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☕️ Microsoft annonce quelques nouvelles possibilités dans son cloud « souverain »

24 février 2026 à 16:26

En juin dernier, Microsoft annonçait la disponibilité en Europe d’un nouveau programme qui faisait la promesse de données restant au sein des frontières de l’Union et donnait des assurances quant au contrôle assuré par un personnel européen.

Huit mois plus tard, l’éditeur étatsunien ajoute quelques nouveautés à son offre.

Ainsi, Microsoft met en avant la disponibilité de la déconnexion d’opérations dans Azure Local : « Les organisations peuvent désormais faire tourner leurs infrastructures critiques avec les outils de gestion et de conformité d’Azure, sans avoir besoin d’une connexion au cloud ».

L’entreprise souligne que la version déconnectée de Microsoft 365 Local est aussi disponible : « les charges de travail de productivité essentielles, Exchange Server, SharePoint Server et Skype for Business Server peuvent fonctionner entièrement dans les limites opérationnelles souveraines du client sur Azure Local ».

Enfin Microsoft met en avant l’ajout à son offre souveraine de Foundry Local, qui est une « solution d’inférence IA sur appareil que vous utilisez pour exécuter des modèles IA localement via une interface CLI, un SDK ou une API REST ».

« Les entreprises peuvent désormais intégrer des grands modèles d’IA dans des environnements souverains entièrement déconnectés grâce à Foundry Local », affirme l’entreprise. Les modes « déconnectés  » Azure Local et Microsoft 365 Local sont « disponibles dans le monde entier » tandis que le déploiement de LLM sur Foundry Local est pour l’instant réservé aux « clients éligibles ».

☕️ Microsoft annonce quelques nouvelles possibilités dans son cloud « souverain »

24 février 2026 à 16:26

En juin dernier, Microsoft annonçait la disponibilité en Europe d’un nouveau programme qui faisait la promesse de données restant au sein des frontières de l’Union et donnait des assurances quant au contrôle assuré par un personnel européen.

Huit mois plus tard, l’éditeur étatsunien ajoute quelques nouveautés à son offre.

Ainsi, Microsoft met en avant la disponibilité de la déconnexion d’opérations dans Azure Local : « Les organisations peuvent désormais faire tourner leurs infrastructures critiques avec les outils de gestion et de conformité d’Azure, sans avoir besoin d’une connexion au cloud ».

L’entreprise souligne que la version déconnectée de Microsoft 365 Local est aussi disponible : « les charges de travail de productivité essentielles, Exchange Server, SharePoint Server et Skype for Business Server peuvent fonctionner entièrement dans les limites opérationnelles souveraines du client sur Azure Local ».

Enfin Microsoft met en avant l’ajout à son offre souveraine de Foundry Local, qui est une « solution d’inférence IA sur appareil que vous utilisez pour exécuter des modèles IA localement via une interface CLI, un SDK ou une API REST ».

« Les entreprises peuvent désormais intégrer des grands modèles d’IA dans des environnements souverains entièrement déconnectés grâce à Foundry Local », affirme l’entreprise. Les modes « déconnectés  » Azure Local et Microsoft 365 Local sont « disponibles dans le monde entier » tandis que le déploiement de LLM sur Foundry Local est pour l’instant réservé aux « clients éligibles ».

Mineurs sur Internet : « Réglementez les plateformes, pas les enfants »

24 février 2026 à 15:44
Mais c'est plus difficile
Mineurs sur Internet : « Réglementez les plateformes, pas les enfants »

Réseaux sociaux, IA, jeux vidéo… alors que le gouvernement français s’affiche à la pointe de la régulation des usages du numérique par les enfants, le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe demande aux législateurs européens de diriger les réglementations sur les obligations des plateformes plutôt que sur les mineurs.

« Alors que plusieurs pays européens envisagent d’introduire un âge minimum pour accéder aux plateformes de médias sociaux, j’appelle à la prudence dans l’imposition d’interdictions générales », affirme dans un communiqué Michael O’Flaherty, le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe.

La France fait partie des premiers pays de l’Union européenne à vouloir réglementer dans cette direction, soutenue par la Commission européenne malgré quelques critiques. L’Assemblée nationale a adopté fin janvier la proposition de loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans, problématique à plusieurs points de vue.

Qui doit être responsable : l‘utilisateur ou la plateforme ?

Pour Michael O’Flaherty, « l’accent mis sur la restriction de l’accès ne doit pas faire oublier la nécessité de veiller à ce que les plateformes respectent les droits humains, au moyen d’obligations juridiques claires, d’une surveillance indépendante et d’une responsabilisation effective ».

Il ajoute qu’« interdire l’accès des enfants aux médias sociaux revient à déplacer la responsabilité en matière de sécurité : cette responsabilité n’incomberait plus aux plateformes qui créent l’environnement, mais aux enfants qui naviguent dans cet environnement ».

Le Commissaire aux droits de l’homme estime que « les États devraient plutôt exiger des plateformes qu’elles préviennent et atténuent les risques pour les droits de l’enfant, dès la conception et par défaut, et les tenir pour responsables si ces obligations n’ont pas été remplies ».

L’usage par les mineurs de l’IA dans le viseur du gouvernement français

Cet appel tombe alors que le gouvernement français affiche la volonté de prendre en main deux autres sujets numériques sous l’angle de la régulation de leur utilisation par les mineurs.

La semaine dernière, Anne Le Hénanff, la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, a fait un appel international à contributions scientifiques sur les effets des usages de l’IA générative sur les mineurs.

Ces travaux et données recueillis « viendront nourrir la réflexion scientifique de la commission d’experts et contribuer à l’élaboration de recommandations concrètes dont les conclusions seront présentées dans le cadre de la présidence française du G7 », affirme la ministre dans son communiqué. À cette occasion, elle a lancé que « la France réaffirme ainsi un engagement fort : faire de la protection de l’enfance en ligne une priorité absolue, en s’appuyant sur la science et la coopération internationale au service de l’intérêt général ».

Dans la foulée, le gouvernement a aussi annoncé une « commission d’experts sur les risques et les vulnérabilités engendrées par les usages grand public de l’intelligence artificielle générative ». Le but est de « renforcer notre compréhension des vulnérabilités induites par ces technologies sur l’ensemble de la population, afin de mieux prévenir leurs conséquences ».

Et aussi les jeux vidéo

Autre sujet : le jeu vidéo. Emmanuel Macron indiquait récemment souhaiter disposer d’un éclairage scientifique sur les effets des jeux vidéo sur la violence dans la société tout en affirmant qu’« il est clair qu’on a des jeux vidéo violents qui conditionnent à la violence, qui créent une excitation, une dépendance où on a des jeunes et des ados qui vont passer des heures et des heures ». Le gouvernement l’a suivi en annonçant charger le Conseil de l’intelligence artificielle et du numérique d’une mission sur « les risques potentiels des jeux vidéo concernant les mineurs ».

« Cette mission devra établir une analyse scientifique des effets (tant positifs que négatifs) et risques potentiels des jeux vidéo, particulièrement sur la santé mentale, cognitive et physique des jeunes utilisateurs, et en matière de sécurité des mineurs », affirme la lettre envoyée par Anne Le Hénanff mais aussi par la ministre de la Culture Rachida Dati.

Elles demandent au Conseil d’« d’objectiver les risques, sur la base des connaissances scientifiques disponibles, en tenant compte du caractère multifactoriel des comportements à risque, des distinctions qui pourraient exister en fonction des publics, des types de jeux et des usages, et en évitant toute approche réductrice ».

Les travaux devront aussi évaluer si « les mécanismes actuels de sécurité dès la conception, de modération et de régulation sont suffisants, au regard de l’évolution des contenus, des pratiques et des modèles économiques, et proposer, le cas échéant, des mesures pour les clarifier, les adapter ou les renforcer ». Les deux ministères demandent au conseil de se pencher aussi sur les « nouvelles formes de socialisation induites par certains jeux en ligne ».

Reste la question de la vérification d’âge. Comme nous avons pu le voir avec l’obligation de contrôle à l’entrée des sites pornos, c’est encore trop souvent une vaste blague. Une carte d’identité de Dora l’Exploratrice ou modifier un cookie permet de passer les contrôles.

Mineurs sur Internet : « Réglementez les plateformes, pas les enfants »

24 février 2026 à 15:44
Mais c'est plus difficile
Mineurs sur Internet : « Réglementez les plateformes, pas les enfants »

Réseaux sociaux, IA, jeux vidéo… alors que le gouvernement français s’affiche à la pointe de la régulation des usages du numérique par les enfants, le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe demande aux législateurs européens de diriger les réglementations sur les obligations des plateformes plutôt que sur les mineurs.

« Alors que plusieurs pays européens envisagent d’introduire un âge minimum pour accéder aux plateformes de médias sociaux, j’appelle à la prudence dans l’imposition d’interdictions générales », affirme dans un communiqué Michael O’Flaherty, le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe.

La France fait partie des premiers pays de l’Union européenne à vouloir réglementer dans cette direction, soutenue par la Commission européenne malgré quelques critiques. L’Assemblée nationale a adopté fin janvier la proposition de loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans, problématique à plusieurs points de vue.

Qui doit être responsable : l‘utilisateur ou la plateforme ?

Pour Michael O’Flaherty, « l’accent mis sur la restriction de l’accès ne doit pas faire oublier la nécessité de veiller à ce que les plateformes respectent les droits humains, au moyen d’obligations juridiques claires, d’une surveillance indépendante et d’une responsabilisation effective ».

Il ajoute qu’« interdire l’accès des enfants aux médias sociaux revient à déplacer la responsabilité en matière de sécurité : cette responsabilité n’incomberait plus aux plateformes qui créent l’environnement, mais aux enfants qui naviguent dans cet environnement ».

Le Commissaire aux droits de l’homme estime que « les États devraient plutôt exiger des plateformes qu’elles préviennent et atténuent les risques pour les droits de l’enfant, dès la conception et par défaut, et les tenir pour responsables si ces obligations n’ont pas été remplies ».

L’usage par les mineurs de l’IA dans le viseur du gouvernement français

Cet appel tombe alors que le gouvernement français affiche la volonté de prendre en main deux autres sujets numériques sous l’angle de la régulation de leur utilisation par les mineurs.

La semaine dernière, Anne Le Hénanff, la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, a fait un appel international à contributions scientifiques sur les effets des usages de l’IA générative sur les mineurs.

Ces travaux et données recueillis « viendront nourrir la réflexion scientifique de la commission d’experts et contribuer à l’élaboration de recommandations concrètes dont les conclusions seront présentées dans le cadre de la présidence française du G7 », affirme la ministre dans son communiqué. À cette occasion, elle a lancé que « la France réaffirme ainsi un engagement fort : faire de la protection de l’enfance en ligne une priorité absolue, en s’appuyant sur la science et la coopération internationale au service de l’intérêt général ».

Dans la foulée, le gouvernement a aussi annoncé une « commission d’experts sur les risques et les vulnérabilités engendrées par les usages grand public de l’intelligence artificielle générative ». Le but est de « renforcer notre compréhension des vulnérabilités induites par ces technologies sur l’ensemble de la population, afin de mieux prévenir leurs conséquences ».

Et aussi les jeux vidéo

Autre sujet : le jeu vidéo. Emmanuel Macron indiquait récemment souhaiter disposer d’un éclairage scientifique sur les effets des jeux vidéo sur la violence dans la société tout en affirmant qu’« il est clair qu’on a des jeux vidéo violents qui conditionnent à la violence, qui créent une excitation, une dépendance où on a des jeunes et des ados qui vont passer des heures et des heures ». Le gouvernement l’a suivi en annonçant charger le Conseil de l’intelligence artificielle et du numérique d’une mission sur « les risques potentiels des jeux vidéo concernant les mineurs ».

« Cette mission devra établir une analyse scientifique des effets (tant positifs que négatifs) et risques potentiels des jeux vidéo, particulièrement sur la santé mentale, cognitive et physique des jeunes utilisateurs, et en matière de sécurité des mineurs », affirme la lettre envoyée par Anne Le Hénanff mais aussi par la ministre de la Culture Rachida Dati.

Elles demandent au Conseil d’« d’objectiver les risques, sur la base des connaissances scientifiques disponibles, en tenant compte du caractère multifactoriel des comportements à risque, des distinctions qui pourraient exister en fonction des publics, des types de jeux et des usages, et en évitant toute approche réductrice ».

Les travaux devront aussi évaluer si « les mécanismes actuels de sécurité dès la conception, de modération et de régulation sont suffisants, au regard de l’évolution des contenus, des pratiques et des modèles économiques, et proposer, le cas échéant, des mesures pour les clarifier, les adapter ou les renforcer ». Les deux ministères demandent au conseil de se pencher aussi sur les « nouvelles formes de socialisation induites par certains jeux en ligne ».

Reste la question de la vérification d’âge. Comme nous avons pu le voir avec l’obligation de contrôle à l’entrée des sites pornos, c’est encore trop souvent une vaste blague. Une carte d’identité de Dora l’Exploratrice ou modifier un cookie permet de passer les contrôles.

Anthropic et OpenAI accusent des IA chinoises d’utiliser illégalement leur travail

24 février 2026 à 13:58
Misanthropic ?
Anthropic et OpenAI accusent des IA chinoises d’utiliser illégalement leur travail

Alors que l’entraînement de leurs modèles s’appuie notamment sur l’utilisation massive de données dont elles n’ont pas les droits, les startups de l’IA générative américaines se plaignent que leurs rivaux chinois utilisent, via la technique de « distillation », les données générées par leurs modèles.

Anthropic a accusé trois entreprises chinoises, DeepSeek, Moonshot AI et MiniMax d’utiliser les résultats générés par ses modèles pour entrainer les leurs. Quelques jours avant, OpenAI avait aussi accusé Deepseek, devant les élus étatsuniens, d’utiliser la technique de « distillation » (ou extraction) pour mettre au point son prochain modèle. Ces accusations arrivent alors que la startup chinoise doit sortir d’ici quelques jours un nouveau modèle.

Un tir de barrage avant l’arrivée d’un nouveau modèle DeepSeek

Depuis début janvier, les rumeurs d’une sortie d’un nouveau modèle v4 par DeepSeek grandissent. « La société chinoise spécialisée dans l’IA n’a pas encore annoncé de date de sortie, mais celle-ci devrait être imminente après la fin des célébrations du Nouvel An lunaire la semaine dernière », affirmait lundi 23 février CNBC. Et l’industrie américaine de l’IA tremble de revivre l’épisode que lui avait fait subir l’entreprise chinoise il y a un peu plus d’un an quand Wall Street avait remis en cause leurs capacités à lutter.

Dans ce cadre, OpenAI a envoyé le 12 février un mémo [PDF] aux élus de la Chambre des représentants des États-Unis qui participent à la commission sur la « Concurrence stratégique entre les États-Unis et le Parti communiste chinois ». Ce texte accuse DeepSeek de « tenter continuellement de profiter gratuitement des capacités développées par OpenAI et d’autres laboratoires américains de pointe ». L’entreprise de Sam Altman y présentait des indices observés sur sa plateforme qui témoignent, selon elle, « des tentatives continues de DeepSeek pour distiller les modèles de pointe d’OpenAI et d’autres laboratoires américains, notamment par le biais de nouvelles méthodes de brouillage ».

Ce lundi 23 février, Anthropic en remettait donc une couche avec un billet de blog accusant DeepSeek, Moonshot, et MiniMax de lancer des « campagnes à l’échelle industrielle […] pour extraire illicitement les capacités de Claude afin d’améliorer leurs propres modèles ».

« Ces laboratoires ont utilisé une technique appelée « distillation », qui consiste à entraîner un modèle moins performant à partir des résultats d’un modèle plus puissant », explique Anthropic. Pourtant, la startup américaine reconnait que « la distillation est une méthode d’entraînement largement utilisée et légitime. Par exemple, les laboratoires d’IA de pointe distillent régulièrement leurs propres modèles afin de créer des versions plus petites et moins coûteuses pour leurs clients ».

Une utilisation « illicite » de la distillation ?

Mais elle affirme que son utilisation est illicite si des concurrents l’utilisent « pour acquérir les capacités puissantes d’autres laboratoires en une fraction du temps et à un coût bien inférieur à ceux nécessaires pour les développer de manière indépendante », sans pour autant s’appuyer sur un quelconque texte légal. Dans son billet, l’entreprise américaine accuse les trois entreprises chinoises d’avoir utilisé des milliers de comptes qu’elles se seraient créés sur sa plateforme pour récupérer des millions de conversations avec Claude.

Les accusations des deux entreprises semblent plutôt vouloir pointer du doigt que DeepSeek s’appuierait sur leurs travaux et ainsi éviter que Wall Street s’affole de l’arrivée d’un nouveau modèle chinois dépassant les capacités de ses rivaux états-uniens.

Rappelons qu’Anthropic comme OpenAI ont été accusées l’une et l’autre d’avoir entrainé leurs modèles sur des contenus dont elle n’avaient pas les droits. L’entreprise de Dario Amodei a signé un accord de 1,5 milliard de dollars avec des auteurs en septembre 2025, celui-ci est toujours en cours de relecture chez le juge qui doit le valider.

Enfin, Reuters affirme que DeepSeek entrainerait son modèle sur des puces Blackwell de NVIDIA, normalement soumises à un embargo américain. Depuis peu, seule la génération précédente Hopper est autorisée à l’exportation en Chine.

Anthropic et OpenAI accusent des IA chinoises d’utiliser illégalement leur travail

24 février 2026 à 13:58
Misanthropic ?
Anthropic et OpenAI accusent des IA chinoises d’utiliser illégalement leur travail

Alors que l’entraînement de leurs modèles s’appuie notamment sur l’utilisation massive de données dont elles n’ont pas les droits, les startups de l’IA générative américaines se plaignent que leurs rivaux chinois utilisent, via la technique de « distillation », les données générées par leurs modèles.

Anthropic a accusé trois entreprises chinoises, DeepSeek, Moonshot AI et MiniMax d’utiliser les résultats générés par ses modèles pour entrainer les leurs. Quelques jours avant, OpenAI avait aussi accusé Deepseek, devant les élus étatsuniens, d’utiliser la technique de « distillation » (ou extraction) pour mettre au point son prochain modèle. Ces accusations arrivent alors que la startup chinoise doit sortir d’ici quelques jours un nouveau modèle.

Un tir de barrage avant l’arrivée d’un nouveau modèle DeepSeek

Depuis début janvier, les rumeurs d’une sortie d’un nouveau modèle v4 par DeepSeek grandissent. « La société chinoise spécialisée dans l’IA n’a pas encore annoncé de date de sortie, mais celle-ci devrait être imminente après la fin des célébrations du Nouvel An lunaire la semaine dernière », affirmait lundi 23 février CNBC. Et l’industrie américaine de l’IA tremble de revivre l’épisode que lui avait fait subir l’entreprise chinoise il y a un peu plus d’un an quand Wall Street avait remis en cause leurs capacités à lutter.

Dans ce cadre, OpenAI a envoyé le 12 février un mémo [PDF] aux élus de la Chambre des représentants des États-Unis qui participent à la commission sur la « Concurrence stratégique entre les États-Unis et le Parti communiste chinois ». Ce texte accuse DeepSeek de « tenter continuellement de profiter gratuitement des capacités développées par OpenAI et d’autres laboratoires américains de pointe ». L’entreprise de Sam Altman y présentait des indices observés sur sa plateforme qui témoignent, selon elle, « des tentatives continues de DeepSeek pour distiller les modèles de pointe d’OpenAI et d’autres laboratoires américains, notamment par le biais de nouvelles méthodes de brouillage ».

Ce lundi 23 février, Anthropic en remettait donc une couche avec un billet de blog accusant DeepSeek, Moonshot, et MiniMax de lancer des « campagnes à l’échelle industrielle […] pour extraire illicitement les capacités de Claude afin d’améliorer leurs propres modèles ».

« Ces laboratoires ont utilisé une technique appelée « distillation », qui consiste à entraîner un modèle moins performant à partir des résultats d’un modèle plus puissant », explique Anthropic. Pourtant, la startup américaine reconnait que « la distillation est une méthode d’entraînement largement utilisée et légitime. Par exemple, les laboratoires d’IA de pointe distillent régulièrement leurs propres modèles afin de créer des versions plus petites et moins coûteuses pour leurs clients ».

Une utilisation « illicite » de la distillation ?

Mais elle affirme que son utilisation est illicite si des concurrents l’utilisent « pour acquérir les capacités puissantes d’autres laboratoires en une fraction du temps et à un coût bien inférieur à ceux nécessaires pour les développer de manière indépendante », sans pour autant s’appuyer sur un quelconque texte légal. Dans son billet, l’entreprise américaine accuse les trois entreprises chinoises d’avoir utilisé des milliers de comptes qu’elles se seraient créés sur sa plateforme pour récupérer des millions de conversations avec Claude.

Les accusations des deux entreprises semblent plutôt vouloir pointer du doigt que DeepSeek s’appuierait sur leurs travaux et ainsi éviter que Wall Street s’affole de l’arrivée d’un nouveau modèle chinois dépassant les capacités de ses rivaux états-uniens.

Rappelons qu’Anthropic comme OpenAI ont été accusées l’une et l’autre d’avoir entrainé leurs modèles sur des contenus dont elle n’avaient pas les droits. L’entreprise de Dario Amodei a signé un accord de 1,5 milliard de dollars avec des auteurs en septembre 2025, celui-ci est toujours en cours de relecture chez le juge qui doit le valider.

Enfin, Reuters affirme que DeepSeek entrainerait son modèle sur des puces Blackwell de NVIDIA, normalement soumises à un embargo américain. Depuis peu, seule la génération précédente Hopper est autorisée à l’exportation en Chine.

La retombée d’un Falcon 9 de SpaceX a créé un nuage de lithium dans la haute atmosphère

24 février 2026 à 07:42
Après moi...
La retombée d’un Falcon 9 de SpaceX a créé un nuage de lithium dans la haute atmosphère

Il y a un an, SpaceX a perdu le contrôle du deuxième étage de sa fusée au cours d’un de ses lancements de satellites de Starlink. Des débris avaient été retrouvés en Pologne, mais des chercheurs allemands montrent un an après que la fusée a créé un nuage de lithium dans la haute atmosphère au dessus de l’ouest de l’Irlande s’étendant jusqu’au nord de l’Allemagne à 96 km d’altitude.

Les échecs des lancements de fusées peuvent polluer la haute atmosphère terrestre avec des conséquences inconnues pour la couche d’ozone. Le 18 février 2025, SpaceX lançait une 438e fois un Falcon 9 en dehors de l’atmosphère pour envoyer une vingtaine de satellites Starlink en orbite basse.

L’entreprise s’est félicitée du retour du premier étage de la fusée pour son premier lancement des Bahamas. Mais le 19 février, des Polonais témoignaient de la retombée de débris du deuxième étage de la fusée de SpaceX et l’agence spatiale polonaise POLSA confirmait « que dans la nuit du 19 février 2025, entre 04h46 et 04h48, une rentrée incontrôlée dans l’atmosphère au-dessus du territoire polonais d’un étage de la fusée porteuse FALCON 9 R/B a eu lieu ».

Une détection au-dessus du nord de l’Allemagne

Mais la retombée incontrôlée du deuxième étage du Falcon 9 a eu des conséquences qu’on n’imaginait pas. Des chercheurs et chercheuses de l’institut Leibniz de physique de l’atmosphère ont publié, tout juste un an après, un article scientifique indiquant qu’ils ont pu détecter et mesurer un nuage de lithium dans la haute atmosphère au-dessus de l’ouest de l’Irlande et s’étendant jusqu’au nord de l’Allemagne à 96 km d’altitude.

De fait, leur équipe explique avoir d’abord détecté une multiplication par 10 des atomes de lithium au-dessus de la petite ville de Kühlungsborn, en Allemagne, « environ 20 heures après la rentrée incontrôlée d’un étage supérieur Falcon 9 » avec un lidar, un appareil de détection par laser qui permet aussi d’estimer la distance à laquelle sont détectées les particules.

« La densité maximale de la couche de lithium était inférieure à 3 atomes cm⁻³ pendant la majeure partie de la mesure. Une augmentation soudaine du signal d’un facteur 10 a été détectée juste après minuit UTC le 20 février », expliquent-ils.

Ils ont ensuite mis en place des simulations pour vérifier d’où pouvaient provenir ces atomes. « L’ensemble des trajectoires calculées (en bleu) est représenté sur la figure 3 [ci-dessous] avec une carte thermique de densité de probabilité indiquant la région au-dessus du Royaume-Uni et de l’Irlande où le panache de lithium a probablement pris naissance » :

Sur la carte, le tracé noir représente la trajectoire de rentrée du Falcon 9 et la courbe constituée de petits cercles représente un exemple de trajectoire possible qu’ils ont simulé et qui correspondrait à l’heure de rentrée de la fusée dans la haute atmosphère.

Le lithium, la signature des débris spatiaux

Ils expliquent que le lithium a été choisi comme métal cible « pour détecter les signatures des débris spatiaux en raison de sa présence en quantités infimes dans les météoroïdes chondritiques et de ses applications bien documentées dans les engins spatiaux, notamment les batteries lithium-ion et le revêtement des coques en alliage lithium-aluminium (Li-Al) ».

Leur travail montre que les lidars, et notamment ceux à fluorescence par résonance, peuvent être utilisés pour la détection du lithium dans la haute atmosphère « lorsqu’il est associé à d’autres mesures atmosphériques et étayé par une analyse modélisée ». L’idée est de pouvoir comprendre ce qu’il se passe avant l’entrée dans la couche d’ozone. Des recherches ont déjà montré que la combustion des satellites pourrait gravement endommager la couche d’ozone. Mais la détection et la quantification de polluants dans la couche d’ozone stratosphérique est complexe et chère, selon eux.

Les autrices et auteurs soulignent aussi que leur travail « vient étayer les inquiétudes croissantes selon lesquelles le trafic spatial pourrait polluer la haute atmosphère d’une manière qui n’est pas encore entièrement comprise. La croissance continue des lancements et des rentrées de satellites pourrait entraîner des effets cumulatifs, avec des implications pour la composition atmosphérique à long terme et les interactions climatiques ». Reste une inconnue : les conséquences de cette pollution que ce soit sur cette haute atmosphère ou sur la couche d’ozone.

Rappelons qu’outre la haute atmosphère, les lancements de SpaceX sont responsables d’autres pollutions. Ainsi, un mois avant, en janvier 2025, des débris de Starship sont tombés sur des plages et routes des îles Turques-et-Caïques. Enfin, depuis plusieurs années, les astrophysiciens alertent sur les menaces que font peser les constellations de satellites sur les observations astronomiques, menaces qui se sont accélérées avec la taille de ces constellations.

Archive.is organise un DDoS contre un blog et se fait bannir de la Wikipédia anglophone

23 février 2026 à 13:38
Sombre mesure de rétorsion
Archive.is organise un DDoS contre un blog et se fait bannir de la Wikipédia anglophone

Un des sites d’archivage en ligne les plus connus, Archive.is (connu aussi sous le nom de domaine archive.today) a mis en place un script envoyant en permanence des requêtes contre un blog qui a publié des informations à son sujet. La communauté anglophone de Wikipédia a décidé de bannir les liens qui renvoient vers cette archive.

La communauté de la version anglophone de Wikipédia a décidé de bannir tout lien vers l’un des sites d’archivage en ligne les plus connus, Archive.today, aussi connu par son autre nom de domaine archive.is.

« Il existe un consensus pour immédiatement désapprouver archive.today et, dès que possible, l’ajouter à la liste noire des spams (ou créer un filtre d’édition qui bloque l’ajout de nouveaux liens), et pour supprimer immédiatement tous les liens vers ce site . Il existe un fort consensus sur le fait que Wikipédia ne devrait pas diriger ses lecteurs vers un site web qui détourne les ordinateurs des utilisateurs pour lancer une attaque DDoS », explique une page de discussion de l’encyclopédie repérée par ArsTechnica. Cela fait plus de 695 000 liens à supprimer à travers 400 000 pages.

Des requêtes via un javascript dans la page de Captcha d’Archive.today

En cause, la mise en place d’une mesure de rétorsion par l’équipe d’Archive.today contre un blogueur. La page de Captcha du site d’archivage sur laquelle toute personne tombe avant d’accéder au site contient un script lançant en permanence des requêtes vers le blog d’un ingénieur de Google, Jani Patokallio, depuis plus d’un mois.

En 2023, il a publié un billet à propos du site après avoir glané quelques informations sur l’organisation du site qui est, elle, très discrète. « Internet Archive est une organisation à but non lucratif légitime régie par l’article 501(c)(3) du code fiscal américain, avec un budget de 37 millions de dollars et 169 employés à temps plein en 2019. archive.today, en revanche, est une énigme opaque », constatait-il.

Comme Jani Patokallio l’explique, jusque là, ce texte « n’avait pas vraiment enflammé la blogosphère ». Mais début novembre, on apprenait que le FBI cherchait à obtenir l’identité du responsable d’Archive.today. À cette occasion, des sites d’actualités numériques comme Heise, ArsTechnica mais aussi Next avaient cité son billet.

Une demande de dépublication temporaire d’un billet vieux de 2023

L’auteur du billet affirme avoir reçu un email du webmaster d’archive.today le 9 janvier dernier lui demandant « poliment » de dépublier le billet de 2023 « pendant quelques mois ». Jani Patokallio affirme que, dans leur conversation (qu’il a publiée), la personne explique qu’elle n’en a pas particulièrement contre son billet mais plutôt contre la reprise dans les médias d’informations glanées sans contexte.

Les contributeurs et contributrices de la Wikipédia anglophone ont donc considéré que l’encyclopédie ne devait pas renvoyer ses lecteurs vers un site web qui les utilisent pour créer une attaque DDoS, malgré le fait qu’ « Archive.today contient une quantité considérable d’archives qui ne sont disponibles nulle part ailleurs. Ni sur Wayback Machine, ni ailleurs. » De plus, lors de la discussion, « des preuves ont été présentées montrant que les opérateurs d’archive.today ont modifié le contenu des pages archivées, le rendant ainsi peu fiable ».

Les utilisateurs du bloqueur de publicité ublock origin qui visiteraient archive.today ne participent pas à cette attack DDoS, le blog de Jani Patokallio ayant été ajouté à une liste utilisée par l’extension. « Cela n’empêche pas les utilisateurs de naviguer directement vers mon blog », explique-t-il.

Qualité des réseaux fibre : « les efforts engagés par la filière doivent se poursuivre »

23 février 2026 à 09:43
Attends, je débranche celui-là, ça laissera une place
Qualité des réseaux fibre : « les efforts engagés par la filière doivent se poursuivre »

Alors que, l’année dernière elle reconnaissait que la qualité des réseaux en fibre s’est améliorée, l’Arcep demande maintenant à la filière de maintenir ses efforts. L’autorité constate, en publiant son observatoire sur la qualité des réseaux en fibre optique, que « la qualité de l’exploitation se stabilise sur la majorité des réseaux »

L’Arcep a publié ce jeudi 19 février sa 7ème édition de l’observatoire sur la qualité des réseaux en fibre optique, utilisant les chiffres jusqu’en septembre 2025. Depuis juillet 2023, le régulateur met en avant ses constats sur ce réseau qui, à l’époque, souffrait de nombreuses critiques des clients.

En septembre dernier, l’Arcep constatait que la situation continuait à s’améliorer et sa présidente, Laure de la Raudière, expliquait « que c’était très long pour avoir ces résultats ».

Mais le régulateur semble indiquer que la vitesse d’amélioration est encore plus faible. « La qualité de l’exploitation se stabilise sur la majorité des réseaux », affirme l’Arcep dans son communiqué.

Amélioration du taux de pannes signalées aux opérateurs d’infrastructure

Il constate une amélioration du taux de pannes signalées aux opérateurs d’infrastructure par les opérateurs commerciaux. « Depuis la publication de la première édition de l’observatoire sur la qualité des réseaux en fibre optique, le nombre de réseaux présentant un taux de pannes supérieur ou égal à 1 % est en diminution, passant de 9 réseaux (représentant environ 420 000 abonnés) à 3 réseaux (représentant 83 500 abonnés) en septembre 2025 », explique l’autorité dans son rapport.

Avec, en parallèle, un nombre plus important de réseaux passant sous les 0,3 % : « de 187 réseaux (représentant 20,5 millions d’abonnés) à 196 réseaux (représentant 23,4 millions d’abonnés) en septembre 2025 ». Finalement, l’Arcep constate un taux de pannes national « de 0,11% en moyenne sur la période concernée ».

Les trois réseaux pointés du doigt par le régulateur restent les mêmes qu’il y a six mois, appartenant à Altitude mais récupérés en 2021 suite au rachat de l’opérateur d’infrastructure Covage par SFR FTTH (devenue depuis XpFibre, appartenant à Altice).

Les données de l’Arcep montrent aussi l’évolution dans le temps du taux de pannes mensuel agrégé par maison mère d’opérateurs. Et on peut voir qu’après s’être beaucoup améliorés en 2024, les opérateurs d’Iliad sont revenus à un taux de pannes moyen de plus de 0,5 % alors que les autres sont tous bien en dessous :

Dans une note sous ce graphique, l’Arcep explique que, « depuis 2023, le groupe Iliad, par l’intermédiaire de sa filiale Réseau Optique de France, met en œuvre un plan de modification structurelle de son réseau. Celui-ci vise notamment à substituer les « Points de Mutualisation Grande Capacité » par des points de mutualisation intérieurs et extérieurs. Cette démarche s’est intensifiée à la fin de l’année 2025 et a pu entraîner des interruptions de service pour les utilisateurs. Le déploiement de ce plan devra être achevé au plus tard le 31 décembre 2026 ».

Une stabilité des taux d’échecs

Concernant le taux d’échecs au raccordement, l’autorité constate « une stabilité globale des taux d’échecs au raccordement sur les derniers mois d’observation ».

« La moyenne nationale des taux d’échecs au raccordement s’établit à 5,88 % en septembre 2025 », explique l’Arcep. Mais elle ajoute que « 31 réseaux présentent un taux d’échecs au raccordement supérieur ou égal à 11 %, soit 2 réseaux de plus que dans la précédente version de l’observatoire » et « 82 réseaux présentent un taux d’échec au raccordement inférieur ou égal à 5 %, soit 13 réseaux de moins que dans la précédente version de l’observatoire ».

L’observatoire mesure aussi la qualité des raccordements effectués par les opérateurs commerciaux. Comme la dernière fois, quelques précautions sont néanmoins à prendre puisque le régulateur ne s’appuie que sur les données de l’opérateur d’infrastructure Altitude, mais l’Arcep indique qu’elle poursuit les travaux pour obtenir des données d’autres acteurs.

On peut néanmoins observer dans les chiffres d’Altitude une augmentation nette des malfaçons chez SFR au dernier trimestre 2025 et une baisse importante chez Free (plus la couleur est foncée dans les graphiques, plus le problème est important) :

Amélioration sur la reprise des malfaçons

L’observatoire recueille aussi les données sur la reprise des malfaçons par les opérateurs commerciaux qui doit en théorie être effectuée dans les 30 jours.

Orange et Bouygues sont les bons élèves depuis longtemps avec « des niveaux élevés et relativement stables, avec une performance supérieure pour Orange sur l’ensemble de la période », selon l’Arcep. Elle observe que « SFR et Free montrent une amélioration progressive en 2025 réduisant l’écart avec les autres opérateurs, mais qui reste insuffisante » :

Au global, « le taux national moyen de malfaçons reprises sous 30 jours s’améliore, passant de 73 % en février 2025 à 82 % en août 2025, et les écarts entre les opérateurs commerciaux tendent à se réduire ».

Sur les abonnés affectés par au moins une panne au cours du mois, l’Arcep « observe des disparités entre les réseaux » :

Poursuivre les efforts

Elle ajoute observer, pour cet indicateur, « une relative stabilité […] malgré une hausse à 2,0 % en septembre 2025. La moyenne annuelle (sur douze mois glissants) s’établit à 1,74 % ».

Dans son communiqué, l’Arcep insiste sur le fait que si elle observe une stabilisation au niveau national, « les efforts engagés par la filière doivent se poursuivre, notamment sur les réseaux les plus dégradés ».

Notamment, elle explique que « les taux de pannes et d’échecs au raccordement observés sur certaines zones concernées par un plan de reprise demeurent souvent supérieurs aux standards du marché ».

Pannes chez AWS dues à son agent IA : Amazon se défausse sur ses employés

20 février 2026 à 11:23
La faute à celui qui est entre la chaise et le clavier, encore ?
Pannes chez AWS dues à son agent IA : Amazon se défausse sur ses employés

Plusieurs pannes chez AWS sont liées à l’utilisation en interne de ses propres agents IA par ses ingénieurs. L’entreprise qui a lancé son agent Kiro en assurant qu’il allait « au-delà du vibe coding » rejette la faute sur ses employés qui auraient laissé faire son IA.

Au moins deux pannes internes à Amazon Web Services récentes sont liées à l’utilisation de ses outils d’IA générative comme Kiro, utilisés par ses employés pour gérer ses infrastructures.

L’entreprise avait présenté son agent IA Kiro en juillet 2025 en le proposant d’abord via inscription sur liste d’attente avant de le lancer pleinement fin décembre lors de sa conférence annuelle re:Invent.

AWS présentait Kiro comme un « environnement de développement IA qui vous aide à passer du concept à la production grâce à une expérience de développement simplifiée pour travailler avec des agents IA. Kiro excelle dans le « vibe coding », mais va bien au-delà : la force de Kiro réside dans sa capacité à intégrer ces prototypes dans des systèmes de production grâce à des fonctionnalités telles que les spécifications et les hooks ».

Suppression et recréation de l’environnement sur un système en production

Mais, comme l’explique le Financial Times, l’utilisation de ces outils provoque, même en interne, des doutes sur la qualité qui en résulte. Ainsi, des employés d’AWS ont expliqué au journal économique britannique que deux pannes ont eu lieu sur les systèmes de l’entreprise alors que des ingénieurs les ont utilisés pour les gérer.

« Nous avons déjà constaté au moins deux interruptions de production [au cours des derniers mois] », explique une des sources de nos confrères. « Les ingénieurs ont laissé l’ [agent] IA résoudre un problème sans intervenir. Les interruptions étaient mineures, mais tout à fait prévisibles. »

L’une d’entre elles concerne un service utilisé par les clients ayant subi une interruption de 13 h à la mi-décembre. AWS a fait circuler en interne un postmortem de l’incident. L’outil d’Amazon Kiro aurait été utilisé par un ingénieur de l’entreprise. Et il aurait déterminé que la meilleure solution consistait à « supprimer et recréer l’environnement » du système.

Concernant l’autre panne, c’était l’outil Amazon Q Developer qui était impliqué, selon les sources du Financial Times, sans plus de détails.

Une erreur de l’utilisateur, et non une erreur de l’IA, selon AWS

Amazon a affirmé qu’il s’agissait « d’une coïncidence que des outils d’IA aient été impliqués [et que] le même problème pourrait se produire avec n’importe quel outil de développement ou action manuelle ».

L’entreprise a ajouté que « dans les deux cas, il s’agissait d’une erreur de l’utilisateur, et non d’une erreur de l’IA ». Elle assure que l’incident de décembre était un « événement extrêmement limité » qui n’a touché qu’un service dans certaines régions de Chine, et que l’autre n’a eu aucune conséquence sur les services AWS orientés client.

Amazon continue en parallèle de promouvoir l’utilisation de ses outils d’IA générative en interne qui sont en retard par rapport à certains outils de ses concurrents. L’entreprise interdit même l’utilisation de Claude Code à ses employés au profit de Kiro, ce qui a attiré des critiques en interne.

Dans un fil de discussion sur l’outil de chat de l’entreprise, environ 1 500 employés d’Amazon ont poussé à l’adoption officielle de Claude Code en interne, expliquait la semaine dernière Business Insider. Cette situation est d’autant plus étrange qu’Amazon propose à ses clients un accès à Claude Code via sa plateforme Bedrock.

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