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Anthropic joue encore sur les peurs de l’IA toute-puissante pour se mettre en valeur

5 juin 2026 à 10:00
👻
Anthropic joue encore sur les peurs de l’IA toute-puissante pour se mettre en valeur

Alors qu’elle prépare une entrée en bourse, l’entreprise de Dario Amodei regonfle les discours catastrophistes sur l’IA générative pour sa communication juste après avoir gonflé ses muscles grâce à Mythos.

« Perte de contrôle », évocation du traité sur les armes nucléaires et proposition d’un moratoire sur le développement de l’IA générative, Anthropic y va fort dans sa communication. Celle-ci porte un discours ambivalent et survient alors que l’entreprise prépare une entrée en bourse.

Dans un texte publié sur son site web et signé notamment par Marina Favaro, responsable du pôle R&D, l’entreprise met en avant les avancées de ses outils de génération de code pour soutenir la peur d’une IA générative qui pourrait bientôt être autonome dans la gestion de son amélioration.

L’affichage du danger de l’ « auto-amélioration récursive »

L’entreprise appuie sa communication sur son utilisation de plus en plus importante du code généré par son propre outil pour l’améliorer. « En mai 2026, Claude est l’auteur de plus de 80 % du code que nous intégrons dans la base de code d’Anthropic », argumente ainsi l’entreprise, utilisant au passage l’anthropomorphisme pour attribuer à son outil le statut d’auteur. Elle oublie aussi que, même si Lawrence Lessig affirmait que « le code fait loi » et que son code est grandement généré par Claude, le choix de mettre telle ou telle fonction en place reste bien actuellement dans les mains de ses dirigeants.

Mais qu’importe, selon l’entreprise qui a récemment lancé son projet d’entrée en Bourse de façon officielle : cela pourrait amener d’ici peu, « si l’on pousse le raisonnement assez loin et si l’on dispose de ressources informatiques suffisantes », à l’auto-amélioration récursive de ce genre de système.

Un discours catastrophiste toujours présent

Et, tout en brossant deux autres scénarios possibles, l’entreprise met en avant celui où « les systèmes d’IA deviennent eux-mêmes capables de s’améliorer de manière entièrement récursive et commencent à créer leurs propres successeurs », quitte à retrouver les accents catastrophistes des myriades d’appels à stopper la course à l’IA qui existent depuis 2015. Pour l’éviter, elle évoque un moratoire sur la R&D de ce genre de système.

Ainsi, pour insister sur l’importance de sa proposition, Anthropic n’hésite pas à évoquer le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire signé par Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan en 1987. Elle dramatise encore plus en affirmant que « ces régimes ont mis des décennies à mettre en place à la fois les infrastructures et la confiance » et que « nous n’avons pas autant de temps devant nous ».

L’utilisation de cette rhétorique catastrophiste par les entreprises de la tech n’est pas nouvelle. Comme nous le relations au sujet de l’agitation des peurs sur les problèmes d’alignement, Emile Torres et Timnit Gebru expliquaient déjà en 2024 que les discours sur la sécurité de l’IA permettent aux entreprises d’attirer des ressources vers la construction de leurs systèmes et de détourner l’attention. Anthropic n’est pas en reste sur le sujet et s’affiche depuis longtemps comme l’entreprise qui parie sur la sécurité de l’IA comme « stratégie gagnante ».

« Dindons de la farce »

Le chercheur Irénée Régnauld souligne l’utilisation de cette rhétorique alors que l’entreprise prépare son entrée en bourse : « Anthropic agite le drapeau des risques avec la « Pause » comme horizon moral juste avant la plus vaste IPO du monde ». Et il ajoute : « les « Pausistes » vont-ils se rendre compte qu’ils sont les dindons de la farce ? ».

Il remarque au passage le paradoxe entre ce nouvel affichage de l’entreprise et son abandon en interne en février dernier d’un pan important de sa politique de sécurité. En effet, le Time expliquait que l’entreprise avait décidé de la revoir en profondeur, renonçant aux limites qui lui interdisaient catégoriquement d’entrainer des modèles au-delà d’un certain niveau si les mesures de sécurité appropriées n’étaient pas déjà en place.

Cette annonce intervient aussi alors qu’Anthropic a utilisé cette stratégie marketing de la peur pour promouvoir Mythos, son IA dédiée à la cybersécurité.

Anthropic joue encore sur les peurs de l’IA toute-puissante pour se mettre en valeur

5 juin 2026 à 10:00
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Anthropic joue encore sur les peurs de l’IA toute-puissante pour se mettre en valeur

Alors qu’elle prépare une entrée en bourse, l’entreprise de Dario Amodei regonfle les discours catastrophistes sur l’IA générative pour sa communication juste après avoir gonflé ses muscles grâce à Mythos.

« Perte de contrôle », évocation du traité sur les armes nucléaires et proposition d’un moratoire sur le développement de l’IA générative, Anthropic y va fort dans sa communication. Celle-ci porte un discours ambivalent et survient alors que l’entreprise prépare une entrée en bourse.

Dans un texte publié sur son site web et signé notamment par Marina Favaro, responsable du pôle R&D, l’entreprise met en avant les avancées de ses outils de génération de code pour soutenir la peur d’une IA générative qui pourrait bientôt être autonome dans la gestion de son amélioration.

L’affichage du danger de l’ « auto-amélioration récursive »

L’entreprise appuie sa communication sur son utilisation de plus en plus importante du code généré par son propre outil pour l’améliorer. « En mai 2026, Claude est l’auteur de plus de 80 % du code que nous intégrons dans la base de code d’Anthropic », argumente ainsi l’entreprise, utilisant au passage l’anthropomorphisme pour attribuer à son outil le statut d’auteur. Elle oublie aussi que, même si Lawrence Lessig affirmait que « le code fait loi » et que son code est grandement généré par Claude, le choix de mettre telle ou telle fonction en place reste bien actuellement dans les mains de ses dirigeants.

Mais qu’importe, selon l’entreprise qui a récemment lancé son projet d’entrée en Bourse de façon officielle : cela pourrait amener d’ici peu, « si l’on pousse le raisonnement assez loin et si l’on dispose de ressources informatiques suffisantes », à l’auto-amélioration récursive de ce genre de système.

Un discours catastrophiste toujours présent

Et, tout en brossant deux autres scénarios possibles, l’entreprise met en avant celui où « les systèmes d’IA deviennent eux-mêmes capables de s’améliorer de manière entièrement récursive et commencent à créer leurs propres successeurs », quitte à retrouver les accents catastrophistes des myriades d’appels à stopper la course à l’IA qui existent depuis 2015. Pour l’éviter, elle évoque un moratoire sur la R&D de ce genre de système.

Ainsi, pour insister sur l’importance de sa proposition, Anthropic n’hésite pas à évoquer le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire signé par Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan en 1987. Elle dramatise encore plus en affirmant que « ces régimes ont mis des décennies à mettre en place à la fois les infrastructures et la confiance » et que « nous n’avons pas autant de temps devant nous ».

L’utilisation de cette rhétorique catastrophiste par les entreprises de la tech n’est pas nouvelle. Comme nous le relations au sujet de l’agitation des peurs sur les problèmes d’alignement, Emile Torres et Timnit Gebru expliquaient déjà en 2024 que les discours sur la sécurité de l’IA permettent aux entreprises d’attirer des ressources vers la construction de leurs systèmes et de détourner l’attention. Anthropic n’est pas en reste sur le sujet et s’affiche depuis longtemps comme l’entreprise qui parie sur la sécurité de l’IA comme « stratégie gagnante ».

« Dindons de la farce »

Le chercheur Irénée Régnauld souligne l’utilisation de cette rhétorique alors que l’entreprise prépare son entrée en bourse : « Anthropic agite le drapeau des risques avec la « Pause » comme horizon moral juste avant la plus vaste IPO du monde ». Et il ajoute : « les « Pausistes » vont-ils se rendre compte qu’ils sont les dindons de la farce ? ».

Il remarque au passage le paradoxe entre ce nouvel affichage de l’entreprise et son abandon en interne en février dernier d’un pan important de sa politique de sécurité. En effet, le Time expliquait que l’entreprise avait décidé de la revoir en profondeur, renonçant aux limites qui lui interdisaient catégoriquement d’entrainer des modèles au-delà d’un certain niveau si les mesures de sécurité appropriées n’étaient pas déjà en place.

Cette annonce intervient aussi alors qu’Anthropic a utilisé cette stratégie marketing de la peur pour promouvoir Mythos, son IA dédiée à la cybersécurité.

Projet Solara : Microsoft veut remplacer la bonne vieille informatique par des agents IA

4 juin 2026 à 08:04
Les apps, c'est ringard
Projet Solara : Microsoft veut remplacer la bonne vieille informatique par des agents IA

Cette fois c’est 100 % sûr, plus aucun doute à avoir, non vraiment juré-craché : l’avenir est aux agents IA. C’est du moins ce que l’industrie de la tech veut nous faire entrer dans le ciboulot, en nous faisant miroiter un futur riant où les paradigmes actuels sont complètement dépassés : les PC et les smartphones évidemment, mais aussi les systèmes d’exploitation et les logiciels.

Qui a besoin d’apps quand les agents IA répondent aux besoins spécifiques de l’utilisateur ? « La prochaine grande évolution de l’informatique ne concernera plus les applications, mais les agents », assène Steven Bathiche, le patron de l’Applied Sciences Group (ASG) de Microsoft. Plus besoin d’interfaces graphiques, de menus, de boutons, place à « l’expression directe de nos intentions auprès d’agents (…) capables d’agir à travers nos logiciels, nos flux de travail et nos appareils ».

La folie des agents

Dans un discours qui rappelle les grandes envolées de Microsoft autour du métavers, le dirigeant livre une vision de l’avenir où l’agent IA devient la nouvelle interface entre l’utilisateur et l’informatique. L’utilisateur formule une intention, tandis que l’agent se charge de coordonner les logiciels et les services nécessaires en arrière-plan.

C’est une informatique moins dépendante des écrans, des claviers et même des logiciels traditionnels que dessine Microsoft ici… Autrement dit, un monde dans lequel les produits qui ont fait le succès de Microsoft deviennent peu à peu obsolètes. Afin de garder la main, l’entreprise développe ses propres agents, et a levé le voile sur le projet Solara à l’occasion de la conférence BUILD.

Derrière ce nom de code se cache une plateforme censée servir de fondation à cette informatique centrée sur les agents. Steven Bathiche la présente comme un système « de la puce au cloud », capable de faire fonctionner plusieurs agents spécialisés sur de nouveaux types d’appareils.

Un badge et un radio-réveil

Histoire d’aiguiller l’industrie, Microsoft a planché sur deux designs de référence avec ses partenaires, Qualcomm et MediaTek. Le premier a donné un coup de main pour la conception d’un badge connecté, mais pas comme le défunt Ai Pin de Humane, plutôt un badge d’accès doté d’un écran tactile.

L’appareil embarque un micro, un haut-parleur, une caméra sur le côté, une connexion 5G et un lecteur d’empreintes digitales. L’idée est de permettre à l’utilisateur d’accéder rapidement à ses agents IA, de consulter des informations ou encore d’enregistrer une conversation à la volée.

Le second prototype, développé avec MediaTek, est sédentaire. C’est un petit terminal qui n’est pas sans évoquer un radio-réveil ou un écran connecté de cuisine. Posé sur le bureau, cet appareil doit permettre de discuter avec des agents, de jeter un œil à son agenda ou ses tâches en souffrance, en permanence disponible à côté d’un PC (qui remplit à peu de choses près les mêmes fonctions). Microsoft envisage même qu’il puisse se transformer en poste Windows 365 une fois branché à un moniteur externe.

« Ensemble, ces deux concepts illustrent l’ambition de Microsoft : permettre aux agents IA de suivre l’utilisateur partout, sans être limités à une application ou à un appareil particulier », explique Steven Bathiche. « Qu’il s’agisse d’un terminal de bureau ou d’un badge connecté porté autour du cou, l’expérience doit s’adapter au contexte et aux besoins du moment. »

Et à la fin, c’est le smartphone qui gagne

Difficile pourtant de ne pas penser que ces appareils tentent de réinventer des catégories de produits qui existent déjà : un badge qui ressemble à un smartphone miniature, un terminal de bureau qui évoque un écran connecté, des assistants qui nous suivent partout… Une problématique autour de laquelle doivent aussi tourner OpenAI et Jony Ive, qui préparent un appareil basé sur l’IA. Il pourrait s’agir d’un bête smartphone, selon les sources de Ming-Chi Kuo.

L’idée du projet Solara n’est pour autant pas dénuée d’intérêt. Si les agents IA tiennent leur promesse, ils pourraient effectivement aider à créer à la volée des interfaces et des outils bien plus adaptés aux besoins spécifiques de chaque utilisateur. Alors que les logiciels traditionnels (et même les OS) imposent un fonctionnement identique pour tous, un agent pourrait en théorie composer une expérience sur mesure et selon le contexte.

Plutôt que Windows, l’entreprise a choisi MDEP (Microsoft Device Ecosystem Platform) pour propulser les terminaux Solara ; c’est une plateforme reposant sur Android open source (AOSP). Elle est déjà utilisée sur certains appareils Teams. GeekWire, qui a eu droit à un briefing exclusif, explique que les produits Solara peuvent exécuter plusieurs agents simultanément, tandis qu’une couche de coordination choisit automatiquement l’agent adapté à chaque tâche. Ils pourront utiliser des agents de Microsoft, mais aussi des agents tiers développés par les entreprises.

Auprès de nos confrères, Steven Bathiche a défendu la vision de Microsoft pour les appareils Solara. Pourquoi ne pas simplement utiliser un smartphone ? Plusieurs entreprises ont essayé, explique-t-il, notamment dans le secteur de la santé, mais ça n’a rien donné de probant. Un appareil conçu pour un usage particulier est plus sécurisant, affirme le dirigeant, et une bonne optimisation permet de l’utiliser pendant plus longtemps qu’un smartphone plus polyvalent sur une seule charge.

Quant à la comparaison inévitable entre le radio-réveil/écran connecté Solara et un Echo Show, il indique que l’appareil d’Amazon se contente d’un « agent unique », en l’occurrence Alexa. Solara est conçu pour accueillir les agents propres à une organisation.

Le projet n’en est qu’à ses débuts. Microsoft compte travailler avec les fabricants de puces, les constructeurs et les développeurs pour créer des appareils spécialisés pour différents secteurs, de la santé au commerce, en passant par la finance.

Projet Solara : Microsoft veut remplacer la bonne vieille informatique par des agents IA

4 juin 2026 à 08:04
Les apps, c'est ringard
Projet Solara : Microsoft veut remplacer la bonne vieille informatique par des agents IA

Cette fois c’est 100 % sûr, plus aucun doute à avoir, non vraiment juré-craché : l’avenir est aux agents IA. C’est du moins ce que l’industrie de la tech veut nous faire entrer dans le ciboulot, en nous faisant miroiter un futur riant où les paradigmes actuels sont complètement dépassés : les PC et les smartphones évidemment, mais aussi les systèmes d’exploitation et les logiciels.

Qui a besoin d’apps quand les agents IA répondent aux besoins spécifiques de l’utilisateur ? « La prochaine grande évolution de l’informatique ne concernera plus les applications, mais les agents », assène Steven Bathiche, le patron de l’Applied Sciences Group (ASG) de Microsoft. Plus besoin d’interfaces graphiques, de menus, de boutons, place à « l’expression directe de nos intentions auprès d’agents (…) capables d’agir à travers nos logiciels, nos flux de travail et nos appareils ».

La folie des agents

Dans un discours qui rappelle les grandes envolées de Microsoft autour du métavers, le dirigeant livre une vision de l’avenir où l’agent IA devient la nouvelle interface entre l’utilisateur et l’informatique. L’utilisateur formule une intention, tandis que l’agent se charge de coordonner les logiciels et les services nécessaires en arrière-plan.

C’est une informatique moins dépendante des écrans, des claviers et même des logiciels traditionnels que dessine Microsoft ici… Autrement dit, un monde dans lequel les produits qui ont fait le succès de Microsoft deviennent peu à peu obsolètes. Afin de garder la main, l’entreprise développe ses propres agents, et a levé le voile sur le projet Solara à l’occasion de la conférence BUILD.

Derrière ce nom de code se cache une plateforme censée servir de fondation à cette informatique centrée sur les agents. Steven Bathiche la présente comme un système « de la puce au cloud », capable de faire fonctionner plusieurs agents spécialisés sur de nouveaux types d’appareils.

Un badge et un radio-réveil

Histoire d’aiguiller l’industrie, Microsoft a planché sur deux designs de référence avec ses partenaires, Qualcomm et MediaTek. Le premier a donné un coup de main pour la conception d’un badge connecté, mais pas comme le défunt Ai Pin de Humane, plutôt un badge d’accès doté d’un écran tactile.

L’appareil embarque un micro, un haut-parleur, une caméra sur le côté, une connexion 5G et un lecteur d’empreintes digitales. L’idée est de permettre à l’utilisateur d’accéder rapidement à ses agents IA, de consulter des informations ou encore d’enregistrer une conversation à la volée.

Le second prototype, développé avec MediaTek, est sédentaire. C’est un petit terminal qui n’est pas sans évoquer un radio-réveil ou un écran connecté de cuisine. Posé sur le bureau, cet appareil doit permettre de discuter avec des agents, de jeter un œil à son agenda ou ses tâches en souffrance, en permanence disponible à côté d’un PC (qui remplit à peu de choses près les mêmes fonctions). Microsoft envisage même qu’il puisse se transformer en poste Windows 365 une fois branché à un moniteur externe.

« Ensemble, ces deux concepts illustrent l’ambition de Microsoft : permettre aux agents IA de suivre l’utilisateur partout, sans être limités à une application ou à un appareil particulier », explique Steven Bathiche. « Qu’il s’agisse d’un terminal de bureau ou d’un badge connecté porté autour du cou, l’expérience doit s’adapter au contexte et aux besoins du moment. »

Et à la fin, c’est le smartphone qui gagne

Difficile pourtant de ne pas penser que ces appareils tentent de réinventer des catégories de produits qui existent déjà : un badge qui ressemble à un smartphone miniature, un terminal de bureau qui évoque un écran connecté, des assistants qui nous suivent partout… Une problématique autour de laquelle doivent aussi tourner OpenAI et Jony Ive, qui préparent un appareil basé sur l’IA. Il pourrait s’agir d’un bête smartphone, selon les sources de Ming-Chi Kuo.

L’idée du projet Solara n’est pour autant pas dénuée d’intérêt. Si les agents IA tiennent leur promesse, ils pourraient effectivement aider à créer à la volée des interfaces et des outils bien plus adaptés aux besoins spécifiques de chaque utilisateur. Alors que les logiciels traditionnels (et même les OS) imposent un fonctionnement identique pour tous, un agent pourrait en théorie composer une expérience sur mesure et selon le contexte.

Plutôt que Windows, l’entreprise a choisi MDEP (Microsoft Device Ecosystem Platform) pour propulser les terminaux Solara ; c’est une plateforme reposant sur Android open source (AOSP). Elle est déjà utilisée sur certains appareils Teams. GeekWire, qui a eu droit à un briefing exclusif, explique que les produits Solara peuvent exécuter plusieurs agents simultanément, tandis qu’une couche de coordination choisit automatiquement l’agent adapté à chaque tâche. Ils pourront utiliser des agents de Microsoft, mais aussi des agents tiers développés par les entreprises.

Auprès de nos confrères, Steven Bathiche a défendu la vision de Microsoft pour les appareils Solara. Pourquoi ne pas simplement utiliser un smartphone ? Plusieurs entreprises ont essayé, explique-t-il, notamment dans le secteur de la santé, mais ça n’a rien donné de probant. Un appareil conçu pour un usage particulier est plus sécurisant, affirme le dirigeant, et une bonne optimisation permet de l’utiliser pendant plus longtemps qu’un smartphone plus polyvalent sur une seule charge.

Quant à la comparaison inévitable entre le radio-réveil/écran connecté Solara et un Echo Show, il indique que l’appareil d’Amazon se contente d’un « agent unique », en l’occurrence Alexa. Solara est conçu pour accueillir les agents propres à une organisation.

Le projet n’en est qu’à ses débuts. Microsoft compte travailler avec les fabricants de puces, les constructeurs et les développeurs pour créer des appareils spécialisés pour différents secteurs, de la santé au commerce, en passant par la finance.

Microsoft veut rendre les utilisateurs accros à son agent IA Scout

4 juin 2026 à 06:07
Pas de pause café pour l'IA
Microsoft veut rendre les utilisateurs accros à son agent IA Scout

Avec Scout, son nouvel agent autonome connecté à Microsoft 365, l’éditeur de Windows poursuit son pari sur l’IA. Quitte à s’appuyer sur une technologie qu’il critiquait encore il y a quelques mois.

En novembre dernier, Microsoft faisait miroiter un Windows « agentique », capable de travailler pour le compte de l’utilisateur sur toutes les tâches possibles et imaginables. L’annonce a été très froidement accueillie par des utilisateurs, d’abord désireux de travailler avec un système d’exploitation stable et fiable.

C’est pas si mal finalement OpenClaw

L’éditeur a compris le message, en annonçant un retour aux fondamentaux pour Windows. Et miracle, les promesses ont l’air d’être tenues, du moins jusqu’à présent. Mais cela n’empêche pas Microsoft de tracer sa route sur le chemin de l’IA – pas question de lâcher la bride au vu des milliards de dollars investis dans les infrastructures et le développement de ses propres modèles.

La conférence BUILD a été l’occasion de présenter de nouveaux modèles, mais aussi des fonctions IA pour Windows. Parmi elles, des agents permanents baptisés Autopilot. Ils surveillent l’environnement de travail et agissent par eux-mêmes, dans les limites qu’on leur aura fixées évidemment.

Le premier produit basé sur Autopilot est Scout, qui se connecte aux différentes composantes de Microsoft 365 : Teams, Outlook, OneDrive, SharePoint, mais aussi les contacts, le calendrier, les e-mails… Scout peut par exemple repérer des réunions importantes, organiser des rendez-vous automatiquement, bloquer du temps dans l’agenda pour boucler un projet, préparer des documents avant une réunion ou encore détecter qu’une prise de décision traîne un peu trop et risque de retarder un projet.

Cette approche, bien plus proactive que celle de Copilot, permet aussi à Scout d’avoir sa propre identité : l’agent est en effet identifié et ses actions peuvent être retracées. Par ailleurs, l’agent peut « apprendre » la manière dont l’utilisateur travaille, les projets importants et les tâches qui reviennent régulièrement.

Un des aspects les plus étonnants de Scout est que le projet est propulsé par la technologie open source OpenClaw. Cette dernière s’est hissée comme une référence dans le petit monde remuant des agents autonomes capables d’utiliser des applications, de manipuler des fichiers et d’accéder à des services en continu. Microsoft ne cherche donc pas à la remplacer et mieux encore, l’entreprise s’engage à contribuer directement au projet.

Voilà qui contraste avec la position de Meta qui développe sa propre alternative Hatch, après qu’OpenAI lui a chipé Peter Steinberger, créateur d’OpenClaw.

Microsoft se montrait pourtant bien moins enthousiaste mi-février, en prévenant des risques de sécurité qui pesaient sur OpenClaw. La société expliquait à l’époque que la technologie d’agents était trop risquée pour être exécutée directement dans un environnement d’entreprise classique à cause de ses privilèges étendus et de sa capacité à agir de manière autonome. « OpenClaw a démontré que les agents permanents fonctionnent. Nous allons leur ajouter la sécurité, la gouvernance et l’intégration Microsoft 365 », affirme désormais l’éditeur.

La drogue

Scout combine donc plusieurs fonctions de sécurité visant justement à répondre à ces craintes, avec un système d’identité contrôlée, une validation humaine pour les actions critiques, une journalisation des actions et des permissions limitées. Des employés Microsoft utilisent déjà Scout, qui s’ouvre à davantage de testeurs via un aperçu privé.

Dans des documents internes publiés par 404media, on apprend que Microsoft mise beaucoup sur Scout. Plus de 1 000 employés l’utiliseraient déjà, dont le directeur général Satya Nadella. « ClawPilot [l’ancien nom de Scout] est devenu de manière organique l’un des outils internes les plus demandés chez Microsoft. Sans annonce officielle, sans marketing, sans campagne de déploiement à l’échelle de l’entreprise », affirme un d’entre eux.

Ces documents décrivent le plan de déploiement de ClawPilot, dont la première des phases est de rendre les utilisateurs accros à l’outil. Ils se réjouissent des retours des tests internes, qui montrent une « utilisation quotidienne, avec un fort taux de rétention et une forte intensité d’usage (conversations, requêtes, flux de travail, compétences) ».

L’addiction tant voulue par Microsoft n’est pas surprenante : tous les acteurs de l’IA rêvent de transformer leurs services en compagnons du quotidien. Mais le fait de voir cet objectif formulé aussi explicitement rappelle que la question de la dépendance aux assistants IA fait désormais partie intégrante des stratégies de développement de l’industrie.

Microsoft veut rendre les utilisateurs accros à son agent IA Scout

4 juin 2026 à 06:07
Pas de pause café pour l'IA
Microsoft veut rendre les utilisateurs accros à son agent IA Scout

Avec Scout, son nouvel agent autonome connecté à Microsoft 365, l’éditeur de Windows poursuit son pari sur l’IA. Quitte à s’appuyer sur une technologie qu’il critiquait encore il y a quelques mois.

En novembre dernier, Microsoft faisait miroiter un Windows « agentique », capable de travailler pour le compte de l’utilisateur sur toutes les tâches possibles et imaginables. L’annonce a été très froidement accueillie par des utilisateurs, d’abord désireux de travailler avec un système d’exploitation stable et fiable.

C’est pas si mal finalement OpenClaw

L’éditeur a compris le message, en annonçant un retour aux fondamentaux pour Windows. Et miracle, les promesses ont l’air d’être tenues, du moins jusqu’à présent. Mais cela n’empêche pas Microsoft de tracer sa route sur le chemin de l’IA – pas question de lâcher la bride au vu des milliards de dollars investis dans les infrastructures et le développement de ses propres modèles.

La conférence BUILD a été l’occasion de présenter de nouveaux modèles, mais aussi des fonctions IA pour Windows. Parmi elles, des agents permanents baptisés Autopilot. Ils surveillent l’environnement de travail et agissent par eux-mêmes, dans les limites qu’on leur aura fixées évidemment.

Le premier produit basé sur Autopilot est Scout, qui se connecte aux différentes composantes de Microsoft 365 : Teams, Outlook, OneDrive, SharePoint, mais aussi les contacts, le calendrier, les e-mails… Scout peut par exemple repérer des réunions importantes, organiser des rendez-vous automatiquement, bloquer du temps dans l’agenda pour boucler un projet, préparer des documents avant une réunion ou encore détecter qu’une prise de décision traîne un peu trop et risque de retarder un projet.

Cette approche, bien plus proactive que celle de Copilot, permet aussi à Scout d’avoir sa propre identité : l’agent est en effet identifié et ses actions peuvent être retracées. Par ailleurs, l’agent peut « apprendre » la manière dont l’utilisateur travaille, les projets importants et les tâches qui reviennent régulièrement.

Un des aspects les plus étonnants de Scout est que le projet est propulsé par la technologie open source OpenClaw. Cette dernière s’est hissée comme une référence dans le petit monde remuant des agents autonomes capables d’utiliser des applications, de manipuler des fichiers et d’accéder à des services en continu. Microsoft ne cherche donc pas à la remplacer et mieux encore, l’entreprise s’engage à contribuer directement au projet.

Voilà qui contraste avec la position de Meta qui développe sa propre alternative Hatch, après qu’OpenAI lui a chipé Peter Steinberger, créateur d’OpenClaw.

Microsoft se montrait pourtant bien moins enthousiaste mi-février, en prévenant des risques de sécurité qui pesaient sur OpenClaw. La société expliquait à l’époque que la technologie d’agents était trop risquée pour être exécutée directement dans un environnement d’entreprise classique à cause de ses privilèges étendus et de sa capacité à agir de manière autonome. « OpenClaw a démontré que les agents permanents fonctionnent. Nous allons leur ajouter la sécurité, la gouvernance et l’intégration Microsoft 365 », affirme désormais l’éditeur.

La drogue

Scout combine donc plusieurs fonctions de sécurité visant justement à répondre à ces craintes, avec un système d’identité contrôlée, une validation humaine pour les actions critiques, une journalisation des actions et des permissions limitées. Des employés Microsoft utilisent déjà Scout, qui s’ouvre à davantage de testeurs via un aperçu privé.

Dans des documents internes publiés par 404media, on apprend que Microsoft mise beaucoup sur Scout. Plus de 1 000 employés l’utiliseraient déjà, dont le directeur général Satya Nadella. « ClawPilot [l’ancien nom de Scout] est devenu de manière organique l’un des outils internes les plus demandés chez Microsoft. Sans annonce officielle, sans marketing, sans campagne de déploiement à l’échelle de l’entreprise », affirme un d’entre eux.

Ces documents décrivent le plan de déploiement de ClawPilot, dont la première des phases est de rendre les utilisateurs accros à l’outil. Ils se réjouissent des retours des tests internes, qui montrent une « utilisation quotidienne, avec un fort taux de rétention et une forte intensité d’usage (conversations, requêtes, flux de travail, compétences) ».

L’addiction tant voulue par Microsoft n’est pas surprenante : tous les acteurs de l’IA rêvent de transformer leurs services en compagnons du quotidien. Mais le fait de voir cet objectif formulé aussi explicitement rappelle que la question de la dépendance aux assistants IA fait désormais partie intégrante des stratégies de développement de l’industrie.

Google autorise les sites web à refuser explicitement les résumés IA

3 juin 2026 à 15:04
Merci, mais non merci
Google autorise les sites web à refuser explicitement les résumés IA

Depuis un peu plus de deux ans, Google affiche ses AI Overviews tout en haut d’une recherche web, autrement dit un résumé des résultats généré par IA. Ils ne tombent pas du ciel : les informations qu’ils contiennent proviennent de sites web qui vont finalement avoir la possibilité explicite d’exclure leurs contenus du moissonnage effectué par le moteur de recherche. Trop peu, trop tard ?

Les AI Overviews, visibles aux États-Unis depuis leur lancement en mai 2024, sont maintenant présents dans une centaine de pays (la France est toujours exclue). Ces résumés ont été complétés un an plus tard par l’AI Mode, qui tente de concurrencer directement les moteurs de recherche IA comme Perplexity ou ChatGPT.

Google demande enfin la permission d’aspirer le web

Durant la dernière édition de la Google I/O, le géant américain en a remis une couche avec une avalanche de nouveautés IA pour son moteur de recherche – offrant au passage au mode « No AI » de DuckDuckGo un joli coup de pouce. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, il existe des internautes qui apprécient peu le forcing IA de Google. C’est le cas aussi pour plusieurs éditeurs de sites web, qui refusent obstinément que leurs contenus soient collectés sans autorisation ni rémunération pour se transformer en données d’entraînement.

Exemple d’AI Overview.

Il existe des mécanismes qui empêchent les robots de scraping de moissonner les contenus du web ouvert. Le fichier robots.txt est le plus commun, il permet à un site de refuser l’accès à certaines de ses pages pour l’indexation web et la collecte IA. Voilà pour la théorie, mais en pratique rien n’empêche un bot mal élevé d’ignorer ces consignes et de parcourir l’intégralité d’un site. Perplexity est régulièrement pointé du doigt à ce sujet.

Google a commencé à déployer un nouvel outil qui va permettre aux éditeurs web de décider, depuis la Search Console, si leurs sites peuvent apparaitre dans les résumés générés par IA. C’est un changement de taille, le groupe ayant plutôt cherché à flouter la frontière entre l’indexation et le scraping. Il promet la main sur le cœur que cela n’aura aucun impact sur l’indexation traditionnelle. En activant ce bouton depuis la console de recherche, un site ne recevra « ni trafic ni impressions provenant de nos fonctionnalités d’IA générative », martèle Google. Est-ce pour autant un drame ?

Google affirme régulièrement que les résumés IA dans les résultats de recherche ne font pas diminuer le trafic des sites d’où les informations sont extraites. Une étude du Pew Research Center, publiée en juillet dernier, affirmait le contraire. L’entreprise s’était d’ailleurs pris les pieds dans le tapis en évoquant un web ouvert en « déclin rapide » en raison du marché publicitaire chamboulé par l’IA.

La mise en place de ce bouton n’a rien d’un geste désintéressé ou d’une branche d’olivier lancé aux éditeurs, car sinon pourquoi avoir attendu deux ans ? C’est simplement le résultat d’une obligation réglementaire imposée par la CMA, l’autorité de la concurrence britannique. « Pour la première fois au monde, les éditeurs disposeront d’outils leur permettant d’empêcher l’utilisation de leurs contenus par les fonctionnalités d’IA de la recherche Google », se réjouit le régulateur.

Ce dernier ajoute que les éditeurs seront ainsi « mieux armés pour négocier des accords de licence avec Google, notamment dans le secteur de la presse ». L’intention est louable, mais rien n’empêchera Google d’utiliser les contenus provenant d’autres sites web plus conciliants pour générer ses résumés IA.

Google autorise les sites web à refuser explicitement les résumés IA

3 juin 2026 à 15:04
Merci, mais non merci
Google autorise les sites web à refuser explicitement les résumés IA

Depuis un peu plus de deux ans, Google affiche ses AI Overviews tout en haut d’une recherche web, autrement dit un résumé des résultats généré par IA. Ils ne tombent pas du ciel : les informations qu’ils contiennent proviennent de sites web qui vont finalement avoir la possibilité explicite d’exclure leurs contenus du moissonnage effectué par le moteur de recherche. Trop peu, trop tard ?

Les AI Overviews, visibles aux États-Unis depuis leur lancement en mai 2024, sont maintenant présents dans une centaine de pays (la France est toujours exclue). Ces résumés ont été complétés un an plus tard par l’AI Mode, qui tente de concurrencer directement les moteurs de recherche IA comme Perplexity ou ChatGPT.

Google demande enfin la permission d’aspirer le web

Durant la dernière édition de la Google I/O, le géant américain en a remis une couche avec une avalanche de nouveautés IA pour son moteur de recherche – offrant au passage au mode « No AI » de DuckDuckGo un joli coup de pouce. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, il existe des internautes qui apprécient peu le forcing IA de Google. C’est le cas aussi pour plusieurs éditeurs de sites web, qui refusent obstinément que leurs contenus soient collectés sans autorisation ni rémunération pour se transformer en données d’entraînement.

Exemple d’AI Overview.

Il existe des mécanismes qui empêchent les robots de scraping de moissonner les contenus du web ouvert. Le fichier robots.txt est le plus commun, il permet à un site de refuser l’accès à certaines de ses pages pour l’indexation web et la collecte IA. Voilà pour la théorie, mais en pratique rien n’empêche un bot mal élevé d’ignorer ces consignes et de parcourir l’intégralité d’un site. Perplexity est régulièrement pointé du doigt à ce sujet.

Google a commencé à déployer un nouvel outil qui va permettre aux éditeurs web de décider, depuis la Search Console, si leurs sites peuvent apparaitre dans les résumés générés par IA. C’est un changement de taille, le groupe ayant plutôt cherché à flouter la frontière entre l’indexation et le scraping. Il promet la main sur le cœur que cela n’aura aucun impact sur l’indexation traditionnelle. En activant ce bouton depuis la console de recherche, un site ne recevra « ni trafic ni impressions provenant de nos fonctionnalités d’IA générative », martèle Google. Est-ce pour autant un drame ?

Google affirme régulièrement que les résumés IA dans les résultats de recherche ne font pas diminuer le trafic des sites d’où les informations sont extraites. Une étude du Pew Research Center, publiée en juillet dernier, affirmait le contraire. L’entreprise s’était d’ailleurs pris les pieds dans le tapis en évoquant un web ouvert en « déclin rapide » en raison du marché publicitaire chamboulé par l’IA.

La mise en place de ce bouton n’a rien d’un geste désintéressé ou d’une branche d’olivier lancé aux éditeurs, car sinon pourquoi avoir attendu deux ans ? C’est simplement le résultat d’une obligation réglementaire imposée par la CMA, l’autorité de la concurrence britannique. « Pour la première fois au monde, les éditeurs disposeront d’outils leur permettant d’empêcher l’utilisation de leurs contenus par les fonctionnalités d’IA de la recherche Google », se réjouit le régulateur.

Ce dernier ajoute que les éditeurs seront ainsi « mieux armés pour négocier des accords de licence avec Google, notamment dans le secteur de la presse ». L’intention est louable, mais rien n’empêchera Google d’utiliser les contenus provenant d’autres sites web plus conciliants pour générer ses résumés IA.

Microsoft a désormais son propre modèle de raisonnement

3 juin 2026 à 13:14
Vieux motard
Microsoft a désormais son propre modèle de raisonnement

Durant sa conférence BUILD, Microsoft a présenté une nouvelle série de modèles MAI. L’entreprise se dote pour la première fois d’un modèle de raisonnement, présenté comme idéal par sa taille moyenne et son coût maitrisé.

Cela peut paraître étonnant, mais Microsoft – qui a investi plusieurs milliards de dollars très tôt dans OpenAI – ne disposait d’aucun modèle de raisonnement. Jusqu’à présent, l’entreprise s’était surtout positionnée comme championne des relais pour d’autres modèles, laissant par exemple un accès à ChatGPT et plus récemment Claude via sa myriade d’assistants Copilot.

La situation a cependant changé : Anthropic a largement grimpé en puissance, tout particulièrement dans le développement, tandis qu’OpenAI suit sa propre trajectoire et se montre beaucoup plus autonome. La firme de Redmond a tout intérêt à manifester sa propre indépendance, avec à la clé une gamme plus complète de modèles.

Place à MAI-Thinking-1

La famille MAI (Microsoft AI) accueille plusieurs nouveaux venus présentés pendant la conférence BUILD, dont MAI-Thinking-1 présenté hier. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un modèle de raisonnement de taille intermédiaire, de type MoE (Mixture of Experts), avec 35 milliards de paramètres actifs et une fenêtre de contexte de 256 000 tokens, soit l’équivalent d’un document de 600 pages selon Microsoft.

L’entreprise met clairement en avant un entrainement du modèle depuis zéro : aucune distillation et à partir de données commercialement licenciées et « propres ». MAI-Thinking-1 n’est donc pas censé s’appuyer sur les traces de raisonnement d’autres modèles, particulièrement concurrents. Il s’agit d’une construction indépendante.

Le modèle atteint 97 % sur AIME 2025 et 94,5 % sur AIME 2026, deux benchmarks évaluant le raisonnement mathématique et scientifique multi-étapes. Sur SWE-Bench Pro, benchmark d’ingénierie logicielle, Microsoft affirme qu’il égale Claude Opus 4.6 sur les tâches de codage. Dans des évaluations indépendantes en aveugle menées par Surge (partenaire indépendant de Microsoft), MAI-Thinking-1 a été préféré à Claude Sonnet 4.6. Ce dernier, le modèle par défaut pour Claude, est largement utilisé comme point de comparaison dans les chiffres donnés par Microsoft.

CNBC rapporte qu’une démonstration a présenté des résultats supérieurs à ceux de GPT-5.5 d’OpenAI avec un modèle ajusté sur les données de McKinsey, avec un coût annoncé comme dix fois inférieur. Il faut pour l’instant croire l’éditeur sur parole, car le modèle n’est disponible qu’en préversion privée via Microsoft Foundry. Sur la partie raisonnement, les tokens seront tarifés à la consommation, là encore sans plus de détails. Le modèle est également inclus dans GitHub Copilot Enterprise et une version pour les enclaves Azure Confidential Computing est prévue.

Six autres « nouveaux » modèles dans la famille MAI

Bien que MAI-Thinking-1 ait eu la part du lion pendant la présentation, la famille MAI a également reçu six autres modèles, en majorité des évolutions de ceux existant déjà.

MAI-Image-2.5 et MAI-Image-2.5 Flash débarquent ainsi pour la génération d’images. Microsoft évoque une hausse significative de la qualité, avec de meilleurs résultats que Nano Banana 2, avec une édition et des contrôles précis. La version classique vise la fidélité maximale et des performances « de qualité professionnelle », tandis que la version Flash – sans surprise – sacrifie une partie de cette qualité pour une plus grande rapidité des résultats. MAI-Image-2.5 est en cours de déploiement dans PowerPoint et OneDrive. Côté tarifs, MAI-Image-2.5 coûte 5 dollars par million de tokens pour les entrées texte, 8 dollars pour les entrées image et 47 dollars pour les sorties image. Pour la version Flash, les tarifs sont de 1,75 dollar pour les entrées texte et image, et de 33 dollars pour les sorties image.

MAI-Transcribe-1.5 est présenté de son côté comme le meilleur modèle de transcription au monde (tout simplement), avec une précision de pointe dans 43 langues, surpassant Gemini et les modèles phares d’OpenAI. Il est censé produire des transcriptions cinq fois plus rapidement que les modèles concurrents, et sera disponible dans GitHub Copilot, Dynamics 365 Contact Center et Foundry, avec un support prochain du streaming. Côté développeurs, il est accessible via Azure Speech au prix de 22 dollars le million de caractères.

Pour les autres modèles, il s’agit surtout de disponibilité. MAI-Voice-2 et sa variante Flash sont ainsi disponibles dans une quinzaine de langues supplémentaires avec de nouvelles options de voix. MAI-Code-1, modèle de codage présenté comme très efficace en inférence et optimisé pour GitHub, est disponible dans Copilot et Visual Studio Code. Son déploiement dans Copilot (tous niveaux) a commencé mardi 2 juin.

Aion, des modèles conçus pour l’exécution locale

Bien que moins mis en avant, deux nouveaux modèles nommés Aion ont aussi été présentés pour l’exécution locale.

Le premier, Aion Instruct, doit prendre le relai de l’actuel Windows OS SLM. Il se veut plus petit (4 milliards de paramètres), plus rapide et surtout plus efficace. Il doit alimenter tout ce qui touche à l’intelligence textuelle quotidienne, c’est-à-dire les résumés, la réécriture, la détection d’intention ou encore l’accessibilité.

Disponible dès maintenant dans le canal Insider d’Edge à des fins de tests pour les développeurs, il sera également accessible depuis les API de Windows. Contrairement aux modèles fournis jusqu’ici par Microsoft dans ce cas de figure, aucun NPU n’est requis : Aion Instruct est fait pour fonctionner partout, sur CPU. Enfin, une version open source doit arriver courant juillet sur Hugging Face.

Aion Plan est à la fois plus ambitieux et plus restreint. Disposant de 14 milliards de paramètres et d’une fenêtre de contexte de 32 000 tokens, de capacités de raisonnement et pouvant appeler des outils (tool-calling), il se veut le champion du flux agentique local. En revanche, il ne sera pas disponible avant plusieurs mois, et la présence d’un NPU semble cette fois requise.

Dans les deux cas, les modèles sont gratuits à l’usage, les opérations étant réalisées par la machine.

Microsoft a désormais son propre modèle de raisonnement

3 juin 2026 à 13:14
Vieux motard
Microsoft a désormais son propre modèle de raisonnement

Durant sa conférence BUILD, Microsoft a présenté une nouvelle série de modèles MAI. L’entreprise se dote pour la première fois d’un modèle de raisonnement, présenté comme idéal par sa taille moyenne et son coût maitrisé.

Cela peut paraître étonnant, mais Microsoft – qui a investi plusieurs milliards de dollars très tôt dans OpenAI – ne disposait d’aucun modèle de raisonnement. Jusqu’à présent, l’entreprise s’était surtout positionnée comme championne des relais pour d’autres modèles, laissant par exemple un accès à ChatGPT et plus récemment Claude via sa myriade d’assistants Copilot.

La situation a cependant changé : Anthropic a largement grimpé en puissance, tout particulièrement dans le développement, tandis qu’OpenAI suit sa propre trajectoire et se montre beaucoup plus autonome. La firme de Redmond a tout intérêt à manifester sa propre indépendance, avec à la clé une gamme plus complète de modèles.

Place à MAI-Thinking-1

La famille MAI (Microsoft AI) accueille plusieurs nouveaux venus présentés pendant la conférence BUILD, dont MAI-Thinking-1 présenté hier. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un modèle de raisonnement de taille intermédiaire, de type MoE (Mixture of Experts), avec 35 milliards de paramètres actifs et une fenêtre de contexte de 256 000 tokens, soit l’équivalent d’un document de 600 pages selon Microsoft.

L’entreprise met clairement en avant un entrainement du modèle depuis zéro : aucune distillation et à partir de données commercialement licenciées et « propres ». MAI-Thinking-1 n’est donc pas censé s’appuyer sur les traces de raisonnement d’autres modèles, particulièrement concurrents. Il s’agit d’une construction indépendante.

Le modèle atteint 97 % sur AIME 2025 et 94,5 % sur AIME 2026, deux benchmarks évaluant le raisonnement mathématique et scientifique multi-étapes. Sur SWE-Bench Pro, benchmark d’ingénierie logicielle, Microsoft affirme qu’il égale Claude Opus 4.6 sur les tâches de codage. Dans des évaluations indépendantes en aveugle menées par Surge (partenaire indépendant de Microsoft), MAI-Thinking-1 a été préféré à Claude Sonnet 4.6. Ce dernier, le modèle par défaut pour Claude, est largement utilisé comme point de comparaison dans les chiffres donnés par Microsoft.

CNBC rapporte qu’une démonstration a présenté des résultats supérieurs à ceux de GPT-5.5 d’OpenAI avec un modèle ajusté sur les données de McKinsey, avec un coût annoncé comme dix fois inférieur. Il faut pour l’instant croire l’éditeur sur parole, car le modèle n’est disponible qu’en préversion privée via Microsoft Foundry. Sur la partie raisonnement, les tokens seront tarifés à la consommation, là encore sans plus de détails. Le modèle est également inclus dans GitHub Copilot Enterprise et une version pour les enclaves Azure Confidential Computing est prévue.

Six autres « nouveaux » modèles dans la famille MAI

Bien que MAI-Thinking-1 ait eu la part du lion pendant la présentation, la famille MAI a également reçu six autres modèles, en majorité des évolutions de ceux existant déjà.

MAI-Image-2.5 et MAI-Image-2.5 Flash débarquent ainsi pour la génération d’images. Microsoft évoque une hausse significative de la qualité, avec de meilleurs résultats que Nano Banana 2, avec une édition et des contrôles précis. La version classique vise la fidélité maximale et des performances « de qualité professionnelle », tandis que la version Flash – sans surprise – sacrifie une partie de cette qualité pour une plus grande rapidité des résultats. MAI-Image-2.5 est en cours de déploiement dans PowerPoint et OneDrive. Côté tarifs, MAI-Image-2.5 coûte 5 dollars par million de tokens pour les entrées texte, 8 dollars pour les entrées image et 47 dollars pour les sorties image. Pour la version Flash, les tarifs sont de 1,75 dollar pour les entrées texte et image, et de 33 dollars pour les sorties image.

MAI-Transcribe-1.5 est présenté de son côté comme le meilleur modèle de transcription au monde (tout simplement), avec une précision de pointe dans 43 langues, surpassant Gemini et les modèles phares d’OpenAI. Il est censé produire des transcriptions cinq fois plus rapidement que les modèles concurrents, et sera disponible dans GitHub Copilot, Dynamics 365 Contact Center et Foundry, avec un support prochain du streaming. Côté développeurs, il est accessible via Azure Speech au prix de 22 dollars le million de caractères.

Pour les autres modèles, il s’agit surtout de disponibilité. MAI-Voice-2 et sa variante Flash sont ainsi disponibles dans une quinzaine de langues supplémentaires avec de nouvelles options de voix. MAI-Code-1, modèle de codage présenté comme très efficace en inférence et optimisé pour GitHub, est disponible dans Copilot et Visual Studio Code. Son déploiement dans Copilot (tous niveaux) a commencé mardi 2 juin.

Aion, des modèles conçus pour l’exécution locale

Bien que moins mis en avant, deux nouveaux modèles nommés Aion ont aussi été présentés pour l’exécution locale.

Le premier, Aion Instruct, doit prendre le relai de l’actuel Windows OS SLM. Il se veut plus petit (4 milliards de paramètres), plus rapide et surtout plus efficace. Il doit alimenter tout ce qui touche à l’intelligence textuelle quotidienne, c’est-à-dire les résumés, la réécriture, la détection d’intention ou encore l’accessibilité.

Disponible dès maintenant dans le canal Insider d’Edge à des fins de tests pour les développeurs, il sera également accessible depuis les API de Windows. Contrairement aux modèles fournis jusqu’ici par Microsoft dans ce cas de figure, aucun NPU n’est requis : Aion Instruct est fait pour fonctionner partout, sur CPU. Enfin, une version open source doit arriver courant juillet sur Hugging Face.

Aion Plan est à la fois plus ambitieux et plus restreint. Disposant de 14 milliards de paramètres et d’une fenêtre de contexte de 32 000 tokens, de capacités de raisonnement et pouvant appeler des outils (tool-calling), il se veut le champion du flux agentique local. En revanche, il ne sera pas disponible avant plusieurs mois, et la présence d’un NPU semble cette fois requise.

Dans les deux cas, les modèles sont gratuits à l’usage, les opérations étant réalisées par la machine.

Le décret présidentiel sur l’IA de Donald Trump a été édulcoré

3 juin 2026 à 07:09
L'industrie IA garde les clés
Le décret présidentiel sur l’IA de Donald Trump a été édulcoré

Donald Trump a finalement signé l’executive order sur l’intelligence artificielle. Le président américain devait apposer son paraphe sur une précédente version du texte, plus contraignante, il y a deux semaines. Mais au dernier moment, l’industrie a réclamé et obtenu des changements importants dans la mouture finale.

Ce n’est pas une bulle du pape, mais pas loin. Dans l’executive order (EO) signé ce mardi 2 juin, Donald Trump rappelle les mesures déjà mises en œuvre depuis le début de son second mandat, dont « [la suppression des] contraintes bureaucratiques que l’administration précédente avait imposées aux développeurs et aux chercheurs américains ». Surtout, l’EO liste une série de mécanismes visant à amplifier le mouvement pour « promouvoir l’innovation et la sécurité de l’IA ».

Report de dernière minute

Mais voilà, ce décret présidentiel aurait déjà dû être paraphé le 21 mai, et tout semblait prêt pour que ce soit le cas. Mais David Sacks, l’ancien « tsar » de l’IA nommé par Donald Trump, a arraché un délai de dernière minute, comme l’explique Politico.

L’ancien EO mettait en place un mécanisme volontaire de supervision pour les entreprises IA : certains modèles avancés auraient pu être soumis à un examen par plusieurs agences fédérales jusqu’à 90 jours avant leur publication. L’administration Trump avait un temps imaginé d’imposer ce dispositif aux entreprises, avant de revenir à une position moins tranchée. La perspective n’en inquiétait pas moins une partie de l’industrie, qui voyait dans ce mécanisme les prémices d’un contrôle gouvernemental plus poussé sur les modèles les plus puissants.

La mesure a notamment été imaginée suite aux craintes d’un modèle comme Mythos sur ses capacités d’attaque envers les infrastructures critiques. David Sacks, porte-voix de l’industrie en sa qualité d’associé fondateur du fonds de capital-risque Craft Ventures, aurait expliqué à Trump que les entreprises n’avaient pas besoin d’une mesure coercitive : elles coopèrent déjà volontairement. Autre argument : un examen des modèles par le gouvernement ralentirait la marche de l’IA, ce qui nuirait aux États-Unis dans sa course contre la Chine.

La signature a donc été reportée et avec elle, une bonne partie du (faible) mordant initial du décret présidentiel. La mouture finale renforce l’idée que le gouvernement fédéral n’impose pas de licence obligatoire, pas d’autorisation avant lancement, pas de « permis » pour publier un modèle. Un cadre est mis en place pour les développeurs volontaires, dans lequel ils peuvent fournir un accès anticipé à leurs modèles 30 jours maximum avant leur mise à disposition.

Le texte ordonne la création, sous les 30 jours, d’un centre de coordination de la cybersécurité liée à l’IA, en collaboration — là aussi volontaire — avec des entreprises du secteur et les opérateurs des infrastructures critiques. Il regroupera plusieurs activités aujourd’hui dispersées entre plusieurs agences du gouvernement pour détecter des vulnérabilités logicielles, mesurer les niveaux de risque de ces failles, coordonner la réponse et la diffusion des correctifs. Il s’agit d’éviter que chacun, dans le privé comme dans le public, fasse sa tambouille dans son coin. C’est louable, mais le caractère non contraignant de ce centre risque d’en diluer la force de frappe.

Un coup pour rien ?

Le décret demande également à plusieurs agences, dont la NSA et le Trésor, de mettre au point dans les 60 jours un processus d’évaluation pour déterminer les modèles IA considérés comme suffisamment puissants pour présenter un risque particulier. Les critères de ce processus resteront secrets, pour éviter que des acteurs malveillants ne connaissent les capacités qui intéressent les autorités.

L’EO ne le précise pas, mais les agences pourraient par exemple mesurer la capacité d’un modèle à découvrir des vulnérabilités zero-day, à écrire du code malveillant, à automatiser des campagnes de piratage, ou à contourner des systèmes de sécurité. Le dernier mot reviendra à la NSA, l’agence du renseignement états-unien. Le NIST, souvent considéré comme plus neutre et technique, est écarté de la décision finale.

L’EO exige aussi du ministère de la Justice de poursuivre les personnes utilisant l’IA pour pirater des systèmes, voler des données ou commettre des infractions informatiques. Si l’architecture générale entre les deux versions du texte est similaire, la version finale adoucit fortement les aspects les plus contraignants pour l’industrie, en insistant notamment sur le caractère volontaire de certaines mesures. Et surtout, elle exclut tout système de licence ou d’autorisation préalable.

Le décret présidentiel sur l’IA de Donald Trump a été édulcoré

3 juin 2026 à 07:09
L'industrie IA garde les clés
Le décret présidentiel sur l’IA de Donald Trump a été édulcoré

Donald Trump a finalement signé l’executive order sur l’intelligence artificielle. Le président américain devait apposer son paraphe sur une précédente version du texte, plus contraignante, il y a deux semaines. Mais au dernier moment, l’industrie a réclamé et obtenu des changements importants dans la mouture finale.

Ce n’est pas une bulle du pape, mais pas loin. Dans l’executive order (EO) signé ce mardi 2 juin, Donald Trump rappelle les mesures déjà mises en œuvre depuis le début de son second mandat, dont « [la suppression des] contraintes bureaucratiques que l’administration précédente avait imposées aux développeurs et aux chercheurs américains ». Surtout, l’EO liste une série de mécanismes visant à amplifier le mouvement pour « promouvoir l’innovation et la sécurité de l’IA ».

Report de dernière minute

Mais voilà, ce décret présidentiel aurait déjà dû être paraphé le 21 mai, et tout semblait prêt pour que ce soit le cas. Mais David Sacks, l’ancien « tsar » de l’IA nommé par Donald Trump, a arraché un délai de dernière minute, comme l’explique Politico.

L’ancien EO mettait en place un mécanisme volontaire de supervision pour les entreprises IA : certains modèles avancés auraient pu être soumis à un examen par plusieurs agences fédérales jusqu’à 90 jours avant leur publication. L’administration Trump avait un temps imaginé d’imposer ce dispositif aux entreprises, avant de revenir à une position moins tranchée. La perspective n’en inquiétait pas moins une partie de l’industrie, qui voyait dans ce mécanisme les prémices d’un contrôle gouvernemental plus poussé sur les modèles les plus puissants.

La mesure a notamment été imaginée suite aux craintes d’un modèle comme Mythos sur ses capacités d’attaque envers les infrastructures critiques. David Sacks, porte-voix de l’industrie en sa qualité d’associé fondateur du fonds de capital-risque Craft Ventures, aurait expliqué à Trump que les entreprises n’avaient pas besoin d’une mesure coercitive : elles coopèrent déjà volontairement. Autre argument : un examen des modèles par le gouvernement ralentirait la marche de l’IA, ce qui nuirait aux États-Unis dans sa course contre la Chine.

La signature a donc été reportée et avec elle, une bonne partie du (faible) mordant initial du décret présidentiel. La mouture finale renforce l’idée que le gouvernement fédéral n’impose pas de licence obligatoire, pas d’autorisation avant lancement, pas de « permis » pour publier un modèle. Un cadre est mis en place pour les développeurs volontaires, dans lequel ils peuvent fournir un accès anticipé à leurs modèles 30 jours maximum avant leur mise à disposition.

Le texte ordonne la création, sous les 30 jours, d’un centre de coordination de la cybersécurité liée à l’IA, en collaboration — là aussi volontaire — avec des entreprises du secteur et les opérateurs des infrastructures critiques. Il regroupera plusieurs activités aujourd’hui dispersées entre plusieurs agences du gouvernement pour détecter des vulnérabilités logicielles, mesurer les niveaux de risque de ces failles, coordonner la réponse et la diffusion des correctifs. Il s’agit d’éviter que chacun, dans le privé comme dans le public, fasse sa tambouille dans son coin. C’est louable, mais le caractère non contraignant de ce centre risque d’en diluer la force de frappe.

Un coup pour rien ?

Le décret demande également à plusieurs agences, dont la NSA et le Trésor, de mettre au point dans les 60 jours un processus d’évaluation pour déterminer les modèles IA considérés comme suffisamment puissants pour présenter un risque particulier. Les critères de ce processus resteront secrets, pour éviter que des acteurs malveillants ne connaissent les capacités qui intéressent les autorités.

L’EO ne le précise pas, mais les agences pourraient par exemple mesurer la capacité d’un modèle à découvrir des vulnérabilités zero-day, à écrire du code malveillant, à automatiser des campagnes de piratage, ou à contourner des systèmes de sécurité. Le dernier mot reviendra à la NSA, l’agence du renseignement états-unien. Le NIST, souvent considéré comme plus neutre et technique, est écarté de la décision finale.

L’EO exige aussi du ministère de la Justice de poursuivre les personnes utilisant l’IA pour pirater des systèmes, voler des données ou commettre des infractions informatiques. Si l’architecture générale entre les deux versions du texte est similaire, la version finale adoucit fortement les aspects les plus contraignants pour l’industrie, en insistant notamment sur le caractère volontaire de certaines mesures. Et surtout, elle exclut tout système de licence ou d’autorisation préalable.

Pour contrer le scraping des IA, Strava verrouille les accès à son API

3 juin 2026 à 05:55
Un abonnement pour accéder aux précieuses données de Strava
Pour contrer le scraping des IA, Strava verrouille les accès à son API

Strava fait la police au sein de son écosystème. La plateforme de suivi de sports d’endurance, qui fait aussi office de réseau social pour sportifs, serre la vis de l’accès à ses API pour reprendre le contrôle de ses données et de son infrastructure.

Les robots d’IA qui moissonnent internet à la recherche de données d’entraînement pour leurs modèles ont cette fâcheuse tendance à ignorer les règles habituelles du web, à l’instar du fichier robots.txt censé leur indiquer les pages qu’ils peuvent consulter, et celles qui leur sont interdites. Les labos IA sont régulièrement accusés de n’en faire qu’à leur tête et de siphonner les contenus sans respect des règles de base, à l’image de Perplexity.

Payer pour un accès

Strava, qui fournit un grand volume de données aux développeurs via une API, fait partie des fournisseurs de contenus touchés par ces pratiques agressives. Les acteurs de l’IA « détournent » l’interface de programmation du service, accuse l’entreprise, tandis que les outils de vibe-coding « génèrent des applications qui sollicitent massivement l’API ». Au détriment des usages standards des développeurs (Strava en dénombre désormais 241 000, contre 185 000 l’an dernier).

« Les candidatures à notre programme développeur ont augmenté de 448 % depuis le début de l’année, certains intermédiaires API ont enfreint nos conditions d’utilisation, et les tentatives de scraping ont dégradé les performances de la plateforme pour l’ensemble des utilisateurs. Les abus répétés que nous avons identifiés nous ont conduits à suspendre et à revoir notre processus d’évaluation des candidatures. »

Face à cette mutation du paysage technologique, Strava s’estime forcé à appliquer des changements dans son programme développeur. Jusqu’à présent, certaines informations étaient visibles sans compte développeur : les profils publics, certaines données de clubs sportifs et communautaires. Il faudra désormais une authentification. Par ailleurs, l’accès à l’API via la formule Standard nécessite désormais la souscription à l’abonnement Strava (9,99 euros par mois) pour les nouveaux inscrits ; les développeurs actifs sans abonnement auront 90 jours à partir du 30 juin pour se mettre en règle.

Et ça n’est pas tout. Le 1er septembre, Strava abandonnera des points d’accès API historiques qui permettent de récupérer certains types d’informations, sur les clubs par exemple. Au-delà de l’abonnement obligatoire, c’est probablement le point qui inquiète le plus les développeurs, il existe des apps tierces qui s’appuient en effet sur ces données. « Le niveau d’engagement de la communauté ne justifie plus les ressources nécessaires à la maintenance [de ces accès] », rétorque l’entreprise.

Il ne s’agit pas pour autant de fermer complètement les portes aux développeurs qui exploitent les données de Strava pour leurs applications. Contrairement à Reddit, dont le prix des accès à sa propre API a fini par réduire à peau de chagrin le nombre d’apps tierces, Strava cherche un point d’équilibre. « Nous voulons que les utilisateurs aient le sentiment de garder la maîtrise de leurs données et qu’ils aient confiance dans la façon dont nous les sécurisons. Mais nous souhaitons également que l’écosystème de développeurs continue de prospérer et de grandir », déclare à TechCrunch le directeur général, Michael Martin.

Strava va également adopter MCP (Model Context Protocol), un standard qui permet aux assistants IA et aux apps d’accéder à des données de façon structurée. La plateforme cherche à mieux contrôler les données auxquelles elle donne l’accès, et surtout la manière dont elles sont utilisées.

Ce serrage de boulon n’intervient pas au hasard. Strava a en effet déposé un dossier d’introduction en bourse début février. Il s’agit de montrer aux investisseurs que l’entreprise protège ses précieuses données. Exactement comme l’avait fait Reddit en 2024, avant sa propre IPO. Après avoir bouché les trous dans son API, la plateforme a signé un accord à 60 millions de dollars avec Google pour encadrer l’utilisation par ce dernier des données de ses utilisateurs.

Pour contrer le scraping des IA, Strava verrouille les accès à son API

3 juin 2026 à 05:55
Un abonnement pour accéder aux précieuses données de Strava
Pour contrer le scraping des IA, Strava verrouille les accès à son API

Strava fait la police au sein de son écosystème. La plateforme de suivi de sports d’endurance, qui fait aussi office de réseau social pour sportifs, serre la vis de l’accès à ses API pour reprendre le contrôle de ses données et de son infrastructure.

Les robots d’IA qui moissonnent internet à la recherche de données d’entraînement pour leurs modèles ont cette fâcheuse tendance à ignorer les règles habituelles du web, à l’instar du fichier robots.txt censé leur indiquer les pages qu’ils peuvent consulter, et celles qui leur sont interdites. Les labos IA sont régulièrement accusés de n’en faire qu’à leur tête et de siphonner les contenus sans respect des règles de base, à l’image de Perplexity.

Payer pour un accès

Strava, qui fournit un grand volume de données aux développeurs via une API, fait partie des fournisseurs de contenus touchés par ces pratiques agressives. Les acteurs de l’IA « détournent » l’interface de programmation du service, accuse l’entreprise, tandis que les outils de vibe-coding « génèrent des applications qui sollicitent massivement l’API ». Au détriment des usages standards des développeurs (Strava en dénombre désormais 241 000, contre 185 000 l’an dernier).

« Les candidatures à notre programme développeur ont augmenté de 448 % depuis le début de l’année, certains intermédiaires API ont enfreint nos conditions d’utilisation, et les tentatives de scraping ont dégradé les performances de la plateforme pour l’ensemble des utilisateurs. Les abus répétés que nous avons identifiés nous ont conduits à suspendre et à revoir notre processus d’évaluation des candidatures. »

Face à cette mutation du paysage technologique, Strava s’estime forcé à appliquer des changements dans son programme développeur. Jusqu’à présent, certaines informations étaient visibles sans compte développeur : les profils publics, certaines données de clubs sportifs et communautaires. Il faudra désormais une authentification. Par ailleurs, l’accès à l’API via la formule Standard nécessite désormais la souscription à l’abonnement Strava (9,99 euros par mois) pour les nouveaux inscrits ; les développeurs actifs sans abonnement auront 90 jours à partir du 30 juin pour se mettre en règle.

Et ça n’est pas tout. Le 1er septembre, Strava abandonnera des points d’accès API historiques qui permettent de récupérer certains types d’informations, sur les clubs par exemple. Au-delà de l’abonnement obligatoire, c’est probablement le point qui inquiète le plus les développeurs, il existe des apps tierces qui s’appuient en effet sur ces données. « Le niveau d’engagement de la communauté ne justifie plus les ressources nécessaires à la maintenance [de ces accès] », rétorque l’entreprise.

Il ne s’agit pas pour autant de fermer complètement les portes aux développeurs qui exploitent les données de Strava pour leurs applications. Contrairement à Reddit, dont le prix des accès à sa propre API a fini par réduire à peau de chagrin le nombre d’apps tierces, Strava cherche un point d’équilibre. « Nous voulons que les utilisateurs aient le sentiment de garder la maîtrise de leurs données et qu’ils aient confiance dans la façon dont nous les sécurisons. Mais nous souhaitons également que l’écosystème de développeurs continue de prospérer et de grandir », déclare à TechCrunch le directeur général, Michael Martin.

Strava va également adopter MCP (Model Context Protocol), un standard qui permet aux assistants IA et aux apps d’accéder à des données de façon structurée. La plateforme cherche à mieux contrôler les données auxquelles elle donne l’accès, et surtout la manière dont elles sont utilisées.

Ce serrage de boulon n’intervient pas au hasard. Strava a en effet déposé un dossier d’introduction en bourse début février. Il s’agit de montrer aux investisseurs que l’entreprise protège ses précieuses données. Exactement comme l’avait fait Reddit en 2024, avant sa propre IPO. Après avoir bouché les trous dans son API, la plateforme a signé un accord à 60 millions de dollars avec Google pour encadrer l’utilisation par ce dernier des données de ses utilisateurs.

☕️ Anthropic élargit l’accès à Mythos à une quinzaine de pays

2 juin 2026 à 15:30


Mythos est certes le modèle le plus ambitieux d’Anthropic, c’est aussi un excellent moyen pour le labo IA de faire sa promotion à moindre frais, à quelques encablures de son introduction en Bourse. Nouvelle illustration aujourd’hui, avec le déploiement du projet Glasswing à davantage de participants et à une quinzaine de pays, et probablement aussi l’Union européenne.

Anthropic ouvre un peu plus grandes les portes du projet Glasswing. Ce programme, qui donne accès à un aperçu de Mythos, compte désormais plus de 150 organisations dans plus de 15 pays, au-delà donc des seuls États-Unis et Royaume-Uni. L’entreprise ne précise ni les organisations, ni les pays, mais l’Union européenne pourrait (le conditionnel est toujours de mise) faire partie du lot. Ce n’est en tout cas pas faute d’essayer !

Illustration : Flock

Pour le moment, Bruxelles ne confirme rien, si ce n’est que des discussions sont toujours en cours. L’ENISA, l’agence de l’UE pour la cybersécurité, pourrait être la première du bloc à avoir accès à Mythos, croit savoir Bloomberg. En attendant une annonce officielle, Anthropic précise que le projet Glasswing demeure un club très fermé : les membres doivent en effet montrer patte blanche avant de pouvoir utiliser cet aperçu. La startup veut continuer à élargir le cercle des élus à davantage de pays.

Ces nouveaux participants couvrent des secteurs jusqu’à présent peu représentés dans la première salve initiale : énergie, santé, télécommunications, constructeurs informatiques. Beaucoup d’entre eux gèrent et maintiennent des bases de données dont dépendent d’autres organisations à travers le monde, « y compris des gouvernements ».

Les entreprises et organisations restées à la porte du projet pourront de toutes façons utiliser les modèles « de classe Mythos » concurrents qui ne manqueront pas d’arriver sur le marché d’ici 6 à 12 mois, affirme Anthropic. Mais le labo prévient : ces modèles rivaux n’auront peut-être pas de garde-fous empêchant les usages malveillants.

Anthropic fait donc valoir son positionnement « responsable » en la matière, et rappelle aux plus impatients l’existence de Claude Security. Ce service utilise Claude Opus 4.8 pour scanner des bases de code et proposer des correctifs.

☕️ Anthropic élargit l’accès à Mythos à une quinzaine de pays

2 juin 2026 à 15:30


Mythos est certes le modèle le plus ambitieux d’Anthropic, c’est aussi un excellent moyen pour le labo IA de faire sa promotion à moindre frais, à quelques encablures de son introduction en Bourse. Nouvelle illustration aujourd’hui, avec le déploiement du projet Glasswing à davantage de participants et à une quinzaine de pays, et probablement aussi l’Union européenne.

Anthropic ouvre un peu plus grandes les portes du projet Glasswing. Ce programme, qui donne accès à un aperçu de Mythos, compte désormais plus de 150 organisations dans plus de 15 pays, au-delà donc des seuls États-Unis et Royaume-Uni. L’entreprise ne précise ni les organisations, ni les pays, mais l’Union européenne pourrait (le conditionnel est toujours de mise) faire partie du lot. Ce n’est en tout cas pas faute d’essayer !

Illustration : Flock

Pour le moment, Bruxelles ne confirme rien, si ce n’est que des discussions sont toujours en cours. L’ENISA, l’agence de l’UE pour la cybersécurité, pourrait être la première du bloc à avoir accès à Mythos, croit savoir Bloomberg. En attendant une annonce officielle, Anthropic précise que le projet Glasswing demeure un club très fermé : les membres doivent en effet montrer patte blanche avant de pouvoir utiliser cet aperçu. La startup veut continuer à élargir le cercle des élus à davantage de pays.

Ces nouveaux participants couvrent des secteurs jusqu’à présent peu représentés dans la première salve initiale : énergie, santé, télécommunications, constructeurs informatiques. Beaucoup d’entre eux gèrent et maintiennent des bases de données dont dépendent d’autres organisations à travers le monde, « y compris des gouvernements ».

Les entreprises et organisations restées à la porte du projet pourront de toutes façons utiliser les modèles « de classe Mythos » concurrents qui ne manqueront pas d’arriver sur le marché d’ici 6 à 12 mois, affirme Anthropic. Mais le labo prévient : ces modèles rivaux n’auront peut-être pas de garde-fous empêchant les usages malveillants.

Anthropic fait donc valoir son positionnement « responsable » en la matière, et rappelle aux plus impatients l’existence de Claude Security. Ce service utilise Claude Opus 4.8 pour scanner des bases de code et proposer des correctifs.

Choose France 2026 : un montant record de 93 milliards d’euros à relativiser

2 juin 2026 à 14:20
Caisse de résonance
Choose France 2026 : un montant record de 93 milliards d’euros à relativiser

Dans son édition 2026, le sommet Choose France semble être le lieu de réunion de tous les superlatifs. Dans son bilan publié ce 1ᵉʳ juin, on peut ainsi lire qu’un total de 93 milliards d’euros d’investissements a été annoncé. Le succès de cette édition reste cependant à relativiser sur plusieurs points.

L’initiative Choose France a été lancée en 2018 par Emmanuel Macron (qui entame sa dernière année de présidence). Depuis, elle a lieu chaque année au château de Versailles, un choix loin d’être anodin. L’idée est de rassembler dans les ors de ce lieu emblématique des centaines de grands dirigeants d’entreprises multinationales, de fonds souverains, d’investisseurs internationaux et autres pour les convaincre d’investir dans l’Hexagone. Comment ? En implantant ou en développant leurs activités au sein des frontières.

L’objectif est aussi industriel qu’économique et politique. La France investit dans son image de terre d’accueil pour les grandes entreprises, tout particulièrement dans la tech et l’IA. Outre des avantages promis sur la fiscalité, le pays met ainsi en avant des procédures simplifiées et surtout une énergie largement décarbonée via le parc nucléaire français. Autre bénéfice souvent relayé, un réseau électrique mature et solide.

Boum !

Via des avantages ciblés, la France peut ainsi flécher les investissements et attirer plus facilement le type d’entreprise qu’elle souhaite voir se développer. Par exemple, on peut lire dans le rapport qu’au titre des incitations fiscales, le pays propose des crédits d’impôts dans l’industrie verte « pour les nouveaux projets industriels dans les secteurs des batteries, de l’éolien, des panneaux solaires et des pompes à chaleur et de la production d’équipements aux matières premières critiques ».

Et le chiffre de cette année (PDF) a de quoi étonner : alors que l’édition 2025 avait atteint 40,8 milliards d’euros d’investissements annoncés, Choose France 2026 parade avec un score de 93 milliards d’euros. C’est la plus grande somme jamais annoncée pour l’un de ces sommets, très loin devant les éditions précédentes. Si loin même qu’elle reste supérieure au cumul de toutes les sommes annoncées depuis la création de l’évènement (voir le tableau ci-dessous).

Les records précédents ont été pulvérisés, le bilan 2026 étant largement porté par l’annonce de SoftBank d’un grand centre de données dans les Hauts-de-France, comme nous le relations hier (45 milliards des 93 annoncés). Parmi les autres participations majeures, citons également le gestionnaire d’actifs canadien Brookfield, dont les 20 milliards d’euros d’investissements annoncés l’année dernière sont finalement réévalués à 30 milliards, toujours pour des infrastructures liées à l’IA, dont un nouveau campus à Cambrai (Nord). Le fonds émirati MGX est lui aussi de la partie, allié à Bpifrance pour l’occasion, afin d’investir 7,5 milliards d’euros dans les infrastructures de calcul intensif.

Au son du clairon

Le succès de l’évènement est indéniable : que l’annonce SoftBank (en partenariat avec Schneider Electric) représente à elle seule presque la moitié du montant total ne change rien au fait que le chantier se fera en France. Même chose pour les autres annonces majeures.

En tout, 71 investissements ont ainsi été présentés, permettant à Emmanuel Macron (cité par Le Monde) de déclarer : « Cette édition de Choose France va permettre de cristalliser un montant record de 93 milliards d’euros d’investissement confirmés, pour plus de 15 000 emplois. C’est évidemment, de très loin, une édition record et c’est historique ». Pour le président, « nous sommes clairement en train de combler le retard que nous avions en matière de capacités de calcul en Europe ».

Masayoshi Son, directeur général de SoftBank, a confirmé peu après que le nucléaire tricolore avait joué un rôle important dans la construction du dossier, et que l’électricité française, jusqu’ici exportée, allait pouvoir être convertie « en tant que matière brute en intelligence précieuse ». Il a ajouté : « Nous avons l’élan pour faire de la France le centre de l’Europe ». De quoi réjouir l’Élysée, qui ne veut pas se contenter de fournir de l’énergie aux mastodontes américains, qui captent actuellement la majorité de la chaine de valeur, comme le soulignait Arthur Mensch, PDG de Mistral AI, lors d’une audition à l’Assemblée nationale.

La plupart des annonces sont liées au numérique et ont trait au développement d’infrastructures ou de zones de formation, telles que des campus. Par exemple, un partenariat entre Foxconn et Bull va injecter au moins 120 millions d’euros dans des usines et infrastructures d’IA en France, avec la volonté de devenir un acteur clé dans la chaine d’approvisionnement et les capacités de calcul en Europe. L’Américain Databricks va investir 258 millions d’euros dans la formation et le développement de son activité de conseil auprès des entreprises françaises et leurs projets de déploiement de l’IA. Citons également un autre Américain, HPE, qui va injecter 350 millions d’euros dans l’AI Factory Lab de Grenoble, en partenariat avec NVIDIA.

Aux côtés de ces investissements mis en avant, on en trouve d’autres dans le spatial et la défense. Par exemple, l’Australien Electro Optic Systems va débourser plus de 10 millions d’euros pour « faire de la France son hub européen autour des systèmes anti-drones ». PDL Space (Espagne) investit 35 millions d’euros dans la construction et l’aménagement d’un complexe de lancement à Kourou (Guyane), Tekever (Portugal) ajoute 100 millions aux 100 millions annoncés l’année dernière pour renforcer ses activités de systèmes autonomes avancés, et Venturi Space (Monaco) ajoute 150 millions d’euros à son centre dédié aux technologies critiques à Toulouse.

Même si la tech représente l’essentiel des annonces, Choose France est dédié de manière plus générale à l’industrialisation. On retrouve ainsi dans les annonces des investissements d’entreprises comme Diageo (Royaume-Uni) dans le domaine CHR (cafés, hôtels, restaurants), DHL (Allemagne) pour la modernisation et la transition écologique de ses infrastructures en France, ou encore Inpost (Pologne), le créateur de Mondial Relay, qui a annoncé investir 500 millions d’euros pour développer ses activités en France.

Oui, mais…

Toutes ces annonces sont à relativiser en partie. D’abord, certaines sont en fait des confirmations ou des reprises de précédentes décisions. Selon Boursorama par exemple, la décision de Softbank d’investir 45 milliards en France avait déjà été prise en avril, lors de la visite officielle d’Emmanuel Macron au Japon.

Dans la même idée, cette édition 2026 peut être vue comme un prolongement du Sommet pour l’Action sur l’IA de l’année dernière. Les engagements et promesses avaient atteint un cumul de 109 milliards d’euros, faisant de Choose France une caisse de résonance politique pour une majorité de confirmations. C’est le cas notamment de l’usine de semi-conducteurs de Foxconn à Bordeaux, avec les groupes français Thales et Radiall.

Surtout, pour l’essentiel des annonces, ces investissements vont s’étaler sur plusieurs années, notamment pour les plus gros montants. Les 45 milliards de SoftBank s’étaleront ainsi jusqu’en 2031, les 2 milliards de Salesforce d’ici 2030, les 300 millions de SAP d’ici 2032 et ainsi de suite. Il en va de même pour la création d’emplois : si le rapport de l’Élysée évoque 15 600 emplois créés, ce chiffre représente le total en fin de montée en puissance, notamment pour tout ce qui touche aux infrastructures cloud et IA, donc la plupart du temps vers 2030.

Choose France 2026 : un montant record de 93 milliards d’euros à relativiser

2 juin 2026 à 14:20
Caisse de résonance
Choose France 2026 : un montant record de 93 milliards d’euros à relativiser

Dans son édition 2026, le sommet Choose France semble être le lieu de réunion de tous les superlatifs. Dans son bilan publié ce 1ᵉʳ juin, on peut ainsi lire qu’un total de 93 milliards d’euros d’investissements a été annoncé. Le succès de cette édition reste cependant à relativiser sur plusieurs points.

L’initiative Choose France a été lancée en 2018 par Emmanuel Macron (qui entame sa dernière année de présidence). Depuis, elle a lieu chaque année au château de Versailles, un choix loin d’être anodin. L’idée est de rassembler dans les ors de ce lieu emblématique des centaines de grands dirigeants d’entreprises multinationales, de fonds souverains, d’investisseurs internationaux et autres pour les convaincre d’investir dans l’Hexagone. Comment ? En implantant ou en développant leurs activités au sein des frontières.

L’objectif est aussi industriel qu’économique et politique. La France investit dans son image de terre d’accueil pour les grandes entreprises, tout particulièrement dans la tech et l’IA. Outre des avantages promis sur la fiscalité, le pays met ainsi en avant des procédures simplifiées et surtout une énergie largement décarbonée via le parc nucléaire français. Autre bénéfice souvent relayé, un réseau électrique mature et solide.

Boum !

Via des avantages ciblés, la France peut ainsi flécher les investissements et attirer plus facilement le type d’entreprise qu’elle souhaite voir se développer. Par exemple, on peut lire dans le rapport qu’au titre des incitations fiscales, le pays propose des crédits d’impôts dans l’industrie verte « pour les nouveaux projets industriels dans les secteurs des batteries, de l’éolien, des panneaux solaires et des pompes à chaleur et de la production d’équipements aux matières premières critiques ».

Et le chiffre de cette année (PDF) a de quoi étonner : alors que l’édition 2025 avait atteint 40,8 milliards d’euros d’investissements annoncés, Choose France 2026 parade avec un score de 93 milliards d’euros. C’est la plus grande somme jamais annoncée pour l’un de ces sommets, très loin devant les éditions précédentes. Si loin même qu’elle reste supérieure au cumul de toutes les sommes annoncées depuis la création de l’évènement (voir le tableau ci-dessous).

Les records précédents ont été pulvérisés, le bilan 2026 étant largement porté par l’annonce de SoftBank d’un grand centre de données dans les Hauts-de-France, comme nous le relations hier (45 milliards des 93 annoncés). Parmi les autres participations majeures, citons également le gestionnaire d’actifs canadien Brookfield, dont les 20 milliards d’euros d’investissements annoncés l’année dernière sont finalement réévalués à 30 milliards, toujours pour des infrastructures liées à l’IA, dont un nouveau campus à Cambrai (Nord). Le fonds émirati MGX est lui aussi de la partie, allié à Bpifrance pour l’occasion, afin d’investir 7,5 milliards d’euros dans les infrastructures de calcul intensif.

Au son du clairon

Le succès de l’évènement est indéniable : que l’annonce SoftBank (en partenariat avec Schneider Electric) représente à elle seule presque la moitié du montant total ne change rien au fait que le chantier se fera en France. Même chose pour les autres annonces majeures.

En tout, 71 investissements ont ainsi été présentés, permettant à Emmanuel Macron (cité par Le Monde) de déclarer : « Cette édition de Choose France va permettre de cristalliser un montant record de 93 milliards d’euros d’investissement confirmés, pour plus de 15 000 emplois. C’est évidemment, de très loin, une édition record et c’est historique ». Pour le président, « nous sommes clairement en train de combler le retard que nous avions en matière de capacités de calcul en Europe ».

Masayoshi Son, directeur général de SoftBank, a confirmé peu après que le nucléaire tricolore avait joué un rôle important dans la construction du dossier, et que l’électricité française, jusqu’ici exportée, allait pouvoir être convertie « en tant que matière brute en intelligence précieuse ». Il a ajouté : « Nous avons l’élan pour faire de la France le centre de l’Europe ». De quoi réjouir l’Élysée, qui ne veut pas se contenter de fournir de l’énergie aux mastodontes américains, qui captent actuellement la majorité de la chaine de valeur, comme le soulignait Arthur Mensch, PDG de Mistral AI, lors d’une audition à l’Assemblée nationale.

La plupart des annonces sont liées au numérique et ont trait au développement d’infrastructures ou de zones de formation, telles que des campus. Par exemple, un partenariat entre Foxconn et Bull va injecter au moins 120 millions d’euros dans des usines et infrastructures d’IA en France, avec la volonté de devenir un acteur clé dans la chaine d’approvisionnement et les capacités de calcul en Europe. L’Américain Databricks va investir 258 millions d’euros dans la formation et le développement de son activité de conseil auprès des entreprises françaises et leurs projets de déploiement de l’IA. Citons également un autre Américain, HPE, qui va injecter 350 millions d’euros dans l’AI Factory Lab de Grenoble, en partenariat avec NVIDIA.

Aux côtés de ces investissements mis en avant, on en trouve d’autres dans le spatial et la défense. Par exemple, l’Australien Electro Optic Systems va débourser plus de 10 millions d’euros pour « faire de la France son hub européen autour des systèmes anti-drones ». PDL Space (Espagne) investit 35 millions d’euros dans la construction et l’aménagement d’un complexe de lancement à Kourou (Guyane), Tekever (Portugal) ajoute 100 millions aux 100 millions annoncés l’année dernière pour renforcer ses activités de systèmes autonomes avancés, et Venturi Space (Monaco) ajoute 150 millions d’euros à son centre dédié aux technologies critiques à Toulouse.

Même si la tech représente l’essentiel des annonces, Choose France est dédié de manière plus générale à l’industrialisation. On retrouve ainsi dans les annonces des investissements d’entreprises comme Diageo (Royaume-Uni) dans le domaine CHR (cafés, hôtels, restaurants), DHL (Allemagne) pour la modernisation et la transition écologique de ses infrastructures en France, ou encore Inpost (Pologne), le créateur de Mondial Relay, qui a annoncé investir 500 millions d’euros pour développer ses activités en France.

Oui, mais…

Toutes ces annonces sont à relativiser en partie. D’abord, certaines sont en fait des confirmations ou des reprises de précédentes décisions. Selon Boursorama par exemple, la décision de Softbank d’investir 45 milliards en France avait déjà été prise en avril, lors de la visite officielle d’Emmanuel Macron au Japon.

Dans la même idée, cette édition 2026 peut être vue comme un prolongement du Sommet pour l’Action sur l’IA de l’année dernière. Les engagements et promesses avaient atteint un cumul de 109 milliards d’euros, faisant de Choose France une caisse de résonance politique pour une majorité de confirmations. C’est le cas notamment de l’usine de semi-conducteurs de Foxconn à Bordeaux, avec les groupes français Thales et Radiall.

Surtout, pour l’essentiel des annonces, ces investissements vont s’étaler sur plusieurs années, notamment pour les plus gros montants. Les 45 milliards de SoftBank s’étaleront ainsi jusqu’en 2031, les 2 milliards de Salesforce d’ici 2030, les 300 millions de SAP d’ici 2032 et ainsi de suite. Il en va de même pour la création d’emplois : si le rapport de l’Élysée évoque 15 600 emplois créés, ce chiffre représente le total en fin de montée en puissance, notamment pour tout ce qui touche aux infrastructures cloud et IA, donc la plupart du temps vers 2030.

Amnesty appelle à interdire les IA génératives entraînées sur du pillage de données

2 juin 2026 à 14:10
Non alignées
Amnesty appelle à interdire les IA génératives entraînées sur du pillage de données

Dans un rapport dédié aux effets concrets des systèmes d’IA générative pour les droits humains, Amnesty International estime que les modèles construits à partir de la récolte non consentie de données disponibles en ligne violent le droit à la vie privée, à la non-discrimination, et créent de nouveau risques pour le droit à la non-discrimination et les libertés d’expression et de pensée.

Les modèles d’IA génératives « entraînés grâce à des pratiques illégales de web scraping » sont « incompatibles avec le droit à la vie privée » tel que défini, notamment, par le Pacte international relatif aux droits civils et politique (PIDCP) adopté en 1966 par les membres de l’ONU. Derrière l’apparence « d’efficacité, de sophistication et de complexité » de l’intelligence artificielle générative se cache « une réalité faite de principes de conception qui bafouent les droits humains, et qui s’apparentent à ceux que l’on retrouve dans bon nombre des outils d’IA les plus problématiques antérieurs à l’IA générative ».

Amnesty International ne mâche pas ses mots dans le rapport qu’elle vient de publier sur les « coûts de l’IA générative en termes de droits humains ». Pour l’établir, l’ONG a adopté une approche par la chaîne de production pour analyser les enjeux de droits humains que posent les systèmes d’IA. Elle analyse la manière dont chacune et chacun participent à la construction des modèles, des constructeurs de puces GPU à la constitution de jeux de données « immenses ». Ces derniers sont souvent constitués « sans la connaissance ni le consentement des personnes à l’origine des données, dont les utilisateurs de réseaux sociaux ou les artistes », et jusqu’à la génération de textes, images et autres contenus multimédia que ces machines produisent, « mimant ou singeant les données sur lesquelles elles ont été entraînées ».

Dans le cas présent, l’organisation se focalise sur les produits développés et promus sur la seule et spécifique base de leur capacité à générer de l’image, de la vidéo, de l’audio ou du texte – dont les principaux outils grand public que sont ChatGPT, Dall-E, Gemini, Midjourney, LLaMa, Stable Diffusion et DeepSeek. Elle ne s’intéresse donc pas à l’IA générative en tant que fonctionnalité déployée dans des outils plus larges. Et sa principale conclusion est claire : le « scraping à grande échelle et l’entraînement nécessaire à la construction de nombreux modèles d’IA générative » créent des problématiques de droits humains en amont et en aval de leur chaîne de fabrication.

À ce titre, l’association appelle à interdire les systèmes d’IA génératifs construits sur ces pratiques, dans la mesure où le scraping non consenti et à grande échelle est « fondamentalement incompatible avec le droit international relatif aux droits humains ».

Domination culturelle et linguistique anglophone

Parmi elles : « l’expansion des coûts environnementaux de l’IA générative » provoquée par l’augmentation de leur taille et du nombre de données nécessaires à leur entraînement « a des effets négatifs qui touche les pays de la majorité globale de manière disproportionnée ».


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Dès le premier jour, la facture à l’usage de GitHub Copilot interroge les devs

2 juin 2026 à 11:58
Confrontation au réel ?
Dès le premier jour, la facture à l’usage de GitHub Copilot interroge les devs

GitHub vient de changer sa manière de facturer son service Copilot pour les développeurs. Se basant sur l’usage réel, ce nouveau système de facturation a surpris beaucoup de développeurs utilisant l’IA générative dans leur travail au quotidien. L’adoption d’autres approches devient nécessaire.

Ce 1ᵉʳ juin, GitHub Copilot est passé à un nouveau système de facturation qui embarrasse quelque peu les développeurs habitués à l’ancien système qui les laissait utiliser des modèles moins gourmands sans entamer leurs quotas. Résultat : dès le premier jour et en quelques requêtes, certains ont déjà atteint le maximum de leur crédit mensuel.

Comme nous l’expliquions fin avril, Microsoft a basculé la facturation de GitHub Copilot vers une tarification basée sur l’usage réel. Jusque-là, les utilisateurs n’étaient limités que sur l’utilisation des nouveaux modèles, celle des modèles moins puissants était comprise dans le prix de l’abonnement sans restriction. Maintenant, chaque formule prépayée est accompagnée d’une enveloppe de « crédits IA » qui sont décomptés, que l’utilisateur choisisse un modèle très puissant ou pas. Le décompte dépend quand même du modèle utilisé et du nombre de tokens consommés, donc de la complexité de la requête, comme l’explique GitHub dans sa documentation.

« Un changement radical »

Même si GitHub a prévenu un mois à l’avance, la bascule est radicale pour les aficionados de GitHub Copilot. « Il s’agit là d’un changement radical, passant d’un « abonnement prévisible » à un service « à la consommation » stressant qui, au lieu de m’aider, nuit à ma productivité », réagit un utilisateur sur le forum de GitHub Copilot, « en tant que développeur professionnel abonné à l’offre Copilot Pro+ (39 $/mois), je trouve que le rythme de consommation actuel est tout à fait insoutenable et qu’il constitue une dévalorisation directe du service pour lequel je paie ». Il explique qu’« en seulement deux heures de travail de développement aujourd’hui », il a utilisé 8 % de ses crédits mensuels.

On peut trouver un peu partout sur les réseaux sociaux, par exemple sur Reddit, d’autres témoignages. Sur X, un développeur explique : « J’ai utilisé 5 000 jetons sur 7 000 pour deux commits, l’un avec Opus 4.8 (niveau moyen) et l’autre avec GPT 5.5 (niveau élevé). De bons résultats dans les deux cas, mais j’ai l’impression qu’Opus était un peu moins coûteux ».

Dans nos contacts, un développeur s’est aussi rendu compte que sa première requête du jour lui avait coûté 18 % de son quota de son forfait Copilot Pro. Elle concernait la découpe d’un fichier JS de 1500 lignes en plusieurs et l’ajout d’une logique (une checkbox en front-end). « C’est quand même une « grosse » requête, donc ce n’est pas si étonnant que ça utilise 500 tokens sur les 1500, nous explique-t-il, mais le choc est brutal ».

Un autre utilisateur ajoute sur le forum de GitHub : « dans un nouveau projet, j’ai remplacé le code de vérification envoyé par e-mail pour la fonction « mot de passe oublié » par un lien de réinitialisation direct. Ce changement m’a coûté 270 jetons IA, soit environ 18 % de ma limite sur Copilot Pro ». L’agent IA lui a fait d’autres suggestions qui ne correspondaient pas à sa demande et qui lui ont coûté des crédits pour rien.

Et comme le remarque ArsTechnica, de nombreux développeurs avaient déjà partagé sur Reddit le mois dernier des estimations de l’explosion de leur facture à utilisation constante :

Mais certains nuancent fortement le problème : « Il y a un monde entre ceux d’entre nous qui travaillent toute la journée sans pour autant avoir beaucoup de temps libre, et ces captures d’écran. J’ai du mal à croire que cela soit dû à des différences de complexité dans la charge de travail », estime l’un d’entre eux. «La seule façon d’en arriver à une telle situation, c’est de se lancer dans du « vibe coding » avec une multitude d’itérations superflues. C’est tout à fait abordable, même pour les petites structures, si on l’utilise comme un outil, quel que soit le fournisseur », ajoute-t-il. Un autre s’étonne aussi : « Je craignais d’utiliser beaucoup de crédits, mais après avoir vu certains de ces exemples, BON SANG ! Vous vous contentez d’utiliser un micro pour parler à l’ordinateur ? Vous savez vraiment coder ? Ou vous vous contentez de dicter des instructions ? Ou, comme on dit… « Vibe code le »… ».

Alors que, jusque-là, les formules d’abonnement permettaient à nombre d’utilisateurs de l’IA générative de l’employer de manière exploratoire, pour voir ce qu’ils pouvaient obtenir avec un simple prompt, quitte à l’optimiser petit à petit, les pratiques vont devoir évoluer si GitHub reste sur sa ligne.

Une adaptation nécessaire

Plusieurs solutions sont possibles. Ainsi, la première est d’aller voir ailleurs, mais les concurrents vont aussi devoir mettre en place des modèles économiques pour rapprocher ne serait-ce qu’un peu le prix d’utilisation de son coût réel. Anthropic a déjà changé le sien récemment.

Une autre solution envisageable est d’apprendre de l’expérience. Ainsi, au lieu de partir de manière exploratoire à chaque fois, s’appuyer sur ce qu’on a pu apprendre de l’utilisation de l’outil pour lui faire générer le plus rapidement possible ce que l’on veut. Les utilisateurs d’IA générative s’échangent déjà des prompts optimisés. Cette solution se confronte à deux choses.

D’abord, l’offre de GitHub évoluant rapidement, l’expérience est très rapidement remise en question par les nouveautés introduites ou les modèles qui seront petit à petit supprimés. On se rappelle de l’émotion de certains utilisateurs de GPT-4o lorsqu’OpenAI a fait le choix de débrancher le modèle, à l’été 2025 d’abord, puis définitivement le 13 février 2026.

Ensuite, le partage de prompts optimisés sur des forums ne revient-il pas, finalement, à faire revivre un Stack Overflow qui ne contiendrait pas du code mais des prompts ? C’est dans l’air du temps, avec des plateformes qui se lancent pour des échanges/ventes de prompts.

Les développeurs, qui ont les capacités techniques de le faire, peuvent aussi envisager plus sérieusement de faire tourner des IA en local (ou sur des VPS avec un GPU). Il faudra toutefois se tourner vers des modèles disponibles et qui ne seront pas toujours à la pointe, mais dont ils maitrisent l’utilisation et le coût.

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