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J'ai mis un proxy entre claude et Internet

Je sais que le mot "IA" sur LinuxFr, c'est un peu comme prononcer "systemd" en 2015 ; ça ne laisse personne indifférent. Et je comprends. La merdification est réelle, la bulle est réelle, les externalités sont réelles. Je n'ai aucune envie d'en rajouter une couche. Mais voilà, les lignes sont devenues floues, et j'ai pris le virage du coding assisté. D'abord avec curiosité et prudence, et maintenant les deux pieds dans le plat : ça ne remplace pas ma façon de penser, mais ça m'a ouvert des portes : des concepts que je ne maîtrisais pas, des langages que je n'aurais pas pris le temps de toucher avant ; l'assistant me permet d'explorer, de comprendre, et de construire des outils qui m'aident. Et j'espère qu'ils aident d'autres personnes aussi.

Sauf que voilà. Au début, j'étais prudent. Je vérifiais chaque commande, chaque accès. Et puis petit à petit, j'ai lâché prise. J'ai désactivé les confirmations, laissé l'agent tourner sans supervision, accepté les permissions sans lire. On connaît tous ce moment où on clique "Allow" les yeux fermés parce que c'est la quinzième fois qu'il demande. J'ai fait exactement ce qu'on ne devrait jamais faire en sécurité : faire confiance par défaut.

Et un jour, je me suis dit : je n'ai aucune idée de ce que cet agent envoie sur le réseau. Aucune.

Alors j'ai construit un proxy un peu.. particulier.

Sommaire

Cher journal,

Ça fait un bail que je n'ai pas vraiment contribué à l'open source. Mes derniers vrais projets publics, c'était Kivy et les projets autour… ça remonte à quelques années maintenant, et j'ai pris ma "retraite" sur ces projets.

Mais je n'ai jamais arrêté de coder. J'ai juste réalisé un truc sur moi-même : le code, c'est un peu comme la musique pour moi. J'aime construire des choses. Je m'exprime mieux avec un éditeur et un terminal qu'avec ma voix ou mes mots. C'est probablement pour ça que je suis là à t'écrire un journal au lieu de faire un talk quelque part.

Le constat

On a passé des années à construire des pare-feux, des IDS, du monitoring pour nos serveurs de prod. Sur des entreprises plus grandes, on traque les connexions suspectes… Et puis un agent IA débarque sur notre machine de dev, on lui dit "tiens, refactore-moi ce module", et il fait ce qu'il veut sur le réseau sans qu'on le sache.

C'est quand même un peu absurde, non ?

Le truc, c'est qu'il n'existe pas vraiment d'équivalent à tcpdump ou iptables pour les agents IA sur nos machines. Pas de couche d'observabilité entre l'agent et Internet. Ou on contrôle, on se fait notre liste d'outils qu'on accepte, ou on fait confiance parce que bon, la sécurité, c'est pas si important… vraiment ?

Greywall et greyproxy

Avec l'équipe de Greyhaven, on a construit deux outils open source :

Greywall est un bac à sable deny-by-default pour les agents IA. Pas de Docker, pas de VM. Ça utilise directement les mécanismes du noyau Linux (namespaces, Landlock, Seccomp, eBPF) pour isoler le processus. Sur Linux, l'isolation réseau passe par un device TUN dans un namespace réseau dédié ; le processus sandboxé ne peut structurellement pas contourner le proxy. Sur macOS, c'est un peu moins élégant en utilisant des variables d'environnement pour forcer un proxy socks5h, si l'outil ne le supporte pas, il ne peut quand même pas sortir. Ça fait le job pour la plupart des outils.

Greyproxy est le plan de contrôle réseau. Un proxy SOCKS5/HTTP avec un dashboard web temps réel. Chaque connexion sortante de l'agent apparaît dans le dashboard. Si aucune règle ne matche, la connexion reste en attente et tu peux l'autoriser ou la refuser en direct, sans relancer la session.

Concrètement, ça donne :

greywall -- claude

Et hop, Claude Code tourne dans son bac à sable. Tu ouvres http://localhost:43080 et tu vois en direct chaque domaine qu'il tente de contacter. Tu autorises api.anthropic.com, tu autorises github.com pour les pushes, tu refuses le reste. Tout est interactif, tout est visible.

Ce que j'ai observé

Au début, c'était juste des connexions supplémentaires. Tiens, c'est quoi ces appels à opencode.ai quand je démarre opencode ? Tiens, pourquoi Claude appelle 2x toutes les 4 minutes un domaine chez Google ? Entre de la télémétrie que l'on ne peut pas désactiver, ou des requêtes qui font "office" de regarder si une nouvelle version est disponible… 2x toutes les 4 minutes. Ce n'est pas le meilleur argument, mais contrairement aux autres sandboxes, au moins ici je le vois en temps réel, et je peux dire oui ou non sur ce que peut accéder la commande.

Le dashboard de greyproxy rend tout ça visible. Tu vois passer les requêtes DNS, les connexions TCP, les domaines contactés. Tu peux construire progressivement une liste d'autorisations adaptée à ton projet. Il y a même un mode apprentissage qui trace les accès filesystem avec strace et génère automatiquement un profil de sécurité.

Ce n'est pas un outil pour les paranos. C'est un outil pour ceux qui pensent que l'observabilité, c'est un droit, pas un luxe.

Pourquoi ça compte

Je sais que l'enthousiasme pour l'IA est réellement différent en fonction des gens. Les questions sur la qualité du code généré, la consommation énergétique, la centralisation chez les GAFAM ; tout ça est légitime.

Mais justement. Si on utilise ces outils (et beaucoup d'entre nous le font, même ceux qui restent prudents), autant le faire avec les yeux ouverts. Greywall, c'est pas un outil pour promouvoir l'usage des agents IA. C'est un outil pour que, si tu en utilises un, tu gardes le contrôle.

Il y a une phrase qu'on a mise sur le site et qui résume bien l'idée :

"The security layer around your tools should be independent of the company selling you the AI."

La couche de sécurité autour de tes outils ne devrait pas dépendre de la boîte qui te vend l'IA. Claude a son propre sandbox intégré, Codex a le sien. Mais tu fais confiance aux entreprises pour te protéger d'elles-mêmes ? C'est un problème d'indépendance, pas de technologie.

Greywall est agnostique. Ça marche avec Claude Code, Codex, Cursor, Aider, Goose, Gemini CLI, Cline, et une dizaine d'autres. Tu changes d'agent, ta couche de sécurité reste la même.

Et après : vers un proxy sémantique

Le greyproxy actuel travaille au niveau des connexions : il voit les domaines, les ports, les IPs. Il ne déchiffre pas le TLS, il ne lit pas le contenu. C'est déjà très utile pour contrôler les accès réseau.

Mais là où ça devient vraiment intéressant, c'est quand on commence à reconstruire les conversations LLM qui passent par le proxy. Pas en cassant le chiffrement ; en instrumentant le flux côté client. L'idée, c'est de construire un proxy sémantique qui comprend ce que l'agent envoie et reçoit, qui peut faire du remplacement de variables d'environnement à la volée (pour ne jamais exposer tes vrais secrets à l'API du LLM), et qui te donne une vision complète de ce que l'IA fait en ton nom.

On en est au début, mais la direction est claire : remettre l'humain au milieu du système. Pas comme un goulot d'étranglement, mais comme un observateur informé qui peut intervenir quand c'est nécessaire. C'est ce qui manque cruellement à des systèmes comme OpenClaw et à la plupart des outils d'orchestration d'agents.

Pour essayer

Installation rapide :

# Homebrew
brew tap greyhavenhq/tap && brew install greywall

# Ou via curl (pas taper)
curl -fsSL https://raw.githubusercontent.com/GreyhavenHQ/greywall/main/install.sh | sh

Ça tourne sur Linux et macOS. Sur Linux, il te faut bubblewrap et socat comme dépendances. Greyproxy s'installe comme service systemd si tu veux qu'il tourne en permanence.

Si tu veux comprendre les détails techniques de l'architecture (les 5 couches de sécurité, pourquoi on a abandonné Docker, comment fonctionne la capture réseau transparente), on a écrit un article technique détaillé ici : https://greyhaven.co/insights/why-we-built-our-own-sandboxing-sytem

La question

J'ai une vraie question pour la communauté. Ceux d'entre vous qui utilisent des agents IA pour coder (même occasionnellement, même à contrecœur) : comment vous gérez la sécurité ? Vous faites confiance par défaut ? Vous avez mis en place quelque chose ? Ou vous préférez ne pas y penser ?

Et pour ceux qui n'utilisent pas d'agents IA : est-ce que le manque de transparence et de contrôle fait partie des raisons ?

Ça m'intéresse vraiment de savoir :)

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Open ModelSphere, un outil de modélisation

Open ModelSphere est un outil de modélisation et de gestion de modèles, qui combine les fonctionnalités de modélisation de processus, de données et UML, tout en offrant un environnement de gestion de modèles des plus flexibles. Il est aussi possible de générer des diagrammes via du code ou base de données.

modelsphere

Parce qu’il a été conçu en Java, Open ModelSphere peut être installé sur la plupart des plateformes, soit Windows, Linux et Unix.

Open ModelSphere permet aux utilisateurs de construire leurs modèles plus facilement, à partir de zéro ou via rétro-ingénierie provenant d’une variété de sources (SGBDR ou autres sources non-relationnelles comme Java).

Les utilisateurs peuvent choisir entre plusieurs systèmes cibles SQL, comme Oracle, Informix, SQL Server de Microsoft, Sybase et DB2 UDB. Ensuite, ils peuvent facilement employer le processus de génération pour mettre leurs bases de données à jour.

Open ModelSphere propose également une fonction de génération de rapport en format HTML améliorée, permettant une personnalisation du contenu et du format.

Il offre une documentation API ouverte qui facilite l’intégration de la solution Open ModelSphere dans les environnements de développement existants.

Grace à la notion de plugin, des fonctionnalités peuvent être ajoutées à l’application.

Historique

Au début des années 1990, des professeurs et des étudiants de l’Université Laval ont lancé le développement d’un outil CASE (Génie Logiciel Assisté par Ordinateur) qui allait devenir le produit commercial Silverrun. Ce n’est qu’en 2008 que l’entreprise a pris le virage de l’innovation ouverte en libérant le code source du logiciel. Il est rare qu’un logiciel de cette trempe soit libéré. De la documentation utilisateur et technique existe.

Énormément de patrons de programmation et de concepts sont employés par l’application qui est une vraie mine d’or pour tout développeur.

Pour ces raisons, j’ai décidé de faciliter l’usage de l’application en lui permettant de fonctionner avec Java 11 et Gradle. Si vous avez du temps, il ne faut pas hésiter à y participer.

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Physiocab : un logiciel libre de gestion pour kinésithérapeutes

19 février 2026 à 13:42

Physiocab est un logiciel libre de gestion de cabinet de kinésithérapie, développé sous licence Affero GPL 3.0 et hébergé sur Codeberg. Le projet est porté par la société Allium SAS, dans le cadre de la plateforme communautaire Kalinka, dédiée aux kinésithérapeutes francophones.

Le projet vient de passer en beta publique (v0.9) et cherche des testeurs et contributeurs.

Pourquoi un logiciel libre pour les kinés ? Le secteur de la santé libérale souffre d'une offre logicielle dominée par des solutions propriétaires onéreuses, souvent opaques sur le traitement des données de santé. Physiocab propose une alternative : un code auditable, des données stockées localement sous la responsabilité du praticien.

Fonctionnalités

La beta couvre déjà un large périmètre fonctionnel :

  • Planning hebdomadaire en drag & drop, avec export PDF et gestion des semaines exceptionnelles, particulièrement orienté vers les kinés intervenant en multi-établissements.
  • Bilans Diagnostiques Kinésithérapiques (BDK) avec tests standardisés (TUG, Tinetti, Handgrip, EVA, évaluation du risque de chute…), export de PDF et historique comparatif.
  • Suivi des séances avec de multiples exercices structurés (équilibre, force, endurance, mobilisation), chronométrage automatique et calcul de progression.
  • Application tablette en PWA : fonctionne hors connexion grâce à un Service Worker, s'installe sans passer par un store, interface optimisée tactile.

Stack technique

Backend : Python 3.10+
Base de données : PostgreSQL 12+
Frontend tablette : PWA (Progressive Web App)

L'application est multi-plateforme côté client (Windows, macOS, Linux, iOS, Android). La communication entre l'appli de bureau et l'appli PWA se fait de manière directe via PeerJs. Cette méthode ne nécessite pas de préparation contraignante comme l'ouverture de ports.

Les données sont stockées localement, ce qui implique que le praticien reste maître de ses sauvegardes et de sa conformité RGPD.

Le logiciel a été testé par un kinésithérapeute en situation réelle plusieurs jours d'affilée.

Modèle économique

L'utilisation est gratuite, sans limite dans le temps et sans frais cachés, la licence Affero GPL 3.0 en étant la garantie. Un support payant sur devis est proposé pour les praticiens souhaitant une installation assistée, une formation à distance, des développements sur mesure ou un audit de sécurité.

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