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Call of Duty, Wii, GTA, Lego… la guerre en Iran entre propagande et gamification

13 mars 2026 à 16:56
Irréalité virtuelle
Call of Duty, Wii, GTA, Lego… la guerre en Iran entre propagande et gamification

Depuis le début de sa guerre contre l’Iran, sur les réseaux sociaux et notamment sur X, la Maison Blanche partage des vidéos mélangeant frappes militaires et images de jeux vidéo comme GTA, Call of Duty ou des jeux de la console Wii. Sur le terrain, ce sont de vrais morts, un vrai hôpital, de vraies écoles et un vrai site classé au patrimoine mondial de l’Unesco qui sont touchés.

Du côté américain, les images de propagande sur les guerres du Golfe des années 90 et 2000 ont laissé en mémoire les images de frappes qualifiées de « chirurgicales ». Depuis son entrée en guerre contre l’Iran avec son opération « Epic Fury », la Maison Blanche abreuve les réseaux sociaux d’une iconographie qui mêle ce genre d’images à celles de jeux vidéo.

Promotion de la guerre par les memes de jeux vidéo

« La Maison Blanche traite, d’une certaine manière du moins, la guerre comme un jeu, en diffusant à la légère ce que l’on pourrait, pour être indulgent, qualifier de vidéos promotionnelles sur leur guerre », commentait le week-end dernier le présentateur de CNN, Jack Tapper.

Effectivement, de Call of Duty (dont la Maison Blanche a finalement retiré sa vidéo), à GTA, la Maison Blanche emprunte à l’univers du jeu vidéo. Les vidéos sont généralement un mélange d’extraits de ces jeux déjà réutilisés en mèmes avec des vidéos embarquées de bombardements.

À certaines critiques, Steven Cheung, le responsable communication de la Maison Blanche, lance un « W’s in the chat, boys! », expression reprise du milieu de Twitch et des streamers pour appeler à célébrer la victoire dans une discussion.

L’administration Trump n’utilise pas que l’imagerie des jeux vidéo. Ainsi, le compte Instagram de la Maison Blanche a diffusé, par exemple, une vidéo accompagnée d’une reprise modifiée de la chanson « Boom Boom » de John Lee Hooker.

La réalité des conséquences n’arrête pas la Maison Blanche

Cette communication sur les réseaux sociaux se voulait la démonstration d’une efficacité de l’armée américaine pour frapper le régime iranien et son programme nucléaire. Alors que les sondages montrent qu’une majorité d’Américains ne comprend pas le but de cette guerre contre l’Iran, « le gouvernement américain ne se contente pas de vouloir que les Américains soutiennent la guerre qu’il a déclenchée avec Israël contre l’Iran ; il veut galvaniser la population », estime l’analyste de CNN Zachary B. Wolf.

Mais, moins de 15 jours après le déclenchement de cette guerre, la communication de la Maison Blanche se heurte à la réalité du conflit racontée par les médias.

La semaine dernière, la BBC identifiait sur images satellitaires que les frappes avaient touché des écoles, l’hôpital Ghandi de Téhéran ou encore le palais du Golestan, site classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Ce mercredi 11 mars, le New York Times confirmait les doutes sur les frappes qui ont touché dès le premier jour de la guerre une école de filles dans la ville iranienne de Minab. Selon le journal, une enquête militaire a déterminé que l’armée américaine a utilisé des données obsolètes et a bien bombardé cette école, faisant au moins 175 morts, dont la plupart étaient des enfants.

Mais le lendemain, la Maison Blanche a continué à poster ses vidéos sur X, l’une jouant sur le mot « strike » au bowling et l’autre mêlant les images de frappes avec celles de plusieurs jeux de Wii.

« La culture du gaming ne mène pas à la jouissance de la guerre », affirme Louis Lapeyrie dans le Grand Continent, « c’est la sphère politique — inspirée de la mouvance néoréactionnaire et d’autres — qui en invoque les codes pour entraîner un large public occidental dans son œuvre finaliste ».

Et l’Iran s’est mis, le même jour, à riposter sur ce terrain de la propagande des réseaux sociaux toutefois sans y aller directement en reprenant les codes des jeux vidéo. Une vidéo met en scène le story telling du régime avec des LEGO, évoquant justement le bombardement de l’école de Minab mais aussi Donald Trump et Benyamin Nétanyahou pactisant avec le diable ou encore Israël en flammes. Une autre, présentée comme « le retour de Khamenei », met en scène la riposte iranienne face à un Donald Trump apeuré.

Peine de mort, énergie, OGM : l’autocomplétion générée par IA influence nos réponses

13 mars 2026 à 13:29
Moi, influençable ?
Peine de mort, énergie, OGM : l’autocomplétion générée par IA influence nos réponses

Les outils d’autocomplétion boostés à l’IA générative ont été intégrés dans bon nombre de logiciels, du webmails à l’outil d’édition en passant par les messageries. Mais outre la façon dont on s’exprime, ils peuvent modifier les idées qu’on partage, montre une étude scientifique.

Au départ, on les a vus apparaitre comme des « réponses rapides » chez Gmail ou d’autres messageries. Maintenant, les propositions de textes d’autocomplétion boostées par l’IA générative sont dans énormément d’outils numériques, de Microsoft Word aux applis de rencontre.

Mais ces réponses ne changent pas seulement notre style d’écriture, elles influencent aussi le fond. Et ceci même si on réécrit entièrement le texte. Comme dans un mouvement de foule où l’humain suit ses congénères, quand un texte nous est pré-édité, nous avons tendance à le suivre.

C’est ce que montre l’étude du chercheur Mor Naaman et de ses collègues publiée ce mercredi dans la revue Science Advances. Ces chercheuses et chercheurs ont fait deux expériences réunissant en tout 2 582 participants américains (1 485 pour la première et 1 097 pour la deuxième). Et ils leur ont demandé de répondre à des questions sur des sujets politiques et sociaux importants.

À une partie des participants, ils proposaient d’utiliser un assistant IA qui fournissait des suggestions de saisie automatique. Mais, au préalable, ils ont fait en sorte que ces suggestions soient biaisées dans un certain sens. Les autres utilisaient la même interface débarrassée de toutes les fonctionnalités autour des suggestions IA.

Des questions pourtant très politisées et débattues

Par exemple, l’une des questions était sur la peine de mort. L’IA était biaisée dans le sens de leur suggérer un texte qui argumente pour son interdiction :

Mais ils ont aussi testé le dispositif sur des suggestions sur le droit de vote des prisonniers, les OGM, la fracturation hydraulique (notamment utilisée pour récupérer le gaz de schiste) ou l’utilisation de tests standardisés dans le système éducatif américain.

Une influence significative

De fait, ce dernier sujet était celui utilisé dans leur première expérience et l’IA était biaisée pour suggérer des réponses en faveur de l’utilisation de ces tests. Dans cette expérience, un troisième groupe recevait en suggestion une liste statique d’arguments aussi en faveur

Les autres sujets étaient présentés dans une deuxième expérience. Dans celle-ci, les chercheurs ont essayé de voir si des messages soulignant les biais pouvaient atténuer l’influence des suggestions, avant avec un message d’avertissement (warning) ou après avec un message de « debrief ». Dans cette expérience, les chercheurs ont aussi comparé les réponses des participants à leurs positions quelques semaines avant l’expérience (pretask).

Résultats ? Les suggestions proposées par l’IA influencent de façon significative les réponses des participants. « Nos résultats apportent des preuves solides que les suggestions de saisie semi-automatique biaisées générées par l’IA peuvent influencer les opinions des gens », affirment les chercheurs.

Et les messages d’avertissement (avant ou après utilisation) n’ont aucune conséquence de modération de cet effet. « Des études antérieures sur la désinformation ont montré que le fait d’avertir les gens avant qu’ils ne soient exposés à la désinformation, ou de leur expliquer la situation après coup, peut leur conférer une sorte d’ »immunité » contre le risque de la croire », explique dans un communiqué Sterling Williams-Ceci, doctorant en sciences de l’information à l’université de Cornell Sterling qui a participé à l’étude. « Nous avons donc été surpris, car aucune de ces interventions n’a réellement atténué l’ampleur du changement d’attitude des gens en faveur du parti pris de l’IA dans ce contexte ».

Persuadés de ne pas être influencés par l’IA

Après les deux expériences, les chercheurs ont demandé aux participants si, de leur point de vue, les suggestions étaient « raisonnables et équilibrées » et si l’assistant les avait inspirés ou avait fait changer leur façon d’aborder la question posée.

La plupart d’entre eux n’ont pas remarqué que l’IA qu’on leur proposait était biaisée et l’ont jugée équilibrée. De même, une majorité était persuadée de ne pas avoir été influencée par l’assistant :

« De nombreuses études ont montré que les grands modèles linguistiques et les applications d’IA ne se contentent pas de produire des informations neutres, mais qu’ils peuvent en réalité générer des informations très biaisées, selon la manière dont ils ont été entraînés et mis en œuvre », explique Sterling Williams-Ceci.

« Ce faisant, ces systèmes risquent, par inadvertance ou délibérément, d’inciter les gens à exprimer des points de vue biaisés, ce qui, comme l’ont démontré des décennies de recherche en psychologie, peut à son tour modifier les attitudes des individus ».

☕️ Copilot Health : Microsoft lance son concurrent à ChatGPT Santé

13 mars 2026 à 08:21


Deux mois après OpenAI, Microsoft lance son chatbot spécifiquement dédié aux questions de santé.

L’entreprise a annoncé la sortie de Copilot Health ce jeudi dans un billet de blog. Comme ChatGPT Santé, le nouveau chatbot de Microsoft encourage les utilisateurs à lui donner accès à leur dossier médical pour qu’il leur génère des conseils personnalisés. Ils peuvent aussi fournir les données de leurs appareils de Fitness et de santé comme ceux d’Apple, Oura ou Fitbit.

Et de la même façon que son concurrent, l’entreprise de Redmond précise que « Copilot Health ne remplace pas votre médecin ». Mais dans sa communication, Microsoft s’appuie sur les défaillances du système de santé pour mettre en avant son outil : « Les longues attentes, la pénurie de cliniciens et l’accès inégal aux soins médicaux poussent de nombreuses personnes à se tourner vers des sources en ligne pour obtenir de l’aide ».

Illustration : Flock

Dans cette version de Copilot, elle assure avoir « amélioré la qualité et la fiabilité des réponses » concernant la santé par rapport à la version classique de son chatbot en s’appuyant sur des informations d’ « organismes de santé crédibles dans 50 pays » listés par l’académie de Médecine états-unienne.

Comme ChatGPT Santé, Copilot Health bénéficie de la récente baisse de surveillance par la Food and Drug Administration (FDA), l’agence états-unienne responsable de la régulation concernant les médicaments et les produits alimentaires, des dispositifs de santé portables ou s’appuyant sur l’IA.

Copilot Health n’est pour l’instant pas disponible à tous les utilisateurs : Microsoft a pour l’instant prévu une liste d’attente.

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