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Kudu, le logiciel qui veut remettre de l’ordre dans l’optimisation du système

Un nouvel outil de maintenance système attire l’attention : Kudu. Présenté comme une suite open source (sous licence MIT), le logiciel propose un ensemble de fonctions destinées à nettoyer, surveiller et optimiser un ordinateur, avec une compatibilité annoncée avec Windows, MacOS et Linux.

L’idée n’est pas totalement nouvelle, mais Kudu tente de se démarquer par une approche plus large que celle des utilitaires classiques. Le logiciel regroupe des outils de nettoyage, de gestion du démarrage, d’analyse de doublons, de surveillance des performances et plusieurs fonctions de maintenance avancée dans une interface unique.

Une alternative à des outils bien connus

Kudu est souvent présenté comme une alternative à CCleaner, un positionnement qui parle immédiatement aux utilisateurs habitués à ce type d’outils. Là où le projet cherche à marquer des points, c’est sur son statut open source, sa disponibilité multi-plateforme et l’intégration de fonctions qui vont au-delà du simple ménage système.

Le logiciel met aussi en avant des fonctions liées à la sécurité et à la confidentialité. On y trouve notamment des options de contrôle sur certains composants du système, des réglages de durcissement et des mécanismes de nettoyage plus poussés, avec une logique d’utilisation pensée pour rester simple.

Une approche tout-en-un

La documentation du projet insiste sur une organisation en plusieurs blocs : sécurité, maintenance et outils. Cette structure permet de retrouver rapidement les fonctions les plus courantes, tout en gardant à portée de main des actions plus techniques pour les utilisateurs qui veulent aller plus loin. L’un des points mis en avant est aussi la possibilité d’utiliser le logiciel sans compte obligatoire, avec une partie cloud présentée comme facultative.

Un projet à observer

Kudu arrive sur un terrain déjà bien occupé, mais il bénéficie d’un positionnement intéressant : open source, multiplateforme et orienté maintenance complète. Ce trio peut lui permettre de trouver sa place auprès des utilisateurs qui cherchent une alternative plus ouverte aux outils propriétaires habituels.

Reste maintenant à voir comment le projet évoluera dans la durée. Comme souvent pour ce type d’utilitaire, la différence se fera sur la qualité réelle des fonctions, la stabilité, la fréquence des mises à jour et la confiance que le logiciel inspirera au quotidien.

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Discussions et débats sur l’affichage d’astérisques à la saisie du mot de passe par sudo-rs

L’ancien sudo (écrit en C) a été récréé en Rust (sudo-rs), par une autre équipe, pour des raisons de sécurité mémoire notamment. Plusieurs distributions intègrent cette nouvelle implémentation dans leurs paquets et, en particulier, Ubuntu 25.10 l’utilise par défaut.

Pour mémoire (source) : Cette commande permet à un administrateur système d’accorder à certains utilisateurs (ou groupes d’utilisateurs) la possibilité de lancer une commande en tant qu’administrateur, ou en tant qu’autre utilisateur, tout en conservant une trace des commandes saisies et des arguments.

Le récent changement est que, par défaut, la saisie du mot de passe sudo affiche désormais des astérisques via sudo-rs, à l’inverse du comportement antérieur.

Le débat porte principalement sur l’utilisabilité en opposition à la tradition de sécurité Unix de ne rien afficher du tout.

Les arguments du choix portent notamment sur les aspects sécurité, utilisabilité, et tradition. Là où les pro-astérisques estiment la fuite de longueur tolérable, qu’elle confirme l’entrée fonctionnelle, et qu’il s’agit d’une amélioration moderne, les anti-astérisques considèrent que cela expose la longueur aux observateurs, que c’est inutile pour les experts, et que cela casse l’héritage Unix.

Du côté des arguments pour les astérisques, la rétroaction visuelle confirme que les frappes s’enregistrent, ce qui aide les nouveaux utilisateurs ou ceux avec des claviers défaillants et réduit les erreurs de saisie.

Les partisans notent que les risques d’épaulement (voir les caractères réels) sont faibles aujourd’hui avec l’accès distant courant, et que les indices de longueur sont mineurs comparés aux gains d’utilisabilité.

Du côté des arguments contre les astérisques, la conception Unix traditionnelle cache la longueur du mot de passe pour contrer les attaquants observant de loin, préservant une norme de sécurité de 46 ans même si imparfaite.

Les admins vétérans y voient un risque inutile dans les environnements partagés ou physiques, avec des solutions faciles comme pwfeedback pour revenir en arrière.

Vous savez peut-être comment configurer votre choix, notamment en écrivant dans /etc/sudoers soit Defaults pwfeedback (ce qui sera de toutes façons le comportement par défaut avec astérisques), soit Defaults !pwfeedback (avec le point d’exclamation en préfixe).

Si ce paramètre vous rappelle quelque chose, c’est normal. Les plus préoccupés d’entre nous par la sécurité se rappellent de l’incident de sécurité (CVE-2019-18634) lié à ce paramètre il y a quelques années : le paramètre pwfeedback introduit, en version 1.7.1 de sudo, avait hélas introduit un bug qui n’avait été corrigé que bien après.

Un peu de politique FOSS (un tout petit peu hors sujet ;-) )

Je profite de cette dépêche pour faire un appel, car ce débat et l’ancien bug lié à pwfeedback nous rappellent les risques qui pèsent sur les composants FOSS parfois vitaux et répandus comme XZ Utils, qui manquent de main d’œuvre et de moyens.
La récente attaque (CVE-2024-3094) contre OpenSSH en 2024 via sa dépendance logistique à XZ Utils, par un pirate qui avait exploité de l’ingénierie sociale sur Lasse Collin, le mainteneur fatigué et esseulé deXZ Utils, a failli compromettre un grand nombre d’ordinateurs utilisantOpenSSH`.
C’est un tiers, Andres Freund, employé de Microsoft, qui a contré le piratage en détectant puis identifiant l’erreur.

De même, vous avez su que Todd, C. Miller, l’unique mainteneur de sudo depuis 30 ans, appelait au secours et aux financements en début d’année 2026. Certes, ce point particulier a peut-être été réglé par la ré-écriture en Rust (sudo-rs) avec l’aide de Miller, mais le sujet est global pour le FOSS.

Mon souhait : donnons plus de notre personne ou de notre poche aux projets et personnes du FOSS.

Les informations que vous n’avez pas demandées (ou Too much information you didn't ask for)

Rust veut dire « rouille » en anglais, mais l’auteur de Rust faisait apparemment référence aux « rouilles » biologiques, qui sont les maladies dues à des champignons, les Pucciniales, qui donnent ainsi un aspect rouillé aux plantes parasitées, comme la rouille grillagée du poirier. Graydon Hoare a choisi ce terme, pour s’inspirer de ces champignons qui sont extrêmement sophistiqués dans leur capacité à survivre, comme on pourrait le vouloir pour nos programmes.

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Open Source Masterclass : un MOOC pour se lancer dans la contribution au logiciel libre

Vous avez envie de contribuer à des projets libres mais vous ne savez pas trop par où commencer ? Un groupe de contributeurs et contributrices vient d'annoncer la mise en ligne d'Open Source Masterclass, un MOOC entièrement libre (CC-BY-SA) qui vise précisément à répondre à cette question. Il est écrit par des contributeurs expérimentés des projets Open edX, OpenStack, Wikipedia, etc.

Concrètement, le cours mêle théorie et pratique autour de l'écosystème FLOSS. Au programme :

  • un peu d'histoire du logiciel libre (ça ne fait jamais de mal) ;
  • les forges logicielles ;
  • le fonctionnement des communautés et la communication dans les projets ;
  • et surtout, un accompagnement pas à pas vers une première vraie contribution à un projet libre.

L'idée n'est donc pas seulement de regarder des vidéos dans son coin, mais bien d'arriver au bout avec un patch ou une merge request à son actif.

À signaler aussi à toute personne de votre entourage qui coderait mais n'aurait pas encore franchi le pas de la contribution. :-)

Retours, suggestions et commentaires sur le contenu sont les bienvenus !

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Appel à conférences pour le Congrès ADULLACT 2026

L’Association des développeurs et utilisateurs de logiciels libres pour les administrations et les collectivités territoriales (ADULLACT) est une association française fondée en 2002.

10ème Congrès ADULLACT

Cette année, votre voix compte plus que jamais ! Le 10ᵉ Congrès Adullact (4 et 5 juin 2026 à Montpellier) s’ouvre à vos idées, vos passions, vos questionnements pour façonner ensemble un événement qui NOUS ressemble !

Pourquoi proposer une conférence ?

  • faites entendre votre vision ;
  • partagez vos retours d’expérience.

Nos thématiques 2026, des sujets qui vous concernent :
🔒Souveraineté : quand la dépendance fragilise les institutions.
La dépendance à des infrastructures étrangères peut paralyser des institutions entières et de nombreux exemples en témoignent. C'est un fait, la souveraineté n'est plus une option. Par cette thématique, nous cherchons à identifier des idées, voire des projets aboutis répondant à cette problématique.

🤖 IA ou y’a pas ?
L’intelligence artificielle : sujet d’actualité, cette « chose » prend de plus en plus de place dans nos vies, mais à quel prix ? Aujourd’hui nous ne pouvons plus le nier, l’IA fait partie de nos vies certes mais faut-il l’embrasser sans réserve, ou en mesurer les risques pour préserver nos savoir-faire et notre autonomie afin d’en avoir un usage conscient ?

Comment participer ? Déposez votre proposition avant le 27 mars 2026 à 17h59 – toutes les idées sont les bienvenues !

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