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☕️ Next sera ce week-end au Festival des médias indépendants à Paris

24 avril 2026 à 11:37


Ce week-end des 25 et 26 avril aura lieu un Festival des médias indépendants réunissant plus de 40 médias, dont Next et les 7 médias membres de La Presse Libre, ainsi que Basta!, Blast, Bon Pote, Disclose, Facto !, Fakir, La Déferlante, Médianes, l’Observatoire des multinationales, Reporterre, Sciences Critiques, Socialter et StreetPress, notamment.

L’évènement (gratuit) aura lieu de 12 à 19 h à Ground Control, un lieu d’expérimentation et d’expression indépendant de 6500m² situé à proximité de la gare de Lyon, dans une ancienne halle de tri postal appartenant à la SNCF.

Une vingtaine de rencontres, échanges et table-rondes y discuteront de « Comment reprendre la main face aux algorithmes et médias des milliardaires ? », « Pourquoi et comment faut il critiquer les technosciences », « Comment informer sans désespérer ? » ou encore « Un google actualités des médias indépendants, est-ce possible ? ».

Next y sera présent dans une table-ronde consacrée au journalisme d’investigation, samedi de 16h45 à 18 h, où je me ferai un plaisir de répondre à vos questions :

« Comment travaillent les journalistes ? Comment trouvent-ils leurs sources ? Jean-Marc Manach a identifié en sources ouvertes (OSINT) plus de 10 000 sites d’info se présentant comme des médias, mais générés par des intelligences artificielles, polluant le paysage médiatique et relayant de nombreuses fakes news « hallucinées » par IA. Pauline Bock a révélé la manière dont un journaliste spécialisé dans la couverture de la justice a été condamné pour recel du secret de l’instruction et interroge la façon dont se construit l’information sur les procédures judiciaires, par nature secrètes. Tous deux vous racontent comment ils ont réussi à publier ces informations d’intérêt public. Une proposition de La Presse libre, animée par Romain Tord (Politis). »

☕️ Next sera ce week-end au Festival des médias indépendants à Paris

24 avril 2026 à 11:37


Ce week-end des 25 et 26 avril aura lieu un Festival des médias indépendants réunissant plus de 40 médias, dont Next et les 7 médias membres de La Presse Libre, ainsi que Basta!, Blast, Bon Pote, Disclose, Facto !, Fakir, La Déferlante, Médianes, l’Observatoire des multinationales, Reporterre, Sciences Critiques, Socialter et StreetPress, notamment.

L’évènement (gratuit) aura lieu de 12 à 19 h à Ground Control, un lieu d’expérimentation et d’expression indépendant de 6500m² situé à proximité de la gare de Lyon, dans une ancienne halle de tri postal appartenant à la SNCF.

Une vingtaine de rencontres, échanges et table-rondes y discuteront de « Comment reprendre la main face aux algorithmes et médias des milliardaires ? », « Pourquoi et comment faut il critiquer les technosciences », « Comment informer sans désespérer ? » ou encore « Un google actualités des médias indépendants, est-ce possible ? ».

Next y sera présent dans une table-ronde consacrée au journalisme d’investigation, samedi de 16h45 à 18 h, où je me ferai un plaisir de répondre à vos questions :

« Comment travaillent les journalistes ? Comment trouvent-ils leurs sources ? Jean-Marc Manach a identifié en sources ouvertes (OSINT) plus de 10 000 sites d’info se présentant comme des médias, mais générés par des intelligences artificielles, polluant le paysage médiatique et relayant de nombreuses fakes news « hallucinées » par IA. Pauline Bock a révélé la manière dont un journaliste spécialisé dans la couverture de la justice a été condamné pour recel du secret de l’instruction et interroge la façon dont se construit l’information sur les procédures judiciaires, par nature secrètes. Tous deux vous racontent comment ils ont réussi à publier ces informations d’intérêt public. Une proposition de La Presse libre, animée par Romain Tord (Politis). »

Plus de 100 pays dotés de logiciels espions, nous évoluons « entre la paix et la guerre »

23 avril 2026 à 15:19
Enlarge your surveillance
Plus de 100 pays dotés de logiciels espions, nous évoluons « entre la paix et la guerre »

Après avoir initialement été utilisés pour cibler des dissidents, défenseurs des droits humains et journalistes, les logiciels espions seraient de plus en plus utilisés pour cibler des banquiers et des cadres supérieurs fortunés.

Le National Cyber Security Centre (qui fait partie du GCHQ, le service de renseignement technique britannique) estime qu’une centaine de pays se sont procurés des logiciels espions, a appris POLITICO.

En 2023, le NCSC estimait qu’ils étaient plus de 80, et soulignait que « la prolifération et l’utilisation irresponsable d’outils de piratage commerciaux » constitueront « une menace croissante pour les organisations et les individus à l’échelle mondiale au cours des cinq prochaines années ».

Dans un rapport intitulé « La menace de la cyberprolifération commerciale », le centre prévenait que « les logiciels espions, les pirates informatiques à louer et l’accès à d’autres capacités cybernétiques devraient faire l’objet d’une demande croissante à l’échelle mondiale, ce qui entraînera très certainement une menace accrue pour un large éventail d’industries » :

« Au cours de la dernière décennie, plus de 80 pays ont acheté des logiciels de cyberintrusion, et certains États les ont certainement utilisés de manière irresponsable pour cibler des journalistes, des militants des droits de l’homme, des dissidents et des opposants politiques, ainsi que des représentants de gouvernements étrangers. En outre, le développement du marché des pirates informatiques à louer accroît le risque de ciblage imprévisible ou d’escalade involontaire. »

Les banquiers et cadres fortunés, nouvelles cibles des logiciels espions

Le NCSC souligne aujourd’hui que le champ d’action des logiciels espions se serait depuis « élargi », les banquiers et cadres supérieurs fortunés étant de plus en plus souvent pris pour cibles, relève nos confréres.

À lui seul, NSO, dont le logiciel Pegasus a longtemps été considéré comme le plus puissant du marché, dénombrait de son côté 22 utilisateurs actifs de son logiciel espion dans 12 pays européens, en 2022.

Du fait des scandales rattachés aux cibles identifiées de Pegasus, et du fait que les États-Unis l’avaient placé sur sa liste noire, le ministère israélien de la Défense avait réduit le nombre de pays autorisés à importer ces systèmes de 102 à 37.

Acculée, l’entreprise israélienne a depuis été rachetée par un groupe d’investisseurs dirigé par un producteur hollywoodien, qui en a confié la direction à David Friedman. Ancien avocat d’affaires ayant notamment défendu les intérêts de Donald Trump dans le cadre des faillites de ses casinos d’Atlantic City, il avait été nommé ambassadeur des États-Unis en Israël de 2017 à 2021, sous la première présidence de Donald Trump.

« Le bouleversement géopolitique le plus profond de l’histoire moderne »

Dans son discours d’ouverture de CYBERUK 2026, le principal évènement britannique dédié à la cybersécurité, Richard Horne, CEO du NCSC, se compare à un conducteur de voiture, en plein ouragan, sur un tronçon étroit, demandant à son navigateur comment conduire, sans visibilité au-delà de son capot.

Évoquant la carte du nombre grandissant de « no-fly zones » interdites de survol, du fait des risques d’interférences GPS, et des conflits armés en cours, il estime que « nous vivons actuellement le bouleversement géopolitique le plus profond de l’histoire moderne » :

« Comme l’a déclaré en décembre Blaise Metreweli, le chef du MI6, notre monde est aujourd’hui plus dangereux et plus disputé qu’il ne l’a été depuis des décennies. Nous évoluons dans un espace situé entre la paix et la guerre. »

Quatre « incidents d’importance nationale » par semaine

En octobre, il avait indiqué que le NCSC traitait en moyenne quatre « incidents d’importance nationale » par semaine. Si les chiffres restent relativement stables, il constate cela dit un changement quant à l’origine de ces attaques :   

« Les activités criminelles telles que les ransomwares restent la menace la plus répandue pour la grande majorité des organisations, mais la plupart des incidents d’importance nationale dont mes équipes s’occupent actuellement proviennent, directement ou indirectement, d’États-nations. »

Les services de renseignement et forces armées chinoises « font désormais preuve d’un niveau de sophistication impressionnant dans leurs opérations cybernétiques », précise-t-il. Le NCSC estime que l’Iran recourt « très certainement » à des cyberattaques pour soutenir la répression à l’encontre de citoyens britanniques, considérés comme une menace pour le régime.

La Russie, de son côté, « met à profit les enseignements tirés de ses expériences cybernétiques sur le théâtre des opérations et les applique au-delà du champ de bataille » contre les États qu’elle considère comme hostiles.

Plus de 100 pays dotés de logiciels espions, nous évoluons « entre la paix et la guerre »

23 avril 2026 à 15:19
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Plus de 100 pays dotés de logiciels espions, nous évoluons « entre la paix et la guerre »

Après avoir initialement été utilisés pour cibler des dissidents, défenseurs des droits humains et journalistes, les logiciels espions seraient de plus en plus utilisés pour cibler des banquiers et des cadres supérieurs fortunés.

Le National Cyber Security Centre (qui fait partie du GCHQ, le service de renseignement technique britannique) estime qu’une centaine de pays se sont procurés des logiciels espions, a appris POLITICO.

En 2023, le NCSC estimait qu’ils étaient plus de 80, et soulignait que « la prolifération et l’utilisation irresponsable d’outils de piratage commerciaux » constitueront « une menace croissante pour les organisations et les individus à l’échelle mondiale au cours des cinq prochaines années ».

Dans un rapport intitulé « La menace de la cyberprolifération commerciale », le centre prévenait que « les logiciels espions, les pirates informatiques à louer et l’accès à d’autres capacités cybernétiques devraient faire l’objet d’une demande croissante à l’échelle mondiale, ce qui entraînera très certainement une menace accrue pour un large éventail d’industries » :

« Au cours de la dernière décennie, plus de 80 pays ont acheté des logiciels de cyberintrusion, et certains États les ont certainement utilisés de manière irresponsable pour cibler des journalistes, des militants des droits de l’homme, des dissidents et des opposants politiques, ainsi que des représentants de gouvernements étrangers. En outre, le développement du marché des pirates informatiques à louer accroît le risque de ciblage imprévisible ou d’escalade involontaire. »

Les banquiers et cadres fortunés, nouvelles cibles des logiciels espions

Le NCSC souligne aujourd’hui que le champ d’action des logiciels espions se serait depuis « élargi », les banquiers et cadres supérieurs fortunés étant de plus en plus souvent pris pour cibles, relève nos confréres.

À lui seul, NSO, dont le logiciel Pegasus a longtemps été considéré comme le plus puissant du marché, dénombrait de son côté 22 utilisateurs actifs de son logiciel espion dans 12 pays européens, en 2022.

Du fait des scandales rattachés aux cibles identifiées de Pegasus, et du fait que les États-Unis l’avaient placé sur sa liste noire, le ministère israélien de la Défense avait réduit le nombre de pays autorisés à importer ces systèmes de 102 à 37.

Acculée, l’entreprise israélienne a depuis été rachetée par un groupe d’investisseurs dirigé par un producteur hollywoodien, qui en a confié la direction à David Friedman. Ancien avocat d’affaires ayant notamment défendu les intérêts de Donald Trump dans le cadre des faillites de ses casinos d’Atlantic City, il avait été nommé ambassadeur des États-Unis en Israël de 2017 à 2021, sous la première présidence de Donald Trump.

« Le bouleversement géopolitique le plus profond de l’histoire moderne »

Dans son discours d’ouverture de CYBERUK 2026, le principal évènement britannique dédié à la cybersécurité, Richard Horne, CEO du NCSC, se compare à un conducteur de voiture, en plein ouragan, sur un tronçon étroit, demandant à son navigateur comment conduire, sans visibilité au-delà de son capot.

Évoquant la carte du nombre grandissant de « no-fly zones » interdites de survol, du fait des risques d’interférences GPS, et des conflits armés en cours, il estime que « nous vivons actuellement le bouleversement géopolitique le plus profond de l’histoire moderne » :

« Comme l’a déclaré en décembre Blaise Metreweli, le chef du MI6, notre monde est aujourd’hui plus dangereux et plus disputé qu’il ne l’a été depuis des décennies. Nous évoluons dans un espace situé entre la paix et la guerre. »

Quatre « incidents d’importance nationale » par semaine

En octobre, il avait indiqué que le NCSC traitait en moyenne quatre « incidents d’importance nationale » par semaine. Si les chiffres restent relativement stables, il constate cela dit un changement quant à l’origine de ces attaques :   

« Les activités criminelles telles que les ransomwares restent la menace la plus répandue pour la grande majorité des organisations, mais la plupart des incidents d’importance nationale dont mes équipes s’occupent actuellement proviennent, directement ou indirectement, d’États-nations. »

Les services de renseignement et forces armées chinoises « font désormais preuve d’un niveau de sophistication impressionnant dans leurs opérations cybernétiques », précise-t-il. Le NCSC estime que l’Iran recourt « très certainement » à des cyberattaques pour soutenir la répression à l’encontre de citoyens britanniques, considérés comme une menace pour le régime.

La Russie, de son côté, « met à profit les enseignements tirés de ses expériences cybernétiques sur le théâtre des opérations et les applique au-delà du champ de bataille » contre les États qu’elle considère comme hostiles.

La cybersécurité est une « priorité géopolitique », pas un « problème technique » (1/3)

23 avril 2026 à 10:23
Bruce Schneier Facts
La cybersécurité est une « priorité géopolitique », pas un « problème technique » (1/3)

Grâce à l’IA, les vulnérabilités sont désormais exploitées par des logiciels malveillants en moins de 24 heures, en moyenne, et de plus en plus souvent avant même d’avoir été identifiées par les acteurs de la cybersécurité. L’accélération est telle que de nombreux professionnels appellent à un sursaut « géopolitique », arguant du fait qu’il ne s’agit pas d’un « problème technique ».

L’analyse de 3 530 vulnérabilités exploitées par des acteurs malveillants depuis 2018 indique que s’il fallait auparavant attendre entre un et deux ans en moyenne après la découverte d’une vulnérabilité avant que son exploitation ne soit confirmée, depuis 2021, la confirmation arrive en moins d’un an. Le délai est passé à 5 mois depuis 2023, 56 jours depuis 2024, 23 jours en 2025, et 20 heures cette année. Dans le même temps, le nombre d’exploits utilisés à des fins malveillantes a doublé, passant de moins de 250 par an à plus ou moins 500.

En 2026, l’exploitation d’une vulnérabilité intervient en moins de 24 h en moyenne – zerodayclock.com

Vibe-codé le mois dernier par Sergej Epp, ex-CISO (RSSI, pour responsable de la sécurité des systèmes d’information) de Palo Alto Networks, zerodayclock.com relève également que le pourcentage de vulnérabilités exploitées avant d’être découvertes (dites failles ou exploits « zero day ») est passé de 20 % environ jusqu’en 2020 à plus de 50 % en 2025. Le taux s’établit d’ores et déjà à plus de 72 % en 2026.

Le pourcentage de vulnérabilités exploitées avant d’être découvertes est passé de 16 à 72 % – zerodayclock.com

Et si moins de 50 % de ces vulnérabilités étaient exploitées dans les trois mois suivant leurs découvertes jusqu’en 2021, 80 % l’étaient en moins de deux mois l’an passé, et 100 % le sont en moins de 50 jours cette année.

100 % des vulnérabilités sont désormais exploitées en moins de 50 jours – zerodayclock.com

La chronologie de ce que Sergej Epp qualifie d’ « effondrement » (« collapse » en VO) montre que le délai médian entre la découverte d’une vulnérabilité et son exploitation était de 771 jours en 2018, et que les entreprises et organisations disposaient donc de plus de deux ans pour appliquer les correctifs.

En 2023, ce délai est tombé à 6 jours, puis 4 heures en 2024. En 2025, la majorité des vulnérabilités étaient déjà exploitées avant même d’être rendues publiques. Un problème devenu « systémique » avec l’IA :

« Lorsqu’un éditeur de logiciels publie un correctif de sécurité, l’IA est désormais capable de procéder à une ingénierie inverse de ce correctif, d’identifier la vulnérabilité qu’il corrige et de générer en quelques minutes un exploit opérationnel à des fins malveillantes. Les attaques peuvent commencer à se propager à travers le monde en quelques heures. Or, les entreprises ont besoin en moyenne de 20 jours pour tester et déployer ce même correctif. »

Dit autrement, « le fait de corriger une vulnérabilité accélère désormais son exploitation. La défense engendre l’attaque. Et l’attaque survient des semaines avant que la défense ne puisse achever son déploiement ».

Le « paradoxe du patch »


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L’IA de Google réécrit des titres d’articles et pages web de façon putaclic et erronée

17 avril 2026 à 07:00
Google-boulgIA
L’IA de Google réécrit des titres d’articles et pages web de façon putaclic et erronée

Aux États-Unis, Google expérimente le fait « d’identifier, sur une page, le contenu susceptible de constituer un titre utile et pertinent par rapport à la requête d’un utilisateur », avant de re-générer par IA les titres des pages et articles qu’il indexe. Quitte à ce qu’ils racontent le contraire, voire n’importe quoi.

The Verge a découvert que le moteur de recherche de Google réécrivait par IA les titres de certains articles. « J’ai utilisé l’outil IA “tricher sur tout” et cela ne m’a aidé à tricher sur rien » a par exemple été réduit à seulement cinq mots : « Outil IA “tricher sur tout” », laissant entendre, à tort, que The Verge en ferait la promotion :

« Au cours des derniers mois, plusieurs membres de l’équipe de The Verge ont constaté que des titres que nous n’avions jamais rédigés apparaissaient dans les résultats de recherche Google — des titres qui ne respectaient pas notre ligne éditoriale et sans aucune indication précisant que Google avait remplacé les mots que nous avions choisis. »

Exemples de titres d’articles revus et corrigés par l’IA de Google – The Verge

« Il s’agit d’une expérience « modeste » et « limitée », qui n’a pas encore reçu l’autorisation d’être déployée à plus grande échelle », ont déclaré à The Verge les porte-parole de Google Jennifer Kutz, Mallory De Leon et Ned Adriance.

Ils précisent que l’idée générale était « d’identifier, sur une page, le contenu susceptible de constituer un titre utile et pertinent par rapport à la requête d’un utilisateur ». L’objectif est « de mieux faire correspondre les titres aux requêtes des utilisateurs et de faciliter l’interaction avec le contenu Web », selon Jennifer Kutz. Ned Adriance souligne que ce test « ne concerne pas spécifiquement les publications d’actualité, mais vise à déterminer comment améliorer les titres de manière générale ».

Google a par ailleurs confirmé que le test utilisait l’IA générative, mais Mallory De Leon précise que « si nous devions réellement lancer un produit basé sur cette expérience, celui-ci n’utiliserait pas de modèle génératif et nous ne créerions pas de titres à l’aide de l’IA générative ». Google n’a pas détaillé, cela dit, comment il pourrait remplacer les titres d’articles sans recourir à l’IA générative.

« Nous passons beaucoup de temps à essayer de rédiger des titres qui soient véridiques, intéressants, amusants et dignes de votre attention, sans pour autant recourir au « clickbait », mais Google semble considérer que nous n’avons pas le droit de promouvoir notre propre travail de cette manière », déplore de son côté The Verge.

Nos confrères sont d’autant plus en colère que le lancement de ce « test » intervient après qu’ils aient déjà documenté, par deux fois ces derniers mois, que l’IA de Google « hallucinait » de nombreux titres racoleurs et erronés dans son algorithme de recommandation Discover.

Google nous prive de notre liberté de promouvoir notre propre travail


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[MàJ] AI Overviews : Google conteste le taux de 10% d’erreurs

15 avril 2026 à 07:53
OK Goomer
[MàJ] AI Overviews : Google conteste le taux de 10% d’erreurs

Le New York Times avance que le taux d’erreurs des AI Overviews de Google, qui résument la meilleure réponse du moteur de recherche, serait d’environ 10 %. Google conteste ce chiffre, au motif qu’il serait basé sur un benchmark biaisé d’OpenAI.

L’article a été modifié ce 16 avril pour préciser qu’on ne peut pas comparer les taux d’erreurs des AI Overwiews, qui utilise Google Search pour recouper et vérifier l’exactitude des informations présentées, avec ceux de son modèle de base Gemini.

D’après le New York Times, les AI Overviews (Aperçus IA) de Google, qui proposent des réponses générées par IA en tête des résultats du moteur de recherche, se tromperaient environ une fois sur 10. Le journal relève en outre que plus de la moitié des réponses correctes sont « non étayées », car renvoyant vers des sites web qui ne confirment pas entièrement les informations fournies.

Une mention en petits caractères figurant sous chaque résumé rappelle que « L’IA peut se tromper, veuillez donc vérifier les réponses ». Mais, souligne le NYT, « comme Google traite plus de cinq mille milliards de recherches par an, cela signifie qu’il fournit des dizaines de millions de réponses erronées chaque heure (soit des centaines de milliers d’inexactitudes chaque minute) ».

Le nombre de réponses correctes « non étayées » a explosé de + 50 %

Pour parvenir à cette estimation, le New York Times a demandé à la start-up Oumi d’analyser les résumés générés par IA à l’aide d’un test de référence appelé SimpleQA. Publié par OpenAI en 2024, rappelle Ars Technica, ce benchmark de vérification des faits comporte une liste de plus de 4 000 questions avec des réponses vérifiables. Il sert donc à évaluer la capacité des modèles de langage à répondre à des questions courtes visant à vérifier des faits.

Une première série de tests a été effectuée en octobre, alors que les questions les plus complexes étaient traitées à l’aide du modèle Gemini 2, une seconde en février, après sa mise à niveau vers Gemini 3, réputé plus puissant.

Dans les deux cas, l’analyse d’Oumi s’est concentrée sur 4 326 recherches Google. L’entreprise a constaté que les résultats étaient exacts dans 85 % des cas avec Gemini 2 et dans 91 % des cas avec Gemini 3.

En octobre, les réponses correctes étaient « non étayées » dans 37 % des cas. En février, avec Gemini 3, ce chiffre est passé à 56 %, relève le NYT, se basant sur l’analyse d’Oumi. Dit autrement, Gemini 3 se trompe un peu moins souvent, mais le nombre de réponses correctes « non étayées » a explosé de + 50 %.

92 % des gens ne vérifient pas les réponses fournies par les IA

« En d’autres termes, Google a provoqué une crise de désinformation », décrypte Futurism dans un article intitulé « Une analyse révèle que les résumés générés par l’IA de Google diffusent des informations erronées à une échelle sans doute sans précédent dans l’histoire de la civilisation humaine ».


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Le boss de Meta se dote d’un clone généré par IA

13 avril 2026 à 11:59
Meta(re)verse engineering
Le boss de Meta se dote d’un clone généré par IA

Le jumeau numérique de Mark Zuckerberg, entraîné à partir d’images du PDG ainsi que de sa voix, est censé permettre à ses employés d’interagir avec lui. Dans un second temps, il devrait aussi permettre aux influenceurs et autres « créateurs » de développer de tels jumeaux numériques 3D photoréalistes. C’est la troisième fois, au moins, que Meta cherche à créer de tels clones/avatars par IA.

Après avoir investi, et perdu, 60 milliards de dollars dans le métavers, quatre sources ont confié au Financial Times que Meta travaille désormais au développement de personnages 3D photoréalistes, alimentés par l’intelligence artificielle, avec lesquels les utilisateurs peuvent interagir en temps réel.

Selon trois de ces personnes, l’entreprise a récemment commencé à donner la priorité à un jumeau numérique de Mark Zuckerberg. Le PDG de Meta serait personnellement impliqué dans l’entraînement et les tests de son IA animée, « qui pourrait permettre d’échanger et de donner des retours aux employés », selon l’une de ces sources.

Cette initiative, qui en est encore à ses débuts, est distincte du projet de Zuckerberg visant à créer un « agent de direction » (« CEO agent ») destiné à l’assister dans ses fonctions de PDG, et dont l’existence avait été révélée le mois dernier par le Wall Street Journal

L’objectif serait de lui permettre d’être plus productif et de recevoir des informations plus rapidement, lui évitant d’avoir à passer par plusieurs personnes au sein de la société pour les obtenir, résumait BFMTech.

Objectif : produire des clones d’influenceurs et autres « créateurs »

Les sources du FT précisent que l’avatar était « programmé pour reproduire les manières, le ton et les déclarations publiques du milliardaire, ainsi que ses récentes réflexions sur les stratégies de l’entreprise, afin que les employés puissent se sentir plus proches du fondateur à travers leurs interactions avec lui ».

Selon quatre personnes, l’entreprise s’est notamment attachée à créer des représentations photoréalistes de personnages virtuels dotés d’intelligence artificielle. Une tâche difficile à développer à grande échelle, du fait de la puissance de calcul considérable nécessaire pour garantir le réalisme et éviter tout décalage dans les interactions avec les utilisateurs.

Meta s’est également attachée à améliorer les interactions vocales avec les personnages. L’an passé, rappelle le FT, elle a d’ailleurs racheté deux entreprises spécialisées dans la technologie vocale, PlayAI et WaveForms.

Une source rapporte que le clone de Zuckerberg sera entraîné à partir d’images du dirigeant ainsi que de sa voix. Si l’expérience est couronnée de succès, les influenceurs et les créateurs pourraient un jour être en mesure de faire de même.

Meta avait déjà tenté, par deux fois, de créer des clones par IA

En septembre 2023, Meta avait déjà lancé un assistant Meta AI ainsi qu’une gamme de chatbots alimentés par l’IA, dotés de personnalités variées inspirées de célébrités telles que Snoop Dogg, qui avait accepté que sa voix et son image soient utilisées dans cette fonctionnalité. Ils ont, depuis, tous été désactivés.

D’après ce qu’en dit la rumeur, ces personnages « IA » avaient été développés après que Mark Zuckerberg eut constaté le succès de la start-up Character AI, spécialisée dans les compagnons virtuels basés sur l’IA, en particulier auprès des jeunes utilisateurs. 

Meta avait ensuite lancé un « AI Studio » permettant à ses utilisateurs de créer leurs propres avatars générés par IA, ou aux créateurs de concevoir une version IA d’eux-mêmes pour discuter avec leurs fans.

Cette initiative avait cela dit suscité la controverse l’an passé après que des utilisateurs ont créé des contenus ouvertement sexuels. Depuis janvier, Meta a restreint l’accès des adolescents à ses personnages générés par IA. 

Une « frénésie de dépenses » visant la « superintelligence personnelle »

Mark Zuckerberg s’impliquerait de plus en plus directement dans la stratégie de Meta en matière d’intelligence artificielle. L’une de ces sources a indiqué qu’il consacrait entre cinq et dix heures par semaine à coder sur différents projets d’IA au sein de l’entreprise et à assister à des revues techniques. 

Au cours de l’année écoulée, Zuckerberg s’est lancé dans ce que le FT qualifie de « frénésie de dépenses » de plusieurs milliards de dollars, promettant de développer une « superintelligence personnelle » et de rattraper son retard sur des concurrents tels qu’OpenAI et Google dans la conception de modèles de pointe.

Lancé la semaine passée, Muse Spark, son nouveau grand modèle de langage (LLM), veut non seulement faire oublier l’échec de Llama, la précédente génération de LLM maison, mais aussi justifier l’investissement maousse costaud dans le labo dédié à la « superintelligence ».

Le boss de Meta se dote d’un clone généré par IA

13 avril 2026 à 11:59
Meta(re)verse engineering
Le boss de Meta se dote d’un clone généré par IA

Le jumeau numérique de Mark Zuckerberg, entraîné à partir d’images du PDG ainsi que de sa voix, est censé permettre à ses employés d’interagir avec lui. Dans un second temps, il devrait aussi permettre aux influenceurs et autres « créateurs » de développer de tels jumeaux numériques 3D photoréalistes. C’est la troisième fois, au moins, que Meta cherche à créer de tels clones/avatars par IA.

Après avoir investi, et perdu, 60 milliards de dollars dans le métavers, quatre sources ont confié au Financial Times que Meta travaille désormais au développement de personnages 3D photoréalistes, alimentés par l’intelligence artificielle, avec lesquels les utilisateurs peuvent interagir en temps réel.

Selon trois de ces personnes, l’entreprise a récemment commencé à donner la priorité à un jumeau numérique de Mark Zuckerberg. Le PDG de Meta serait personnellement impliqué dans l’entraînement et les tests de son IA animée, « qui pourrait permettre d’échanger et de donner des retours aux employés », selon l’une de ces sources.

Cette initiative, qui en est encore à ses débuts, est distincte du projet de Zuckerberg visant à créer un « agent de direction » (« CEO agent ») destiné à l’assister dans ses fonctions de PDG, et dont l’existence avait été révélée le mois dernier par le Wall Street Journal

L’objectif serait de lui permettre d’être plus productif et de recevoir des informations plus rapidement, lui évitant d’avoir à passer par plusieurs personnes au sein de la société pour les obtenir, résumait BFMTech.

Objectif : produire des clones d’influenceurs et autres « créateurs »

Les sources du FT précisent que l’avatar était « programmé pour reproduire les manières, le ton et les déclarations publiques du milliardaire, ainsi que ses récentes réflexions sur les stratégies de l’entreprise, afin que les employés puissent se sentir plus proches du fondateur à travers leurs interactions avec lui ».

Selon quatre personnes, l’entreprise s’est notamment attachée à créer des représentations photoréalistes de personnages virtuels dotés d’intelligence artificielle. Une tâche difficile à développer à grande échelle, du fait de la puissance de calcul considérable nécessaire pour garantir le réalisme et éviter tout décalage dans les interactions avec les utilisateurs.

Meta s’est également attachée à améliorer les interactions vocales avec les personnages. L’an passé, rappelle le FT, elle a d’ailleurs racheté deux entreprises spécialisées dans la technologie vocale, PlayAI et WaveForms.

Une source rapporte que le clone de Zuckerberg sera entraîné à partir d’images du dirigeant ainsi que de sa voix. Si l’expérience est couronnée de succès, les influenceurs et les créateurs pourraient un jour être en mesure de faire de même.

Meta avait déjà tenté, par deux fois, de créer des clones par IA

En septembre 2023, Meta avait déjà lancé un assistant Meta AI ainsi qu’une gamme de chatbots alimentés par l’IA, dotés de personnalités variées inspirées de célébrités telles que Snoop Dogg, qui avait accepté que sa voix et son image soient utilisées dans cette fonctionnalité. Ils ont, depuis, tous été désactivés.

D’après ce qu’en dit la rumeur, ces personnages « IA » avaient été développés après que Mark Zuckerberg eut constaté le succès de la start-up Character AI, spécialisée dans les compagnons virtuels basés sur l’IA, en particulier auprès des jeunes utilisateurs. 

Meta avait ensuite lancé un « AI Studio » permettant à ses utilisateurs de créer leurs propres avatars générés par IA, ou aux créateurs de concevoir une version IA d’eux-mêmes pour discuter avec leurs fans.

Cette initiative avait cela dit suscité la controverse l’an passé après que des utilisateurs ont créé des contenus ouvertement sexuels. Depuis janvier, Meta a restreint l’accès des adolescents à ses personnages générés par IA. 

Une « frénésie de dépenses » visant la « superintelligence personnelle »

Mark Zuckerberg s’impliquerait de plus en plus directement dans la stratégie de Meta en matière d’intelligence artificielle. L’une de ces sources a indiqué qu’il consacrait entre cinq et dix heures par semaine à coder sur différents projets d’IA au sein de l’entreprise et à assister à des revues techniques. 

Au cours de l’année écoulée, Zuckerberg s’est lancé dans ce que le FT qualifie de « frénésie de dépenses » de plusieurs milliards de dollars, promettant de développer une « superintelligence personnelle » et de rattraper son retard sur des concurrents tels qu’OpenAI et Google dans la conception de modèles de pointe.

Lancé la semaine passée, Muse Spark, son nouveau grand modèle de langage (LLM), veut non seulement faire oublier l’échec de Llama, la précédente génération de LLM maison, mais aussi justifier l’investissement maousse costaud dans le labo dédié à la « superintelligence ».

IA à la rédac’, memecoins et casinos illégaux : le business plan d’un dépeceur de médias

13 avril 2026 à 09:12
Massacres à la moissonneuse
IA à la rédac’, memecoins et casinos illégaux : le business plan d’un dépeceur de médias

Une entreprise fait la promotion de cryptoactifs et de casinos en ligne, et gagne de l’argent quand ses utilisateurs en perdent. Pour les convaincre d’investir, elle a racheté 300 sites d’infos, et viré leurs journalistes pour les remplacer par des IA. Next a aussi découvert que ses sites promouvaient activement des memecoins douteux ayant pour point commun de perdre jusqu’à 99 % de leur valeur.

Créée par les parents d’un petit garçon décédé le 28 juillet 2017, la Charlie Gard Foundation se présentait comme l’une des principales associations caritatives britanniques dédiée à la lutte contre le cancer chez les enfants, mais semblait inactive depuis 2023. Lancé il y a plus de 30 ans par la mère d’un jeune homme tué par un conducteur ayant grillé un feu rouge, roadpeace.org accompagnait de son côté les victimes d’accidents de la route et leurs familles, mais avait aussi annoncé sa disparition en raison de difficultés financières en janvier dernier.

Jusqu’à récemment, leurs sites faisaient de la retape pour les « meilleurs casinos britanniques hors Gamstop du moment », en référence au service « Gamstop » d’auto-déclaration conçu pour empêcher les joueurs à problèmes de s’inscrire sur des sites de casino. Ces casinos illégaux, généralement hébergés dans des paradis fiscaux, ciblent donc explicitement les joueurs accros. Leurs sites respectifs semblent désormais bloqués, mais Google a gardé la trace de leurs publicités.

Captures d’écran de publicités pour des casinos sur d’anciens sites d’ONG caritatives – PressGazette & Next

Une enquête de Press Gazette révèle que ces deux sites font partie d’une nébuleuse de centaines de sites rachetés par un professionnel du « SEO parasite », une technique consistant à profiter de la bonne réputation de sites web pour y faire la promotion de produits douteux, voire interdits, d’ordinaire promus par spams et filtrés dans nos boîtes aux lettres, ainsi que sur Google.

Une bonne partie des milliers de sites d’infos générés par IA (GenAI) que nous avons identifiés reposent d’ailleurs eux aussi sur des noms de domaine expirés. Rachetés aux enchères sur des sites spécialisés par des pros du référencement (SEO) et du marketing numérique, ils leur permettent de profiter de leurs réputations passées dans l’algorithme de « ranking » de Google.

Clickout Media, une société britannique qui se présente comme « une agence de relations publiques et de marketing spécialisée dans le Web3, la finance et les technologies », pousse le bouchon un cran plus loin. Elle rachète en effet des médias disposant d’une bonne réputation sur Google sans attendre que leurs noms de domaine aient expiré.

Une fois rachetés, elle en vire les rédacteurs freelances et journalistes, les remplace par des avatars générés par IA publiant des articles GenAI, avant de laisser les sites à l’abandon lorsqu’ils sont finalement pénalisés par Google.

Sur son site, l’entreprise revendique plus de 200 « partenaires médias premium » engrangeant plus de 50 millions d’audience mensuelle (l’entreprise ne précise pas si elle parle en visites ou en visiteurs) qui lui permettent de commercialiser des « emplacements publicitaires exclusifs sur les principaux sites consacrés à la cryptomonnaie, à la finance et aux technologies » :

« Grâce à notre accès exclusif aux principales publications, nous concevons des campagnes sur mesure qui marquent les esprits, que ce soit par le biais des relations publiques, des critiques, du marketing d’influence, de la création de contenu ou de la couverture d’événements. »

Capture d’écran de la baseline de Clickout Media – Next

Clickout Media est aussi le successeur de clickout.com, qui se présentait comme « le plus grand réseau d’affiliation dans le domaine des cryptomonnaies », créé par une équipe de spécialistes du marketing dans le domaine des technologies financières, « forte de plus de 10 ans d’expérience dans le secteur ».

Finixio, leur maison mère, se présente comme « une agence de référence en matière de référencement naturel (SEO) et de création de contenu » fondée en 2018. Elle faisait état en 2024 d’un chiffre d’affaires de 40 millions de livres sterling (45M€, contre 69M€ en 2023) et d’une perte de 3 millions de livres sterling (3,5M€, vss 6,42M€ l’année d’avant) dans ses derniers résultats financiers.

Signe d’un business florissant, le groupe avait racheté en octobre 2025 Gambling Insider, un éditeur de médias B2B spécialisé dans le secteur des paris et des jeux d’argent, pour une somme comprise entre 14 et 16 millions d’euros d’après Gaming&Co.

Si Clickout et Finixio communiquent peu sur leurs activités, tous deux mettent par contre en avant les dons qu’ils effectuent auprès d’organismes de charité.

Captures d’écran de communiqués parus sur les sites de Clickout et Finixio – Next

Des journalistes remplacés par des IA pour publier des infos promos

L’enquête de PressGazette révélait que Clickout Media « rachète, exploite et finit par anéantir des marques de presse en ligne ». En février, il déplorait déjà dans un précédent article qu’elle avait notamment racheté un réseau de sites de jeux vidéos, avant de licencier la quasi-totalité de leurs journalistes et rédacteurs, pour les remplacer par des contenus générés par IA.

Ces licenciements, annoncés quelques jours plus tôt sur Insider Gaming, et confirmés par Kotaku, marquaient aussi la réorientation éditoriale de ces sites d’infos, dont les articles ne servent plus qu’à faire la promotion de casinos en ligne ou de plateformes de cryptos non réglementées, et non plus à informer leurs lecteurs quant à l’actualité des jeux vidéos.

Clickout Media rachèterait également des sites d’information et de niche sportifs, consacrés à la tech, aux cryptos et aux jeux en ligne, et bénéficiant d’une bonne réputation sur Google. Une fois rachetés, les budgets dévolus aux freelances seraient gelés, les employés invités à entraîner et former des « rédacteurs » IA, avant d’être licenciés, ce qui aurait suscité un « profond dégoût » confiaient certains d’entre eux à PressGazette.

« Un nombre incalculable de pigistes » d’Esports News UK (ENUK) ont ainsi perdu leur job début février, avait tweeté l’une d’entre-elles, soulignant que « l’IA a joué un rôle déterminant dans ces licenciements massifs. Alors soyons clairs » :

« Le journalisme ne pourra JAMAIS être remplacé par l’IA
Une machine ne peut pas être tenue responsable.
La responsabilité est essentielle pour le journalisme.
L’HUMANITÉ est essentielle dans les médias.
»

Ironie de l’histoire, l’un des sites rachetés, VideoGamer.com, qui existait depuis plus de 20 ans mais dont les photos de profils et biographies des nouveaux journalistes qui y écrivent sont désormais générés par IA, fait figurer en exergue de chaque article la mention suivante :

« Vous pouvez faire confiance à VideoGamer. Notre équipe d’experts en jeux vidéo passe des heures à tester et à évaluer les derniers jeux, afin de vous garantir le guide le plus complet possible. Soyez assurés que toutes les images et tous les conseils sont uniques et originaux. »

Clickout Media, dont le nom « apparaît rarement » sur les sites qu’elle acquiert, relevait Press Gazette, ferait notamment la promotion de sites offshore de cryptoactifs et de poker, dont beaucoup sont agréés à Anjouan, dans l’archipel des Comores, relevait pour sa part l’an passé pokerindustrypro.com. Son article avançait que sa ferme de contenus dénombrait plus de 200 noms de domaines, et que sa dernière acquisition, PokerStategy.com, lui aurait coûté 5,9 millions d’euros.

Richard MacManus, le fondateur de l’iconique ReadWriteWeb, célèbre blog dédié à l’actualité du « Web 2.0 » dans les années 2000, avait lui aussi déploré, en se disant « dégoûté », son rachat par Clickout Media/Finixio après avoir découvert qu’ils profitaient de sa notoriété pour publier des contenus liés aux jeux d’argent avec des liens d’affiliation associés.

« Ce site est une arnaque alimentée par l’IA »

Début mars, le site aftermath.site, créé par des anciens de Kotaku, avait déjà lui aussi publié un long article intitulé « Cette entreprise discrète qui envahit les sites de jeux vidéo avec des jeux d’argent et l’IA ». Fruit d’une enquête de huit mois, il émane du journaliste d’investigation Jack Ryan, fan de jeux vidéo (au point qu’il vient de lancer un magazine papier dédié), et par ailleurs président de l’association australienne des journalistes scientifiques.

Ryan y raconte que Lee Astley, le responsable de l’information de Clickout Media, avait il y a quelques mois publié sur LinkedIn deux offres d’emploi visant à recruter des rédacteurs spécialistes de l’esport ou ayant « au moins deux ans d’expérience dans la rédaction d’actualités, de critiques et d’articles de fond sur les dernières sorties sur PlayStation, Xbox, Nintendo et PC ».

« Ce poste implique la rédaction quotidienne d’au moins six articles d’actualité optimisés pour le référencement naturel (SEO) et leur publication sur les réseaux sociaux », précisait l’une des petites annonces.

Des freelances y ayant postulé ont raconté à Jack Ryan s’être étonnés de voir que les profils de certains collègues présumés, publiant nombre d’articles sur les jeux et casinos en ligne, semblaient générés par IA. Ils ne parvenaient pas, en outre, à les identifier sur les canaux Slack du site web ni donc à interagir et échanger avec eux.

Les profils de Maelis Hartley et Isla Hamilton tels qu’ils ont évolué sur Gameshub.com – Aftermath

Le 29 juillet, raconte Aftermath, l’ensemble des articles publiés sur la page d’accueil du site étaient retitrés « ce site est une arnaque », l’un d’entre eux précisant que « GamesHub est géré par des comptes alimentés par l’IA et escroque les rédacteurs ».

Le « piratage » ne dura qu’une heure, mais l’action fut revendiquée deux jours plus tard dans une vidéo intitulée « Nous sommes tombés dans le piège d’une arnaque à l’emploi de rédacteur chez GamesHub ». « Nous racontons ici notre brève expérience chez GamesHub (et peut-être aussi chez ClickOut Media) dans l’espoir que personne d’autre ne se laisse piéger par de futures offres d’emploi », y précisaient trois rédacteurs, qui venaient de démissionner.

Clickout Media proposa par la suite de verser aux auteurs de la vidéo la rémunération qui leur était due à condition que « tout contenu accessible au public concernant GamesHub susceptible d’être trompeur ou inexact » soit supprimé, faisant spécifiquement référence à la vidéo YouTube, ce qu’ils ont donc refusé de faire. 

Les différents témoignages recueillis par Aftermath indiquent que les conditions de travail, et les rémunérations, proposées par Clickout Media, étaient meilleures que celles de leurs compétiteurs. Un ancien employé déplore cela dit que Clickout Media « se moquait du journalisme vidéoludique », et que « leur but est de gagner de l’argent, et ils sont vraiment doués pour ça ».

Jack Ryan a, depuis, pu constater que la photo de profil de l’un des derniers rédacteurs de Gameshub contenait les mots cropped-Gemini_Generated_Image. Un pattern similaire a été identifié sur la photo de profil d’un rédacteur de videogamer.com, ChatGPT-Image-Oct-20-2025-11_57_34-AM-300×300.

« La disparition de GamesHub — et il s’agit bien d’une disparition, même si le site continue de publier des actualités sur les jeux vidéo — constitue une nouvelle perte dans le cadre de l’effondrement continu des médias consacrés aux jeux vidéo », concluait Aftermath, qui soulignait que Clickout Media avait aussi racheté videogamer.com, avant d’en détruire la réputation avec ces articles générés par IA.

L’enquête évoquait également le rachat par Clickout Media des sites adventuregamers.com, escapistmagazine.com, esports-news.co.uk, esportsinsider.com et esports.net.

Début mars, Esports Radar indiquait que l’équipe d’esportsinsider.com avait été licenciée, après que Google ait pénalisé le site, et complètement désindexé ses articles. Lancé en 2016, il avait été racheté par ClickOut en 2025.

iGamingToday relève que le site est de nouveau indexé par Google, après qu’il ait retiré ses contenus liés aux casinos en ligne. Or, Google référence plus de 8 000 pages à la requête casino sur esportsinsider.com. Mais CloudFlare bloque étrangement leur consultation.

Des sites rachetés « à prix d’or », mais payant des clopinettes

Plusieurs propriétaires de sites rachetés par Clickout Media ont déclaré à Press Gazette avoir initialement été contactés par des acheteurs anonymes leur proposant de les leur « racheter à prix d’or », sans bien évidemment leur expliciter le réel objectif de cette proposition d’acquisition.

D’anciens employés de Clickout, qui n’étaient quant à eux payés que 1 200 $ (un peu plus de 1 000 €) par mois pour huit articles par jour, avancent que des « centaines » d’autres sites, voire « jusqu’à 300 sites », auraient été cannibalisés de la sorte.

Après avoir initialement racheté des sites spécialisés dans les casinos et les cryptos, l’entreprise avait commencé à racheter plusieurs sites consacrés au football et aux sports féminins (Football Blog, She Kicks, Sportslens, Sportslens UK, Sportscasting UK, Football Blog UK, énumère Press Gazette), ainsi que des sites tech comme l’ex-encyclopédie Techopedia.com, mentionnée comme source dans près de 150 articles de la version anglophone de Wikipedia.

Ce modus operandi est qualifié de « SEO parasite » dans le milieu, et d’« utilisation abusive de la réputation d’un site » par Google, qui le qualifie de « tactique qui consiste à publier du contenu tiers sur un site hôte principalement en raison des signaux de classement déjà établis par ce site », et qui « vise à faire en sorte que le contenu soit mieux classé que s’il n’était pas associé à d’autres contenus ».

Google évoque par exemple le cas d’un « site médical hébergeant une page publicitaire tierce sur les « meilleurs casinos » que les lecteurs ne s’attendent pas à voir et qui est placée sur le site pour améliorer son classement en raison des signaux de classement du site établi ». Soit précisément ce que fait Clickout Media.

Ce type de parasitisme fait partie des techniques de « spam » valant aux sites web qui y recourent d’être black-listés par le moteur de recherche. Ce qui serait d’ores et déjà arrivé à nombre de ceux rachetés « à prix d’or » par Clickout Media. Quand bien même certains rédacteurs continuaient à être payés pour écrire sur leurs spécialités, de sorte de tenter de maintenir la réputation des sites, et camoufler ce pourquoi ils avaient été rachetés.

Or, ces derniers temps, Clickout semble avoir cessé de « conserver quelques rédacteurs humains pour préserver la crédibilité de ses sites », résume Press Gazette, « pour se tourner vers un remplacement massif du personnel par l’IA ». Et ce, à l’instar de ces milliers de sites GenAI que notre enquête nous a permis d’identifier, émanant eux aussi d’éditeurs dont le véritable objectif n’est pas d’ « informer » leurs lecteurs, ni même de produire de l’« information », mais de « pisser de la copie ».

« Bien que nous ne puissions pas nous prononcer sur le classement d’un site spécifique dans les résultats de recherche, nos règles interdisent la publication massive de contenu dans le but principal de manipuler les classements de recherche », précise à Press Gazette un porte-parole de Google.

Son modèle éco : faire perdre de l’argent aux gens

Cherchant à comprendre ce pourquoi, et comment, Clickout Media en était arrivé là, Press Gazette a déniché un podcast de 2023 où Kristoffer Holten, un pro du référencement (SEO) danois associé à Clickout Media, expliquait que son métier était de faire la promotion de casinos en ligne.

De façon tout autant candide que cynique, il précisait que son business lui permettait de toucher de 35 à 50 % des sommes « perdues » par les joueurs qu’il avait réussi à convaincre d’ « investir » dans ces casinos, et que cela pouvait aller de 100 à 1 200 dollars par joueur.

À quoi il convenait de rajouter les frais fixes versés par ses « partenaires » pour figurer dans leurs classements des meilleurs casinos, qui pouvaient aller de 2 000 euros par mois pour les plus modestes à 150 000 euros pour les plus gros :

« Les casinos ont du mal à attirer des joueurs et se livrent une concurrence acharnée. Ils cherchent donc à s’associer à des gens comme nous pour leur apporter le plus grand nombre de joueurs possible. En gros, il s’agit d’envoyer des joueurs vers les casinos et les opérateurs, et vous touchez soit une commission fixe, soit une part des recettes, soit un montant forfaitaire, ne serait-ce que pour leur montrer une bannière ou quelque chose du genre. C’est comme ça que ça marche. Et plus vous générez de trafic, plus vous gagnez d’argent.»


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Arnaques cyber : aux USA, 3 fois plus de plaintes en 10 ans, mais 20 fois plus de pertes

8 avril 2026 à 09:05
The Internet Is For Pwned
Arnaques cyber : aux USA, 3 fois plus de plaintes en 10 ans, mais 20 fois plus de pertes

Chez les plus de 60 ans, qui totalisent le plus grand nombre de plaintes, et les pertes les plus importantes, le nombre de plaintes pour phishing et spoofing (y compris téléphonique et par SMS) a été multiplié par 16 en seulement deux ans, et les pertes multipliées par 25. Dans le même temps, le nombre total de plaintes pour harcèlement ou stalking a doublé, et même triplé pour ce qui est des menaces de violences physiques.

« À nos débuts, nous recevions quelques milliers de plaintes par mois. Nous recevons désormais en moyenne près de 3 000 plaintes par jour », résume le rapport annuel 2025 (.pdf) de l’Internet Crime Complaint Center (IC3) du FBI, qui a fêté ses 25 ans l’an passé.

Le nombre de plaintes enregistrées par le FBI en matière de cybercriminalité a été multiplié par trois en 15 ans, passant d’environ 300 000 par an jusqu’en 2017 à plus d’un million en 2025. Les montants des pertes estimées ont, dans le même temps, été multipliés par 20, passant de un milliard à près de 21 milliards de dollars. La progression est de 26 % entre 2024 et 2025.

Comme nous l’avions rapporté les années passées, les plus de 60 ans sont le segment de la population le plus affecté, recensant près de deux fois plus de plaintes, et 14 fois plus de pertes, que les 20 - 29 ans.

Le nombre de plaignants de plus de 60 ans a doublé en cinq ans

Alors que le nombre de plaignants de plus de 60 ans était d’environ 100 000 par an entre 2020 et 2023, il était passé à 150 000 en 2024, et a dépassé les 200 000 en 2025.

Si le nombre de plaignants de plus de 60 ans a crû de 37 % en un an, le montant de leurs pertes a explosé de + 59 %, pour un total de 7,75 milliards de dollars (contre 5 milliards en 2024, et 3 milliards en 2023), soit 38 500 dollars en moyenne. 12 444 plaignants ont par ailleurs déclaré des préjudices supérieurs à 100 000 dollars.

Alors que l’on pourrait penser que le problème est bien connu, le nombre de plaintes pour phishing et spoofing (y compris téléphonique et par SMS) a été multiplié par 16 sur cette même population, passant de moins de 3 000 en 2023 à plus de 23 000 en 2024, et près de 50 000 en 2025.

Les pertes associées ont quant à elles été multipliées par 25, passant de 3,3 millions de dollars en 2023 à plus de 20 millions en 2024, et plus de 77 millions en 2025. Le nombre de plaintes relatives à de faux investissements, et les pertes associées, s’est pour sa part contenté de tripler.

L’IC3 consacre un second focus aux arnaques aux cryptoactifs, dont les plus de 60 ans constituent là aussi les principales victimes. Alors que l’IC3 enregistrait environ 30 000 plaintes entre 2018 et 2021, elles sont passées à près de 75 000 en 2023, ont été multipliées par deux en 2024 (150 000) pour dépasser les 175 000 en 2025 (+ 21 % par rapport à 2024).


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Rapporté au PIB, le budget du CNRS est à un niveau « historiquement bas » depuis 1980

7 avril 2026 à 14:18
CNRS, est-ce, esse
Rapporté au PIB, le budget du CNRS est à un niveau « historiquement bas » depuis 1980

Alors que son budget initial pour 2026 prévoyait déjà un déficit de 239 millions d’euros, le CNRS annonce en interne devoir procéder à un tour de vis supplémentaire de 20 millions d’euros, dont une partie sera répercutée sur la dotation aux unités de recherche. Certains projets seraient de ce fait menacés.

Un courrier du PDG du CNRS, Antoine Petit, adressé le 24 mars aux directeurs d’unité et qu’a pu consulter l’AFP, évoque un budget initial 2026 déficitaire de 239 millions d’euros « directement lié à des reprises de subventions mises en œuvre depuis 2024 ».

« La baisse des crédits n’a pas pu épargner la dotation des laboratoires », précise le courrier, qui avance que « le montant cumulé de ces charges représente plus de 500 millions d’euros depuis octobre 2024 », souligne Libé.

Une baisse à rapporter aux 2,9 milliards d’euros de dotation annuelle du principal organisme de recherche français. Il emploie 34 000 agents, dont plus de 10 000 chercheurs, soit le plus grand opérateur de l’État après France Travail, selon le rapport de la Cour des comptes de mars 2025, qui le qualifiait d’« opérateur de recherche unique en son genre, dont l’excellence est universellement reconnue et dont les comptes sont sains ».

Contacté par l’AFP, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche évalue quant à lui à « 120 millions d’euros » le montant des charges non compensées « sur la période 2024 - 2026 ».

Une baisse de 5 % du financement du CNRS aux laboratoires

Le CNRS confirme de son côté à l’AFP que « jusqu’à présent le CNRS avait trouvé des marges de manœuvres permettant de ne pas répercuter la contrainte budgétaire sur les moyens financiers alloués aux laboratoires, mais c’est désormais malheureusement impossible ».

Matignon aurait en effet demandé au CNRS de procéder à un tour de vis supplémentaire sur son budget initial, du fait de perspectives budgétaires « particulièrement contraintes ».

« Dans ce contexte, le cabinet du Premier ministre a demandé au CNRS de présenter un budget rectificatif incluant une diminution des prévisions de dépenses de 20 M€ afin de conserver une trésorerie non fléchée de quelques dizaines de millions d’euros en fin d’exercice 2026 », écrit le PDG dans son courrier du 24 mars, reproduit par le syndicat SNCS-FSU.

Antoine Petit souligne qu’il a été fait le choix de « préserver le scénario quinquennal 2023 - 2027 des recrutements annuels par concours (270 chercheurs et 360 ingénieurs et techniciens) prévus dans le cadre de la loi de la programmation de la recherche ».

Dans une précédente déclaration, le syndicat soulignait qu’au total, « 20 millions d’euros d’économies sont imputés au fonctionnement, équipement et investissement : 13,5 millions d’euros sont pris aux laboratoires, soit une baisse de 5 % du financement du CNRS aux laboratoires, et 6,5 millions d’euros sont économisés sur des investissements en immobilier ».

« Le budget rectificatif n°1 inscrit à l’ordre du jour du CA du 13 mars nous est parvenu la veille vers 15 h » s’insurge une déclaration intersyndicale. Elle évoque un comportement « inadmissible » découlant « de choix politiques qui ne font aucun cas du CNRS et de ses personnels et [impactant] l’avenir de notre organisme », et affirme que « nos tutelles veulent imposer une austérité encore plus drastique au CNRS » :

« Le sous-financement chronique de la recherche publique française conduit au déclassement du pays par rapport à ses homologues européens et internationaux. »

« Un niveau historiquement bas depuis 1980 »

Le SNCS-FSU « dénonce avec la plus grande fermeté ce budget dangereusement déficitaire, catastrophique pour le CNRS et la recherche publique en France », à mesure que « ce budget du CNRS porte la masse salariale sur subvention d’État à 91 % de cette subvention, ce qui rend impossible toute mesure d’économie sans atteindre les activités de recherche du CNRS » : « Ce budget 2026 marque un tournant majeur avec une nouvelle étape dramatique dans les reniements des gouvernements successifs de ces vingt dernières années envers la recherche publique. »

Le syndicat avance que l’État « n’a jamais respecté l’engagement européen qu’il avait pris d’investir, dès 2010, 3 % du produit intérieur brut (PIB) pour la recherche et développement (R&D), dont 1 % du PIB pour la recherche publique ».

Il « a été insincère avec la Loi de programmation de la recherche de 2020 (LPR) » qui, plutôt que de rattraper le retard et d’atteindre 1 % du PIB pour la recherche publique, « a ramené son budget à un niveau historiquement bas depuis 1980, à savoir 0,74 % du PIB en 2023 », un pourcentage qui « sera encore plus faible cette année » :

« Alors qu’une accélération de la programmation budgétaire de la LPR est indispensable, c’est le contraire qui est programmé par le gouvernement pour la deuxième année consécutive. Ce budget devrait encore participer à l’érosion de l’emploi scientifique pérenne sur subvention d’État et donc à la chute d’attractivité du CNRS et à l’affaiblissement de notre établissement. »

« À la fin de l’année, il n’y aura plus de réserve »

« Cette année, pour la première fois, une partie des crédits de fonctionnement nous a été donnée avec l’argent des ressources propres, c’est-à-dire la réserve budgétaire », explique à l’AFP Vincent Artero, directeur du Laboratoire de Chimie et Biologie des Métaux : « On comprend qu’il n’y avait pas assez de subventions d’État pour nous donner ce qu’ils nous donnaient d’habitude. On prend sur nos réserves. Mais à la fin de l’année, il n’y aura plus de réserve. »

« Nous avons des remontées très inquiètes en particulier de nos collègues en sciences humaines et sociales », précise à l’AFP Fabrice Kordon, coprésident de l’Assemblée des directeurs de laboratoires.

« C’est l’histoire du fou qui cherche sa clé sous le réverbère »

Au point que quelques directeurs envisagent l’arrêt de certains projets à compter d’octobre. « Les recherches les plus impactées directement sont celles qui vont être les plus dépendantes des équipements », explique à l’AFP Matthieu Refregiers, au nom du Comité des directeurs de laboratoires CNRS d’Orléans.

« C’est l’histoire du fou qui cherche sa clé sous le réverbère. Quelqu’un passe et dit : Vous êtes sûr que vous l’avez perdue là ? Non, je l’ai perdue là-bas. Mais alors pourquoi vous cherchez ici ? Parce qu’ici, il y a de la lumière : ça, c’est la science selon nos politiques, trop sensibles aux effets de mode », ironise Fabrice Kordon.

Une situation qui, résume l’AFP, oblige les laboratoires à se concurrencer pour trouver des financements, les rapprochant du modèle anglo-saxon, et privilégiant les recherches qui sont dans l’actualité.

« Un même chercheur, deux fois plus de résultats, pour un coût perçu constant », résume une note interne consacrée à des travaux exploratoires sur l’optimisation des ressources humaines, qui précise que les implications éthiques seront examinées « dans un second temps, si nécessaire », relève la CFDT Recherche EPST.

Concrètement, les équipes de recherche vont en outre devoir rendre une partie de l’argent déjà versé pour leur année 2026, un revers « inédit », souligne Libé.

Nota bene relatif au sous-titre : l’esse est un crochet de boucherie en forme de S, destiné à suspendre les carcasses.

Rapporté au PIB, le budget du CNRS est à un niveau « historiquement bas » depuis 1980

7 avril 2026 à 14:18
CNRS, est-ce, esse
Rapporté au PIB, le budget du CNRS est à un niveau « historiquement bas » depuis 1980

Alors que son budget initial pour 2026 prévoyait déjà un déficit de 239 millions d’euros, le CNRS annonce en interne devoir procéder à un tour de vis supplémentaire de 20 millions d’euros, dont une partie sera répercutée sur la dotation aux unités de recherche. Certains projets seraient de ce fait menacés.

Un courrier du PDG du CNRS, Antoine Petit, adressé le 24 mars aux directeurs d’unité et qu’a pu consulter l’AFP, évoque un budget initial 2026 déficitaire de 239 millions d’euros « directement lié à des reprises de subventions mises en œuvre depuis 2024 ».

« La baisse des crédits n’a pas pu épargner la dotation des laboratoires », précise le courrier, qui avance que « le montant cumulé de ces charges représente plus de 500 millions d’euros depuis octobre 2024 », souligne Libé.

Une baisse à rapporter aux 2,9 milliards d’euros de dotation annuelle du principal organisme de recherche français. Il emploie 34 000 agents, dont plus de 10 000 chercheurs, soit le plus grand opérateur de l’État après France Travail, selon le rapport de la Cour des comptes de mars 2025, qui le qualifiait d’« opérateur de recherche unique en son genre, dont l’excellence est universellement reconnue et dont les comptes sont sains ».

Contacté par l’AFP, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche évalue quant à lui à « 120 millions d’euros » le montant des charges non compensées « sur la période 2024 - 2026 ».

Une baisse de 5 % du financement du CNRS aux laboratoires

Le CNRS confirme de son côté à l’AFP que « jusqu’à présent le CNRS avait trouvé des marges de manœuvres permettant de ne pas répercuter la contrainte budgétaire sur les moyens financiers alloués aux laboratoires, mais c’est désormais malheureusement impossible ».

Matignon aurait en effet demandé au CNRS de procéder à un tour de vis supplémentaire sur son budget initial, du fait de perspectives budgétaires « particulièrement contraintes ».

« Dans ce contexte, le cabinet du Premier ministre a demandé au CNRS de présenter un budget rectificatif incluant une diminution des prévisions de dépenses de 20 M€ afin de conserver une trésorerie non fléchée de quelques dizaines de millions d’euros en fin d’exercice 2026 », écrit le PDG dans son courrier du 24 mars, reproduit par le syndicat SNCS-FSU.

Antoine Petit souligne qu’il a été fait le choix de « préserver le scénario quinquennal 2023 - 2027 des recrutements annuels par concours (270 chercheurs et 360 ingénieurs et techniciens) prévus dans le cadre de la loi de la programmation de la recherche ».

Dans une précédente déclaration, le syndicat soulignait qu’au total, « 20 millions d’euros d’économies sont imputés au fonctionnement, équipement et investissement : 13,5 millions d’euros sont pris aux laboratoires, soit une baisse de 5 % du financement du CNRS aux laboratoires, et 6,5 millions d’euros sont économisés sur des investissements en immobilier ».

« Le budget rectificatif n°1 inscrit à l’ordre du jour du CA du 13 mars nous est parvenu la veille vers 15 h » s’insurge une déclaration intersyndicale. Elle évoque un comportement « inadmissible » découlant « de choix politiques qui ne font aucun cas du CNRS et de ses personnels et [impactant] l’avenir de notre organisme », et affirme que « nos tutelles veulent imposer une austérité encore plus drastique au CNRS » :

« Le sous-financement chronique de la recherche publique française conduit au déclassement du pays par rapport à ses homologues européens et internationaux. »

« Un niveau historiquement bas depuis 1980 »

Le SNCS-FSU « dénonce avec la plus grande fermeté ce budget dangereusement déficitaire, catastrophique pour le CNRS et la recherche publique en France », à mesure que « ce budget du CNRS porte la masse salariale sur subvention d’État à 91 % de cette subvention, ce qui rend impossible toute mesure d’économie sans atteindre les activités de recherche du CNRS » : « Ce budget 2026 marque un tournant majeur avec une nouvelle étape dramatique dans les reniements des gouvernements successifs de ces vingt dernières années envers la recherche publique. »

Le syndicat avance que l’État « n’a jamais respecté l’engagement européen qu’il avait pris d’investir, dès 2010, 3 % du produit intérieur brut (PIB) pour la recherche et développement (R&D), dont 1 % du PIB pour la recherche publique ».

Il « a été insincère avec la Loi de programmation de la recherche de 2020 (LPR) » qui, plutôt que de rattraper le retard et d’atteindre 1 % du PIB pour la recherche publique, « a ramené son budget à un niveau historiquement bas depuis 1980, à savoir 0,74 % du PIB en 2023 », un pourcentage qui « sera encore plus faible cette année » :

« Alors qu’une accélération de la programmation budgétaire de la LPR est indispensable, c’est le contraire qui est programmé par le gouvernement pour la deuxième année consécutive. Ce budget devrait encore participer à l’érosion de l’emploi scientifique pérenne sur subvention d’État et donc à la chute d’attractivité du CNRS et à l’affaiblissement de notre établissement. »

« À la fin de l’année, il n’y aura plus de réserve »

« Cette année, pour la première fois, une partie des crédits de fonctionnement nous a été donnée avec l’argent des ressources propres, c’est-à-dire la réserve budgétaire », explique à l’AFP Vincent Artero, directeur du Laboratoire de Chimie et Biologie des Métaux : « On comprend qu’il n’y avait pas assez de subventions d’État pour nous donner ce qu’ils nous donnaient d’habitude. On prend sur nos réserves. Mais à la fin de l’année, il n’y aura plus de réserve. »

« Nous avons des remontées très inquiètes en particulier de nos collègues en sciences humaines et sociales », précise à l’AFP Fabrice Kordon, coprésident de l’Assemblée des directeurs de laboratoires.

« C’est l’histoire du fou qui cherche sa clé sous le réverbère »

Au point que quelques directeurs envisagent l’arrêt de certains projets à compter d’octobre. « Les recherches les plus impactées directement sont celles qui vont être les plus dépendantes des équipements », explique à l’AFP Matthieu Refregiers, au nom du Comité des directeurs de laboratoires CNRS d’Orléans.

« C’est l’histoire du fou qui cherche sa clé sous le réverbère. Quelqu’un passe et dit : Vous êtes sûr que vous l’avez perdue là ? Non, je l’ai perdue là-bas. Mais alors pourquoi vous cherchez ici ? Parce qu’ici, il y a de la lumière : ça, c’est la science selon nos politiques, trop sensibles aux effets de mode », ironise Fabrice Kordon.

Une situation qui, résume l’AFP, oblige les laboratoires à se concurrencer pour trouver des financements, les rapprochant du modèle anglo-saxon, et privilégiant les recherches qui sont dans l’actualité.

« Un même chercheur, deux fois plus de résultats, pour un coût perçu constant », résume une note interne consacrée à des travaux exploratoires sur l’optimisation des ressources humaines, qui précise que les implications éthiques seront examinées « dans un second temps, si nécessaire », relève la CFDT Recherche EPST.

Concrètement, les équipes de recherche vont en outre devoir rendre une partie de l’argent déjà versé pour leur année 2026, un revers « inédit », souligne Libé.

Nota bene relatif au sous-titre : l’esse est un crochet de boucherie en forme de S, destiné à suspendre les carcasses.

☕️ En Italie, une « fausse version » de WhatsApp contenait en fait un logiciel espion

2 avril 2026 à 13:00


WhatsApp explique à TechCrunch avoir informé « environ 200 utilisateurs » d’iPhone, principalement en Italie, qu’ils avaient été manipulés pour installer une « fausse version malveillante » de l’application de messagerie contenant en réalité un logiciel espion :

« Nous les avons déconnectés, les avons avertis des risques pour leur vie privée et leur sécurité liés au téléchargement de faux clients non officiels, et les avons encouragés à le désinstaller et à télécharger l’application officielle WhatsApp. »

TechCrunch illustre son article avec une « capture d’écran de la notification envoyée par WhatsApp aux utilisateurs pour les inviter à télécharger l’application officielle », mais sans expliquer comment WhatsApp aurait réussi, ni à identifier les utilisateurs de la « fausse version malveillante » de l’application, ni à communiquer avec eux via cette dernière.

Capture d’écran de la notification envoyée par WhatsApp – TechCrunch

WhatsApp accuse le fabricant italien de logiciels espions SIO, qui précise sur son site travailler « en partenariat avec les forces de l’ordre, les organismes gouvernementaux, la police et les services de renseignement », d’être derrière cette opération.

L’an passé, TechCrunch avait déjà révélé que SIO était à l’origine d’une série d’applications Android malveillantes contenant son logiciel espion Spyrtacus, notamment de fausses versions de WhatsApp ainsi que de faux outils d’assistance client destinés aux opérateurs de téléphonie mobile.

L’utilisation d’applications frauduleuses contre des personnes placées sous surveillance est une tactique couramment employée par les autorités italiennes, souligne TechCrunch. Pour ce faire, elles sollicitent souvent la collaboration des opérateurs de téléphonie mobile, afin qu’ils envoient à leurs clients des liens de phishing vers un logiciel espion des forces de l’ordre.

☕️ En Italie, une « fausse version » de WhatsApp contenait en fait un logiciel espion

2 avril 2026 à 13:00


WhatsApp explique à TechCrunch avoir informé « environ 200 utilisateurs » d’iPhone, principalement en Italie, qu’ils avaient été manipulés pour installer une « fausse version malveillante » de l’application de messagerie contenant en réalité un logiciel espion :

« Nous les avons déconnectés, les avons avertis des risques pour leur vie privée et leur sécurité liés au téléchargement de faux clients non officiels, et les avons encouragés à le désinstaller et à télécharger l’application officielle WhatsApp. »

TechCrunch illustre son article avec une « capture d’écran de la notification envoyée par WhatsApp aux utilisateurs pour les inviter à télécharger l’application officielle », mais sans expliquer comment WhatsApp aurait réussi, ni à identifier les utilisateurs de la « fausse version malveillante » de l’application, ni à communiquer avec eux via cette dernière.

Capture d’écran de la notification envoyée par WhatsApp – TechCrunch

WhatsApp accuse le fabricant italien de logiciels espions SIO, qui précise sur son site travailler « en partenariat avec les forces de l’ordre, les organismes gouvernementaux, la police et les services de renseignement », d’être derrière cette opération.

L’an passé, TechCrunch avait déjà révélé que SIO était à l’origine d’une série d’applications Android malveillantes contenant son logiciel espion Spyrtacus, notamment de fausses versions de WhatsApp ainsi que de faux outils d’assistance client destinés aux opérateurs de téléphonie mobile.

L’utilisation d’applications frauduleuses contre des personnes placées sous surveillance est une tactique couramment employée par les autorités italiennes, souligne TechCrunch. Pour ce faire, elles sollicitent souvent la collaboration des opérateurs de téléphonie mobile, afin qu’ils envoient à leurs clients des liens de phishing vers un logiciel espion des forces de l’ordre.

« Il est désormais interdit d’ouvrir ses fenêtres » : Reworld hallucine (encore) une infox

2 avril 2026 à 09:23
La Reworld Company des Guignols de l'info
« Il est désormais interdit d’ouvrir ses fenêtres » : Reworld hallucine (encore) une infox

Réagissant à l’arrivée du printemps, et donc au retour des pollens, un quarteron de sites d’infos « en tout ou partie générés par IA » du groupe Reworld Media ont relayé le fait qu’il serait « interdit » d’ouvrir ses fenêtres, pour se prémunir des allergies. Une information « hallucinée » par IA qui a depuis été reprise par des dizaines d’autres sites d’infos… eux aussi générés par IA.

Article mis à jour le 3 avril avec les précisions du rédacteur en chef de Presse-Citron

À en croire Maisons & Travaux, il est « désormais interdit d’ouvrir ses fenêtres entre 11 h et 16 h en mars », mais également « désormais interdit d’étendre son linge dehors entre 10 h et 15 h en mars ».

De façon très « putaclic », ces articles ne mentionnent la soi-disant « interdiction » que dans leurs seuls titres. Le premier se borne en effet à préciser que, « selon un article de La Chaîne Météo, ouvrir ses fenêtres pourrait devenir plus problématique qu’on ne le pense en cette saison, notamment pour une certaine partie de la population », sans pour autant mentionner le lien de l’article qu’il cite pourtant comme source.

Le second précise quant à lui qu’ « avec l’arrivée du printemps, les experts conseillent d’éviter de faire sécher son linge dehors aux heures les plus ensoleillées », sans que l’on comprenne donc pourquoi cela serait « interdit », comme l’indique le titre.

Là encore, l’article ne fournit pas le lien vers sa source, se contentant de la mention « selon un article du site Her ». Il pourrait s’agir d’une reprise « hallucinée » par IA générative (GenAI) d’un article paru deux jours plus tôt sur le site du magazine Elle (« Her », en anglais).

« Interdiction d’ouvrir ses fenêtres entre 11 et 16 h », confirme Melty, qui ne mentionne cela dit ni La Chaine Météo, ni Maison & Travaux, ni aucune autre source. « La Chaîne Météo alerte : il est interdit (et dangereux) d’ouvrir ses fenêtres entre 11 h et 16 h en mars, voici pourquoi », surenchérit Pleine Vie. Étrangement, ce dernier renvoie à l’article de Maisons & Travaux, et pas à celui de La Chaîne Météo qu’il mentionne pourtant dans ses titre et chapô, ainsi que dans l’introduction de son article.

Intitulé « Allergies aux pollens : à quel moment ouvrir ses fenêtres sans aggraver ses symptômes ? », l’article de La Chaîne Météo, publié le 7 mars, expliquait certes que « lorsque les pollens envahissent l’atmosphère, ouvrir ses fenêtres peut aussi faire entrer les allergènes dans la maison », mais sans bien évidemment mentionner quelque « interdiction » que ce soit, ni que cela serait « dangereux ».

Il précisait que le matin, la rosée plaque les grains de pollen au sol, alors qu’a contrario, « les concentrations les plus élevées sont souvent observées entre 11 h et 16 h », ce pourquoi « les allergiques ont donc intérêt à éviter d’aérer à ce moment de la journée, surtout par temps chaud et sec ». En fin d’après-midi, lorsque la température baisse après le coucher du soleil, des « douches de pollens » les font retomber au sol entre 18 et 22 h, « il est donc préférable d’attendre plus tard dans la soirée pour ouvrir vos fenêtres ».

Maisons & Travaux, Melty et Pleine Vie font partie de la quinzaine des 80 sites web du groupe Reworld Media (qui se présente comme « le 1er groupe média thématique français, le 3e groupe média sur le web en audience ») que nous avons identifiés comme étant « en tout ou partie générés par IA ».

À défaut de pouvoir, faute de temps, vérifier l’ensemble de ses 80 sites web, nous avions en effet découvert que plusieurs des sites de Reworld avaient publié plusieurs articles « hallucinant » (à tort) que des crèches acceptent des poupées « reborn » (hyperréalistes) au détriment de bébés humains, ou bien encore illustrés par de nombreuses images de bras cassés coupés, ce qu’aucun journaliste ou rédacteur humain ne saurait a priori publier ni valider.

Occasion de rappeler que Next a aussi développé et rendu publique une extension web (gratuite) pour les navigateurs basés sur Chrome et Firefox permettant à ses utilisateurs d’être alertés lorsqu’ils consultent un site d’infos « en tout ou partie générées par IA », et donc a priori « prompts » (!-) à relayer de telles « hallucinations » générées par IA.

« Pourquoi de plus en plus de mairies interdisent d’ouvrir les fenêtres »

L’article de Maisons & Travaux au sujet de cette soi-disant « interdiction » a depuis été repris par Biba et Presse-Citron. Si le premier appartient lui aussi au groupe Reworld, il ne fait pas partie de notre base de données de sites GenAI. Presse-Citron non plus, qui appartient quant à lui au groupe Keleops (01net, Journal du Geek, iPhon.fr).

À défaut de savoir s’ils avaient été « en tout ou partie générés par IA », les titres de ces deux articles ont depuis été (discrètement) modifiés de sorte d’en retirer le terme « interdit », indice laissant supposer que des êtres humains veillent potentiellement au grain, afin de corriger, a posteriori, ceux qui seraient fallacieux, voire mensongers.

Initialement intitulé « Pourquoi il est interdit d’ouvrir ses fenêtres entre 11 h et 16 h », l’article de Biba a en effet depuis remplacé « interdit » par « très déconseillé ». Celui de Presse-Citron, « Pourquoi il sera totalement interdit d’ouvrir ses fenêtres entre 11 h à 16 h en avril ? », a quant à lui depuis substitué « il sera totalement interdit » par « il faut absolument éviter ».

Contacté, Romain Vitt, rédacteur en chef de Presse-Citron, reconnaît « des incohérences dans l’article », mais qui relèvent d’« erreurs humaines, et qui ne sont pas liées à l’utilisation de l’intelligence artificielle » : « nous avons une politique stricte, on utilise des outils, développés en interne, qui en aucun cas ne permettent de rédiger des contenus à la place des humains », précise-t-il.

Letribunaldunet.fr, dont l’article, qui mentionne lui aussi La Chaîne Météo comme source, était initialement intitulé « Fenêtres interdites 11 h-16 h en mars : la raison choque » (comme le démontre le titre de l’archive consultable sur la Wayback Machine) l’a quant à lui depuis retitré « C’est officiel : aérer votre maison à ce moment précis en mars peut vous envoyer aux urgences ». Il n’en fait pas moins partie, lui aussi, des sites d’infos que nous avons identifiés comme étant « en tout ou partie générés par IA ».

Poussant le bouchon un cran plus loin, L’energeek (qui fait partie du groupe Economie Matin – lepoolpresse.fr, que nous avions épinglé dans une précédente enquête pour son recours massif à la GenAI : « Le directeur pédagogique d’une école de journalisme génère ses articles par IA), citant lui aussi l’article de Maisons & Travaux, va pour sa part jusqu’à titrer : « Pourquoi de plus en plus de mairies interdisent d’ouvrir les fenêtres entre 11 h et 16 h en mars : les allergologues confirment le danger ». Sans, bien évidemment, mentionner les mairies qui l’auraient interdit, non plus qu’aucun allergologue.

Des dizaines de sites d’info GenAI relaient l’info hallucinée de Maisons & Travaux


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☕️ L’UE interdit les contenus générés par IA dans ses communications officielles

2 avril 2026 à 07:54


Les principales institutions de l’Union européenne ont interdit à leur personnel d’utiliser dans leurs communications officielles des vidéos et images générées par intelligence artificielle, révèle Politico.

Alors que le recours aux deepfakes en particulier et à l’intelligence artificielle en général fait l’objet d’une attention croissante, la Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil de l’UE ont en effet déclaré à Politico avoir mis en place des politiques interdisant à leurs équipes de presse d’utiliser des visuels entièrement générés par l’IA.

Une interdiction qui contraste fortement avec l’approche adoptée à Washington, où le président américain Donald Trump a fréquemment recours à du contenu généré par l’IA pour faire passer ses messages afin d’attirer l’attention, et faire parler de lui.

Le Poynter Institut, une ONG spécialisée dans la vérification des faits, avait calculé en octobre dernier que Donald Trump avait eu recours à l’intelligence artificielle dans 36 publications sur son compte Truth Social depuis son investiture. Parmi celles-ci figuraient une image le représentant en pape et une vidéo dans laquelle on le voyait jeter des excréments sur des manifestants.

Le compte Truth Social du président Donald Trump utilise principalement l’intelligence artificielle pour diffuser des images sensationnalistes le présentant comme un personnage divin, puissant ou intransigeant. (Captures d’écran faites par Poynter sur Truth Social)

Thomas Regnier, porte-parole de la Commission européenne, explique à Politico que la Commission avait pour objectif de « renforcer la confiance des citoyens » et que, pour cette raison, « l’authenticité » était une priorité dans ses communications.

Il précise cela dit que la Commission autorisait le recours à l’intelligence artificielle pour optimiser les séquences vidéo, par exemple afin d’améliorer la qualité de l’image.

Le Parlement européen a publié des lignes directrices à l’intention de son personnel concernant l’utilisation des outils d’IA générative, qui « insistent sur la nécessité de faire preuve de vigilance face aux risques inhérents », souligne le porte-parole.

Alexandre Archambault relève de son côté que ces déclarations interviennent alors que le compte X de la Commission européenne avait illustré dimanche dernier le lancement d’un programme censé accélérer l’innovation disruptive de la défense européenne avec une image générée par IA montrant un avion de chasse Soukhoï Su-27 russe. Un tweet qui a depuis été supprimé, comme l’avaient remarqué le journaliste Vincent Lamingeon et l’avocat @Collabblues.

☕️ L’UE interdit les contenus générés par IA dans ses communications officielles

2 avril 2026 à 07:54


Les principales institutions de l’Union européenne ont interdit à leur personnel d’utiliser dans leurs communications officielles des vidéos et images générées par intelligence artificielle, révèle Politico.

Alors que le recours aux deepfakes en particulier et à l’intelligence artificielle en général fait l’objet d’une attention croissante, la Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil de l’UE ont en effet déclaré à Politico avoir mis en place des politiques interdisant à leurs équipes de presse d’utiliser des visuels entièrement générés par l’IA.

Une interdiction qui contraste fortement avec l’approche adoptée à Washington, où le président américain Donald Trump a fréquemment recours à du contenu généré par l’IA pour faire passer ses messages afin d’attirer l’attention, et faire parler de lui.

Le Poynter Institut, une ONG spécialisée dans la vérification des faits, avait calculé en octobre dernier que Donald Trump avait eu recours à l’intelligence artificielle dans 36 publications sur son compte Truth Social depuis son investiture. Parmi celles-ci figuraient une image le représentant en pape et une vidéo dans laquelle on le voyait jeter des excréments sur des manifestants.

Le compte Truth Social du président Donald Trump utilise principalement l’intelligence artificielle pour diffuser des images sensationnalistes le présentant comme un personnage divin, puissant ou intransigeant. (Captures d’écran faites par Poynter sur Truth Social)

Thomas Regnier, porte-parole de la Commission européenne, explique à Politico que la Commission avait pour objectif de « renforcer la confiance des citoyens » et que, pour cette raison, « l’authenticité » était une priorité dans ses communications.

Il précise cela dit que la Commission autorisait le recours à l’intelligence artificielle pour optimiser les séquences vidéo, par exemple afin d’améliorer la qualité de l’image.

Le Parlement européen a publié des lignes directrices à l’intention de son personnel concernant l’utilisation des outils d’IA générative, qui « insistent sur la nécessité de faire preuve de vigilance face aux risques inhérents », souligne le porte-parole.

Alexandre Archambault relève de son côté que ces déclarations interviennent alors que le compte X de la Commission européenne avait illustré dimanche dernier le lancement d’un programme censé accélérer l’innovation disruptive de la défense européenne avec une image générée par IA montrant un avion de chasse Soukhoï Su-27 russe. Un tweet qui a depuis été supprimé, comme l’avaient remarqué le journaliste Vincent Lamingeon et l’avocat @Collabblues.

☕️ NIS2 : vie privée ou sécurité nationale, le « choix entre plusieurs mauvaises solutions »

1 avril 2026 à 06:16


Interviewé par Libé à l’occasion de l’ouverture du forum INCyber, Vincent Strubel, patron de l’ANSSI, rappelle que, en 2025, « sur les 460 vols de données présumés traités par l’agence, 58 % relevaient du bluff », ce pourquoi « il faut relativiser les éléments de langage des attaquants » lorsqu’ils annoncent de nouvelles violations de données sur les forums spécialisés type breachforums, comme il l’avait déjà expliqué lors de l’état des lieux de la cybermenace 2025.

Il ne s’agit pas de considérer les « influenceurs cyber » comme des « adversaires », tempère Vincent Strubel, qui souligne cela dit que « ces sujets réclament de la pédagogie, de la sensibilisation », plus que des cris d’orfraie :

« Mais la reprise sans distance des éléments de langage des attaquants a des effets négatifs très concrets, qu’on a pu observer tout au long de l’année dernière : enquêter dans l’urgence sur des incidents qui n’existent pas consomme du temps et des ressources, avec un vrai risque d’épuisement des équipes de cybersécurité. »

Dans un article consacré aux « excès d’alerte des influenceurs cyber sur les fuites de données », Le Monde soulignait lui aussi récemment que « leur frénésie pose problème à ces derniers », tout en faisant surtout la publicité des attaquants :

« Il y a une différence entre alerter d’une menace et donner des leçons, voire taper sur les victimes. Les pompiers, quand ils éteignent un feu, ils ne se prennent pas en selfie. »

NIS2 : le législateur devra choisir entre plusieurs mauvaises solutions

Interrogé sur le fait que le projet de loi de transposition de trois directives européennes, dont NIS 2 n’est toujours pas programmé en séance à l’Assemblée, au motif que la DGSI s’opposerait à un amendement sanctuarisant le chiffrement de bout en bout, Vincent Strubel précise à Libé que « ce n’est pas un débat dans lequel certains auraient raison et d’autres tort » :

« On est face à deux impératifs de même valeur : celui de la protection de la vie privée et de la sécurité nationale, par la protection des communications que permet le chiffrement, et celui de la capacité des services enquêteurs à faire leur travail. Il faut concilier ces deux enjeux. Or s’il y avait une solution magique qui permette de les préserver ensemble sans impact sur l’un ou sur l’autre, elle aurait déjà été trouvée… In fine, cela relèvera d’une décision politique du législateur, qui sera un choix entre plusieurs mauvaises solutions. »

Dans les faits, le programme législatif transmis par le gouvernement « prévoit désormais un examen du texte en juillet 2026, et ce sous réserve de la convocation d’une session extraordinaire. Un tel calendrier reporte de plusieurs mois encore l’adoption de ce texte, si toutefois il est examiné avant l’été 2026 », expliquait récemment la CSNP, qui râlait sur les délais à rallonge.

☕️ NIS2 : vie privée ou sécurité nationale, le « choix entre plusieurs mauvaises solutions »

1 avril 2026 à 06:16


Interviewé par Libé à l’occasion de l’ouverture du forum INCyber, Vincent Strubel, patron de l’ANSSI, rappelle que, en 2025, « sur les 460 vols de données présumés traités par l’agence, 58 % relevaient du bluff », ce pourquoi « il faut relativiser les éléments de langage des attaquants » lorsqu’ils annoncent de nouvelles violations de données sur les forums spécialisés type breachforums, comme il l’avait déjà expliqué lors de l’état des lieux de la cybermenace 2025.

Il ne s’agit pas de considérer les « influenceurs cyber » comme des « adversaires », tempère Vincent Strubel, qui souligne cela dit que « ces sujets réclament de la pédagogie, de la sensibilisation », plus que des cris d’orfraie :

« Mais la reprise sans distance des éléments de langage des attaquants a des effets négatifs très concrets, qu’on a pu observer tout au long de l’année dernière : enquêter dans l’urgence sur des incidents qui n’existent pas consomme du temps et des ressources, avec un vrai risque d’épuisement des équipes de cybersécurité. »

Dans un article consacré aux « excès d’alerte des influenceurs cyber sur les fuites de données », Le Monde soulignait lui aussi récemment que « leur frénésie pose problème à ces derniers », tout en faisant surtout la publicité des attaquants :

« Il y a une différence entre alerter d’une menace et donner des leçons, voire taper sur les victimes. Les pompiers, quand ils éteignent un feu, ils ne se prennent pas en selfie. »

NIS2 : le législateur devra choisir entre plusieurs mauvaises solutions

Interrogé sur le fait que le projet de loi de transposition de trois directives européennes, dont NIS 2 n’est toujours pas programmé en séance à l’Assemblée, au motif que la DGSI s’opposerait à un amendement sanctuarisant le chiffrement de bout en bout, Vincent Strubel précise à Libé que « ce n’est pas un débat dans lequel certains auraient raison et d’autres tort » :

« On est face à deux impératifs de même valeur : celui de la protection de la vie privée et de la sécurité nationale, par la protection des communications que permet le chiffrement, et celui de la capacité des services enquêteurs à faire leur travail. Il faut concilier ces deux enjeux. Or s’il y avait une solution magique qui permette de les préserver ensemble sans impact sur l’un ou sur l’autre, elle aurait déjà été trouvée… In fine, cela relèvera d’une décision politique du législateur, qui sera un choix entre plusieurs mauvaises solutions. »

Dans les faits, le programme législatif transmis par le gouvernement « prévoit désormais un examen du texte en juillet 2026, et ce sous réserve de la convocation d’une session extraordinaire. Un tel calendrier reporte de plusieurs mois encore l’adoption de ce texte, si toutefois il est examiné avant l’été 2026 », expliquait récemment la CSNP, qui râlait sur les délais à rallonge.

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