste en maison de santé à Gien au Figaro.

Se pose aussi la question de l’outil par lequel informer les patients, comme le notait vendredi soir Jean-Jacques Fraslin sur X : « À supposer que l’adresse mail soit renseignée dans la partie administrative du dossier médical, il faudrait que WEDA fournisse une routine permettant de les compiler afin de permettre à ses utilisateurs d’envoyer un mail groupé à tous ». L’entreprise aurait suggéré à une secrétaire médicale, dans un premier temps, un affichage en salle d’attente.

Contactée par Next, Weda n’a pas encore répondu à notre sollicitation. Nous ne manquerons pas de mettre à jour cet article si l’entreprise nous fournit plus d’explications.

☕️ Bitfarms pivote du minage de bitcoin vers l’intelligence artificielle

17 novembre 2025 à 13:38

Acteur majeur du minage de cryptoactifs en Amérique du Nord, Bitfarms a annoncé faire évoluer son business model d’une activité entièrement dédiée aux cryptos vers des services d’intelligence artificielle d’ici 2027.


Bitfarms gère 12 centres de données spécialisés dans le minage de Bitcoin aux États-Unis et au Canada, pour des capacités énergétiques de 341 MW.


L’entreprise vient de rendre publique une perte nette de 46 millions de dollars sur son troisième trimestre 2025 (contre une perte de 24 millions de dollars au troisième trimestre 2024). Elle indique faire évoluer ses activités « d’une société d’extraction de Bitcoin à une société spécialisée dans l’infrastructure énergétique et numérique » susceptible de servir le développement de systèmes d’IA.

En l’occurrence, Bitfarms est en train de convertir son site de Washington pour que ce dernier prenne en charge les puces « NVIDIA GB300 avec un système de liquid cooling », a déclaré le PDG de l’entreprise Ben Gagnon au média Decrypt.

« Bien que cela représente moins de 1 % de notre portefeuille total développable, nous pensons que la conversion de notre site de Washington à la technologie GPU-as-a-Service pourrait potentiellement générer plus de revenus d’exploitation nets que nous n’en avons jamais eus avec le minage de Bitcoin », précise-t-il dans un communiqué.

Plus largement, lors de la conférence sur les résultats du 3e trimestre, il s’est déclaré convaincu « de la valeur de notre portefeuille énergétique, de la demande pour notre électricité et de notre capacité à développer une infrastructure HPC et IA de nouvelle génération ».

Mozilla évoque une « fenêtre IA » pour Firefox et reçoit une volée de bois vert

17 novembre 2025 à 10:34
Choisir un camp
Mozilla évoque une « fenêtre IA » pour Firefox et reçoit une volée de bois vert

Entre la navigation classique et celle dopée à l’IA proposée dans des visions intégrées comme Comet de Perplexity ou Atlas d’OpenAI, Mozilla veut une troisième voie.

Dans un billet publié le 13 novembre, Mozilla a indiqué travailler sur une fonction nommée « Fenêtre IA », qui pousserait un peu plus loin l’intégration de l’IA dans le navigateur, sous une forme spécifique. Il s’agirait d’un nouveau type de fenêtre, en plus de la classique et de la navigation privée, dans laquelle les interactions seraient plus poussées avec le chatbot utilisé (dont la configuration est optionnelle).

Une fenêtre dédiée et optionnelle

Mozilla dit avoir entendu les commentaires de personnes ne souhaitant pas avoir d’IA dans leur navigateur. « Néanmoins, rester immobile pendant que la technologie progresse ne profite ni au web ni aux personnes qui l’utilisent. C’est pourquoi nous considérons comme notre responsabilité de façonner la manière dont l’IA s’intègre au web, de manière à promouvoir l’ouverture, la transparence et le choix. Ainsi, utilisateurs et développeurs peuvent l’utiliser librement, contribuer à la façonner et en tirer réellement profit », affirme l’éditeur.

L’annonce met en avant cette approche spécifique, qui s’incarne dans des fonctions comme « Secouer pour résumer », qui lui a d’ailleurs valu une distinction du magazine TIME.

Pourquoi une fenêtre IA quand le chatbot peut déjà être utilisé depuis la barre latérale ? Essentiellement pour rendre possible l’exploitation du contexte à l’échelle de la fenêtre, avec une architecture spécifique. Selon Mozilla, les utilisateurs resteraient pleinement maitres, en choisissant si la fonction doit être utilisée ou même simplement activée. Comme pour l’intégration actuelle, le choix du chatbot resterait entier, le navigateur n’en intégrant aucun d’origine.

Critiques virulentes

Bien que l’éditeur évoque un développement ne faisant que commencer, les réponses données dans les commentaires sont loin d’être enthousiastes. Beaucoup critiquent cette volonté de suivre la dernière tendance à la mode, y compris l’argument de « rester immobile ». « J’ai entendu les mêmes inepties de la part des tordus obsédés par les cryptos et NFT », déclare par exemple l’utilisateur DonutRush. Un autre, nube, fait remarquer que Firefox n’a aucune chance de gagner contre Chrome et qu’il devrait en conséquence se concentrer sur son public.

C’est une thématique générale des navigateurs : doivent-ils tout succomber à l’IA de peur de rater une révolution complète dans le monde de la consommation des contenus web, ou s’assurer de correspondre aux usages de leur public ? Vivaldi, par exemple, a fait le choix d’attendre et de rester sur un modèle de navigateur sans IA. D’autres, opérant dans le domaine de la vie privée, n’ont pas attendu, comme Brave avec son Leo.

Dans son annonce, Mozilla a tenté d’éteindre l’incendie : « Nous vous entendons. Nous travaillons activement sur un interrupteur unique et facile pour désactiver toutes les fonctionnalités d’IA en même temps, si c’est ce qui vous convient, sans avoir besoin d’aller sur about:config ».

❌