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Reçu — 11 mai 2026 Next - Articles gratuits

☕️ xAI balade son adresse de contact juridique européenne en Estonie

11 mai 2026 à 15:32


Suite à la vague de deepfakes visant à dénuder des femmes perpétrée par des utilisateurs du réseau social X, xAI fait face en Europe à plusieurs enquêtes en cours, notamment ouvertes par la Commission de protection des données irlandaise (la Data Protection Commission, DPC), la Commission européenne et la justice française.

Mais l’entreprise d’Elon Musk semble vouloir jouer au jeu du chat et de la souris. Elle a discrètement changé plusieurs fois son point de contact officiel européen pour les utilisateurs voulant signaler d’éventuels problèmes liés au Digital Services Act. Le média Follow the Money a repéré une première adresse à Tallinn. Celle-ci était censée être celle d’EDSR (European Digital Services Representatives).

Illustration : Flock

EDSR est un cabinet d’avocats situé à Bruxelles détenu en partie par Olivier Willocx, membre du Parlement de la région de Bruxelles-Capitale depuis 2024. Cette structure s’est notamment spécialisée dans l’accompagnement d’entreprises non européennes comme Telegram.

Cette adresse en Estonie a été ajoutée aux conditions d’utilisation de xAI peu de temps après l’ouverture de l’enquête de la DPC. Ainsi, en mars, on pouvait la retrouver sur la page des conditions d’utilisation alors que la page n’indiquait pas de tel point de contact en janvier dernier.

Follow the Money a voulu en savoir plus sur cette adresse et a pu constater physiquement qu’aucun bureau de EDSR ou xAI n’y figurait. Seule une boite aux lettres était installée à l’accueil alors que l’entreprise propriétaire du bâtiment indique à nos confrères ne pas louer de boîtes postales à des entreprises qui n’avaient pas de bureau dans l’immeuble et ne pas avoir conclu de contrat de location avec xAI ou EDSR.

Après avoir été contactée par Follow the Money, et sans donner aucune explication ni réponse, xAI a de nouveau changé l’adresse de contact, la situant dans un autre immeuble de la capitale de l’Estonie.

Dirty Frag : une faille de sécurité de 9 ans d’âge dans le noyau Linux

11 mai 2026 à 11:00
Le début d'une série ?
Dirty Frag : une faille de sécurité de 9 ans d’âge dans le noyau Linux

Ce 7 mai, une nouvelle faille dans le noyau Linux permettant d’obtenir les droits superutilisateur a été divulguée. Mais l’embargo sur sa découverte a été cassé par des tiers. Même si un moyen de l’endiguer a été disponible rapidement, les responsables de distributions Linux courent depuis pour proposer à leurs utilisateurs un noyau incluant un patch.

Ce week-end du 8 mai a été bien actif pour les administrateurs systèmes : un peu plus d’une semaine après la révélation de la faille Copy fail dans le noyau Linux, une autre vulnérabilité a été rendue publique le 7 mai dernier. Elle est maintenant décrite sous le nom de Dirty Frag.

Comme pour Copy fail, en l’exploitant, la faille permet une escalade des privilèges, c’est-à-dire qu’un utilisateur lambda d’une machine peut très facilement accéder aux droits d’accès superutilisateur et faire ce que bon lui semble. Encore faut-il avoir un compte sur la machine.

Embargo cassé

Cette faille a été détectée par le chercheur indépendant Hyunwoo Kim. Mais celui-ci n’avait pas prévu de diffuser l’information si tôt. Comme il l’a expliqué vendredi sur la liste de discussion oss-security, d’autres personnes ont outrepassé l’embargo fixé sur la divulgation de cette faille qui concerne la plupart des distributions Linux.

Ainsi, vendredi, au moment où il a posté le message, aucun patch n’existait et aucun numéro de vulnérabilité ne lui avait été affecté. Le seul moyen qu’il proposait pour endiguer son exploitation était de bloquer les modules dans lesquels le problème se trouvait via la commande :

sh -c "printf 'install esp4 /bin/false\ninstall esp6 /bin/false\ninstall rxrpc /bin/false\n' > /etc/modprobe.d/dirtyfrag.conf; rmmod esp4 esp6 rxrpc 2>/dev/null; echo 3 > /proc/sys/vm/drop_caches; true"

Depuis, la communauté s’est affairée à mettre tout en place pour bloquer la faille. Ainsi, Hyunwoo Kim a créé un dépôt GitHub officiel sur le sujet pour décrire et c’est en fait deux CVE qui ont été créées : CVE-2026-43284 puis CVE-2026-43500. Le score de vulnérabilité de la seconde n’est pas encore fixé mais celui de CVE-2026-43284 est de 8,8. Comme pour Copy Fail, le vecteur d’attaque est local (AV:L) : il faut déjà avoir un accès local sur la machine et le score aurait été sans doute plus élevé si ça n’avait pas été le cas.

Une modification possible depuis 2017

Les deux vulnérabilités se situaient aussi, comme avec Copy Fail, dans la possibilité de modifier le page cache (celui de xfrm-ESP depuis 2017 pour la CVE-2026-43284 et celui de RxRPC depuis 2023 pour la CVE-2026-43500). Corrigées respectivement depuis le 5 et 10 mai dans les deux projets, Hyunwoo Kim souligne qu’ « en d’autres termes, la durée de vie effective de ces vulnérabilités est d’environ 9 ans ».

La similarité avec Copy fail n’est pas étonnante puisque Hyunwoo Kim explique que c’est la première faille qui a inspiré sa recherche d’autres du même type

Le chercheur donne aussi un PoC. À Next, nous avons testé sur un serveur dédié virtuel chez OVHCloud sur lequel est installé Ubuntu 25.04. Nous avons pu reproduire le comportement, ainsi n’importe quelle personne qui a un compte sur la machine peut devenir root et y faire ce qu’elle veut.

Dans sa documentation, avant de pouvoir déployer le correctif de votre distribution, Hyunwoo Kim propose la même façon d’endiguer le problème que dans son message sur la liste oss-security.

Comme l’explique Ubuntu sur son blog, celle-ci peut poser des problèmes si on utilise le protocole de VPN IPSec comme le logiciel strongSwan. C’est aussi le cas si on se sert du système d’archivage distribué AFS (Andrew File System) « ou d’une autre application utilisant RxRPC ».

Course pour patcher

Petit à petit, les responsables des distributions Linux déploient un correctif. C’est le cas pour certaines versions de Debian, par exemple. Mais, à cause du non respect de l’embargo, le déploiement n’était pas prêt lorsque la faille a été rendue publique. Sur un dépôt GitHub titré « Copy Fail 2: Electric Boogaloo », d’autres personnes ont publié des informations sur la faille en marge du travail de Hyunwoo Kim tout en le créditant.

Celui-ci explique avoir contacté l’équipe de sécurité du noyau Linux le 30 avril avec un exploit montrant les possibilités d’utilisation de la faille et que le chercheur Kuan-Ting Chen a travaillé en parallèle sur le problème. Celui-ci a proposé un patch le 4 mai sur la liste netdev et il a été intégré à la branche netdev le 7 mai. Hyunwoo Kim a ensuite informé les responsables des distributions Linux sur la linux-distros et un embargo de cinq jours a été fixé. Mais celui-ci a donc été cassé par un tiers, ce qui a précipité la mise en place d’une solution. Comme avec Copy Fail, les administrateurs systèmes se sont donc retrouvés avec des informations partielles sur le problème au moment de la divulgation.

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