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Le photovoltaïque est-il mis en danger par l’explosion du cours de l’argent ?

12 janvier 2026 à 15:55

En cette fin d’année 2025, c’est à une véritable frénésie que nous avons assisté sur les marchés de l’argent. Or, le métal précieux ne sert pas que pour les bijoux. C’est aussi un métal indispensable pour l’industrie, et notamment pour la production de panneaux photovoltaïques. Quels problèmes l’envolée des cours va-t-elle poser ?

Les métaux précieux ont de tout temps servi de réserve de valeur. Premier d’entre eux, roi incontesté des monnaies depuis des temps immémoriaux : l’or, objet de toutes les convoitises. Que ce soit le mythe de l’Eldorado, colporté par les conquistadors espagnols, ou encore les grandes ruées vers l’or de l’histoire des États-Unis, l’or n’a pas manqué de marquer tant de pans de l’histoire humaine. Après lui, au deuxième rang, vient l’argent. Et le métal est tellement associé à la monnaie qu’il en est devenu synonyme.

Aujourd’hui, le cours des métaux précieux atteint des sommets. Et cela n’épargne pas l’argent. Qui dépasse chaque jour de nouveaux records. En fin d’année dernière, l’once d’argent (de 31,1035 g) se négociait à 71 $, tout en franchissant à son pic le plafond de 80 $. En septembre dernier, c’était deux fois moins, à environ 40 $. Tandis qu’en 2020, nous étions autour de 15 $. C’est une hausse pour le moins phénoménale.

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Un métal indispensable au photovoltaïque

Problème : l’argent est très utilisé dans l’industrie. Et notamment, en ce qui concerne nos sujets, il entre dans la composition des panneaux photovoltaïques. Il y joue même un rôle essentiel, du fait qu’il est un excellent conducteur électrique. Il est utilisé en effet pour mailler la face arrière des cellules solaires. Et cette grille a un rôle essentiel : lorsque le rayonnement solaire va frapper le semi-conducteur qu’elle contient (la jonction P-N), il va libérer des électrons, lesquels seront collectés par cette grille d’argent, et contribuer ainsi à former le courant électrique.

Ainsi, chaque panneau contiendra quelques dizaines de grammes d’argent, de l’ordre de 10 à 40 mg/Wc (milligramme par watt-crête). Or, des panneaux photovoltaïques, il en est produit de grandes quantités aujourd’hui dans le monde. En 2024, les capacités de production cumulées atteignent en effet 2 200 GW, d’après l’IEA. Il en résulte une forte consommation d’argent. Et une part toujours croissante des besoins industriels.

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Un acteur majeur du marché de l’argent

Mettons cela en perspective. En 2024, l’industrie a consommé environ 680 millions d’onces d’argent. Et le secteur photovoltaïque en est un des principaux acteurs, puisqu’il a consommé plus de 30 % de ce total, soit environ 200 millions d’onces. Avec l’augmentation des capacités solaires installées chaque année, il est possible que la consommation annuelle du secteur dépasse les 250 millions d’onces en 2030.

Ainsi, le secteur photovoltaïque est très consommateur d’argent, et donc une des causes importantes de l’envolée de son cours – même si bien sûr d’autres forces sont en jeu (tensions géopolitiques, attractivité des actifs tangibles comme l’or, le cours de l’argent lui étant lié). À ce titre, une très forte hausse du cours de l’argent devient progressivement un enjeu majeur pour la rentabilité des fabricants de panneaux photovoltaïques, avec à terme des risques de hausses de prix significatives.

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Il existe des solutions, mais rien n’est simple

Face à cela, il existe plusieurs parades. En premier lieu, optimiser les procédés de fabrication de façon à réduire la consommation d’argent par unité de puissance installée. Par exemple, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) a récemment communiqué sur ses développements de technologies photovoltaïques à faible consommation en argent. Lorsque la masse des panneaux photovoltaïques produits aura atteint la fin de sa durée de vie, le recyclage sera également une option qui permettra de réduire les tensions sur le marché du métal précieux.

Enfin, le remplacement de l’argent par des alternatives moins coûteuses est également étudié ; il pourrait être substitué par du cuivre en premier lieu, mais également par des métaux comme l’aluminium ou le nickel. Bien entendu, plus le cours de l’argent sera élevé, plus ces solutions se montreront attractives, mais ce ne peut être aussi simple : la conversion des installations de production à ces nouveaux matériaux demande en effet du temps et de l’argent. Les fabricants se trouvent ainsi devant des paris difficiles à prendre sur la croissance future du cours de l’argent – un métal qui, par nature, est éminemment spéculatif.

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La France atomise (encore) son record d’exportation d’électricité annuel

12 janvier 2026 à 09:22

C’est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle : en battant son record d’exportations, la France confirme la bonne forme de ses capacités de production d’électricité, mais aussi son incapacité à électrifier ses usages. 

Il y a tout juste un an, RTE annonçait fièrement que le solde exportateur d’électricité avait battu un record vieux de 20 ans. Comme un symbole, cette nouvelle venait illustrer la bonne santé des moyens de production électrique français, et en particulier du parc nucléaire. Cette fois, c’est la confirmation. RTE vient d’annoncer que le solde exportateur net de la France en 2025 s’élevait à 92,3 TWh, soit 3 TWh de plus que l’année dernière, battant ainsi son propre record pour la deuxième fois d’affilée. La majorité de ces exportations s’est faite vers l’Italie (22,6 TWh), le Royaume-Uni (22,6 TWh) et la Suisse (20,1 TWh). L’Allemagne et la Belgique ont profité de  23,1 TWh d’électricité française.

Le chiffre est considérable. C’est plus que la consommation annuelle de pays comme la Belgique (81 TWh/an), la Suisse (58 TWh/an) ou l’Irlande (33 TWh/an). Si le chiffre n’a pas été dévoilé, il semblerait que ces exportations aient rapporté à la France au moins autant que l’année dernière, à savoir plus de 5 milliards d’euros. Au total, la production électrique a augmenté de 1 % par rapport à 2024 avec un total de 544 TWh, dont 95 % ont été produits de manière décarbonée.

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La consommation électrique toujours en berne

En revanche, la consommation électrique française ne décolle toujours pas. Toujours selon RTE, les données provisoires indiquent une consommation électrique de 449 TWh sur l’année. C’est la troisième année consécutive qu’elle est inférieure de 6 % à ses niveaux de la période 2014-2019.

Comme l’avait indiqué RTE au mois de décembre, l’enjeu de l’électrification des usages devient de plus en plus imminent. L’absence de hausse de la consommation électrique française pourrait rapidement remettre en question les objectifs de décarbonation française, et même les projets d’envergure comme les parcs éoliens offshore ou les nouvelles centrales nucléaires.

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Les batteries au lithium n’ont jamais été aussi peu chères

12 janvier 2026 à 05:43

La surcapacité industrielle et la concurrence accrue entre fabricants continuent de tirer le prix des batteries vers le bas. En décembre dernier, les coûts ont atteint un nouveau plancher, et ce, malgré le contexte de hausse de certaines matières premières.

Après la flambée exceptionnelle enregistrée en 2022, les prix des batteries lithium poursuivent leur chute. Selon une enquête menée par BloombergNEF (BNEF), un nouveau record a été atteint en 2025. Le coût moyen mondial des batteries est ainsi tombé à 108 dollars par kilowattheure (kWh), contre 115 $/kWh en 2024 et 139 $/kWh en 2023. Cette baisse a été particulièrement marquée en Chine (-13 %), mais aussi en Europe (-8 %) et en Amérique du Nord (-4 %).

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Le stockage stationnaire : le segment le moins coûteux du marché

Premier élément marquant du rapport de BNEF : le stockage stationnaire devient pour la première fois le segment le moins coûteux du marché. Le prix moyen des packs y atteint 70 $/kWh, soit une chute de 45 % en un an. Selon la société de recherche, cette situation s’explique par la surcapacité de l’industrie chinoise.

La Chine disposerait aujourd’hui d’une capacité de production annuelle de 557 gigawattheures (GWh) dédiée au stockage stationnaire, soit près du double de la demande mondiale. À cela s’ajoute une concurrence particulièrement intense entre fabricants, qui sont contraints de se livrer à une véritable guerre des prix, phénomène ayant déjà fragilisé l’industrie photovoltaïque du pays.

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Une baisse malgré une hausse des prix des matières premières ?

Manifestement, la hausse des coûts de certains matériaux n’a globalement que peu affecté les prix des batteries. Si l’offre de lithium est restée abondante au premier semestre 2025, la fermeture de plusieurs mines en Chine, dont une majeure appartenant à CATL, a provoqué une envolée des prix. Le cobalt a également enregistré une forte hausse sur l’année.

En réalité, ces tensions sur les matières premières ont été en grande partie absorbées par l’évolution technologique du secteur. Les fabricants se tournent en effet de plus en plus vers la technologie lithium-fer-phosphate (LFP). Celle-ci est particulièrement prisée pour le stockage stationnaire et est de plus en plus utilisée pour les véhicules à courte autonomie. D’après BNEF, le prix moyen des batteries LFP s’est établi à 81 $/kWh en 2025, contre 128 $/kWh pour les batteries nickel-manganèse-cobalt (NMC).

Le même schéma devrait se maintenir en 2026. Le prix des matières premières (lithium, cobalt et nickel) devrait rester élevé, mais l’effet de hausse sera une nouvelle fois atténué par la montée en puissance des technologies LFP. BNEF anticipe ainsi un nouveau record de baisse, avec un coût moyen des batteries estimé à 105 $/kWh tous segments confondus.

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