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Fuite de données confirmée chez SFR, liée au raccordement fibre

19 décembre 2025 à 17:34
« Gérer les interventions de raccordement »
Fuite de données confirmée chez SFR, liée au raccordement fibre

SFR alerte depuis mercredi certains de ses clients au sujet d’un accès non autorisé à l’un de ses outils informatiques ayant permis l’export de données personnelles. L’opérateur indique que cet outil est lié aux interventions de raccordement fibre, mais ne précise pas le volume de clients concernés.

Le sujet du mail annonce la couleur : « Information importante concernant vos données personnelles ». Depuis mercredi, l’opérateur SFR informe certains de ses clients d’un accès non autorisé survenu au niveau de l’un de ses systèmes informatiques.

État civil et coordonnées exposés

L’intrusion aurait permis d’accéder aux informations relatives à l’identité du détenteur du compte ainsi qu’à ses coordonnées, sans qu’on sache à ce stade si des données ont été téléchargées :

« Les données personnelles suivantes ont pu être concernées par cet incident : votre nom, prénom, adresse électronique, adresse postale, numéro de téléphone de contact, ainsi que certaines données
d’identification (référence client, identifiant, mot de passe de première connexion au Compte Client généré automatiquement par SFR).
 »

Confirmée mercredi 17 décembre par l’opérateur aux Échos, l’intrusion aurait été circonscrite : « Grâce à la mobilisation rapide de nos équipes internes, l’incident a pu être maîtrisé et rapidement clos ».

Dans son courrier, l’opérateur précise que l’accès non autorisé a concerné un outil « utilisé pour
gérer les interventions de raccordement de nos clients sur le réseau fixe
 ».

Un échantillon intrigant

S’agit-il d’un pot de miel opportuniste destiné à piéger des pirates en herbe ou des conséquences de cette fuite ? Sur le tristement célèbre Breachforums, dont une émanation a repris du service depuis quelques jours, un internaute affirme détenir un fichier de 17,4 millions de lignes émanant de SFR. La présentation qui en est faite liste des variables dont certaines évoquent directement des paramètres liés à une opération de raccordement chez un particulier.

L’auteur affirme avoir décidé de proposer son fichier à la vente faute d’avoir pu négocier les conditions d’une rançon auprès de SFR. L’échantillon mis à disposition, que nous n’avons pas pu directement contrôler, laisse imaginer une extraction issue d’un logiciel métier utilisée par les équipes terrain en charge des raccordements.

Les opérateurs toujours dans le viseur des pirates

SFR avait déjà connu une fin d’année mouvementée sur le plan des données personnelles fin 2024, période où Free avait lui aussi fait l’objet d’un vol à rebondissements. Ce nouvel incident rappelle que les opérateurs constituent des cibles de choix pour les attaquants, du fait de leurs très importants parcs clients. Les acteurs plus confidentiels n’échappent cependant pas à la vague.

D’après nos informations, l’opérateur d’infrastructures Altitude Infra a lui aussi été récemment « victime d’un vol de données sur un extranet permettant d’échanger avec ses clients opérateurs ». L’incident, survenu le 1er décembre dernier, aurait permis d’accéder à des données personnelles de clients finaux.

« Les mesures de sécurité nécessaires pour prévenir tout nouvel accès frauduleux ont été immédiatement mises en place. Altitude Infra a déclaré l’incident à la CNIL, notifié l’ANSSI et porté plainte. Les équipes sont pleinement mobilisées pour accompagner ses clients concernés par ce vol », a déclaré Altitude Infra à Next vendredi.

La justice rejette les demandes de suspension de Shein et Kick formulées par l’État

19 décembre 2025 à 16:04
Bis repetita
La justice rejette les demandes de suspension de Shein et Kick formulées par l’État

Deux dossiers très différents mais une issue commune : le tribunal judiciaire de Paris a rejeté vendredi les demandes de blocage provisoire formulées par l’État. Dans les deux cas, la justice a estimé que la mesure envisagée porterait une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression dans le cas de Kick, et à la liberté d’entreprendre dans l’affaire Shein. L’État interjette appel de ces deux décisions.

Mise à jour, 20 décembre, 13h45 :

Le gouvernement a réagi vendredi en fin d’après-midi à ces deux décisions. Dans un communiqué, diffusé par l’intermédiaire de Bercy, il se dit convaincu du risque systémique du modèle lié à Shein, et annonce qu’il « fera appel de cette décision dans les prochains jours » à la demande du Premier ministre.


Publication initiale, 19 décembre à 17h04 :

La mesure serait « disproportionnée » au regard de ventes problématiques qui restent « ponctuelles » chez Shein et contre lesquelles la plateforme chinoise aurait déjà pris des mesures, a estimé le tribunal judiciaire de Paris.

Suite à une audience organisée le 5 décembre dernier, il a de ce fait rejeté, dans une décision communiquée vendredi à l’AFP et partagée par notre confrère Marc Rees sur LinkedIn, la demande de suspension pour trois mois des activités de Shein en France, réclamée par le gouvernement.

Dans le même temps, il a tout de même fait injonction à Shein de ne pas reprendre la vente de « produits sexuels pouvant caractériser un contenu à caractère pornographique » avant la mise en place d’un dispositif de contrôle de l’âge.

Shein a déjà pris les mesures qui s’imposaient

Rappelons que suite au scandale des poupées enfantines à caractère sexuel référencées sur sa plateforme, Shein a pris la décision, début novembre, de suspendre les activités de sa marketplace en France. « Cette suspension nous permet de renforcer nos mécanismes de responsabilité et de garantir que chaque produit proposé respecte nos standards et nos obligations légales », avait déclaré un porte-parole.

Le géant chinois argue par ailleurs qu’il n’a pas vendu directement les produits concernés, puisque ces derniers passaient par sa place de marché, et qu’il est directement intervenu dès que le problème lui a été signalé.

Shein a suspendu sa marketplace en France

Une défense jugée un peu légère par l’État français, qui a donc lancé plusieurs offensives, notamment judiciaires, à l’encontre de Shein. « Au regard des risques systémiques du fonctionnement et du modèle de Shein, l’État confirme sa demande de blocage du site pour une durée de 3 mois, ou a minima le maintien de la suspension de sa marketplace », résumait-il le 5 décembre dernier suite à l’audience.

Le ministère public avait de son côté prévenu fin novembre que la suspension pour trois mois risquait d’être considérée comme une mesure disproportionnée si aucune preuve de nouveau manquement n’était apportée.

Un avis suivi par la cour. Dans sa décision, le juge estime en effet que le blocage « porterait une atteinte injustifiée au droit à la liberté d’entreprendre », dans la mesure où « seuls certains produits de la marketplace » ont été identifiés comme illicites, sur un catalogue de plusieurs centaines de milliers d’articles.

« Si l’État français soutient que la mise en vente de ces produits est révélatrice d’un défaut systémique de contrôle, de surveillance et de régulation des produits proposés à la vente sur la plateforme, il échoue à en rapporter la preuve », note le tribunal.

Il profite enfin de sa décision pour affirmer, comme l’a souligné l’avocat Alexandre Archambault, que l’État fait fausse route en saisissant le tribunal judiciaire sur le fondement de la LCEN française, alors qu’il cherche à faire sanctionner de supposés manquements au DSA européen.

Kick maintenu, mais la chaîne de Jean Pormanove reste suspendue

Également diffusée par Marc Rees, la décision relative à la plateforme de streaming Kick suit sans surprise une logique similaire, même si cette fois c’est l’absence de modération de contenus considérés comme illicites qui est dénoncée.

Faute de preuve relative à de nouveaux manquements et compte tenu des mesures mises en place par la plateforme australienne, le tribunal rejette la demande principale de suspension de l’accès à Kick en France :

« Il n’est pas démontré que la plateforme opérée par la société Kick, qui n’est pas elle-même éditrice ou créatrice des contenus, serait dans son ensemble, par sa structure même et sa ligne éditoriale, porteuse, de manière systémique, de contenus dommageables ».

La donne est en revanche différente concernant le retour en ligne du canal par lequel diffusait le streamer décédé. « S’agissant de la salle officielle « Jean Pormanove », les éléments déjà énoncés quant aux contenus qui y ont été diffusés démontrent un dommage grave, qui serait nécessairement réactivé, si la réouverture de la salle permettait la rediffusion des anciens contenus », estime la cour.

La justice s’est en revanche prononcée ce même jour en faveur du blocage dans le cas du site Watchpeopledie.

☕️ Le ministère des Sports confirme une fuite de données concernant 3,5 millions de foyers

19 décembre 2025 à 14:32

Le Ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative a reconnu vendredi avoir été victime d’une exfiltration de données au niveau de l’un de ses systèmes d’information.

« Dès la détection de l’incident, les équipes techniques spécialisées du ministère ont été mobilisées afin de vérifier la nature et l’ampleur des données concernées, et de mettre en œuvre les mesures de sécurité adaptées pour faire cesser toute fuite de données », assure l’institution, avant de préciser qu’elle remplira ses obligations réglementaires de signalement et de dépôt de plainte.

En attendant, « un travail est en cours afin d’informer, dans les meilleurs délais, les 3,5 millions de foyers concernés, et de leur partager les recommandations et consignes de sécurité à suivre », indique le ministère. S’il confirme le nombre de comptes exposés, il ne donne à ce stade aucune précision quant à la nature des données personnelles enregistrées dans le système concerné.

Cette reconnaissance de compromission constitue, quoi qu’il en soit, un nouveau rebondissement dans l’imbroglio qui se joue depuis quelques jours, entre pirates supposés et institutions publiques.

Communiqué de presse du ministère des Sports, daté du 19 décembre

Comme nous le rapportions jeudi, un internaute surnommé Indra a affirmé mercredi disposer d’un fichier de 22 millions de lignes issu de la compromission d’une base de données associée à la Caisse d’allocations familiales, la CAF.

La CAF s’est elle aussi exprimée jeudi dans la journée, pour récuser toute intrusion dans ses systèmes.

« Les éléments diffusés par les pirates informatiques semblent provenir du système d’information d’autres services publics avec lesquels la Cnaf échange des données pour l’attribution de prestations ou services conditionnés par nos informations. Ces transmissions sont strictement encadrées par la loi et aucune atteinte technique à nos flux d’information n’a été constatée. »

Sur X, un commentateur de la scène cybersécurité, Christophe Boutry, s’était alors étonné de la nature du fichier présenté, et livrait une proposition d’analyse : le fichier aurait selon lui combiné quatre ans d’historiques, pendant lesquelles un même compte aurait pu faire l’objet d’enregistrements multiples.

Après déduplication, il suggérait que la base devait en réalité contenir 3,5 millions d’identifiants uniques, émanant de trois bases distinctes : la CAF, mais aussi la MSA (mutualité sociale agricole) et le CNOUS (Centre national des œuvres universitaires et scolaires, action sociale étudiante). « Seul le dispositif Pass’Sport croise ces trois bases. De plus, chaque ligne possède un ID spécifique id_psp », estimait-il alors.

L’analyse et le volume évoqué, 3,5 millions de comptes, confèrent à cette hypothèse un caractère plausible, même si le scénario n’est pas confirmé à ce stade.

Le dispositif Pass’Sport « a permis à plus de 5,2 millions de jeunes de bénéficier d’un soutien financier pour accéder à une activité sportive encadrée » d’après le ministère des Sports.

☕️ La justice ordonne le blocage de WatchPeopleDie par les principaux FAI français

19 décembre 2025 à 14:15

Suite à une demande de l’Arcom faite en novembre dernier, la justice a ordonné aux principaux fournisseurs d’accès internet Orange, Free, Free Mobile, SFR, SFR Fibre et Bouygues Télécom de bloquer le site montrant des vidéos horribles de personnes en train de mourir dans diverses situations.

L’Informé avait révélé le signalement par l’autorité administrative au tribunal judiciaire de Paris, expliquant que « la ligne éditoriale de la plateforme est entièrement dédiée à publication de contenus illicites, violents et attentatoires à la dignité humaine ».

Le tribunal a pris sa décision ce jeudi 18 décembre, selon l’AFP qui a pu consulter le jugement. Le tribunal demande aux FAI de « mettre en œuvre, ou de faire mettre en œuvre, toutes mesures les plus adaptées et les plus efficaces propres à empêcher l’accès, à partir du territoire français et par leurs abonnés situés sur ce territoire » au site et ses miroirs sous quinze jours.

Comme l’expliquait L’Informé, l’Arcom s’appuyait sur l’article 6 - 3 de la loi sur la confiance dans l’économie numérique (LCEN), selon lequel « le président du tribunal judiciaire, statuant selon la procédure accélérée au fond, peut prescrire à toute personne susceptible d’y contribuer toutes les mesures propres à prévenir un dommage ou à faire cesser un dommage occasionné par le contenu d’un service de communication au public en ligne ».

Dans son ordonnance, que notre confrère Marc Rees a partagée sur LinkedIn, la juridiction relève que ce site, « non seulement n’est porteur d’aucune information, opinion ou idée (…) mais est à l’inverse entièrement dédié à la diffusion d’images extrêmement violentes, attentatoires à la dignité humaine et susceptibles de toucher et choquer un jeune public et d’avoir sur lui une influence néfaste ».

Non content de ne pas avoir de mentions légales, Watchpeopledie n’a en outre « jamais répondu aux demandes de retrait présentées par les autorités françaises », en particulier l’office anti-cybercriminalité de la direction générale de la police nationale (OFAC), relève Marc Rees.

Il souligne que le blocage du site « devra perdurer tant que durera la diffusion des contenus illicites », mais qu’il pourra être levé en cas de « cessation du dommage, disparition du site ou de désactivation du nom de domaine ».

 [Offert] On analyse les 10 millions de noms de domaines en .fr

19 décembre 2025 à 14:00
Il restait un domaine avec un caractère, je l’ai acheté !
 [Offert] On analyse les 10 millions de noms de domaines en .fr

Depuis les débuts du .fr, près de 10 millions de noms de domaine ont été enregistrés. Nous les avons analysés afin d’en ressortir des statistiques (longueur, fréquence, récurrence, etc). Saviez-vous qu’il reste des milliers de noms de domaine disponibles avec deux caractères ? Quel était le premier nom avec 63 caractères ? Qu’il existe un site du « ministère de l’exploration urbaine » ?

Pour les fêtes de fin d’année, Next vous offre cet article initialement paru le 9 septembre 2025 et réservé aux abonnés. Pour lire les prochains entretiens dès leur publication, abonnez-vous !


L’Afnic (Association en charge des noms de domaines de la France) propose de nombreuses informations en open data, dont la liste de l’ensemble des noms de domaines en .fr existants ou ayant un jour existé, qu’ils aient duré moins d’une journée ou plusieurs décennies.

Ni une ni deux, nous téléchargeons l’archive d’un peu plus de 100 Mo, contenant un fichier CSV de près de 650 Mo une fois décompressé. Il contient près de 10 millions de noms de domaines (9 312 276 précisément).

Pour commencer, quelques statistiques. Un peu plus de 5 millions (53,7 %) ont une date de retrait dans le Whois, cela signifie qu’ils ne sont aujourd’hui plus actifs. Il reste donc pas moins de 4,3 millions de noms de domaines .fr valides.

30 ans d’historique du .fr

Attention, cela ne signifie pas qu’ils ont un site associé ni qu’ils répondent, ils appartiennent a priori à quelqu’un pour le moment, rien de plus. Le fichier débute au 31 décembre 1994 avec 343 créations ; ils n’ont pas tous été créés à cette date, mais sont tous datés du 31 décembre 1994.

En l’espace de 30 ans, la moyenne des créations des noms de domaine est d’un peu moins de 1 000 par jour, un chiffre qui double quasiment si on ne prend en compte que les dix dernières années. En 2024, la moyenne était de 2 150 domaines par jour, contre 2 300 pour la première moitié de 2025.

Cela ne surprendra personne, mais il y a environ deux fois plus de demandes les jours de semaine (avec une petite baisse de régime le vendredi) que les samedis et dimanches. Août est le pire mois de l’année en nombre d’enregistrements, suivi par juillet et décembre.

Le Top 3 des jours les plus productifs est le suivant : 7 mars 2012 avec 5 021 créations, 29 mars 2011 (4 628) et 18 mai 2004 (4 479). Cette date (qui a désormais plus de 20 ans) ne doit rien au hasard : « À partir du 11 mai 2004, toutes les personnes identifiables en ligne sur des bases de données publiques et nationales (entreprises, artisans, associations immatriculées à l’INSEE, détenteurs de marques…), pourront obtenir le nom de domaine qu’elles souhaitent sans que ce dernier figure sur quelque document que ce soit », expliquait l’Afnic.

Limites de l’open data, précisions de l’Afnic sur les données

Notre première analyse a consisté à vérifier si nous retrouvions les mêmes données que l’Afnic sur le nombre de domaines créés chaque année. Surprise, ce n’est pas la même chose, et pas à quelques (dizaines voire centaines de) domaines près. Un petit écart pourrait être laissé de côté, mais là c’est important et mérite un éclaircissement.

L’Afnic annonce par exemple plus de 802 000 créations en 2024, contre près de 790 000 dans le fichier, soit un écart d’un peu plus de 10 000 noms de domaines tout de même. Interrogée par Next, il y a quelque temps, l’Association nous expliquait avoir « déjà identifié l’origine de la différence. Cela concerne les noms déposés et supprimés dans les cinq jours ».

L’Association nous confirme que les créations sont bien au nombre de 802 000, « mais sur l’année, environ 10 000 noms ont été supprimés dans la période de cinq jours, permettant au bureau d’enregistrement de ne pas être facturé ». Dans ce genre de cas, les noms n’apparaissent pas dans les données en open data, bien qu’ils aient été comptabilisés dans les créations.

Nous notons également des différences entre les retraits du Whois des données en open data et celles publiées dans des communiqués. Pour l’Afnic, « les retraits ou suppressions figurant dans l’open data sont vraisemblablement ceux qui ont donné lieu à un ticket suppression. Les autres (abandon « tacite » par non-renouvellement) n’ayant pas fait l’objet de tickets, ne sont pas dans l’Opendata ».

Des écarts existent donc bien entre les données publiées par l’Afnic et celles proposées en open data, mais sont inhérents à la manière dont le fichier est constitué. Rien d’alarmant pour autant, ou qui nous empêche de réaliser une analyse sur des millions de noms de domaines.

Vous pouvez également remarquer qu’il n’y a aucune information sur des suppressions avant 2014. C’est normal : « Le suivi « fin » des suppressions a été mis en place fin 2013 quand nous avons monté notre premier système de BI [business intelligence, NDR]. Ces résultats ont pu être intégrés en 2014 dans l’open data », nous précise là encore l’Afnic.

Dernier point, qu’en est-il des noms de domaines qui ont changé de registrar au cours de leur vie, sans avoir été abandonnés entre temps ? Nous avons testé sur quelques domaines en .fr. La date de création reste bien celle signalée par le premier registrar lors de l’enregistrement initial, mais le nom du bureau d’enregistrement est mis à jour dans le fichier open data (sans toucher la date).

Maintenant que le décor est planté, passons à quelques statistiques. Sans surprise, la durée de vie la plus courte pour un nom de domaine est de… 0 jour. Pour les plus longs, elle dépasse les 30 ans. Sur les domaines sans date de fin dans le Whois, la moyenne de la durée de vie est de 6,5 ans, sachant que cela comprend aussi des domaines créés récemment, donc avec une durée pour le moment courte.

  • de 0 à 1 an : 838 649 domaines (709 821 sans date de fin, 128 828 avec une date de fin)
  • 1 à 2 ans : 2 412 353 domaines (558 101 sans date de fin, 1 854 252 avec une date de fin)
  • 2 à 5 ans : 2 801 662 domaines (1 046 412 sans date de fin, 1 755 250 avec une date de fin)
  • 5 à 10 ans : 1 871 426 domaines (942 592 sans date de fin, 928 834 avec une date de fin)
  • 10 à 15 ans : 843 942 domaines (569 560 sans date de fin, 274 382 avec une date de fin)
  • 15 à 20 ans : 406 696 domaines (354 831 sans date de fin, 51 865 avec une date de fin)
  • Plus de 20 ans : 137 548 domaines (129 564 sans date de fin, 7 984 avec une date de fin)

Sur les 343 domaines de 1994 (première date dans le fichier, impossible d’en savoir plus), 330 n’ont toujours pas de date de fin à l’heure actuelle, ils fêtent donc leur 30 ans. Renater est largement présent avec déjà 41 domaines en « univ- », 7 en « cnrs », etc. On retrouve évidemment de grands groupes et institutions comme airliquide.fr, bipm.fr, bnf.fr, bpi.fr, cea.fr, cnes.fr, dassault-systemes.fr, renault.fr, mais aussi des plus génériques comme geometre-expert.fr, cosytec.fr.

13,6 caractères en moyenne sur l’ensemble des .fr

Nous nous demandons ensuite comment se répartissent les noms de domaine en fonction de leur longueur. Sur les 9,3 millions, ils sont 108 à atteindre la taille maximale de 63 caractères, dont 15 sans date de fin dans le Whois. On reste dans la centaine pour 58 caractères et plus. La moyenne sur les près de 10 millions est de 13,6 caractères, tandis que la médiane est à 13 caractères.

Voici un résumé :

  • 1 à 5 caractères : 400 194 domaines
  • 6 à 10 caractères : 2 778 294 domaines
  • 11 à 15 caractères : 3 167 990 domaines
  • 16 à 20 caractères : 1 832 866 domaines
  • 21 à 30 caractères : 997 973 domaines
  • 30 et plus caractères : 134 960 domaines

Nous en profitons au passage pour étudier les domaines en fonctions de la présence de certains éléments, comme des chiffres, un tiret ou des caractères spéciaux :

  • Domaines avec chiffres : 656 208
  • Domaines avec tirets : 3 535 000
  • Domaines avec uniquement des lettres : 5 273 240
  • Domaines avec uniquement des chiffres : 7 549
  • Domaines avec des caractères spéciaux : 103 042

Nous avons ensuite regardé l’évolution du nombre de caractères dans les noms de domaines en .fr en fonction de l’année. Aux débuts du web, avant les années 2000, la moyenne était sous les 10 caractères et la médiane à 7/8 caractères. Au fils des années, la moyenne a augmenté pour atteindre son maximum dans les années 2011 à 2016 avec plus de 14 caractères. Depuis, c’est en légère baisse avec 13 caractères tout pile en 2025.

Que se passe-t-il avec les nom de domaines de 55 caractères ?

Actuellement, la grande majorité des noms de domaines encore actifs ont entre 7 et 15 caractères.

Le tableau de variation permet de soulever une petite anomalie dans la répartition : 412 domaines encore en service ont 55 caractères très exactement, alors qu’ils sont respectivement 181 et 47 avec 54 et 56 caractères. L’explication n’est pas à chercher bien loin.

Sur les 412 noms de domaine de 55 caractères, 384 sont sous cette forme : devis-installation-depannage-remplacement-chaudiere-xxx.fr avec trois chiffres (entre 100 et 514) à la place des xxx, et 21 domaines sous la forme devis-installation-depannage-remplacement-chauffeeau-xx avec des chiffres de 10 à 30. Ces domaines sont encore actifs aujourd’hui. Cela suffit à fausser les statistiques puisqu’on est généralement à moins de 200 noms de domaines sans date de fin à partir de 50 caractères.

Premier domaine à 63 caractères en 2009

Petit rappel des règles de l’Afnic : « Un nombre minimum et un nombre maximum de caractère(s) sont à respecter : 1 caractère minimum pour les noms de domaine en .fr et 3 caractères minimum pour les noms de domaine ultramarins (.re, .tf, .pm, .wf et .yt). Pour les .fr comme pour les ultramarins, la longueur maximum est de 63 caractères ».

Autre précision : les noms de domaine sous les zones .tm.fr, .asso.fr, .asso.re, .com.fr et .com.re sont fermés à l’enregistrement depuis le 15 mars 2013, mais sont maintenus en place pour les existants. De plus, certains domaines à deux caractères ne peuvent faire l’objet d’un enregistrement : « les noms de domaine suivants : fr.fr, re.fr, pm.fr, yt.fr, tf.fr, wf.fr, nc.fr, pf.fr, mf.fr, bl.fr, gp.fr, mq.fr, gf.fr, co.fr et nh.fr ainsi que leurs versions IDN », détaille l’Afnic.

Le premier nom de domaine à un seul caractère a été enregistré en 1997 (o.tm.fr), tandis que le plus long (63 caractères) date de 2009 avec portail-automatique-motorisation-amiens-picardie-key-automation.fr. Rien d’exceptionnel et aucune originalité… nous sommes presque déçus.

Aurons-nous plus de chance avec le premier domaine à 42 caractères (un geek y a-t-il pensé avant les autres) ? Même pas… puisqu’il s’agit de credit-agricole-maitrise-douvrage-deleguee.fr.

Heureusement, des noms plus originaux sont arrivés par la suite, notamment mondomaine-super-long-car-je-veux-avoir-le-domaine-le-plus-long.fr ou cestimpossiblequejemesouviennedecetteadresseinternetaussilongue.fr… Mais c’est une autre histoire que nous raconterons prochainement dans la suite de notre dossier.

Voici la liste des premiers noms de domaine de chaque longueur (après 2000) et leur date de création.

66 domaines avec un seul caractère

À l’extrême opposé des noms les plus longs, une soixantaine de noms de domaines ne contiennent qu’une seule lettre. Bien évidemment, tout l’alphabet (y compris en version internationale, alias IDN), avec ou sans accent, y passe. Cela correspond, depuis 2012, aux caractères suivants : a, à, á, â, ã, ä, å, æ, b, c, ç, d, e, è, é, ê, ë, f, g, h, i, ì, í, î, ï, j, k, l, m, n, ñ, o, ò, ó, ô, õ, ö, œ, p, q, r, s, t, u, ù, ú, û, ü, v, w, x, y, ý, ÿ, z, ß, 0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9.

Ne cherchez pas un nom de domaine avec un seul caractère ASCII (a à z, 0 à 9) libre ; il n‘y en a plus aucun de disponible. Si on passe aux caractères IDN (66 caractères possibles, contre 36 en ASCII), il en reste un seul avec un caractère (il a été libéré en mai 2023, après une création en mars 2020).

Donc, oui, a.fr, å.fr, ç.fr, ß.fr, é.fr et autres 0.fr sont déjà pris. Seule exception au moment d’écrire cette actu : ý.fr. Du moins il l’était… nous n’avons pas résisté et avons passé commande. Notez pour la petite histoire que ce nom de domaine est soumis à examen préalable. Pour le moment, notre commande n’est toujours pas validée par l’Afnic.

Des milliers de disponibles avec 2 caractères

Passons maintenant à deux caractères. Les portes de la création sont grandes ouvertes avec près de 3 000 domaines disponibles : aà, aá, aâ, aã, etc. Ne comptez par contre pas trouver une combinaison trop évidente comme ab.fr ou 12.fr.

Au total, 4 356 combinaisons existent avec deux caractères, 287 496 avec trois, près de 19 millions avec quatre, plus de 1,2 milliard avec cinq caractères, etc. Il y a de la marge ! Avec trois caractères en ASCII uniquement (sans les caractères spéciaux donc), il y a 46 656 possibilités, 1,6 million avec quatre, plus de 60 millions avec cinq, etc.

Voici quelques exemples de noms de domaine avec deux caractères qui ont un jour été enregistrés, mais qui sont désormais libérés : àà.fr, àç.fr, àf.fr, àt.fr, ââ.fr, ää.fr, åå.fr, ææ.fr, bâ.fr… Ceux-ci sont actuellement pris : çç.fr, aa.fr, bb.fr, ôs.fr, œœ.fr… Enfin ces derniers apparaissent totalement libres (et jamais enregistrés) : àæ.fr, âœ.fr, ïá.fr, 9ß.fr…

Les mots et combinaisons les plus fréquents

Passons maintenant à un top maison des mots que l’on retrouve dans des noms de domaine. « France » est présent dans plus de 100 000 d’entre eux, contre 95 000 pour « Paris ». Voici le Top 10 des villes :

  1. Paris : 95 427
  2. Lyon : 24 397
  3. Bordeaux : 13 809
  4. Marseille : 13 264
  5. Toulouse : 12 847
  6. Nice : 12 107
  7. Nantes : 9 555
  8. Lille : 9 469
  9. Montpellier : 8 139
  10. Rennes : 6 201

Le mot « service » est présent dans plus de 73 000 noms de domaines. Maison et sport sont à plus de 50 000. Conseil, formation et avocat sont aussi bien présents avec plus de 40 000 résultats. Immobilier et ville sont à plus de 35 000, hotel à 31 000, pharmacie à 27 000, media et consulting à 25 000, pizza à 19 000, etc. Rien de vraiment surprenant en soi.

En fouillant un peu, on retrouve aussi des patterns bien plus spécifiques, comme installation-depannage-remplacement qui est présent 514 fois. De manière générale, les métiers comme plombier (22 500), serrurier (18 000), électriciens (11 000) et chauffagiste (6 000) sont bien présents.

Voici le Top 20 des métiers :

  1. electricien : 23 318
  2. plombier : 22 503
  3. serrurier : 17 820
  4. macon : 11 939
  5. couvreur : 8 407
  6. vitrier : 7 227
  7. chauffagiste : 6 378
  8. boucher : 5 779
  9. boulanger : 5 321
  10. peintre : 3 888
  11. fleuriste : 3 712
  12. coiffeur : 3 514
  13. jardinier : 2 532
  14. menuisier : 2 025
  15. demenageur : 1 674
  16. plaquiste : 1 600
  17. fromager : 1 494
  18. ebeniste : 1 414
  19. charpentier : 1 108
  20. carreleur : 943

Tout ce qui est service remonte aussi dans les résultats : 21 000 pour renovation , 12 000 pour depannage (et aussi 51 pour « depanage » avec un seul n), 4 000 pour terrassement et pompes-funebres. D’autres sont plus opportunistes comme les 273 punaisesdelit (172 punaises-de-lit), 90 intelligence-artificielle et 49 intelligenceartificielle. Pour une fois, l’IA n’est pas au top de la hype !

Niveau voiture, renault (2 820) arrive en tête devant peugeot (1 726). Citons également tesla (1 163, mais attention certains noms de domaines sont aussi le début de t’es la -> t es la -> tesla), bmw (1 119), mercedes (769) et dacia (607). Il y a des amateurs de littérature dans le tas, avec 50nuancesdeteintesrenault.fr

Quelques dernières séries pour la route : mariage (11 566), manger (1 458), caca (1 053), divorce (882), puzzle (782), police (674), windows (555), Microsoft (389), outlook (102), password (103) et motdepasse (42). On ne passera pas à côté : sex est présent dans 15 825 domaines, porn dans 3 987, sexe dans 3 721, porno dans 1 636, etc.

Voici notre Top 20 des mots qui reviennent le plus souvent dans les noms de domaines :

  1. france : 109 290
  2. paris : 95 427
  3. service : 73 793
  4. entre : 57 469
  5. maison : 55 754
  6. sport : 52 919
  7. group : 52 674
  8. saint : 52 499
  9. conseil : 46 445
  10. atelier : 43 347
  11. formation : 43 262
  12. photo : 42 305
  13. avocat : 40 115
  14. immobilier : 39 446
  15. serie : 36 070
  16. ville : 35 908
  17. studio : 35 698
  18. design : 35 654
  19. restaurant : 32 876
  20. groupe : 31 778

Politique, guerre, Covid, ChatGPT…

Le 21 mars 2018, quelques mois avant l’annonce officielle du nouveau parti, plus de 200 noms de domaines contenant rassemblementnational ou rassemblement-national ont été créés, notamment rassemblementnationalxx avec xx de 01 à 95.

Deux ans plus tard, le covid a aussi fait exploser les compteurs avec pas moins de 721 domaines contenant covid19 et 172 avec covid-19. Près de 600 et 150 respectivement ont une date de fin dans le Whois.

Certains sont allés loin : panneau-information-entreprise-covid-19.fr, fr-precautionslutte-againstcovid-19.fr, covid-19game.fr, covid19-medecinechinoise-france.fr, covid19-chloroquine.fr (durée de vie : moins de trois mois), wastewatersurveillanceduringthecovid19pandemic.fr. Juste avec covid, on dépasse les 2 600… dont près de 2 200 ont désormais une date de fin dans le Whois.

La guerre en Ukraine aussi a été l’occasion de nombreuses créations. Il y a 274 domaines dans le fichier de l’Afnic, dont 176 avec une date de fin. Certains datent d’avant l’invasion par la Russie, mais la grande majorité a été créée en 2022 ou après.

Un dernier pour la route : ChatGPT. L’IA générative d’OpenAI a inspiré les internautes avec pas moins de 266 noms de domaine… dont 149 avec une date de fin dans Whois. Dans les créations, nous avons des noms comme chatgptjo2024.fr, formationingenieurpromptchatgpt.fr, chatgpt-hacked.fr, chatgptimmobilier.fr et même un chatgpt-sex qui est encore actif et propose des discussions coquines… qui tournent trèsvites à des discussions tarifées.

Préfixes et suffixes en www, https, -gouv, -fr…

Les noms de domaines commençant par « www » sont aussi très nombreux, avec plus de 2 200 résultats. Certaines sociétés présentes en ligne réservent aussi la version wwwdomaine.fr de leur domaine.fr pour éviter un typosquatting.

C’est par exemple le cas d‘Yves Rocher et des 3Suisses. Mais attention, cela peut aussi être des tentatives de phishing (un site en wwwdomaine.fr se faisant passer pour www.domaine.fr), prudence ! On ne peut d’ailleurs que vous conseiller d’installer notre extension, qui intègre la liste de Red Flag Domains.

Il y a également 426 noms de domaine débutant par HTTP, dont 176 en HTTPS, 15 en HTTPSWWW et 9 HTTPWWW. La plupart ne sont plus actifs. Erreur, volonté de réserver toutes les variations ou tentative d’arnaques, toutes les options sont malheureusement sur la table.

Voici quelques exemples :

  • httpswwwcritair-officiel1
  • httpswwwfacebookcomphotophpfbid500865513307069seta13744355
  • httpswww-sophrologue-betty.fr
  • httpauto-ecole-coubertin
  • httpcatherine-lechien-cotrel-gestalt
  • httpcodeoups
  • www-amazon
  • wwwapple

Ministère de l’exploration urbaine en « -gouv.fr »

Nous tombons aussi sur un nom de domaine pour le moins surprenant : urbex-gouv.fr. Un ministère de l’exploration urbaine ? Oui, mais certainement pas un établissement public officiel.

Pourtant, les noms de domaines en -gouv.fr sont réglementés depuis la charte de nommage du 15 septembre 2021. L’Afnic nous explique ce qu’il en est : « Effectivement, la nouvelle règle concernant les noms de domaine en « -gouv.fr » n’a pas d’effet rétroactif, l’interdiction ne concerne que les nouvelles créations ».

Les noms de domaines en -gouv peuvent aussi faire l’objet de « contournements ». Un exemple avec antai-gouv-fr[.]fr, créé en 2023 est relativement proche du vrai antai.gouv.fr. Il appartient à la société Hucy, qui se présente comme proposant de la sensibilisation et formation en cybersécurité. Actuellement, le domaine renvoi vers une page « site en construction ». On se souvient aussi du qouv.fr.

Il n’y a pas que le .fr dans la vie (et les tentatives d’arnaques)

Attention, les .fr ne sont pas les seuls domaines concernés. Nicolas Pawlak de Red Flag Domain le rappelait en août avec la création de rentre-gouv.com. Le site propose « la vente de kits scolaires soit-disant déductibles des impôts à hauteur de 80 %, et même 100 % pour les boursiers, via France Connect ! La plate-forme se présente comme validée par l’Éducation Nationale, avec livraison à domicile ou dans la mairie de son choix… le tout, à grand renfort d’IA, y compris pour le faux sujet du 20H de TF1 au ton particulièrement promotionnel. Évidemment, le RNA de l’association éditrice du site n’existe même pas… ».

Le domaine était enregistré sur LWS, qui a « engagé la procédure de suspension du nom de domaine concerné » suite au signalement. L’hébergeur rappelle qu’il a « mis en place des bannissements automatiques pour certains mots-clés sensibles et un système d’alerte avec surveillance manuelle pour d’autres ». Dans ce cas, « aucun contenu frauduleux n’était présent » lors de la vérification, mais le domaine est resté « sous surveillance renforcée et, dès qu’une activité illicite a été constatée, le service a été immédiatement suspendu ».

Consultez aussi la deuxième partie de notre dossier :

☕️ Firefox aura un « kill switch » pour ses fonctions IA

19 décembre 2025 à 11:18

L’arrivée du nouveau CEO de Mozilla, Anthony Enzor-DeMeo, ne s’est pas faite dans le calme. Les premières déclarations du nouveau patron ont confirmé que Firefox allait se plonger dans l’IA. Il a insisté également sur la confiance, affirmant que Mozilla devait devenir une référence dans ce domaine. Ce qui impliquait un travail sur l’IA en accord avec le Manifeste de la fondation.

Rapidement, des conversations enflammées sont apparues : Firefox allait-il perdre son âme ? La concentration sur l’IA allait-elle la rendre inévitable ? Dans quelle mesure le navigateur allait-il changer ? Des débats parfois houleux, avec de nombreuses déclarations d’intentions : il allait falloir se débarrasser de Firefox, qui avait succombé à la nouvelle mode.

La situation a assez chauffé pour que Mozilla prenne la parole, via Jake Archibald, l’un des développeurs du navigateur. Sur Mastodon, il pointe « quelque chose qui n’a pas été clairement expliqué : Firefox aura une option pour désactiver complètement toutes les fonctionnalités d’IA. Nous l’appelons en interne le kill switch de l’IA. Je suis sûr qu’il sortira avec un nom moins meurtrier, mais c’est dire à quel point nous prenons cela au sérieux ».

Pour rappel, un « kill switch » est un dispositif d’arrêt d’urgence permettant de couper sans délai une fonction ou un service. Le terme renvoie souvent au caractère absolu et arbitraire de l’action. Apple et Google disposent par exemple d’un « kill switch » pour leurs boutiques respectives. Il permet de couper rapidement la distribution d’une application et d’exécuter un ordre de suppression sur les terminaux.

Jack Archibald a également précisé que les fonctions IA seraient en « opt-in ». Il estime que le terme tombe parfois dans des « zones grises » car il peut revêtir un sens différent selon les personnes. « Par exemple, un nouveau bouton sur une barre d’outils est-il opt-in ? », demande-t-il.

Bien que le message se soit voulu rassurant, il a été immédiatement suivi de nouveaux débats.

S3NS obtient la qualification SecNumCloud par l’ANSSI

19 décembre 2025 à 10:53
First !
S3NS obtient la qualification SecNumCloud par l’ANSSI

C’est fait : la coentreprise S3NS, créée par Thales et Google, vient d’obtenir la qualification SecNumCloud 3.2 pour l’ensemble de son offre PREMI3NS, dédiée au cloud de confiance. Une étape marquante, que le concurrent Bleu devrait atteindre très bientôt aussi.

S3NS est une coentreprise créée en 2022 par Thales et Google. Son objectif est simple : proposer du cloud Google dans une offre « cloud de confiance » avec des arguments forts de souveraineté. La question de l’extraterritorialité revenait régulièrement sur la table : si S3NS utilise les technologies de Google, les produits proposés par la coentreprise seront-ils soumis au Cloud Act ?

La réponse vient d’arriver sous la forme d’une qualification SecNumCloud 3.2 par l’ANSSI. Une annonce majeure, qui fait de S3NS la première structure hybride de ce type à recevoir le précieux label, presque 18 mois après la validation du premier jalon du processus. Ce n’est pas une surprise puisque Vincent Strubel avait quasiment vendu la mèche en juin dernier lors d’une audition au Sénat.

« Nouvelles perspectives »

L’ANSSI a validé l’intégralité de la plateforme de l’offre PREMI3NS, dédiée au cloud de confiance. Celle-ci est disponible depuis plusieurs mois via un programme « early adopters ». Selon S3NS, une trentaine de clients l’utilisent déjà. Elle dit également accompagner des entreprises dans leur migration vers le « cloud de confiance », dont les assurances MGEN, Matmut et AGPM, ainsi que des sociétés comme le Club Med, Qonto ou même Thales elle-même. S3NS ajoute qu’EDF a choisi aussi ses services, mais la coentreprise n’est pas la seule : Bleu a également été sélectionnée.

Crédits : S3NS

L’arrivée de la qualification SecNumCloud est dans tous les cas une étape majeure, dûment célébrée par S3NS. « L’obtention du Visa de sécurité ANSSI pour la qualification SecNumCloud 3.2 marque l’aboutissement d’une collaboration unique entre deux leaders du cloud et de la cyber, et ouvre de nouvelles perspectives pour l’ensemble du marché français et européen. Ce cloud qualifié SecNumCloud 3.2 propose une offre de services équivalente à celle des clouds publics les plus avancés. PREMI3NS permettra ainsi à ses clients d’innover, d’optimiser, de se transformer en toute confiance et sécurité sur leurs périmètres sensibles. Le groupe Thales a d’ailleurs choisi S3NS pour son informatique interne et pour son ingénierie sensible », a déclaré Christophe Salomon, directeur général adjoint de Thales.

S3NS se retrouve ainsi dans une position unique (pour l’instant) : c’est la première coentreprise hybride de ce type à recevoir cette qualification. Celle-ci est lourde de sens, puisque parmi son millier de points de contrôle, l’imperméabilité à l’extraterritorialité des lois étrangères (au sens extra-européen) est un prérequis. Conséquence, l’ANSSI valide ce point pour PREMI3NS : l’offre n’est pas concernée par le Cloud Act, entre autres lois étrangères problématiques pour l’Europe. En outre, la qualification s’applique à l’ensemble du périmètre fonctionnel de l’offre, donc ses composantes IaaS (Infrastructure-as-a-Service), CaaS (Containers as a Service) et PaaS (Platform-as-a-Service).

S3NS rappelle fièrement que le « référentiel SecNumCloud est le standard le plus exigeant en Europe en matière de sécurité du cloud ». La version 3.2 du référentiel servait d’ailleurs de base au niveau High+ d’EUCS, la directive qui devait aboutir au classement des offres cloud par niveaux de sécurité. Cette version a été abandonnée, sous l’influence notamment de l’Allemagne, au grand dam de la France.

Une offre plus large en 2026

À l’Usine Digitale, plusieurs responsables ont confirmé un plan de bataille pour 2026, largement tourné vers l’ajout de fonctions. L’offre PREMI3NS propose en effet une bonne partie des services disponibles sur Google Cloud Platform, mais pas tous. Il manque en outre de nombreux produits liés à l’IA.

La coentreprise a ainsi déclaré à nos confrères qu’elle comptait doubler son catalogue de fonctions l’année prochaine. Vertex AI est décrit comme une priorité. Avec les mêmes capacités que sur GCP ? « Je ne peux pas encore vous dire si nous offrirons plus de 200 modèles de langage comme sur GCP public, mais nous en aurons beaucoup », a déclaré Cyprien Falque, directeur général de S3NS, à l’Usine Digitale. Devrait suivre tout ce qui touche aux agents et à la sécurité.

Les équipes, en revanche, ne grandiront pas beaucoup plus, a indiqué Hélène Bringer, présidente de S3NS. Elle a évoqué « quelques personnes de plus » pour compléter les 200 personnes actuellement employées par l’entreprise, qui a « vocation à rester agile et de petite taille ».

Vincent Strubel, directeur général de l’ANSSI, a réagi avec enthousiasme à la nouvelle. « Une qualification de l’ANSSI, ce n’est jamais une promenade de santé, mais là c’est plus vrai que jamais, vu l’ampleur du périmètre », a-t-il ajouté.

Il en a profité pour lancer une pique aux détracteurs : « Je ne doute pas que cela déclenchera des réactions passionnées, mais il est peu probable que les auteurs de ces réactions aient passé autant de temps que nous à tester votre solution sous tous les angles avant d’émettre leur avis péremptoire. Ce sera néanmoins utile dans les prochains mois de poursuivre l’effort de pédagogie pour expliquer que vous faites beaucoup, beaucoup plus que revendre en marque blanche la technologie d’un autre ».

Une question de souveraineté

De manière intéressante, le communiqué de S3NS cite la localisation française de ses centres de données, l’exigence de qualification SecNumCloud, ou encore l’intérêt croissant d’autres structures européennes pour ce type d’offre. Le mot « souveraineté » n’apparait pourtant nulle part, alors que le sujet est central et particulièrement actif depuis plusieurs mois. C’est d’autant plus le cas qu’un rapport salé de la Cour des comptes a mis en avant les défaillances françaises et un manque flagrant de cohérence.

Si la qualification SecNumCloud vient valider l’approche de S3NS (Bleu devrait suivre rapidement), sa complexité n’a pas changé. La structure hybride suppose en effet que les produits de Google sont acquis (Microsoft dans le cas de Bleu) sur une base de logiciels installés séparément des serveurs de Google. L’éditeur américain fournit le code, mais n’héberge rien. Ce qui signifie aussi un retard dans le déploiement des fonctions, car S3NS doit analyser toutes les mises à jour avant de les répercuter. La problématique est la même pour Bleu, comme l’entreprise nous l’avait expliqué en octobre dernier.

S3NS rejoint néanmoins une très courte liste d’acteurs français ayant obtenu une qualification SecNumCloud. Bleu devrait annoncer la sienne prochainement. L’entreprise a d’ailleurs annoncé il y a quelques jours que son « cloud de confiance » avait été choisi par Dassault Aviation.

☕️ TikTok US : accord bouclé

19 décembre 2025 à 08:48

Un mémo interne à TikTok, qu’Axios a pu consulter, confirme que ByteDance et le gouvernement états-unien sont bien arrivés à un accord, comme l’avait annoncé la publication d’un executive order de Donald Trump en septembre dernier.

Selon ce texte envoyé par le CEO Shou Chew aux salariés, l’accord sera signé le 22 janvier et une coentreprise basée aux États-Unis sera créée.

TikTok

Les entreprises américaines Oracle et Silver Lake et l’émiratie MGX auront chacune 15 % de cette coentreprise.

De son côté, ByteDance devrait détenir 19,9 % de la nouvelle entité et 30,1 % seraient possédés par diverses filiales de l’entreprise chinoise.

Ainsi, comme l’explique le Financial Times, cela laisserait à ByteDance le contrôle direct de ses activités commerciales principales aux États-Unis. Selon le journal économique britannique, le mémo interne indique, par contre, que le « conseil d’administration [sera] composé de sept membres, majoritairement américains ».

D’après le mémo, la coentreprise « fonctionnera comme une entité indépendante ayant autorité sur la protection des données, la sécurité des algorithmes, la modération des contenus et l’intégrité logicielle aux États-Unis, tandis que les entités américaines de TikTok Global géreront l’interopérabilité des produits à l’échelle mondiale et certaines activités commerciales, notamment le commerce électronique, la publicité et le marketing ».

L’accord devrait valoriser TikTok US aux alentours de 14 milliards de dollars, selon une source d’Axios.

☕️ Étoile montante du vibe coding, Lovable lève 330 millions de dollars

19 décembre 2025 à 08:34

La startup suédoise Lovable vient d’annoncer avoir réuni 330 millions de dollars auprès d’investisseurs, sur la base d’une capitalisation fixée à 6,6 milliards de dollars. L’opération intervient seulement cinq mois après la première grande levée de fonds de l’entreprise (série A), bouclée en juillet. Elle avait alors réuni 200 millions de dollars en se valorisant 1,8 milliard de dollars. Lovable a donc plus que triplé sa valeur aux yeux des investisseurs en à peine cinq mois.

L’opération annoncée jeudi est menée majoritairement par des fonds très présents dans la tech et dans la Silicon Valley, parmi lesquels Menlo Ventures (investisseur historique d’Anthropic ou d’Uber), CapitalG (Alphabet / Google) et d’autres véhicules financiers représentant des groupes tels que NVIDIA, Atlassian ou Databricks.

Le tour de table réunit des acteurs historiques de la Silicon Valley

Pourquoi une telle traction ? Lovable, fondée en 2023 et basée à Stockholm, est l’étoile montante de ce qu’on appelle le vibe coding, c’est-à-dire le développement d’applications (web ou métiers) par l’intermédiaire d’interactions avec un agent conversationnel IA. La startup, qui vise des publics non techniques, se positionne comme un intermédiaire entre les solutions telles que Claude Code, Mistral Code ou les récents Devstral 2 et Antigravity, qui restent encore l’apanage des développeurs, et les outils issus de la tendance no-code, moins évolués au niveau fonctionnel.

« Nous avons lancé Lovable pour donner les moyens aux 99 %ceux qui ont des idées mais qui n’ont pas les compétences techniques pour les concrétiser », vante l’entreprise. Elle revendique 100 000 nouveaux projets lancés sur sa plateforme chaque jour, 25 millions de projets créés au cours de sa première année d’activité, et affirme que les sites Web ou applications lancés par l’intermédiaire de ses services représentent une audience de plus de 200 millions de visites mensuelles. Lovable se targue par ailleurs de compter quelques clients de premier plan comme Zendesk, Uber, ou Deutsche Telekom.

La startup indique que les fonds levés lui serviront à développer les connecteurs nécessaires à son intégration dans les applications courantes des équipes produit (Jira, Notion, Miro, etc.), ainsi qu’à renforcer ses infrastructures, notamment pour accompagner les projets passés en production.

Lovable facture ses services sur la base d’un abonnement, auquel peut s’ajouter l’achat de crédits pour augmenter le nombre d’interactions permises avec ses outils. Le coût d’une action est estimé en fonction de sa complexité, explique l’entreprise. Elle revendiquait en novembre dernier un revenu annuel récurrent (ARR) supérieur à 200 millions de dollars, et attribuait une partie de son succès à son refus de délocaliser ses activités vers la Silicon Valley. Les capitaux de cette dernière semblent en revanche tout à fait bienvenus.

☕️ [MàJ] Linux Mint 22.3 (avec Cinnamon 6.6) disponible en version finale

14 janvier 2026 à 07:02

Mise à jour, 14 janvier, 8h05 :

Linux Mint 22.3 Zena est désormais disponible au téléchargement en version finale, avec une logique de support long terme (LTS) puisque la distribution, basée sur le noyau Linux 6.14, s’appuie sur les éléments de base de la dernière LTS d’Ubuntu. Zena fera ainsi l’objet de mises à jour de sécurité jusqu’en 2029. Outre les multiples possibilités offertes par l’introduction de l’environnement Cinnamon 6.6, cette nouvelle version inaugure comme prévu les nouveaux outils Information Système et Administration Système, les XApp Symbolic Icons destinées à remplacer les icônes héritées d’Adwaita, la mise en pause des snapshots dans Timeshift ou la prise en charge d’IPv6 et des messages texte dans Warpinator.

Les nouveautés sont détaillées dans un article dédié, et les liens de téléchargement, qui font donc la part belle à l’édition Cinnamon, en complément des éditions Xfce ou MATE, sont centralisés sur cette page.

Linux Mint 22.3 inaugure une Cinnamon Edition

Publication initiale, 19 décembre, 8h46 :

La distribution Linux Mint, très appréciée, aura bientôt une version 22.3 intermédiaire (nommée Zena), avec à son bord quelques nouveautés importantes. La bêta est disponible depuis ce 18 décembre, mais la phase de test sera assez courte, puisque la version finale est attendue pour la toute fin d’année ou les premiers jours de 2026.

Le changement le plus significatif est l’arrivée de Cinnamon 6.6, dont nous avons parlé il y a peu. On y retrouve un nouveau menu d’applications plus personnalisable, la possibilité d’utiliser des icônes pleines ou symboliques, un meilleur support de Wayland, l’affichage des dossiers usuels ou encore une réorganisation générale, dans l’idée de rendre le menu plus efficace. Cette version 6.6 introduit de multiples autres changements, notamment dans les paramètres, avec l’apparition d’un module dédié au Thunderbolt par exemple.

Outre le nouveau Cinnamon, Zena introduit des améliorations bienvenues comme la possibilité de mettre en pause une opération de fichier dans Nemo, l’arrivée de nouveaux outils Information Système et Administration Système, un classement des notifications par applications, une option permettant de mettre en pause la création d’instantanés (snapshots) dans Timeshift, ou encore une fonction Night Light toujours active.

Rappelons que les versions de Linux Mint sont toujours basées sur les dernières révisions LTS d’Ubuntu. Zena est ainsi basée sur Ubuntu 24.04.03 et embarque un noyau Linux 6.14. L’arrivée d’Ubuntu 26.04, « Resolute Raccoon », servira de fondation à la future version 23 de Linux Mint.

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