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Départs, réorganisation, portrait de Sam Altman, entrée en bourse : ça patine chez OpenAI

8 avril 2026 à 08:13
Sam, celui qui conduit c’est celui qui…
Départs, réorganisation, portrait de Sam Altman, entrée en bourse : ça patine chez OpenAI

Il se passe toujours quelque chose chez OpenAI, à tel point que la start-up se donne parfois des allures de poulet sans tête. Pas très rassurant à quelques encablures d’une introduction en Bourse.

Les derniers jours ont été particulièrement turbulents chez OpenAI. En toute fin de semaine dernière, l’entreprise a ainsi annoncé une réorganisation de grande ampleur suite au congé maladie de Fidji Simo, « CEO des applications » et numéro 2 de la start-up, derrière Sam Altman.

En 2019, la Franco-Américaine a été diagnostiquée du syndrome de tachycardie orthostatique posturale. « Il est désormais clair que je suis allée un peu trop loin et que je dois vraiment essayer de nouvelles approches pour stabiliser ma santé », a-t-elle expliqué dans un mémo à ses équipes.

Retrait surprise de la numéro 2 d’OpenAI

Embauchée par le créateur de ChatGPT en mai 2025, elle occupait un poste complètement inédit au sein du groupe : directrice générale en charge des applications. L’ancienne vice-présidente de Facebook, devenue par la suite CEO d’Instacart, a poussé une stratégie de recentrage d’OpenAI et de ses précieuses ressources vers la génération de code et les services aux entreprises afin de mieux concurrencer Anthropic. La fermeture de Sora, le générateur de vidéos IA, et la suspension du développement du « mode adulte » de ChatGPT, participent à cette réorientation.

Fidji Simo voudrait aussi créer une « superapp » regroupant ChatGPT, Codex et le navigateur Atlas. En son absence forcée, ce projet ira-t-il à son terme ? Il est en tout cas entre les mains de Greg Bockman, le président d’OpenAI, qui prend cette superapp sous son aile. Brad Lightcap, le directeur des opérations, s’occupera des « projets spéciaux ». Fidji Simo était montée au créneau il y a encore quelques jours seulement pour expliquer le rachat de la chaîne tech TBPN (Technology Business Programming Network) par OpenAI.

Dans la foulée, la directrice marketing Kate Rouch a décidé de se retirer temporairement pour se consacrer à son rétablissement après un cancer. Elle occupait ce poste depuis un an et demi. Elle assurera la transition avec son remplaçant et « espère revenir dans un rôle différent à l’avenir si [sa] santé le lui permet ».

L’ombre de l’IPO

Ce bouleversement dans l’organigramme tombe à un moment délicat pour OpenAI, qui vient de boucler un tour de table à hauteur de 122 milliards de dollars, et qui s’apprêterait à se lancer à Wall Street cette année… Du moins si la direction de l’entreprise parvient à s’entendre sur cette question !

Le site The Information rapporte en effet les frictions entre la directrice financière Sarah Friar et le grand patron Sam Altman concernant le calendrier de l’introduction en bourse (IPO). Les procédures à mettre en place, le travail encore à accomplir en matière d’organisation, et les risques liés aux engagements de dépenses (notamment pour les équipements en serveurs) pourraient mettre à mal l’opération en 2026.

Bizarrement, la directrice financière relevait depuis août dernier non pas du directeur général Sam Altman, comme c’est généralement l’usage, mais… de Fidji Simo, qui vient donc de partir en congé maladie. Un vrai sac de nœuds !

Sur le strict plan financier, OpenAI aurait aussi prévenu les investisseurs que la marge brute réalisée en 2025 était inférieure aux prévisions. Elle a été grignotée par l’achat en urgence de capacités de calcul supplémentaires pour faire face à une demande plus forte que prévu. Sarah Friar s’inquiéterait également de la croissance des revenus, qui tournerait au ralenti.

Sam Altman se fait (encore) tirer le portrait

Le tableau ne serait pas complet sans le portrait de Sam Altman publié ce week-end par The New Yorker. À travers de nombreux témoignages et mémos internes, il dépeint un dirigeant habile, obsédé par la gagne, et qui entretiendrait un rapport, disons, très souple à la vérité.

Sam Altman en prend pour son grade. « Tu dois comprendre que Sam ne peut jamais être digne de confiance […] C’est un sociopathe. Il ferait n’importe quoi », aurait affirmé Aaron Swartz, informaticien, militant politique et hacktiviste américain qui s’est suicidé en janvier 2013. Le terme sociopathe a été utilisé spontanément par d’autres personnes, notamment du conseil d’administration d’OpenAI, expliquent nos confrères.

« Il n’a que faire de la vérité » et n’hésiterait pas à « déformer, trafiquer, renégocier et renier des accords », selon une source. Il posséderait, selon une autre source de chez Microsoft citée par nos confrères, deux traits de caractère que l’on ne retrouve généralement pas chez une seule personne : « un fort désir de plaire aux autres, d’être apprécié dans toutes ses interactions [et] un manque de préoccupation, presque sociopathique, des conséquences que pourrait entraîner le fait de duper quelqu’un ».

L’année dernière, Sam Altman était déjà au cœur de l’attention des médias avec les « OpenAI Files », une collection de documents regroupant de nombreux témoignages, notamment d’anciens employés de l’entreprise. Le portrait n’était pas flatteur. Des cadres supérieurs des trois entreprises qu’il a dirigées ont tenté de le démettre de ses fonctions. Son comportement chez Y Combinator aurait été qualifié de « trompeur et chaotique », avec en plus des accusations d’absentéisme et de course à l’enrichissement personnel. Il aurait menti et cherché à semer la zizanie dans le conseil d’administration… n’en jetez plus.

Le dévoilement de ces coulisses et la réorganisation de la direction au plus haut niveau pourraient-ils faire capoter l’IPO d’OpenAI ? Sans doute pas, les intérêts sont trop élevés, d’autant qu’Anthropic aussi se joint à la fête avec la volonté d’une entrée en bourse cette année. Mais ces remous confirment à tout le moins qu’au-delà de la figure publique de Sam Altman, la gouvernance de l’entreprise reste fragile.

☕️ Votre PC tient-il la route ? Steam pourrait donner la réponse avec une estimation des FPS

8 avril 2026 à 06:46


Quel joueur ne s’est pas réveillé en pleine nuit, de la sueur glacée perlant à grosses gouttes sur le visage et dans le dos, en se demandant si tel jeu allait tourner correctement sur son PC ? Il faut dire que les outils à leur disposition sont limités : ils peuvent toujours se référer aux configurations recommandées par l’éditeur, mais souvent cela revient à croiser les doigts dans l’espoir que tout tourne au mieux !

Steam pourrait bien leur faciliter la vie. La dernière bêta du client de la boutique contient des références à un « estimateur de framerate » qui fonctionnerait de la manière suivante : soit en renseignant la configuration matérielle du PC (CPU, GPU, RAM), soit en laissant le logiciel fouiller tout seul pour obtenir ces informations.

© dex3108

Après avoir sélectionné un jeu, Steam serait en mesure de retourner une estimation du nombre d’images par seconde que l’on devrait obtenir sur sa machine. Sur PC, la boutique Xbox offre un outil assez proche, mais elle se contente de dire comment tel jeu fonctionnera sur l’ordinateur, en restant vague. Sur Steam, il s’agira d’obtenir une donnée chiffrée.

Depuis le mois de février, le client Steam en bêta invite tous ceux qui laissent un avis sur la page d’un jeu à inclure automatiquement les caractéristiques matérielles de leur machine. Ils peuvent également autoriser la collecte de données (anonymisées) sur la fréquence d’images. C’est aussi le cas depuis la mise à jour de la version stable de SteamOS pour le Steam Deck qui remonte au 9 mars.

Valve précise que la fonction « est actuellement en version bêta et se concentre sur les appareils fonctionnant sous SteamOS », mais comme on le voit l’éditeur semble voir plus large que les seuls appareils de son écosystème. Il est vrai cependant que c’est plus facile de commencer par SteamOS, où le parc matériel se restreint à une poignée de consoles portables. La console de salon Steam Machine est toujours dans les limbes…

Le framerate ne fait pas tout, et on attend de voir si l’outil de Steam inclura des variations de FPS en fonction de la résolution du jeu et des paramètres de qualité sélectionnés. Le principe reste intéressant, ne serait-ce que pour avoir une idée un peu plus claire des performances à attendre. À voir si cette fonctionnalité arrivera en version finale et, si c’est le cas, sous quelle forme elle sera proposée

Y a-t-il trop de Copilot dans l’avion ?

8 avril 2026 à 06:01
L'heure de pointe dans le cockpit
Y a-t-il trop de Copilot dans l’avion ?

Trop de copilotes tuent-ils le Copilot ? C’est la question soulevée par un spécialiste de l’IA qui a dénombré des dizaines de versions différentes de Copilot chez Microsoft. L’éditeur en met partout, à toutes les sauces.

Sorti de Copilot, point de salut chez Microsoft. L’éditeur a la fâcheuse habitude de nommer bizarrement ses logiciels et services ; son IA ne fait pas exception. La course à l’IA générative l’a ainsi poussé à coller l’étiquette Copilot sur un peu tout et n’importe quoi.

Pour le commun des mortels, Copilot évoque un chatbot ou un bouton mystérieux dans une application. Pour Microsoft, c’est une marque à insérer au chausse-pied partout où c’est possible : on travaille dans Microsoft 365 Copilot, avec le mode Copilot du navigateur Edge qui affiche GitHub Copilot, le tout, bien sûr, sur un PC Copilot+ (dont le clavier comprend… une touche Copilot).

Des Copilot dans tous les sens

Cette boulimie presque incontrôlable a été mesurée par Key Bannerman, spécialiste IA, qui s’est amusé à cartographier les différents Copilot. Il en a compté 78, et deux de plus se sont ajoutés depuis : Gaming Copilot (une IA pour l’aide en jeu sur PC et les consoles Xbox), et Microsoft Dragon Copilot, un assistant IA pour le secteur de la santé. Sans oublier Copilot Health annoncé en mars.

La carte donne le vertige :

© Key Bannerman

Copilot existe sous la forme de chatbots, d’applications de bureau, de plateformes pour les entreprises, d’outils pour développeurs, d’apps dans d’autres apps, dans des logiciels professionnels ou encore dans le matériel (la fameuse touche Copilot des Copilot+PC). Il existe même un Microsoft Copilot Studio pour créer d’autres Copilot !

Pour Key Bannerman, chaque équipe en interne doit prouver « qu’elle fait partie de l’histoire de l’IA », au risque sinon de se dissoudre dans le grand rien. Renommer tout et n’importe quoi Copilot ne serait qu’« un instinct de survie ».

L’IA générative a allumé la mèche d’une course à l’échalote entre les grands noms de la tech. Google aussi a tendance à apposer l’étiquette Gemini un peu partout. Mais, chez Microsoft, l’inflation de Copilot donne surtout l’impression que personne n’est au manche de l’avion — ou plutôt si : 80 copilotes.

De l’IA au chausse-pied

Reste à savoir à quoi sert tout ce petit monde. Un changement discret, réalisé en octobre dans les conditions d’utilisation de Copilot, a rebondi sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Microsoft y explique — en gras et bien visible — que « Copilot est uniquement destiné à des fins de divertissement […] Ne vous fiez pas à Copilot pour obtenir des conseils importants. » Un message qui contraste avec le discours de l’entreprise, promouvant une IA « utile » pour les utilisateurs comme pour les entreprises.

Microsoft prévoit toutefois de modifier prochainement les termes et conditions de Copilot. « La formulation “à des fins de divertissement” est un héritage de l’époque où Copilot a été lancé comme un service d’accompagnement à la recherche dans Bing », a expliqué un représentant du groupe à PCMag. Une formulation qui ne reflète plus la manière dont l’IA est désormais utilisée. Ça va mieux en le disant.

C’est une manière pour l’éditeur de rappeler que son IA générative peut faire des erreurs. Un message plus ou moins similaire se trouve chez d’autres. Anthropic par exemple rappelle que « Claude est une IA et peut faire des erreurs », de même chez OpenAI avec ChatGPT qui peut aussi « commettre des erreurs ».

Trop de Copilot tue-t-il le Copilot ? Microsoft avait reçu un accueil glacial en fin d’année dernière, lors de la présentation d’une vision d’un Windows « agentique ». À tel point que l’éditeur a annoncé une réduction de la voilure des fonctions IA dans le système d’exploitation.

En mars, lors de l’annonce de changements en profondeur pour Windows 11, Microsoft laissait entendre que les intégrations inutiles de Copilot allaient disparaitre, à commencer par Capture et croquis, Photos, Widgets et Bloc-notes.

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