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« L’Europe devrait être le leader mondial de l’électrification » : agacée, l’AIE secoue le Vieux Continent

23 janvier 2026 à 05:19

L’Europe aurait dû être le leader mondial de l’électrification, mais elle ne l’est pas. C’est le constat sévère dressé par le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui alerte sur le retard pris par l’Union européenne dans l’électrification.

Fatih Birol n’a pas gardé sa langue dans sa poche lors d’une conférence en Suède. « Nous entrons dans l’ère de l’électricité et, à mon avis, l’Europe devrait en être le leader […] je suis désolé de vous dire que nous en sommes loin », a-t-il annoncé. Il tance l’UE d’aller trop lentement dans l’électrification de son économie. Alors que le mix énergétique européen est aujourd’hui très carboné, l’électricité qui est une solution à sa décarbonation ne représente encore que 20 % de la consommation énergétique totale de l’UE contre 32 % en Chine.

Un écart qui en dit long. Car l’électrification n’est pas qu’une question climatique : elle conditionne la compétitivité industrielle, la souveraineté énergétique et la capacité à sortir des énergies fossiles importées. Sur tous ces fronts, l’Europe avance trop lentement.

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Trop de pétrole pour les transports, trop de gaz pour le chauffage

Depuis dix ans, la part de l’électricité dans la consommation énergétique européenne stagne. Transports encore largement dépendants du pétrole, chauffage au gaz omniprésent, industrie lourde difficile à convertir : les usages évoluent, mais trop doucement. Pendant ce temps, la Chine électrifie à marche forcée ses transports, ses usines et ses bâtiments, tout en investissant massivement dans les réseaux et les capacités de production bas carbone.

Pour l’agence internationale de l’énergie (AIE), le risque est clair lance-t-elle : à force d’hésitations politiques, l’Europe pourrait rater le virage industriel de la transition énergétique. Les technologies clés — batteries, véhicules électriques, électrolyseurs, pompes à chaleur — sont déjà dominées par des acteurs asiatiques alors que les États européens peinent à coordonner leurs stratégies et à sécuriser les investissements nécessaires.

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La production électrique avance mais pas son usage

Et de poursuivre avec un paradoxe : l’Union européenne a réussi sa transition du côté de la production électrique avec une montée en puissance rapide de l’éolien et du solaire. Mais elle échoue à transformer cette électricité propre en usages concrets. Sans électrification massive des bâtiments, des transports et de l’industrie, la baisse des émissions restera trop lente pour atteindre la neutralité carbone en 2050.

Le message est clair : envoyer depuis l’autre bout de l’Europe, l’AIE pour l’UE à accélérer, maintenant. Cela implique de lever les freins réglementaires, d’investir dans des réseaux électriques robustes, d’envoyer des signaux économiques clairs aux industriels et de cesser de traiter l’électrification comme un simple sujet technique.

Alors que le gouvernement planche sur un grand plan d’électrification et que le décret de la stratégie nationale bas carbone 3 (SNBC 3) n’est toujours pas paru (pour fixer la trajectoire de déploiement de véhicules électriques…), l’AIE pousse à appuyer sur la pédale d’accélérateur.

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Kits solaires, chargeur de voiture électrique, thermostat : Lidl dégaine de jolis rabais pour les soldes

22 janvier 2026 à 11:30

Le géant allemand du hard-discount propose depuis quelques années des produits énergétiques : kits solaires, thermostats, chargeurs et bornes pour véhicules électriques, entre autres. Certains de ces produits sont actuellement vendus avec des rabais significatifs à l’occasion des soldes d’hiver 2026. Voici lesquels.

Un kit solaire de balcon à moins de 300 euros

Le kit station solaire TRONIC TSBK 400 A1 permet aux citadins de transformer leur balcon en mini-centrale photovoltaïque. Mini, car la puissance installée n’est pas très élevée : 370 Wc maximum, grâce à deux panneaux Topcon de 185 W de 1,7 m × 1,1 m, associés à un micro-onduleur connecté en Wifi de 400 W. En promotion à 279 € contre 349 € habituellement (soit -20 %), ce système se branche directement sur une prise électrique classique (attention à vérifier qu’elle est correctement câblée, en direct sur le tableau électrique). Il est fourni avec les fixations nécessaires à une installation sur garde-corps.

Cette installation peut générer entre 1,8 et 2,2 kilowattheures par jour dans des conditions optimales, permettant des économies annuelles d’une petite centaine d’euros, soit un amortissement qui peut être espéré en environ 3 ans. La surveillance s’effectue via l’application Lidl Home pour un suivi en temps réel. Nous avions déjà testé un petit kit solaire commercialisé par Lidl en 2023 (lire notre test).

Un chargeur solaire nomade soldé à -30 %

Le chargeur solaire pliable TRONIC 100W passe de 169 à 118,30 € (soit -30 %). Ce panneau compact intègre quatre cellules monocristallines délivrant jusqu’à 100 watts de puissance dans des conditions optimales. Il intègre un port USB-A et un port USB-C pour recharger directement des smartphones (entre autres), mais aussi un port DC5521 et XT60 pour brancher des appareils spécifiques comme des batteries.

Équipé de pieds réglables pour ajuster l’inclinaison, de boucles de suspension et d’une poignée de transport, il s’avère idéal pour les randonnées, le camping ou comme solution de secours.

Un câble de recharge domestique pour voiture électrique à 79 euros

Le chargeur Ultimate Speed pour véhicules électriques, normalement à 159 €, bénéficie d’une réduction de 50 % à l’occasion des soldes, soit un tarif final de 79 €. Ce chargeur portable se branche sur une prise secteur et délivre un maximum de 1,8 kW (8 A) avec un câble de 5 mètres et connecteur type 2. La puissance est franchement modeste, mais chargeur peut rendre bien des services en permettant de recharger (très lentement) sa voiture électrique sur n’importe quelle prise domestique sans faire disjoncter l’installation. Comptez une centaine de kilomètres d’autonomie récupérée en une nuit (10 h) contre 400 km pour une wallbox 7,4 kW.

L’écran couleur affiche en temps réel la puissance, le temps et l’énergie totale rechargée. Certifié IP65 contre les jets d’eau, il intègre protection contre la surchauffe et reprise automatique après coupure. Pesant 2,8 kg, ce câble d’appoint se transporte facilement.

Un thermostat de radiateur électronique à moins de 10 euros

La tête thermostatique électronique Silvercrest chute à 7,19 € au lieu de 11,99 € (-40%). Ce thermostat n’est pas connecté, mais il est programmable électroniquement, avec neuf périodes réglables par jour, et promet jusqu’à 30% de réduction sur les frais de chauffage. Compatible avec la plupart des radiateurs grâce aux adaptateurs Danfoss fournis, il offre détection fenêtre ouverte, fonction boost, sécurité enfants et réglage automatique heure d’été/ heure d’hiver. Alimenté par deux piles AA incluses, il pèse seulement 168 g. Une solution low-tech pour mieux gérer le chauffage lorsqu’on dispose d’une chaudière centrale (fioul, gaz, bois, pompe à chaleur, par exemple).

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Il n’y aura plus d’argent dans les panneaux solaires de ce fabricant chinois

22 janvier 2026 à 05:27

Composant essentiel des panneaux photovoltaïques, l’argent a un défaut majeur : c’est un matériau rare et de plus en plus cher. Pour maintenir une production toujours plus importante de panneaux, l’un des plus grands fabricants au monde a pris une décision radicale : supprimer l’argent de ses modèles photovoltaïques. 

Le fabricant LONGi vient d’annoncer vouloir entièrement remplacer l’argent de ses panneaux solaires par du cuivre dès le deuxième trimestre 2026. Cette annonce fait suite à une montée considérable du cours de l’argent. Ce dernier se fait de plus en plus rare tandis que la pression industrielle augmente, en particulier pour la fabrication de panneaux photovoltaïques. En parallèle, il reste une valeur refuge particulièrement recherchée dans un contexte géopolitique incertain. Sa valeur, relativement stable entre 2021 et 2023, restait sous la barre des 25 dollars. Mais depuis, elle ne fait qu’augmenter. 2025 a été marquée par une envolée historique atteignant un record de 89 dollars en ce début d’année.

Une étude récente a d’ailleurs été menée sur le sujet par l’université de Gand et le centre de recherche d’Engie. Les chercheurs ont constaté que la demande mondiale d’argent pourrait atteindre près de 50 000 tonnes d’ici la fin de la décennie, alors que les capacités de production pourraient ne pas dépasser les 34 000 tonnes. Dans ce contexte, difficile d’imaginer une baisse de la valeur de l’argent.

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Remplacer l’argent par du cuivre, un véritable défi technologique

Du fait de cette hausse de prix, selon BloombergNEF, l’argent représenterait actuellement 14% du prix d’un panneau photovoltaïque contre seulement 5 % il y a 2 ans.

Pour éviter ce coup, LONGi a choisi de recourir au cuivre. En plus d’être 3 000 fois plus disponible et 100 fois moins cher que l’argent, le cuivre a l’avantage de présenter une conductivité électrique similaire. Néanmoins, il a deux inconvénients principaux. D’abord, sa réactivité chimique et physique peut altérer les propriétés électriques du silicium, pouvant ainsi réduire les performances des cellules photovoltaïques. En parallèle, le cuivre est beaucoup plus sujet à l’oxydation et à la corrosion que l’argent, ce qui pose des problèmes pour la longévité des panneaux.

LONGi a l’avantage de produire des cellules à contact arrière qui sont compatibles avec l’utilisation exclusive de cuivre. Néanmoins, les cellules TOPcon, qui sont les plus répandues, ne sont pas (encore) adaptées à une fabrication sans argent.

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Les barrages français n’ont jamais été aussi proches de sortir de l’impasse

21 janvier 2026 à 15:06

La proposition de loi (PPL) pour donner un avenir aux concessions hydroélectriques a été déposée le 13 janvier par les députés Marie-Noëlle Battistel (PS) et Philippe Bolo (MoDem). Le changement de régime juridique devrait permettre aux barrages d’avoir plus de visibilité et d’assouvir l’appétit de concurrence de Bruxelles sur ce dossier, sans transfert de propriété (l’État est seul propriétaire).

L’État, propriétaire des barrages, confie aujourd’hui à EDF, la CNR et la SHEM leur exploitation et tire en contrepartie une redevance. Ce modèle existe depuis 70 ans et devrait être remis en cause. Car EDF a un monopole sur la production, s’étant vu attribuer la majorité des concessions par le passé et, à l’heure du renouvellement (certaines sont échues), la Commission européenne aimerait qu’arrivent de nouveaux acteurs. Qu’il était long le temps durant lequel la France ne trouvait pas de solution : ne pas trop ouvrir à la concurrence, garder la propriété…

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Un bail de 70 ans au lieu d’une concession

La PPL, dont la députée Battistel se réjouit sur LinkedIn, qui vient juste d’être déposée par deux députés, cible donc ces concessions hydroélectriques arrivées à échéance ou devant l’être dans les prochaines années, de plus de 4 500 kW. Pour ces dernières, il ne sera plus question de concession, mais de régime d’autorisation spécifique, associé à un droit réel et un droit d’occupation domaniale pour les exploitants actuels, d’une durée de soixante-dix ans.

L’État conserve la propriété des barrages et l’attribution de ces droits se fait via une convention encadrant les obligations techniques, environnementales et financières et inclut une contrepartie à verser à l’État après déduction des indemnités de fin de concession.

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L’État reste seul et unique propriétaire des barrages

Et, dans le délai flottant de la fin de concession, la transition est censée garantir la continuité de l’exploitation, le maintien des équipes locales et des compétences techniques ainsi que le respect des normes de sécurité, de gestion de l’eau et de protection de l’environnement. 

Pour répondre aux exigences européennes et limiter la position dominante d’EDF, la PPL impose la mise à disposition de 40 % des capacités hydroélectriques nationales, ça fait environ 6 GW/an, à d’autres acteurs qu’EDF via un mécanisme d’enchères encadré par la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Ce dispositif permet d’ouvrir le marché sans transférer la propriété des ouvrages, une ligne rouge pour l’État.

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Les investissements débloqués

La députée détaille ainsi l’ouverture auprès de GreenUnivers : « cela veut dire qu’EDF mettra aux enchères 6 GW par an de capacité [sur ses 20,8 GW, représentant 80 % de la capacité nationale, ndlr] au prix de marché et jamais en dessous d’un prix qui couvre les coûts de la production ». Les concessions échues freinent les investissements et la modernisation du parc. Pourquoi investir dans la modernisation si l’entreprise n’a pas de visibilité à plus de 5 ans ? Maintenant qu’elle est déposée à l’assemblée, il lui reste plus qu’à être discutée et votée.

Le secrétaire général du syndicat CFE-Energies s’est réjoui de cette PPL sur Linkedin, elle « crée les conditions de la fin d’un combat mené depuis 10 ans pour éviter la mise en concurrence de ce bien précieux qu’est l’hydroélectricité ».

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Construire 10 000 MW de centrales au gaz : le projet fou de l’Allemagne approuvé par l’Europe

21 janvier 2026 à 05:37

La Commission européenne a donné mi-janvier son accord de principe au projet allemand de construire 12 gigawatts (GW) de nouvelles capacités électriques, dont 10 GW en centrales à gaz. Le pays en a besoin tant la sortie programmée du charbon et effective du nucléaire menacent sa sécurité électrique.

Le feu vert européen accordé à l’Allemagne lui permet de lancer dès 2026 des appels d’offres pour ces installations, 10 gigawatts (GW) de gaz, avec une mise en service prévue au plus tard en 2031. Les centrales seront conçues pour jouer un rôle de « back-up » (un terme plus politiquement acceptable) lors des périodes de faible production éolienne et solaire. Officiellement transitoires, elles devront être compatibles avec l’hydrogène et totalement décarbonées d’ici 2045, mais les modalités et le calendrier précis de cette conversion restent flous.

Pour Berlin, l’accord de Bruxelles d’abord un atout économique et industriel. La construction de ces centrales est jugée indispensable pour éviter la flambée des prix de l’électricité et maintenir la compétitivité de l’industrie allemande. Les grands énergéticiens, comme RWE, E.ON ou Siemens Energy, se préparent à répondre aux appels d’offres malgré les tensions sur la chaîne d’approvisionnement et les coûts élevés dans la filière.

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Qu’en pense la France ?

C’est peu dire si cet aval européen n’interroge pas sur le plan climatique. Des ONG et les Verts allemands dénoncent des subventions à des infrastructures fossiles, jugeant que la garantie de conversion vers l’hydrogène est insuffisante. Et la France, qu’en pense-t-elle ? Berlin et Paris ont récemment affiché leur volonté de promouvoir une « neutralité technologique » à Bruxelles, un compromis permettant de développer à la fois la stratégie progaz allemande et le soutien au nucléaire français.

On arrête de s’écharper sur l’hydrogène bas carbone (produit ou non à partir de nucléaire), on te laisse financer ton nucléaire, c’est une histoire de pas en avant. C’est, comme le résument les journalistes de Contexte : « mon gaz contre ton nucléaire ».

Ce partenariat pourrait avoir pesé dans la décision de la Commission. En donnant son feu vert, Bruxelles confirme donc la priorité allemande à la sécurité d’approvisionnement. Pour l’Allemagne, le gaz reste aujourd’hui l’outil indispensable pour assurer la stabilité de son électricité, même si son rôle de transition risque de s’étendre plus longtemps que prévu.

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Le grisou des anciennes mines françaises chauffera des milliers de logements

20 janvier 2026 à 16:06

Les habitants du nord de la France vont bientôt pouvoir se chauffer grâce au grisou, ce gaz longtemps redouté par les mineurs. L’État vient, en effet, d’autoriser son exploitation sous certaines conditions.

Longtemps considéré comme un fléau dans les exploitations minières, le grisou est de mieux en mieux vu par les habitants du nord de la France. Ce gaz, du méthane fossile contenu dans les micropores et les fissures du charbon, va désormais pouvoir être valorisé en énergie à grande échelle. Jusqu’à présent, trois sites, à savoir Avion, Divion et Lourches, permettaient l’extraction de ce grisou pour une production d’énergie totale de 321 GWh par an. L’État vient d’autoriser l’exploitation de 18 sites d’extraction du gaz de mine. Une bonne partie de ce grisou devrait notamment être utilisée pour alimenter des réseaux de chaleur.

Si le grisou est un gaz carboné, puisqu’il est en grande partie composé de méthane, cette démarche reste intéressante d’un point de vue écologique. En effet, en temps normal, ce grisou s’échappe naturellement des anciennes galeries des mines de charbon pour rejoindre l’atmosphère. Or, le pouvoir de réchauffement du méthane est nettement supérieur à celui du dioxyde de carbone produit lorsqu’il est brûlé.

Coup de grisou, effondrement et coup de poussier

Se dégageant des couches de charbon, le grisou fait partie de l’atmosphère normale des mines profondes. Néanmoins, en trop grande quantité, le mélange air/grisou devient très explosif. Cela peut conduire à des explosions appelées « coups de grisou ». Ces explosions peuvent ensuite être aggravées par des effondrements, voire même des « coups de poussier ». Les coups de poussier résultent de l’inflammation de fines particules de charbon en suspension dans l’air des galeries. C’est ce qui s’est passé lors de la plus grave catastrophe d’Europe, à Courrières, en 1906. Durant cet événement, les flammes parcoururent 110 km de galeries en moins de 2 minutes, tuant 1099 mineurs. Aujourd’hui encore, les accidents sont réguliers. En 2023, au Kazakhstan, un coup de grisou a causé la mort de 46 mineurs.

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Le grisou, oui. Le gaz de couche, non

Si l’État a donné son accord pour l’exploitation du gaz de mine, il a interdit l’exploitation du gaz de couche. Cette dernière ne consiste pas à recueillir le gaz présent dans les galeries, mais à l’extraire directement dans les veines de charbon intactes en utilisant la technique de la fracturation hydraulique. En décembre 2025, le Conseil d’État s’est prononcé sur le sujet de manière définitive, en invoquant les potentielles perturbations des ressources en eau souterraines du fait des incertitudes liées à la technique d’extraction.

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Ces usines géantes de stockage d’électricité d’EDF ont battu un nouveau record en 2025

20 janvier 2026 à 05:33

L’année 2025 restera dans les annales pour EDF, notamment grâce à une production nucléaire en hausse, des stations de transfert d’énergie par pompage (STEP) en forme et un record d’exportation d’électricité.

Le nucléaire, avec 373 TWh produits, a produit 3 % de plus par rapport à 2024. Il a été plus disponible et ses arrêts ont été plus finement programmés. Une performance qui permet à EDF de se rapprocher du plafond haut de ses prévisions annuelles.

L’hydroélectricité a, en revanche, été un peu plus à la peine, avec -15,6 % par rapport à 2024. La production revient toutefois à la normale (42,6 TWh) après une année 2024 exceptionnelle (50,6 TWh, grâce à d’abondantes précipitations). Il a moins plu, mais l’hydro a su soutenir la demande, particulièrement durant les pics de consommation.

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Des STEP en forme olympique

Résumer l’hydro aux barrages « au fil de l’eau » serait réducteur. Ce serait masquer la performance des stations de transfert d’énergie par pompage (STEP). Un record historique à 6 TWh a été atteint, soit 400 GWh de plus que le précédent record de 2014, à pomper la nuit et turbiner le jour et même rajouter un cycle diurne avec la pointe PV.

Mais c’est surtout à l’export que la France a été forte. Le solde exportateur net a grimpé à 92,3 TWh, un nouveau record historique qu’on s’est habitué à battre chaque année. Avec une électricité presque entièrement bas carbone — nucléaire et renouvelables représentent 95 % du mix —, la France est un fournisseur fiable pour les pays voisins, mais en retard sur son électrification avec une demande stagnante.

Pour 2026, EDF prévoit une production nucléaire entre 350 et 370 TWh, en comptant notamment sur l’EPR de Flamanville, qui vient d’être arrêtée après le passage de la tempête Goretti.

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L’énergie solaire a boosté la production électrique européenne en 2025

19 janvier 2026 à 15:04

Le lobby de l’électricité, Eurelectric, considère 2025 comme une année record pour le photovoltaïque, mitigée par l’ombre de l’éolien, de l’hydro et de la demande électrique.

Comme chaque année, Eurelectric, le lobby européen de l’électricité, publie son bilan. Pour commencer par une bonne note, le solaire a le pied sur l’accélérateur. La production photovoltaïque a atteint 340 TWh, c’est 12,5 % de l’électricité totale de l’UE, un record. Pour imaginer ce que cela représente, la hausse par rapport à 2024 dépasse les 60 térawattheures (TWh), c’est l’équivalent de ce que consomme le Portugal sur une année entière.

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Le solaire brille, les autres modes de production un peu moins

Mais la progression du solaire, c’est un peu l’arbre qui cache la forêt. L’hydroélectricité a reculé de 13 %, l’éolien de 4 %. Le nucléaire et les centrales à combustibles fossiles se sont maintenus une production stable au niveau européen. Au niveau français, c’est -15,8% pour l’hydro et +3% pour le nucléaire.

Sur les marchés, la montée du solaire participe à décorréler un peu plus chaque année les prix de l’électricité des coûts du gaz et du charbon. En 2025, les prix moyens ont dépassé le coût de production au gaz pendant seulement 32 % des heures, c’était 74 % en 2019. Autrement dit, l’électricité produite par les renouvelables commence à influencer le marché et faire baisser les prix, décarbonant le mix électrique et limitant la formation des prix à la volatilité du gaz (dont l’exemple européen nous a montré que la guerre en Ukraine peut faire monter les prix en flèche).

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La faible demande en électricité, un problème européen

Une autre ombre, celle dont on parle beaucoup en ce moment et sur laquelle le gouvernement français planche : la demande en électricité. La consommation européenne est restée environ 7 % en dessous des niveaux de 2021, il n’y a pas vraiment de signal d’électrification, la sobriété et l’efficacité gagnant sur l’électrification.

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2050 ou 2150 : lequel de la Chine ou des USA atteindra le 100 % énergies renouvelables en premier ?

19 janvier 2026 à 05:25

Tous les pays du monde se sont engagés dans une transition énergétique visant à ramener à zéro leurs émissions. Le tout à des vitesses très variables. Des chercheurs font le point.

Notre monde doit éliminer au plus vite ses émissions liées à sa production d’énergie. Ses émissions non seulement de dioxyde de carbone (CO2), mais aussi de particules. Car les premières sont responsables à hauteur de près de 80 % d’un réchauffement climatique qui deviendra bientôt insoutenable. Et les secondes endossent 90 % de la responsabilité pour environ 7,5 millions de morts prématurées chaque année dans le monde.

L’objectif est donc clairement défini. Transitionner vers une énergie 100 % propre et renouvelable. Pourtant aucune étude n’avait, jusqu’ici, projeté de calendrier de réalisation de cet objectif pour chaque pays du monde en fonction à la fois de sa production d’énergie bas carbone actuelle et du taux auquel celle-ci augmente. C’est la tâche à laquelle s’est attelée une équipe de l’université de Stanford (États-Unis).

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Beaucoup de pays en retard sur la décarbonation de leur énergie

Les experts en génie civil et énergie ont étudié 150 pays. Parmi eux, sept sont en bonne voie pour atteindre le 100 % renouvelable avant 2050. Presque tous en Europe : le Portugal, la Suisse, la Norvège, la Grèce, la Lituanie et l’Estonie ainsi que le Laos — qui l’a atteint en 2025. En France nous pourrions avoir à patienter jusqu’en 2094. Mais cela reste positif si l’on considère que le Canada ou le Japon ne devraient pas remplir l’objectif avant… 2300 !

Toutefois, la « conclusion la plus importante et la plus encourageante » de l’étude est à chercher du côté de la Chine. Le premier consommateur d’énergie au monde opère actuellement une transition à un rythme soutenu qui pourrait lui permettre de ramener à zéro ses émissions de CO2 et de polluants atmosphériques d’ici 2052. Le tout grâce à la quasi-électrification de tous les secteurs de l’énergie. En 2025, l’augmentation de sa production d’énergies renouvelables était vingt fois supérieure à la plus forte augmentation de la production nucléaire enregistrée en France. C’était en 1981.

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De la Chine aux États-Unis, des conclusions en demi-teinte

Aux États-Unis, la situation est très différente. Si le pays maintient son rythme actuel de transition, il pourrait bien ne pas être en mesure d’atteindre le 100 % renouvelable avant 2128. Compte tenu des progrès affichés par la puissance chinoise, les chercheurs estiment que « les principaux obstacles » à un développement des énergies renouvelables aussi important aux États-Unis qu’en Chine « sont d’ordre social et politique, et non technique ou économique ». Parmi les secrets de la Chine mentionnés par les experts de l’université de Stanford : ne pas perdre son temps — et son argent — dans des projets de type captage — en sortie d’usine ou direct dans l’air — de CO2, hydrogène bleu ou production de biocarburants.

Reste à voir si, comme l’espèrent les chercheurs, leurs résultats aideront à accélérer la transition mondiale. Parce qu’ils donnent des exemples de pays qui réussissent une transition rapide. Parce qu’ils stimuleraient la concurrence internationale. Et parce qu’en révélant les progrès réellement accomplis, ils encourageraient les efforts de chacun. Le calendrier établi par les experts de Stanford devrait en tout cas servir à aider les pays à mieux se préparer à ce qui les attend en matière de pollution et de dommages climatiques.

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Pourquoi l’électricité est moins propre alors que les énergies renouvelables battent un record au Royaume-Uni ?

18 janvier 2026 à 15:59

En 2024, le Royaume-Uni avait atteint un niveau inédit de production d’électricité propre. Hélas, cet élan ne s’est pas poursuivi, et ce, malgré la progression continue des sources renouvelables et la disparition totale du charbon du mix énergétique.

L’heure est au bilan pour le Royaume-Uni. En se basant sur les données de l’opérateur national du système énergétique (NESO), le média Carbon Brief a publié une analyse sur la production électrique du pays durant 2025. Premier fait marquant du document : les énergies renouvelables ont battu un nouveau record de production. Elles ont fourni 47 % de l’électricité, portée en grande partie par l’éolien. Le solaire, lui aussi, a connu un grand rebond.

Après une phase de stagnation, la filière redécolle grâce à l’augmentation des nouvelles installations photovoltaïques, et à un printemps particulièrement ensoleillé. Autre point essentiel du rapport : le pays vient de réaliser une année complète sans charbon. Il n’y a pas que de bonnes nouvelles cependant. « L’électricité britannique est devenue légèrement plus polluante », rapporte malgré tout Carbon Brief. Pourquoi ?

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Davantage de gaz dans le mix britannique

Dans le détail, l’empreinte carbone du kilowattheure est passée à 126 g de CO₂, soit deux grammes de plus que l’année précédente. Cette situation s’explique en réalité par la place croissante du gaz dans le mix électrique. Alors même que les renouvelables ont atteint un niveau record (152 TWh, soit 6 % de plus qu’en 2024), le recours au gaz a augmenté de 5 %. La hausse de la demande en électricité et l’élimination du charbon ont obligé le pays à s’appuyer davantage sur cette ressource fossile. Pour rappel, la dernière centrale à charbon du Royaume-Uni, celle de Ratcliffe-on-Soar dans le Nottinghamshire, a fermé ses portes en septembre 2024 après plus de 140 ans d’exploitation.

Surtout, le gaz a servi à compenser la forte baisse de la production nucléaire. Une grande partie du parc britannique était effectivement à l’arrêt pour maintenance ou rechargement du combustible. Résultat : la production nucléaire a chuté de 5 TWh, atteignant son niveau le plus bas depuis cinquante ans.

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Du silicium photovoltaïque bientôt produit en France

18 janvier 2026 à 05:45

L’usine Ferroglobe d’Anglefort, dans l’Ain, a rallumé hier soir l’un de ses fours métallurgiques, qui convient à la production de silicium-métal destiné aux cellules photovoltaïques.

Et si on produisait du silicium, en France ? Le site de l’usine de Ferroglobe avait fermé, en septembre dernier, ses salariés basculés au chômage partiel. La faute aux prix bas imposés par la Chine.

La Chine produisait plus de 70 % du silicium en 2023, selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). En Europe, la concurrence asiatique est rude avec des prix défiant toute concurrence. La tonne de silicium-métal produite en France se vend environ 2 300 €, contre 1 500 € pour celle importée de Chine. Pour Benjamin Crespy, président de Ferroglobe France, le silicium-métal est indispensable non seulement au solaire, mais aussi à la chimie, l’aluminium pour l’automobile et les anodes de batteries lithium, explique-t-il au média Greenunivers.

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Le silicium est classé critique par l’UE

La production française reste modeste alors que le Si-métal est stratégique pour notre souveraineté industrielle. L’Union européenne classe d’ailleurs cette matière comme critique mais a récemment refusé de mettre en place des mesures de protection douanières face à la concurrence étrangère, au grand dam des producteurs hexagonaux. Il y en a pourtant sur l’acier par exemple.

« L’Europe doit comprendre, très rapidement, que s’imposer des règles que personne ne respecte ailleurs et en même temps laisser son marché ouvert est la recette parfaite pour accélérer sa désindustrialisation », alerte Benjamin Crespy auprès de Greeunivers.
Reste au ministre de l’Industrie la lourde tâche de défendre les clauses de sauvegarde (limiter les importations à un certain seuil) auprès de l’UE.

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Nucléaire : le premier mini-réacteur SMR au monde devrait démarrer en 2026 en Chine

17 janvier 2026 à 06:02

Le dynamisme de la Chine en matière de production d’énergie décarbonée ne concerne pas seulement l’éolien et le solaire. Le pays, qui fait partie des principaux acteurs du secteur nucléaire, s’apprête à mettre en service le premier SMR terrestre au monde. 

Au large des côtes chinoises, sur l’île d’Hainan se tient l’un des plus importants chantiers de ces dernières années. La China National Nuclear Corporation y construit, en effet, le premier SMR terrestre appelé APC100 ou Linglong One. Ce dernier a été le premier à être approuvé par l’Agence internationale de l’énergie nucléaire en 2016. Il aura fallu attendre 2021 pour que le chantier ne démarre réellement. Seulement cinq ans après la pose de la première pierre, le prototype unique pourrait être mis en service dans les six prochains mois.

Pour ce réacteur, la Chine a choisi la technologie de l’eau pressurisée. Malgré une puissance relativement faible de 100 MWe, le chantier reste titanesque. Rien que le dôme du réacteur, qui a été installé l’année dernière, pèse la bagatelle de 550 tonnes. Une fois n’est pas coutume, sur ce projet, la Chine affiche un léger retard puisque initialement, la première divergence du réacteur était prévue pour fin 2025. Finalement, il faudra probablement attendre six mois de plus.

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Un début de monopole chinois ?

Malgré ces six mois de retard, la Chine affirme une avance très importante face aux autres pays du monde, en particulier les États-Unis. Chez l’Oncle Sam, aucun SMR n’est en construction, malgré la volonté du département américain de l’Énergie d’accélérer sur le sujet.

Cette avance pourrait donner un avantage stratégique colossal à la Chine, qui a développé toute la chaîne de valeur nécessaire à la construction de ce réacteur. De ce fait, la Chine pourrait en toute logique industrialiser la construction de ce SMR, et ainsi devenir exportateur majeur de moyens de production d’électricité nucléaire. Grâce à son immense capacité d’industrialisation, la Chine pourrait ambitionner de prendre le monopole de ce secteur, comme elle l’a fait avec le photovoltaïque et l’éolien offshore.

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Pourquoi ce grand parc éolien offshore a-t-il perdu plus de 75 % de sa production en 2025 ?

16 janvier 2026 à 15:19

Le plus grand parc éolien offshore d’Écosse a connu en 2025 des difficultés qui n’avaient visiblement pas suffisamment été anticipées. Ce n’est pourtant pas faute pour les experts d’avoir prévenu.

Seagreen est le plus grand parc éolien offshore d’Écosse. Il est implanté à une trentaine de kilomètres de côtes. En mer du Nord. Pas moins de 114 éoliennes pour une puissance totale de 1,1 gigawatt (GW). Le tout pleinement opérationnel depuis octobre 2023. Avec l’ambition d’alimenter plus de 1,7 million de foyers en électricité renouvelable. Mais, dans un monde qui a plus que jamais besoin de décarboner sa production d’énergie, Seagreen a connu en 2025 une situation ubuesque.

Alors que sa capacité de production annuelle est estimée à presque 4 600 gigawattheures (GWh), le parc éolien offshore n’a fourni l’année dernière qu’à peine plus de 1 000 GWh. Moins de vent que prévu sur la région ? Pas du tout. Et ça aurait été dommage parce qu’avec Seagreen, « le gouvernement du Royaume-Uni a justement investi dans les énergies renouvelables là où les ressources sont les plus abondantes », souligne SSE Renewables, l’exploitant du parc.

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Des éoliennes à l’arrêt dès le mois de mars

Des ressources abondantes, certes, mais les experts avertissent depuis plusieurs années déjà. Les ressources ne suffiront pas si les infrastructures ne suivent pas. Et c’est là le nœud du problème aujourd’hui. Par manque de capacité, le gestionnaire du réseau électrique national (Neso) a, très tôt dans l’année, été dans l’impossibilité de continuer de transporter l’électricité renouvelable produite par Seagreen vers une grande partie du pays. Résultat, dès mars 2025, les éoliennes ont été mises à l’arrêt.

Pour compenser les pertes de production, plus de 30 millions de livres sterling — presque 35 millions d’euros — ont été versés au projet en 2025. Presque rien, en réalité, comparé aux 1,5 milliard de livres sterling de paiements compensatoires versés au total l’année dernière dans le pays. Le tout financé par les factures d’énergie des consommateurs.

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Moderniser le réseau en urgence

Pour SSE Renewables, il est désormais urgent de « moderniser le réseau pour éliminer les goulets d’étranglement ». L’entreprise compte d’ailleurs investir à cet effet 27 milliards de livres sterling entre 2025 et 2030. Le tout alors qu’en juillet dernier, le gouvernement écossais a autorisé le lancement d’un projet destiné à implanter dans la baie de Berwick, celui qui pourrait devenir le plus grand parc éolien offshore du monde. Souhaitons que l’aménagement du réseau ne soit pas négligé cette fois.

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Une très légère baisse des factures d’électricité à venir le 1er février

16 janvier 2026 à 05:59

Avec la baisse de la contribution tarifaire d’acheminement (CTA) à compter du 1ᵉʳ février, le gouvernement fait baisser très légèrement les factures. Rien de signifiant, c’est plutôt un geste politique.

Présentée comme une baisse de 5 % de l’abonnement à l’électricité, la mesure ne se traduira, dans les faits, que par quelques euros d’économies par an pour les ménages. Ce n’est bien sûr pas par ce geste symbolique (le gouvernement cherche à stimuler la demande en électricité et réduire la précarité énergétique…) que ces problèmes seront réglés.

C’est un levier rapide, sans creuser excessivement le déficit (le coût est de l’ordre de 540 millions d’euros). La contribution tarifaire d’acheminement (CTA) alimente notamment un régime de retraites d’anciens salariés d’EDF et de GDF ayant travaillé dans les réseaux. Cette caisse est aujourd’hui excédentaire, le prélèvement réduit ne crée pas de manque à gagner immédiat pour l’État. C’est donc la CTA qui a été facilement baissée. 

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Une baisse peu impactante pour les ménages et pour l’Etat

Sur le papier, la mesure concerne tous les consommateurs raccordés aux réseaux publics d’électricité. La CTA est en effet une taxe sur la part « acheminement » de la facture, c’est-à-dire le transport et la distribution de l’électricité, et elle est identique quel que soit le fournisseur. Pour un ménage, la baisse représenterait en moyenne une dizaine d’euros par an, c’est moins de 1 % de la facture globale d’électricité.

L’écart s’explique de la manière suivante. La CTA ne s’applique qu’à une fraction de la part fixe, l’abonnement. Or, pour un foyer se chauffant à l’électricité, la majorité de la dépense annuelle dépend de la consommation, et non de l’abonnement. Une baisse de 5 % sur ce dernier se dilue donc rapidement une fois rapportée au total payé sur l’année.

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Des moyens plus efficaces pour faire baisser les factures

Les syndicats rappellent que des leviers bien plus efficaces existent pour réduire réellement les factures, à commencer par la TVA ou l’accise sur l’électricité qui pèsent sur chaque kilowattheure consommé. Mais les baisser impliquerait des pertes de recettes bien plus importantes pour l’État. L’accise, par exemple, rapportait près de 7 milliards d’euros par an avant d’être partiellement réduite pendant la crise énergétique.

Agir uniquement sur une taxe marginale de l’abonnement laisse intacte la question qui est clé mais sur laquelle le gouvernement n’a encore pas agit : le signal-prix envoyé aux ménages et aux entreprises reste que l’électricité est plus taxée que le gaz, avec un écart encore plus grand relativement aux émissions carbone d’un kilowattheure de ces deux énergies.

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Pourquoi les ressources minières relèvent désormais de la Direction générale de l’énergie et du climat ?

15 janvier 2026 à 15:17

Depuis le 1ᵉʳ janvier, les compétences sur l’ensemble des ressources minières, y compris non énergétiques, sont passées du côté de la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC). L’État acte l’importance des métaux et minerais dans la transition énergétique.

C’est un décret et un arrêté publiés au Journal officiel le 1ᵉʳ janvier qui font déménager le bureau des ressources minérales non énergétiques de la Direction générale de l’aménagement, du logement et de la nature (DGALN) au sein de la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), dix-huit ans après leur séparation.

Jusqu’ici éclatée entre plusieurs administrations, la politique minière française se retrouve désormais dans une même direction, déjà en charge de l’énergie et du climat. Concrètement, les équipes concernées de la DGALN ont intégré une nouvelle entité baptisée « sous-direction de la sécurité d’approvisionnement et des ressources énergétiques et minérales » à la DGEC. Elle s’occupait et s’occupera par exemple de l’uranium, de lithium, de cuivre et des terres rares.

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Les métaux, artères de l’énergie

« Ce regroupement vise notamment à aligner la politique minière avec les objectifs de transition énergétique, de décarbonation et de planification industrielle » a souligné Alexandre Chevallier sur LinkedIn, sous-directeur de ce bureau. Toutes les technologies énergétiques sont liées à l’extraction minière (les batteries, les réseaux électriques, éoliennes ou panneaux photovoltaïques), c’est un enjeu énergétique, climatique et géopolitique.

Alors que la France cherche, avec un inventaire de son sous-sol, à extraire une partie de ses propres métaux, et que l’UE cherche à limiter la trop grande dépendance vis-à-vis de certains pays, dans la Critical Materials Act, l’enjeu de souveraineté n’a jamais été aussi présent. Si cela peut paraître symbolique, ce n’est qu’un changement de direction, mais ce déménagement témoigne de la course aux métaux mondiale. Les déclarations de Donald Trump sur le Groenland et son annexion en disent long sur leur géopolitique.

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Un canon pour produire de l’énergie par fusion nucléaire ? Cette startup y croit

15 janvier 2026 à 05:30

La fusion nucléaire commerciale est si difficile à réaliser que c’est un florilège de concepts plus originaux les uns que les autres qui nous sont proposés. Et pour NearStar Fusion, c’est un réacteur basé sur un railgun, c’est-à-dire un canon électrique, qui permettra d’y parvenir. Comment cela fonctionne-t-il ?

Bienvenue dans le monde très spécialisé de la fusion par impact de cible magnétisée, ou MITF (en anglais Magnetized Target Impact Fusion). Un concept autour duquel s’est construite la société américaine NearStarFusion.

Dans le réacteur que la startup est en train de concevoir, le combustible se trouve sous la forme d’une cible cylindrique (« fuel target »), de la taille d’une balle de golf, contenant le gaz de deutérium. Cette cible est lâchée au rythme d’une par seconde dans la chambre de réaction. De l’autre côté du dispositif, des impacteurs, eux-aussi cylindriques, et pesant 50 g, sont introduits à chaque cycle dans un canon électrique (railgun), appelé « driver ». Ce canon mesure environ 100 mètres de long.

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Produire la fusion par un violent impact

Au cours d’un cycle de fonctionnement, l’impacteur est accéléré par le canon électrique à environ 10 km par seconde. Dirigé précisément sur la cible combustible, il entrera en collision avec cette dernière. La puissance de l’impact permet de fortement comprimer et échauffer le deutérium de la cible – une compression favorisée par ailleurs par un champ magnétique interne. Ces conditions extrêmes, à une échelle microscopique, seront suffisantes pour produire la réaction de fusion nucléaire.

L’énergie produite par la fusion sera ensuite récupérée par une cascade de sels fondus qui environne la zone d’impact – cette dernière permettant également de protéger la chambre de réaction du rayonnement de neutrons générés. Le reste est ensuite bien plus classique : la chaleur collectée par le sel fondu est ensuite transférée à de l’eau au travers d’un échangeur thermique, conduisant à produire de la vapeur. Cette dernière met ensuite en rotation une turbine couplée à un alternateur, lequel produira de l’électricité.

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Des caractéristiques en principe favorables par rapport aux tokamaks

La conception modulaire du réacteur permet d’adapter la puissance de la centrale aux besoins de ses clients, en démultipliant les accélérateurs. L’unité de base est conçue pour produire 50 MW. Autre avantage : le combustible utilisé est le couple deutérium-deutérium, ce qui implique que le réacteur ne nécessite pas de tritium – lequel, radioactif, ne se trouve pas dans la nature et nécessite un complexe système de surgénération à partir de couvertures au lithium. La société avance également que son concept sera basé, au maximum, sur des composants techniques disponibles sur étagère.

NearStar Fusion, basée dans la ville de Chantilly dans l’État de Virginie, semble au début de ses développements. Elle a toutefois reçu des fonds de plusieurs investisseurs, à savoir Virginia Venture Partners et Ecosphere Ventures. L’avenir nous dira si leur concept, pour le moins original, est effectivement viable pour nous rapprocher de la fusion commerciale.

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Vol d’électricité via le compteur Linky : il coûte 8 € par an à chaque français

14 janvier 2026 à 15:48

Le 6 janvier dernier, le tribunal correctionnel de Valenciennes a jugé ce qu’on pourrait appeler une délinquance électrique. Un homme y était jugé pour avoir organisé un réseau de fraude au compteur Linky, installant des dérivations illégales – appelées shunts – permettant de réduire de près de 70 % les factures d’électricité de ses clients contre rémunération.

Cet homme est jugé pour au total 77 faits commis entre 2023 et 2024. Des dizaines de milliers d’euros détournés et un préjudice pour Enedis de près de 47 000 € sur cette seule affaire. L’histoire s’est passée dans le Nord mais en réalité cela touche toute la France. Selon les chiffres d’Enedis, la fraude coûterait entre 250 et 275 millions d’euros par an, soit 8 € par an pour chaque ménage français. Et comme le financement d’Enedis repose sur la facture des consommateurs, la fraude est directement répercutée via le tarif d’acheminement de l’électricité (TURPE).

Si les délinquants parviennent à magouiller les compteurs, ils exploitent une faille technologique : le compteur communicant Linky, pensé pour assurer un relevé précis, est détourné par des systèmes artisanaux qui court-circuitent ses mesures. Contourner le compteur pour qu’il ne compte pas totalement les consommations réelles, justement.

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0,27 % des compteurs Linky seraient trafiqués

Le cas jugé à Valenciennes n’est pas le seul : en Gironde, un ancien salarié d’Enedis a été identifié comme auteur de 374 fraudes, avec les mêmes dérivations illégales sur des compteurs pour un préjudice estimé à plus d’un million d’euros. Des restaurateurs parisiens ont aussi été surpris, leurs installations modifiées permettant de masquer une large part de leur consommation électrique. Un vol opportun financièrement mais très dangereux électriquement.

Le distributeur français d’électricité utilise ses outils de détection en exploitant la télérelève et l’analyse des flux par exemple. Enedis dit avoir déjà doublé ses effectifs dédiés à la traque des fraudeurs d’ici 2026 et se porte partie civile dans les procédures judiciaires. Enedis a lancé le contrôle de centaines de compteurs sur tout le territoire. Plus de 100 000 compteurs Linky trafiqués ont été identifiés ces dernières années, alors que le parc installé n’est que de 37 millions d’appareils.

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Récupérer 97 % de l’argent des panneaux solaires sans utiliser d’acide, c’est possible

13 janvier 2026 à 15:55

Récupérer l’argent des panneaux solaires en fin de vie est déjà possible. Mais l’empreinte écologique du procédé n’est pas satisfaisante. Des chercheurs ouvrent aujourd’hui une nouvelle voie plus durable.

Déployer des solutions de production d’énergie renouvelable, c’est indispensable pour notre climat. Mais pour que ces solutions soient réellement durables, il faut que des procédés de recyclage puissent être mis en œuvre au moment où elles arrivent en fin de vie. Et c’est précisément sur ce point que des chercheurs australiens ont travaillé. Ils présentent aujourd’hui une nouvelle technique applicable aux panneaux solaires. Elle permet de récupérer plus de 97 % de l’argent utilisé pour leur fabrication.

Des méthodes existent déjà pour extraire l’argent des panneaux photovoltaïques arrivés en fin de vie. Mais elles reposent essentiellement sur celle que les chimistes appellent la lixiviation acide. C’est un procédé largement employé dans l’industrie minière et métallurgique. L’idée : utiliser un solvant, ici un acide, pour extraire les métaux. La méthode s’avère plutôt efficace. L’ennui, c’est qu’elle génère de grandes quantités de réactifs et de déchets.

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Amener les métaux à flotter à la surface de l’eau

La technique développée par les chercheurs australiens de l’université de Newcastle, elle, s’inspire de celles utilisées dans le traitement des métaux. Elle consiste d’abord à broyer les panneaux en fines particules puis à faire remonter les métaux précieux en surface par flottaison, comptant simplement sur de l’eau, des bulles d’air et une petite quantité de réactif. Le tout permet de réduire l’intensité chimique et la production de déchets du processus de récupération de l’argent dans les panneaux solaires tout en améliorant son efficacité. Les chercheurs annoncent 97,6 % d’argent récupérés en 3 minutes seulement.

Selon le Conseil australien de l’énergie, il devrait y avoir entre 60 et 78 millions de tonnes de déchets de panneaux solaires à traiter d’ici 2050. L’équivalent de 300 à 500 tonnes d’argent à récupérer !

« L’argent a été notre premier exemple, mais il existe probablement d’importantes possibilités d’appliquer les techniques de broyage, de flottation et d’hydrodynamique pour extraire des milliards de dollars d’autres métaux et minéraux actuellement piégés dans les déchets urbains et miniers », concluent les chercheurs. « Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser ces précieuses ressources se perdre. » L’équipe travaille déjà à la récupération du silicium contenu lui aussi dans les panneaux photovoltaïques en fin de vie.

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Cette entreprise française régénère des pompes à chaleur vieilles de 30 ans

13 janvier 2026 à 05:26

Pourquoi tout remplacer, quand on peut rétrofiter ? C’est, en substance, ce que propose l’entreprise rennaise Retropac, pour les pompes à chaleur géothermiques de première génération. Avec la récente vague de froid, son carnet de commandes a triplé !

La récente vague de froid a mis la France sans dessus dessous avec des écoles fermées, des poids lourds arrêtés et des milliers de kilomètres de bouchons cumulés. Mais elle a aussi fait des heureux, et pas seulement les amateurs de batailles de boules de neige. La jeune entreprise bretonne Rétropac a vu son carnet de commandes exploser.

Il faut dire que l’entreprise propose un service unique : donner une nouvelle vie aux pompes à chaleur (PAC) géothermiques domestiques de première génération. En temps normal, quand elles ne fonctionnent plus, les PAC géothermiques installées entre 1996 et 2008 doivent être entièrement remplacées car elles utilisent des fluides frigorigènes désormais interdits. Ces derniers affichent un potentiel de réchauffement global (PRG) colossal, supérieur à 1822. Cet indice de mesure compare le pouvoir réchauffant d’un gaz à celui du dioxyde de carbone. Comprenez donc que les installations géothermiques de première génération utilisent des fluides dont le pouvoir réchauffant est au moins 1822 fois plus important que celui du CO₂ !

Retropac a donc trouvé une solution pour remplacer le cœur de la PAC, permettant l’utilisation de fluides frigorigènes plus respectueux de l’environnement. Au lieu des 30 demandes mensuelles habituelles, RetroPAC a reçu une centaine de demandes, rien que sur le mois de décembre. Le carnet de commandes ne devrait pas se désemplir, car on compte environ 200 000 logements équipés de PAC géothermiques de première génération.

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Une solution appelée LifePAC

Le secret de Retropac réside dans sa pompe à chaleur, appelée LifePAC. Cette dernière, dotée de composants français ou européens, est dotée d’un inverter. Celui-ci permet d’ajuster sa vitesse de rotation en fonction des besoins réels, plutôt que de fonctionner en mode on/off. Cette PAC a aussi la particularité de pouvoir s’adapter à la plupart des équipements préexistants. Pour autant, elle recourt au fluide R454C, conforme aux prochaines réglementations, dont le PRG est affiché à 148. Grâce à ses bonnes performances environnementales en comparaison à d’autres fluides frigorigènes, le R454C devrait continuer à être autorisé pour la réparation et l’installation au-delà de 2030.

RetroPac envisage une levée de fonds pour faire face aux demandes grandissantes, et ambitionne de multiplier sa production par 5 d’ici 2028.

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Le photovoltaïque est-il mis en danger par l’explosion du cours de l’argent ?

12 janvier 2026 à 15:55

En cette fin d’année 2025, c’est à une véritable frénésie que nous avons assisté sur les marchés de l’argent. Or, le métal précieux ne sert pas que pour les bijoux. C’est aussi un métal indispensable pour l’industrie, et notamment pour la production de panneaux photovoltaïques. Quels problèmes l’envolée des cours va-t-elle poser ?

Les métaux précieux ont de tout temps servi de réserve de valeur. Premier d’entre eux, roi incontesté des monnaies depuis des temps immémoriaux : l’or, objet de toutes les convoitises. Que ce soit le mythe de l’Eldorado, colporté par les conquistadors espagnols, ou encore les grandes ruées vers l’or de l’histoire des États-Unis, l’or n’a pas manqué de marquer tant de pans de l’histoire humaine. Après lui, au deuxième rang, vient l’argent. Et le métal est tellement associé à la monnaie qu’il en est devenu synonyme.

Aujourd’hui, le cours des métaux précieux atteint des sommets. Et cela n’épargne pas l’argent. Qui dépasse chaque jour de nouveaux records. En fin d’année dernière, l’once d’argent (de 31,1035 g) se négociait à 71 $, tout en franchissant à son pic le plafond de 80 $. En septembre dernier, c’était deux fois moins, à environ 40 $. Tandis qu’en 2020, nous étions autour de 15 $. C’est une hausse pour le moins phénoménale.

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Un métal indispensable au photovoltaïque

Problème : l’argent est très utilisé dans l’industrie. Et notamment, en ce qui concerne nos sujets, il entre dans la composition des panneaux photovoltaïques. Il y joue même un rôle essentiel, du fait qu’il est un excellent conducteur électrique. Il est utilisé en effet pour mailler la face arrière des cellules solaires. Et cette grille a un rôle essentiel : lorsque le rayonnement solaire va frapper le semi-conducteur qu’elle contient (la jonction P-N), il va libérer des électrons, lesquels seront collectés par cette grille d’argent, et contribuer ainsi à former le courant électrique.

Ainsi, chaque panneau contiendra quelques dizaines de grammes d’argent, de l’ordre de 10 à 40 mg/Wc (milligramme par watt-crête). Or, des panneaux photovoltaïques, il en est produit de grandes quantités aujourd’hui dans le monde. En 2024, les capacités de production cumulées atteignent en effet 2 200 GW, d’après l’IEA. Il en résulte une forte consommation d’argent. Et une part toujours croissante des besoins industriels.

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Un acteur majeur du marché de l’argent

Mettons cela en perspective. En 2024, l’industrie a consommé environ 680 millions d’onces d’argent. Et le secteur photovoltaïque en est un des principaux acteurs, puisqu’il a consommé plus de 30 % de ce total, soit environ 200 millions d’onces. Avec l’augmentation des capacités solaires installées chaque année, il est possible que la consommation annuelle du secteur dépasse les 250 millions d’onces en 2030.

Ainsi, le secteur photovoltaïque est très consommateur d’argent, et donc une des causes importantes de l’envolée de son cours – même si bien sûr d’autres forces sont en jeu (tensions géopolitiques, attractivité des actifs tangibles comme l’or, le cours de l’argent lui étant lié). À ce titre, une très forte hausse du cours de l’argent devient progressivement un enjeu majeur pour la rentabilité des fabricants de panneaux photovoltaïques, avec à terme des risques de hausses de prix significatives.

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Il existe des solutions, mais rien n’est simple

Face à cela, il existe plusieurs parades. En premier lieu, optimiser les procédés de fabrication de façon à réduire la consommation d’argent par unité de puissance installée. Par exemple, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) a récemment communiqué sur ses développements de technologies photovoltaïques à faible consommation en argent. Lorsque la masse des panneaux photovoltaïques produits aura atteint la fin de sa durée de vie, le recyclage sera également une option qui permettra de réduire les tensions sur le marché du métal précieux.

Enfin, le remplacement de l’argent par des alternatives moins coûteuses est également étudié ; il pourrait être substitué par du cuivre en premier lieu, mais également par des métaux comme l’aluminium ou le nickel. Bien entendu, plus le cours de l’argent sera élevé, plus ces solutions se montreront attractives, mais ce ne peut être aussi simple : la conversion des installations de production à ces nouveaux matériaux demande en effet du temps et de l’argent. Les fabricants se trouvent ainsi devant des paris difficiles à prendre sur la croissance future du cours de l’argent – un métal qui, par nature, est éminemment spéculatif.

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