☕️ OkCupid épinglé pour un transfert de photos d’utilisateurs vers une société d’IA
Des millions de photos d’utilisateurs d’OkCupid ainsi que de nombreuses autres données ont servi à entraîner des modèles de reconnaissance faciale, en totale infraction avec la politique de confidentialité du site de rencontres. Mais cela ne l’a pas empêché de livrer ces informations à Clarifai, une société IA spécialisée dans les technologies de reconnaissance faciale.
Fin mars, OkCupid concluait un accord avec le régulateur états-unien du commerce, la FTC (Federal Trade Commission). Le site et sa maison mère Match — qui opère également Tinder — s’engagent à ne plus induire en erreur leurs utilisateurs sur l’usage des données personnelles, rapporte Reuters. Une entente à l’amiable qui n’implique pas de sanction financière, la FTC n’ayant pas ce pouvoir.

L’affaire remonte à 2014. Clarifai, une société IA dont des dirigeants d’OkCupid sont actionnaires, demande au site de rencontres un accès aux photos et données de ses utilisateurs. « Nous collectons des données en ce moment, et nous venons de réaliser qu’OkCupid doit disposer d’une ÉNORME quantité de données idéales pour ça », lit-on dans un courriel du fondateur de Clarifai Matthew Zeiler à Maxwell Khron, cofondateur d’OkCupid.
Ce transfert de données enfreint la politique de confidentialité d’OkCupid ainsi qu’une loi fédérale interdisant les pratiques commerciales trompeuses… mais qu’à cela ne tienne, il a bien lieu. Ce sont 3 millions de photos d’utilisateurs du site ainsi que des données démographiques et de localisation qui sont fournies à Clarifai pour entraîner des modèles de reconnaissance faciale. Le tout sans restrictions sur l’usage de ces informations, et sans informer les utilisateurs ni leur permettre de s’y opposer.
La FTC a ouvert une enquête en 2019, qui a débouché sur cet accord. Clarifai, qui ne faisait l’objet d’aucune accusation, a affirmé avoir supprimé les données reçues d’OkCupid… douze ans après les faits.
Clarifai, qui travaille pour le compte de plusieurs clients, dont l’armée US, n’a pas répondu aux demandes de commentaires concernant le nombre de modèles supprimés ni la durée de leur utilisation.