Électroscope #25 : drones kamikazes, fin de la calvitie et taxi volant
Faire repousser les cheveux, désactiver le chromosome 21, contrer le brouillage russe avec des drones autonomes, déceler le cancer cutané avec un robot français, traverser NY en taxi volant.. C’est parti pour Électroscope #25.
Vers la fin de la calvitie ? La pilule de VeraDermics livre des résultats cliniques spectaculaires
Va-t-on pouvoir inverser la chute de nos cheveux grâce à un simple comprimé, sans les effets secondaires habituels ? Ce qui relevait hier du rêve pour des millions de personnes touchées par l’alopécie semble sur le point de devenir une réalité médicale tangible.
La lutte contre la perte de cheveux de type androgénétique vient de franchir un cap historique. Fin avril 2026, l’entreprise pharmaceutique VeraDermics a dévoilé les résultats très attendus de son essai clinique de phase 2/3 (étude « 302 ») pour son médicament expérimental, le VDPHL01. Cette annonce a fait l’effet d’une véritable onde de choc, propulsant la valeur de l’entreprise de plus de 45 % à la Bourse de New York.
Le VDPHL01 se distingue par son approche : il s’agit du premier « minoxidil oral à libération prolongée ». Pour rappel, historiquement, le minoxidil oral existant dit « à effet immédiat » causait des effets secondaires cardiaques en raison de pics de concentration soudains dans le sang. Mais la nouvelle matrice en gel développée par les équipes de VeraDermics permet une diffusion plus lente et constante. Cela maximise la stimulation des follicules pileux tout en contournant le seuil de toxicité cardiaque des précédentes versions.
Les données cliniques, obtenues sur des hommes souffrant de calvitie légère à modérée, sont impressionnantes. Après six mois de traitement, les patients ont vu repousser en moyenne 30 à 33 cheveux supplémentaires par centimètre carré, avec des premiers effets visibles dès le deuxième mois. Du côté du ressenti des patients, les deux tiers de ceux recevant deux doses par jour ont jugé que leur densité capillaire s’est « améliorée » voire « nettement améliorée » (contre 13,4 % pour le placebo).
Fait majeur : aucun événement cardiaque lié au traitement n’a été recensé. S’il obtient le feu vert des autorités sanitaires, le VDPHL01 deviendrait le premier traitement non hormonal et oral approuvé contre la perte de cheveux depuis plusieurs décennies. VeraDermics attend les résultats finaux de confirmation (phase 3) pour les hommes au second semestre 2026, et recrute actuellement pour ses essais destinés aux femmes.

Trisomie 21 : un mécanisme naturel permet de « désactiver » le chromosome surnuméraire
Et si la clé pour traiter la trisomie 21 se cachait dans un processus biologique que toutes les femmes possèdent déjà ? Une équipe de chercheurs américains est parvenue à « éteindre » le troisième chromosome 21 grâce à une stratégie génétique inédite.
La trisomie 21, ou syndrome de Down, se caractérise par la présence d’une troisième copie du chromosome 21. Cette anomalie provoque une surcharge d’instructions génétiques au cœur des cellules. Pour tenter de neutraliser ce déséquilibre, des scientifiques du Beth Israel Deaconess Medical Center (qui est affilié à Harvard) ont puisé leur inspiration dans le génome féminin. En effet, au début du développement embryonnaire, les femmes possèdent deux chromosomes X. Pour éviter une « double dose » toxique de gènes, leur organisme tout juste conçu utilise un gène spécifique, appelé XIST, qui agit comme un interrupteur naturel pour désactiver l’un des deux chromosomes X.
L’idée de génie des chercheurs a été d’appliquer cet interrupteur biologique au chromosome 21, en utilisant une version modifiée des célèbres ciseaux génétiques CRISPR/Cas9. Leur équipe a réussi à insérer le gène XIST de manière très ciblée sur le chromosome 21 supplémentaire. L’expérience a été menée en laboratoire sur des cellules souches humaines (cellules iPS) porteuses de la trisomie.
Les résultats, publiés dans la prestigieuse revue PNAS, sont encourageants. L’intégration du gène a fonctionné avec une efficacité de 20 à 40 %, et ce, exactement à l’endroit souhaité, sans altérer massivement le reste du génome. Les précédentes tentatives avaient un taux de succès bien plus faible et endommageaient souvent le génome. L’efficacité aurait été améliorée d’environ 30 fois avec cette solution optimisée.
S’il est important de souligner que cette prouesse scientifique n’est pour l’instant réalisée qu’in vitro, elle marque une étape historique. Ce n’est pas encore un traitement immédiat : d’autres études devront s’assurer que l’outil génétique ne coupe pas de manière indésirable d’autres brins d’ADN. Néanmoins, cette preuve de concept ouvre une voie thérapeutique révolutionnaire pour le futur de la recherche sur les pathologies chromosomiques.

En Ukraine, les drones IA à bas coût défient le brouillage russe
Face à l’intensité de la guerre électronique sur le front, les forces ukrainiennes déploient massivement une nouvelle génération de drones à bas coût, et insensibles au brouillage. Derrière cette transformation radicale du champ de bataille, on retrouve l’ancien PDG de Google, Eric Schmidt, dont l’initiative a pris une envergure inattendue.
Loin des confortables campus de la Silicon Valley, c’est au-dessus des plaines ukrainiennes que se joue l’avenir de la technologie militaire. Depuis le début de l’invasion russe, la guerre des drones a muté à une vitesse fulgurante. L’initiative d’Eric Schmidt, initialement connue sous le nom de code « White Stork », a évolué en un vaste réseau de défense désormais baptisé « Project Eagle ». Sa mission ? Produire en masse des systèmes autonomes capables de déjouer les redoutables défenses russes !
Sur le terrain, les pilotes ukrainiens font face à un défi majeur : le brouillage. Les systèmes de guerre électronique russes saturent les fréquences, rendant les signaux inopérants et coupant le flux vidéo des opérateurs avant l’impact. C’est ici que la technologie du Project Eagle change la donne. Au lieu de s’appuyer sur une liaison continue, les appareils intègrent des modules de ciblage assisté par intelligence artificielle.
Le principe est redoutable d’efficacité : une fois que le pilote a visuellement accroché sa cible sur son écran, l’ordinateur de bord prend le relais. Grâce à la vision par ordinateur, le drone verrouille sa trajectoire et termine sa course de manière autonome. Ce guidage rend le brouillage russe « de dernière minute » totalement obsolète, avec un taux de réussite en autonomie dépassant les 70 % selon plusieurs sources.
Si les drones kamikazes de première ligne restent cruciaux, l’avancée du projet réside également dans les essaims de drones intercepteurs. Des systèmes comme le Merops, développés sous l’égide de Project Eagle, réalisent aujourd’hui la grande majorité des interceptions de drones russes à longue portée (type Shahed). Avec plus de 80 000 modules d’IA déployés, la technologie a largement dépassé le stade expérimental.
Mais le véritable coup de force de l’initiative d’Eric Schmidt reste économique. Avec un coût de production compressé autour de 400 dollars pour un drone d’attaque basique, et d’environ 15 000 dollars pour un intercepteur complexe, l’idée est d’inonder l’espace aérien avec des appareils peu coûteux, évolutifs… et entièrement sacrifiables.
Un bras robotisé pour traquer le cancer de la peau « en trois minutes »
Obtenir un rendez-vous chez le dermatologue relève parfois du parcours du combattant, avec des délais frôlant l’année d’attente dans certaines zones. Mais que se passerait-il si un robot dopé à l’intelligence artificielle pouvait cartographier chaque centimètre de votre peau en quelques minutes, sans même vous toucher ? C’est la promesse révolutionnaire de Swan, une innovation signée par la pépite française SquareMind.
Face à la saturation des cabinets médicaux et à l’augmentation des cancers cutanés, cette jeune startup parisienne apporte une réponse inédite. Son robot, baptisé Swan, propose une expérience digne d’un film d’anticipation. Dans la salle d’examen, le patient se tient debout tandis qu’un bras articulé navigue de manière fluide et autonome autour de son corps. En moins de « trois minutes », l’appareil réalise une numérisation complète du corps à très haute résolution (dermoscopique), sans le moindre contact physique.
Sur cette base, le système peut ainsi générer une véritable carte de la surface cutanée du patient. L’IA embarquée prend alors le relais pour analyser tous les clichés et comparer les données avec celles des visites précédentes. Elle met en évidence les moindres anomalies : un grain de beauté qui s’élargit, une lésion qui change de couleur ou une nouvelle tache suspecte. Un détail qui n’en est pas un lorsque l’on sait que 80 % des mélanomes apparaissent sous forme de nouvelles lésions.
Swan se positionne comme un super-assistant pour le dermatologue. Il vise à réduire la charge de travail du praticien, à lui faire gagner un temps précieux et à fiabiliser le dépistage précoce. Le médecin conserve bien évidemment l’entière responsabilité du diagnostic final. Soutenue par Bpifrance, l’entreprise se prépare désormais à déployer son robot à grande échelle dans les hôpitaux et cliniques d’Europe et des États-Unis.
Un taxi aérien électrique à New York
Imaginez troquer deux heures de klaxons et d’embouteillages interminables vers l’aéroport JFK contre un vol serein, sans émissions et quasi silencieux de seulement sept minutes. Ce scénario futuriste vient de franchir un cap décisif dans le ciel de la Grosse Pomme.
Fin avril 2026, l’entreprise californienne Joby Aviation a marqué l’histoire de la mobilité urbaine en menant une campagne inédite de vols de démonstration au-dessus de New York. Son appareil, un aéronef électrique à décollage et atterrissage verticaux (dit eVTOL), a relié avec succès Manhattan à l’aéroport international John F. Kennedy. Ce trajet, qui requiert généralement entre une à deux heures par la route, ne prend que 7 min dans les airs !
L’innovation de Joby ne se cantonne pas à la vitesse. Avec ses six rotors électriques perfectionnés, ce taxi des airs promet d’être « 100 fois plus silencieux » qu’un hélicoptère traditionnel. Un point essentiel pour l’acceptation citoyenne : selon l’entreprise, le bruit de l’appareil se fondra dans le bourdonnement urbain, le rendant imperceptible depuis le sol.
Loin d’être un luxe réservé à une poignée de millionnaires, le service ambitionne de révolutionner les trajets quotidiens de la population et des touristes. À terme, ces vols pourront être réservés directement depuis l’application Uber, un partenaire stratégique de Joby, pour un tarif estimé à environ 200 $ contre un tarif de 120 à 160 $ pour un VTC premium (Uber Black). Le surplus étant justifié par le gain de temps… et la vue.
Sous réserve de l’obtention de la certification finale de la Federal Aviation Administration (FAA), l’entreprise prévoit de lancer ses premiers vols commerciaux avec passagers dès le second semestre 2026. La révolution des transports urbains n’est plus une lointaine promesse : elle est en train de prendre son envol !
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