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Pokémon Go signe un partenariat avec la société de livraison robotisée Coco Robotics

18 mars 2026 à 15:13
Share your localization with Coco's robots
Pokémon Go signe un partenariat avec la société de livraison robotisée Coco Robotics

Le partenariat de l’ex-éditeur de Pokémon Go avec Coco Robotics agite les discussions en ligne. Étant donné la spécialisation croissante de Niantic dans la construction de modèles de géolocalisation, il illustre pourtant un débouché classique de systèmes d’automatisation vers la robotique.

Oui, les données des joueurs de Pokémon Go servent à entraîner des systèmes d’IA. La nouvelle a fait bruisser les discussions numériques, ces derniers jours, alors que Niantic, l’éditeur du jeu vidéo ultra-populaire de l’été 2016 Pokémon Go, annonçait un partenariat avec Coco Robotics.

En cause : une partie du public semblait y découvrir que les multiples données de géolocalisation collectée par l’entreprise au gré des sessions de chasse aux Pokémon en réalité virtuelle servaient des finalités plus concrètes. Mais l’annonce n’est que la traduction de deux tendances : l’évolution du modèle initial de Niantic Labs, et la pratique plus globale de recherche de nouveaux débouchés économiques aux collecte de données orchestrées par les sociétés numériques.

D’éditeur de jeu vidéo à éditeur de modèle géospatial

Initialement lancée au sein de Google, en 2010 par John Hanke, Niantic Labs est en effet une société qui a pris son indépendance en 2015. Depuis, son business model a évolué, pour s’appuyer au fil du temps sur deux pieds : les revenus tirés des jeux eux-même (achats au sein des applications, événements liés à des succès comme Pokémon Go, ou encore publicité) et ceux obtenus par sa filiale Niantic Spatial, dédiée à faire évoluer les technologies de réalité augmentée et d’IA.

Depuis plusieurs années, cette dernière s’emploie en particulier à construire des modèles géospatiaux dont l’efficacité est précisément permise… par la somme de données récoltées grâce aux différents jeux en réalité augmentée de Niantic Labs. En 2024, l’entreprise dévoilait notamment son Large Geospatial Model (LGM), un système qui vient alimenter le Visual Position System (VPS) construit par l’entreprise, et à la base des jeux Pokémon Go, Ingress et Peridot. 



Le but de ces différents outils : permettre aux terminaux des utilisateurs de comprendre où ils se situent dans le monde réel. L’entraînement du LGM, expliquait alors l’entreprise, avait été permis par les « milliards d’images du monde, toutes reliées à des endroits précis du globe » que lui avaient partagées les joueurs de Pokémon Go.

À l’époque, Niantic avait d’ailleurs déployé une nouvelle fonctionnalité, Pokémon Playgrounds, dans laquelle joueuses et joueurs pouvaient placer leur Pokémon dans des lieux donnés, afin que d’autres internautes puissent les voir et jouer avec. L’entreprise se targuait de recevoir en moyenne 1 million de nouveaux points de localisation par semaine, et en détenir déjà 10 millions.

La robotique, débouché industriel à part entière

Depuis Niantic a encore évolué : en mars 2025, l’entreprise vendait sa branche jeux vidéos à Scopely, pour faire de Niantic Spatial une société à par entière. Concrètement, John Hanke indiquait prendre la tête de Niantic Spatial, qui se lançait de manière indépendante grâce à 200 millions de dollars des revenus de Niantic et 50 millions de dollars d’investissements de Scopely. Le projet : faire prendre leur essor aux outils de vision et géolocalisation spatiale auxquels travaillait déjà l’entreprise.

Dans ces conditions, et sachant que l’essentiel des sociétés qui ont fait de la collecte de données un pan de leur modèle d’affaire ont ensuite mobilisé ces données pour construire divers systèmes technologiques, Niantic Spatial a assez logiquement cherché des débouchés pour son VPS et son modèle géospatial.

Ce 10 mars, la société indiquait la mise en place d’un partenariat stratégique avec la société Coco Robotics, qui construit des robots dédiés à la livraison automatisée. Une telle alliance s’explique techniquement : les systèmes de visualisation dans l’espace réel développé par Niantic Spatial pourraient servir d’« yeux » aux robots de Coco. « La navigation dans les rues chaotiques des villes est un des défis d’ingénierie les plus complexes » déclare John Danke dans leur communiqué commun, et c’est à ce défi que les deux sociétés prévoient de s’atteler ensemble.

En l’espèce, leur alliance n’est qu’un symptôme d’une recherche plus large de débouchés des technologies d’IA dans le monde hors ligne. En France, ces dernières semaines, le cofondateur d’AMI Labs Yann LeCun ne s’est ainsi pas caché de chercher des débouchés à ses futurs modèles dans « l’automatisation, les dispositifs portables, la robotique », entre autres exemples.

Bien sûr, cela signifie que Niantic tire profit des activités ludiques et bénévoles des joueurs de Pokémon Go au cours de la décennie passée. Mais est-ce une spécificité, quand on sait que l’essentiel des réseaux sociaux font de même, voire que les tests CAPTCHA que les internautes remplissent pour entrer sur des sites web permettent d’entraîner des modèles d’IA ?

IA : Meta investit dans l’infrastructure, mais pourrait licencier 20 % de ses équipes

18 mars 2026 à 11:04
Investissements non humains
IA : Meta investit dans l’infrastructure, mais pourrait licencier 20 % de ses équipes

Alors que l’entreprise multiplie les projets dédiés à étendre ses capacités de hardware et d’infrastructure dédié à l’intelligence artificielle, elle pourrait licencier jusqu’à 20 % de ses effectifs actuels.

Meta s’apprêterait à licencier 20 % de ses équipes, selon les informations de Reuters, une réduction d’effectif qui représenterait donc environ 16 000 emplois sur les 79 000 que la société compte actuellement.

S’il n’a pas encore été confirmé, ce projet se ferait dans un contexte de poursuite des investissements de l’entreprise dans l’intelligence artificielle. Ce 17 mars, la société néerlandaise Nebius indiquait par exemple avoir signé un contrat de 27 milliards de dollars avec Meta pour lui fournir diverses capacités d’infrastructure (data center, serveurs, GPU) sur les cinq prochaines années. Mi-mars, le géant des réseaux sociaux annonçait par ailleurs le développement de quatre nouvelles puces MTIA (Meta Training and Inference Accelerator), qu’elle produit depuis 2023, sur les deux prochaines années.

Investissements accélérés dans l’IA

Ces différents éléments s’intègrent dans une redirection plus large de la société vers l’intelligence artificielle générative. À l’été 2025, Mark Zuckerberg annonçait ainsi son projet d’investir des « centaines de milliards de dollars » dans l’industrie, que ce soit du côté du développement ou de la sous-traitance de centres de données spécialisés dans l’équipement dédié à faire tourner de grands modèles de langage, ou dans le recrutement de personnalités de l’IA.

À l’époque, les packages au montant faramineux proposés à des ingénieurs d’Apple, Google ou Open AI avaient défrayé la chronique : pour tenter de rattraper ses concurrents, Mark Zuckerberg avait en effet proposé jusqu’à un milliard de dollars sur plusieurs années à certains spécialistes. Début septembre, cela n’avait pas empêché certaines embauches récentes (ou plus anciennes) de repartir aussi rapidement, quelquefois pour aller directement chez la concurrence – l’ancienne directrice de produits d’IA générative Chay Nayak a rejoint OpenAI –, quelquefois pour créer leurs propres entreprises – ainsi de l’ancien directeur du laboratoire Facebook Artificial Intelligence Research (FAIR) Yann LeCun, rentré en France pour cofonder la start-up AMI.

Licenciements dans la tech

Mais maintenir ce rythme implique de larges dépenses. En novembre, l’entreprise prévoyait d’investir 600 milliards de dollars dans des infrastructures et des emplois sur les trois prochaines années, sachant que la société avait déjà dépensé 135 milliards de dollars dans le domaine sur la seule année 2025.

Auprès de Business Insider, des cadres de Meta n’en avancent pas moins que le projet de licenciements de la société pourrait débuter dès ce mois de mars. S’il se confirme, ce serait le plus gros réalisé depuis la pandémie. En novembre 2022, la société avait licencié 11 000 employés, avant de se séparer de 10 000 personnes supplémentaires en mars 2023. Début janvier 2026, elle remerciait par ailleurs 1 500 personnes de son Reality Labs, actant son détournement du métavers, pourtant ardemment promu par Mark Zuckerberg pendant la pandémie.

Outre le contexte spécifique à l’entreprise, il s’inscrirait dans une tendance plus large de licenciements dans l’industrie numérique : l’éditeur de logiciel Atlassian a par exemple indiqué se séparer de 10 % de ses effectifs il y a quelques jours, suivi notamment par Block, la société dirigé par le fondateur de Twitter Jack Dorsey. Cette dernière a annoncé fin février se séparer d’un coup de 40 % de ses 10 000 employés.

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