La biotech Life Biosciences s'apprête à tester sur l'humain son traitement expérimental ER-100. En s'appuyant sur la reprogrammation cellulaire partielle, cette thérapie génique vise à inverser les dommages du nerf optique. Un saut technologique majeur qui ravive l'espoir de « remonter le temps » biologique, tout en soulevant des défis sanitaires cruciaux.
Aux États-Unis, une équipe de l’université Northwestern a maintenu en vie pendant 48 heures un patient de 33 ans privé de ses deux poumons grâce à un dispositif artificiel sur mesure. Cette prouesse a permis de stabiliser le malade jusqu’à une double greffe.
L’actuel plan comprend la prévention, l’amélioration de la prise en charge des patients, mais aussi l’accélération de plusieurs dépistages - cancers du sein, du col de l’utérus ou colorectaux - et d’incitations à la recherche.
À l’occasion de la journée mondiale contre le cancer, Stéphanie Rist a annoncé que celui du poumon fera désormais l’objet d’un dépistage «de masse», comme celui du sein ou du côlon.
Révolutionner les drones de défense quand on est une mini start-up française, les faire voler au milieu des flammes, comprendre les maladies et notre ADN, créer des robots plus intelligents… et plus sympas, guider l’agriculture au centimètre près… C’est parti pour Électroscope #12.
Drones intercepteurs : le miracle aéronautique alsacien
C’est l’histoire improbable qui agite la presse technologique et militaire française, révélée au grand jour par Vincent Lamigeon. Dans un secteur de la défense verrouillé par des géants et des contrats d’État aux montants souvent astronomiques, une PME alsacienne de 17 employés, ALM Meca, vient de donner une leçon d’agilité industrielle au monde entier. Son nouveau drone, le « Fury », est qualifié de « meilleur drone d’interception au monde » dans sa catégorie. Un appareil qui pourrait jouer un rôle majeur dans la guerre en Ukraine au profit de Kiev, dans un conflit ayant placé les drones en première ligne.
La genèse du projet est en soi une prouesse. Développé en moins d’un an, sur fonds propres, sans aucune subvention de la Direction générale de l’armement (DGA) ni soutien public initial, le Fury affiche des performances qui ridiculisent des programmes dix fois plus coûteux. Propulsé par un microréacteur à kérosène, l’engin atteint la vitesse de 700 km/h, lui permettant de chasser et de neutraliser la plupart des drones en plein vol.
Le succès d’ALM Meca met en lumière une faille dans le modèle traditionnel de l’innovation de défense : la lourdeur administrative face à l’urgence opérationnelle. Dans les conflits modernes ayant démontré la nécessité de solutions anti-drones rapides et peu coûteuses, c’est un petit atelier de mécanique de précision qui apporte la réponse la plus crédible. Le Fury est un véritable manifeste pour la souveraineté industrielle portée par nos PME.
De prédire à expliquer les maladies, le bond en avant de l’IA
Cette semaine marque un tournant pour l’intelligence artificielle appliquée à la biologie et à la médecine. Deux équipes ont publié presque en même temps des résultats qui lèvent enfin un obstacle majeur. Jusqu’ici, les IA médicales étaient très performantes pour prédire des maladies, mais elles restaient incapables d’expliquer pourquoi elles arrivaient à cette conclusion. On les appelait des « boîtes noires ». Aujourd’hui, ces travaux montrent qu’on peut obtenir des prédictions très précises et comprendre les raisons biologiques qui provoquent certaines pathologies. On passe d’une IA qui « devine » à une IA qui commence à « comprendre » les mécanismes profonds du corps humain.
La première avancée concerne la maladie d’Alzheimer. Une jeune entreprise, Goodfire.ai, a travaillé main dans la main avec Prima Mente et leur modèle appelé Pleiades. Jusqu’à présent, on savait déjà détecter assez bien Alzheimer grâce à des analyses d’ADN par simples prélèvements sanguins. Mais l’IA se contentait de dire « oui ou non », sans jamais indiquer sur quoi elle se basait. Pleiades change cela. Les chercheurs ont découvert que la longueur des minuscules fragments d’ADN circulant dans le sang lance un signal très fort, que personne n’avait imaginé. Ces fragments trahissent déjà la maladie bien avant l’apparition des premiers symptômes visibles (perte de mémoire, etc.). L’IA pointe du doigt un mécanisme biologique concret. Les scientifiques disposent maintenant de nouvelles pistes sérieuses à explorer pour mieux comprendre et peut-être ralentir très tôt les effets de la maladie.
La seconde percée vient de Google DeepMind, avec AlphaGenome, présenté dans la revue Nature. Ce modèle s’attaque à ce qu’on appelle la « matière noire » de notre génome. Ces zones d’ADN, qui ne codent pas directement des protéines, mais qui régulent tout le reste (on les compare souvent à des interrupteurs ou des commandes à distance). Jusqu’ici, les outils devaient choisir entre analyser de très longues séquences d’ADN ou en décrypter chaque lettre. AlphaGenome réussit les deux à la fois. Il lit jusqu’à un million de lettres d’ADN d’un coup et prédit, avec une précision exceptionnelle, comment une petite mutation, même très loin d’un gène, va perturber son fonctionnement et contribuer à une maladie. Cela crée une sorte de carte vivante et dynamique du génome humain, bien plus complète qu’avant.
Or, la grande majorité des variations génétiques liées aux maladies (diabète, cancers, troubles rares, etc.) se trouvent justement dans ces zones non codantes, mal comprises.
Pour les patients, cela pourrait signifier l’obtention de diagnostics beaucoup plus précoces, plus fiables et mieux expliqués, que ce soit pour Alzheimer ou pour de très nombreuses autres pathologies génétiques.
Le travailleur en titane et le compagnon de mousse
Deux visions opposées de la robotique viennent d’abattre leurs cartes ! D’un côté, de solides machines en titane capables d’œuvrer en travailleurs infatigables ; de l’autre, des amis domestiques en mousse, pensés pour vivre à nos côtés sans nous effrayer.
Les premiers, Helix 02, nous viennent de Figure AI, une entreprise californienne de pointe. Elle propose une avancée impressionnante en matière d’autonomie corporelle. Au lieu de suivre des instructions rigides ou des séquences programmées à l’avance, son robot « comprend » son propre corps en temps réel. Grâce à une IA unique qui transforme directement ce que voient ses caméras (pixels) en mouvements fluides, il marche, manipule des objets, garde l’équilibre et anticipe les obstacles ou les frottements sans aide humaine. Sa démonstration la plus marquante ? Il vide et recharge entièrement un lave-vaisselle dans une cuisine normale, pendant quatre minutes d’affilée, en combinant marche, gestes précis et équilibre, sans jamais s’arrêter ni avoir besoin d’intervention extérieure. On est très loin des robots qui répètent bêtement les mêmes gestes. Ici, l’IA apprend de ses erreurs presque instantanément et agit comme si elle avait un « instinct physique ». Exactement le genre de robot-travailleur qu’on imagine dans les usines, les entrepôts ou même à la maison pour les tâches pénibles du quotidien.
À l’opposé, la start-up new-yorkaise Fauna Robotics a dévoilé Sprout, un humanoïde qui mise tout sur la douceur et la convivialité. Mesurant environ 1 mètre (la taille d’un enfant de 9 ans) et pesant seulement 22 kilos, il est recouvert d’une mousse souple vert sauge, avec des formes arrondies, sans angles durs ni parties qui pourraient pincer. Il bouge doucement, sans bruit agressif, et surtout possède un visage expressif, avec des sourcils motorisés qui montent et descendent pour montrer la surprise, la joie ou l’attention. L’idée est simple mais puissante : créer un robot que nul (et surtout pas les enfants) n’a peur d’approcher, qu’on peut toucher, bousculer sans risque, et qui invite naturellement à l’interaction sociale. Sprout n’est pas fait pour soulever des charges lourdes ou travailler en usine. Il est conçu pour les environnements humains – maisons, hôtels, écoles, boutiques – où l’acceptation et la confiance comptent plus que la force brute. Exit l’image du robot Terminator qui fait froid dans le dos. Sprout est un petit être attachant qui pourrait un jour nous apporter une brosse à dents dans une chambre d’hôtel ou jouer un rôle de compagnon discret.
Ces deux robots, lancés presque en même temps, montrent que la robotique humanoïde ne va pas vers un unique modèle. D’un côté, la quête de performance maximale et d’autonomie totale pour remplacer ou assister dans les tâches physiques exigeantes ; de l’autre, la priorité donnée à la sécurité, à l’émotion et à l’intégration harmonieuse dans notre vie quotidienne. Ensemble, ils préparent un futur où les robots ne seront plus des machines effrayantes ou impersonnelles, mais des partenaires adaptés à chaque usage.
RTKsub : l’agriculture au centimètre près
Nombreuses sont les machines qui s’appuient sur une infrastructure invisible mais vitale : le positionnement de haute précision. C’est sur ce terrain que le Néerlandais FreshMiners est en train de réaliser un coup de maître avec le lancement du service « RTKsub », présenté comme le plus grand réseau GPS RTK (pour Real Time Kinematic) commercial au monde.
Pour le grand public, le GPS est cet outil qui nous localise à quelques mètres près. Mais pour l’agriculture de précision, cette marge d’erreur est inacceptable. Un tracteur autonome qui sème des graines ou un drone qui inspecte une infrastructure doit se positionner au centimètre près. Jusqu’à récemment, l’accès aux corrections RTK était coûteux, fragmenté ou limité à des zones géographiques restreintes. FreshMiners, connu initialement pour ses activités dans le minage de cryptomonnaies et dans la gestion énergétique, a pivoté intelligemment en s’appuyant sur l’infrastructure décentralisée de GEODNET pour déployer des stations de base à une échelle inédite.
Les implications sont immédiates pour l’agriculture : réduction drastique des intrants (engrais, pesticides) grâce à un épandage ciblé au centimètre près, optimisation des récoltes et automatisation facilitée des flottes de robots agricoles. C’est l’infrastructure du futur qui se met rapidement en place, transformant chaque parcelle agricole ou couloir aérien pour drones en une grille numérique de haute fidélité.
Et le déploiement de la technologie est rapide : la carte de couverture du service affiche un taux d’accessibilité frôlant les 100 % dans plusieurs pays européens (Pays-Bas, Portugal), où une précision de 2 cm est désormais la norme. Cela avance aussi en France !
Le drone pompier insensible à la chaleur
Une troisième catégorie d’aéronefs sans pilote s’apprête à voler là où aucune machine n’était censée survivre. L’Empa (Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche), en Suisse, a officialisé la dernière version de son « FireDrone », un appareil conçu pour opérer au cœur des incendies industriels et forestiers.
L’innovation ne réside pas ici dans l’intelligence artificielle ou la vitesse, mais dans la science des matériaux. Le défi technique n’est pas mince : les drones conventionnels voient leurs structures fondre et leurs batteries exploser dès qu’ils ont l’audace de s’approcher un peu trop près d’un foyer intense. Le FireDrone, lui, utilise une isolation inspirée de l’aérogel, un matériau ultra-léger, pour protéger son électronique vitale (moteurs, caméras, capteurs) de la fournaise jusqu’à 200 °C pendant une dizaine de minutes.
Cette technologie offre aux pompiers un « œil » persistant dans l’enfer. Transmettant des données thermiques et visuelles en temps réel depuis l’intérieur d’un bâtiment en flammes ou au-dessus d’un feu de forêt actif, le FireDrone permet de localiser des victimes ou des sources de danger avant même qu’une équipe humaine ne s’engage.
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1 milliard d’euros. C’est ce que pourrait coûter l’indemnisation des cancers attribués aux essais nucléaires en Polynésie. Une somme colossale, conséquence d’une nouvelle loi votée à l’unanimité. Quand les députés préfèrent l’émotion à la science, l’irrationnel prend le pouvoir.
Lorsque l’indépendance de l’Algérie, en juillet 1962, met fin aux essais nucléaires dans le Sahara, la France cherche un nouveau site d’expérimentation. Après étude, le choix se porte sur les atolls inhabités de Mururoa et Fangataufa, en Polynésie française. Il tient surtout à la très faible densité de population de ces lieux. L’île habitée la plus proche, Tureia, compte alors une centaine d’habitants à 100 km, et l’archipel des Gambier, quelques centaines, à 400 km.
Le premier essai atmosphérique, baptisé Aldébaran, a lieu le 2 juillet 1966. Un désastre. Le nuage radioactif dérive vers l’archipel des Gambier au lieu de la direction initialement prévue, provoquant une contamination des populations locales… qui leur est dissimulée, sans leur offrir de protection particulière. Les autorités estiment l’exposition faible – de l’ordre de 5 millisieverts (mSv), proche des limites alors considérées comme acceptables – et préfèrent éviter toute communication susceptible de susciter un rejet populaire contre des essais présentés comme inoffensifs. Des évaluations ultérieures ont confirmé une exposition moyenne autour de 5 mSv, mais avec de fortes incertitudes liées aux habitudes alimentaires des habitants.
Les essais suivants sont mieux contrôlés. Dans la plupart des cas, les panaches radioactifs se dirigent vers l’Amérique du Sud, à plus de 7 000 km. Seuls quelques tirs contaminent Tureia ou les Gambier, sans atteindre le niveau d’Aldébaran. En 1974, lors de la dernière année des essais atmosphériques, c’est Tahiti – à 1 200 km – qui est touchée. Un épisode crucial pour évaluer l’impact sanitaire des tirs. La grande majorité des Polynésiens vit sur la côte ouest de l’île, qui est relativement épargnée grâce à l’absence de fortes précipitations lors du passage du nuage atomique. À l’inverse, la côte est et certaines zones centrales subissent des retombées plus importantes. Les doses estimées restent incertaines (habitudes alimentaires, déplacements), mais sont de l’ordre de 1 mSv à l’ouest et de quelques mSv à l’est.
La dose fait le poison
Ces niveaux de contamination sont-ils réellement préoccupants ? La radioactivité naturelle varie selon les régions, mais elle atteint souvent plusieurs mSv par an. Un scanner médical délivre couramment quelques mSv. Les travailleurs du nucléaire eux-mêmes peuvent recevoir annuellement jusqu’à 20 mSv, et la limite pour le public (hors sources naturelles et médicales) est fixée à 1 mSv sur la même période. Un seuil volontairement très protecteur, et non une valeur au-delà de laquelle le danger devient significatif.
Le manque de transparence (voire les dissimulations des autorités) nourrit pourtant une profonde et compréhensible défiance. Beaucoup de Polynésiens restent convaincus d’un impact sanitaire majeur, certaines associations évoquant même un « crime contre l’humanité ». Pourtant, les données épidémiologiques n’en témoignent pas. La fréquence globale des cancers en Polynésie n’est pas supérieure à celle de la métropole, sauf pour le cancer de la thyroïde, dont l’incidence élevée s’observe aussi dans d’autres régions du Pacifique et semble davantage liée à des facteurs génétiques. Une étude demandée par le gouvernement à l’INSERM conclut que « les rares études épidémiologiques ne mettent pas en évidence d’impact majeur des retombées des essais nucléaires sur la santé des populations polynésiennes ». Un effet faible ne peut être exclu, mais un impact massif est incompatible avec les observations.
Faute de signal épidémiologique clair, on peut recourir aux modèles de risque établis à partir des survivants d’Hiroshima et Nagasaki. Ils suggèrent que l’exposition aux essais aurait pu provoquer quelques dizaines de cancers supplémentaires en Polynésie. À titre de comparaison, la même population connaît naturellement plusieurs dizaines de milliers de ces pathologies. Pour une dose de 1 à quelques mSv, la probabilité de développer un cancer radio-induit reste très faible, bien inférieure à 1 pour 1 000.
Quand la rumeur prend le pouvoir
Cette analyse rationnelle contraste fortement avec la perception dominante en Polynésie, alimentée par des associations indépendantistes ou antinucléaires. Conscient d’une responsabilité historique, l’État a créé en 2010, via la loi Morin, un dispositif d’indemnisation pour les personnes atteintes de cancers découlant potentiellement des essais conduits. Une commission a examiné chaque dossier, dont la grande majorité n’a pas été reconnue, tant le lien de causalité apparaissait très improbable au vu des doses reçues.
Face à la frustration suscitée par ces refus, la méthodologie a été modifiée, de manière à ce qu’une exposition d’au moins 1 mSv valide la qualité de victime. Une inflexion qui a entraîné une nette hausse des indemnisations, voyant plusieurs centaines de dossiers être acceptés, alors même que la probabilité réelle d’un cancer radio-induit reste hypothétique.
Ce seuil de 1 mSv reste néanmoins hors d’atteinte pour la majorité des habitants de Tahiti, les doses estimées sur la côte ouest — où vit l’essentiel de la population — étant inférieures à ce niveau. Pas de quoi satisfaire la majorité des demandeurs, donc… D’où l’appel à la représentation nationale, sous la forme d’un chantage émotionnel sur ce sujet sensible et culpabilisant pour l’État. Sous l’impulsion des députés Mereana Reid Arbelot (Polynésie française) et Didier Le Gac (Finistère), une proposition de loi a donc été déposée pour faire disparaître ce seuil. Et ce, au prétexte de l’absence de fondement scientifique de celui-ci, au passage fort commode, puisqu’il repose sur l’idée que nul ne peut exclure un rôle de la radioactivité dans la survenue d’un cancer, y compris à faibles doses.
On notera le renversement de la charge de la preuve. Normalement, une personne physique ou morale est considérée coupable si l’on peut démontrer qu’elle est la cause d’un désordre, au-delà d’un doute raisonnable. Ici, l’État est considéré coupable et responsable de la survenue d’un cancer, car on ne peut pas démontrer que ce n’est pas le cas.
Sans surprise, le texte a été adopté à l’unanimité par les 60 députés présents à l’Assemblée nationale le 29 janvier. Il va permettre à plusieurs milliers de personnes ayant vécu en Polynésie à l’époque des essais et ayant développé un cancer d’être officiellement reconnues comme victimes, sans condition de dose minimale. Selon les estimations financières, le coût pour l’État pourrait atteindre l’ordre du milliard d’euros. Rien que ça, alors même que la dette de la France ne cesse d’enfler.
Si cette mesure répond à une attente forte, elle rompt totalement avec une approche scientifique, mais aussi probabiliste. Elle ouvre la voie à des indemnisations pour des cas où la responsabilité des essais apparaît en réalité très improbable. Une politique qui s’exonère des faits et de la rigueur, mais grève réellement les finances publiques sur l’autel de l’émotion…
Artémis II a beau être une mission éminemment politique, avec d'immenses enjeux liés à la conquête spatiale, c'est aussi une aventure à laquelle la science a tenté de se greffer. Résultat : les astronautes qui voyageront vers la Lune en profiteront pour réaliser quelques expériences destinées à faire avancer la science.
Les astronautes de la mission Artémis II sont entrés en quarantaine. Ce protocole est prévu par la Nasa pour éviter que l'équipage tombe malade juste avant le décollage, ce qui pourrait perturber le départ vers la Lune.
Les 4 astronautes de la mission Artémis II doivent bientôt décoller pour un voyage lunaire. Mais que se passerait-il si l'un d'eux tombait malade juste avant le grand jour ?
L’épidémie de variole B (mpox) se poursuit à Madagascar où 133 cas ont été confirmés et plus de 270 sont suspectés. Un premier cas a été recensé à La Réunion d’une personne revenant de la Grande Île.
Les États-Unis ont récemment accordé une aide de 450.000 dollars à Madagascar pour lui permettre de lutter contre la propagation du virus. Image d’illustration.
Rentrés d'urgence de l’ISS pour raison médicale, les astronautes de Crew-11 voient dans cette première historique une preuve de la robustesse des procédures spatiales. Mais derrière ce satisfecit, l’incident rappelle surtout que le filet de sécurité de l’orbite basse n’existera plus une fois en route vers Mars.
Claude, l'IA d'Anthropic, peut désormais se connecter à des données de santé grâce à quatre nouvelles intégrations : Apple Health (iOS), Health Connect (Android), HealthEx et Function Health. La fonctionnalité est pour l'instant proposée en bêta aux États-Unis pour les abonnés Pro et Max.
C’est vertigineux, et aussi précieux qu’angoissant. Savoir, en une nuit, si l’on développera un jour un cancer, une maladie cardiovasculaire ou des troubles neurologiques. De la science-fiction ? Non. Une prouesse déjà rendue possible par l’IA SleepFM.
Prédire précisément l’avenir de la santé d’un individu ? L’idée aurait semblé saugrenue il y a encore quelques années. Elle est pourtant en train de devenir une réalité concrète. Aujourd’hui, à partir d’une simple prise de sang, il est déjà possible d’estimer le risque de développer certaines maladies. L’analyse de gènes de prédisposition permet d’anticiper un cancer du sein, une maladie cardiovasculaire ou certains troubles neurologiques. La médecine dite prédictive progresse à grande vitesse.
Cette évolution repose sur deux piliers. D’abord, l’accumulation massive de données biologiques, génétiques et cliniques. Ensuite, l’essor de l’intelligence artificielle, capable de repérer, dans ces données, des signaux invisibles à l’œil humain. En 2025, plusieurs travaux publiés ont montré que les modèles d’IA pouvaient apprendre à partir de millions de données médicales hétérogènes et produire des prédictions de plus en plus fiables. L’IA n’invente rien. Elle révèle des régularités, des trajectoires, des probabilités.
Mais prédire ne veut pas dire savoir avec certitude. Toute la question est là.
Un exemple frappant vient du sommeil. Il ne représente pas seulement un temps de repos. C’est un phénomène biologique complexe qui reflète l’état du cerveau, du cœur, de la respiration et du métabolisme. Des troubles du sommeil peuvent précéder de plusieurs années l’apparition de maladies comme la démence, l’insuffisance cardiaque ou l’accident vasculaire cérébral.
Une étude récente, publiée début janvier 2026 dans Nature Medicine, a franchi une étape supplémentaire. Des chercheurs ont entraîné un modèle d’intelligence artificielle à partir de plus de 585 000 heures d’enregistrements de sommeil réalisés chez plus de 65 000 personnes. À partir d’une seule nuit, ce modèle, dénommé SleepFM, est capable d’estimer le risque de développer, dans les années suivantes, plus de 100 maladies différentes. Cela inclut la mortalité globale, les maladies cardiovasculaires, la démence ou certains troubles neurologiques.
Autrement dit, une nuit de sommeil permet de développer une sorte de photographie biologique du futur.
Cette performance impressionne. Elle interroge aussi.
Car que faire d’une information prédictive lorsque la probabilité annoncée est très élevée ? Imaginons qu’un test révèle un risque quasi certain de développer une maladie neurologique sévère dans les dix prochaines années. Comment vivre avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête ? Comment se projeter, travailler, aimer, faire des projets, lorsque l’avenir semble déjà écrit par un algorithme ? En réalité, cette situation existe déjà, notamment avec la maladie de Huntington, une pathologie génétique héréditaire. Quand on porte l’anomalie responsable, le risque de déclarer la maladie au cours de la vie est considéré comme quasi certain. C’est précisément pour cela que le dépistage prédictif y est très encadré, avec consultation de génétique, information, temps de réflexion et, souvent, un accompagnement psychologique. On reconnaît ainsi qu’un résultat biologique n’est pas seulement une donnée médicale : c’est aussi un choc possible dans une vie.
Le débat change profondément lorsque la prédiction ouvre une possibilité d’action. Si connaître un risque élevé permet de le limiter, de renforcer un suivi médical ou de proposer un traitement préventif, alors l’intérêt devient majeur. C’est déjà le cas pour certaines maladies cardiovasculaires ou certains cancers héréditaires, où une surveillance adaptée ou des chirurgies préventives sauvent des vies.
Dans le cas du sommeil, l’intérêt potentiel est considérable, car il est modifiable. On peut agir sur l’apnée, la régularité des horaires, la durée, la qualité respiratoire ou l’exposition à certains médicaments. Si un modèle d’IA identifie un risque accru de démence ou d’insuffisance cardiaque à partir du sommeil, cela ouvre la voie à des interventions précoces, simples et non invasives. Mieux dormir pour retarder ou éviter la maladie.
Il faut toutefois rester prudent. Les personnes incluses dans ces études ne représentent pas toute la population. Beaucoup ont été adressées pour des troubles du sommeil ou des problèmes de santé. Les prédictions sont statistiques, pas individuelles. Et les mécanismes biologiques précis reliant le sommeil à chaque maladie restent, pour une large part, à élucider.
La tentation serait grande de transformer ces outils en oracles modernes. Ce serait une erreur. L’IA ne doit pas décider à la place du patient ou du médecin. Elle doit éclairer, pas enfermer. La prédiction n’a de sens que si elle s’accompagne d’un choix, d’une discussion, d’une possibilité d’agir.
La médecine de demain ne sera ni totalement prédictive ni totalement curative. Elle sera plus anticipatrice, plus personnalisée, mais aussi plus exigeante sur le plan éthique. Savoir ce que l’on risque n’est pas toujours une bonne nouvelle. C’est une responsabilité.
L’étude sur le sommeil montre surtout une chose : notre corps parle avant que la maladie ne s’exprime. Encore faut-il savoir l’écouter, et surtout savoir quoi faire de ce qu’il nous dit.
Les xénobots attirent aujourd’hui l’attention. Cette nouvelle catégorie de « robots vivants », fabriqués à partir de cellules d’amphibien et conçus grâce à des algorithmes, est capable de se déplacer, de se réparer et même, dans certaines expériences, de se reproduire en assemblant de nouveaux agrégats cellulaires. Ces entités questionnent la frontière entre machine et organisme. Des études récentes détaillent mieux leur fonctionnement moléculaire et ravivent les débats éthiques sur le contrôle de ces formes de vie programmables.
Le suivi de la qualité de l’air s’est grandement démocratisé grâce à l’essor de microcapteurs électroniques accessibles à tout un chacun. Ces dispositifs sont-ils performants, et à quelles conditions peuvent-ils fournir une information utilisable ? État des lieux.
C’est l’inquiétude de la rentrée : les conservateurs alimentaires augmenteraient le risque de cancer et de diabète. Mais attention : une corrélation n’est pas une preuve de causalité, et ces additifs rendent des services précieux dans la lutte contre les contaminations et le gaspillage alimentaire.
La cohorte NutriNet-Santé est une grande étude épidémiologique française lancée en 2009 et entièrement en ligne. Des volontaires, âgés de 15 ans et plus, y décrivent régulièrement leur alimentation via des rappels de 24 heures, ainsi que leur état de santé et leurs habitudes de vie.
Deux articles publiés début janvier 2026, relayés par l’Inserm, exploitent ces données collectées entre 2009 et 2023. 105 260 participants ont été inclus pour l’analyse dédiée au « cancer » et 108 723 pour celle consacrée au « diabète ». La cohorte étant composée à près de 80 % de femmes, d’un âge moyen de 42 ans, la prudence reste donc de mise avant de généraliser ces résultats à l’ensemble de la population.
Nous avions déjà évoqué cette même cohorte lorsqu’elle avait servi à alerter sur des risques éventuels liés à l’aspartame, et nous en avions discuté les limites.
Il s’agissait ici notamment d’étudier le rôle et les conséquences de la consommation de certains conservateurs. Ceux considérés par l’étude appartiennent au large groupe des additifs autorisés en Europe (codes E200 à E297 environ), parmi lesquels les sorbates, sulfites, nitrites et nitrates, benzoates, acétates, propionates ou encore certains antioxydants comme l’érythorbate de sodium. Leur rôle essentiel consiste à empêcher la prolifération microbienne, à prolonger la conservation des produits et à garantir la sécurité sanitaire des aliments transformés. Grâce à une méthode d’estimation fine, combinant déclarations précises des produits consommés, bases de données actualisées et dosages en laboratoire, les chercheurs ont pu évaluer l’exposition individuelle avec une précision supérieure aux travaux antérieurs. Il s’agit néanmoins d’une étude observationnelle : elle révèle des associations statistiques, sans pouvoir démontrer un lien causal direct.
Concernant le cancer, sur plus de 4 200 cas diagnostiqués, la consommation globale de tous les conservateurs confondus ne montre pas d’excès de risque significatif. En revanche, une consommation plus élevée du groupe des conservateurs non antioxydants est associée à une augmentation modeste du risque (environ 16 % chez les plus forts consommateurs par rapport aux plus faibles), ce qui se traduit, à soixante ans, par un risque absolu passant de 12,1 % à 13,3 %. Parmi les substances les plus souvent citées figurent les sorbates, les sulfites (dont le métabisulfite de potassium), les nitrites et nitrates, ainsi que certains acétates, avec des signaux plus marqués selon les localisations (cancers tous sites confondus, sein, prostate). À l’inverse, onze des dix-sept conservateurs analysés individuellement ne présentent aucune association mesurable avec un sur-risque.
Pour le diabète de type 2, sur un peu plus de 1 100 cas observés dans une population relativement jeune, les plus forts consommateurs affichent un risque relatif augmenté d’environ 47 % par rapport aux plus faibles. Douze conservateurs individuels sont concernés, parmi lesquels reviennent fréquemment le sorbate de potassium, le métabisulfite de potassium, le nitrite de sodium, l’acide acétique, plusieurs acétates et certains antioxydants.
Ces associations, quoique statistiquement détectables, demeurent modestes et particulièrement sensibles à divers biais inhérents à l’épidémiologie observationnelle : imprécisions inévitables dans les mesures, caractéristiques propres aux volontaires de la cohorte, facteurs confondants non entièrement maîtrisés malgré des ajustements très poussés. Surtout, plusieurs de ces substances sont étroitement liées aux aliments qui les véhiculent. Par exemple, les nitrites et nitrates proviennent majoritairement des viandes transformées, déjà classées cancérogènes probables pour l’homme, tandis que les sulfites sont très présents dans les boissons alcoolisées, dont l’effet délétère sur le risque de cancers (notamment du sein) est solidement établi.
À titre de comparaison, le tabac multiplie le risque de cancer du poumon par vingt à trente chez les gros fumeurs de longue date, et chaque tranche quotidienne de dix grammes d’alcool augmente le risque de cancer du sein d’environ sept pour cent. Ces ordres de grandeur rappellent que les signaux observés autour des conservateurs, bien qu’ils méritent une attention soutenue et des confirmations dans d’autres populations, restent très éloignés des facteurs de risque majeurs et incontestés.
Ces travaux soulignent une tension classique en santé publique. Les conservateurs rendent un service précieux en limitant les contaminations, en réduisant le gaspillage alimentaire et en maintenant l’accessibilité économique de nombreux produits. Les associations mises en évidence appellent à des études complémentaires, sur des cohortes plus diversifiées et sur des durées plus longues, avant toute inflexion réglementaire. En attendant, le conseil le plus solide et le plus pragmatique pour le grand public demeure de favoriser une alimentation variée, majoritairement peu transformée, riche en produits bruts ou fraîchement préparés, tout en gardant à l’esprit que les leviers de prévention les plus puissants résident toujours dans l’arrêt du tabac, la modération alcoolique, un équilibre nutritionnel global et une activité physique régulière.
La Nasa et SpaceX s'activent pour préparer la récupération de l'astronaute malade, dont l'identité et la maladie demeurent secrètes. Au sol comme dans l'espace, les préparatifs se finalisent, pour un retour prévu à la mi-janvier 2026.
La Nasa et SpaceX s'activent pour préparer la récupération de l'astronaute malade, dont l'identité et l'affliction demeurent secrètes. Au sol comme dans l'espace, les préparatifs se finalisent, pour un retour prévu à la mi-janvier 2026.
Ce qui ressemblait hier encore à de la science-fiction est désormais une réalité clinique : l’édition du génome humain avec CRISPR-Cas9 commence à guérir des maladies jusque-là incurables. Mais où en est réellement cette révolution annoncée ? Entre premiers succès cliniques, limites techniques et questions éthiques persistantes, les thérapies issues de CRISPR dessinent un paysage où promesses et prudence sont désormais indissociables.