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☕️ NIS2 : vie privée ou sécurité nationale, le « choix entre plusieurs mauvaises solutions »

1 avril 2026 à 06:16


Interviewé par Libé à l’occasion de l’ouverture du forum INCyber, Vincent Strubel, patron de l’ANSSI, rappelle que, en 2025, « sur les 460 vols de données présumés traités par l’agence, 58 % relevaient du bluff », ce pourquoi « il faut relativiser les éléments de langage des attaquants » lorsqu’ils annoncent de nouvelles violations de données sur les forums spécialisés type breachforums, comme il l’avait déjà expliqué lors de l’état des lieux de la cybermenace 2025.

Il ne s’agit pas de considérer les « influenceurs cyber » comme des « adversaires », tempère Vincent Strubel, qui souligne cela dit que « ces sujets réclament de la pédagogie, de la sensibilisation », plus que des cris d’orfraie :

« Mais la reprise sans distance des éléments de langage des attaquants a des effets négatifs très concrets, qu’on a pu observer tout au long de l’année dernière : enquêter dans l’urgence sur des incidents qui n’existent pas consomme du temps et des ressources, avec un vrai risque d’épuisement des équipes de cybersécurité. »

Dans un article consacré aux « excès d’alerte des influenceurs cyber sur les fuites de données », Le Monde soulignait lui aussi récemment que « leur frénésie pose problème à ces derniers », tout en faisant surtout la publicité des attaquants :

« Il y a une différence entre alerter d’une menace et donner des leçons, voire taper sur les victimes. Les pompiers, quand ils éteignent un feu, ils ne se prennent pas en selfie. »

NIS2 : le législateur devra choisir entre plusieurs mauvaises solutions

Interrogé sur le fait que le projet de loi de transposition de trois directives européennes, dont NIS 2 n’est toujours pas programmé en séance à l’Assemblée, au motif que la DGSI s’opposerait à un amendement sanctuarisant le chiffrement de bout en bout, Vincent Strubel précise à Libé que « ce n’est pas un débat dans lequel certains auraient raison et d’autres tort » :

« On est face à deux impératifs de même valeur : celui de la protection de la vie privée et de la sécurité nationale, par la protection des communications que permet le chiffrement, et celui de la capacité des services enquêteurs à faire leur travail. Il faut concilier ces deux enjeux. Or s’il y avait une solution magique qui permette de les préserver ensemble sans impact sur l’un ou sur l’autre, elle aurait déjà été trouvée… In fine, cela relèvera d’une décision politique du législateur, qui sera un choix entre plusieurs mauvaises solutions. »

Dans les faits, le programme législatif transmis par le gouvernement « prévoit désormais un examen du texte en juillet 2026, et ce sous réserve de la convocation d’une session extraordinaire. Un tel calendrier reporte de plusieurs mois encore l’adoption de ce texte, si toutefois il est examiné avant l’été 2026 », expliquait récemment la CSNP, qui râlait sur les délais à rallonge.

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