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Piratage du ministère de l’Intérieur : les fichiers TAJ et FPR ont bien été consultés

17 décembre 2025 à 11:02
Jeu de dupes ?
Piratage du ministère de l’Intérieur : les fichiers TAJ et FPR ont bien été consultés

Le ministère de l’Intérieur a confirmé il y a quelques jours une fuite de données. Des pirates ont revendiqué l’attaque, affirmant avoir des informations sur des millions de personnes, issues notamment des fichiers TAJ et FPR. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a confirmé ce matin que ces bases avaient bien été consultées et que des fiches avaient été volées.

Un ou des pirates ont revendiqué l’attaque contre le ministère de l’Intérieur. Une personne, se faisant appeler « Indra », a relancé brièvement BreachForums, qui avait disparu suite à plusieurs arrestations, aussi bien aux États-Unis qu’en France. Le message revendiquait l’attaque, précisait qu’il s’agissait d’une vengeance pour l’arrestation de ses « amis » et que la fuite était bien plus grave que ce que l’on pensait. Les pirates affirmaient ainsi posséder des informations sur plus de 16 millions de personnes, dont quantité d’informations provenant des fichiers TAJ (Traitement d’antécédents judiciaires) et FPR (Fichier des personnes recherchées).

Officiellement, le ministère de l’Intérieur, Laurent Nunez, a confirmé dans un premier temps qu’une attaque avait bien eu lieu contre des services de messagerie. Les mesures de sécurité avaient en conséquence été relevées et des rappels d’hygiène numérique faits aux forces de l’ordre. La fuite est cependant plus grave qu’initialement reconnu.

« Quelques dizaines de fiches »

Ce matin, Laurent Nunez a donné de nouvelles informations à Franceinfo, lors de l’émission de 8h30. « On a fait l’objet d’une intrusion malveillante il y a quelques jours ». Il a confirmé que des accès ont été obtenus à partir de « certaines boites professionnelles ». De là, « l’individu ou le groupe d’individus […] a pu consulter un certain nombre de fichiers importants pour nous, notamment le traitement des antécédents judiciaires, et procéder à un certain nombre d’extractions ».

Le ministre évoque « quelques dizaines d’extractions », mais pas les « millions de données » revendiquées dans le message sur BreachForums. Cependant, Laurent Nunez indique en même temps que l’on « ne connait pas l’ampleur des compromissions », faisant relativiser le nombre d’extractions donné.

De plus, le ministère ne peut « absolument pas dire si cela va compromettre des enquêtes », mais affirme que l’incident « ne met pas en danger la vie de nos compatriotes ». Autre affirmation : aucune demande de rançon n’aurait été reçue. Ce qui irait d’ailleurs dans le sens du message des pirates, qui indiquaient attendre que la France les contacte.

Laurent Nunez reconnait que « des imprudences » ont été commises et le scénario d’attaque laisse effectivement penser que de l’ingénierie sociale a été utilisée pour piéger une ou plusieurs personnes. Les accès récupérés (sous forme de mots de passe en clair dans des échanges e-mails) auraient alors servi à accéder aux applications métiers et bases de données, dont le TAJ et le FPR. « On a saisi la CNIL aussi, la Commission nationale de l’informatique et des libertés, comme la loi nous l’impose. Et puis il y a eu une enquête administrative que j’ai demandée, sur laquelle on travaille », a ajouté le ministre.

L’ampleur de la fuite reste à déterminer

La grande question est désormais de savoir quelle crédibilité accorder aux affirmations du ou des pirates. Si la menace est avérée, alors une grande partie du TAJ et du FPR serait dans la nature, avec des conséquences potentiellement catastrophiques pour la France.

La situation n’est cependant pas claire. Le message du ou des pirates a été publié initialement le 13 décembre. Un ultimatum était donné à la France, qui a jusqu’au 20 décembre pour contacter le groupe à une adresse tutanota indiquée dans l’avertissement. Indra insistait en outre sur l’aspect vengeance de l’attaque, pour l’arrestation des membres du groupe ShinyHunters.

Cependant, si l’on en croit SaxX, les ShinyHunters (avec qui il assure être en contact) se seraient « désolidarisés » de ce Indra ayant attaqué le ministère de l’Intérieur, dont on ne sait rien de plus à l’heure actuelle. Il pourrait s’agir, comme le suppose SaxX, d’une menace étatique étrangère ayant pris l’apparence d’un groupe cybercriminel « classique ».

Trop peu de preuves à ce stade

La situation est d’autant plus floue que les experts ne sont pas d’accord sur l’ampleur de la menace. Pour Baptiste Robert par exemple, le ou les pirates n’ont pas exfiltré l’intégralité du TAJ et du FPR. Preuve en serait l’usage de termes trop génériques employés dans ce contexte.

Le chercheur en sécurité soulignait également hier soir que les pirates avaient publié sur leur chaine Telegram une capture montrant le portail de connexion CHEOPS avec l’adresse de la chaine en identifiant et les mots « WE ARE STILL HERE » (« Nous sommes toujours là ») dans le mot de passe. Selon lui, cette capture ne prouve rien, car l’utilisateur n’est pas authentifié. « Si c’est un moyen d’essayer de faire pression en vue d’une éventuelle négociation, c’est particulièrement mal fait », a indiqué Baptiste Robert.

Il y aurait ainsi bien compromission, récupération d’accès et consultation des données, mais aucune preuve d’une extraction conséquente des données.

Anthony Enzor-DeMeo, nouveau CEO de Mozilla : une question de confiance… et d’IA

17 décembre 2025 à 08:50
Aussi différent que tout le monde
Anthony Enzor-DeMeo, nouveau CEO de Mozilla : une question de confiance… et d’IA

Mozilla a désormais un nouveau CEO : Anthony Enzor-DeMeo. Il remplace Laura Chambers, qui a dirigé l’entreprise comme CEO par intérim.

Anthony Enzor-DeMeo était arrivé chez Mozilla il y a tout juste un an, pour prendre la tête de Firefox. Dans l’annonce faite ce 16 décembre, il a remercié Laura Chambers pour son « leadership exceptionnel » dans une période charnière pour Mozilla, à qui elle a « apporté clarté, stabilité et concentration ». Nabiha Syed reste à la tête de la fondation depuis le départ de Mitchell Baker en début d’année, et Mark Surman est toujours directeur général de l’entreprise.

Il enchaine rapidement sur ce qu’il présente comme le crédo de l’entreprise : la confiance. « Quand j’ai rejoint Mozilla, il était clair que la confiance allait devenir le problème majeur de la technologie et que le navigateur serait l’endroit où cette bataille allait se dérouler. L’IA remodelait déjà la façon dont les gens recherchent, achètent et prennent des décisions de manière difficile à voir et encore plus à comprendre », indique Anthony Enzor-DeMeo.

Trois grands axes, dont l’IA

« Les gens veulent un logiciel rapide, moderne, mais aussi honnête sur ce qu’il fait », ajoute le nouveau CEO. La confiance doit surpasser tout le reste et Mozilla doit devenir une référence dans le domaine. « Ce n’est pas un slogan », martèle Anthony Enzor-DeMeo.

Il définit les trois grands axes de son règne : chaque produit développé par Mozilla doit donner de l’autonomie (confidentialité, utilisation des données, simplicité des contrôles…), une monétisation transparente et le passage à un écosystème plus large de logiciels de confiance, dont Firefox restera « l’ancre ».

Et que tout le monde soit averti : Firefox va bien évoluer vers un navigateur IA. Des investissements vont être faits en ce sens sur trois ans. Mais le nouveau CEO précise rapidement que ce travail devra « refléter le Manifeste Mozilla » et que tout ce qui touche à l’IA devra pouvoir être désactivé facilement. La différenciation avec le reste de l’industrie se ferait sur les « principes ».

Pas de LLM made in Mozilla à l’horizon

« Nous agirons avec urgence. L’IA change les logiciels. Les navigateurs deviennent le point de contrôle de la vie numérique. La réglementation modifie les défauts. Ces changements jouent en faveur des forces de Mozilla », affirme Anthony Enzor-DeMeo. À The Verge, le CEO indique cependant être conscient de « l’érosion de la confiance » sur l’IA, insistant sur la nécessité pour Mozilla de devenir une référence.

Mais de quelle IA parle-t-on ? Comme le confirme le CEO à nos confrères, Mozilla ne va pas développer son propre LLM. Firefox va surtout s’équiper d’un mode IA qui donnera accès à divers modèles. Certains seront open source, d’autres non, et les principaux acteurs devraient être présents. Aucun modèle en particulier ne sera mis en avant, tout dépendant du choix fait par l’internaute. Reste à voir comment Mozilla arrivera à faire passer son message à faire la différence dans un marché du navigateur en pleine effervescence, l’IA ayant relancé la guerre, avec de nouveaux acteurs comme OpenAI et Perplexity.

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