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Alors que « portable en pause » rame au collège, Emmanuel Macron veut l’étendre au lycée

28 novembre 2025 à 15:52
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Alors que « portable en pause » rame au collège, Emmanuel Macron veut l’étendre au lycée

Lors d’un entretien avec un panel de lecteurs du groupe de presse EBRA, Emmanuel Macron a affiché sa volonté que le dispositif « portable en pause » applicable actuellement au collège (mais peu mis en place jusqu’à présent) soit étendu au lycée. Pour cela, une loi devra être présentée et votée au Parlement.

En déplacement à Mirecourt près d’Épinal ce vendredi 28 novembre pour répondre aux lecteurs de Vosges Matin, Emmanuel Macron a répété sa volonté d’éloigner les téléphones portables des établissements scolaires en évoquant leur potentielle interdiction dans les lycées « à la rentrée prochaine ».

Empêché d’être le « maitre des horloges » au Parlement suite à la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024, Emmanuel Macron effectue une tournée nationale organisée avec plusieurs rédactions de la presse quotidienne régionale. Le président de la République y aborde régulièrement le sujet du numérique. Ainsi, il avait déjà évoqué la possibilité qu’il quitte la plateforme X le 12 novembre dernier face aux lecteurs de la Dépêche du Midi. 15 jours après, il n’a pas encore franchi le pas.

Aujourd’hui, face aux lecteurs de Vosges Matin, Emmanuel Macron a affirmé : « On a sorti le portable du collège, maintenant dans tous les collèges à la rentrée dernière, on va sans doute l’élargir aux lycées à la rentrée prochaine avec le ministre. Il est en train de regarder ça », estimant que l’interdiction est la manière la plus efficace « si on considère qu’il y a un vrai risque ».

Un long chemin de croix pour l’interdiction du portable au collège

Concernant la sortie du portable au collège, ce n’est pas encore tout à fait le cas, contrairement à ce qu’affirme le Président. Comme nous le disions en 2017 déjà, l’article L511-5 du Code de l’éducation prévoit depuis 2010 que « dans les écoles maternelles, les écoles élémentaires et les collèges, l’utilisation durant toute activité d’enseignement et dans les lieux prévus par le règlement intérieur, par un élève, d’un téléphone mobile est interdite », mais son application n’est pas si simple. À l’époque, Jean-Michel Blanquer promettait de « faire respecter les règles et le droit ».

Mais en 2025, le dossier n’est pas encore résolu. En avril dernier, Élisabeth Borne a annoncé qu’elle souhaitait que la « pause numérique » – l’interdiction pour les élèves d’utiliser leur smartphone au sein de l’établissement – soit « généralisée à tous les collèges à la prochaine rentrée ». Mais, en septembre, selon le syndicat majoritaire des chefs d’établissement SNPDEN-UNSA cité par le Monde, seuls 9 % des collèges avaient mis en place le dispositif.

Début novembre, en réponse à une question sur le nombre de collèges appliquant le dispositif de la sénatrice Les Républicains Agnès Evren, le nouveau ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, répondait de manière évasive : « je ne peux que souscrire à l’idée de mettre le portable en pause et d’installer des casiers de stockage lorsque c’est possible, mais je rappelle que la première pause du portable est l’interdiction, qu’il nous revient de faire respecter. Je ne peux que me réjouir des cas où il est possible de conforter l’interdiction avec des installations spécifiques, mais je ne peux pas imposer aux départements d’acquérir des casiers. Plusieurs centaines d’établissements fonctionnent ainsi, avec des retours qui laissent apparaître une nette satisfaction ».

Une volonté présidentielle qui n’est pas encore inscrite dans la loi

Le portable n’est donc pas encore sorti des collèges, même si, selon France Info, Emmanuel Macron estime que l’interdiction dans les collèges « marche plutôt bien, parce que c’est une interdiction nationale, c’est assumé ».

Pour ce qui est des lycées, Édouard Geffray semble donc être « en train de regarder ça », selon le président de la République. Mais il faut qu’un texte législatif soit voté avant qu’il puisse être appliqué « à la rentrée prochaine ».

La députée Renaissance Laure Miller a déposé le mardi 18 novembre 2025 une proposition de loi « visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux » qui propose, entre autres, d’ « étendre aux lycées l’interdiction de l’utilisation des téléphones portables, dans les mêmes conditions que dans les autres établissements scolaires ». Reste à ce que l’article en question ainsi que la loi soient votés par l’Assemblée nationale et le Sénat, et que les décrets soient promulgués avant la rentrée 2026.

Arnaques financières : les réseaux sociaux mis devant leurs responsabilités en Europe

28 novembre 2025 à 12:59
Complicité de scam
Arnaques financières : les réseaux sociaux mis devant leurs responsabilités en Europe

Le Conseil et le Parlement européen ont trouvé un accord sur de nouvelles règles à propos de la fraude en ligne et l’utilisation abusive des données. Notamment, les plateformes devront faire face à leurs responsabilités si elles n’ont pas supprimé des contenus frauduleux signalés qui ont atteint des victimes.

« Historique : Nous nous attaquons à l’industrie de la fraude numérique », a exulté le député européen du Danemark Morten Løkkegaard (Renew) sur Facebook. « Le Parlement et le Conseil ont conclu un accord visant à rendre le secteur des services de paiement de l’UE plus ouvert et plus concurrentiel, tout en le dotant de solides défenses contre la fraude et les violations de données », explique la députée européenne Place publique sur X.

Ce jeudi 27 novembre, le Conseil et le Parlement européen ont annoncé s’être mis d’accord à propos de deux textes sur la régulation des paiements en ligne (le Payment Services Regulation et la directive Payment Services Directive 3, PSD3), comme l’a repéré Politico. Il reste une dernière étape pour qu’il puisse entrer en vigueur : une adoption formelle par les deux institutions.

Renfort de la coopération entre prestataires de services de paiement

Le Conseil de l’Europe explique que « l’objectif de ces nouvelles règles est de mieux lutter contre la fraude aux paiements, d’améliorer la transparence des frais et de renforcer la protection des consommateurs dans le secteur des services de paiement ». L’idée est de mettre à jour la législation européenne face aux nombreuses tentatives de phishings auxquelles nous faisons face.

Ces textes renforcent, entre autres, les obligations des prestataires de services de paiement concernant les fraudes : obligation de partager entre eux les informations sur des cas repérés mais aussi de vérifier les numéros IBAN avant tout virement (et pas seulement sur les virements instantanés en euros comme actuellement). Ils seront aussi tenus responsables s’ils n’ont pas mis en place certains outils préventifs face à la fraude.

Une attention obligatoire sur les signalements de fraude

Mais ces textes donnent aussi une responsabilité à d’autres acteurs jusque-là laissés tranquilles sur le sujet. Ainsi les réseaux sociaux seront responsables envers les prestataires de services de paiement qui auront remboursé des clients victimes de fraude si celle-ci a été effectuée en passant par un message publié sur leur plateforme qui aurait été préalablement signalé.

Le Parlement européen explique aussi que les annonceurs de services financiers vont devoir démontrer aux très grandes plateformes en ligne (VLOPs) et moteurs de recherche (VLOSE) qu’ils sont « légalement autorisés (ou officiellement exemptés) dans le pays concerné à offrir ces services, ou qu’ils font de la publicité pour le compte d’une personne qui l’est ».

Rappelons que des documents internes à Meta ont récemment révélé que le groupe de Mark Zuckerberg prévoit de générer 10 % de son chiffre d’affaires annuel, soit environ 16 milliards de dollars, à partir d’arnaques et de publicités frauduleuses.

Les négociateurs européens s’appuient notamment sur le DSA et le DMA pour établir ces nouvelles règles.

« Ce cadre complexe sape les efforts de simplification et risque d’entrer en conflit avec l’interdiction de la surveillance générale prévue par le DSA, ignorant ainsi les nombreuses études qui avertissent que cela serait contre-productif. Au lieu de protéger les consommateurs, le résultat obtenu aujourd’hui crée un dangereux précédent et décharge de leur responsabilité ceux qui sont les mieux placés pour prévenir la fraude », a réagi Leonardo Veneziani, représentant du lobby du numérique états-unien CCIA (regroupant notamment Amazon, Google, Apple, Meta et Shopify).

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