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Un quart des Français visitent les sites d’infos générées par IA recommandés par Google

18 décembre 2025 à 16:20
KO Boomers
Un quart des Français visitent les sites d’infos générées par IA recommandés par Google

14 à 16 millions d’internautes français consultent chaque mois l’un des 251 sites d’infos GenAI les plus recommandés par Google et identifiés par Next, selon une étude de Médiamétrie pour le Groupement des éditeurs de services en ligne. Près des trois quarts (74 %) de ces internautes ont plus de 50 ans, au point que ces derniers visitent plus de sites d’infos GenAI que de vrais sites d’actualités. 77 % y sont envoyés par l’un des services de Google (Discover, Search ou Actualités), et 10 % via Meta.

Dans la mesure où la lutte contre la désinformation nous semble un enjeu de salubrité (numérique) publique, cet article, en principe réservé aux lecteurs premium de Next, est exceptionnellement en accès libre pour 24 heures. Ce sont vos abonnements qui rendent possible ce genre d’enquête au long cours, merci !


« Plus de 1 000 médias en français, générés par IA, polluent le web (et Google) », titrait Next en février dernier, dans le tout premier de la vingtaine d’articles que nous avons depuis consacrés à ce que nous qualifions de « véritable « pollution » numérique et médiatique ».

Nous précisions alors avoir « de bonnes raisons de penser qu’il en existerait plusieurs milliers », mais également avoir « identifié une centaine de ces pros de l’info GenAI, sans pouvoir mesurer combien de dizaines (voire de centaines) d’autres se seraient lancés dans ce douteux (mais lucratif) « business » ». Nous avons depuis identifié près de 8 900 sites « en tout ou partie générés par IA » (GenAI), administrés (et monétisés) par plus de 200 éditeurs.

Début octobre, Next révélait que près de 20 % des 1 000 sites d’info les plus recommandés par Google Discover, et 33 % des 120 sites les plus recommandés par Google News, à la rubrique Technologie, étaient générés par IA.

L’algorithme Discover de « recommandation de contenus » de Google, la principale source de trafic des sites journalistiques français, est en effet devenu une « pompe à fric » pour les sites monétisés par la publicité, majoritairement financés par… la régie publicitaire de Google. Au point que de nombreux professionnels du référencement et du marketing numérique s’y sont lancés, attirés par l’appât du gain.

Perdu dans le jargon ? Petit lexique pour s’y retrouver


Discover : la mission historique de Google est d’amener des réponses aux requêtes des internautes, mais le moteur développe depuis des années des outils de recommandation, qui sélectionnent automatiquement des contenus et les affichent aux utilisateurs de Google, de Chrome et d’Android. Sur mobile, les suggestions Discover sont par exemple visibles dès l’interface du système d’exploitation. Elles sont devenues la principale source de trafic des médias français.

Poper : de l’anglais to pop, qui signifie sauter ou éclater. Ce terme est utilisé par les professionnels du référencement pour désigner la capacité à faire apparaitre un site ou un contenu donné au sein des outils de recommandation automatisés.

SEO : de l’anglais search engine optimization, soit optimisation pour les moteurs de recherche. Le terme recouvre à la fois les pratiques techniques ou éditoriales visant à favoriser l’apparition d’un site dans les moteurs de recherche, et l’activité de service qui s’est créée autour de cet objectif.

16 millions d’internautes par mois, soit plus d’1/4 de la population française

Next a depuis été contacté par le Groupement des éditeurs de services en ligne (GESTE, qui en fédère plus d’une centaine), et l’entreprise de mesure d’audience Médiamétrie. Cherchant à quantifier le phénomène à l’échelle du marché, nous leur avons proposé d’analyser l’audience des 251 sites GenAI figurant ou ayant figuré dans le Top1000 des sites recommandés par l’algorithme Discover de Google (retrouvez l’étude intégrale en pied de cet article, et le communiqué du GESTE).

À notre grande surprise, le panel de près de 20 000 internautes constitué par Médiamétrie indique que ces 251 sites enregistrent en moyenne, depuis le début de l’année, entre 14 et 16 millions de visiteurs uniques (VU) par mois, soit plus d’un quart de la population française de plus de 15 ans.

Les plus de 50 ans visitent plus de sites GenAI que de vrais sites d’infos

Seconde découverte, elle aussi accablante : la surreprésentativité des « inactifs », et des plus de 50 ans. D’après le panel de Médiamétrie, 52% des visiteurs quotidiens de sites GenAI seraient inactifs (hors étudiants), contre 42% dans l’audience quotidienne des sites d’actualités, alors qu’ils ne représenteraient que 29 % de la population.

Et si les personnes de 50 à 64 ans et de plus de 65 ans représentent chacun 23 % de la population française, elles représentent 31 et 43 % des internautes consultant des sites GenAI dans le mois, soit près des trois quarts (74 %) d’entre eux, alors qu’ils ne représenteraient que 46 % de la population.

A contrario, les 15 - 24 ans et les 25 - 49 ans, qui représenteraient respectivement 14 et 35 % de la population, ne constituent que 3 et 23 % des internautes consultant des sites d’infos générées par IA. Les personnes âgées semblent en effet plus particulièrement susceptibles de tomber dans le piège de ce type d’infox et images GenAI, au point d’être qualifiées de « pièges à boomers », ou « boomer traps ».

Si 24,5 % des internautes du panel de Médiamétrie ont consulté au moins un site GenAI dans le mois, le taux s’élève à 30,6 % chez les CSP+, 34 % chez les inactifs (hors étudiants), 37,5 % chez les 50 - 64 ans et 36,7 % chez les plus de 65 ans.

L’analyse du panel de Médiamétrie indique en outre que si les internautes de moins de 50 ans visitent plus de sites figurant dans le Top10 des sites d’actualités que de sites GenAI, les plus de 50 ans visitent plus de sites d’infos générées par IA que de vrais sites d’infos.

L’étude de Médiamétrie montre également que les visiteurs de sites GenAI « surconsomment Internet » : 84 % d’entre-eux consultent en effet quotidiennement des sites d’informations, contre 36 % des internautes en moyenne.

Pour autant, si les internautes passent en moyenne 11 minutes 14 secondes par jour sur les sites d’actualité, à raison de 10 pages par internaute, et de 1 minute 8 secondes par page, le temps passé sur les sites GenAI ne serait, lui, que de 1 minute 15, pour 3 pages par jour, et 25 secondes par page seulement.

L’application de recommandation de contenus liée à l’algorithme Discover n’étant pas (encore) disponible sur les ordinateurs de bureau, 88,8 % de ces visiteurs uniques de sites GenAI l’ont fait depuis leurs téléphones mobiles ou tablettes.

Et si 10 % d’entre-eux avaient cliqué sur un lien partagé sur les plateformes de Meta (Facebook voire Instagram), 77 % (soit plus des trois quarts) y avaient été envoyés via l’un des services de Google (Discover, Search ou Actualités, hors GMail).

Et ce, alors que Google n’a de cesse de répéter, depuis des mois, que ses « systèmes antispams » excluent « 99 % […] des contenus de faible qualité ». Un chiffre qu’un responsable de l’équipe Trust and Safety de Google vient pourtant de relativiser… en se référant aux enquêtes de Next !

Next, fournisseur (non-)officiel de punchlines de Google Trust and Safety

Intervenant début décembre à Search Central Live Zurich 2025, un évènement dédié aux professionnels du SEO et du marketing digital, Andres Almeida, directeur adjoint de l’équipe Trust and Safety de Google, reconnaissait en effet que l’AI Slop (du nom donné à ces contenus bas de gamme générés par IA) « envahit le monde et [que] Discover n’est pas à l’abri ».

Il évoquait notamment le fait que nombre de ces sites reposent sur des fermes de contenus (Private Blog Networks, ou PBN en anglais) basés sur des noms de domaines expirés (afin de capitaliser sur leur réputations passées dans le ranking de Google), le recours à des techniques de « black hat SEO » (cherchant à « hacker » les algorithmes du moteur de recherche), et expliquait vouloir endiguer ce type de « spam ».

Or, une des slides utilisées pour illustrer sa démonstration reprenait, traduits en anglais, les titres (et sous-titres) de deux de la vingtaine d’articles que nous avons consacrés depuis février à cette pollution du web en général et de Google en particulier par des infos générées par IA : celui qui pointait du doigt le fait que près de 20 % des 1 000 sites d’info les plus recommandés par Google Discover étaient générés par IA, et celui qui expliquait les motivations de leurs éditeurs : « « gruger Google » pour faire du fric ».

Notre base de données des sites d’infos générées par IA en dénombre désormais près de 8 900 (rien qu’en français). Pour en avoir le coeur net, nous en avons soumis un échantillon restreint à Médiamétrie afin de réaliser cette première analyse du trafic enregistré par les sites GenAI à ceux qui avaient été les plus recommandés par Google Discover.

Au vu des pertes de revenus publicitaires que subissent les médias parasités et de la monétisation de la plupart des sites GenAI par AdSense, la régie publicitaire de Google se retrouve juge et partie. Concurrencés par les sites GenAI, les médias subissent par ailleurs des pertes de trafic, susceptibles d’affecter le montant des droits voisins que leur verse Google.

Non contents de voir ces droits minorés, les médias employant des journalistes humains sont même floués une troisième fois. En effet, ces sites GenAI n’existeraient pas si les grands modèles de langage (LLM) et IA génératives qu’ils utilisent n’avaient été entraînés sur du contenu produit par des humains, et notamment sur des articles écrits par des journalistes.

Or, et en l’état, aucun mécanisme de contrepartie financière n’a été mis en œuvre afin de compenser ce pillage des médias, ni de la part des éditeurs d’IA, ni de la part des prestataires de générateurs d’articles conçus pour masquer qu’ils relèvent du plagiat (nous y reviendrons), ni de la part de ces éditeurs de sites GenAI. Ce pourquoi le ministère de la Culture envisage la possibilité d’une « inversion de la charge de la preuve » ou d’une « présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d’IA ».

À titre d’illustration, les 5 sites de l’éditeur figurant en tête du Top 10 de Médiamétrie totaliseraient 7,25 millions de « visiteurs uniques ». Or, cet éditeur administre 27 autres sites. De même, les 5 sites de l’éditeur figurant en 3e position totalisent 4 millions de « visiteurs uniques ». Ce dernier en administre une quinzaine d’autres.

L’étude de Médiamétrie montre en outre que 10 sites GenAI dénombrent de 1 à 4 millions de « visiteurs uniques » pour ce seul mois d’octobre 2025, et donc encore plus de pages vues parasitant des médias faisant travailler des journalistes, quand ils ne plagient pas leurs articles.

En outre, ce premier échantillon de 251 sites n’émane que de 85 éditeurs différents. Y figurent majoritairement des professionnels du SEO, mais également quelques groupes de presse, dénombrant dans leurs fermes de sites respectives plus de 2 000 autres sites d’infos GenAI.

Il serait donc non seulement instructif de pouvoir mesurer le poids de ces 2 000 autres sites potentiellement susceptibles, eux aussi, d’être recommandés par Discover ou Google Actualités, mais également d’étendre l’étude à l’ensemble des 8 900 sites GenAI que nous avons identifiés, ainsi qu’à leurs éditeurs respectifs.

À titre de comparaison, notre base de données répertorie en effet plus de 200 éditeurs administrant au moins 5 sites GenAI, dont 130 plus de 10, 70 plus de 25 et 35 plus de 50. Tous reposent peu ou prou sur le pillage et recyclage de contenus préalablement produits et mis en ligne par des humains, voire sur le plagiat généré par IA d’articles de journalistes.

L’objectif de cette première mesure d’audience est aussi de créer un Baromètre des sites GenAI qui permettrait de creuser plus avant la problématique, et d’étendre le périmètre des sites analysés à tout ou partie de notre base de données.

Téléchargez notre extension web (gratuite) pour être alerté lorsque vous visitez un site d’info généré par IA


Nous avons développé une extension pour les navigateurs Chrome (et donc Brave, Vivaldi, Opera, Microsoft Edge, etc.) et Firefox (y compris en version mobile sur Android), qui tourne en tâche de fond et affiche un pop-up d’alerte lorsque ses utilisateurs consultent un des 8 900 sites d’information dont nous avons identifiés que leurs contenus sont « en tout ou partie » générés par des intelligences artificielles génératives.

extension GenAI

Afin de vous prémunir des autres risques de cyberarnaques, notre extension prend également en compte deux autres listes : celle de plus de 30 000 noms de domaine « suspects » de Red Flag Domain, ainsi que la liste noire des entités non autorisées à proposer des produits ou services financiers en France de l’Autorité des marchés financiers (AMF).

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☕️ Gemini 3 a désormais sa variante Flash

18 décembre 2025 à 15:50

Quand Google a lancé sa nouvelle famille de modèles Gemini 3, seule la variante Pro a été présentée. C’est le modèle « à tout faire » de la nouvelle génération de LLM chez Google, avec un mode rapide et un autre pour le raisonnement, selon les besoins. Mais comme souvent, beaucoup attendaient une ou plusieurs versions réduites, beaucoup moins chères et plus adaptées à certains usages.

Google complète donc son offre avec une version Flash, positionnée comme un modèle à faible latence, optimisé pour l’inférence en temps réel, tout en préservant ses capacités multimodales et un mode de raisonnement. Gemini 3 Flash accepte ainsi en entrée le texte, les photos, vidéos et tout ce qui touche à la vision, pour interroger par exemple un flux vidéo en temps réel.

Le prix est bien sûr moins élevé que le modèle Pro. Via l’API, la facture s’élève ainsi à 0,30 dollar par million de jetons en entrée et 2 dollars en sortie. Google met également sur le devant de la scène des performances élevées, avec notamment 90,4 % au test GPQA Diamond, 78 % à SWE-bench Verified ou encore 33,7 % sur Humanity Last Exam, battant du même coup plusieurs modèles plus larges.

Le nouveau LLM est disponible dans Google AI Studio, Google Antigravity, Gemini CLI, Android Studio et Vertex AI, depuis l’API.

☕️ Emmanuel Macron outré par un deepfake suggérant un coup d’État en France

18 décembre 2025 à 13:07

Emmanuel Macron est mécontent : ce week-end, un de ses homologues africains lui a envoyé un message pour vérifier ce qu’il se passait en France. Le pays était-il en plein coup d’État ?

En cause : une vidéo générée par IA, dans laquelle une journaliste placée devant ce qui semble être l’Élysée annonce la (fausse) chute du président de la République, remplacé par un colonel.

« Douze millions de vues ! » racontait-il en début de semaine lors d’un échange avec les lecteurs de La Provence (depuis le 12 novembre, avec le public de La Dépêche du Midi, Emmanuel Macron multiplie les rencontres de citoyennes et citoyens pour échanger avec eux sur « la démocratie face aux réseaux sociaux »).

Le président indique avoir demandé à Meta, par l’intermédiaire de Pharos, de supprimer le contenu, et s’être entendu répondre que celle-ci ne contrevenait pas aux règles d’utilisation de la plateforme.

Et d’ironiser : « J’ai tendance à penser que j’ai plus de moyens de pression que qui que ce soit. » Le président a regretté de se découvrir désarmé. « Ces gens-là se moquent de nous », a-t-il lancé, en référence aux propriétaires de réseaux sociaux.

En exposant cette affaire, il a par ailleurs démultiplié la visibilité du deepfake, passé de 12 à 20 millions de vues en 24 heures à peine.

Auprès du Figaro, Meta indique avoir affiché des étiquettes pour aider les utilisateurs à repérer les contenus créés par IA.

Libération a de son côté remonté la trace de son créateur pour tomber sur un jeune Burkinabé, Rachid B., originaire de Ouagadougou. Ce dernier indique avoir supprimé la vidéo le 17 décembre (alors qu’elle avait atteint les 23 millions de vues) « pour ne pas avoir de problèmes juridiques ou des trucs comme ça ».

Dans d’autres contextes, le président de la République est lui-même usager des technologies de génération d’images relativement réalistes : il s’en était notamment servi pour faire la promotion du Sommet sur l’intelligence artificielle, en février 2025, et « lancer le débat », selon ses propres termes.

[Offert] Notes de la communauté : un rempart efficace mais très imparfait contre la désinformation

18 décembre 2025 à 13:00
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[Offert] Notes de la communauté : un rempart efficace mais très imparfait contre la désinformation

L’éditeur de Facebook et Instagram a démarré hier une phase de test pour ses notes de la communauté. Largement calquées sur celles de X, elles permettent d’épingler nombre de contenus erronés, voire mensongers. De quoi résoudre tous les problèmes ? Non, selon Bloomberg, qui a publié une vaste étude sur le sujet.

Pour les fêtes de fin d’année, Next vous offre cet article initialement paru le 21 mars 2025 et réservé aux abonnés. Pour lire les prochains entretiens dès leur publication, abonnez-vous !


Les notes de la communauté sont un mécanisme simple : à la lecture d’une publication, on peut décider d’ajouter un contexte, en général un commentaire suivi d’un ou plusieurs liens. Le système avait été initié sur Twitter, avec son rachat par Elon Musk et sa transformation en X, en complément des entreprises et médias effectuant une vérification professionnelle.

Depuis quelques mois, les projecteurs sont braqués sur ces notes. Elon Musk s’est débarrassé de tous les vérificateurs professionnels, louant les mérites d’un système alimenté par les internautes. Dans l’esprit du milliardaire, le réseau social s’équilibre de lui-même. Une idée séduisante, d’autant plus que le mécanisme a l’immense avantage d’être parfaitement gratuit pour celui qui, après avoir dépensé des dizaines de milliards de dollars pour racheter Twitter, lie actuellement ses entreprises à la Maison-Blanche.

Les notes de la communauté ont plusieurs mérites

Bloomberg Opinion s’est lancé dans un vaste travail : analyser 1,1 million de notes de la communauté, publiées entre début 2023 et février 2025. Une montagne de données, qui permet d’en tirer nombre de conclusion ou, en tout cas, de faisceaux et corrélations. Les éléments mis en lumière pointent leur dualité, entre un système fréquemment encensé par Elon Musk et ses attaques contre les médias classiques.

Premier constat, sans doute l’un des plus importants : les notes de la communauté ne sont pas une arnaque. Qu’il s’agisse de constats par Bloomberg ou d’autres études pointées par nos confrères, le système fonctionne. Les messages épinglés par la communauté reçoivent ainsi moins d’engagement du reste des internautes, en likes comme en retweets. Ils sont également plus susceptibles d’être supprimés. De manière générale, le processus est considéré comme plus fiable et transparent que la vérification par des professionnels. Bloomberg relève également une limitation de la viralité de certains canulars pendant les grands incendies de Los Angeles.

Le fonctionnement de ces notes est assez simple. Si vous voyez passer un message qui vous parait faux, vous pouvez passer par le menu « … » pour demander à en ajouter une. Il faut fournir un message explicatif ainsi qu’un ou plusieurs liens pour appuyer le propos. Elle n’est pas automatiquement publiée : elle doit rassembler suffisamment de voix. Les autres personnes contribuant aux notes sont en effet invitées à voter. Quand un nombre suffisant de personnes donnent leur aval, la note apparait chez tout le monde.

Ce système, souligne Bloomberg, fonctionne généralement bien, et même mieux qu’avant. En janvier 2023, le temps médian nécessaire pour ajouter une note et la faire valider était d’environ 30 heures. Le mois dernier, ce temps était de 14 heures. On comprend donc pourquoi le système intéresse doublement Meta : non seulement il ne coute rien (en dehors de la mise en place du système et de sa maintenance), mais il est plus rapide que le travail des vérificateurs professionnels, qui peuvent prendre jusqu’à une semaine pour répondre.

Un outil parmi d’autres

Si les notes de la communauté donnent de bons résultats, elles ne représentent pas pour autant l’alpha et l’oméga de la modération et de la vérification des faits. Avoir divisé par deux le temps d’apparition d’une note montre un plus fort engagement des internautes et un processus mieux intégré dans les habitudes, mais l’efficacité du mécanisme est soumise au consensus. Qui prend du temps.

C’est la première limite du système selon Bloomberg : les 14 heures ont beau représenter une forte amélioration, les notes arrivent le plus souvent bien après la bataille de la viralité, le mal étant déjà fait.

Surtout, les données analysées par Bloomberg montreraient qu’après un pic, le système pourrait perdre en efficacité. Cette dernière dépend étroitement du consensus. Or, sur les sujets les plus clivants, il a du mal à être atteint. Selon les informations recueillies, moins de 10 % des notes de la communauté seraient réellement publiées, faute d’un accord. Parmi celles publiées, 26 % sont même supprimées, suite à un désaccord. Ce n’est qu’une moyenne, car plus le sujet divise, plus le score augmente. Sur un échantillon de 2 674 notes portant sur la Russie et l’Ukraine l’année dernière, plus de 40 % des notes ont ainsi été supprimées.

De plus, ce système de quorum peut être manipulé. « Il n’est pas rare de voir des instances de voix pro-russes rassemblant leurs partisans pour qu’ils votent collectivement contre une note proposée ou publiée », indique ainsi Bloomberg.

Même chose pour Elon Musk : sur les 167 notes accolées à ses tweets, seules 88 étaient encore en ligne au moment de la publication de l’article. Pour nos confrères, le milliardaire n’a besoin de rien faire : « ses partisans s’en chargent souvent à sa place ». En outre, il y a un mois, le patron de X s’est tout à coup mis en colère. Affirmant que Volodymyr Zelensky était malaimé de ses concitoyens ukrainiens, une note est venue le contredire. Plus récemment, The Economist a mis à jour ces chiffres, montrant une forte cote de popularité.

Sources fiables : la grande ambivalence

Bloomberg pointe également l’ambivalence d’Elon Musk au sujet des médias traditionnels, qu’il accuse régulièrement d’avoir leur propre agenda politique et de répandre le « virus woke ». À cet ancien monde, il oppose justement les notes de la communauté, système qu’il présente comme l’aboutissement d’une démocratie libre, où chacun peut donner son avis, le tout s’équilibrant de lui-même.

Pour autant, ce système de notes repose sur la fiabilité des sources pour fonctionner. De quoi parle-t-on ? Des médias traditionnels, qui représentent « la principale source d’information ». Plus précisément, 31 % des liens cités, suivis par 20 % de liens vers des réseaux sociaux (qui peuvent renvoyer eux-mêmes vers des médias) et 11 % vers des sites éducatifs. Parmi les sources les plus fréquemment citées, on trouve Reuters (« l’organisation d’information la plus trompeuse au monde », selon Elon Musk), la BBC (« British Pravda ») et NPR (« gérée par la Stasi wok»).

Même problème avec Wikipédia, source la plus souvent citée dans les notes de la communauté. Elon Musk ne cache pas sa détestation profonde de l’encyclopédie collaborative. Il a appelé par exemple en décembre dernier à couper les dons à la fondation Wikimedia.

Sur ce point, Bloomberg note « une curieuse bizarrerie de la nature humaine » : « Les utilisateurs semblent croire plus facilement un inconnu sur internet qui renvoie à un article du New York Times, par exemple, qu’ils ne croient le New York Times lui-même lorsqu’il propose directement une vérification des faits ». Pour nos confrères, c’est l’équivalent « d’un ami qui sort Wikipédia pour trancher un débat dans un bar ».

Avec Meta, les notes vont changer d’échelle

Bloomberg a fait coïncider les résultats de son enquête avec le début des tests pour les notes de communauté sur les services de Meta. Comme nous l’indiquions la semaine dernière, Meta s’est lancée le 18 mars dans une phase d’essai aux États-Unis. Et tout portait à croire que le système allait rapidement trouver son public, avec plus de 200 000 inscriptions.

Dans un billet, la société disait s’attendre « à ce que les notes de communauté soient moins biaisées que le programme tiers de vérification des faits qu’elles remplacent, car elles permettent à davantage de personnes ayant plus de perspectives d’ajouter du contexte aux publications ». Un axe de communication reprenant le discours de Mark Zuckerberg en janvier, dans lequel il déclarait que « les fact-checkers sont devenus trop biaisés politiquement, et ils ont détruit plus de confiance qu’ils n’en ont créée, particulièrement aux États-Unis ».

Or, avec l’arrivée des notes chez Meta, le changement d’échelle est manifeste : d’environ 220 millions d’utilisateurs sur X à environ 3,3 milliards sur les plateformes Facebook, Instagram et Threads cumulées. L’efficacité des notes sur une si large population reste à démontrer, mais il est probable qu’elles aient un certain impact, comme sur X.

En revanche, pour Bloomberg, elles ne sauraient être la défense ultime contre la propagation des fake news ou simplement des erreurs. Dans une approche « prévenir plutôt que guérir », le média indique que le fonctionnement même de X aujourd’hui alimente en bonne partie le problème : la course à la viralité. Elon Musk a modifié la manière dont les détenteurs d’un compte Premium peuvent gagner de l’argent sur sa plateforme, en misant sur l’engagement, incitant à faire réagir autant que possible.

En même temps que Facebook a annoncé cette grande bascule, plusieurs autres changements importants ont été présentés. Par exemple, les notes de la communauté n’auront aucun impact sur la visibilité des publications, contrairement au système actuel. En outre, l’incitation financière pour les créateurs de contenus sera plus importante, là encore un encouragement à la viralité.

En somme, les notes de la communauté fonctionnent dans une certaine mesure, mais perdent nettement en efficacité dès que les sujets deviennent plus clivants. Mais selon nos confrères, la conclusion la plus évidente est que si les plateformes de réseaux sociaux voulaient vraiment lutter contre la désinformation, elles commenceraient par ne plus inciter à la viralité.

Piratage du ministère de l’Intérieur : un suspect interpelé

18 décembre 2025 à 12:05
Des données oui, mais...
Piratage du ministère de l’Intérieur : un suspect interpelé

Le parquet de Paris a annoncé qu’un suspect avait été arrêté dans le cadre du piratage du ministère de l’Intérieur. Parallèlement, les pirates ont diffusé des informations en lien avec la Caisse d’allocations familiales, mais il n’y a rien de neuf sur les fichiers TAJ et FPR.

« Une personne a été interpelée le 17 décembre dans le cadre de l’enquête ouverte par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, des chefs notamment d’atteinte à un système de traitement automatisé de données à caractère personnel mis en œuvre par l’État en bande organisée, à la suite de la cyberattaque au préjudice du ministère de l’Intérieur », a indiqué le parquet dans un communiqué, retransmis sur X et signé Laure Beccuau, procureur de la République.

Le communiqué donne d’autres informations, notamment que le suspect est né en 2003 et qu’il était déjà « connu des services de justice pour avoir été condamné pour des faits similaires en 2025 ». Le parquet rappelle que ce délit fait encourir une peine de 10 ans d’emprisonnement. On apprend également que les « investigations diligentées par l’OFAC [Office anti-cybercriminalité, ndlr] se poursuivent » et qu’une « nouvelle communication interviendra à l’issue de la garde à vue, qui peut durer jusqu’à 48 heures ».

Fuite d’informations provenant de la CAF

Indra, qui se présente comme un des pirates derrière l’attaque du ministère de l’Intérieur, a publié de nouveau un message BreachForums hier soir, à nouveau ressuscité l’espace d’un instant. « Bonjour la communauté BreachForums, Je vous annonce aujourd’hui un cadeau de Noël pour la France. Dites merci à « SaxX », c’est vraiment un bon menteur : la compromission d’une base de données de la CAF », a écrit Indra, en référence à celui qui se décrit comme « Gentil hacker », pour avoir minimisé l’ampleur de la fuite dans un tweet hier soir. Il y évoquait un « gros bluff » et traitait le groupe de pirates de « bande de clowns ».

« Voilà l’envers du décor ! Des jeunes cybercriminels français avec une émulation néfaste qui jouent à qui aura la plus grosse et défoncent néanmoins nos systèmes d’information en France. On est bien loin de l’ingérence étrangère comme j’ai pu l’évoquer depuis quelques jours », clamait ainsi SaxX hier soir vers 21 h.

La fuite d’informations de la CAF a bien été identifiée comme telle par plusieurs personnes, dont Christophe Boutry (anciennement de la DGSI). Il indique dans un tweet que la base n’est pas « classique », dans le sens où il « agrège des bénéficiaires CAF, MSA (agricole) et CNOUS (étudiants) ». Selon lui, le seul dispositif croisant ces trois bases est le Pass’Sport. En outre, il pointe un chiffre « trompeur », car les 22 millions annoncés se réduisent à 3,5 millions de foyers uniques « après dédoublonnage intégral ».

La situation serait particulièrement sensible pour les jeunes adultes : « Le fichier permet de suivre l’évolution précise du bénéficiaire. De simple ayant-droit associé au mail de ses parents, il devient une cible directe à sa majorité, avec l’apparition de ses propres coordonnées (téléphone, email personnel) et de sa situation sociale », indique Christophe Boutry. La fuite reste grave dans tous les cas, d’autant que les informations y sont fraiches, les dernières datant de novembre. « Encore une faille majeure dans la chaîne de sous-traitance de l’État », ajoute Christophe Boutry.

Le ou les pirates ont annoncé il y a quelques heures détenir également 2,1 millions de dossiers patients provenant de l’AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris).

☕️ La distribution Emmabuntüs revient dans une version Debian Edition 6

18 décembre 2025 à 11:05

Emmabuntüs, une distribution spécialisée dans le matériel reconditionné pour lui redonner une seconde vie, a reçu une évolution majeure. Cette Debian Edition 6 est basée sur la version 13.2 de Debian (Trixie) et reçoit en tant que telle toutes les évolutions importantes de cette dernière. La version 5 était basée sur Debian 12.1 à sa sortie.

Sans surprise, la nouvelle édition reste axée sur la légèreté. La session par défaut utilise Xfce 4.20. Pas question de GNOME ou KDE ici, à moins de l’installer spécifiquement. Pour le matériel plus ancien, LXQt 2.1 est également présent, avec une consommation de ressources encore plus réduite. Précisons quand même qu’avec une base Debian 13.2, la nouvelle Emmabuntüs ne peut plus être installée que sur des machines 64 bits. La version 5 reste disponible.

Screenshot

La Debian Edition 6 se concentre largement sur les questions d’accessibilité. De nombreuses options ont été ajoutées, disponibles dans une interface dédiée. On y trouve ainsi le support des synthétiseurs vocaux MBROLA et Piper, la synthèse vocale pendant la navigation, la prise en charge de trois profils Orca, un bip sonore pour l’insertion des clés USB, l’arrivée de LIOS (Linux-Intelligent-OCR-Solution). On trouve aussi de multiples scripts, notamment pour installer Index Braille et Wine, afficher le niveau de batterie de l’ordinateur ou encore pour simplifier les mises à jour du système.

L’ensemble des nouveautés peut être consulté depuis le site officiel. Comme toujours, la nouvelle version est fournie sous forme d’image ISO.

noyb accuse TikTok de récupérer des données venant de Grindr à propos de ses utilisateurs

18 décembre 2025 à 10:33
TikTok tact
noyb accuse TikTok de récupérer des données venant de Grindr à propos de ses utilisateurs

L’association de Max Schrems vient de déposer deux plaintes contre TikTok devant l’autorité de protection autrichienne. Elle accuse notamment le réseau social de récupérer des données de ses utilisateurs venant d’applications extérieures comme Grindr en passant par AppsFlyer, une entreprise de revente de données israélienne.

TikTok accumulerait des données de ses utilisateurs venant d’autres applications et sites. Accompagnant un utilisateur de l’application, noyb a porté plainte, devant l’autorité de protection de données de son pays, la DSB, en accusant TikTok de stocker certaines données qu’il n’a remplies que dans l’application Grindr.

Dans sa plainte [PDF] dans laquelle elle attaque aussi Grindr et l’entreprise israélienne AppsFlyer, l’association autrichienne explique qu’en voulant télécharger les données le concernant stockées par TikTok, l’utilisateur en question a remarqué que l’archive contenait une référence à des données d’activité en dehors de TikTok, alors que la politique de confidentialité ne donne aucune information concernant le stockage de ce genre de données.

Voulant aller plus loin, il a bataillé avec les services de TikTok pour obtenir plus d’informations. Finalement, après plusieurs échanges, l’entreprise lui a fourni deux tableaux contenant des informations sur des données venant d’ailleurs, sans pour autant transmettre les données en question. La plainte explique que ces tableaux contiennent « par exemple […] des informations sur les autres applications utilisées par le plaignant (telles que Grindr), les actions entreprises par le plaignant dans d’autres applications (telles que l’ouverture de l’application ou l’ajout d’un produit au panier), ou si un événement dit de conversion a eu lieu (c’est-à-dire si un utilisateur a effectué l’action souhaitée après l’affichage d’une publicité sur TikTok) ». La plainte insiste sur le fait que les données récoltées sont aussi visibles sur l’application Grindr utilisée par le plaignant.

Grindr et le data broker AppsFlyer aussi visés

Les avocats de noyb et du plaignant accusent donc TikTok d’avoir enfreint le RGPD, et notamment l’article 5(1)(c) qui impose que les données personnelles collectées soit « adéquates, pertinentes et limitées à ce qui est nécessaire au regard des finalités pour lesquelles elles sont traitées ». Mais ils pointent aussi le fait que l’entreprise, en récupérant des données hors TikTok, l’a fait sans aucune base légale. Enfin, ils appuient sur le fait que certaines données venaient de Grindr et concernaient l’orientation sexuelle du plaignant, données particulièrement encadrées par l’article 9 du RGPD.

Pour récupérer ces données, la plainte affirme que « selon les informations fournies, TikTok a probablement obtenu ces informations auprès du courtier en données en ligne « AppsFlyer » ». Cette entreprise israélienne est aussi formellement visée par la plainte de noyb. Elle y est accusée d’avoir transféré à TikTok illégalement les données personnelles de l’utilisateur. Ici aussi la plainte insiste sur le fait que des données protégées par l’article 9 du RGPD sont concernées.

Si les avocats de l’association ne donnent pas d’éléments de preuve dans le document, ils y affirment qu’ « il est factuellement clair que Grindr a partagé les données d’activité du plaignant avec (au moins une) tierce partie (« AppsFlyer »), qui a ensuite partagé ces données (directement ou indirectement) avec TikTok ». Ceci sans que l’utilisateur ne donne son consentement et sans s’appuyer sur aucune autre base légale.

La récupération de données venant de Grindr, « qu’un exemple parmi les plus extrêmes  »

« À l’instar de nombreux de ses homologues américains, TikTok collecte de plus en plus de données provenant d’autres applications et sources », commente Kleanthi Sardeli, avocate spécialisée dans la protection des données chez noyb, dans un communiqué publié sur le site de l’association. « Cela permet à l’application chinoise d’obtenir une image complète de l’activité en ligne des utilisateurs. Le fait que les données provenant d’une autre application aient révélé l’orientation sexuelle et la vie sexuelle de cet utilisateur n’est qu’un exemple parmi les plus extrêmes », ajoute-t-elle.

La deuxième plainte [PDF] de noyb ne concerne que TikTok et découle, de fait, de la première. L’association accuse le réseau social de ne pas partager avec ses utilisateurs toutes les données qu’elle agrège sur eux dans la fonctionnalité de récupération de données personnelles alors que son outil affirme le contraire. Elle lui reproche aussi un manque d’information sur les données partagées à cette occasion.

Next a contacté les trois entreprises dans la matinée. Elles n’avaient pas fourni de réponse à l’heure de publier cet article. Nous actualiserons cette actualité le cas échéant.

☕️ OpenAI dégaine son GPT Image 1.5 pour concurrencer Nano Banana Pro

18 décembre 2025 à 08:03

Le père de ChatGPT vient de lancer la version 1.5 de son générateur d’images, sobrement nommé GPT Image. La version 1.0 avait été lancée en mars dernier, avant que les capacités soient mises à disposition un mois plus tard à travers l’API gpt-image-1.

Entre temps, Google lui a largement volé la vedette. Le lancement de Nano Banana en septembre a montré qu’OpenAI n’était pas le seul acteur à faire de la génération d’images plus convaincantes. Mais l’arrivée de Gemini 3 Pro s’est accompagnée de Nano Banana Pro. Ce modèle a rapidement fait le tour de la planète pour ses capacités de génération d’images, au point que beaucoup ne voyaient plus la différence avec des photos réelles.

OpenAI a donc répliqué avec GPT Image 1.5, qui se présente avec des capacités équivalentes à Nano Banana Pro, mais avec une tarification 20 % moins chère via l’API que l’ancien modèle. Par rapport à ce dernier, OpenAI affirme que la génération peut également prendre jusqu’à quatre fois moins de temps. Dans ChatGPT (web ou application mobile), un nouveau hub (dans la barre latérale) permet de se lancer plus rapidement avec des invites (prompts) prêtes à l’emploi et des filtres.

Nos confrères de MacG ont pris en main le nouveau générateur et l’ont comparé à Nano Banana Pro via quelques tests. Leurs conclusions sont simples : les deux modèles se valent globalement, l’un ou l’autre remportant la manche selon les demandes.

Le nouveau modèle d’OpenAI est en tout cas disponible pour l’ensemble des utilisateurs, aux mêmes conditions que l’ancien modèle.

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