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Al Jazeera touchée par un nouveau type d’attaques zéro-clic utilisant les pubs ciblées

15 octobre 2026 à 15:38
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Al Jazeera touchée par un nouveau type d’attaques zéro-clic utilisant les pubs ciblées

Une attaque zéro-clic installant un logiciel espion via des publicités ciblées a infecté des appareils du média Al Jazeera avec un logiciel espion. Cette attaque zéro clic a été distribuée par l’entreprise de marketing israélienne Discover-Tech.

Les chercheurs du Citizen Lab de l’université de Toronto et l’entreprise de cybersécurité Confiant ont annoncé ce jeudi 15 octobre la découverte d’un nouveau type d’attaques zéro-clic. L’entreprise israélienne Discover-Tech a utilisé des publicités ciblées pour infecter des appareils appartenant à des journalistes et des équipes du média Al Jazeera avec un logiciel espion attribué à la société Candiru, elle aussi israélienne et concurrente de NSO.

La « pubfection », infection via la publicité en ligne

Selon les découvreurs, c’est la « première confirmation technique publique d’une attaque par logiciel espion de type « zéro-clic » perpétrée par des mercenaires via la publicité ciblée ». Créant un mot-valise à partir d’« advertising » et d’« infection », ils ont appelé ce genre d’attaque « adfection », ce qu’on pourrait traduire par « pubfection ».

Discover-Tech profite de tout l’écosystème mis en place pour afficher de la publicité sur le web et les applications, utilisé aussi bien par les publicitaires que par les éditeurs. Cet écosystème s’appuie notamment sur des outils de gestion d’enchères en temps réel mis en place par des géants du numérique comme Google ou Yandex, par exemple.

Discover-Tech a réussi à intégrer la liste des vendeurs de publicités « certifiés » et « approuvés » par Google, mais aussi celle de l’IAB Europe (Association européenne dédiée à l’écosystème du marketing et de la publicité numériques). Elle a ainsi pu distribuer des publicités via la plateforme du géant américain mais aussi être intégrée à des bandeaux de consentement RGPD et ainsi récupérer des données si l’internaute cliquait sur « accepter ». Elle avait aussi accès aux outils d’autres entreprises de l’écosystème de publicité en ligne comme Yandex, Vungle, Beeswax (filiale de Comcast) ou encore Eskimi.

Informés par les chercheurs, Google, l’IAB Europe, Beeswax, Vungle et Eskimi ont débranché les accès à leurs outils. Mais les autres entreprises de cet écosystème contactées ne leur ont pas répondu.

Un code JavaScript malveillant si l’utilisateur est reconnu comme une cible

Cet écosystème ne permet pas seulement de créer des profils très ciblés des utilisateurs d’Internet mais aussi d’accompagner les publicités d’un code JavaScript. Si l’utilisateur qui reçoit la publicité est reconnu comme quelqu’un à attaquer, la publicité est donc accompagnée d’un code malveillant qui permet de passer la main à Candiru pour mettre en place son logiciel espion.

Selon le Citizen Lab qui a pu analyser l’attaque en examinant les appareils infectés d’Al Jazeera, ces derniers « établissent d’abord un contact avec des domaines de l’infrastructure Discover-Tech, ce qui indique l’affichage d’une publicité. Ensuite, les appareils établissent des connexions avec un serveur de validation Candiru. Ce serveur de validation effectue une vérification initiale de l’appareil avant que celui-ci ne fasse l’objet d’un profilage plus approfondi et ne soit infecté. Enfin, un appareil infecté communique avec un serveur de commande et de contrôle (C&C) Candiru ».

Au total, entre 2024 et 2025, 45 appareils du média qatari ont été touchés par cette attaque, expliquent les chercheurs. Selon le décompte de Citizen Lab, entre mars et juin 2026 , Discover-Tech a pu distribuer des publicités contenant des balises de script malveillantes auprès des utilisateurs de 75 373 applications Android et iOS différentes, ainsi qu’aux visiteurs de 120 768 sites web différents (via navigateurs desktop ou mobile).

Android plus touché qu’iOS

Pour Android, les chercheurs citent, entre autres, les applications MX Player, Yahoo Mail, Opera Mini, Duolingo ou encore Badoo ou Grindr, certaines ayant affiché plus d’1 million de publicités de Discover-Tech. Si l’écosystème iOS semble touché de la même façon concernant le nombre d’applications concernées, Citizen Lab explique que les apps tournant sur iPhone semblent avoir affiché moins de publicité de Discover-Tech (par exemple la version Android de Viber en a diffusé 700 000 alors que la version iOS n’en a diffusé « que » 200 000).

Mais ce ne sont pas seulement les cibles qui sont concernées par le problème. Comme l’explique le Citizen Lab, Discover-Tech profite de ses publicités pour faire comme tous les brokers de pubs : exploiter les utilisateurs.

Pendant cette même période, les outils de Discover-Tech ont « enchéri sur 3 770 286 576 impressions [de publicité] et semblent avoir remporté 441 954 291 d’entre elles (11,7 %) ».

Si les chercheurs n’ont pas observé de tentative d’attaques contre ces appareils, ils expliquent que leurs données indiquent que les pubs de Discover-Tech ont été diffusées sur des appareils connectés à des réseaux sensibles comme celui de l’OTAN, de divers ministères de la Défense, d’armées, d’agences de cybersécurité et de médias.

« Une impression publicitaire de Discover-Tech ne confirme pas en soi un ciblage ou une infection par un logiciel espion », explique Citizen Lab. « Toutefois, le fait que Discover-Tech ait pu enchérir et diffuser des publicités sur ces réseaux met en évidence le risque systémique que représentent la pubfection et l’écosystème publicitaire, et justifie une enquête urgente visant à déterminer si des utilisateurs de ces réseaux ont été infectés par un logiciel espion », ajoutent les chercheurs.

Sur les réseaux sociaux, le chercheur du Citizen Lab, John Scott-Railton, donne un conseil : « pour vous protéger, bloquez les publicités dès maintenant ».

Al Jazeera touchée par un nouveau type d’attaques zéro-clic utilisant les pubs ciblées

15 octobre 2026 à 15:38
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Al Jazeera touchée par un nouveau type d’attaques zéro-clic utilisant les pubs ciblées

Une attaque zéro-clic installant un logiciel espion via des publicités ciblées a infecté des appareils du média Al Jazeera avec un logiciel espion. Cette attaque zéro clic a été distribuée par l’entreprise de marketing israélienne Discover-Tech.

Les chercheurs du Citizen Lab de l’université de Toronto et l’entreprise de cybersécurité Confiant ont annoncé ce jeudi 15 octobre la découverte d’un nouveau type d’attaques zéro-clic. L’entreprise israélienne Discover-Tech a utilisé des publicités ciblées pour infecter des appareils appartenant à des journalistes et des équipes du média Al Jazeera avec un logiciel espion attribué à la société Candiru, elle aussi israélienne et concurrente de NSO.

La « pubfection », infection via la publicité en ligne

Selon les découvreurs, c’est la « première confirmation technique publique d’une attaque par logiciel espion de type « zéro-clic » perpétrée par des mercenaires via la publicité ciblée ». Créant un mot-valise à partir d’« advertising » et d’« infection », ils ont appelé ce genre d’attaque « adfection », ce qu’on pourrait traduire par « pubfection ».

Discover-Tech profite de tout l’écosystème mis en place pour afficher de la publicité sur le web et les applications, utilisé aussi bien par les publicitaires que par les éditeurs. Cet écosystème s’appuie notamment sur des outils de gestion d’enchères en temps réel mis en place par des géants du numérique comme Google ou Yandex, par exemple.

Discover-Tech a réussi à intégrer la liste des vendeurs de publicités « certifiés » et « approuvés » par Google, mais aussi celle de l’IAB Europe (Association européenne dédiée à l’écosystème du marketing et de la publicité numériques). Elle a ainsi pu distribuer des publicités via la plateforme du géant américain mais aussi être intégrée à des bandeaux de consentement RGPD et ainsi récupérer des données si l’internaute cliquait sur « accepter ». Elle avait aussi accès aux outils d’autres entreprises de l’écosystème de publicité en ligne comme Yandex, Vungle, Beeswax (filiale de Comcast) ou encore Eskimi.

Informés par les chercheurs, Google, l’IAB Europe, Beeswax, Vungle et Eskimi ont débranché les accès à leurs outils. Mais les autres entreprises de cet écosystème contactées ne leur ont pas répondu.

Un code JavaScript malveillant si l’utilisateur est reconnu comme une cible

Cet écosystème ne permet pas seulement de créer des profils très ciblés des utilisateurs d’Internet mais aussi d’accompagner les publicités d’un code JavaScript. Si l’utilisateur qui reçoit la publicité est reconnu comme quelqu’un à attaquer, la publicité est donc accompagnée d’un code malveillant qui permet de passer la main à Candiru pour mettre en place son logiciel espion.

Selon le Citizen Lab qui a pu analyser l’attaque en examinant les appareils infectés d’Al Jazeera, ces derniers « établissent d’abord un contact avec des domaines de l’infrastructure Discover-Tech, ce qui indique l’affichage d’une publicité. Ensuite, les appareils établissent des connexions avec un serveur de validation Candiru. Ce serveur de validation effectue une vérification initiale de l’appareil avant que celui-ci ne fasse l’objet d’un profilage plus approfondi et ne soit infecté. Enfin, un appareil infecté communique avec un serveur de commande et de contrôle (C&C) Candiru ».

Au total, entre 2024 et 2025, 45 appareils du média qatari ont été touchés par cette attaque, expliquent les chercheurs. Selon le décompte de Citizen Lab, entre mars et juin 2026 , Discover-Tech a pu distribuer des publicités contenant des balises de script malveillantes auprès des utilisateurs de 75 373 applications Android et iOS différentes, ainsi qu’aux visiteurs de 120 768 sites web différents (via navigateurs desktop ou mobile).

Android plus touché qu’iOS

Pour Android, les chercheurs citent, entre autres, les applications MX Player, Yahoo Mail, Opera Mini, Duolingo ou encore Badoo ou Grindr, certaines ayant affiché plus d’1 million de publicités de Discover-Tech. Si l’écosystème iOS semble touché de la même façon concernant le nombre d’applications concernées, Citizen Lab explique que les apps tournant sur iPhone semblent avoir affiché moins de publicité de Discover-Tech (par exemple la version Android de Viber en a diffusé 700 000 alors que la version iOS n’en a diffusé « que » 200 000).

Mais ce ne sont pas seulement les cibles qui sont concernées par le problème. Comme l’explique le Citizen Lab, Discover-Tech profite de ses publicités pour faire comme tous les brokers de pubs : exploiter les utilisateurs.

Pendant cette même période, les outils de Discover-Tech ont « enchéri sur 3 770 286 576 impressions [de publicité] et semblent avoir remporté 441 954 291 d’entre elles (11,7 %) ».

Si les chercheurs n’ont pas observé de tentative d’attaques contre ces appareils, ils expliquent que leurs données indiquent que les pubs de Discover-Tech ont été diffusées sur des appareils connectés à des réseaux sensibles comme celui de l’OTAN, de divers ministères de la Défense, d’armées, d’agences de cybersécurité et de médias.

« Une impression publicitaire de Discover-Tech ne confirme pas en soi un ciblage ou une infection par un logiciel espion », explique Citizen Lab. « Toutefois, le fait que Discover-Tech ait pu enchérir et diffuser des publicités sur ces réseaux met en évidence le risque systémique que représentent la pubfection et l’écosystème publicitaire, et justifie une enquête urgente visant à déterminer si des utilisateurs de ces réseaux ont été infectés par un logiciel espion », ajoutent les chercheurs.

Sur les réseaux sociaux, le chercheur du Citizen Lab, John Scott-Railton, donne un conseil : « pour vous protéger, bloquez les publicités dès maintenant ».

Meta accusée de détourner des milliards de crédits d’impôts R&D pour ses datacenters IA

15 octobre 2026 à 09:53
6,6 milliards de crédits d'impôt pour faire musemuse ?
Meta accusée de détourner des milliards de crédits d’impôts R&D pour ses datacenters IA

Après une enquête du New York Times, des sénateurs états-uniens questionnent Mark Zuckerberg sur l’utilisation de 6,6 milliards de dollars de crédits d’impôt normalement destinés à la recherche pour équiper des datacenters IA.

Aux États-Unis, sept sénateurs et sénatrices démocrates ont envoyé une lettre à Mark Zuckerberg le questionnant sur un énorme potentiel détournement des crédits d’impôt fédéraux qui s’élèverait à 6,6 milliards de dollars entre 2023 et 2025.

S’appuyant sur un article du New York Times paru fin septembre, la sénatrice Elizabeth Warren et ses collègues écrivent [PDF] à Mark Zuckerberg que, « selon des informations rendues publiques, Meta aurait déclaré à l’Internal Revenue Service [IRS, agence américaine de collecte des impôts] dans ses déclarations fiscales fédérales que les datacenters dédiés à l’intelligence artificielle de l’entreprise constituaient des « modèles pilotes » expérimentaux pouvant bénéficier du crédit d’impôt pour la recherche ».

L’enquête du New York Times expliquait : « Voici comment procède Meta : à des fins fiscales, l’entreprise classe ses gigantesques datacenters, dont la valeur s’élève à plusieurs milliards de dollars, comme des « modèles pilotes » ».

Comme la France avec son Crédit impôt recherche (CIR), les États-Unis ont un mécanisme, mis en place dans les années 80, qui permet aux entreprises de bénéficier de crédits d’impôt sur leurs activités de recherche et d’expérimentation. Avec ce dispositif, elles peuvent aussi bénéficier d’un remboursement sur leurs achats de matériel, à condition qu’il soit utilisé dans un cadre expérimental et non dans les activités commerciales. Le New York Times affirme que Meta fait passer ses achats de puces utilisées en intelligence artificielle (notamment celles de Nvidia) via ce dispositif d’allègement fiscal. L’entreprise aurait ainsi fait baisser ses impôts de 3,9 milliards de dollars rien que pour l’année 2025. Cet abattement aurait été de 700 millions de dollars en 2023 et de 2 milliards en 2024.

Un risque assumé et provisionné par Meta devant les investisseurs

Le journal américain explique que l’entreprise a utilisé cette « astuce comptable » tout en reconnaissant dans une déclaration financière d’ « avantages fiscaux non comptabilisés » (UTB, pour unrecognized tax benefits en anglais) le risque que l’agence américaine la conteste.

Une étude récente montre que les déclarations UTB sont aussi valorisées positivement par les marchés quand elles sont utilisées dans les entreprises dirigées par des patrons jugés « hautement compétents, capables de minimiser les risques fiscaux tout en réduisant les paiements d’impôts ». Ainsi, ces dirigeants peuvent leur montrer quels risques ils prennent en utilisant les différentes niches fiscales existantes. Selon le New York Times, le montant provisionné que déclare Meta concernant ces risques a augmenté de 45 %, passant de 12,9 milliards de dollars en 2024 à 18,74 milliards en 2026. L’entreprise explique dans son rapport financier annuel, toujours selon nos confrères, que « les incertitudes liées à [ses] crédits d’impôt pour la recherche » sont le premier facteur de risque.

La subvention des datacenters IA de Meta est « loin de répondre aux exigences » de cette niche fiscale

Tout en prenant leurs précautions, en affirmant qu’ils ignorent « encore exactement comment Meta a pu réduire son assujettissement à l’impôt fédéral de plus de 6,6 milliards de dollars au cours des trois dernières années grâce aux crédits d’impôt fédéraux pour la recherche », le groupe de sénateurs rappelle à Mark Zuckerberg que les crédits d’impôt pour la recherche ne « sont pas destinés aux opérations commerciales courantes ni aux technologies disponibles dans le commerce et déjà utilisées ».

L’entreprise utiliserait cette niche fiscale pour ses datacenters dont elle a besoin pour l’IA générative et non pour les datacenters classiques, selon deux sources du New York Times. L’argument de Meta est que l’entreprise serait encore en phase de test concernant leur infrastructure. Ainsi, l’entreprise pense pouvoir passer différentes configurations physiques pour ses baies de serveurs, en incluant l’achat du matériel, dont les puces, pour de la R&D qui entre dans le dispositif de la niche fiscale. Mais l’IRS a déjà rejeté [PDF] des demandes similaires pour « des équipements et des technologies éprouvés et disponibles dans le commerce ».

« Le crédit d’impôt fédéral pour la recherche peut constituer un outil utile et indispensable pour soutenir l’économie de l’innovation et la recherche de pointe de notre pays. Subventionner la construction de votre datacenter dédié à l’intelligence artificielle est loin de répondre à cette exigence », affirment de leur côté les sénateurs.

Meta accusée de détourner des milliards de crédits d’impôts R&D pour ses datacenters IA

15 octobre 2026 à 09:53
6,6 milliards de crédits d'impôt pour faire musemuse ?
Meta accusée de détourner des milliards de crédits d’impôts R&D pour ses datacenters IA

Après une enquête du New York Times, des sénateurs états-uniens questionnent Mark Zuckerberg sur l’utilisation de 6,6 milliards de dollars de crédits d’impôt normalement destinés à la recherche pour équiper des datacenters IA.

Aux États-Unis, sept sénateurs et sénatrices démocrates ont envoyé une lettre à Mark Zuckerberg le questionnant sur un énorme potentiel détournement des crédits d’impôt fédéraux qui s’élèverait à 6,6 milliards de dollars entre 2023 et 2025.

S’appuyant sur un article du New York Times paru fin septembre, la sénatrice Elizabeth Warren et ses collègues écrivent [PDF] à Mark Zuckerberg que, « selon des informations rendues publiques, Meta aurait déclaré à l’Internal Revenue Service [IRS, agence américaine de collecte des impôts] dans ses déclarations fiscales fédérales que les datacenters dédiés à l’intelligence artificielle de l’entreprise constituaient des « modèles pilotes » expérimentaux pouvant bénéficier du crédit d’impôt pour la recherche ».

L’enquête du New York Times expliquait : « Voici comment procède Meta : à des fins fiscales, l’entreprise classe ses gigantesques datacenters, dont la valeur s’élève à plusieurs milliards de dollars, comme des « modèles pilotes » ».

Comme la France avec son Crédit impôt recherche (CIR), les États-Unis ont un mécanisme, mis en place dans les années 80, qui permet aux entreprises de bénéficier de crédits d’impôt sur leurs activités de recherche et d’expérimentation. Avec ce dispositif, elles peuvent aussi bénéficier d’un remboursement sur leurs achats de matériel, à condition qu’il soit utilisé dans un cadre expérimental et non dans les activités commerciales. Le New York Times affirme que Meta fait passer ses achats de puces utilisées en intelligence artificielle (notamment celles de Nvidia) via ce dispositif d’allègement fiscal. L’entreprise aurait ainsi fait baisser ses impôts de 3,9 milliards de dollars rien que pour l’année 2025. Cet abattement aurait été de 700 millions de dollars en 2023 et de 2 milliards en 2024.

Un risque assumé et provisionné par Meta devant les investisseurs

Le journal américain explique que l’entreprise a utilisé cette « astuce comptable » tout en reconnaissant dans une déclaration financière d’ « avantages fiscaux non comptabilisés » (UTB, pour unrecognized tax benefits en anglais) le risque que l’agence américaine la conteste.

Une étude récente montre que les déclarations UTB sont aussi valorisées positivement par les marchés quand elles sont utilisées dans les entreprises dirigées par des patrons jugés « hautement compétents, capables de minimiser les risques fiscaux tout en réduisant les paiements d’impôts ». Ainsi, ces dirigeants peuvent leur montrer quels risques ils prennent en utilisant les différentes niches fiscales existantes. Selon le New York Times, le montant provisionné que déclare Meta concernant ces risques a augmenté de 45 %, passant de 12,9 milliards de dollars en 2024 à 18,74 milliards en 2026. L’entreprise explique dans son rapport financier annuel, toujours selon nos confrères, que « les incertitudes liées à [ses] crédits d’impôt pour la recherche » sont le premier facteur de risque.

La subvention des datacenters IA de Meta est « loin de répondre aux exigences » de cette niche fiscale

Tout en prenant leurs précautions, en affirmant qu’ils ignorent « encore exactement comment Meta a pu réduire son assujettissement à l’impôt fédéral de plus de 6,6 milliards de dollars au cours des trois dernières années grâce aux crédits d’impôt fédéraux pour la recherche », le groupe de sénateurs rappelle à Mark Zuckerberg que les crédits d’impôt pour la recherche ne « sont pas destinés aux opérations commerciales courantes ni aux technologies disponibles dans le commerce et déjà utilisées ».

L’entreprise utiliserait cette niche fiscale pour ses datacenters dont elle a besoin pour l’IA générative et non pour les datacenters classiques, selon deux sources du New York Times. L’argument de Meta est que l’entreprise serait encore en phase de test concernant leur infrastructure. Ainsi, l’entreprise pense pouvoir passer différentes configurations physiques pour ses baies de serveurs, en incluant l’achat du matériel, dont les puces, pour de la R&D qui entre dans le dispositif de la niche fiscale. Mais l’IRS a déjà rejeté [PDF] des demandes similaires pour « des équipements et des technologies éprouvés et disponibles dans le commerce ».

« Le crédit d’impôt fédéral pour la recherche peut constituer un outil utile et indispensable pour soutenir l’économie de l’innovation et la recherche de pointe de notre pays. Subventionner la construction de votre datacenter dédié à l’intelligence artificielle est loin de répondre à cette exigence », affirment de leur côté les sénateurs.

L’Europe lance des enquêtes sur les piratages par agents IA et met en avant l’AI Act

15 octobre 2026 à 08:29
Réguler, c'est pas si mal ?
L’Europe lance des enquêtes sur les piratages par agents IA et met en avant l’AI Act

Alors qu’OpenAI a récemment laissé des agents IA attaquer deux sites gouvernementaux australiens et que les autres entreprises d’IA génératives ont suivi en faisant le même genre de revendication, la Commission européenne a lancé des enquêtes ciblant OpenAI et Anthropic. Elle en profite pour mettre en avant les vertus de l’AI Act mais se demande encore comment enquêter sur ce genre d’événement.

Depuis l’été, les entreprises d’IA générative se vantent régulièrement d’attaques par leurs propres agents IA contre des sites web, attaques dont elles n’auraient pas la maîtrise. Ainsi, OpenAI annonçait que certains de ses agents avaient tenté, en vain, d’exploiter des failles de sécurité et de pirater des sites web (dont deux sites de statistiques du ministère de la Santé australien). « Des dizaines de milliers d’incidents au cours desquels leurs modèles de pointe ont pris des mesures que des évaluateurs externes jugeraient problématiques », affirmait même l’entreprise fin septembre.

« Notre réglementation est parfaitement adaptée pour faire face à ces évolutions »

La Commission européenne en profite pour mettre en avant le texte de l’AI Act qui doit encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle en Europe. Henna Virkkunen, la vice-présidente de la Commission, a pris la parole lors de l’International AI Summit qui se déroule ce 14 octobre à Dublin dans le cadre de la présidence irlandaise du Conseil de l’Union européenne 2026.

Elle y a rappelé que, depuis le 2 août, une révision ciblée de la réglementation européenne sur l’intelligence artificielle est en application. Ajoutons quand même que, dans le même temps, certaines mesures ont été repoussées à des dates ultérieures.

Henna Virkkunen note quand même « qu’il n’existait pas d’agents d’IA modernes au moment de l’adoption de la loi sur l’IA ». « Pourtant, notre réglementation est parfaitement adaptée pour faire face à ces évolutions », ajoute-t-elle.

Et d’insister sur ce qui est déjà en place et qui peut servir alors que les agents IA sont lancés dans la nature : « en particulier, le Code de bonnes pratiques de l’UE sur l’IA à usage général – que la plupart des fournisseurs d’IA ont déjà signé – définit les mesures que ces derniers doivent mettre en place pour se conformer aux obligations prévues par la loi sur l’IA. Ces mesures comprennent, par exemple, le recours à des évaluateurs externes ».

Des enquêtes concernant Anthropic et OpenAI

« Notre Bureau de l’IA a commencé à faire appliquer ces règles et a adressé des demandes d’informations portant sur des questions telles que la sécurité, l’évaluation externe et le suivi de l’utilisation des modèles », explique Henna Virkkunen. « Par ailleurs, vendredi dernier, j’ai convoqué une réunion avec le comité scientifique créé en vertu de l’AI Act afin de solliciter son avis et son aide sur la manière d’enquêter sur les incidents récents ».

Selon nos confrères d’Euronews, les enquêtes de la Commission portent notamment sur l’attaque d’un agent d’OpenAI contre Hugging Face et celles des agents d’Anthropic. Le bureau de l’IA créé par l’AI Act a envoyé des demandes d’information complémentaires aux deux entreprises après avoir estimé l’insuffisance des documents qu’elles lui avaient envoyés spontanément, toujours selon Euronews.

Des doutes sur l’application aux cas de R&D

Ces enquêtes pourraient devenir un premier test pour l’AI Act. En effet, si le texte s’applique aux services d’IA commercialisés ou au moins disponibles publiquement, les deux entreprises affirment que les attaques ont été perpétrées avec des outils internes encore en développement. La loi européenne comporte des exemptions concernant la R&D dont l’application ne sera pas simple : « l’AI Act part du principe qu’il existe une distinction nette entre la recherche et la commercialisation, mais en réalité, la recherche moderne s’inscrit souvent dans un continuum plutôt que dans une opposition binaire », expliquaient en début d’année des chercheurs dans la revue scientifique npj Digital Medicine.

Sous couvert d’anonymat, un responsable de la Commission a confié à Euronews : « Nous n’appliquerons pas la loi [sur les outils d’IA] en phase de test. Mais si le modèle d’IA sort de l’environnement de test et qu’il a ensuite un impact sur le marché de l’UE, comme cela a été le cas pour Hugging Face, alors la loi sur l’IA deviendra applicable ».

Officiellement, Henna Virkkunen assure que « la Commission s’est exprimée haut et fort : l’IA doit rester sous la direction, la supervision et le contrôle de l’humain, et nous sommes prêts à prendre toutes les mesures nécessaires pour veiller à ce que les entreprises respectent les règles de l’AI Act, afin que les citoyens et les entreprises européens puissent faire confiance aux modèles et aux systèmes d’IA ».

L’Europe lance des enquêtes sur les piratages par agents IA et met en avant l’AI Act

15 octobre 2026 à 08:29
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Alors qu’OpenAI a récemment laissé des agents IA attaquer deux sites gouvernementaux australiens et que les autres entreprises d’IA génératives ont suivi en faisant le même genre de revendication, la Commission européenne a lancé des enquêtes ciblant OpenAI et Anthropic. Elle en profite pour mettre en avant les vertus de l’AI Act mais se demande encore comment enquêter sur ce genre d’événement.

Depuis l’été, les entreprises d’IA générative se vantent régulièrement d’attaques par leurs propres agents IA contre des sites web, attaques dont elles n’auraient pas la maîtrise. Ainsi, OpenAI annonçait que certains de ses agents avaient tenté, en vain, d’exploiter des failles de sécurité et de pirater des sites web (dont deux sites de statistiques du ministère de la Santé australien). « Des dizaines de milliers d’incidents au cours desquels leurs modèles de pointe ont pris des mesures que des évaluateurs externes jugeraient problématiques », affirmait même l’entreprise fin septembre.

« Notre réglementation est parfaitement adaptée pour faire face à ces évolutions »

La Commission européenne en profite pour mettre en avant le texte de l’AI Act qui doit encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle en Europe. Henna Virkkunen, la vice-présidente de la Commission, a pris la parole lors de l’International AI Summit qui se déroule ce 14 octobre à Dublin dans le cadre de la présidence irlandaise du Conseil de l’Union européenne 2026.

Elle y a rappelé que, depuis le 2 août, une révision ciblée de la réglementation européenne sur l’intelligence artificielle est en application. Ajoutons quand même que, dans le même temps, certaines mesures ont été repoussées à des dates ultérieures.

Henna Virkkunen note quand même « qu’il n’existait pas d’agents d’IA modernes au moment de l’adoption de la loi sur l’IA ». « Pourtant, notre réglementation est parfaitement adaptée pour faire face à ces évolutions », ajoute-t-elle.

Et d’insister sur ce qui est déjà en place et qui peut servir alors que les agents IA sont lancés dans la nature : « en particulier, le Code de bonnes pratiques de l’UE sur l’IA à usage général – que la plupart des fournisseurs d’IA ont déjà signé – définit les mesures que ces derniers doivent mettre en place pour se conformer aux obligations prévues par la loi sur l’IA. Ces mesures comprennent, par exemple, le recours à des évaluateurs externes ».

Des enquêtes concernant Anthropic et OpenAI

« Notre Bureau de l’IA a commencé à faire appliquer ces règles et a adressé des demandes d’informations portant sur des questions telles que la sécurité, l’évaluation externe et le suivi de l’utilisation des modèles », explique Henna Virkkunen. « Par ailleurs, vendredi dernier, j’ai convoqué une réunion avec le comité scientifique créé en vertu de l’AI Act afin de solliciter son avis et son aide sur la manière d’enquêter sur les incidents récents ».

Selon nos confrères d’Euronews, les enquêtes de la Commission portent notamment sur l’attaque d’un agent d’OpenAI contre Hugging Face et celles des agents d’Anthropic. Le bureau de l’IA créé par l’AI Act a envoyé des demandes d’information complémentaires aux deux entreprises après avoir estimé l’insuffisance des documents qu’elles lui avaient envoyés spontanément, toujours selon Euronews.

Des doutes sur l’application aux cas de R&D

Ces enquêtes pourraient devenir un premier test pour l’AI Act. En effet, si le texte s’applique aux services d’IA commercialisés ou au moins disponibles publiquement, les deux entreprises affirment que les attaques ont été perpétrées avec des outils internes encore en développement. La loi européenne comporte des exemptions concernant la R&D dont l’application ne sera pas simple : « l’AI Act part du principe qu’il existe une distinction nette entre la recherche et la commercialisation, mais en réalité, la recherche moderne s’inscrit souvent dans un continuum plutôt que dans une opposition binaire », expliquaient en début d’année des chercheurs dans la revue scientifique npj Digital Medicine.

Sous couvert d’anonymat, un responsable de la Commission a confié à Euronews : « Nous n’appliquerons pas la loi [sur les outils d’IA] en phase de test. Mais si le modèle d’IA sort de l’environnement de test et qu’il a ensuite un impact sur le marché de l’UE, comme cela a été le cas pour Hugging Face, alors la loi sur l’IA deviendra applicable ».

Officiellement, Henna Virkkunen assure que « la Commission s’est exprimée haut et fort : l’IA doit rester sous la direction, la supervision et le contrôle de l’humain, et nous sommes prêts à prendre toutes les mesures nécessaires pour veiller à ce que les entreprises respectent les règles de l’AI Act, afin que les citoyens et les entreprises européens puissent faire confiance aux modèles et aux systèmes d’IA ».

Situation critique pour la recherche, le budget de l’ANR « insoutenable » d’ici 2028

14 octobre 2026 à 13:15
Une ambition affichée qui fait pshitt
Situation critique pour la recherche, le budget de l’ANR « insoutenable » d’ici 2028

L’Agence nationale de la recherche, pilier de la politique de financement scientifique de la France sous la présidence d’Emmanuel Macron, « se situe à un point critique », selon la Cour des comptes. Son budget décroche depuis la loi de programmation de la recherche votée en 2020. L’institution prévoit qu’il devienne « insoutenable » entre 2028 et 2029 sans mesure corrective.

Le rôle de l’Agence nationale de la recherche (ANR), qui a maintenant 20 ans, a été boosté par la loi de programmation de la recherche (LPR) en 2020. Mais la Cour des comptes constate que son budget ne suit pas les prévisions. La juridiction administrative constate que « son budget sera insoutenable d’ici la fin de l’année 2028 » si rien n’est fait. Le projet de loi 2027 présenté par le gouvernement ne va pas dans ce sens puisqu’il prévoit même une petite baisse du budget de l’ANR.

La loi de 2020 avait notamment été soutenue par le PDG du CNRS de l’époque, Antoine Petit, qui voulait une loi « ambitieuse, inégalitaire – oui, inégalitaire, une loi vertueuse et darwinienne ». De son côté, le Comité national de la recherche scientifique (CoNRS), lui, préconisait le financement récurrent des laboratoires. En consacrant le financement par projets via l’ANR, cette loi a poussé la recherche française vers une sélection des « meilleurs » projets digne du spencérisme (autre nom du « darwinisme social »). Mais l’ambition demandée par l’ancien PDG et affichée dans la loi n’est finalement pas au rendez-vous.

« Une trajectoire budgétaire devenue insoutenable »

C’est dans un rapport publié sur son site le 8 octobre dernier que la Cour des comptes tire le signal d’alarme. Titré « L’ANR, une trajectoire budgétaire devenue insoutenable, une réponse indispensable de l’État », ce document met le gouvernement devant un constat implacable. Alors que le budget de l’ANR devait être l’outil financier central d’une augmentation du financement de la recherche de la loi votée en 2020, sa trajectoire « décroche » par rapport à celle prévue par cette loi. Et ce depuis deux ans : « la croissance des engagements de l’ANR portée depuis 2021 par la LPR a connu un arrêt à partir de 2024 », constate la Cour.


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Arrêt d’une offre gratuite MS 365 pour associations : Watertrek a perdu 600 Go de données

13 octobre 2026 à 14:25
Oups !
Arrêt d’une offre gratuite MS 365 pour associations : Watertrek a perdu 600 Go de données

Microsoft a arrêté brutalement l’accès à 365 Business Premium et Office 365 E1 qu’elle proposait gratuitement aux organismes sans but lucratif. L’association française Watertrek a mis en demeure l’entreprise : elle a perdu 600 Go de données qui y étaient stockées alors que sa licence courait jusqu’au 18 octobre 2029.

En mai 2025, Microsoft a annoncé l’arrêt de son offre « philanthropique » permettant à des organismes sans but lucratif l’accès gratuit aux offres MS 365 Business Premium et Office 365 E1 sans préciser, au moins dans son premier message, les modalités et dates relatives à cette décision. Comme d’autres organismes, début juin 2026, l’association française Watertrek a perdu suite à cette interruption plusieurs centaines de gigaoctets de données. Après avoir mis en demeure la filiale française de la multinationale au mois d’août, elle n’a toujours pas récupéré ses données.

Comme nous l’expliquions déjà au mois d’août, Microsoft avait affirmé mettre fin à cette offre « afin de rationaliser [son] offre d’aides et de simplifier [son] portefeuille d’aides ». Elle en profitait pour pousser ces organisations à passer à d’autres offres, notamment MS 365 Business Basic pour laquelle elle promettait d’offrir 300 licences. Mais la communication de l’entreprise a laissé des associations dans le flou. Et des données ont même été supprimées alors que l’abonnement a bien été renouvelé.

L’association française Watertrek, qui « œuvre à la protection de l’eau et des écosystèmes aquatiques », affirme à Next être dans ce cas, avec plus de 600 Go de données perdues dans la manœuvre.

Une perte brutale des données alors que la licence n’est pas arrivée à expiration

En juin dernier, l’association a brutalement perdu accès à son environnement Microsoft 365 suite à la décision de l’entreprise d’arrêter son offre. Si elle avait annoncé publiquement que cette offre s’arrêtait, Microsoft n’a pas prévu la gestion des licences encore actives.


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☕️ Xandr : amende de 8,6 millions d’euros en Norvège pour avoir utilisé des données de Grindr

12 octobre 2026 à 15:19


La Datatilsynet (l’équivalent de la CNIL en Norvège) vient d’infliger une amende de 8,6 millions d’euros (92 millions de couronnes norvégiennes) pour avoir « traité et partagé » des données personnelles venant de comptes utilisateurs de Grindr.

L’autorité norvégienne avait déjà sanctionné Grindr sur le sujet avec une amende de 5,8 millions d’euros qu’elle avait confirmée en octobre 2023.

Grindr
CC BY 2.0 DEED Ivan Radic

Ici, elle sanctionne l’intermédiaire publicitaire racheté en 2022 par Microsoft pour la violation du traitement des données sans s’appuyer sur une base légale prévue par le RGPD, dont des données « à caractère personnel relevant d’une catégorie particulière concernant l’orientation sexuelle sans bénéficier d’une dérogation valable », comme elle l’explique dans sa décision [PDF].

Elle lui reproche aussi d’avoir partagé ces données avec d’autres clients. Xandr a argué qu’elle interdit, par contrat, à ses clients de lui partager ce genre de données. Ainsi, pour la filiale de Microsoft, c’est bien son client qui est le seul responsable. Mais « l’Autorité norvégienne de protection des données ne considère pas qu’il soit acceptable que les parties concernées se renvoient simplement la responsabilité les unes aux autres », explique-t-elle dans son communiqué.

Elle « considère comme une circonstance aggravante le fait que Xandr ait tiré des avantages financiers de ces infractions, dans la mesure où la collecte et le partage de données à caractère personnel auraient permis à Xandr de faciliter des transactions publicitaires et, partant, de réaliser des bénéfices », ajoute sa décision.

L’autorité norvégienne a estimé son amende sur le nombre d’utilisateurs norvégiens touchés.

« Nous nous réjouissons vivement de cette décision. Les entreprises spécialisées dans les technologies publicitaires en ligne, telles que Xandr, opèrent souvent en coulisses et sont rarement tenues de rendre des comptes sur leurs pratiques. Cela crée un précédent précieux pour des affaires similaires », a commenté Felix Mikolasch, l’un des avocats de l’association noyb qui avait participé aux plaintes concernant ce dossier déposées contre Grindr et plusieurs autres entreprises du numérique.

☕️ Xandr : amende de 8,6 millions d’euros en Norvège pour avoir utilisé des données de Grindr

12 octobre 2026 à 15:19


La Datatilsynet (l’équivalent de la CNIL en Norvège) vient d’infliger une amende de 8,6 millions d’euros (92 millions de couronnes norvégiennes) pour avoir « traité et partagé » des données personnelles venant de comptes utilisateurs de Grindr.

L’autorité norvégienne avait déjà sanctionné Grindr sur le sujet avec une amende de 5,8 millions d’euros qu’elle avait confirmée en octobre 2023.

Grindr
CC BY 2.0 DEED Ivan Radic

Ici, elle sanctionne l’intermédiaire publicitaire racheté en 2022 par Microsoft pour la violation du traitement des données sans s’appuyer sur une base légale prévue par le RGPD, dont des données « à caractère personnel relevant d’une catégorie particulière concernant l’orientation sexuelle sans bénéficier d’une dérogation valable », comme elle l’explique dans sa décision [PDF].

Elle lui reproche aussi d’avoir partagé ces données avec d’autres clients. Xandr a argué qu’elle interdit, par contrat, à ses clients de lui partager ce genre de données. Ainsi, pour la filiale de Microsoft, c’est bien son client qui est le seul responsable. Mais « l’Autorité norvégienne de protection des données ne considère pas qu’il soit acceptable que les parties concernées se renvoient simplement la responsabilité les unes aux autres », explique-t-elle dans son communiqué.

Elle « considère comme une circonstance aggravante le fait que Xandr ait tiré des avantages financiers de ces infractions, dans la mesure où la collecte et le partage de données à caractère personnel auraient permis à Xandr de faciliter des transactions publicitaires et, partant, de réaliser des bénéfices », ajoute sa décision.

L’autorité norvégienne a estimé son amende sur le nombre d’utilisateurs norvégiens touchés.

« Nous nous réjouissons vivement de cette décision. Les entreprises spécialisées dans les technologies publicitaires en ligne, telles que Xandr, opèrent souvent en coulisses et sont rarement tenues de rendre des comptes sur leurs pratiques. Cela crée un précédent précieux pour des affaires similaires », a commenté Felix Mikolasch, l’un des avocats de l’association noyb qui avait participé aux plaintes concernant ce dossier déposées contre Grindr et plusieurs autres entreprises du numérique.

3 datacenters de Yandex attaqués par des drones ukrainiens : le géant russe accuse le coup

12 octobre 2026 à 09:38
Le numérique a bel et bien besoin d'une infrastructure physique
3 datacenters de Yandex attaqués par des drones ukrainiens : le géant russe accuse le coup

Depuis jeudi 8 octobre, Yandex a subi trois attaques de drones ukrainiens contre des datacenters situés sur le territoire russe. L’entreprise, souvent présentée comme le « Google russe », a annoncé que ses services de moteur de recherche, de cartographie mais aussi de paiement en ligne étaient en panne. Plus insidieusement, la question se pose d’un impact sur le réseau d’influence numérique de la Russie.

Dans la guerre de défense de leur territoire contre la Russie, les Ukrainiens ont trouvé une nouvelle cible pour toucher leur ennemi : les datacenters de Yandex. Jeudi 8 octobre, vendredi 9 octobre et dimanche 11 octobre, des drones ukrainiens ont attaqué des datacenters du géant du numérique russe et ont réussi à faire des dégâts, forçant Yandex à annoncer la suspension de l’activité de plusieurs de ses services phares.

Une bonne partie des services de Yandex sont hors service

Selon Reuters, l’entreprise a affirmé que personne n’avait été blessé lors de la dernière attaque sur le data center situé à Vladimir, une ville située à 180 km à l’est de Moscou. Mais cette infrastructure hébergeait notamment certains services de Yandex Pay, l’outil de paiement en ligne de l’entreprise russe lancé en 2021. Dans un message sur Telegram, l’entreprise affirmait à ses utilisateurs dimanche soir que les données concernant leur argent étaient en sécurité, le datacenter touché ne gérant « que » le fonctionnement des services.

Quelques heures avant, Yandex annonçait tout juste que certains de ses services revenaient progressivement à la normale. En effet, d’autres datacenters de l’entreprise russe avaient déjà été touchés par des attaques de drones les jeudi 8 et vendredi 9 octobre dernier. Ceux-ci hébergeaient notamment l’IA de Yandex nommée « Alice », son moteur de recherche, l’outil de cartographie de l’entreprise ainsi que celui d’appels de taxi. Elle s’était d’ailleurs excusée du fait que son service client était aussi touché.

Yandex avait expliqué que son centre de données situé à Sasovo avait été touché dans la nuit du mercredi 7 au jeudi 8 octobre. Puis, le 9 octobre, c’est celui situé à Kalouga qui a été ciblé. L’entreprise affirmait, là aussi, qu’aucun personnel n’avait été blessé.

En attaquant les services de Yandex, les drones ukrainiens ont déstabilisé de façon importante l’infrastructure numérique russe. Même si l’entreprise n’est pas un monopole dans le pays, elle n’a pas à rougir en interne de la comparaison avec Google. Sur le service d’indication des pannes de Yandex, on peut constater qu’un bon nombre de services de Yandex Cloud ne sont plus disponibles depuis le 8 octobre. C’est le cas, par exemple, de ses outils de gestion pour Kubernetes, MySQL, PostgreSQL, ClickHouse, l’API de YandexGPT, son service SpeechKit ou encore de son outil de reconnaissance de caractères « vision OCR ».

Le trafic des crawlers russes non affecté

Rapidement, certains internautes se sont posé la question de la répercussion de ces défaillances chez Yandex sur les outils automatisés russes, que ce soit les bots de propagande sur les réseaux sociaux ou les bots de crawlers. Il est difficile, pour l’instant, de connaître exactement les conséquences sur le dispositif de propagande.

Concernant le trafic des bots en général (crawlers, scan d’adresses IP, etc.), Cloudflare a constaté pendant la nuit du 7 au 8 octobre une baisse de 33 % du trafic des bots provenant de Yandex. Sur le radar de Cloudflare, on peut voir que cette activité s’est complètement arrêtée dimanche 11 octobre pour reprendre de manière très dégradée depuis.

Cependant, selon le même outil de CloudFlare, cela n’aurait pas affecté le trafic total des bots russes :

On peut donc imaginer que les différentes organisations utilisant les services de Yandex pour leurs crawlers ont tout simplement migré vers un autre fournisseur.

3 datacenters de Yandex attaqués par des drones ukrainiens : le géant russe accuse le coup

12 octobre 2026 à 09:38
Le numérique a bel et bien besoin d'une infrastructure physique
3 datacenters de Yandex attaqués par des drones ukrainiens : le géant russe accuse le coup

Depuis jeudi 8 octobre, Yandex a subi trois attaques de drones ukrainiens contre des datacenters situés sur le territoire russe. L’entreprise, souvent présentée comme le « Google russe », a annoncé que ses services de moteur de recherche, de cartographie mais aussi de paiement en ligne étaient en panne. Plus insidieusement, la question se pose d’un impact sur le réseau d’influence numérique de la Russie.

Dans la guerre de défense de leur territoire contre la Russie, les Ukrainiens ont trouvé une nouvelle cible pour toucher leur ennemi : les datacenters de Yandex. Jeudi 8 octobre, vendredi 9 octobre et dimanche 11 octobre, des drones ukrainiens ont attaqué des datacenters du géant du numérique russe et ont réussi à faire des dégâts, forçant Yandex à annoncer la suspension de l’activité de plusieurs de ses services phares.

Une bonne partie des services de Yandex sont hors service

Selon Reuters, l’entreprise a affirmé que personne n’avait été blessé lors de la dernière attaque sur le data center situé à Vladimir, une ville située à 180 km à l’est de Moscou. Mais cette infrastructure hébergeait notamment certains services de Yandex Pay, l’outil de paiement en ligne de l’entreprise russe lancé en 2021. Dans un message sur Telegram, l’entreprise affirmait à ses utilisateurs dimanche soir que les données concernant leur argent étaient en sécurité, le datacenter touché ne gérant « que » le fonctionnement des services.

Quelques heures avant, Yandex annonçait tout juste que certains de ses services revenaient progressivement à la normale. En effet, d’autres datacenters de l’entreprise russe avaient déjà été touchés par des attaques de drones les jeudi 8 et vendredi 9 octobre dernier. Ceux-ci hébergeaient notamment l’IA de Yandex nommée « Alice », son moteur de recherche, l’outil de cartographie de l’entreprise ainsi que celui d’appels de taxi. Elle s’était d’ailleurs excusée du fait que son service client était aussi touché.

Yandex avait expliqué que son centre de données situé à Sasovo avait été touché dans la nuit du mercredi 7 au jeudi 8 octobre. Puis, le 9 octobre, c’est celui situé à Kalouga qui a été ciblé. L’entreprise affirmait, là aussi, qu’aucun personnel n’avait été blessé.

En attaquant les services de Yandex, les drones ukrainiens ont déstabilisé de façon importante l’infrastructure numérique russe. Même si l’entreprise n’est pas un monopole dans le pays, elle n’a pas à rougir en interne de la comparaison avec Google. Sur le service d’indication des pannes de Yandex, on peut constater qu’un bon nombre de services de Yandex Cloud ne sont plus disponibles depuis le 8 octobre. C’est le cas, par exemple, de ses outils de gestion pour Kubernetes, MySQL, PostgreSQL, ClickHouse, l’API de YandexGPT, son service SpeechKit ou encore de son outil de reconnaissance de caractères « vision OCR ».

Le trafic des crawlers russes non affecté

Rapidement, certains internautes se sont posé la question de la répercussion de ces défaillances chez Yandex sur les outils automatisés russes, que ce soit les bots de propagande sur les réseaux sociaux ou les bots de crawlers. Il est difficile, pour l’instant, de connaître exactement les conséquences sur le dispositif de propagande.

Concernant le trafic des bots en général (crawlers, scan d’adresses IP, etc.), Cloudflare a constaté pendant la nuit du 7 au 8 octobre une baisse de 33 % du trafic des bots provenant de Yandex. Sur le radar de Cloudflare, on peut voir que cette activité s’est complètement arrêtée dimanche 11 octobre pour reprendre de manière très dégradée depuis.

Cependant, selon le même outil de CloudFlare, cela n’aurait pas affecté le trafic total des bots russes :

On peut donc imaginer que les différentes organisations utilisant les services de Yandex pour leurs crawlers ont tout simplement migré vers un autre fournisseur.

OpenAI inonde la recherche avec 722 « prépublications » de mathématiques générées par IA

7 octobre 2026 à 15:25
Démerdez-vous avec ça
OpenAI inonde la recherche avec 722 « prépublications » de mathématiques générées par IA

Tout à son idée de montrer la puissance de ses outils, OpenAI a mis en ligne 722 prépublications de mathématiques générées par IA. L’entreprise met en ligne des « résultats » se trouvant pourtant à « différents stades de vérification », en s’appuyant sur l’avis d’un groupe de chercheurs pour « mettre en place les meilleures pratiques » concernant leur partage. L’un de ses membres, le mathématicien François Charles, explique à Next que ce groupe veut être « un canal de communication » entre les entreprises et la communauté.

OpenAI a publié la nuit dernière 772 documents PDF de mathématiques dans un dépôt GitHub. Alors que l’entreprise affichait récemment une volonté de dialogue avec les mathématiciens, elle intensifie la mise en ligne d’articles qu’elle appelle « prépublications » (preprints, en anglais). Elle affirme s’appuyer sur le travail d’un groupe de chercheurs indépendants qui a publié des recommandations concernant l’ « utilisation responsable des résultats mathématiques générés par l’IA ».

Alors que des milliers de mathématiciens déploraient récemment que l’IA menace la pratique scientifique et qu’OpenAI a été accusée de mauvaises pratiques scientifiques pour résoudre un problème de maths, l’entreprise présente sur son dépôt GitHub ces fichiers comme des « des manuscrits mathématiques et des éléments justificatifs de démonstration générés par un modèle interne d’OpenAI ». Mais ceux-ci n’ont que l’apparence d’articles de mathématiques travaillés par des chercheurs : aucune signature de chercheurs n’apparait sous leur titre, ils ne sont signés que par le nom de l’entreprise dirigée par Sam Altman.

« Des résultats se trouvant à différents stades de vérification »

Dans son fichier Readme, OpenAI explique que le dépôt « regroupe des résultats se trouvant à différents stades de vérification. Tous ne sont pas accompagnés de formalisations Lean [langage d’assistant de preuve, ndlr]. Nous continuerons à mettre à jour ce référentiel avec des formalisations Lean au fur et à mesure que nous les obtiendrons ».

Ainsi, si l’entreprise regroupe tous ces PDF dans un dossier intitulé « preprints », ils ne sont pas du tout prêts à la publication comme sont censés l’être les articles désignés comme tels et mis en ligne sur les serveurs comme arXiv. Même si ces serveurs autorisent les chercheurs à modifier avec un système de gestion de versions, le terme de « prépublications » implique que les chercheurs assument que ces articles pourraient être présentés dans une revue scientifique.


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AI Slop : Google met en pause son programme de bug bounty pour le logiciel libre

6 octobre 2026 à 14:54

AI Slop : Google met en pause son programme de bug bounty pour le logiciel libre

Google a suspendu son programme de bug bounty Open Source Software Vulnerability Rewards Program (OSS VRP). L’entreprise explique qu’elle reçoit trop de rapports erronés générés par IA.

Depuis le 1er octobre dernier, Google n’accepte « plus les signalements de vulnérabilités de produits soumis au programme OSS VRP [Open Source Software Vulnerability Rewards Program] », a-t-elle expliqué sur la page dédiée à ce programme.

L’entreprise avait ouvert ce programme spécifique aux logiciels libres en 2022. Elle expliquait à l’époque qu’ « en fonction de la gravité de la faille de sécurité et de l’importance du projet, les récompenses varieront entre 100 et 31 337 dollars ». L’idée était notamment de faire émerger les vulnérabilités de la supply chain, mais aussi les problèmes de design informatique causant des problèmes de sécurité, par exemple.

« Une forte augmentation des soumissions automatisées »

Mais le système mis en place par Google pour recueillir ces signalements (qui peuvent donc être lucratifs pour leurs auteurs) montre des signes de fragilité face à l’affluence des signalements de plus en plus automatisés via l’IA générative. Comme Apple cet été, Google ferme le robinet.

L’entreprise le dit dans un message posté sur X : « Cette interruption est due à une forte augmentation des soumissions automatisées, dont la grande majorité n’est pas valide. Nous allons poursuivre le remaniement et le travail sur cet aspect du programme OSS VRP et nous nous engageons à faire le point au premier trimestre 2027 ».

Tous les programmes de bug bounty de Google ne sont pas touchés : uniquement l’OSS VRP. L’entreprise redirige donc les personnes qui voudraient signaler une faille notamment vers son programme Patch Rewards.

Ces entreprises, qui par ailleurs font la course aux modèles d’IA générative, n’ont pas trouvé la solution pour éviter la submersion de contenus générés par IA de qualité médiocre qui les empêche de traiter convenablement les signalements réellement utiles.

« Impact psychologique considérable »

Mais ce problème touche d’autres organisations. Ainsi, en janvier dernier, le créateur du fameux logiciel libre cURL, Daniel Stenberg, avait annoncé : « Le programme de bug bounty de cURL n’existe plus. Il prendra officiellement fin le 31 janvier 2026 ». « La gestion de ces soumissions incessantes de contenus de mauvaise qualité a un impact psychologique considérable et prend parfois beaucoup de temps à démystifier. C’est du temps et de l’énergie complètement gaspillés, qui sapent en outre notre envie de vivre », expliquait-il.

Du côté de la communauté du noyau Linux, le sujet est vu différemment. Si Linus Torvalds avait pesté un moment contre les nombreux rapports d’erreurs générés par les LLM et peu efficaces, cet été il avait changé d’avis sur le sujet et refusait de rejeter en bloc les rapports d’erreurs générés de la sorte, se disant prêt à peser de tout son poids de mainteneur principal du noyau si nécessaire. Il faut préciser qu’on ne parle pas ici de signalements faisant appel à rétribution. Le système des bug bounty attribuant une récompense aux signalements, avec une somme plus importante en fonction de l’importance du bug pousse sans doute davantage certains à utiliser des systèmes automatisés de signalements de bugs, sans se préoccuper de leur qualité et de la possible submersion du système.

AI Slop : Google met en pause son programme de bug bounty pour le logiciel libre

6 octobre 2026 à 14:54

AI Slop : Google met en pause son programme de bug bounty pour le logiciel libre

Google a suspendu son programme de bug bounty Open Source Software Vulnerability Rewards Program (OSS VRP). L’entreprise explique qu’elle reçoit trop de rapports erronés générés par IA.

Depuis le 1er octobre dernier, Google n’accepte « plus les signalements de vulnérabilités de produits soumis au programme OSS VRP [Open Source Software Vulnerability Rewards Program] », a-t-elle expliqué sur la page dédiée à ce programme.

L’entreprise avait ouvert ce programme spécifique aux logiciels libres en 2022. Elle expliquait à l’époque qu’ « en fonction de la gravité de la faille de sécurité et de l’importance du projet, les récompenses varieront entre 100 et 31 337 dollars ». L’idée était notamment de faire émerger les vulnérabilités de la supply chain, mais aussi les problèmes de design informatique causant des problèmes de sécurité, par exemple.

« Une forte augmentation des soumissions automatisées »

Mais le système mis en place par Google pour recueillir ces signalements (qui peuvent donc être lucratifs pour leurs auteurs) montre des signes de fragilité face à l’affluence des signalements de plus en plus automatisés via l’IA générative. Comme Apple cet été, Google ferme le robinet.

L’entreprise le dit dans un message posté sur X : « Cette interruption est due à une forte augmentation des soumissions automatisées, dont la grande majorité n’est pas valide. Nous allons poursuivre le remaniement et le travail sur cet aspect du programme OSS VRP et nous nous engageons à faire le point au premier trimestre 2027 ».

Tous les programmes de bug bounty de Google ne sont pas touchés : uniquement l’OSS VRP. L’entreprise redirige donc les personnes qui voudraient signaler une faille notamment vers son programme Patch Rewards.

Ces entreprises, qui par ailleurs font la course aux modèles d’IA générative, n’ont pas trouvé la solution pour éviter la submersion de contenus générés par IA de qualité médiocre qui les empêche de traiter convenablement les signalements réellement utiles.

« Impact psychologique considérable »

Mais ce problème touche d’autres organisations. Ainsi, en janvier dernier, le créateur du fameux logiciel libre cURL, Daniel Stenberg, avait annoncé : « Le programme de bug bounty de cURL n’existe plus. Il prendra officiellement fin le 31 janvier 2026 ». « La gestion de ces soumissions incessantes de contenus de mauvaise qualité a un impact psychologique considérable et prend parfois beaucoup de temps à démystifier. C’est du temps et de l’énergie complètement gaspillés, qui sapent en outre notre envie de vivre », expliquait-il.

Du côté de la communauté du noyau Linux, le sujet est vu différemment. Si Linus Torvalds avait pesté un moment contre les nombreux rapports d’erreurs générés par les LLM et peu efficaces, cet été il avait changé d’avis sur le sujet et refusait de rejeter en bloc les rapports d’erreurs générés de la sorte, se disant prêt à peser de tout son poids de mainteneur principal du noyau si nécessaire. Il faut préciser qu’on ne parle pas ici de signalements faisant appel à rétribution. Le système des bug bounty attribuant une récompense aux signalements, avec une somme plus importante en fonction de l’importance du bug pousse sans doute davantage certains à utiliser des systèmes automatisés de signalements de bugs, sans se préoccuper de leur qualité et de la possible submersion du système.

☕️ La Norvège va interdire temporairement les lunettes connectées dans certains lieux publics

6 octobre 2026 à 09:36


Le gouvernement norvégien avait déjà annoncé qu’il voulait durcir la législation du pays concernant l’utilisation des lunettes connectées alors que la grogne s’amplifie contre les lunettes Meta un peu partout. Il explique maintenant que ce durcissement devrait passer par une « interdiction temporaire » de ces lunettes dans certains lieux publics.

« Le temps de mener une étude approfondie et d’avoir un débat éclairé qui pourra jeter les bases d’une réglementation durable », précise le ministre de la Numérisation et de la Gouvernance publique, Torgeir Micaelsen, qui semble reprendre le dossier des mains de la ministre chargée du numérique, Karianne Tung. Celle-ci avait montré des signes de réticence à toute nouvelle législation sur le sujet au début de l’été.

Sans qu’un texte de loi ne soit encore rédigé, le communiqué évoque comme potentiels lieux interdits à ces lunettes les parcs, les plages, les musées, les aires de jeux, les parcs d’attractions, ainsi que les manifestations sportives, musicales et culturelles. Les lieux de scolarisation de la maternelle au lycée, voire aux établissements d’enseignement supérieur devraient figurer dans la liste aussi.

L’interdiction de ces lunettes connectées ne serait pas totale en Norvège. Le gouvernement évoque, comme l’explique Reuters, la possibilité de les utiliser dans des lieux purement privés et certains endroits où l’utilisation ne présente aucun risque d’être filmé sans son consentement.

☕️ La Norvège va interdire temporairement les lunettes connectées dans certains lieux publics

6 octobre 2026 à 09:36


Le gouvernement norvégien avait déjà annoncé qu’il voulait durcir la législation du pays concernant l’utilisation des lunettes connectées alors que la grogne s’amplifie contre les lunettes Meta un peu partout. Il explique maintenant que ce durcissement devrait passer par une « interdiction temporaire » de ces lunettes dans certains lieux publics.

« Le temps de mener une étude approfondie et d’avoir un débat éclairé qui pourra jeter les bases d’une réglementation durable », précise le ministre de la Numérisation et de la Gouvernance publique, Torgeir Micaelsen, qui semble reprendre le dossier des mains de la ministre chargée du numérique, Karianne Tung. Celle-ci avait montré des signes de réticence à toute nouvelle législation sur le sujet au début de l’été.

Sans qu’un texte de loi ne soit encore rédigé, le communiqué évoque comme potentiels lieux interdits à ces lunettes les parcs, les plages, les musées, les aires de jeux, les parcs d’attractions, ainsi que les manifestations sportives, musicales et culturelles. Les lieux de scolarisation de la maternelle au lycée, voire aux établissements d’enseignement supérieur devraient figurer dans la liste aussi.

L’interdiction de ces lunettes connectées ne serait pas totale en Norvège. Le gouvernement évoque, comme l’explique Reuters, la possibilité de les utiliser dans des lieux purement privés et certains endroits où l’utilisation ne présente aucun risque d’être filmé sans son consentement.

Non, Anthropic n’a pas découvert un système biologique comparable à CRISPR

6 octobre 2026 à 07:47
Une hypothèse crédible n'est pas une découverte
Non, Anthropic n’a pas découvert un système biologique comparable à CRISPR

Il y a un peu plus d’une semaine, Anthropic annonçait que Claude avait découvert un nouveau système enzymatique, « dont la structure rappelle celle du système CRISPR ». Mais « tout le travail reste à faire », nous explique Alexis Verger, biologiste au CNRS.

En parallèle des maths, les entreprises d’IA générative utilisent maintenant la recherche en biologie pour assurer la promotion de leurs outils alors qu’elles préparent leurs entrées en bourse, quitte à crier à une découverte qui n’en est encore qu’à l’étape d’hypothèse.

Ainsi, Anthropic a annoncé le 23 septembre 2026 que son IA Claude a « découvert un nouveau système enzymatique » que l’entreprise compare à CRISPR. La découverte de cette méthode d’édition du génome en 2012 avait permis à Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna d’obtenir le prix Nobel de chimie en 2020.

Mais Anthropic est encore loin d’avoir prouvé la découverte d’un système comparable à CRISPR en n’ayant pas vérifié son hypothèse. « Tout le travail [en laboratoire de paillasse] reste à faire », nous explique Alexis Verger, biologiste au CNRS.

Anthropic a mis en ligne, au moment de l’annonce, un billet de blog et un « rapport technique » [PDF] rédigé par une équipe de chercheurs récemment embauchés par l’entreprise. Ce document n’a pas été publié dans une revue scientifique ni mis en ligne sur un serveur de prépublication habituellement utilisé par des chercheurs de la discipline.

Une campagne d’agents IA pour mettre en place une hypothèse crédible


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arXiv limite les soumissions à 2 par mois pour faire face à la submersion due à la genAI

2 octobre 2026 à 14:53
Buffer overflow
arXiv limite les soumissions à 2 par mois pour faire face à la submersion due à la genAI

Submergée par les propositions d’articles générés par IA, la plus ancienne et populaire des plateformes de prépublication scientifique resserre encore ses restrictions de soumissions.

La soumission incessante d’articles générés par IA commence à épuiser les équipes de plateformes de prépublications scientifiques. On l’a vu très récemment avec le cas du chercheur Nicholas Polson qui a mis en ligne plus de 200 prépublications depuis le début de l’année, essentiellement sur la plateforme SSRN de la multinationale Elsevier.

Mais la plus ancienne et populaire de ces plateformes n’est pas épargnée, au contraire. En octobre 2025, elle prenait la décision de ne plus accepter aucune prépublication d’articles de synthèse ou d’argumentaires sur l’IA. Dans ce champ disciplinaire, seuls les articles sur une nouveauté scientifique sont acceptés depuis.

En mai dernier, elle avait annoncé la mise en œuvre d’une sanction spécifique concernant l’utilisation de l’IA : une suspension d’un an pour celles et ceux qui soumettent des articles générés par IA qui n’ont manifestement pas été vérifiés. Après cette suspension, arXiv n’accepte de nouveau des articles signés par l’auteur confondu que s’ils ont été acceptés par des revues ou des conférences (ce qui enlève beaucoup d’intérêt à soumettre sur la plateforme).

Les soumissions d’articles à arXiv continuent de grimper

Mais ces mesures ne semblent pas avoir suffi. Rien que pour le domaine de l’IA, les soumissions continuent à monter en flèche :

Et arXiv précise que pour les autres domaines, les soumissions ont doublé depuis janvier 2024.

Pour la plateforme, limiter les soumissions par utilisateur s’impose de plus en plus. « Avant l’avènement de l’IA, il existait une limite pratique clairement identifiable quant au rythme auquel des soumissions indépendantes pouvaient être produites, et les modérateurs bénévoles d’arXiv limitaient le nombre de soumissions des auteurs qui dépassaient largement ce seuil », explique-t-elle dans un billet de blog.

Mais maintenant, « les outils d’IA devenant de plus en plus sophistiqués et accessibles aux auteurs, la « limite pratique » du nombre d’articles pouvant être soumis fait désormais l’objet d’un débat », ajoute-t-elle.

La limite des bénévoles est atteinte

Surtout que la plateforme s’appuie sur des bénévoles. « Une proportion relativement faible d’auteurs soumet un grand nombre d’articles de mauvaise qualité et accapare une part disproportionnée du temps des modérateurs », souligne le président du Conseil consultatif éditorial d’arXiv, Thomas Dietterich. « Cette situation est injuste pour les auteurs qui continuent à soumettre des articles de qualité : leurs articles peuvent en effet subir des retards de plusieurs jours, voire de plusieurs semaines », constate-t-il.

Deux soumissions par mois, une limite raisonnable

L’équipe a choisi de mettre en œuvre une limite de deux soumissions par mois (calendaire) par auteur ainsi qu’une limite de trois soumissions en attente de vérification. Cette limite s’applique de toute façon, même si les articles soumis avant ont été rejetés. Elle rappelle aussi que « les articles soumis à arXiv doivent présenter des travaux de recherche originaux, novateurs et significatifs, constitués en un tout cohérent et s’inscrivant dans les catégories d’arXiv ».

En décidant cette limite drastique du nombre de soumissions par auteur, arXiv semble avoir trouvé le bon moyen de limiter la submersion. En effet, il n’est pas simple de créer un compte sur la plateforme et un auteur qui aurait envie de soumettre plus d’articles ne peut pas éviter la restriction via un nouveau compte. Ainsi, libre à chacun de choisir les deux articles maximum qu’il veut mettre en ligne sur arXiv pendant un mois, ce qui est déjà une limite très importante comparée au taux moyen de publication des chercheurs dans des revues scientifiques.

arXiv limite les soumissions à 2 par mois pour faire face à la submersion due à la genAI

2 octobre 2026 à 14:53
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arXiv limite les soumissions à 2 par mois pour faire face à la submersion due à la genAI

Submergée par les propositions d’articles générés par IA, la plus ancienne et populaire des plateformes de prépublication scientifique resserre encore ses restrictions de soumissions.

La soumission incessante d’articles générés par IA commence à épuiser les équipes de plateformes de prépublications scientifiques. On l’a vu très récemment avec le cas du chercheur Nicholas Polson qui a mis en ligne plus de 200 prépublications depuis le début de l’année, essentiellement sur la plateforme SSRN de la multinationale Elsevier.

Mais la plus ancienne et populaire de ces plateformes n’est pas épargnée, au contraire. En octobre 2025, elle prenait la décision de ne plus accepter aucune prépublication d’articles de synthèse ou d’argumentaires sur l’IA. Dans ce champ disciplinaire, seuls les articles sur une nouveauté scientifique sont acceptés depuis.

En mai dernier, elle avait annoncé la mise en œuvre d’une sanction spécifique concernant l’utilisation de l’IA : une suspension d’un an pour celles et ceux qui soumettent des articles générés par IA qui n’ont manifestement pas été vérifiés. Après cette suspension, arXiv n’accepte de nouveau des articles signés par l’auteur confondu que s’ils ont été acceptés par des revues ou des conférences (ce qui enlève beaucoup d’intérêt à soumettre sur la plateforme).

Les soumissions d’articles à arXiv continuent de grimper

Mais ces mesures ne semblent pas avoir suffi. Rien que pour le domaine de l’IA, les soumissions continuent à monter en flèche :

Et arXiv précise que pour les autres domaines, les soumissions ont doublé depuis janvier 2024.

Pour la plateforme, limiter les soumissions par utilisateur s’impose de plus en plus. « Avant l’avènement de l’IA, il existait une limite pratique clairement identifiable quant au rythme auquel des soumissions indépendantes pouvaient être produites, et les modérateurs bénévoles d’arXiv limitaient le nombre de soumissions des auteurs qui dépassaient largement ce seuil », explique-t-elle dans un billet de blog.

Mais maintenant, « les outils d’IA devenant de plus en plus sophistiqués et accessibles aux auteurs, la « limite pratique » du nombre d’articles pouvant être soumis fait désormais l’objet d’un débat », ajoute-t-elle.

La limite des bénévoles est atteinte

Surtout que la plateforme s’appuie sur des bénévoles. « Une proportion relativement faible d’auteurs soumet un grand nombre d’articles de mauvaise qualité et accapare une part disproportionnée du temps des modérateurs », souligne le président du Conseil consultatif éditorial d’arXiv, Thomas Dietterich. « Cette situation est injuste pour les auteurs qui continuent à soumettre des articles de qualité : leurs articles peuvent en effet subir des retards de plusieurs jours, voire de plusieurs semaines », constate-t-il.

Deux soumissions par mois, une limite raisonnable

L’équipe a choisi de mettre en œuvre une limite de deux soumissions par mois (calendaire) par auteur ainsi qu’une limite de trois soumissions en attente de vérification. Cette limite s’applique de toute façon, même si les articles soumis avant ont été rejetés. Elle rappelle aussi que « les articles soumis à arXiv doivent présenter des travaux de recherche originaux, novateurs et significatifs, constitués en un tout cohérent et s’inscrivant dans les catégories d’arXiv ».

En décidant cette limite drastique du nombre de soumissions par auteur, arXiv semble avoir trouvé le bon moyen de limiter la submersion. En effet, il n’est pas simple de créer un compte sur la plateforme et un auteur qui aurait envie de soumettre plus d’articles ne peut pas éviter la restriction via un nouveau compte. Ainsi, libre à chacun de choisir les deux articles maximum qu’il veut mettre en ligne sur arXiv pendant un mois, ce qui est déjà une limite très importante comparée au taux moyen de publication des chercheurs dans des revues scientifiques.

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