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Reçu — 29 mars 2026 Les Électrons Libres

Électroscope #20 : IA made in France, lutte contre le cancer et télépathie

29 mars 2026 à 22:14

Écarter le danger du plomb, révolutionner l’IA façon « made in France » avec Yann LeCun, reprogrammer l’organisme pour vaincre le cancer, faire parler par l’esprit les personnes atteintes de la maladie de Charcot, imprimer en 3D un moteur électrique en moins de 3 heures… C’est parti pour Électroscope #20.

La fin de notre exposition au plomb ?

On en parle moins, et pourtant, un métal lourd bien plus dangereux que le cadmium est en train de disparaître de nos organismes. À une époque pas si lointaine, on déplorait les effets du saturnisme, cette grave intoxication provoquée par une exposition excessive au plomb, qui touche particulièrement les enfants en bas âge ainsi que les femmes enceintes. Chez les jeunes enfants, même à des doses faibles, il altère le développement du cerveau, entraînant une baisse du quotient intellectuel, des troubles de l’attention, des difficultés d’apprentissage, des problèmes de comportement et parfois des retards de croissance. Chez l’adulte, il augmente les risques d’hypertension artérielle, de maladies cardiovasculaires et de lésions rénales. Historiquement, avant les réglementations des années 1970-1980, ces expositions massives via l’essence, les peintures et les émissions industrielles ont laissé des traces durables sur des générations entières.

Or, des chercheurs de l’université de l’Utah ont analysé des mèches de cheveux conservées pendant un siècle, certaines datant de 1916, d’autres prélevées en 2024. Leurs résultats, publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), révèlent une chute spectaculaire de l’exposition humaine au plomb.

Cette bonne nouvelle n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte directement des politiques mises en place à partir des années 1970. Dans la région étudiée, la fermeture de fonderies de plomb a joué un rôle important. Mais l’élément décisif a été le retrait progressif du métal ajouté à l’essence des voitures, une mesure lancée aux États-Unis dans les années 1970, achevée à la fin des années 1980, puis reprise dans le monde entier. Avant cela, chaque gallon d’essence contenait jusqu’à deux grammes de plomb, libérant dans l’atmosphère des quantités massives, respirées ou ingérées par la population. Il en va de même des législations concernant la composition des peintures et des tuyauteries.

Ce phénomène est également perceptible partout ailleurs. En Europe, les données indiquent une forte réduction des niveaux de plomb dans le sang de la population générale entre les années 1980 et aujourd’hui. Dans d’autres régions du monde (Australie, Canada, Japon, etc.), des études similaires chez les enfants ou la population générale montrent la même courbe descendante après les mesures de réduction des émissions.

Bref, le plomb a pris du plomb dans l’aile, et c’est heureux…

Avec Yann LeCun : la France leader dans l’IA nouvelle génération ?

Comprendre la réalité physique comme le font les humains ou les animaux, bien au-delà des limites actuelles des grands modèles de langage comme Claude ou ChatGPT, en consommant très peu d’énergie ? C’est le pari du Français Yann LeCun, l’un des pionniers de l’intelligence artificielle et lauréat du prix Turing. Il a quitté Meta fin 2025 pour fonder AMI Labs (Advanced Machine Intelligence).

Avec lui, ces systèmes ne se contentent plus de prédire des mots ou des images, ils apprennent les lois de la physique et les relations de causalité, en anticipant les conséquences de leurs actions. Ils construisent une représentation abstraite et prédictive du monde, permettant à l’IA de planifier, de raisonner et de s’adapter à des situations nouvelles avec une véritable intuition. Le récent LeWorldModel, issu de ses travaux, démontre déjà qu’il est possible d’entraîner de tels modèles de manière stable et efficace directement à partir de vidéos brutes, avec seulement 15 millions de paramètres, au lieu des milliards utiles aux LLM classiques. Cela ouvre la porte à une exécution du modèle sur du matériel à faible consommation électrique, embarqué dans des robots.

De quoi changer la donne dans le monde de l’IA. Les modèles actuels excellent dans le texte et la connaissance brute, mais peinent face au monde réel et à ses lois physiques. Les world models ouvrent la voie à une intelligence artificielle plus robuste, moins sujette aux hallucinations et capable d’interagir concrètement avec notre environnement.

Pour la France, l’enjeu est considérable. En ayant installé AMI Labs à Paris et levé plus d’un milliard de dollars, LeCun ramène au pays un talent mondial et attire des investisseurs internationaux de premier plan. Cela renforce l’écosystème français de l’IA, crée des emplois hautement qualifiés, stimule la recherche et positionne la France comme un acteur clé de la prochaine génération d’intelligence artificielle. Au moment où l’Europe cherche son autonomie technologique, cette initiative offre une opportunité rare de leadership scientifique et industriel.

Reprogrammer l’organisme pour vaincre le cancer !

Et si l’on pouvait reprogrammer notre immunité pour vaincre le cancer ? C’est ce que des scientifiques de l’université de Californie (UCSF) espèrent, après avoir franchi une étape potentiellement révolutionnaire dans la lutte contre la maladie. Publiée dans la revue Nature, cette recherche pourrait simplifier la thérapie CAR-T et la rendre accessible à bien plus de patients.

Jusqu’à présent, la thérapie CAR-T consistait à prélever les cellules T du sang du patient, à les modifier en laboratoire pour qu’elles reconnaissent et attaquent spécifiquement les cellules cancéreuses, puis à les réinjecter. Ce processus est long, extrêmement coûteux et nécessite souvent une chimiothérapie préalable. L’équipe dirigée par Justin Eyquem a conçu un système à deux particules injectables : l’une délivre l’outil d’édition génétique CRISPR-Cas9 ciblé vers les cellules T, tandis que l’autre introduit précisément la séquence d’ADN qui transforme ces cellules en « tueuses de cancer ». Pour la première fois, une grande séquence d’ADN a ainsi été intégrée de manière ciblée et stable dans des cellules T humaines sans les sortir de l’organisme.

Chez des souris dotées d’un système immunitaire humanisé et atteintes de cancers agressifs, une seule injection a suffi. En deux semaines, le cancer était devenu indétectable chez la quasi-totalité des animaux. Mieux encore, les cellules ainsi reprogrammées directement dans le corps ont montré une meilleure capacité à se multiplier et à persister que celles fabriquées en laboratoire.

Cette approche, encore au stade préclinique, ouvre la voie à un traitement « prêt à l’emploi », comparable à un vaccin, qui pourrait être administré plus rapidement, à moindre coût et sans les lourdeurs actuelles. Elle pourrait ainsi démocratiser l’accès à cette immunothérapie, y compris dans des contextes où les infrastructures spécialisées manquent.

Parler avec l’esprit : l’espoir rendu à Kenneth par Neuralink

Diagnostiqué en janvier 2024 de la terrible maladie de Charcot (SLA), Kenneth Shock a vu cette pathologie lui voler progressivement sa voix. Cette affection neurodégénérative paralyse peu à peu les muscles jusqu’à la mort.

Pourtant, en janvier 2026, cet homme est devenu le deuxième participant à l’essai clinique VOICE de Neuralink. Grâce à un implant cérébral innovant, il explore aujourd’hui la possibilité de retrouver sa capacité à communiquer simplement en pensant.

L’implant, placé chirurgicalement dans la zone du cerveau responsable de la production de la parole, capte en temps réel l’activité neuronale liée à l’intention de parler. Ces signaux sont ensuite décodés par un algorithme et transformés en mots prononcés à voix haute par une synthèse vocale.

Le plus émouvant est que la voix restituée reproduit fidèlement celle de Kenneth avant la maladie, à partir d’anciens enregistrements. Dans une vidéo diffusée par Neuralink fin mars 2026, on l’entend déclarer clairement : « I’m talking to you with my mind » – « Je vous parle avec mon esprit » –, sans bouger les lèvres ni produire le moindre son physique.

Cette prouesse repose sur des années de recherche, combinant neurochirurgie de précision, enregistrement à haute densité des signaux neuronaux et intelligence artificielle.

Pour Kenneth et des milliers d’autres patients dans le monde, cette technologie offre un vrai regain d’autonomie, réduit l’isolement et redonne une part de dignité au patient. Bien sûr, il s’agit encore d’un essai clinique expérimental, et des progrès restent nécessaires pour atteindre une fluidité conversationnelle naturelle. Mais cette démonstration marque une étape émouvante vers un futur où la perte de la voix ne signifiera plus la perte de la parole.

Imprimer en 3D un vrai moteur électrique en trois heures !

Une plateforme d’impression 3D capable de produire un moteur électrique fonctionnel en seulement trois heures, pour un demi dollar ? C’est ce que viennent de réaliser des ingénieurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT).

Traditionnellement, la fabrication d’un tel moteur exige de multiples étapes complexes – usinage de pièces métalliques, bobinage de fils, assemblage d’aimants – dans des usines spécialisées, souvent sur plusieurs jours ou semaines, avec une chaîne d’approvisionnement lourde et coûteuse. Grâce à leur nouvelle imprimante, les chercheurs ont déposé, couche par couche, cinq matériaux aux propriétés distinctes. Une fois l’impression terminée, il ne reste plus qu’une seule étape simple : aimanter les matériaux magnétiques. Le moteur ainsi créé fonctionne immédiatement et offre même une force d’actionnement plusieurs fois supérieure à celle de certains systèmes hydrauliques équivalents.

Le coût en matériaux ? À peine cinquante centimes par unité. Et ce, en modifiant une imprimante commerciale pour traiter simultanément filaments, granulés et encres. Cette technologie ouvre la porte à l’impression sur place de pièces de rechange pour robots, drones, appareils médicaux ou systèmes spatiaux, sans dépendre de chaînes d’approvisionnement vulnérables dans un contexte géopolitique tendu. Elle réduit drastiquement les délais, les coûts et les déchets, tout en permettant des conceptions impossibles avec les méthodes classiques. À plus long terme, elle rapproche le rêve de fabriquer des objets électromécaniques entiers, voire des véhicules complets, directement par impression 3D.

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Quand la Chine tente de “pêcher” Taïwan

Les manœuvres étaient visibles depuis l’espace. À Taïwan, la Chine a un plan : annexer sans combattre. Un patient travail de sape, pour, enfin, finaliser l’œuvre de Mao.

Depuis fin décembre 2025, d’étranges figures apparaissaient en mer de Chine, au large de Shanghai. Deux énormes lettres L inversées, presque aussi longues que l’île de Taïwan, étaient détectées par des satellites. Quelques semaines plus tard, c’était un rectangle qui se formait dans les eaux chinoises, puis, début mars, deux lignes parallèles. Ces figures étaient composées de près de 2 000 bateaux de pêche chinois qui manœuvraient avec rigueur et de façon coordonnée, puis restaient ainsi en place plus de 24 heures. Un phénomène étonnant, tant il est rare de voir des milliers de bateaux s’aligner ainsi sur des centaines de kilomètres.

À quoi bon peuvent servir de telles manœuvres ? La réponse est en réalité connue. Ces figures sont l’expression de la mise en place d’un blocus naval d’un type assez particulier, cherchant à entraver la liberté de circulation maritime par la saturation des eaux, sans avoir à recourir à la force militaire. Pratique car, officiellement, ces bateaux de pêche sont bien civils. Pourtant, Taïwan a raison d’observer ces exercices d’un œil inquiet, car la Chine semble bien se préparer à pouvoir bloquer un jour les accès portuaires de l’île.

Les pêcheurs de guerre chinois

J’approfondis

La réunification de la Chine : une priorité pour Xi Jinping

Xi Jinping a fait de la réunification de la Chine un objectif stratégique central. Récupérer Taïwan lui offrirait un poste avancé en mer de Chine et un accès plus libre au Pacifique. Son pays fait face à un corridor de territoires et d’îles relativement hostiles ou alliés aux États-Unis : Corée du Sud, Japon (une grande base américaine se situant à Okinawa), Philippines et l’île américaine de Guam. Sur le plan économique, la Chine mettrait également la main sur les chaînes de valeur des semi-conducteurs qui dominent le marché mondial : Taïwan dispose en effet de plus de 70 % de parts de marché dans leur fonderie, et même 90 % pour les systèmes les plus avancés.

Par ailleurs, Xi espère également finaliser l’œuvre de Mao Zedong et marquer l’histoire du régime. Le Grand Timonier avait établi le principe « d’une seule Chine » et appelait de ses vœux la « libération » de l’île, dans une lettre ouverte dévoilée le 6 octobre 1958. Intitulée « Message aux compatriotes taïwanais », elle est rééditée le 1er janvier 1979, posant clairement le principe d’une réunification concrète. Mais Xi Jinping va encore plus loin dans son discours du 2 janvier 2019, dans lequel il affirme que l’indépendance de l’île constituerait un « terrible désastre », et n’exclut pas de recourir à la force si nécessaire.

Cette unification de la Chine répond également à des symboliques beaucoup plus anciennes. Depuis le Grand État Yuan (créé par Kubilai Khan), premier régime à parvenir à l’objectif souhaité, tous les suivants ont partagé cet idéal. La crédibilité de l’État chinois repose sur sa capacité à assurer l’unité administrative de ce territoire immense, en dépit de la diversité des langues et des cultures. Dans l’imaginaire collectif local, ainsi que dans la propagande de Pékin, le fait de contrôler l’ensemble du « monde chinois » est un symbole important de légitimité.

Celle-ci est d’autant plus précieuse que l’économie du régime s’essouffle, contrairement à la perception que l’on peut en avoir vue d’Europe. Pourtant, depuis la répression des manifestations démocratiques de la place Tiananmen en juin 1989, Pékin tente d’établir un nouveau contrat social : le peuple renonce à la démocratie, mais en échange, le pouvoir lui assure une amélioration continue de ses conditions de vie grâce à la croissance et au développement économiques.

Mais ça coince désormais. Les marges de rattrapage par rapport aux Occidentaux diminuent. La croissance ralentit dans un contexte de crise immobilière, d’inflation faible et de tensions avec l’Occident. Et surtout, le sentiment de stagnation du niveau de vie, voire de déclassement économique et social des nouvelles générations, devient prédominant. Cela se traduit par un fort pessimisme, d’après une étude de Scott Rozelle (chercheur à l’université de Stanford) de septembre 2024 : alors qu’entre 2004 et 2014, 61,6 % des Chinois considéraient que l’effort était récompensé, ils ne sont plus que 28,3 % à le penser en 2023 et, surtout, sont persuadés que cette calcification sociale est liée à des causes structurelles. Ce pessimisme s’est récemment traduit par une expression en vogue à partir de 2023 : « garbage time », signifiant que les individus ne peuvent plus améliorer leurs conditions.

Face à cet essoufflement économique et social, et à l’incapacité du Parti communiste à garantir une hausse continue et régulière du niveau de vie, il est indispensable pour le régime de trouver un ressort de légitimité complémentaire auprès de son peuple. C’est pourquoi Xi Jinping fait appel au patriotisme dans ses discours, et mène une politique axée sur la puissance nationale, à travers le concept de « grand renouveau national », qui implique en premier lieu la réunification. Dans son discours d’ouverture du 19e Congrès du PCC, en octobre 2017, il a fait de ce thème le fondement même de la nouvelle dynamique insufflée par le pouvoir : « L’histoire a prouvé et prouvera que, sans la direction du PCC, le renouveau national ne sera qu’une chimère ». Il fixe l’objectif de faire de son pays, d’ici à 2049, la première « puissance globale » au monde. En définitive, l’accélération de Xi Jinping à l’égard de la question taïwanaise repose avant tout sur la nécessité de renforcer le régime (pseudo) communiste chinois, et son pouvoir personnel, dans un contexte de fragilisation du contrat social.

Une stratégie d’épuisement

Pour imposer sa souveraineté sur Taïwan, la Chine mène, depuis plusieurs années, une stratégie d’épuisement, fondée sur des exercices maritimes et aériens réguliers ainsi que sur une guerre informationnelle intense. Les incursions aériennes quasi quotidiennes visent à tester les forces taïwanaises et leurs réactions, à collecter du renseignement et à pousser la population à l’erreur pour légitimer une guerre ouverte ou un blocus strict. Pékin organise des exercices navals pour parvenir à ce dernier objectif avec sa milice maritime, composée de chalutiers dont les équipages sont réservistes. Quant aux nombreuses manœuvres de Pékin à proximité de Taïwan, elles visent à intimider, afin d’abaisser les forces morales des Taïwanais et de les contraindre à négocier. Enfin, dans l’espace informationnel, Pékin déploie des narratifs prochinois, s’ingère dans les élections et diffuse des fake news pour favoriser les candidats favorables à la Chine continentale et manipuler les opinions publiques en sa faveur, dans l’espoir d’une réunification pacifique.

De fait, une invasion militaire de Taïwan serait extrêmement complexe à réaliser pour l’APL (Armée populaire de libération), en raison des coûts humains exorbitants qu’entraînerait l’opération amphibie nécessaire, mais aussi à cause de la géographie montagneuse de l’île favorisant une résistance asymétrique, et enfin du niveau technologique avancé de son armée (dépenses à 3,3 % du PIB prévues en 2026), comme du risque majeur d’affrontement direct avec les États-Unis. En outre, l’idée d’une défaite, avec la perte de crédibilité qu’elle entraînerait, est élevée et probablement inacceptable pour le PCC. Ce scénario ne semble donc pas, à ce stade, le plus probable.

En revanche, un blocus strict et durable pourrait être décidé afin de forcer Taïwan à ouvrir les négociations. Le Center for Strategic and International Studies (CSIS) a simulé, en juillet 2025, plusieurs scénarios de blocus de l’île via la milice maritime et les garde-côtes. Malgré tout, un blocus entraînerait forcément une escalade militaire, avec des pertes se comptant en milliers, et Taïwan ne pourrait résister sans aide directe de l’armée américaine. Une stratégie « à l’ukrainienne », à savoir un soutien important avec la fourniture d’armes mais sans implication directe des États-Unis dans le conflit, ne fonctionnerait pas en raison de la disproportion entre la masse de l’APL et celle de l’armée taïwanaise.

Une invasion peu probable à court terme

De fait, Pékin est confrontée à un dilemme : la solution pacifique s’éloigne tandis que l’option militaire reste extrêmement risquée. L’idée qui fait donc son chemin est celle d’un contrat proposé aux Taïwanais fondé sur « un pays, deux systèmes », sur le modèle de Hong Kong. Taïwan pourrait rejoindre la Chine sur le plan administratif, tout en conservant son propre système économique et juridique. Mais un sondage d’août 2025 révèle que 84 % des personnes interrogées s’opposent à cette formule.

Il est donc probable qu’à court et moyen termes, la Chine poursuive, voire accentue, sa stratégie d’épuisement à coups d’incursions aériennes et maritimes fréquentes, de lutte d’influence dans le champ informationnel et, éventuellement, de provocations et d’entraves à la circulation autour de l’île, pour l’affaiblir économiquement et moralement. À suivre de très près…

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