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Health Data Hub : deux outils pour anticiper l’espace européen des données de santé

27 mai 2026 à 12:02
En espérant que ça ne les rend pas encore plus accessibles aux pirates
Health Data Hub : deux outils pour anticiper l’espace européen des données de santé

Dans le cadre de l’espace européen des données de santé, le Health data hub français vient de lancer deux outils concernant l’accès à ce genre de données : un répertoire qui permet de connaître les projets de recherche qui utilisent telle base de données et un catalogue qui donne des informations plus techniques pour y accéder.

La Plateforme des données de santé française (PDS ou en anglais HDH pour Health data hub) met en place des outils pour anticiper les futures exigences du règlement relatif à l’Espace européen des données de santé (EEDS) qui doit permettre de donner de la visibilité, de la lisibilité et de la transparence sur les données de santé disponibles en France et sur leur réutilisation.

Un appel d’offres européen de 24 millions d’euros

De plus en plus de données de santé sont récupérées, que ce soit par les industriels ou les hôpitaux, pour faire avancer la recherche. Depuis 2022, l’Europe bâtit petit à petit son projet d’Espace européen des données de santé qu’elle a formellement validé en février 2025 dans un règlement. « L’EEDS sera un élément clé de la création d’une Union de la santé européenne forte et résiliente », assurait ce texte. Si celui-ci « devrait être applicable à compter du 26 mars 2027 », plusieurs dispositions s’appliqueront à partir de 2029. En avril, la Commission a lancé un appel d’offres de 24 millions d’euros « pour soutenir les droits des citoyens et la réutilisation des données de santé dans le cadre de l’EEDS ».

Dans ce cadre, la Plateforme des données de santé française annonce prendre les devants en rendant disponible un répertoire national des bases de données de santé. Comme elle l’indique, le référencement dans ce répertoire national « s’inscrit dans une dynamique qui deviendra pleinement obligatoire à horizon 2029 ».

Un répertoire pour informer le plus grand nombre

Ce répertoire recense les bases de données autorisées par la CNIL et visées par ce règlement. Il est utile pour n’importe quelle personne qui voudrait se renseigner sur un projet de base de données de recherche, mais il permet aussi d’informer plus spécifiquement les personnes dont les données ont été collectées sur leurs utilisations et sur la procédure pour exercer ses droits d’accès, de rectification, d’opposition, d’effacement et de limitation. Elle permet aussi à des porteurs de projets de s’informer sur les coûts de redevance pour accéder à une base.

Par exemple, on peut connaître tous les détails concernant la Banque Nationale de Données Maladies Rares. Comme la plupart des bases de données répertoriées, celle-ci est disponible via l’entrepôt de la PDS, puisque celui-ci doit théoriquement servir de guichet unique. Mais ce n’est pas ce répertoire qui permet d’y accéder directement. Celui-ci permet de valoriser et rendre disponibles les données des projets « à l’échelle nationale et, demain, à l’échelle européenne ». Un formulaire hébergé sur demarche.numerique.gouv.fr permet de référencer son projet.

Un catalogue pour aller plus dans les détails

L’autre outil proposé par la PDS est un catalogue de meta-données. Celui-ci, ciblant plus les porteurs de projets (chercheurs, industriels, acteurs de santé,…), permet de rentrer plus en détail sur le projet et les données stockées dans la base. Ainsi, en reprenant l’exemple de la Banque Nationale de Données Maladies Rares, on peut connaitre l’objectif initial de la base, sa couverture géographique, etc… mais aussi les caractéristiques complètes de la base comme le nombre d’individus uniques qu’elle concerne ou même la structure des données :

Ainsi, le catalogue doit permettre à un porteur de projet de gagner du temps pour évaluer si une base de données peut lui être utile. Il facilite aussi l’identification et la réutilisation des bases françaises, qu’il documente selon le standard Health DCAT-AP.

Pour intégrer ce catalogue, la PDS propose un formulaire en ligne pour générer un fichier de métadonnées et un kit documentaire. Le code du catalogue est disponible en « marque blanche » pour permettre à d’autres organismes de déployer le leur en étant compatible avec l’Espace européen des données de santé.

La PDS permet, « en une seule saisie, un double référencement » dans ces deux nouveaux outils.

Health Data Hub : deux outils pour anticiper l’espace européen des données de santé

27 mai 2026 à 12:02
En espérant que ça ne les rend pas encore plus accessibles aux pirates
Health Data Hub : deux outils pour anticiper l’espace européen des données de santé

Dans le cadre de l’espace européen des données de santé, le Health data hub français vient de lancer deux outils concernant l’accès à ce genre de données : un répertoire qui permet de connaître les projets de recherche qui utilisent telle base de données et un catalogue qui donne des informations plus techniques pour y accéder.

La Plateforme des données de santé française (PDS ou en anglais HDH pour Health data hub) met en place des outils pour anticiper les futures exigences du règlement relatif à l’Espace européen des données de santé (EEDS) qui doit permettre de donner de la visibilité, de la lisibilité et de la transparence sur les données de santé disponibles en France et sur leur réutilisation.

Un appel d’offres européen de 24 millions d’euros

De plus en plus de données de santé sont récupérées, que ce soit par les industriels ou les hôpitaux, pour faire avancer la recherche. Depuis 2022, l’Europe bâtit petit à petit son projet d’Espace européen des données de santé qu’elle a formellement validé en février 2025 dans un règlement. « L’EEDS sera un élément clé de la création d’une Union de la santé européenne forte et résiliente », assurait ce texte. Si celui-ci « devrait être applicable à compter du 26 mars 2027 », plusieurs dispositions s’appliqueront à partir de 2029. En avril, la Commission a lancé un appel d’offres de 24 millions d’euros « pour soutenir les droits des citoyens et la réutilisation des données de santé dans le cadre de l’EEDS ».

Dans ce cadre, la Plateforme des données de santé française annonce prendre les devants en rendant disponible un répertoire national des bases de données de santé. Comme elle l’indique, le référencement dans ce répertoire national « s’inscrit dans une dynamique qui deviendra pleinement obligatoire à horizon 2029 ».

Un répertoire pour informer le plus grand nombre

Ce répertoire recense les bases de données autorisées par la CNIL et visées par ce règlement. Il est utile pour n’importe quelle personne qui voudrait se renseigner sur un projet de base de données de recherche, mais il permet aussi d’informer plus spécifiquement les personnes dont les données ont été collectées sur leurs utilisations et sur la procédure pour exercer ses droits d’accès, de rectification, d’opposition, d’effacement et de limitation. Elle permet aussi à des porteurs de projets de s’informer sur les coûts de redevance pour accéder à une base.

Par exemple, on peut connaître tous les détails concernant la Banque Nationale de Données Maladies Rares. Comme la plupart des bases de données répertoriées, celle-ci est disponible via l’entrepôt de la PDS, puisque celui-ci doit théoriquement servir de guichet unique. Mais ce n’est pas ce répertoire qui permet d’y accéder directement. Celui-ci permet de valoriser et rendre disponibles les données des projets « à l’échelle nationale et, demain, à l’échelle européenne ». Un formulaire hébergé sur demarche.numerique.gouv.fr permet de référencer son projet.

Un catalogue pour aller plus dans les détails

L’autre outil proposé par la PDS est un catalogue de meta-données. Celui-ci, ciblant plus les porteurs de projets (chercheurs, industriels, acteurs de santé,…), permet de rentrer plus en détail sur le projet et les données stockées dans la base. Ainsi, en reprenant l’exemple de la Banque Nationale de Données Maladies Rares, on peut connaitre l’objectif initial de la base, sa couverture géographique, etc… mais aussi les caractéristiques complètes de la base comme le nombre d’individus uniques qu’elle concerne ou même la structure des données :

Ainsi, le catalogue doit permettre à un porteur de projet de gagner du temps pour évaluer si une base de données peut lui être utile. Il facilite aussi l’identification et la réutilisation des bases françaises, qu’il documente selon le standard Health DCAT-AP.

Pour intégrer ce catalogue, la PDS propose un formulaire en ligne pour générer un fichier de métadonnées et un kit documentaire. Le code du catalogue est disponible en « marque blanche » pour permettre à d’autres organismes de déployer le leur en étant compatible avec l’Espace européen des données de santé.

La PDS permet, « en une seule saisie, un double référencement » dans ces deux nouveaux outils.

Aux États-Unis, les forces de l’ordre alertent contre un « extrémisme anti-technologie »

27 mai 2026 à 08:03
Qu'entendez-vous par extrêmisme ?
Aux États-Unis, les forces de l’ordre alertent contre un « extrémisme anti-technologie »

Aux niveaux local et fédéral des États-Unis, différents services de renseignement et de maintien de l’ordre surveillent de plus en plus les mouvements d’opposition à l’intelligence artificielle ou à l’édification de certains centres de données. Un service évoque même la possibilité d’un « extrémisme anti-technologie », aux caractéristiques floues.

À force d’inquiétude généralisée envers les effets de l’intelligence artificielle (IA) sur les emplois, de manifestations contre des centres de données et d’attaques contre le domicile de Sam Altman, les forces de l’ordre états-uniennes discutent d’un nouveau risque : l’extrémisme anti-technologie. C’est du moins l’image qu’un rapport non publié du ministère de la Sécurité intérieure local, obtenu par Wired, dessine.

L’arrestation en février 2025 de Ziz Laota, accusée d’avoir mené un groupe à la manière d’une secte, pourrait accréditer la thèse de l’existence d’un tel extrémiste. Surnommés les « Zizians » dans les médias états-uniens, ce groupe d’ingénieurs obsédés par les risques existentiels de l’IA est en effet suspecté d’avoir causé au moins six morts.

En l’état, cela dit, le concept d’« extrémisme anti-tech » est proposé avec une définition si vague que certains experts craignent une instrumentalisation. Les mouvements d’opposition au déploiement de l’IA ou à l’expansion de son infrastructure se multiplient à travers les États-Unis, alors que certains sondages estiment à 71 % la part des Américains opposés à la construction de nouveaux centres de données. Mais le gouvernement Trump s’est fait l’ardent promoteur de cette industrie.

Des catégories floues

De fait, cette nouvelle catégorie d’extrémisme surveillée par le FBI et les services antiterroristes états-uniens apparaît quelques mois seulement après que Donald Trump a déclaré que l’antifascisme était une forme de terrorisme, et ordonné au ministère de la Justice de réprimer les personnes démontrant des opinions « anti-américaine », « anti-chrétienne » et « anti-capitaliste ».

Alors que la stratégie antiterroriste publiée mi-mai (.pdf) par son administration place l’extrémisme d’extrême-gauche parmi les trois priorités antiterroristes du pays, des documents de travail du Bureau new-yorkais du renseignement et de la lutte contre le terrorisme introduisent ce fameux concept d’« extrémisme violent anti-tech » sans le définir précisément. Si l’expression n’apparaît pas pour le moment dans les documents émis par le FBI ou le ministère de la Sécurité intérieure, ces fichiers trahissent une attention accrue portée aux mouvements critiques de l’industrie de l’IA à travers le pays.

Le rapport de la police new-yorkaise fait notamment suite à un travail conjoint mené avec le FBI dans le cadre d’une enquête sur des « acteurs anarchistes extrémistes violents ». Ailleurs, à travers les États-Unis, les centres dédiés à faire le lien entre agences de renseignement fédérales et forces de l’ordre locales collectent quant à eux de l’information sur les mouvements qui s’inquiètent de l’avancée de l’IA, ou sur des menaces présumées contre des centres de données.

En Virginie du Nord, l’un de ces centres catégorise comme démonstration de risque de violence des comportements vagues. Dans son rapport, Wired relève que des activités comme des « menaces exprimées ou implicites », « l’observation ou la surveillance », la « photographie », le « test des dispositifs de sécurité » et les « tentatives d’intrusion » sont toutes citées comme de potentielles démonstrations d’extrêmisme.

En mars, un autre de leurs rapports démontrait une surveillance accrue de manifestations protégées par la Constitution des États-Unis. Ainsi de rassemblements anti-Tesla, ou d’une manifestation titrée « Break Up with Red Rager » organisée par un groupe d’activistes visant à stopper les investissements dans le fabricant d’arme israélien Elbit.

Inévitabilité de l’IA contre mobilisations citoyennes

Conseiller juridique du Fonds de défense juridique de la NAACP, une organisation de défense des droits civiques, Spencer Reynolds estime auprès du magazine que ce type de « rapport d’activités suspectes sont incroyablement peu fiables : ils concernent souvent des comportements vagues ou innocents et sont établis selon des critères très laxistes », avec le risque de laisser les agents « y projeter leurs propres préjugés ». Le FBI, lui, déclare simplement enquêter sur les personnes qui « commettent ou ont l’intention de commettre des actes de violence » ou « représentent une menace pour la sécurité nationale ».

En 2023, le capital-risqueur et cofondateur du fonds Andreessen Horowitz Marc Andreessen tenait un discours qui peut désormais se lire comme annonciateur de la tendance visible au sein des forces de l’ordre états-uniennes. « Toute décélération de l’IA coûterait des vies », affirmait-il dans son « manifeste techno-optimiste ». Depuis, nombreux sont les dirigeants de sociétés constructrices ou financeuses du développement de l’IA qui décrivent son déploiement dans tous les pans de la société comme inévitable.

Pour autant, comme le démontre un récent travail mené par la journaliste et autrice de l’essai Empire Of AI Karen Hao, la résistance à cette lame de fond est déjà présente et active, partout sur le globe. Avec une équipe incluant notamment des membres du DAIR Institute, cofondé par l’ingénieure Timnit Gebru, la journaliste a constitué une liste d’exemples d’actions concrètes de résistance à l’IA. Ces dernières vont de l’adaptation des récits et de l’imagerie relative à l’IA jusqu’à son refus pur et simple, en passant par la construction de systèmes alternatifs. Or, aux États-Unis, elle s’incarne déjà jusque dans des manifestations bipartisanes contre certains centres de données.

Aux États-Unis, les forces de l’ordre alertent contre un « extrémisme anti-technologie »

27 mai 2026 à 08:03
Qu'entendez-vous par extrêmisme ?
Aux États-Unis, les forces de l’ordre alertent contre un « extrémisme anti-technologie »

Aux niveaux local et fédéral des États-Unis, différents services de renseignement et de maintien de l’ordre surveillent de plus en plus les mouvements d’opposition à l’intelligence artificielle ou à l’édification de certains centres de données. Un service évoque même la possibilité d’un « extrémisme anti-technologie », aux caractéristiques floues.

À force d’inquiétude généralisée envers les effets de l’intelligence artificielle (IA) sur les emplois, de manifestations contre des centres de données et d’attaques contre le domicile de Sam Altman, les forces de l’ordre états-uniennes discutent d’un nouveau risque : l’extrémisme anti-technologie. C’est du moins l’image qu’un rapport non publié du ministère de la Sécurité intérieure local, obtenu par Wired, dessine.

L’arrestation en février 2025 de Ziz Laota, accusée d’avoir mené un groupe à la manière d’une secte, pourrait accréditer la thèse de l’existence d’un tel extrémiste. Surnommés les « Zizians » dans les médias états-uniens, ce groupe d’ingénieurs obsédés par les risques existentiels de l’IA est en effet suspecté d’avoir causé au moins six morts.

En l’état, cela dit, le concept d’« extrémisme anti-tech » est proposé avec une définition si vague que certains experts craignent une instrumentalisation. Les mouvements d’opposition au déploiement de l’IA ou à l’expansion de son infrastructure se multiplient à travers les États-Unis, alors que certains sondages estiment à 71 % la part des Américains opposés à la construction de nouveaux centres de données. Mais le gouvernement Trump s’est fait l’ardent promoteur de cette industrie.

Des catégories floues

De fait, cette nouvelle catégorie d’extrémisme surveillée par le FBI et les services antiterroristes états-uniens apparaît quelques mois seulement après que Donald Trump a déclaré que l’antifascisme était une forme de terrorisme, et ordonné au ministère de la Justice de réprimer les personnes démontrant des opinions « anti-américaine », « anti-chrétienne » et « anti-capitaliste ».

Alors que la stratégie antiterroriste publiée mi-mai (.pdf) par son administration place l’extrémisme d’extrême-gauche parmi les trois priorités antiterroristes du pays, des documents de travail du Bureau new-yorkais du renseignement et de la lutte contre le terrorisme introduisent ce fameux concept d’« extrémisme violent anti-tech » sans le définir précisément. Si l’expression n’apparaît pas pour le moment dans les documents émis par le FBI ou le ministère de la Sécurité intérieure, ces fichiers trahissent une attention accrue portée aux mouvements critiques de l’industrie de l’IA à travers le pays.

Le rapport de la police new-yorkaise fait notamment suite à un travail conjoint mené avec le FBI dans le cadre d’une enquête sur des « acteurs anarchistes extrémistes violents ». Ailleurs, à travers les États-Unis, les centres dédiés à faire le lien entre agences de renseignement fédérales et forces de l’ordre locales collectent quant à eux de l’information sur les mouvements qui s’inquiètent de l’avancée de l’IA, ou sur des menaces présumées contre des centres de données.

En Virginie du Nord, l’un de ces centres catégorise comme démonstration de risque de violence des comportements vagues. Dans son rapport, Wired relève que des activités comme des « menaces exprimées ou implicites », « l’observation ou la surveillance », la « photographie », le « test des dispositifs de sécurité » et les « tentatives d’intrusion » sont toutes citées comme de potentielles démonstrations d’extrêmisme.

En mars, un autre de leurs rapports démontrait une surveillance accrue de manifestations protégées par la Constitution des États-Unis. Ainsi de rassemblements anti-Tesla, ou d’une manifestation titrée « Break Up with Red Rager » organisée par un groupe d’activistes visant à stopper les investissements dans le fabricant d’arme israélien Elbit.

Inévitabilité de l’IA contre mobilisations citoyennes

Conseiller juridique du Fonds de défense juridique de la NAACP, une organisation de défense des droits civiques, Spencer Reynolds estime auprès du magazine que ce type de « rapport d’activités suspectes sont incroyablement peu fiables : ils concernent souvent des comportements vagues ou innocents et sont établis selon des critères très laxistes », avec le risque de laisser les agents « y projeter leurs propres préjugés ». Le FBI, lui, déclare simplement enquêter sur les personnes qui « commettent ou ont l’intention de commettre des actes de violence » ou « représentent une menace pour la sécurité nationale ».

En 2023, le capital-risqueur et cofondateur du fonds Andreessen Horowitz Marc Andreessen tenait un discours qui peut désormais se lire comme annonciateur de la tendance visible au sein des forces de l’ordre états-uniennes. « Toute décélération de l’IA coûterait des vies », affirmait-il dans son « manifeste techno-optimiste ». Depuis, nombreux sont les dirigeants de sociétés constructrices ou financeuses du développement de l’IA qui décrivent son déploiement dans tous les pans de la société comme inévitable.

Pour autant, comme le démontre un récent travail mené par la journaliste et autrice de l’essai Empire Of AI Karen Hao, la résistance à cette lame de fond est déjà présente et active, partout sur le globe. Avec une équipe incluant notamment des membres du DAIR Institute, cofondé par l’ingénieure Timnit Gebru, la journaliste a constitué une liste d’exemples d’actions concrètes de résistance à l’IA. Ces dernières vont de l’adaptation des récits et de l’imagerie relative à l’IA jusqu’à son refus pur et simple, en passant par la construction de systèmes alternatifs. Or, aux États-Unis, elle s’incarne déjà jusque dans des manifestations bipartisanes contre certains centres de données.

Têtes de cochon, mosquées : les documents qui éclairent la « frappe cognitive » russe

26 mai 2026 à 13:21
Désinformation hybride
Têtes de cochon, mosquées : les documents qui éclairent la « frappe cognitive » russe

Préparatifs des dépôts de têtes de cochons devant des mosquées parisiennes, échanges entre une agence d’influence et l’administration russe… De nouveaux documents éclairent la manière qu’a la Russie de tenter de cliver les opinions occidentales.

Dix têtes de cochons sur lesquelles sont écrites, à la peinture bleue, « Macron ». À l’arrière de la table sont posés les pinceaux qui ont permis de réaliser cette mise en scène.

Des documents obtenus par les journalistes du média estonien Delfi et partagés avec l’Organized Crime and Corruption Reporting Project, Le Monde et d’autres médias permettent de mieux comprendre comment et pourquoi neuf mosquées et centre culturels islamiques parisiens ont été visés, en septembre 2025, par une attaque islamophobe. Au matin, chacune avait découvert devant sa porte les têtes de cochons ensanglantées et peintes.

La photo des préparatifs, elle, se trouve sur la première page d’un document détaillant concrètement les préparatifs de l’attaque, a priori à destination de ses commanditaires. Détaillant ce qu’ils qualifient de « frappes cognitives » contre l’Occident, ces fichiers émanent de plusieurs sociétés proches de l’Administration du président de Russie, en particulier de la Social Design Agency (SDA). Cette dernière s’est fait une spécialité des opérations d’ingérence et est déjà soumise à des sanctions des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’Union européenne pour de précédentes campagnes d’influence.

Les documents comprennent aussi les captures d’écran d’un logiciel de messagerie utilisé conjointement par les équipes de la SDA et des représentants de l’administration russe. Enjeu affiché de ces opérations : « préserver [l’]image de superpuissance » de la Russie sur la scène internationale. « Plus la Russie mène de campagnes d’influence actives à travers le monde, plus l’image de la Russie en tant que puissance mondiale s’en trouve renforcée », indique l’un des textes.

Des projets abandonnés et d’autres effectivement menés en France

Si plusieurs pays occidentaux sont visés, la France a notamment subi depuis deux ans de multiples opérations qui mêlent ainsi le recours à des actions menées hors ligne par des hommes de main, pour ensuite alimenter le désordre dans le débat public. Outre l’opération « Tête de cochon », les documents récupérés citent notamment l’opération « Synagogues vertes », qui décrit les jets de peinture verte à l’encontre du Mémorial de la Shoah, d’un restaurant et de plusieurs synagogues parisiennes, fin 2025.

D’après Le Monde, la note indique clairement que « l’objectif de cette action était de discréditer les autorités françaises, jugées incapables d’endiguer la montée de l’antisémitisme islamiste à Paris ». Elle souligne que l’action a fait la une des journaux du monde entier.

Dans le lot des documents fuités, certains concernent des projets a priori abandonnés. L’un d’eux consistait à asperger de peinture la statue du Général de Gaulle située sur les Champs-Élysées, pour attaquer les positions pro-russes de son petit-fils Pierre de Gaulle. Un autre aurait constitué à lancer des poupées gonflables sur la Seine, « 20 blanches, 10 noires », après y avoir inscrit un slogan anti-immigrés. Ces divers projets semblent ne pas avoir dépassé l’étape de la réflexion.

Influenceurs pro-russes, vandalisme et interférences électorales

Leur nombre traduit néanmoins l’intérêt des agents d’influence pour ce type d’opérations dites « hybrides », qui recourent à une opération physique pour laisser le cycle de l’information et des réseaux sociaux prendre le relais.

Comme celle des « têtes de cochon », l’opération des étoiles bleues de David peintes dans Paris en octobre 2023 avait ainsi fait l’objet de vastes débats médiatiques dans les dix jours suivant leur découverte, avant que leur nature d’opération de propagande ne soit révélée. Les deux soulignent aussi la relative inefficacité des opérations d’ingérence orchestrées à partir de faux articles de presse, assez peu consultés par les internautes.

En mars, trois ressortissants Serbes ont été condamnés dans leur pays pour avoir déposé les neuf têtes de cochons devant les mosquées et autres lieux musulmans de région parisienne. Ils avaient été arrêtés aux côtés de huit autres personnes dans le cadre d’une enquête plus large sur des actes de vandalisme menés contre des mosquées et des synagogues. Ils agissaient « sur les instructions d’un service de renseignement étranger », indiquait à l’époque le ministère de l’intérieur serbe, et avaient commis des actes similaires sur le sol allemand – notamment en déposant des squelettes en plastique à la Porte de Brandebourg, proche du mémorial de l’Holocauste, à Berlin.

Outre les actions de vandalisme opérées en France et en Allemagne, les projets détaillés dans le jeu de documents concernent divers projets de promotion des intérêts pro-russes par la voix d’influenceurs de leaders d’opinion occidentaux, et l’interférence lors de campagnes électorales. Les élections parlementaires arméniennes, qui se tiendront le 7 juin, sont notamment dans le viseur. But affiché : freiner le tournant occidental du pays, notamment en recourant à un média orienté vers les électeurs russophones.

☕️ LinkedIn va (enfin) limiter la portée des contenus générés par IA

25 mai 2026 à 14:52


Ces derniers mois, LinkedIn est à la fois devenu une « safe place » bien plus qualitative que X.com, avec des partages de contenus de grande qualité, mais également un réseau social pollué d’experts autoproclamés partageant leurs tutos consacrés à l’IA et à l’automatisation à tous ceux qui « likent » leurs billets, et répètent « prompt » ou tel ou tel mot-clef en commentaire.

Au point que Laura Lorenzetti, vice-présidente et rédactrice en chef de LinkedIn, y déplore la recrudescence de l’« AI slop » (du nom donné aux contenus bas de gamme générés par IA), « qui peuvent sembler soignés à première vue, mais qui manquent cruellement de perspective originale ou de substance ».

Dans un message intitulé « Garder des conversations authentiques sur LinkedIn », dont le premier paragraphe fait curieusement penser à un contenu généré par IA, elle déplore qu’ « à une époque où de plus en plus de personnes ont besoin d’aide pour s’y retrouver dans le monde du travail, il est plus important que jamais qu’elles puissent s’inspirer de témoignages concrets, de points de vue authentiques et d’une expertise issue de l’expérience vécue » :

« Lorsque l’IA est utilisée à outrance, en particulier à grande échelle et de manière automatisée, elle dilue les précieuses perspectives que peuvent susciter de véritables conversations humaines. Il n’y a aucun mal à recourir à l’IA pour vous aider à rédiger, mais vos publications et vos commentaires doivent refléter votre voix et vos points de vue. C’est l’être humain qui se cache derrière l’outil qui apporte la valeur ajoutée ultime. »

Pour y remédier, LinkedIn compte prendre des « mesures concrètes pour lutter contre les outils d’automatisation, réduire le contenu générique et renforcer l’authenticité ». Des « systèmes technologiques » ont été développés en collaboration avec son équipe éditoriale, dont les membres ont été formés à détecter les signes d’une « utilisation négligente de l’IA » et les contenus « qui semblent génériques ou répétitifs, même s’ils paraissent soignés à première vue ».

LinkedIn compte également lutter contre les commentaires créés et publiés en masse à l’aide d’outils d’automatisation, « avec peu ou pas d’intervention humaine », ainsi que les réponses qui se contentent de reprendre le message d’origine, sans valeur ajoutée.

« Lorsqu’un contenu semble avoir été généré par IA et manque de perspective claire », il aura « moins de chances d’être largement diffusé au-delà du réseau immédiat de la personne », précise Laura Lorenzetti, afin de contribuer à « préserver un espace pour des contributions plus réfléchies ».

Les premiers résultats seraient « encourageants » et auraient permis d’identifier « correctement » les contenus génériques dans 94 % des cas. Des membres leur auraient même fait savoir qu’ils voyaient déjà moins de publications de ce type dans leur fil d’actualité en provenance de l’extérieur de leur réseau, « ce qui devrait se confirmer au fil du temps ».

« Ces mises à jour visent à préserver la qualité de l’expérience sur LinkedIn afin que, lorsque vous vous engagez, vous interagissiez avec de vraies personnes qui expriment leur point de vue authentique », conclut la rédactrice en chef.

Nul doute que l’on risque cela dit de voir fleurir moult tutos expliquant comment « humaniser » ses contenus GenAI de sorte qu’ils ne soient pas détectés comme tels par LinkedIn.

Exemples de tutos visant à « humaniser » les contenus générés par IA – LinkedIn.com

Pour la CNIL, les lunettes connectées sont une menace sérieuse pour la vie privée

12 mai 2026 à 05:20
Caméra cachée (sur le nez)
Pour la CNIL, les lunettes connectées sont une menace sérieuse pour la vie privée

Les lunettes connectées présentent des risques majeurs pour la vie privée, alerte la CNIL qui lance un plan d’action pour répondre à ce « nouveau défi ».

La CNIL s’inquiète des risques que font peser les lunettes connectées pour la vie privée. Leur utilisation est bien sûr soumise au règlement général sur la protection des données (RGPD) et à la loi Informatique et Libertés, mais ces appareils dépassent le cadre juridique actuel. La commission relève ainsi que les lunettes peuvent capter des sons, des images et des vidéos de personnes sans que celles-ci en aient nécessairement conscience.

Le risque de la surveillance généralisée

Les modèles Ray-Ban de Meta intègrent une loupiote qui s’allume dès que le propriétaire prend une photo ou enregistre une vidéo. Mais cet indicateur a une « portée limitée » et il est absent pour certains usages. Contrairement aux smartphones qu’il est impossible de ne pas voir quand quelqu’un filme avec, les lunettes sont un objet du quotidien qui n’a habituellement pas cette finalité ; il existe donc un risque « important » que les lunettes ne soient pas identifiées comme un appareil connecté par les personnes se trouvant dans le champ de captation. Ces montures présentent donc « un caractère particulièrement intrusif ».

La CNIL s’inquiète du risque important de surveillance généralisée et une forme de banalité induite : n’importe qui est en mesure de filmer n’importe quoi n’importe où, aussi bien en privé qu’en public. Voilà qui pourrait avoir des conséquences importantes dans les interactions sociales entre citoyens, et même conduire à des dérives.

« Toute personne pourrait ainsi douter de manière constante d’un enregistrement potentiel de ses moindres faits et gestes et de ses échanges, créant un sentiment d’être constamment observée, voire surveillée, et engendrant peu à peu une forme d’autocensure. L’exercice des libertés individuelles (libertés d’expression, de réunion, de manifestation) s’en trouverait directement menacé. »

La CNIL cite l’article 9 du Code civil, qui garantit le droit au respect de la vie privée de chacun dans tous les lieux privés comme publics, et n’oublie pas de rappeler les sanctions en cas de violation de l’article 226 - 1 du Code pénal : jusqu’à un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour le fait de porter atteinte à l’intimité de la vie privée d’autrui en fixant, enregistrant ou transmettant l’image d’une personne se trouvant dans un lieu privé sans son consentement.

Les enjeux liés aux lunettes connectées dépassant le cadre d’intervention de la CNIL, le régulateur lance donc des travaux sur la conformité de ces appareils en matière de protection des données personnelles. D’abord en engageant une discussion avec ses homologues européens au sein du CEPD (Comité européen de la protection des données), puisque cette problématique ne concerne pas que la France. Les autres autorités publiques compétentes sur ces questions vont aussi être approchées car les enjeux vont plus loin que la seule question de la protection des données.

En attendant, la commission liste les bonnes pratiques à destination des porteurs de lunettes connectées, avec des conseils de bon sens comme prévenir les personnes à proximité quand on utilise ces montures, désactiver les fonctions de captation quand elles ne sont plus utiles, éteindre les fonctions connectées des lunettes quand il est demandé d’éteindre le téléphone et, moins évident, éviter d’utiliser ces lunettes dans les lieux où les personnes ne s’y attendent pas.

Dans tous les cas, la CNIL demande d’obtenir le consentement des personnes pour utiliser des photos ou des vidéos où elles apparaissent (le droit à l’image s’applique), et pour finir de réfléchir avant de partager quoi que ce soit : « une publication, même anodine, peut avoir des effets durables pour les personnes ».

Peu d’enthousiasme pour les lunettes connectées

Un sondage réalisé fin janvier par le laboratoire d’innovation numérique de la CNIL, avec Harris Interactive – Toluna indique que 57 % des personnes interrogées s’inquiètent du droit à l’image et du consentement des personnes. L’utilisation de l’IA à des fin de détournement ou de deepfakes vient ensuite (37 %), puis le vol ou la fuite de données collectées par les lunettes (34 %).

«  D’après ce que vous en savez ou l’idée que vous vous en faites, diriez-vous que les lunettes connectées peuvent être utiles ou pas utiles au quotidien ? ». Image : LINC

L’enquête révèle également que 87 % des sondés ont entendu parler des lunettes connectées, mais 9 % seulement ont eu l’occasion d’en tester, en particulier dans la catégorie 18 - 25 ans (25 %), et plus généralement chez les férus de technologies (29 %). 22 % des personnes interrogées ont de ce produit une vision plutôt négative, contre 20 % qui en ont une perception positive.

« De manière générale, êtes-vous d’accord ou pas d’accord avec chacune des affirmations suivantes concernant les lunettes connectées ? » Image : LINC

En termes d’utilisation, près de 8 personnes sur 10 (78 %) perçoivent les lunettes connectées comme une aide potentielle pour les personnes en situation de handicap visuel ou auditif. En revanche, 67 % trouvent qu’elles posent un problème d’atteinte à la vie privée, et 55 % un danger tout simplement (distraction, visibilité réduite). Enfin, et cela montre que les constructeurs ont encore du chemin à faire pour convaincre, 62 % des sondés ne veulent pas acquérir ce type d’appareil, contre 36 % d’enthousiastes. 1 % ont déclaré en posséder une paire.

Des dizaines d’associations de défense des libertés numériques ont publié une lettre ouverte mi-avril à destination de Mark Zuckerberg. Le texte souligne les risques que feraient peser les lunettes connectées sur « les victimes de violences conjugales, les cibles de harceleurs et d’agresseurs sexuels, les minorités religieuses, les personnes de couleur, les personnes LGBTQ+, ainsi que les femmes et les enfants, entre autres ». Les signataires demandent à Meta de renoncer au déploiement de la reconnaissance faciale dans ces appareils.

☕️ xAI balade son adresse de contact juridique européenne en Estonie

11 mai 2026 à 15:32


Suite à la vague de deepfakes visant à dénuder des femmes perpétrée par des utilisateurs du réseau social X, xAI fait face en Europe à plusieurs enquêtes en cours, notamment ouvertes par la Commission de protection des données irlandaise (la Data Protection Commission, DPC), la Commission européenne et la justice française.

Mais l’entreprise d’Elon Musk semble vouloir jouer au jeu du chat et de la souris. Elle a discrètement changé plusieurs fois son point de contact officiel européen pour les utilisateurs voulant signaler d’éventuels problèmes liés au Digital Services Act. Le média Follow the Money a repéré une première adresse à Tallinn. Celle-ci était censée être celle d’EDSR (European Digital Services Representatives).

Illustration : Flock

EDSR est un cabinet d’avocats situé à Bruxelles détenu en partie par Olivier Willocx, membre du Parlement de la région de Bruxelles-Capitale depuis 2024. Cette structure s’est notamment spécialisée dans l’accompagnement d’entreprises non européennes comme Telegram.

Cette adresse en Estonie a été ajoutée aux conditions d’utilisation de xAI peu de temps après l’ouverture de l’enquête de la DPC. Ainsi, en mars, on pouvait la retrouver sur la page des conditions d’utilisation alors que la page n’indiquait pas de tel point de contact en janvier dernier.

Follow the Money a voulu en savoir plus sur cette adresse et a pu constater physiquement qu’aucun bureau de EDSR ou xAI n’y figurait. Seule une boite aux lettres était installée à l’accueil alors que l’entreprise propriétaire du bâtiment indique à nos confrères ne pas louer de boîtes postales à des entreprises qui n’avaient pas de bureau dans l’immeuble et ne pas avoir conclu de contrat de location avec xAI ou EDSR.

Après avoir été contactée par Follow the Money, et sans donner aucune explication ni réponse, xAI a de nouveau changé l’adresse de contact, la situant dans un autre immeuble de la capitale de l’Estonie.

L’e-sport à l’école pour booster le secteur ? Matignon y pense

7 mai 2026 à 13:50
Le E c'est pour éducation ?
L’e-sport à l’école pour booster le secteur ? Matignon y pense

Le gouvernement envisage d’intégrer l’e-sport aux parcours éducatifs gérés par l’Éducation nationale pour soutenir le secteur « fragile sur le plan économique ».

Depuis son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron s’affiche en fervent défenseur de l’e-sport et surtout de sa filière économique.

Le gouvernement de Sébastien Lecornu pourrait de nouveau donner un coup de pouce au secteur, via une voie qui ne semble pas forcément aller de soi, surtout quand l’ambiance est à la réglementation de l’usage par les mineurs des réseaux sociaux, de l’IA et des jeux vidéo violents.

Alors que le gouvernement a lancé une mission confiée à des scientifiques pour « établir une analyse scientifique des effets (tant positifs que négatifs) et risques potentiels des jeux vidéo, particulièrement sur la santé mentale, cognitive et physique des jeunes utilisateurs, et en matière de sécurité des mineurs », il semble dans le même temps prêt à intégrer l’e-sport aux parcours éducatifs.

Une stratégie intégrant l’e-sport dans les parcours scolaires et éducatifs »

Nos confrères de Radio France ont eu accès à la stratégie « E-sport 2026 - 2030 », validée par Matignon à l’issue d’une concertation interministérielle, le 8 avril dernier et qui doit être présentée publiquement à l’occasion des championnats du monde de Rocket League organisés à Paris du 22 au 24 mai.

Selon les documents qu’ils ont pu consulter, et qui définissent cette stratégie visant à soutenir le secteur de l’e-sport en France, une part centrale est occupée par le volet scolaire, avec quatre actions pour développer le sous-axe titré « intégration de l’esport dans les parcours scolaires et éducatifs ».

Ainsi, le ministère de l’Éducation nationale devra piloter une action pour « créer des partenariats entre établissements et acteurs de l’esport pour développer des projets pédagogiques innovants ». Le document prévoit que le même ministère intègre l’esport dans les parcours éducatifs « notamment dans le cadre des activités hors du temps scolaires et des formations aux métiers du numériques », mais lance aussi un programme national « Esport & Éducation » pour « sensibiliser les jeunes aux opportunités professionnelles et aux enjeux éthiques liés à la pratique ». Enfin, il devra « développer des outils pédagogiques pour les enseignants et des supports de sensibilisation pour les familles ».

Soutenir un « secteur fragile sur le plan économique »

Cette stratégie assume de vouloir pousser la promotion et l’encadrement de la pratique pour le « développement économique » en France avec un marché mondial estimé à 12 milliards d’euros d’ici 2030 tout en expliquant que c’est un « secteur fragile sur le plan économique » pour lequel le gouvernement veut aider à « diversifier les sources de revenus ».

Mais selon Radio France, la stratégie a été arrêtée lors d’une réunion informelle en janvier alors que deux parties prenantes interministérielles étaient absentes, le ministère de la Santé et la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives), alors que celles-ci s’opposent justement à l’intégration de l’e-sport à l’école en pointant les risques des usages intensifs des jeux vidéo.

L’e-sport à l’école pour booster le secteur ? Matignon y pense

7 mai 2026 à 13:50
Le E c'est pour éducation ?
L’e-sport à l’école pour booster le secteur ? Matignon y pense

Le gouvernement envisage d’intégrer l’e-sport aux parcours éducatifs gérés par l’Éducation nationale pour soutenir le secteur « fragile sur le plan économique ».

Depuis son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron s’affiche en fervent défenseur de l’e-sport et surtout de sa filière économique.

Le gouvernement de Sébastien Lecornu pourrait de nouveau donner un coup de pouce au secteur, via une voie qui ne semble pas forcément aller de soi, surtout quand l’ambiance est à la réglementation de l’usage par les mineurs des réseaux sociaux, de l’IA et des jeux vidéo violents.

Alors que le gouvernement a lancé une mission confiée à des scientifiques pour « établir une analyse scientifique des effets (tant positifs que négatifs) et risques potentiels des jeux vidéo, particulièrement sur la santé mentale, cognitive et physique des jeunes utilisateurs, et en matière de sécurité des mineurs », il semble dans le même temps prêt à intégrer l’e-sport aux parcours éducatifs.

Une stratégie intégrant l’e-sport dans les parcours scolaires et éducatifs »

Nos confrères de Radio France ont eu accès à la stratégie « E-sport 2026 - 2030 », validée par Matignon à l’issue d’une concertation interministérielle, le 8 avril dernier et qui doit être présentée publiquement à l’occasion des championnats du monde de Rocket League organisés à Paris du 22 au 24 mai.

Selon les documents qu’ils ont pu consulter, et qui définissent cette stratégie visant à soutenir le secteur de l’e-sport en France, une part centrale est occupée par le volet scolaire, avec quatre actions pour développer le sous-axe titré « intégration de l’esport dans les parcours scolaires et éducatifs ».

Ainsi, le ministère de l’Éducation nationale devra piloter une action pour « créer des partenariats entre établissements et acteurs de l’esport pour développer des projets pédagogiques innovants ». Le document prévoit que le même ministère intègre l’esport dans les parcours éducatifs « notamment dans le cadre des activités hors du temps scolaires et des formations aux métiers du numériques », mais lance aussi un programme national « Esport & Éducation » pour « sensibiliser les jeunes aux opportunités professionnelles et aux enjeux éthiques liés à la pratique ». Enfin, il devra « développer des outils pédagogiques pour les enseignants et des supports de sensibilisation pour les familles ».

Soutenir un « secteur fragile sur le plan économique »

Cette stratégie assume de vouloir pousser la promotion et l’encadrement de la pratique pour le « développement économique » en France avec un marché mondial estimé à 12 milliards d’euros d’ici 2030 tout en expliquant que c’est un « secteur fragile sur le plan économique » pour lequel le gouvernement veut aider à « diversifier les sources de revenus ».

Mais selon Radio France, la stratégie a été arrêtée lors d’une réunion informelle en janvier alors que deux parties prenantes interministérielles étaient absentes, le ministère de la Santé et la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives), alors que celles-ci s’opposent justement à l’intégration de l’e-sport à l’école en pointant les risques des usages intensifs des jeux vidéo.

Bercy « décode » la désinformation et promet… des « sources ouvertes et accessibles »

5 mai 2026 à 14:50
On les prend au pied de la lettre !
Bercy « décode » la désinformation et promet… des « sources ouvertes et accessibles »

Les fakes news envahissent – polluent serait plus juste – de plus en plus l’espace médiatique. Cela va au-delà de la mésinformation ou désinformation, avec des ingérences étrangères. Les risques sont nombreux, notamment en période d’élections (les présidentielles approchent). Bercy lance son « décodeur » maison et promet de la transparence.

Le dispositif a été annoncé hier par le gouvernement : « Face à la recrudescence des fausses informations qui peuvent influencer l’opinion, les ministères économiques et financiers se dotent d’un dispositif de lutte contre la désinformation sous le nom de Bercy décode ».

Le ministère explique que « cette stratégie de lutte contre la désinformation s’intègre dans les dispositifs existants et est en lien notamment avec VIGINUM, le service de vigilance et protection contre les ingérences numériques étrangères ». La menace est croissante et les élections présidentielles de 2027 seront sans aucun doute un terrain

Bercy décode promet des « sources ouvertes et accessibles »

Bercy décode se présente comme un redresseur de torts dispositif permettant de se fixer « comme objectif de garantir que les chiffres, règles et dispositifs publics puissent être consultés, compris et vérifiés à partir de sources ouvertes et accessibles ». Une promesse qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd !

Sur Next, nous avons un long historique de demandes CADA en tous genres afin d’obtenir des informations justement pour travailler sur des données fiables, officielles. On en vient à rêver d’un monde dans lequel l’accès à toutes les données des impôts sont facilement accessibles et intelligibles, de même pour celles des marchés publics, des algorithmes de la CAF, des dépenses dans l’éducation et la recherche…

Clarification des faits et décryptage de l’actualité

Bercy décode, c’est aussi un « identité visuelle » pour des « contenus de clarification […] permettant au public d’identifier immédiatement les décryptages officiels produits par le ministère sur différentes thématiques telles que fiscalité, finances publiques, énergie, numérique, etc. ».

Actuellement, une dizaine de décryptages sont disponibles. Le plus ancien concerne la revente de cartes Pokémon qui serait « désormais dans le viseur du fisc ». Spoiler : oui, mais ce n’est pas nouveau et cela ne concerne pas que Pokémon.

Deux décryptages concernent les éoliennes en mer (sur le bruit et le bilan carbone), deux autres les voitures électriques (la pollution et les longs trajets), un autre les impôts : « Est-ce que seule la moitié des ménages paie des impôts ? ». Réponse : « Faux. Si moins d’un foyer fiscal sur deux est redevable de l’impôt sur le revenu, tous les Français contribuent néanmoins aux finances publiques. En effet, tous les Français s’acquittent des taxes sur la consommation, dont la principale est la TVA ».

Bercy en profite pour assurer une promo interne d’autres institutions qui ont également des outils contre la désinformation : le site du ministère de la Transition écologique, celui du ministère de la Santé (lire notre article sur son lancement), des Affaires étrangères, des Armées, de la Commission européenne et VIGINUM évidemment.

Le ministère se lance sur… TikTok. Et les autres réseaux sociaux ?

Le ministère de l’Économie en profite pour mettre en avant son récent compte TikTok, qui compte pour le moment une quinzaine de contenus. Il est déjà présent sur X depuis fin 2009. Si le ministre Roland Lescure est présent sur Bluesky, ce n’est pas le cas de son ministère. Encore trop souvent la classe politique et les institutions sont présents sur X, mais pas sur d’autres alternatives.

Le site Bercy décode propose enfin un dico de la désinfo – notamment sur la différence entre mésinformation et désinformation – et rappelle quelques bons réflexes à avoir pour éviter la désinformation :

  • Méfiez-vous des informations sensationalistes
  • Vérifiez la source
  • Recroisez l’information et vérifiez les faits
  • Faites attention aux photos et vidéos
  • Un doute ? Ne partagez pas l’information

Il manque un conseil : lire (ou relire) la longue enquête de Jean Marc sur les sites d’info générés par IA (il en a identifié plus de 13 000, rien qu’en français !), et installer l’extension Next pour être alerté lorsqu’on les consulte, ainsi que d’autres sites problématiques, notamment ceux identifiés par l’Autorité des marchés financiers (AMF) et les noms de domaines potentiellement suspects de RedFlagDomains.

Bercy « décode » la désinformation et promet… des « sources ouvertes et accessibles »

5 mai 2026 à 14:50
On les prend au pied de la lettre !
Bercy « décode » la désinformation et promet… des « sources ouvertes et accessibles »

Les fakes news envahissent – polluent serait plus juste – de plus en plus l’espace médiatique. Cela va au-delà de la mésinformation ou désinformation, avec des ingérences étrangères. Les risques sont nombreux, notamment en période d’élections (les présidentielles approchent). Bercy lance son « décodeur » maison et promet de la transparence.

Le dispositif a été annoncé hier par le gouvernement : « Face à la recrudescence des fausses informations qui peuvent influencer l’opinion, les ministères économiques et financiers se dotent d’un dispositif de lutte contre la désinformation sous le nom de Bercy décode ».

Le ministère explique que « cette stratégie de lutte contre la désinformation s’intègre dans les dispositifs existants et est en lien notamment avec VIGINUM, le service de vigilance et protection contre les ingérences numériques étrangères ». La menace est croissante et les élections présidentielles de 2027 seront sans aucun doute un terrain

Bercy décode promet des « sources ouvertes et accessibles »

Bercy décode se présente comme un redresseur de torts dispositif permettant de se fixer « comme objectif de garantir que les chiffres, règles et dispositifs publics puissent être consultés, compris et vérifiés à partir de sources ouvertes et accessibles ». Une promesse qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd !

Sur Next, nous avons un long historique de demandes CADA en tous genres afin d’obtenir des informations justement pour travailler sur des données fiables, officielles. On en vient à rêver d’un monde dans lequel l’accès à toutes les données des impôts sont facilement accessibles et intelligibles, de même pour celles des marchés publics, des algorithmes de la CAF, des dépenses dans l’éducation et la recherche…

Clarification des faits et décryptage de l’actualité

Bercy décode, c’est aussi un « identité visuelle » pour des « contenus de clarification […] permettant au public d’identifier immédiatement les décryptages officiels produits par le ministère sur différentes thématiques telles que fiscalité, finances publiques, énergie, numérique, etc. ».

Actuellement, une dizaine de décryptages sont disponibles. Le plus ancien concerne la revente de cartes Pokémon qui serait « désormais dans le viseur du fisc ». Spoiler : oui, mais ce n’est pas nouveau et cela ne concerne pas que Pokémon.

Deux décryptages concernent les éoliennes en mer (sur le bruit et le bilan carbone), deux autres les voitures électriques (la pollution et les longs trajets), un autre les impôts : « Est-ce que seule la moitié des ménages paie des impôts ? ». Réponse : « Faux. Si moins d’un foyer fiscal sur deux est redevable de l’impôt sur le revenu, tous les Français contribuent néanmoins aux finances publiques. En effet, tous les Français s’acquittent des taxes sur la consommation, dont la principale est la TVA ».

Bercy en profite pour assurer une promo interne d’autres institutions qui ont également des outils contre la désinformation : le site du ministère de la Transition écologique, celui du ministère de la Santé (lire notre article sur son lancement), des Affaires étrangères, des Armées, de la Commission européenne et VIGINUM évidemment.

Le ministère se lance sur… TikTok. Et les autres réseaux sociaux ?

Le ministère de l’Économie en profite pour mettre en avant son récent compte TikTok, qui compte pour le moment une quinzaine de contenus. Il est déjà présent sur X depuis fin 2009. Si le ministre Roland Lescure est présent sur Bluesky, ce n’est pas le cas de son ministère. Encore trop souvent la classe politique et les institutions sont présents sur X, mais pas sur d’autres alternatives.

Le site Bercy décode propose enfin un dico de la désinfo – notamment sur la différence entre mésinformation et désinformation – et rappelle quelques bons réflexes à avoir pour éviter la désinformation :

  • Méfiez-vous des informations sensationalistes
  • Vérifiez la source
  • Recroisez l’information et vérifiez les faits
  • Faites attention aux photos et vidéos
  • Un doute ? Ne partagez pas l’information

Il manque un conseil : lire (ou relire) la longue enquête de Jean Marc sur les sites d’info générés par IA (il en a identifié plus de 13 000, rien qu’en français !), et installer l’extension Next pour être alerté lorsqu’on les consulte, ainsi que d’autres sites problématiques, notamment ceux identifiés par l’Autorité des marchés financiers (AMF) et les noms de domaines potentiellement suspects de RedFlagDomains.

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