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Nucléaire : comment la France s’organise pour enrichir l’uranium des futurs réacteurs EPR

26 février 2026 à 15:29

Qui dit nouveaux réacteurs nucléaires, dit besoins en combustible nucléaire accrus. Pour faire face à une demande grandissante, Orano s’organise et investit pour augmenter ses capacités d’enrichissement en France, comme à l’étranger. 

Avec la construction prochaine des trois paires d’EPR2 à Penly, Gravelines et Bugey, c’est toute la filière française du nucléaire qui se met en mouvement, Orano en tête. Issu du démantèlement d’Areva, le spécialiste du combustible nucléaire multiplie les projets pour renforcer ses capacités d’extraction, d’enrichissement et de recyclage des combustibles nucléaires. Parmi ces étapes, l’enrichissement constitue le principal domaine de croissance de l’entreprise.

Actuellement, c’est le site du Tricastin qui concentre toute l’attention. Véritable ville fortifiée de 4500 employés répartis sur 650 hectares, elle fait l’objet d’un chantier colossal, au niveau de l’usine Georges-Besse II. Pour augmenter les capacités de production de 30 %, Orano n’a pas hésité à y investir 1,7 milliard d’euros. Plus de 400 ouvriers y travaillent de 5 heures à 22 heures pour permettre une mise en service progressive à partir de 2028, et un fonctionnement à plein régime à partir de 2030.

Le chantier préfigure d’ailleurs « Aval du futur », un projet titanesque qui devrait permettre d’assurer la gestion des combustibles nucléaires du futur. D’un budget d’au moins 15 milliards d’euros, il nécessitera jusqu’à 10 000 ouvriers.

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Une dynamique positive en France comme à l’étranger

Forte d’une trésorerie solide, grâce à un chiffre d’affaires de 5 milliards d’euros malgré un bénéfice net en recul, Orano multiplie les investissements au-delà des frontières françaises. L’entreprise vient d’obtenir une subvention de 900 millions de dollars pour la création d’une usine d’enrichissement sur le sol américain, pour un budget global de 5 milliards de dollars. Sa mise en service est prévue pour 2031.

Enfin, même la situation au Niger semble être moins tendue. Le directeur d’Orano Nicolas Maes se dit prêt à établir un dialogue avec les nouvelles autorités nigériennes pour trouver un terrain d’entente sur les stocks de yellow cake déjà produits. On parle d’environ 1000 tonnes, soit 300 millions d’euros de marchandise.

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Cette centrale à air comprimé made in France veut stocker de l’électricité pendant des dizaines d’heures

26 février 2026 à 05:39

Un an après sa création (en mars), la start-up grenobloise Shifted Energy remet le stockage d’électricité par air comprimé sur le devant de la scène. Longue durée, car elle entend bientôt savoir stocker l’énergie plus de 10 heures.

Fondée en mars 2025 à Grenoble et hébergée au Village by CA Sud Rhône-Alpes, la jeune pousse Shifted développe une technologie de stockage longue durée destinée à combler un angle mort de la transition énergétique : le stockage au-delà de dix heures. Les stations de pompage (STEP) et batteries lithium sont très réactives et stockent jusqu’à 4 à 6 h, mais au-delà, l’air comprimé a sa place.

Selon la startup, l’enjeu n’est plus seulement d’équilibrer le réseau. Il s’agit désormais d’absorber des surplus de production sur de longues plages horaires et de les restituer lorsque la demande augmente ou que la production renouvelable faiblit.

C’est ce segment que vise Shifted. « La brique manquante est le stockage au-delà de 10 heures », explique son président, Simon Belka auprès de Greenunivers. L’entreprise développe un système de stockage d’électricité sous forme d’air comprimé (CAES, pour Compressed Air Energy Storage), une technologie connue depuis plusieurs décennies, mais historiquement pénalisée par des rendements limités et un coût d’investissement initial (Capex) élevé.

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Un piston liquide pour améliorer le rendement

Le principe retenu par Shifted repose sur un piston liquide. Concrètement, l’électricité excédentaire alimente une pompe qui injecte de l’eau dans une chambre remplie d’air. En montant, l’eau comprime progressivement l’air qui est ensuite stocké dans un réservoir classique. Lorsque l’électricité doit être restituée, l’air comprimé est relâché : il repousse l’eau, laquelle entraîne une turbine produisant à nouveau de l’électricité.

Lors de la compression, l’air chauffe fortement, ce qui dégrade habituellement le rendement global. Shifted se repose sur la capacité de l’eau à absorber et conserver ces calories et les les restituer lors de la détente.

La startup, au stade démonstrateur, se targue d’un rendement de 60 à 70% contre 40 à 50 % pour des systèmes traditionnels.
Le système fonctionne avec de l’air en circuit ouvert – capté puis relâché dans l’environnement – et de l’eau en circuit fermé, dont la température ne varie que de quelques degrés.

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Au stade du démonstrateur avant le passage à l’échelle

Pour valider son modèle, Shifted construit actuellement un démonstrateur de quelques kilowatts capable de répéter les cycles de compression et de détente. Et ainsi dérisquer les principaux verrous technologiques avant la conception d’un prototype de 100 kilowatts (kW).

La startup a levé 340 000 euros auprès de l’incubateur Carbon13 et de business angels et poursuit sa levée de fonds, avec l’objectif de récolter 2 millions d’euros d’ici mi-2026 pour financer un démonstrateur pré-commercial.

Dans un premier temps, la technologie cible le stockage à l’échelle du bâtiment ou du micro-réseau, notamment pour optimiser l’autoconsommation solaire. À terme, Shifted veut de déployer des unités de l’ordre du mégawatt pour des sites industriels, voire plusieurs dizaines de mégawatts pour des applications réseau.

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