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Terafab : Elon Musk veut créer sa propre usine de semiconducteurs au Texas

23 mars 2026 à 15:55
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Terafab : Elon Musk veut créer sa propre usine de semiconducteurs au Texas

Elon Musk pousse la logique d’intégration à son paroxysme avec Terafab, un projet d’usine à 25 milliards de dollars qui doit permettre d’alimenter en puces Tesla, SpaceX mais aussi X et xAI. Le milliardaire se voit déjà produire l’équivalent de 1 térawatt de puissance de calcul par an, et envisage l’espace comme son principal débouché à terme, quitte à ce que ses rêves de grandeur se heurtent à quelques contingences matérielles…

Baptisé Terafab, le dernier projet d’Elon Musk a vocation à fournir en puces et processeurs ses trois principales entreprises : Tesla, SpaceX et xAI. Cette gigantesque usine, censée voir le jour d’ici 2027, sera basée à Austin, au Texas, non loin des installations dont dispose déjà Tesla. Elle devrait justifier un investissement compris entre 20 et 25 milliards de dollars grâce auquel Elon Musk affirme qu’il pourra produire des puces gravées jusqu’en 2 nanomètres dont il maitrisera intégralement la conception, du design à la production à grande échelle.

Elon Musk illustre son concept de datacenter orbital alimenté par panneaux solaires et donne ses ambitions chiffrées en matière de transport spatial et de puissance de calcul installée – capture d’écran

Musk, qui n’a pour l’instant aucune expérience directe dans la fabrication de semiconducteurs, se plait à associer ses nouveaux projets à des objectifs chiffrés dantesques, et le milliardaire n’a pas dérogé à cette habitude.

SpaceX et Tesla deviendraient le premier fondeur mondial

D’après lui, Terafab a vocation à rapidement monter de 100 000 à 1 million de wafers par mois, pour produire, à terme, 100 à 200 milliards de puces par an. L’ensemble représenterait l’équivalent de 1 TW (térawatt) de puissance de calcul, ce que Musk estime être le double de la puissance couramment consommée sur le réseau électrique des États-Unis.

À titre de comparaison, le leader mondial de la gravure TSMC atteint des cadences de l’ordre de 160 000 wafers par mois sur ses procédés de fabrication en 3 nm et vise une production équivalente pour fin 2026 sur ses lignes en 2 nm.

Au cours de sa présentation, diffusée en direct sur X dimanche 22 mars, Musk a affirmé qu’aucune usine au monde ne disposait d’une chaine de production aussi complète que celle envisagée pour Terafab. La réunion de l’ensemble des étapes du process de fabrication au sein d’une même usine, du design aux tests finaux en passant par la création des masques de lithographie ou la gravure proprement dite, doit selon lui offrir à Terafab une rapidité d’itération inégalée sur le marché.

L’usine aurait vocation à produire des puces représentant l’équivalent de 1 TW de puissance électrique consommée – capture d’écran

Ces puces auraient vocation à équiper progressivement les principaux produits des entreprises de Musk, en commençant par les voitures électriques Tesla (dont le fameux robotaxi promis de longue date, testé avec un succès mitigé), avec la fameuse AI5, attendue pour mi-2027. Terafab approvisionnera également les datacenters de xAI, qui alimentent notamment Grok. Ces puces, dédiées principalement à l’inférence, trouveraient enfin des débouchés dans les futurs robots Optimus sur lesquels planche Tesla et bien sûr à bord des lanceurs réutilisables de SpaceX.

Un million de datacenters orbitaux

Ces activités terrestres ne mobiliseraient toutefois qu’une partie des capacités de Terafab, de l’ordre de 20 % du volume total productible selon Musk. Le milliardaire a en effet réaffirmé son souhait d’installer des satellites dédiés à l’intelligence artificielle en orbite pour, enfin, résoudre la problématique de l’alimentation électrique grâce à l’énergie solaire. Et c’est donc à Austin que seraient produits les composants nécessaires, à commencer par un processeur baptisé D3.

La puce AI5 doit alimenter les prochaines Tesla, tandis qu’Optimus recevrait la génération suivante. L’espace ferait l’objet d’une puce IA dédiée, D3 – capture d’écran

Musk a dans le même temps illustré sa vision de ce que serait un micro satellite dédié à l’IA, en affirmant viser au départ une puissance de l’ordre de 100 kW par satellite, pour atteindre à terme 1 MW. Rappelons que SpaceX a déjà déposé (PDF), le 4 février dernier, une demande de licence auprès de la FCC américaine pour installer « jusqu’à un million » de « systèmes de datacenters orbitaux ». Une perspective qui donne déjà des sueurs froides aux astronomes du monde entier.

« Le système proposé constituerait une première étape vers l’accession à une civilisation de niveau Kardachev II et servirait d’autres objectifs, selon le demandeur », commentait complaisamment Brendan Carr, patron de la FCC, suite au dépôt de la demande de SpaceX.

Elon Musk a, à nouveau, invoqué cette échelle de Kardachev, qui définit le niveau d’avancement d’une civilisation par sa maitrise de l’énergie, pour justifier le caractère presque impératif – dans son esprit – de chiffres aussi démesurés.

Le milliardaire s’est félicité dimanche de pouvoir compter sur le soutien du gouverneur du Texas et il est probable que la gigantesque introduction en bourse envisagée par SpaceX donne à Terafab les liquidités nécessaires à la construction de l’usine. Pour le reste, et sans même parler de son bien-fondé, la réalisation du projet soulève une infinité de défis, qui rendent quelque peu hypothétiques les promesses chiffrées formulées par Musk.

De Twitter à X et xAI, Elon Musk accusé de manœuvres sur la valeur de ses entreprises

23 mars 2026 à 11:00
L'histoire se répète toujours deux fois, disait Marx
De Twitter à X et xAI, Elon Musk accusé de manœuvres sur la valeur de ses entreprises

Un jury californien a reconnu vendredi 20 mars la responsabilité d’Elon Musk dans la baisse du cours de l’action Twitter au cours des semaines précédant son tumultueux rachat. Le parquet de Paris a, le même jour, émis un signalement aux autorités des États-Unis s’inquiétant de possibles manipulations liées à la future introduction en bourse de l’entreprise X et xAI, via SpaceX. Musk a répondu en qualifiant les procureurs français d’ « attardés mentaux ».

Ira, ira pas ? Dans sa biographie d’Elon Musk, Walter Isaacson illustre bien comment le milliardaire a hésité pendant plusieurs semaines à finalement boucler l’acquisition programmée de Twitter, en grande partie parce qu’il craignait de payer trop cher une entreprise incapable de quantifier avec précision le nombre de bots ou de faux comptes évoluant sur sa plateforme. Il raconte aussi comment, à l’époque, les conseils de Musk alertaient ce dernier sur le caractère parfois limite de ses publications relatives à la transaction sur Twitter.

Musk condamné face aux actionnaires de Twitter

Ses déclarations de 2022 ont valu à Elon Musk un procès de trois semaines, ouvert le 2 mars dernier au sein du tribunal de San Francisco à la demande d’ex actionnaires de Twitter. Ces derniers s’estimaient lésés par deux messages particuliers d’Elon Musk, dont un tweet daté du 13 mai 2022 affirmant qu’il mettait en pause son projet d’acquisition le temps de déterminer le nombre réel de bots animant la plateforme, ce qui avait immédiatement fait plonger le cours de Twitter en bourse.

Au terme de trois semaines d’audience, le jury composé de neuf personnes a donné raison aux plaignants et leur a accordé entre 3 et 8 dollars de dommages par action détenue, soit une enveloppe globale d’environ 2,1 milliards de dollars.

«  Je pense que le verdict du jury envoie un message fort : même si vous êtes riche et puissant, vous devez obéir à la loi, et nul n’est au-dessus des lois », s’est félicité l’un des avocats des parties civiles, dont les propos sont rapportés par NPR.

Dans son verdict (voir copie en PDF obtenue par Next), le jury reprend chacun des deux tweets litigieux. Il retient à l’unanimité que le premier constitue bien une forme de tromperie vis-à-vis des actionnaires de Twitter, mais rejette l’accusation de manœuvre frauduleuse délibérée associée au second.

Auditionné le 4 mars dernier, Elon Musk a maintenu que la direction en place chez Twitter en 2022 lui avait dissimulé certains chiffres relatifs au nombre de bots ou de faux comptes créés sur la plateforme. L’entreprise renvoyait alors vers ses déclarations réglementaires auprès de la SEC, dans laquelle elle estimait que les faux comptes représentaient environ 5 % de son parc total d’utilisateurs. Musk a de son côté toujours défendu l’idée selon laquelle Twitter minorait la réalité du phénomène.

Musk a par ailleurs fait valoir qu’il avait finalement bouclé le rachat de Twitter dans les conditions initialement annoncées, à savoir un prix de 54,20 dollars par action, pour une valorisation totale de l’ordre de 44 milliards de dollars. Il a également argué qu’il ne pouvait être tenu responsable du comportement des actionnaires qui ont choisi de vendre leurs titres dans les semaines qui ont précédé, quand l’incertitude a fait plonger le cours de Twitter, entraînant une décote allant jusqu’à 40 % par rapport à ce prix annoncé.

La direction de Twitter avait pour mémoire engagé des poursuites à l’encontre d’Elon Musk pour le contraindre à honorer sa promesse d’achat.

Elon Musk n’a pas commenté publiquement ce verdict, et ses avocats n’ont pour l’instant pas indiqué quelles suites ils pourraient donner à l’affaire.

Le parquet de Paris émet un signalement sur X

Hasard du calendrier, la condamnation d’Elon Musk intervient à quelques jours du vingtième anniversaire du premier tweet de l’histoire du réseau social, mais aussi à trois jours seulement d’un double signalement formulé par la justice française en direction des États-Unis.

Révélé par le Monde vendredi 20 mars, il s’adresse à la fois au ministère de la justice, et au gendarme de la Bourse, la SEC. Il évoque l’idée selon laquelle l’affaire des deepfakes à caractère sexuel produits par Grok pourrait avoir été montée de toute pièce pour augmenter la valorisation de X et de xAI en vue de la future fusion programmée avec SpaceX, avant introduction en bourse de l’ensemble.

Cette « transmission spontanée d’information » découlerait d’éléments obtenus par les procureurs dans le cadre de l’enquête judiciaire diligentée contre X en France début 2025 au sujet de potentielles manipulations de l’algorithme.

« La polémique suscitée par les deepfakes à caractère sexuel générés par Grok (IA de X) pourrait avoir été générée à dessein, afin de valoriser artificiellement les sociétés X et xAI », en vue de « l’introduction en Bourse prévue en juin 2026 de la nouvelle entité née de la fusion entre Space X et X AI », confirme le parquet de Paris à l’AFP.

Les procureurs auraient ainsi voulu attirer l’attention de leurs homologues états-uniens et de la SEC « sur des renseignements apparus (…) et accessibles en source ouverte ». La nature précise de ces renseignements n’a pas été communiquée.

Cette fois, Musk a réagi, et en français dans le texte. « Ce sont des attardés mentaux », a écrit sur X le milliardaire dans un message daté du 21 mars qui répondait au relais de ce signalement par le compte de l’AFP. Il n’a en revanche pas répondu à la question de fond soulevée par ces fameux signalements.

Rappelons qu’Elon Musk, qui a déjà réuni X et xAI au sein d’une même entreprise, envisage de fusionner leurs activités avec celles de l’entreprise spatiale SpaceX pour préparer ce qui constituerait la plus importante introduction en bourse de tous les temps, avec une valorisation potentielle du nouvel ensemble à quelque 1 500 milliards de dollars.

Le verbe fleuri d’Elon Musk en réponse à une dépêche AFP évoquant ces signalements – capture d’écran

☕️ Samsung introduit la prise en charge d’AirDrop sur ses Galaxy S26

23 mars 2026 à 08:38


Les derniers smartphones Samsung pourront bientôt échanger des données via une connexion point à point avec les iPhone d’Apple via la fonctionnalité AirDrop de ces derniers. Le fabricant sud-coréen vient en effet d’annoncer la prise en charge d’AirDrop, via Quick Share, sur les Galaxy S26 récemment lancés.

Le déploiement est programmé au 23 mars, d’abord en Corée du Sud, puis dans plusieurs régions du monde, dont l’Europe et l’Amérique. Et Samsung compte a priori aller plus loin : « La prise en charge d’AirDrop sera initialement disponible sur la série Galaxy S26, et son extension à d’autres appareils sera annoncée ultérieurement », indique le fabricant, sans donner la moindre précision quant à la nature technique de cette prise en charge.

Samsung Galaxy S26 de dos – crédit Samsung

Ce faisant, Samsung emboîte le pas à Google, qui a déjà procédé à une annonce similaire en novembre 2025. L’éditeur d’Android, qui réserve pour l’instant la compatibilité AirDrop aux Pixel 10, avait admis à l’époque que ses équipes avaient développé le composant nécessaire de façon indépendante, sans collaboration particulière avec Apple.

Rappelons que l’Europe fait pression sur Apple dans le cadre du Digital Markets Act pour obtenir une plus grande ouverture des terminaux et services iOS à la concurrence, et la compatibilité d’AirDrop avec les terminaux Android fait partie des demandes exprimées. La firme de Cupertino critique vivement ces demandes, qu’elle estime préjudiciables à la sécurité de son environnement mobile, mais donne tout de même des signes d’ouverture, comme en témoigne l’apparition d’une nouvelle fonction permettant de passer plus facilement d’un iPhone vers Android, dès l’assistant de configuration initial, fruit d’un travail commun entre Apple et Google.

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