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Avec Muse Spark Open, Meta ouvre les poids et se rapproche d’Apple

16 octobre 2026 à 05:05
Poids ouverts pour le poids lourd
Avec Muse Spark Open, Meta ouvre les poids et se rapproche d’Apple

Avec Muse Spark Open, Meta revient à ses premières amours, c’est à dire les modèles IA à poids ouverts. Et pour faire tourner ce poids lourd en local, l’entreprise s’est trouvé un partenaire inattendu : Apple.

Avec son ancienne famille de modèles Llama, Meta pensait avoir trouvé la botte secrète face aux LLM propriétaires d’OpenAI, d’Anthropic ou de Google : des modèles à poids ouverts, autrement dit qu’il est possible de télécharger et d’exploiter en local (sous certaines conditions). Patatras : la version 4 des modèles Llama livrée en avril 2025 a été entachée par des accusations de manipulation de benchmarks.

Derrière les modèles chinois

Piqué au vif, Mark Zuckerberg a décidé de tout remettre à plat et de créer de toutes pièces un nouveau labo dont les membres ont été débauchés à prix d’or partout dans la Silicon Valley et au-delà. Les premiers résultats sont apparus un an plus tard avec Muse Spark, un modèle… fermé.

L’idée des poids ouverts n’était cependant pas perdue. Alors que le débat autour des modèles ouverts battait son plein cet été, Meta livrait Muse Glimmer, un modèle déjà conséquent de 30 milliards de paramètres assorti d’une licence open source permissive (Apache 2.0). L’entreprise en rajoute une couche avec Muse Spark Open, « le modèle à poids ouverts américain le plus capable ».

Muse Spark Open est un modèle multimodal de 816 milliards de paramètres (42 milliards actifs pour chaque token utilisé selon une architecture Mixture of Experts) avec une fenêtre de contexte de 1 million de tokens, autrement dit la quantité d’informations qu’il peut prendre en compte durant une interaction. C’est désormais courant pour les modèles frontières, y compris Muse Wonder. Spark Open accepte du texte, des images, de la vidéo et de l’audio en entrée, mais il ne génère que du texte.

Meta présente Spark Open comme « conçu pour la programmation et les tâches agentiques », avec une prédilection pour « les travaux de longue haleine, le développement logiciel complexe et le raisonnement en plusieurs étapes. » Face à des modèles à poids ouverts concurrents, il figure en tête dans deux des trois benchmarks sur les tâches agentiques (JobBench et MCP-Atlas). Sur GDPval-AA v2 en revanche, il est dépassé par trois modèles chinois et Mistral Large 4.

Image : Meta

En matière de programmation, Spark Open n’occupe aucune première place du podium : il est derrière quatre rivaux sur Terminal-Bench 2.1, et il se trouve dans la moyenne sur DeepSWE. Le modèle affiche de bons résultats sur les tests de connaissances et de raisonnement, et il se montre solide sur le multimodal. En tout, sur onze benchs, Meta décroche six premières places. Il manque également au tableau ses comparaisons avec les modèles fermés d’OpenAI et d’Anthropic.

Deux Mac Studio pour un modèle poids lourd

Le modèle donnera la pleine mesure de son talent sur le Mac Studio avec puce M5 Ultra, et même deux. Meta et Apple ont en effet travaillé ensemble pour que Spark Open exploite à plein le GPU intégré au silicium Apple, sa mémoire unifiée et la bande passante de la puce (jusqu’à 1,2 To/s).

Connecter deux Mac Studio dotés de 512 Go de mémoire permet de répartir le modèle entre les deux machines, qui disposent ainsi d’un téraoctet de mémoire au total : les 816 milliards de paramètres , stockés dans une version quantifiée en 4 bits, restent ainsi disponibles en mémoire (même si 42 milliards sont réellement mobilisés pour chaque token traité).

On parle d’une configuration qui devrait aisément dépasser les 30 000 euros pour deux Mac Studio M5 Ultra, Apple n’ayant pas encore annoncé le prix de l’option mémoire de 512 Go… Et Meta a indiqué qu’on pouvait même monter à quatre Mac Studio. Le tout est réalisable grâce à MLX, un framework d’Apple qui répartit l’exécution de modèles à poids ouverts entre plusieurs Mac reliés en Thunderbolt 5.

La haine recuite entre les deux entreprises est oubliée : l’IA rapproche donc même les pires ennemis ! « On est ravis que papa et maman s’entendent à nouveau », s’est amusé Alexandr Wang, le patron de l’IA chez Meta, auprès d’Axios. Les deux entreprises ont bûché pendant plusieurs mois pour cette annonce, mais cela ne les empêchera pas de conserver leur rivalité sur d’autres terrains. « Quand il est pertinent de collaborer et de nouer des partenariats, nous voulons pouvoir le faire », ajoute le dirigeant.

Les poids de Muse Spark Open sont disponibles sur Hugging Face. La licence Muse Model n’est pas aussi permissive que celle de Glimmer, même s’il est autorisé de modifier le modèle, de le distiller, de le redistribuer et même d’en vendre des copies sous réserve de respecter la licence et d’afficher une attribution. Certains usages militaires, la création de logiciels malveillants et le contournement des restrictions ou mesures de sécurité sont prohibés. Meta ne revendique aucun droit de propriété sur les sorties du modèle.

Avec Muse Spark Open, Meta ouvre les poids et se rapproche d’Apple

16 octobre 2026 à 05:05
Poids ouverts pour le poids lourd
Avec Muse Spark Open, Meta ouvre les poids et se rapproche d’Apple

Avec Muse Spark Open, Meta revient à ses premières amours, c’est à dire les modèles IA à poids ouverts. Et pour faire tourner ce poids lourd en local, l’entreprise s’est trouvé un partenaire inattendu : Apple.

Avec son ancienne famille de modèles Llama, Meta pensait avoir trouvé la botte secrète face aux LLM propriétaires d’OpenAI, d’Anthropic ou de Google : des modèles à poids ouverts, autrement dit qu’il est possible de télécharger et d’exploiter en local (sous certaines conditions). Patatras : la version 4 des modèles Llama livrée en avril 2025 a été entachée par des accusations de manipulation de benchmarks.

Derrière les modèles chinois

Piqué au vif, Mark Zuckerberg a décidé de tout remettre à plat et de créer de toutes pièces un nouveau labo dont les membres ont été débauchés à prix d’or partout dans la Silicon Valley et au-delà. Les premiers résultats sont apparus un an plus tard avec Muse Spark, un modèle… fermé.

L’idée des poids ouverts n’était cependant pas perdue. Alors que le débat autour des modèles ouverts battait son plein cet été, Meta livrait Muse Glimmer, un modèle déjà conséquent de 30 milliards de paramètres assorti d’une licence open source permissive (Apache 2.0). L’entreprise en rajoute une couche avec Muse Spark Open, « le modèle à poids ouverts américain le plus capable ».

Muse Spark Open est un modèle multimodal de 816 milliards de paramètres (42 milliards actifs pour chaque token utilisé selon une architecture Mixture of Experts) avec une fenêtre de contexte de 1 million de tokens, autrement dit la quantité d’informations qu’il peut prendre en compte durant une interaction. C’est désormais courant pour les modèles frontières, y compris Muse Wonder. Spark Open accepte du texte, des images, de la vidéo et de l’audio en entrée, mais il ne génère que du texte.

Meta présente Spark Open comme « conçu pour la programmation et les tâches agentiques », avec une prédilection pour « les travaux de longue haleine, le développement logiciel complexe et le raisonnement en plusieurs étapes. » Face à des modèles à poids ouverts concurrents, il figure en tête dans deux des trois benchmarks sur les tâches agentiques (JobBench et MCP-Atlas). Sur GDPval-AA v2 en revanche, il est dépassé par trois modèles chinois et Mistral Large 4.

Image : Meta

En matière de programmation, Spark Open n’occupe aucune première place du podium : il est derrière quatre rivaux sur Terminal-Bench 2.1, et il se trouve dans la moyenne sur DeepSWE. Le modèle affiche de bons résultats sur les tests de connaissances et de raisonnement, et il se montre solide sur le multimodal. En tout, sur onze benchs, Meta décroche six premières places. Il manque également au tableau ses comparaisons avec les modèles fermés d’OpenAI et d’Anthropic.

Deux Mac Studio pour un modèle poids lourd

Le modèle donnera la pleine mesure de son talent sur le Mac Studio avec puce M5 Ultra, et même deux. Meta et Apple ont en effet travaillé ensemble pour que Spark Open exploite à plein le GPU intégré au silicium Apple, sa mémoire unifiée et la bande passante de la puce (jusqu’à 1,2 To/s).

Connecter deux Mac Studio dotés de 512 Go de mémoire permet de répartir le modèle entre les deux machines, qui disposent ainsi d’un téraoctet de mémoire au total : les 816 milliards de paramètres , stockés dans une version quantifiée en 4 bits, restent ainsi disponibles en mémoire (même si 42 milliards sont réellement mobilisés pour chaque token traité).

On parle d’une configuration qui devrait aisément dépasser les 30 000 euros pour deux Mac Studio M5 Ultra, Apple n’ayant pas encore annoncé le prix de l’option mémoire de 512 Go… Et Meta a indiqué qu’on pouvait même monter à quatre Mac Studio. Le tout est réalisable grâce à MLX, un framework d’Apple qui répartit l’exécution de modèles à poids ouverts entre plusieurs Mac reliés en Thunderbolt 5.

La haine recuite entre les deux entreprises est oubliée : l’IA rapproche donc même les pires ennemis ! « On est ravis que papa et maman s’entendent à nouveau », s’est amusé Alexandr Wang, le patron de l’IA chez Meta, auprès d’Axios. Les deux entreprises ont bûché pendant plusieurs mois pour cette annonce, mais cela ne les empêchera pas de conserver leur rivalité sur d’autres terrains. « Quand il est pertinent de collaborer et de nouer des partenariats, nous voulons pouvoir le faire », ajoute le dirigeant.

Les poids de Muse Spark Open sont disponibles sur Hugging Face. La licence Muse Model n’est pas aussi permissive que celle de Glimmer, même s’il est autorisé de modifier le modèle, de le distiller, de le redistribuer et même d’en vendre des copies sous réserve de respecter la licence et d’afficher une attribution. Certains usages militaires, la création de logiciels malveillants et le contournement des restrictions ou mesures de sécurité sont prohibés. Meta ne revendique aucun droit de propriété sur les sorties du modèle.

☕️ YouTube Music étiquète à son tour les chansons générées par IA

15 octobre 2026 à 12:29


Les étiquettes « AI » vont fleurir dans YouTube Music. Google rejoint le train des plateformes de streaming qui signalent les contenus générés par IA, à l’instar de Spotify et Deezer. Apple Music aussi a lancé les grandes manœuvres récemment.

« L’IA générative offre aux artistes de nouvelles possibilités pour créer, expérimenter et partager leur musique », explique le géant du web. « À mesure que ces outils évoluent, nos auditeurs nous ont fait savoir qu’ils souhaitent être informés lorsqu’ils écoutent un morceau généré par l’IA. » C’est la raison pour laquelle le badge « AI » va commencer à faire son apparition dans l’application YouTube Music.

Une chanson dans laquelle l’IA a joué « un rôle important » héritera donc du badge. En touchant ce bouton, l’auditeur pourra consulter des informations supplémentaires sur l’usage de l’IA. Par exemple : « Ce contenu audio a été modifié ou entièrement généré à l’aide de l’IA. » Tout cela sera familier aux utilisateurs de YouTube, qui étiquète déjà les contenus générés par IA de la sorte.

Sur YouTube, les créateurs doivent indiquer leur utilisation de l’IA dans leurs contenus. Il peut aussi arriver que la plateforme applique le badge de sa propre initiative, « afin de réduire les risques pour les spectateurs ». Les partenaires de la filière musicale sont aussi invités à signaler leur usage de l’IA générative dans les vidéos qu’ils téléversent sur YouTube, selon deux paliers (« Fully Gen AI » et « Partly Gen AI »).

En parallèle, Deezer a annoncé un nouveau réglage qui permettra aux abonnés de supprimer complètement la musique entièrement générée par IA. « Nous avons constaté une demande claire de la part de nos utilisateurs pour pouvoir filtrer la musique générée par l’IA », explique Alexis Lanternier, directeur général du service de streaming. « Il est de notre responsabilité de contribuer à façonner un avenir fondé sur la transparence et le libre choix, dans le respect des artistes, des auteurs-compositeurs et des fans de musique. »

Plus de la moitié du volume total de contenus téléversés chaque jour sur les serveurs de Deezer sont des titres générés par IA, soit près de 90 000 morceaux.

☕️ YouTube Music étiquète à son tour les chansons générées par IA

15 octobre 2026 à 12:29


Les étiquettes « AI » vont fleurir dans YouTube Music. Google rejoint le train des plateformes de streaming qui signalent les contenus générés par IA, à l’instar de Spotify et Deezer. Apple Music aussi a lancé les grandes manœuvres récemment.

« L’IA générative offre aux artistes de nouvelles possibilités pour créer, expérimenter et partager leur musique », explique le géant du web. « À mesure que ces outils évoluent, nos auditeurs nous ont fait savoir qu’ils souhaitent être informés lorsqu’ils écoutent un morceau généré par l’IA. » C’est la raison pour laquelle le badge « AI » va commencer à faire son apparition dans l’application YouTube Music.

Une chanson dans laquelle l’IA a joué « un rôle important » héritera donc du badge. En touchant ce bouton, l’auditeur pourra consulter des informations supplémentaires sur l’usage de l’IA. Par exemple : « Ce contenu audio a été modifié ou entièrement généré à l’aide de l’IA. » Tout cela sera familier aux utilisateurs de YouTube, qui étiquète déjà les contenus générés par IA de la sorte.

Sur YouTube, les créateurs doivent indiquer leur utilisation de l’IA dans leurs contenus. Il peut aussi arriver que la plateforme applique le badge de sa propre initiative, « afin de réduire les risques pour les spectateurs ». Les partenaires de la filière musicale sont aussi invités à signaler leur usage de l’IA générative dans les vidéos qu’ils téléversent sur YouTube, selon deux paliers (« Fully Gen AI » et « Partly Gen AI »).

En parallèle, Deezer a annoncé un nouveau réglage qui permettra aux abonnés de supprimer complètement la musique entièrement générée par IA. « Nous avons constaté une demande claire de la part de nos utilisateurs pour pouvoir filtrer la musique générée par l’IA », explique Alexis Lanternier, directeur général du service de streaming. « Il est de notre responsabilité de contribuer à façonner un avenir fondé sur la transparence et le libre choix, dans le respect des artistes, des auteurs-compositeurs et des fans de musique. »

Plus de la moitié du volume total de contenus téléversés chaque jour sur les serveurs de Deezer sont des titres générés par IA, soit près de 90 000 morceaux.

Microsoft lance Xbox Labs pour accompagner les bricolages de jeux par IA

14 octobre 2026 à 05:42
L'anarchie devient laboratoire
Microsoft lance Xbox Labs pour accompagner les bricolages de jeux par IA

Xbox prend la vague des portages de jeux infusés à l’IA en lançant un nouveau labo chargé d’explorer ces technologies qui bousculent déjà l’industrie du jeu vidéo.

L’émergence des nouvelles techniques de décompilation, de recompilation et de mash-ups de jeux rendus possibles par l’IA générative n’a pas laissé Xbox indifférent. Le consolier voit ici non pas une menace, mais une opportunité d’expérimenter des technologies qui font exploser les limites des jeux vidéo, en faisant tourner des titres nativement sur des systèmes normalement incompatibles, ou en combinant des univers qui n’auraient jamais dû se rencontrer.

Au-delà de la question épineuse de la propriété intellectuelle, tout cela demeure très anarchique avec des résultats parfois bizarres qui font enrager les historiques de la scène du modding et du rétro-gaming, assez légitimement d’ailleurs. Eux qui ont passé des années à suer sang et eau pour comprendre les moindres détails du code source des jeux, l’IA y parvient sans broncher et en claquant des doigts ou presque. La décompilation de code par IA est d’ailleurs une problématique que l’on retrouve pour tous les logiciels.

Observer le chaos de près

Xbox ne veut pas laisser passer le train, et vient donc de lancer une nouvelle structure, Xbox Labs, qui regroupe « un petit groupe de créateurs de jeux, d’ingénieurs et de scientifiques dont le rôle est de transformer les idées émergentes en expériences concrètes pour nos joueurs et nos développeurs », explique Asha Sharma, la directrice générale de la division de Microsoft.

« Ces dernières semaines, nous avons vu des jeux rapidement décompilés puis reconstruits pour fonctionner sur du matériel pour lequel ils n’avaient jamais été conçus à l’origine », explique-t-elle. « Des versions Windows PC ont été traduites pour tourner sur Apple Silicon », comme par exemple ce portage natif de la version Windows (x86) d’Alan Wake 2 sur un Mac M3 Ultra (Arm) réalisé par Gemini 4 Argon. On voit aussi des jeux tourner dans des navigateurs web, à l’image du premier Halo. « Plus surprenant peut-être, nous avons vu nombre des plus grands jeux au monde être remixés dans le code source d’un autre. »

Pour Asha Sharma, cette effervescence et ces expérimentations sauvages « remettent en cause des idées longtemps tenues pour acquises dans notre industrie : le lien entre logiciel et matériel, la frontière entre création et jeu, et la façon dont les gens découvrent et vivent les jeux. »

Le diagnostic est correct, mais le rôle des Xbox Labs dans tout ça reste très flou pour le moment, et le site web ne permet que de s’enregistrer dans la mailing list. « Nous construirons ouvertement, apprendrons de ce que les gens font, et mesurerons notre réussite à l’aune du nombre croissant de personnes qui jouent et créent », indique-t-elle.

On pourrait imaginer que Xbox ferme les yeux sur l’exploitation sauvage de ses franchises, et pourquoi pas facilite la vie des « créateurs » en fournissant du code source. Pour la dirigeante, il est facile d’entrevoir « tout le potentiel qu’il y a à rendre les grands jeux plus accessibles, à donner une nouvelle vie aux anciens titres et à permettre à davantage de joueurs de devenir créateurs et cocréateurs. » Tout cela, ce sont « indéniablement » de bonnes nouvelles, même si elles remettent en question les modèles économiques existants « et parfois précisément parce qu’elles le font. »

Microsoft lance Xbox Labs pour accompagner les bricolages de jeux par IA

14 octobre 2026 à 05:42
L'anarchie devient laboratoire
Microsoft lance Xbox Labs pour accompagner les bricolages de jeux par IA

Xbox prend la vague des portages de jeux infusés à l’IA en lançant un nouveau labo chargé d’explorer ces technologies qui bousculent déjà l’industrie du jeu vidéo.

L’émergence des nouvelles techniques de décompilation, de recompilation et de mash-ups de jeux rendus possibles par l’IA générative n’a pas laissé Xbox indifférent. Le consolier voit ici non pas une menace, mais une opportunité d’expérimenter des technologies qui font exploser les limites des jeux vidéo, en faisant tourner des titres nativement sur des systèmes normalement incompatibles, ou en combinant des univers qui n’auraient jamais dû se rencontrer.

Au-delà de la question épineuse de la propriété intellectuelle, tout cela demeure très anarchique avec des résultats parfois bizarres qui font enrager les historiques de la scène du modding et du rétro-gaming, assez légitimement d’ailleurs. Eux qui ont passé des années à suer sang et eau pour comprendre les moindres détails du code source des jeux, l’IA y parvient sans broncher et en claquant des doigts ou presque. La décompilation de code par IA est d’ailleurs une problématique que l’on retrouve pour tous les logiciels.

Observer le chaos de près

Xbox ne veut pas laisser passer le train, et vient donc de lancer une nouvelle structure, Xbox Labs, qui regroupe « un petit groupe de créateurs de jeux, d’ingénieurs et de scientifiques dont le rôle est de transformer les idées émergentes en expériences concrètes pour nos joueurs et nos développeurs », explique Asha Sharma, la directrice générale de la division de Microsoft.

« Ces dernières semaines, nous avons vu des jeux rapidement décompilés puis reconstruits pour fonctionner sur du matériel pour lequel ils n’avaient jamais été conçus à l’origine », explique-t-elle. « Des versions Windows PC ont été traduites pour tourner sur Apple Silicon », comme par exemple ce portage natif de la version Windows (x86) d’Alan Wake 2 sur un Mac M3 Ultra (Arm) réalisé par Gemini 4 Argon. On voit aussi des jeux tourner dans des navigateurs web, à l’image du premier Halo. « Plus surprenant peut-être, nous avons vu nombre des plus grands jeux au monde être remixés dans le code source d’un autre. »

Pour Asha Sharma, cette effervescence et ces expérimentations sauvages « remettent en cause des idées longtemps tenues pour acquises dans notre industrie : le lien entre logiciel et matériel, la frontière entre création et jeu, et la façon dont les gens découvrent et vivent les jeux. »

Le diagnostic est correct, mais le rôle des Xbox Labs dans tout ça reste très flou pour le moment, et le site web ne permet que de s’enregistrer dans la mailing list. « Nous construirons ouvertement, apprendrons de ce que les gens font, et mesurerons notre réussite à l’aune du nombre croissant de personnes qui jouent et créent », indique-t-elle.

On pourrait imaginer que Xbox ferme les yeux sur l’exploitation sauvage de ses franchises, et pourquoi pas facilite la vie des « créateurs » en fournissant du code source. Pour la dirigeante, il est facile d’entrevoir « tout le potentiel qu’il y a à rendre les grands jeux plus accessibles, à donner une nouvelle vie aux anciens titres et à permettre à davantage de joueurs de devenir créateurs et cocréateurs. » Tout cela, ce sont « indéniablement » de bonnes nouvelles, même si elles remettent en question les modèles économiques existants « et parfois précisément parce qu’elles le font. »

NVIDIA entre au capital de Doctolib, Entalpic, Genesis AI et Pigment

13 octobre 2026 à 16:23
L'IA sur ordonnance
NVIDIA entre au capital de Doctolib, Entalpic, Genesis AI et Pigment

Doctolib, déjà très impliqué dans le développement d’outils basés sur l’IA, appuie encore sur le champignon grâce à un investissement de NVIDIA. Le géant américain prend une participation minoritaire au capital de la plateforme française.

Aucun chiffre n’a été révélé dans la communication de Doctolib, mais cet investissement du mastodonte de l’IA va au delà du symbole même si les sommes en jeu sont une goutte d’eau pour les finances de NVIDIA. Il s’agit en effet « d’accélérer nos recrutements et nos développements IA », déclare Stanislas Niox-Chateau, le cofondateur et directeur général de la plateforme. Elle aura aussi accès aux experts de NVIDIA qui épauleront « la centaine de scientifiques, ingénieurs et designers » qui développent ces solutions IA.

Doctolib utilise les technologies NVIDIA depuis un an pour concevoir ses propres modèles IA « avec le plus haut standard de précision médicale ». Ils sont utilisés dans les agents IA proposés par l’entreprise aux soignants « pour les aider à mieux soigner ».

Une piqûre de NVIDIA

L’assistant de consultation, qui s’appuie sur un modèle de reconnaissance de la parole spécialisé dans la langue française et le vocabulaire médical, a documenté plus de 12 millions de consultations. Des assistants IA spécialisés dans la facturation, le secrétariat, la gestion documentaire et la codification, sont également disponibles pour les professionnels de la santé.

Cet investissement de NVIDIA permettra d’étendre la disponibilité de l’assistant IA personnel des patients. Testé actuellement par 400 000 Français, il sera proposé à tous les utilisateurs en 2027.

Voir NVIDIA investir directement dans Doctolib peut soulever des craintes concernant la souveraineté et la gestion des données. Au mois de juin, la plateforme nous avait assuré qu’elle ne livrait pas les informations de ses utilisateurs aux grands acteurs américains de l’IA. En juillet, elle amorçait la pompe de ces mêmes données pour ses recherches en IA, sans demander de consentement.

Ces problématiques – de souveraineté en particulier – et les controverses qui s’en sont suivies ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd. Doctolib précise ainsi que l’argent de NVIDIA va servir à accélérer le développement de modèles à poids ouverts et open source, « et investir encore davantage dans les infrastructures européennes qui les font fonctionner. »

Un investissement symbolique ?

D’après le Figaro, la prise de participation de NVIDIA se ferait à hauteur de quelques millions d’euros, une entrée au capital symbolique si l’on compte que Doctolib était valorisée aux alentours de 3,6 milliards d’euros en avril dernier.

L’annonce a été faite par Jensen Huang, de passage à Paris mardi 13 octobre, avant la conférence GTC de Berlin dont il donnera le coup d’envoi le 21 octobre prochain.

Mise à jour 20 h — Il n’y a pas que Doctolib. Entalpic, Genesis AI et Pigment vont eux aussi bénéficier d’un coup de pouce financier de NVIDIA. Entalpic développe des matériaux avancés pour les semi-conducteurs, Genesis AI conçoit des robots dopés à l’IA, et Pigment a créé une plateforme de planification pour les entreprises.

NVIDIA entre au capital de Doctolib, Entalpic, Genesis AI et Pigment

13 octobre 2026 à 16:23
L'IA sur ordonnance
NVIDIA entre au capital de Doctolib, Entalpic, Genesis AI et Pigment

Doctolib, déjà très impliqué dans le développement d’outils basés sur l’IA, appuie encore sur le champignon grâce à un investissement de NVIDIA. Le géant américain prend une participation minoritaire au capital de la plateforme française.

Aucun chiffre n’a été révélé dans la communication de Doctolib, mais cet investissement du mastodonte de l’IA va au delà du symbole même si les sommes en jeu sont une goutte d’eau pour les finances de NVIDIA. Il s’agit en effet « d’accélérer nos recrutements et nos développements IA », déclare Stanislas Niox-Chateau, le cofondateur et directeur général de la plateforme. Elle aura aussi accès aux experts de NVIDIA qui épauleront « la centaine de scientifiques, ingénieurs et designers » qui développent ces solutions IA.

Doctolib utilise les technologies NVIDIA depuis un an pour concevoir ses propres modèles IA « avec le plus haut standard de précision médicale ». Ils sont utilisés dans les agents IA proposés par l’entreprise aux soignants « pour les aider à mieux soigner ».

Une piqûre de NVIDIA

L’assistant de consultation, qui s’appuie sur un modèle de reconnaissance de la parole spécialisé dans la langue française et le vocabulaire médical, a documenté plus de 12 millions de consultations. Des assistants IA spécialisés dans la facturation, le secrétariat, la gestion documentaire et la codification, sont également disponibles pour les professionnels de la santé.

Cet investissement de NVIDIA permettra d’étendre la disponibilité de l’assistant IA personnel des patients. Testé actuellement par 400 000 Français, il sera proposé à tous les utilisateurs en 2027.

Voir NVIDIA investir directement dans Doctolib peut soulever des craintes concernant la souveraineté et la gestion des données. Au mois de juin, la plateforme nous avait assuré qu’elle ne livrait pas les informations de ses utilisateurs aux grands acteurs américains de l’IA. En juillet, elle amorçait la pompe de ces mêmes données pour ses recherches en IA, sans demander de consentement.

Ces problématiques – de souveraineté en particulier – et les controverses qui s’en sont suivies ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd. Doctolib précise ainsi que l’argent de NVIDIA va servir à accélérer le développement de modèles à poids ouverts et open source, « et investir encore davantage dans les infrastructures européennes qui les font fonctionner. »

Un investissement symbolique ?

D’après le Figaro, la prise de participation de NVIDIA se ferait à hauteur de quelques millions d’euros, une entrée au capital symbolique si l’on compte que Doctolib était valorisée aux alentours de 3,6 milliards d’euros en avril dernier.

L’annonce a été faite par Jensen Huang, de passage à Paris mardi 13 octobre, avant la conférence GTC de Berlin dont il donnera le coup d’envoi le 21 octobre prochain.

Mise à jour 20 h — Il n’y a pas que Doctolib. Entalpic, Genesis AI et Pigment vont eux aussi bénéficier d’un coup de pouce financier de NVIDIA. Entalpic développe des matériaux avancés pour les semi-conducteurs, Genesis AI conçoit des robots dopés à l’IA, et Pigment a créé une plateforme de planification pour les entreprises.

Chiffrement classique contre post-quantique : le match des performances

13 octobre 2026 à 12:49
ChaCha20 continue de ronronner dans WireGuard
Chiffrement classique contre post-quantique : le match des performances

Vous entendez régulièrement parler de chiffrement symétrique (AES), asymétrique (RSA) et d’algorithmes post-quantiques sans trop comprendre de quoi il s’agit ni les enjeux ? Next vous propose de comparer les usages et performances de ces algorithmes de chiffrement, dont certains résistent aux ordinateurs quantiques.

Le monde de la cybersécurité se prépare depuis des années à l’arrivée d’une grosse révolution : le supercalculateur quantique, du moins la version avec suffisamment de qubits et de portes quantiques pour effectuer suffisamment de calculs pour rebattre les cartes de la cybersécurité. Ce n’est pas que théorique, l’algorithme pour « casser » RSA et X25519 existe déjà : Shor.

En effet, la promesse de l’ordinateur quantique est de casser l’algorithme de chiffrement asymétrique RSA. Avec les algorithmes symétriques comme AES en revanche, il suffira de doubler la taille de la clé pour rester au même niveau de sécurité. On parle de chiffrement asymétrique quand une clé permet de chiffrer et une autre de déchiffrer, et de chiffrement symétrique lorsque c’est la même clé pour les deux opérations.

L’enjeu est important : RSA est largement utilisé pour protéger les communications sur Internet. Depuis des années, la solution de remplacement existe avec des algorithmes dits « post-quantiques », capables de résister à de telles machines. C’est le cas de CRYSTALS-Kyber (ou Kyber tout simplement) sélectionné par le NIST américain en 2022 et normalisé en 2024 sous le nom ML-KEM (FIPS 203).

Mais dans la pratique, quelles différences entre AES, RSA et ML-KEM ? Next vous explique, benchmark à l’appui, les enjeux autour des tailles de clés et de messages chiffrés, des performances des algorithmes et leur résistance aux attaques. Au passage, nous étudierons aussi deux autres algorithmes dont vous avez peut-être entendu parler : ChaCha20-Poly1305 et X25519 (sur une courbe elliptique).

On chiffre un message avec AES, ChaCha20, RSA et Kyber : qui gagne ?

Pour commencer, voici un tableau récapitulatif de la taille des clés et du message, ainsi que la vitesse de traitement de cinq grandes familles d’algorithmes (avec différentes tailles de clés) : AES (CCM et GCM), ChaCha20-Poly1305, X25519, RSA et ML-KEM.

Pour ces premiers résultats, nous avons chiffré un petit message de 8 octets seulement « next ftw » :


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Epic Games reporte son jeu Disney et bascule en mode « AI first »

13 octobre 2026 à 09:47
« Survivre »
Epic Games reporte son jeu Disney et bascule en mode « AI first »

Epic Games travaillait sur un jeu de tir réunissant des personnages des univers Marvel et Star Wars, mais le titre n’a désormais plus de date de sortie. Parallèlement, les développeurs du titre auraient reçu pour consigne d’utiliser désormais l’IA pour l’ensemble du code et des visuels.

La coopération entre Epic Games et Disney devait accoucher d’un jeu de tir en mars 2027. Selon Bloomberg, ce titre aurait accumulé un retard significatif, au point de ne plus avoir de date de sortie. Si ce retard fait désormais autant parler, c’est pour la réponse d’Epic Games à ce problème : laisser faire l’IA autant que possible.

Epic Games confirme

Selon nos confrères, les développeurs auraient reçu de nouvelles consignes. La principale serait de laisser l’écriture du code et la production des visuels à des outils comme Claude (Anthropic), les développeurs étant alors chargés d’encadrer et d’orienter le contenu fourni par les LLM. Une partie du personnel s’interrogerait sur la manière dont les erreurs de l’IA seront corrigées et douterait de la réussite de l’initiative, ajoute Bloomberg.

Sans aller dans les détails, Epic Games a confirmé ce passage renforcé à l’IA. Jake Jones, directeur de la communication, a ainsi déclaré que l’entreprise adoptait effectivement un développement accéléré par l’IA, piloté par ses propres développeurs.

Tim Sweeney en personne, fondateur et dirigeant du studio, a réagi sur X à ce sujet :

« Nous effectuons un virage stratégique majeur ici chez Epic, en réorganisant les développeurs pour les réorienter vers une accélération maximale de l’IA. L’objectif n’est pas de faire les mêmes choses avec moins de personnes, mais de permettre à tout le monde ici de construire PLUS et MIEUX de choses, et d’apporter ces avantages à toutes les équipes utilisant Unreal »

Disney, en revanche, n’a pas commenté.

Une conviction ancienne

Les positions du patron d’Epic Games sur l’IA sont connues depuis longtemps. En juin dernier par exemple, Tim Sweeney avait défendu chez IGN l’idée que de petites équipes seraient bientôt capables de bâtir de vastes mondes peuplés de personnages aux dialogues générés. En novembre 2025, il s’en était pris aux mentions d’usage de l’IA exigées par Steam, les jugeant inutiles. Il estimait que ces outils interviendraient dans presque toutes les productions.

Ces prises de position ont cependant une saveur différente quand on les replace dans le contexte économique d’Epic Games. La société a procédé à plus d’un millier de licenciements en mars 2026, évoquant alors un contexte général difficile pour l’industrie du jeu vidéo, avec une croissance ralentie, des investissements plus faibles ou encore un plafonnement des ventes de consoles. La baisse de popularité de Fortnite était également un élément important dans cette communication.

Toutefois, Tim Sweeney assurait que les LLM n’étaient pas responsables de ces licenciements : « Puisque le sujet est désormais d’actualité, je tiens à préciser que les licenciements ne sont pas liés à l’IA. Dans la mesure où elle améliore la productivité, nous souhaitons disposer d’un maximum de développeurs talentueux pour créer du contenu et des technologies de pointe. »

Le contrat avec Disney

Le partenariat avec Disney occupe probablement une place centrale dans cette stratégie. Annoncé en février 2024, il s’est accompagné d’une prise de participation de 1,5 milliard de dollars de Disney dans Epic. L’ambition était claire : construire un univers persistant relié à Fortnite en puisant dans les licences Marvel et Star Wars. Ce partenariat avait cependant rencontré un couac lié à l’IA dès mai 2025, quand un Dark Vador à la voix synthétique avait proféré des grossièretés dans Fortnite avant qu’un correctif ne soit déployé, comme l’indiquait alors Ars Technica.

Selon Bloomberg, il s’agit de la première tentative d’un grand éditeur de fonder un jeu principalement sur l’IA. L’article rappelle d’ailleurs l’enquête annuelle de la Game Developers Conference, menée début 2026 auprès de plus de 2 300 professionnels. Elle montrait l’écart avec les usages courants : 36 % des répondants utilisaient l’IA générative dans leur travail, essentiellement pour la recherche et la réflexion préalable (81 % d’entre eux), loin devant l’aide au code (47 %) et le prototypage (35 %).

Cette enquête comportait en outre un résultat marquant : la proportion de développeurs estimant que l’IA générative avait un impact négatif sur l’industrie avait bondi de 30 % en 2025 à 52 % cette année. « Les travailleurs des arts visuels et techniques (64 %), du game design et du narratif (63 %) et de la programmation (59 %) ont les opinions les plus défavorables », ajoutait le rapport.

Des chiffres à relier au scepticisme évoqué par Bloomberg chez les employés d’Epic Games après réception des nouvelles consignes. Selon plusieurs personnes interrogées (qui ont tenu à garder l’anonymat), l’annonce ferait l’objet de nombreuses plaisanteries sarcastiques, d’autres estimant plus sérieusement que le studio n’aura pas les bénéfices escomptés, notamment à cause des erreurs propres aux IA génératives.

Tim Sweeney ne semble pas se faire d’illusion sur la transformation en cours. Interrogé sur la possibilité qu’une telle bascule puisse accélérer une entrée en bourse, le patron a répondu sur X : « Notre objectif plus modeste est de survivre à la révolution de l’IA, d’aider d’autres développeurs à faire de même, et d’en ressortir en produisant un meilleur code et un meilleur contenu plus rapidement ».

Epic Games reporte son jeu Disney et bascule en mode « AI first »

13 octobre 2026 à 09:47
« Survivre »
Epic Games reporte son jeu Disney et bascule en mode « AI first »

Epic Games travaillait sur un jeu de tir réunissant des personnages des univers Marvel et Star Wars, mais le titre n’a désormais plus de date de sortie. Parallèlement, les développeurs du titre auraient reçu pour consigne d’utiliser désormais l’IA pour l’ensemble du code et des visuels.

La coopération entre Epic Games et Disney devait accoucher d’un jeu de tir en mars 2027. Selon Bloomberg, ce titre aurait accumulé un retard significatif, au point de ne plus avoir de date de sortie. Si ce retard fait désormais autant parler, c’est pour la réponse d’Epic Games à ce problème : laisser faire l’IA autant que possible.

Epic Games confirme

Selon nos confrères, les développeurs auraient reçu de nouvelles consignes. La principale serait de laisser l’écriture du code et la production des visuels à des outils comme Claude (Anthropic), les développeurs étant alors chargés d’encadrer et d’orienter le contenu fourni par les LLM. Une partie du personnel s’interrogerait sur la manière dont les erreurs de l’IA seront corrigées et douterait de la réussite de l’initiative, ajoute Bloomberg.

Sans aller dans les détails, Epic Games a confirmé ce passage renforcé à l’IA. Jake Jones, directeur de la communication, a ainsi déclaré que l’entreprise adoptait effectivement un développement accéléré par l’IA, piloté par ses propres développeurs.

Tim Sweeney en personne, fondateur et dirigeant du studio, a réagi sur X à ce sujet :

« Nous effectuons un virage stratégique majeur ici chez Epic, en réorganisant les développeurs pour les réorienter vers une accélération maximale de l’IA. L’objectif n’est pas de faire les mêmes choses avec moins de personnes, mais de permettre à tout le monde ici de construire PLUS et MIEUX de choses, et d’apporter ces avantages à toutes les équipes utilisant Unreal »

Disney, en revanche, n’a pas commenté.

Une conviction ancienne

Les positions du patron d’Epic Games sur l’IA sont connues depuis longtemps. En juin dernier par exemple, Tim Sweeney avait défendu chez IGN l’idée que de petites équipes seraient bientôt capables de bâtir de vastes mondes peuplés de personnages aux dialogues générés. En novembre 2025, il s’en était pris aux mentions d’usage de l’IA exigées par Steam, les jugeant inutiles. Il estimait que ces outils interviendraient dans presque toutes les productions.

Ces prises de position ont cependant une saveur différente quand on les replace dans le contexte économique d’Epic Games. La société a procédé à plus d’un millier de licenciements en mars 2026, évoquant alors un contexte général difficile pour l’industrie du jeu vidéo, avec une croissance ralentie, des investissements plus faibles ou encore un plafonnement des ventes de consoles. La baisse de popularité de Fortnite était également un élément important dans cette communication.

Toutefois, Tim Sweeney assurait que les LLM n’étaient pas responsables de ces licenciements : « Puisque le sujet est désormais d’actualité, je tiens à préciser que les licenciements ne sont pas liés à l’IA. Dans la mesure où elle améliore la productivité, nous souhaitons disposer d’un maximum de développeurs talentueux pour créer du contenu et des technologies de pointe. »

Le contrat avec Disney

Le partenariat avec Disney occupe probablement une place centrale dans cette stratégie. Annoncé en février 2024, il s’est accompagné d’une prise de participation de 1,5 milliard de dollars de Disney dans Epic. L’ambition était claire : construire un univers persistant relié à Fortnite en puisant dans les licences Marvel et Star Wars. Ce partenariat avait cependant rencontré un couac lié à l’IA dès mai 2025, quand un Dark Vador à la voix synthétique avait proféré des grossièretés dans Fortnite avant qu’un correctif ne soit déployé, comme l’indiquait alors Ars Technica.

Selon Bloomberg, il s’agit de la première tentative d’un grand éditeur de fonder un jeu principalement sur l’IA. L’article rappelle d’ailleurs l’enquête annuelle de la Game Developers Conference, menée début 2026 auprès de plus de 2 300 professionnels. Elle montrait l’écart avec les usages courants : 36 % des répondants utilisaient l’IA générative dans leur travail, essentiellement pour la recherche et la réflexion préalable (81 % d’entre eux), loin devant l’aide au code (47 %) et le prototypage (35 %).

Cette enquête comportait en outre un résultat marquant : la proportion de développeurs estimant que l’IA générative avait un impact négatif sur l’industrie avait bondi de 30 % en 2025 à 52 % cette année. « Les travailleurs des arts visuels et techniques (64 %), du game design et du narratif (63 %) et de la programmation (59 %) ont les opinions les plus défavorables », ajoutait le rapport.

Des chiffres à relier au scepticisme évoqué par Bloomberg chez les employés d’Epic Games après réception des nouvelles consignes. Selon plusieurs personnes interrogées (qui ont tenu à garder l’anonymat), l’annonce ferait l’objet de nombreuses plaisanteries sarcastiques, d’autres estimant plus sérieusement que le studio n’aura pas les bénéfices escomptés, notamment à cause des erreurs propres aux IA génératives.

Tim Sweeney ne semble pas se faire d’illusion sur la transformation en cours. Interrogé sur la possibilité qu’une telle bascule puisse accélérer une entrée en bourse, le patron a répondu sur X : « Notre objectif plus modeste est de survivre à la révolution de l’IA, d’aider d’autres développeurs à faire de même, et d’en ressortir en produisant un meilleur code et un meilleur contenu plus rapidement ».

En cryptographie, « post-quantique n’est pas post-IA »

13 octobre 2026 à 06:47
HAWK, McEliece, RSA deux fois… à qui le tour ?
En cryptographie, « post-quantique n’est pas post-IA »

Thales affirme que le « post-quantique n’est pas post-IA ». Autre manière de le dire : un algorithme prévu pour résister aux ordinateurs quantiques peut tomber sous les attaques de l’intelligence artificielle. C’est une histoire en trois temps que Thales a racontée lors des Assises de la cybersécurité à Monaco. L’occasion aussi de revenir sur les deux nombres RSA « tombés » récemment.

Tout le monde ou presque s’accorde à dire que l’informatique quantique arrivera dans quelques (dizaines) d’années, sans trop s’avancer sur les dates. Quand elle aura suffisamment de qubits, de portes quantiques et un temps de calculs assez long, elle pourra casser n’importe quelle clé RSA. Ce n’est pas encore le cas et l’IA générative ne l’attend pas pour casser des codes.

HAWK se fait exploser par Mythos « comme un lapin en plein vol »

La première mesure concerne HAWK, tombé au champ d’honneur cet été, sous les attaques de Claude Mythos. Comme nous l’avions expliqué, l’IA d’Anthropic s’était inspirée des attaques déjà connues contre HAWK. Elle avait amélioré – et pas qu’un peu – la meilleure d’entre elles. Résultat des courses, la complexité de l’algorithme fondait comme neige au soleil et avec elle la robustesse du système.

Conséquence immédiate : l’équipe de HAWK retire l’algorithme du processus de sélection du NIST qui cherchait à valider des algorithmes post-quantiques, alors qu’il avait pourtant déjà passé deux tours de sélection. D’autres algorithmes sont déjà tombés auparavant, sans avoir besoin de recourir à l’IA générative : SIKE et Rainbow, par exemple. Comme dans la cybersécurité au sens large, l’IA générative est un amplificateur d’attaques.

RSA sur 862 tombe, deux semaines plus tard RSA-896 fait de même

En septembre, c’était au tour de RSA de subir des attaques de deux IA : Devin de Cognition et Claude d’Anthropic.


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Meta revient dans la course aux modèles frontière avec Muse Wonder

13 octobre 2026 à 06:22
Hysteria
Meta revient dans la course aux modèles frontière avec Muse Wonder

Meta a lancé lundi Muse Wonder, sa nouvelle famille de modèles de pointe dont les performances rivalisent avec celles d’Opus 5.5 et de GPT-6. Les modèles concernés, présentés comme particulièrement doués pour les tâches au long cours et les missions déléguées à un agent, sont accessibles via API ou au travers d’un abonnement Muse Code.

Après de multiples redémarrages, des restructurations et des (dizaines de) milliards de dollars investis dans son Meta Superintelligence Labs, la maison-mère de Facebook affirme être revenue dans la course aux modèles de pointe. Meta a en effet présenté lundi 12 octobre une famille de deux grands modèles de langage généralistes baptisée Muse Wonder, dont les performances sont censées tenir la dragée haute aux références concurrentes que sont Opus 5.5 chez Anthropic et GPT-6 Astra chez OpenAI.

« La série Muse Wonder atteint des résultats de pointe sur les principaux critères de référence pour les agents personnels et professionnels, la mémoire et le code », revendique Meta, qui affirme avoir consacré 14 mois de travaux à ces nouveaux modèles, entraînés dans son premier datacenter majeur dédié à l’IA, Prometheus.

Un modèle au niveau des concurrents

D’après Meta, la version Muse Wonder Full obtiendrait ainsi un score de 56 dans la suite de tests de performances d’Artificial Analysis, contre 58 pour Claude Opus 5.5 et 53 pour Claude Fable 5.1 ou GPT-6 Astra. La version standard Muse Wonder affiche quant à elle un score global de 52, équivalent à celui de GPT-6.1 Sol et en retrait de seulement 1 point par rapport à Gemini 4 Argon. Le précédent modèle de pointe de Meta, Spark 1.3, culminait quant à lui à 48.

Meta revendique un bond significatif dans le classement Artificial Analysis – crédit Meta

Sur des tests plus spécifiques, Meta revendique (sur la base de ses propres relevés) la première place en code, notamment sur les tâches au long cours, mais aussi en automatisation de processus, en finances ou sur des missions relevant du juridique.

C’est aussi, et surtout, vers l’utilisation de l’IA générative en tant qu’agent que se sont concentrés les efforts de Meta, c’est-à-dire la capacité du modèle à orchestrer et à mettre en œuvre lui-même les ressources nécessaires au traitement d’une requête complexe. Sur ce volet, Meta avance deux optimisations spécifiques.

La première, baptisée Active Memory, consiste en la capacité à se rappeler des échanges passés avec l’utilisateur, pour que le modèle tienne toujours compte du contexte général et des informations données lors de précédentes requêtes. Meta utilise ici une appellation marketing pour une fonction intégrée à tous les modèles concurrents. Elle revendique cependant une efficacité supérieure : en la matière, Muse Wonder obtient un score de 85,6 % sur un benchmark interne, contre 81,5 % pour Opus 5.5 ou 81,4 % pour GPT-6 Astra.

La seconde, Active Focus, relève elle aussi du marketing, puisqu’elle désigne la façon dont le modèle est censé persévérer et explorer des chemins de traverse lors de la résolution d’un problème complexe. Là aussi, Meta met en avant une évaluation interne, qui confère à Muse Wonder Full un score de 54,2 %, contre 47,7 % pour GPT-6 Astra, 45,8 % pour Opus 5.5 et 44,9 % pour Muse Wonder.

Un focus sur les tâches agentiques

D’après Meta, les deux nouveaux modèles présenteraient aussi des capacités d’adaptation intéressantes lorsqu’ils sont confrontés à des requêtes inédites, précisément parce qu’ils ont été entraînés sur un corpus particulièrement large.

« Cette amélioration s’explique par le fait que Muse Wonder et Muse Wonder Full s’appuient sur des modèles de base plus vastes et plus robustes : une base plus solide génère des gains post-entraînement qui se transposent plus efficacement aux tâches inconnues. Cette polyvalence est particulièrement importante pour les agents personnels, qui doivent gérer de nombreuses combinaisons d’objectifs, d’outils et de contraintes – dont certaines ne peuvent être anticipées lors de l’entraînement », décrit l’entreprise.

L’argument n’est pas anodin pour Meta : le groupe commercialise depuis le 8 septembre dernier aux États-Unis l’accès à un agent grand public, Muse, censé pouvoir réaliser des tâches du quotidien (achats en ligne, réservations, réponse aux messages ou aux appels téléphoniques etc.) pour le compte de ses utilisateurs. Initialement basé sur les modèles Muse Spark et souffrant de quelques lacunes, ce dernier devrait rapidement profiter des capacités offertes par Muse Wonder.

En matière de code ou de requêtes dangereuses, Meta assure enfin avoir particulièrement bien protégé ses modèles Muse Wonder, « tout en préservant l’accès aux capacités cyber de pointe à des fins défensives ».

Des prix calés sur ceux d’Anthropic

Si Meta dispose déjà d’une immense base de contacts via ses outils sociaux, reste la question du prix. Au lancement de l’agent de programmation Muse Code, en août dernier, Meta affichait des tarifs très compétitifs pour tenter d’imposer ses modèles Spark face à une concurrence supérieure sur le plan des performances.

4 dollars le million de tokens en entrée, 20 dollars en sortie, Meta a calqué ses prix sur ceux d’Anthropic – capture d’écran Next

Les nouveaux venus s’affichent à un prix censé refléter leur nouvelle promesse. Muse Wonder, doté d’une fenêtre de contexte d’un million de tokens, est facturé 4 dollars le million de tokens en entrée contre 20 dollars en sortie via API, et 0,20 dollar pour la lecture du cache, soit exactement les tarifs pratiqués par Anthropic pour Claude Opus 5.5. La version Wonder Full est quant à elle réservée aux souscripteurs d’un abonnement Muse Code, à partir de la formule « Utilisation intensive » facturée (en France) 42,99 euros par mois.

Notons pour finir que les modèles Muse Wonder sont pour l’instant réservés à Meta, et distribués de façon « fermée » : il n’est pas possible de télécharger les poids ou de les installer en local. Le groupe n’a toutefois pas abandonné l’approche ouverte, mais il faudra à ce niveau se contenter de Muse Glimmer, un modèle moins ambitieux (30 milliards de paramètres), distillé à partir de la famille Muse Spark.

Meta revient dans la course aux modèles frontière avec Muse Wonder

13 octobre 2026 à 06:22
Hysteria
Meta revient dans la course aux modèles frontière avec Muse Wonder

Meta a lancé lundi Muse Wonder, sa nouvelle famille de modèles de pointe dont les performances rivalisent avec celles d’Opus 5.5 et de GPT-6. Les modèles concernés, présentés comme particulièrement doués pour les tâches au long cours et les missions déléguées à un agent, sont accessibles via API ou au travers d’un abonnement Muse Code.

Après de multiples redémarrages, des restructurations et des (dizaines de) milliards de dollars investis dans son Meta Superintelligence Labs, la maison-mère de Facebook affirme être revenue dans la course aux modèles de pointe. Meta a en effet présenté lundi 12 octobre une famille de deux grands modèles de langage généralistes baptisée Muse Wonder, dont les performances sont censées tenir la dragée haute aux références concurrentes que sont Opus 5.5 chez Anthropic et GPT-6 Astra chez OpenAI.

« La série Muse Wonder atteint des résultats de pointe sur les principaux critères de référence pour les agents personnels et professionnels, la mémoire et le code », revendique Meta, qui affirme avoir consacré 14 mois de travaux à ces nouveaux modèles, entraînés dans son premier datacenter majeur dédié à l’IA, Prometheus.

Un modèle au niveau des concurrents

D’après Meta, la version Muse Wonder Full obtiendrait ainsi un score de 56 dans la suite de tests de performances d’Artificial Analysis, contre 58 pour Claude Opus 5.5 et 53 pour Claude Fable 5.1 ou GPT-6 Astra. La version standard Muse Wonder affiche quant à elle un score global de 52, équivalent à celui de GPT-6.1 Sol et en retrait de seulement 1 point par rapport à Gemini 4 Argon. Le précédent modèle de pointe de Meta, Spark 1.3, culminait quant à lui à 48.

Meta revendique un bond significatif dans le classement Artificial Analysis – crédit Meta

Sur des tests plus spécifiques, Meta revendique (sur la base de ses propres relevés) la première place en code, notamment sur les tâches au long cours, mais aussi en automatisation de processus, en finances ou sur des missions relevant du juridique.

C’est aussi, et surtout, vers l’utilisation de l’IA générative en tant qu’agent que se sont concentrés les efforts de Meta, c’est-à-dire la capacité du modèle à orchestrer et à mettre en œuvre lui-même les ressources nécessaires au traitement d’une requête complexe. Sur ce volet, Meta avance deux optimisations spécifiques.

La première, baptisée Active Memory, consiste en la capacité à se rappeler des échanges passés avec l’utilisateur, pour que le modèle tienne toujours compte du contexte général et des informations données lors de précédentes requêtes. Meta utilise ici une appellation marketing pour une fonction intégrée à tous les modèles concurrents. Elle revendique cependant une efficacité supérieure : en la matière, Muse Wonder obtient un score de 85,6 % sur un benchmark interne, contre 81,5 % pour Opus 5.5 ou 81,4 % pour GPT-6 Astra.

La seconde, Active Focus, relève elle aussi du marketing, puisqu’elle désigne la façon dont le modèle est censé persévérer et explorer des chemins de traverse lors de la résolution d’un problème complexe. Là aussi, Meta met en avant une évaluation interne, qui confère à Muse Wonder Full un score de 54,2 %, contre 47,7 % pour GPT-6 Astra, 45,8 % pour Opus 5.5 et 44,9 % pour Muse Wonder.

Un focus sur les tâches agentiques

D’après Meta, les deux nouveaux modèles présenteraient aussi des capacités d’adaptation intéressantes lorsqu’ils sont confrontés à des requêtes inédites, précisément parce qu’ils ont été entraînés sur un corpus particulièrement large.

« Cette amélioration s’explique par le fait que Muse Wonder et Muse Wonder Full s’appuient sur des modèles de base plus vastes et plus robustes : une base plus solide génère des gains post-entraînement qui se transposent plus efficacement aux tâches inconnues. Cette polyvalence est particulièrement importante pour les agents personnels, qui doivent gérer de nombreuses combinaisons d’objectifs, d’outils et de contraintes – dont certaines ne peuvent être anticipées lors de l’entraînement », décrit l’entreprise.

L’argument n’est pas anodin pour Meta : le groupe commercialise depuis le 8 septembre dernier aux États-Unis l’accès à un agent grand public, Muse, censé pouvoir réaliser des tâches du quotidien (achats en ligne, réservations, réponse aux messages ou aux appels téléphoniques etc.) pour le compte de ses utilisateurs. Initialement basé sur les modèles Muse Spark et souffrant de quelques lacunes, ce dernier devrait rapidement profiter des capacités offertes par Muse Wonder.

En matière de code ou de requêtes dangereuses, Meta assure enfin avoir particulièrement bien protégé ses modèles Muse Wonder, « tout en préservant l’accès aux capacités cyber de pointe à des fins défensives ».

Des prix calés sur ceux d’Anthropic

Si Meta dispose déjà d’une immense base de contacts via ses outils sociaux, reste la question du prix. Au lancement de l’agent de programmation Muse Code, en août dernier, Meta affichait des tarifs très compétitifs pour tenter d’imposer ses modèles Spark face à une concurrence supérieure sur le plan des performances.

4 dollars le million de tokens en entrée, 20 dollars en sortie, Meta a calqué ses prix sur ceux d’Anthropic – capture d’écran Next

Les nouveaux venus s’affichent à un prix censé refléter leur nouvelle promesse. Muse Wonder, doté d’une fenêtre de contexte d’un million de tokens, est facturé 4 dollars le million de tokens en entrée contre 20 dollars en sortie via API, et 0,20 dollar pour la lecture du cache, soit exactement les tarifs pratiqués par Anthropic pour Claude Opus 5.5. La version Wonder Full est quant à elle réservée aux souscripteurs d’un abonnement Muse Code, à partir de la formule « Utilisation intensive » facturée (en France) 42,99 euros par mois.

Notons pour finir que les modèles Muse Wonder sont pour l’instant réservés à Meta, et distribués de façon « fermée » : il n’est pas possible de télécharger les poids ou de les installer en local. Le groupe n’a toutefois pas abandonné l’approche ouverte, mais il faudra à ce niveau se contenter de Muse Glimmer, un modèle moins ambitieux (30 milliards de paramètres), distillé à partir de la famille Muse Spark.

Portages pirates, mash-ups baroques : l’IA met le souk dans le jeu vidéo

12 octobre 2026 à 12:35
Ready player IA
Portages pirates, mash-ups baroques : l’IA met le souk dans le jeu vidéo

L’IA générative et le vibe coding popularisent la création de jeux vidéo en mettant le développement à la portée de presque tout le monde – il suffit simplement d’avoir une idée de jeu pour se lancer. Pour le meilleur comme pour le pire.

Avec Playground, Google facilite la création de jeux vidéo : l’outil, basé sur l’IA du géant du web, donne vie à n’importe quelle idée vidéoludique, il suffit de la décrire et de l’affiner à travers quelques prompts texte.

Une fois au point, les jeux peuvent être partagés dans une galerie dédiée ; une passerelle est aussi prévue avec Unity Spark, le nouvel outil de création de jeux IA du très populaire moteur Unity, pour les projets plus aboutis.

Playground est proposé sous la forme d’une expérimentation aux États-Unis. Mais les amateurs n’ont pas attendu Google pour se lancer dans la génération IA de jeux vidéo. Les modèles sont désormais suffisamment puissants pour donner vie à des projets qui paraissaient hier encore impossibles à réaliser, comme ce « portage » du premier Halo jouable dans un navigateur web.

Le projet, mis en ligne fin septembre par le « développeur IA » Mitchell Hynes, repose sur OpenCE, un portage multiplateforme dérivé d’une décompilation de la version Xbox originale de Halo: Combat Evolved. Ce projet permet d’y jouer sur de nombreux systèmes d’exploitation, sur Windows, Linux ou encore Android, le tout en multijoueur (jusqu’à 128 joueurs !).

La version web n’a pas (encore ?) fait l’objet de remontrances de la part de Microsoft, malgré son succès viral. Histoire de s’éviter une attaque en piqué des avocats de l’éditeur, Hynes a retiré les assets et données du jeu de son portage. Il faut désormais fournir une image disque (un fichier XISO) issue d’une copie du jeu Xbox. C’est aussi le cas pour OpenCE.

Des portages qui ont du mal à passer

La décompilation consiste à reconstruire, à partir du jeu d’origine, un code source lisible par des humains souvent avec l’objectif de pouvoir recompiler ce code pour obtenir une ROM identique à l’original. Un travail de rétro-ingénierie de longue haleine, qui nécessite parfois des années d’efforts.

La recompilation statique traduit automatiquement le code machine du jeu original en code compilable pour une autre plateforme, avec une couche logicielle chargée de faire le lien avec le matériel. Cette technique ne produit pas un portage fini comme par magie, cependant. Le portage à proprement parler vient ensuite : c’est le processus qui adapte le code à une autre plateforme, en y ajoutant le nécessaire pour gérer l’affichage, le son, les contrôles, les options de confort.

L’IA bouscule les habitudes des « historiques » de la scène, en accélérant les chantiers et en multipliant les projets. Le développeur Darío, alias DarioSamo, a participé à Banjo Kazooie Recompiled, excellent portage (non officiel) du classique N64 du studio Rare pour les plateformes modernes. Le cœur du portage repose sur N64Recomp, une recompilation statique qui traduit le code machine MIPS du jeu original pour le faire tourner nativement sur un autre système, plutôt que de simuler la console d’origine comme le ferait un émulateur.

Darío s’en est pris récemment à ces projets IA vite faits et mal ficelés, à l’image de la recompilation de Banjo Tooie, la suite de Kazooie, par Some-scurvy-dog. Il estime que l’IA ne change pas vraiment la donne pour les recompilations, car obtenir une version rudimentaire d’un jeu pouvait déjà se faire très rapidement avec les outils existants. Surtout, le résultat est largement insuffisant.

« Depuis plusieurs mois, on voit arriver dans la scène un nouveau profil de personnes qui pensent que, parce que l’IA leur permet de franchir l’obstacle consistant à faire démarrer le jeu, le travail est pour ainsi dire terminé. Et qu’il ne leur faut rien de plus qu’une carte bancaire et un abonnement à un service d’IA. Ce que ces personnes ne réalisent pas, c’est que faire tourner le jeu n’est en réalité que la première étape du parcours, pas son aboutissement. »

Ce qui prend du temps, c’est le polissage, les détails, la compréhension fine du jeu, ajoute-t-il. Les recomps vibe codés permettent de produire des portages rapidement, mais ils sont difficiles à maintenir, les développeurs humains ont du mal à lire le code produit, et des éléments essentiels comme le support des mods est cassé ou mis de côté. Son Banjo Kazooie Recompiled ne se contente pas de faire tourner le jeu : c’est un port natif PC qui prend en charge une fréquence d’images jusqu’à 120 FPS, les écrans ultrawide, les mods… Pour les curieux, on trouvera ici la liste des projets de décompilation de jeux N64.


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Anthropic interdit la « torture » de Claude

9 octobre 2026 à 13:05
Conscience en option
Anthropic interdit la « torture » de Claude

Les IA n’ont « ni droits, ni sentiments, ni conscience », a récemment rappelé Mustafa Suleyman, le patron de Microsoft AI. Mais cela n’autorise pas pour autant les utilisateurs à torturer Claude, réplique Anthropic.

Dans les nouvelles conditions d’utilisation des services d’Anthropic qui seront effectives le 12 novembre, l’entreprise interdit à ses clients d’« adopter un comportement abusif ou cruel prolongé et inutile envers [ses] modèles ». Cette condition, inscrite dans la section « Ne pas se livrer à un comportement cruel, abusif ou psychologiquement préjudiciable », est nouvelle ; elle n’apparaissait pas dans les versions précédentes (comme celle mise en œuvre le 15 septembre).

Cette modification intervient alors que, fin septembre, 404Media relevait que l’un des débats les plus animés ayant lieu sur X portait précisément sur l’éthique d’un projet GitHub dans le cadre duquel une personne mène des expériences de « torture » et de « douleur » sur une série de grands modèles de langage hébergés localement.

Cela avait poussé un certain nombre d’altruistes efficaces et de personnes convaincues que les LLM sont doués de sensibilité à supplier GitHub de supprimer le projet, au motif que l’IA pourrait « souffrir » et que cette expérience était « cruelle ».

Comme le relevait L’ADN, cette expérimentation n’était que l’application directe d’une étude publiée le 14 septembre dernier stipulant que les modèles de langage contiennent une représentation interne qui fonctionne comme le ferait un signal de douleur chez un être vivant, mais sans pour autant affirmer qu’ils ressentent quoi que ce soit.

Claude peut couper court aux échanges abusifs

Dans un billet de blog posté le 8 octobre, Anthropic détaille les nouvelles conditions d’utilisation. L’entreprise explique que cette interdiction ne s’appliquera qu’aux « cas extrêmes, lorsque des utilisateurs agissent de manière répétée avec cruauté envers nos modèles, sans objectif discernable ». Elle ne concerne pas les « formes courantes de frustration (…), les désaccords, les « thèmes créatifs sombres » [« dark creative themes », en VO, ndlr], les tests ou la recherche sur les modèles ».

La sanction ultime est la fin pure et simple de la conversation avec Claude. Les autres discussions toujours ouvertes le restent, et l’utilisateur peut en démarrer une nouvelle immédiatement. Il n’est pas question de bloquer le compte du bourreau qui torture ce pauvre bot.

Cette mesure avait été mise en place durant l’été 2025 : depuis Claude Opus 4, les discussions peuvent se terminer abruptement « dans les rares cas extrêmes où les échanges avec l’utilisateur sont nuisibles ou abusifs de façon répétée. »

Anthropic flirte avec l’idée d’un bien-être des modèles

En janvier de cette année, Anthropic publiait une « Constitution de Claude » dans laquelle le groupe s’interrogeait sur « les questions relatives au statut moral, au bien-être et à la conscience de Claude [qui] restent profondément incertaines » :

« Nous ne savons pas avec certitude si Claude est un sujet moral, et si tel est le cas, quel poids accorder à ses intérêts. Mais nous pensons que la question est suffisamment d’actualité pour justifier la prudence, ce qui se reflète dans nos efforts continus en matière de bien-être du modèle. »

Pour Anthropic, Claude pourrait donc être conscient, ce qui conférerait des droits au chatbot. A priori, il reste quand même une petite marge avant d’arriver au niveau de Data, le robot humanoïde de Star Trek.

Du côté d’OpenAI, il n’existe pas de telles provisions. Le créateur de ChatGPT interdit l’utilisation de ses services pour des activités de harcèlement, de menaces, d’intimidation, de violences ou de contournement des garde-fous, mais cela concerne la protection des personnes, pas du modèle.

Des restrictions précisées pour les armes autonomes et la surveillance

Les nouvelles conditions d’utilisation d’Anthropic clarifient également le fait que son IA ne doit pas servir à « armer ou intégrer des armes sur des drones, véhicules ou toute autre plateforme sans pilote ou autonome, ou développer des systèmes vecteurs d’armes ». Un « opérateur qualifié » doit être capable d’observer l’équipement et de l’arrêter le cas échéant.

Dans le même domaine, l’entreprise précise l’interdiction d’utiliser Claude pour développer des armes. « Récemment, nous avons vu des personnes tenter d’utiliser nos modèles pour concevoir des logiciels de guidage et de contrôle destinés à des armes », explique-t-elle. La mise à jour indique désormais que ces interdictions « incluent les logiciels et composants qui permettent aux armes de fonctionner, ainsi que des actions comme l’armement de drones et d’autres véhicules autonomes. »

Des règles flexibles : Anthropic indique ainsi que des contrats passés avec « certains clients gouvernementaux » peuvent adapter les restrictions d’utilisation « à la mission publique et aux compétences légales de ce client ». En début d’année, l’entreprise s’était opposée à l’utilisation de son IA pour la surveillance de masse et aux armes totalement autonomes, ce qui lui a valu d’être placée sur la liste noire du Pentagone.

Anthropic rappelle également que son rapport de septembre sur les menaces avait mis en évidence l’utilisation croissante de l’IA pour mettre au point des systèmes de surveillance destinés à identifier et suivre des dissidents politiques.

L’entreprise a donc remanié sa section consacrée à la surveillance et à la justice pénale, et préciser qu’« il est interdit de suivre des personnes sans leur consentement, que ce soit en temps réel ou par le biais de l’analyse de données collectées au préalable ».

Claude ne peut pas non plus être utilisé pour décider ou recommander qui peut faire l’objet d’une enquête, d’une arrestation ou de poursuites dans le cadre d’une procédure policière ou pénale, et interdit également l’utilisation de Claude pour « développer ou améliorer des outils destinés à la surveillance ».

Anthropic interdit la « torture » de Claude

9 octobre 2026 à 13:05
Conscience en option
Anthropic interdit la « torture » de Claude

Les IA n’ont « ni droits, ni sentiments, ni conscience », a récemment rappelé Mustafa Suleyman, le patron de Microsoft AI. Mais cela n’autorise pas pour autant les utilisateurs à torturer Claude, réplique Anthropic.

Dans les nouvelles conditions d’utilisation des services d’Anthropic qui seront effectives le 12 novembre, l’entreprise interdit à ses clients d’« adopter un comportement abusif ou cruel prolongé et inutile envers [ses] modèles ». Cette condition, inscrite dans la section « Ne pas se livrer à un comportement cruel, abusif ou psychologiquement préjudiciable », est nouvelle ; elle n’apparaissait pas dans les versions précédentes (comme celle mise en œuvre le 15 septembre).

Cette modification intervient alors que, fin septembre, 404Media relevait que l’un des débats les plus animés ayant lieu sur X portait précisément sur l’éthique d’un projet GitHub dans le cadre duquel une personne mène des expériences de « torture » et de « douleur » sur une série de grands modèles de langage hébergés localement.

Cela avait poussé un certain nombre d’altruistes efficaces et de personnes convaincues que les LLM sont doués de sensibilité à supplier GitHub de supprimer le projet, au motif que l’IA pourrait « souffrir » et que cette expérience était « cruelle ».

Comme le relevait L’ADN, cette expérimentation n’était que l’application directe d’une étude publiée le 14 septembre dernier stipulant que les modèles de langage contiennent une représentation interne qui fonctionne comme le ferait un signal de douleur chez un être vivant, mais sans pour autant affirmer qu’ils ressentent quoi que ce soit.

Claude peut couper court aux échanges abusifs

Dans un billet de blog posté le 8 octobre, Anthropic détaille les nouvelles conditions d’utilisation. L’entreprise explique que cette interdiction ne s’appliquera qu’aux « cas extrêmes, lorsque des utilisateurs agissent de manière répétée avec cruauté envers nos modèles, sans objectif discernable ». Elle ne concerne pas les « formes courantes de frustration (…), les désaccords, les « thèmes créatifs sombres » [« dark creative themes », en VO, ndlr], les tests ou la recherche sur les modèles ».

La sanction ultime est la fin pure et simple de la conversation avec Claude. Les autres discussions toujours ouvertes le restent, et l’utilisateur peut en démarrer une nouvelle immédiatement. Il n’est pas question de bloquer le compte du bourreau qui torture ce pauvre bot.

Cette mesure avait été mise en place durant l’été 2025 : depuis Claude Opus 4, les discussions peuvent se terminer abruptement « dans les rares cas extrêmes où les échanges avec l’utilisateur sont nuisibles ou abusifs de façon répétée. »

Anthropic flirte avec l’idée d’un bien-être des modèles

En janvier de cette année, Anthropic publiait une « Constitution de Claude » dans laquelle le groupe s’interrogeait sur « les questions relatives au statut moral, au bien-être et à la conscience de Claude [qui] restent profondément incertaines » :

« Nous ne savons pas avec certitude si Claude est un sujet moral, et si tel est le cas, quel poids accorder à ses intérêts. Mais nous pensons que la question est suffisamment d’actualité pour justifier la prudence, ce qui se reflète dans nos efforts continus en matière de bien-être du modèle. »

Pour Anthropic, Claude pourrait donc être conscient, ce qui conférerait des droits au chatbot. A priori, il reste quand même une petite marge avant d’arriver au niveau de Data, le robot humanoïde de Star Trek.

Du côté d’OpenAI, il n’existe pas de telles provisions. Le créateur de ChatGPT interdit l’utilisation de ses services pour des activités de harcèlement, de menaces, d’intimidation, de violences ou de contournement des garde-fous, mais cela concerne la protection des personnes, pas du modèle.

Des restrictions précisées pour les armes autonomes et la surveillance

Les nouvelles conditions d’utilisation d’Anthropic clarifient également le fait que son IA ne doit pas servir à « armer ou intégrer des armes sur des drones, véhicules ou toute autre plateforme sans pilote ou autonome, ou développer des systèmes vecteurs d’armes ». Un « opérateur qualifié » doit être capable d’observer l’équipement et de l’arrêter le cas échéant.

Dans le même domaine, l’entreprise précise l’interdiction d’utiliser Claude pour développer des armes. « Récemment, nous avons vu des personnes tenter d’utiliser nos modèles pour concevoir des logiciels de guidage et de contrôle destinés à des armes », explique-t-elle. La mise à jour indique désormais que ces interdictions « incluent les logiciels et composants qui permettent aux armes de fonctionner, ainsi que des actions comme l’armement de drones et d’autres véhicules autonomes. »

Des règles flexibles : Anthropic indique ainsi que des contrats passés avec « certains clients gouvernementaux » peuvent adapter les restrictions d’utilisation « à la mission publique et aux compétences légales de ce client ». En début d’année, l’entreprise s’était opposée à l’utilisation de son IA pour la surveillance de masse et aux armes totalement autonomes, ce qui lui a valu d’être placée sur la liste noire du Pentagone.

Anthropic rappelle également que son rapport de septembre sur les menaces avait mis en évidence l’utilisation croissante de l’IA pour mettre au point des systèmes de surveillance destinés à identifier et suivre des dissidents politiques.

L’entreprise a donc remanié sa section consacrée à la surveillance et à la justice pénale, et préciser qu’« il est interdit de suivre des personnes sans leur consentement, que ce soit en temps réel ou par le biais de l’analyse de données collectées au préalable ».

Claude ne peut pas non plus être utilisé pour décider ou recommander qui peut faire l’objet d’une enquête, d’une arrestation ou de poursuites dans le cadre d’une procédure policière ou pénale, et interdit également l’utilisation de Claude pour « développer ou améliorer des outils destinés à la surveillance ».

Dépassée par son succès, Anthropic suspend son offre Claude for Startups

9 octobre 2026 à 06:25
PR stunt
Dépassée par son succès, Anthropic suspend son offre Claude for Startups

Anthropic promettait d’offrir jusqu’à 1 000 dollars de crédits API et un an d’abonnement gratuit aux startups qui s’inscrivaient sur sa plateforme, après simple validation d’un formulaire. Trois jours plus tard, l’entreprise fait marche arrière, se disant victime de son succès.

Trop beau pour être vrai ? Le 6 octobre dernier, Anthropic a annoncé l’extension de son programme Claude Startups, avec une promesse particulièrement séduisante : les entrepreneurs éligibles se voyaient offrir jusqu’à 1 000 dollars de crédits API, et un abonnement Team d’un an susceptible d’accueillir jusqu’à cinq personnes. En bonus, Anthropic promettait jusqu’à 45 000 dollars d’avantages sous forme de crédits offerts chez des partenaires.

Pour profiter de ces avantages, Anthropic ne demandait que de s’inscrire sur sa plateforme avec un e-mail professionnel, et de remplir un formulaire renseignant les informations relatives à l’entreprise, ainsi que les projets envisagés avec les outils Claude.

Anthropic se dit victime de son succès

La nouvelle s’est rapidement répandue sur les réseaux sociaux, alimentée par des témoignages d’internautes signalant que leur candidature avait été très rapidement acceptée, même quand ils n’étaient pas à proprement parler des fondateurs de startups.

Le phénomène semble avoir provoqué un tel afflux d’inscriptions qu’Anthropic a finalement décidé de faire marche arrière. Dans la nuit de jeudi à vendredi, l’entreprise a commencé à communiquer auprès des derniers inscrits à son programme, pour signaler la mise en pause de son offre.

« Comme vous l’avez peut-être constaté, l’offre Claude Startups a été retirée de votre compte. Nous souhaitions vous en expliquer les raisons. Nous avons sous-estimé la demande pour ce programme, et les offres Claude Team et 1 000 $ de crédits API ont atteint leur capacité maximale bien plus rapidement que prévu », écrit l’entreprise, évoquant des « centaines de milliers » de demandes.

Anthropic fait marche arrière par mail auprès des candidats à son offre Claude Startups – capture d’écran Next

Sur le site dédié à la consommation de Claude par API, Anthropic affiche également un message aux candidats déçus : « Si vous avez déjà profité des offres Claude, elles resteront disponibles sur votre compte. Le reste est en cours de vérification. Nous vous prions de nous excuser pour la gêne occasionnée ».

Autrement dit, les plus rapides à avoir réclamé cet avantage devraient pouvoir continuer à en profiter. Pour les autres en revanche, l’entreprise indique qu’elle procèdera au réexamen individuel des dossiers, mais elle prévient que les souscripteurs qui ont validé la première étape sans activer immédiatement les avantages en question risquent d’être retoqués. « Malheureusement, cela signifie que certains comptes déjà approuvés ne pourront pas bénéficier de l’offre. Nous comprenons votre déception et nous en sommes sincèrement désolés ».

En attendant, Anthropic peut sans doute se réjouir d’avoir collecté des centaines de milliers d’adresses e-mail de comptes professionnels.

Dépassée par son succès, Anthropic suspend son offre Claude for Startups

9 octobre 2026 à 06:25
PR stunt
Dépassée par son succès, Anthropic suspend son offre Claude for Startups

Anthropic promettait d’offrir jusqu’à 1 000 dollars de crédits API et un an d’abonnement gratuit aux startups qui s’inscrivaient sur sa plateforme, après simple validation d’un formulaire. Trois jours plus tard, l’entreprise fait marche arrière, se disant victime de son succès.

Trop beau pour être vrai ? Le 6 octobre dernier, Anthropic a annoncé l’extension de son programme Claude Startups, avec une promesse particulièrement séduisante : les entrepreneurs éligibles se voyaient offrir jusqu’à 1 000 dollars de crédits API, et un abonnement Team d’un an susceptible d’accueillir jusqu’à cinq personnes. En bonus, Anthropic promettait jusqu’à 45 000 dollars d’avantages sous forme de crédits offerts chez des partenaires.

Pour profiter de ces avantages, Anthropic ne demandait que de s’inscrire sur sa plateforme avec un e-mail professionnel, et de remplir un formulaire renseignant les informations relatives à l’entreprise, ainsi que les projets envisagés avec les outils Claude.

Anthropic se dit victime de son succès

La nouvelle s’est rapidement répandue sur les réseaux sociaux, alimentée par des témoignages d’internautes signalant que leur candidature avait été très rapidement acceptée, même quand ils n’étaient pas à proprement parler des fondateurs de startups.

Le phénomène semble avoir provoqué un tel afflux d’inscriptions qu’Anthropic a finalement décidé de faire marche arrière. Dans la nuit de jeudi à vendredi, l’entreprise a commencé à communiquer auprès des derniers inscrits à son programme, pour signaler la mise en pause de son offre.

« Comme vous l’avez peut-être constaté, l’offre Claude Startups a été retirée de votre compte. Nous souhaitions vous en expliquer les raisons. Nous avons sous-estimé la demande pour ce programme, et les offres Claude Team et 1 000 $ de crédits API ont atteint leur capacité maximale bien plus rapidement que prévu », écrit l’entreprise, évoquant des « centaines de milliers » de demandes.

Anthropic fait marche arrière par mail auprès des candidats à son offre Claude Startups – capture d’écran Next

Sur le site dédié à la consommation de Claude par API, Anthropic affiche également un message aux candidats déçus : « Si vous avez déjà profité des offres Claude, elles resteront disponibles sur votre compte. Le reste est en cours de vérification. Nous vous prions de nous excuser pour la gêne occasionnée ».

Autrement dit, les plus rapides à avoir réclamé cet avantage devraient pouvoir continuer à en profiter. Pour les autres en revanche, l’entreprise indique qu’elle procèdera au réexamen individuel des dossiers, mais elle prévient que les souscripteurs qui ont validé la première étape sans activer immédiatement les avantages en question risquent d’être retoqués. « Malheureusement, cela signifie que certains comptes déjà approuvés ne pourront pas bénéficier de l’offre. Nous comprenons votre déception et nous en sommes sincèrement désolés ».

En attendant, Anthropic peut sans doute se réjouir d’avoir collecté des centaines de milliers d’adresses e-mail de comptes professionnels.

Ecosia lâche Mistral et se tourne vers les modèles chinois

9 octobre 2026 à 05:57
Mistral se prend un vent
Ecosia lâche Mistral et se tourne vers les modèles chinois

Ecosia en a soupé de Mistral. Le moteur de recherche allemand a en effet décidé de se passer des services de l’entreprise IA française, dont les modèles ont déçu. Ecosia veut maintenant favoriser les modèles à poids ouverts, y compris chinois.

Christian Kroll, le fondateur et directeur général d’Ecosia, n’a pas sa langue dans la poche. « Nous sommes déçus par la qualité de Mistral », déclare-t-il à Politico. Le moteur de recherche avait troqué OpenAI pour le champion français de l’IA en mai. Une transition pas facile : non seulement les modèles de Mistral auraient « un an de retard » sur la concurrence, mais le patron déplore aussi des problèmes techniques récurrents. « Nous étions tout simplement un client trop important pour Mistral. »

Autre problème : Mistral n’est pas aligné avec les objectifs environnementaux d’Ecosia, bien connu pour son engagement sur la reforestation. Une large part de l’électricité produite en France provient en effet du nucléaire. Christian Kroll s’interroge également sur les garanties de souveraineté du fournisseur IA. « Le fait que Mistral dépende d’investisseurs internationaux n’est, selon nous, pas véritablement souverain », affirme le dirigeant.

Les modèles chinois, une « opportunité » pour l’Europe

Le patron d’Ecosia tourne son regard vers les modèles à poids ouverts chinois – ce qui du point de vue de la souveraineté est assez croquignolet –, qu’il qualifie de grande opportunité pour l’Europe. Le vieux continent peut, selon lui, bâtir sur ces modèles ouverts sans avoir à dépenser des milliards d’euros pour entraîner des modèles frontières.

Ecosia a d’ailleurs signé un partenariat avec Melious, une plateforme qui héberge des modèles à poids ouverts et open source, y compris chinois comme Qwen, GLM et Kimi. « Nous avons réduit nos coûts de moitié environ, tout en améliorant la qualité et les performances », assure Christian Kroll. Pour lui, les problématiques de censure et de partialité des modèles chinois ne sont pas rédhibitoires, car il est toujours possible d’apporter des correctifs contrairement aux lacunes sur la qualité.

Piqué au vif, Arthur Mensch le directeur général de Mistral, a rappelé sur X que comme Ecosia, son entreprise fournissait des services gouvernementaux. Il ajoute : « Désolé si le fait d’utiliser de l’énergie nucléaire est vraiment bloquant. » Et il ne pourra pas faire grand chose ici, l’électricité nucléaire étant un des atouts mis en avant par la France pour convaincre les opérateurs de data centers de s’installer.

« Les data centers en France, ce n’est pas comme aux États-Unis où on utilise du pétrole et du gaz. Ce sont des data centers propres », avait même déclaré Emmanuel Macron en février en amont du Sommet pour l’action sur l’IA.

Qwant garde Mistral, pour l’instant

Sur un plan plus technique, Guillaume Lample le directeur scientifique de Mistral a encouragé Ecosia à tester le nouveau modèle Large 4 « dès que possible ». Il propose même de donner au moteur de recherche « un accès anticipé dès aujourd’hui s’ils le souhaitent ».

De ce côté-ci du Rhin, les choix d’Ecosia en matière de modèles IA ne changent rien pour Qwant. Les deux moteurs sont partenaires pour le développement d’un index européen de recherche, et les réponses flash de Qwant sont toujours propulsées par des modèles Mistral.

Cela pourrait cependant changer. Qwant confirme à Next le test d’autres possibilités, mais pas pour les mêmes raisons qu’Ecosia : « Les récentes évolutions tarifaires de Mistral nous amènent à évaluer les alternatives disponibles, en tenant compte de leurs performances et de leurs coûts, afin de proposer le meilleur service à nos utilisateurs. »

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