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☕️ Booba condamné pour injures racistes et cyberharcèlement

2 juin 2026 à 15:05


Le tribunal correctionnel de Paris a condamné ce 2 juin le rappeur Booba, Ellie Yaffa de son vrai nom, à trois mois de prison avec sursis et 30 000 euros d’amende pour des faits de cyberharcèlement et d’injure raciale envers la journaliste de France Télévision Linh-Lan Dao.

Cette dernière a porté plainte en avril 2024, critiquant le rôle de l’artiste dans la campagne de violence qui l’avait visée après la publication d’un article de débunkage sur les liens entre vaccin à ARN messager et maladie de Creutzfeldt-Jakob.

Suivi par plus de 6 millions d’abonnés au moment des faits, Booba avait publié une capture d’écran de l’article, puis proposé à la journaliste un « strip poker sans cartes » autour d’un « wok de légumes ». 
Il ne s’est pas présenté à l’audience, qui s’est tenue le 1er avril 2026. À la barre, Linh-Lan Dao avait de son côté décrit la « journée horrible » de déclenchement de la campagne, à la suite de laquelle sa productivité et sa présence sur X avaient baissé.

Pour le tribunal, « la dimension sexiste du discours et celle essentialisante, à raison de ses origines asiatiques, destinées à renvoyer la journaliste Linh-Lan Dao à sa seule qualité de femme asiatique, lui confèrent à l’évidence un caractère malveillant ».

Le rappeur a été condamné à verser 4 000 euros de dommages-intérêts à la partie civile, indique l’AFP.

Dans un autre dossier étudié à la même audience, Booba par ailleurs été condamné à 20 000 euros d’amende pour injure raciale contre le chroniqueur Tristan Mendès-France, qui dénonçait sur X le cyberharcèlement visant Linh-Lan Dao. Booba avait publié des messages évoquant son nez, ce que le tribunal a qualifié de « reprise du stéréotype antisémite le plus éculé ».

Le rappeur fait appel des deux condamnations.

☕️ La France attaquée devant la CEDH dans une affaire de « pornographie du viol »

2 juin 2026 à 07:47


La France est mise en cause devant la Cour européenne des droits de l’homme par une femme victime de diffusion de captations vidéo de son viol.

Face à la Cour, elle dénonce la décision de la Justice française ne pas qualifier les faits de « traite des êtres humains » et interroge la manière dont l’État a évalué le consentement. 


Outre la prise de contact avec les victimes par l’intermédiaire d’un faux profil Facebook, l’affaire a par ailleurs impliqué la diffusion de « vidéos amateurs relevant de la pornographie du viol », représentant des sévices « particulièrement violents et dégradants, souvent accompagnés d’injures sexistes ou racistes ».

Sur le versant numérique, la requérante demande donc à la Cour européenne de se prononcer sur les mesures prises par les autorités françaises pour « protéger la dignité, l’intégrité et la vie privée de la requérante – victime présumée de violences sexuelles – notamment en empêchant la diffusion des vidéos la représentant lors des faits allégués ».

Balance de la justice

Comme le souligne le juriste Nicolas Hervieu, c’est la deuxième fois cette année que la France est mise en cause devant la CEDH pour une absence de suppression « rapide et définitive » des vidéos de viols accessibles en ligne.

La première plainte a été déposée par une autre femme, partie civile de l’affaire dite « French Bukkake ». Ce site internet diffusait des vidéos pornographiques et proposait aux abonnés, contre paiement, de participer à des tournages, voire d’obtenir des prestations sexuelles. Les mis en cause seront jugés aux Assises.

Dans les deux cas, les victimes qualifient la circulation des images de « victimisation secondaire », une description qui s’entend aussi du côté d’autres types de victimes de diffusion non consenties d’images à caractère sexuel (par exemple exposées à la diffusion d’images intimes initialement créées pour le cadre privé, pratique parfois qualifiée de « revenge porn »).

En 2024, Google avait été condamné par le tribunal de Paris à verser 2 000 euros à une plaignante pour avoir tardé à déréférencer des vidéos dans lesquelles elle apparaissait.

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