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OpCore et EDF négocient un datacenter à 4 milliards d’euros en Seine-et-Marne

18 novembre 2025 à 16:27
Charbons ardents
OpCore et EDF négocient un datacenter à 4 milliards d’euros en Seine-et-Marne

OpCore, la coentreprise réunissant le Groupe iliad et des fonds gérés par InfraVia Capital Partners, devrait pouvoir exploiter l’un des sites industriels d’EDF pour développer un datacenter représentant une puissance électrique de plusieurs centaines de MW. Le site retenu est l’ancienne centrale charbon EDF de Montereau-Vallée-de-la-Seine.

EDF et OpCore ont annoncé lundi leur entrée en négociations préalable à l’implantation d’un datacenter de grande capacité sur l’un des sites industriels proposés clés en main par l’énergéticien. C’est l’ancienne centrale charbon dite de Montereau en Seine-et-Marne qui a été retenue pour ce qui s’annonce comme un complexe de grande envergure. Le site se situe en réalité à cheval sur les communes de Vernou-La-Celle-sur-Seine et La Grande Paroisse.

Les deux partenaires évoquent une infrastructure équivalente à « plusieurs centaines de mégawatts » de puissance électrique, avec une enveloppe globale dont le montant se situerait, pour OpCore, aux alentours de 4 milliards d’euros.

OpCore (anciennement Scaleway Datacenter) est pour mémoire depuis le printemps une coentreprise entre le groupe iliad (maison mère de l’opérateur Free) et le fonds d’infrastructure français InfraVia.

Jusqu’à 700 MW sur 20 hectares

Dans leur communiqué d’annonce conjoint, diffusé le jour d’un événement dédié à l’investissement en France organisé par l’Élysée (Choose France, mais dans une édition destinée aux acteurs français), les deux partenaires restent volontairement évasifs sur les chiffres. La mèche avait cependant été vendue fin juillet par James Chéron, le maire de Montereau-Fault-Yonne, qui précisait alors que le projet correspondait à une puissance électrique maximale de 700 MW, et à une surface au sol d’environ 20 hectares.

Présenté comme « l’un des centres de calcul les plus importants d’Europe », le projet « constituera un atout majeur pour soutenir l’émergence d’une filière française et européenne d’excellence dans l’intelligence artificielle, et renforcera la souveraineté numérique du continent », vantent les deux partenaires. La finalité précise et les modalités de commercialisation des ressources informatiques mises en œuvre ne sont pas évoquées à ce stade, ce qui n’empêche pas EDF et OpCore d’affirmer que ce datacenter « permettra de créer plusieurs centaines d’emplois locaux, directs et indirects ».

« L’investissement se compte en milliards d’euros et notre vallée de la Seine peut être fière de la mise en œuvre de cette formidable ambition, qui participera à la constitution et au renforcement d’un cluster avec notamment le centre de recherche des Renardières et le Campus Énergie Durable », se réjouissait quant à lui le maire de Montereau.

Un projet vertueux ?

L’annonce par voie de communiqué a été doublée d’une conférence de presse organisée sur le site, pendant laquelle les porteurs de projet ont défendu son caractère vertueux. D’après Jean-Louis Thiériot, député de Seine-et-Marne, la construction du datacenter n’engendrerait aucune artificialisation des sols, puisque les bâtiments seraient construits sur l’emprise de l’ancienne centrale à charbon.

Les porteurs de projet auraient par ailleurs évoqué un refroidissement en circuit fermé, sans prélèvements d’eau extérieure, une réutilisation de la chaleur fatale via des usages locaux, et une utilisation d’électricité décarbonée. « C’est maintenant aux communautés de communes, en charge de l’activité économique, de faire croître un écosystème favorable avec les entreprises du secteur », veut croire le député. Les activités économiques les plus proches du site sont pour l’instant un fournisseur de granulats et un site de stockage de grains.

L’ancienne centrale thermique, retenue pour le datacenter, est à proximité immédiate de la Seine et voisine du poste électrique du Chesnoy – capture d’écran Next, carte OpenStreetMap

La mise en service de ce datacenter serait programmée à partir de 2027 avec, sans doute, un déploiement par tranches. Outre le soutien d’EDF, le site bénéficie en effet du dispositif de raccordement fast track, voulu par le Gouvernement et approuvé en mai dernier par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), qui permet « de demander un raccordement accéléré et sans limitation à la capacité du réseau ».

Le site de Montereau, qui accueille aujourd’hui deux turbines à combustion alimentées par du gaz, est raccordé « au réseau électrique national au travers du poste du Chesnoy (400 kV/225 kV/63 kV) », indique Wikipédia.

Le datacenter d’OpCore sera ainsi situé à une trentaine de kilomètres d’un autre projet très médiatisé et doté d’un budget dix fois plus important, le fameux Campus IA dont la concertation publique vient de s’achever autour de Fouju, toujours en Seine-et-Marne.

☕️ Lancement réussi pour le satellite d’observation des océans Copernicus Sentinel-6B

18 novembre 2025 à 09:18

L’Agence spatiale européenne (ESA) s’est félicitée lundi 17 novembre du succès du lancement d’un nouveau satellite dédié à la surveillance du niveau des océans, intégré au programme Copernicus.

Baptisé Sentinel-6B, ce nouvel appareil succède à Sentinel-6 Michael Freilich, lancé en 2020, et embarque « la dernière technologie d’altimétrie radar » pour mesurer et enregistrer en continu la hauteur de la surface de la mer, dans le prolongement des programmes dédiés initiés au début des années 1990.

« Outre la cartographie de la hauteur de la surface de la mer pour comprendre les changements à long terme, Copernicus Sentinel-6 fournit également des données pour des applications « opérationnelles » pratiques. Par exemple, la mission mesure la hauteur significative des vagues et la vitesse du vent, données qui sont utilisées pour les prévisions océaniques en temps quasi réel. Concrètement, l’altimétrie par satellite fournit les mesures les plus complètes disponibles à ce jour sur l’état de la mer », décrit l’Agence spatiale européenne.

Le lancement a été réalisé lundi matin vers 6h20 (heure de Paris) au moyen d’une fusée SpaceX Falcon 9 depuis la base spatiale de Vandenberg en Californie.

Le satellite Sentinel-6B en direction de son orbite de destination – crédit NASA/SpaceX

Outre l’intérêt scientifique de la mission, l’Agence spatiale européenne souligne également sa dimension collaborative, fruit d’une coopération internationale qui implique notamment deux agences gouvernementales américaines : la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) et la NASA (National Aeronautics and Space Administration).

« Cette réussite démontre ce qu’il est possible d’accomplir lorsque des agences et des industries internationales travaillent ensemble vers un objectif commun. Sentinel-6B nous permettra de continuer à collecter les données de haute précision nécessaires pour comprendre l’évolution de notre climat, protéger nos océans et soutenir les décisions qui protègent les communautés côtières à travers le monde », se réjouit Simonetta Cheli, directrice des programmes d’observation de la Terre à l’ESA.

Cet hommage appuyé à la collaboration internationale n’a rien d’un hasard : il intervient alors que les agences américaines impliquées dans la surveillance et l’étude du climat font l’objet d’attaques répétées de l’administration Trump.

☕️ Carte Vitale dématérialisée : l’application dédiée est disponible pour tous

18 novembre 2025 à 07:51

Déjà disponible au travers du service France Identité, la carte Vitale dématérialisée dispose désormais de sa propre application, distribuée sur iOS et Android. Si cette dernière était déjà accessible aux utilisateurs de France Identité, elle l’est maintenant pour tous les internautes français, après installation de la dernière mise à jour éditée par le GIE SESAM-Vitale et sous réserve de disposer d’un smartphone compatible.

En pratique, l’appli carte Vitale a vocation à remplacer la carte verte et jaune physique que connaissent aujourd’hui les assurés : on peut ainsi simplement présenter son smartphone chez les professionnels de santé équipés d’un lecteur dédié (présentation d’un code QR ou identification via NFC), la sécurité étant assurée par le verrouillage de l’application (mot de passe à dix chiffres ou biométrie).

L’enrôlement suppose de vérifier l’identité de l’utilisateur. Pour ce faire, l’application propose deux options : soit une connexion à France Identité, si des documents d’identité officiels ont déjà été enregistrés sur le smartphone (on parle alors de dérivation d’une identité numérique déjà vérifiée), soit une vérification biométrique, qui suppose de photographier sa pièce d’identité, puis d’enregistrer une courte vidéo de son visage à des fins de contrôle. La vérification est dans ce contexte différée (le temps qu’un agent valide la demande) dans un délai maximal de 48 heures.

Au fait, pourquoi une application dédiée, alors que France Identité pourrait gérer la carte Vitale dématérialisée ? « L’appli carte Vitale est destinée à tous les assurés de l’Assurance maladie. L’application France Identité est accessible uniquement aux détenteurs d’une carte d’identité française nouveau format », répond l’Assurance maladie. Le client dédié permet par ailleurs de retrouver ses dépenses de soin.

Au chapitre des données, l’application n’est censée héberger aucune information à caractère médical. Elle contient en revanche les données dites de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) pour l’assuré et ses bénéficiaires (conjoint, enfants), dont le numéro de sécurité sociale, les noms et prénoms, date de naissance, qualité et organisme de rattachement, ainsi que l’adresse email du compte ou espace assuré. « À terme, les données de l’Assurance Maladie Complémentaire (AMC) pourront être intégrées dans l’application. », précise le site dédié, sur lequel on peut consulter les conditions générales d’utilisation (CGU) associées.

Si les « professionnels de santé s’équipent progressivement afin de pouvoir lire l’appli carte Vitale », le déploiement est progressif. La carte Vitale physique, qui reste indispensable pour les assurés non détenteurs d’un smartphone, a donc sans doute encore de beaux jours devant elle. L’annuaire en ligne de l’Assurance maladie permet de vérifier si un professionnel ou centre de santé est équipé d’un lecteur compatible avec l’application carte Vitale.

Exemple d’une fiche de médecin sur l’annuaire Ameli – capture d’écran Next

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