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Présidentielle 2027 :  des ingérences aux conséquences difficilement quantifiables

6 août 2026 à 16:04
Matriochka désinfo service
Présidentielle 2027 :  des ingérences aux conséquences difficilement quantifiables

Plusieurs candidats à l’élection présidentielle ont été récemment visés par des campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux. Sans grande visibilité directe pour certaines au moins, elles arrivent quand même à se faire une place dans l’actualité via leur dénonciation par les autorités, les candidats et les médias.

En ce milieu d’été, de nouvelles campagnes d’ingérence contre la France se sont étalées sur les réseaux sociaux. Lors des élections municipales, Viginum avait détecté des ingérences numériques pro-russes, anti-LFI et putaclics.

Fin juillet et début août, ce sont les candidats Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann et Gabriel Attal qui ont été visés par des fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux et imputées au groupe de désinformation russe Storm-1516.

Les réseaux russes Storm-1516 et Matriochka suspectés

C’est d’abord une fausse information concernant Édouard Philippe qui a été diffusée par plusieurs comptes sur X dans la semaine du 20 juillet, comme le racontaient nos confrères de TF1. Ainsi, les publications évoquaient le mensonge selon lequel l’ancien premier ministre serait atteint de « démence fronto-temporale ». Une « source sécuritaire » de l’AFP a confirmé qu’une opération de désinformation menée par le réseau Storm-1516 a visé Édouard Philippe tout en affirmant que, jusqu’à ce que TF1 en parle, cette campagne était restée « peu visible » et faisait « partie de la routine habituelle des attaques russes, qui ne passent jamais le mur du son ».

De la même façon, Gabriel Attal a, ce jeudi 6 août, dénoncé sur RTL une « intervention directe d’une puissance étrangère » contre lui. « C’est une élection qui peut être faussée, qui peut être volée aux français », a-t-il ajouté. Viginum a confirmé auprès du Monde avoir détecté cette opération de désinformation, l’imputant cette fois avec « une confiance élevée » à l’autre réseau prorusse Matriochka. De la même façon, cette opération était restée « peu visible » avant qu’elle soit dénoncée, selon une source de l’AFP.

Concernant Raphaël Glucksmann, c’est le 1er août que le journaliste Edwy Plenel a alerté sur le fait que « divers comptes diffusent une fakenews avec un article bidon me citant, un mail inventé que je n’ai jamais reçu et une vidéo où ma voix est trafiquée, le tout mensongèrement attribué à Blast. Tout y est faux. Un exemple des opérations de déstabilisation numérique ». Ces comptes relaient le mensonge accusant Léa Salamé, journaliste et compagne de Raphaël Glucksmann, de proposer 50 000 euros « en échange de la publication d’articles visant à donner une image positive » du dirigeant de Place publique. Sur RTL, Raphaël Glucksmann a pointé du doigt une tentative de la Russie « de créer le doute dans la société française », citant lui aussi Storm-1516.

Le site auquel renvoient les différents comptes est similaire à celui du média indépendant Blast. De même pour le nom de domaine dans lequel seule l’absence d’un tiret entre blast et info diffère de celle du site originel. Comme l’a remarqué Libération, pour coller à l’identité du site d’information indépendant, les faussaires ont aspiré 181 pages du vrai site de Blast pour les reprendre. Le faux site est pour l’instant toujours accessible. Le nom de domaine a été enregistré auprès du registrar lituanien Hostinger et est actuellement en statut « gelé » (« frozen »).

Comme l’explique l’Afnic dans son guide pratique [PDF], ce statut « annule l’ensemble des opérations en cours de traitement par l’Afnic et empêche toute demande d’opération à venir sur le nom de domaine […]. Mais cette opération n’altère pas le fonctionnement du nom de domaine ». Un nom de domaine peut être gelé si une décision de justice l’ordonne à l’Afnic, lors de procédures alternatives de résolution de litiges ou à l’ouverture d’une procédure de vérification.

La vidéo accompagnant les messages dénoncés par le journaliste de Médiapart reprend aussi les codes graphiques de Blast avec son logo et essaye de reprendre le ton du média. Mais les voix générées par IA de Léa Salamé, Edwy Plenel et de la journaliste de Blast, Salomé Saqué, sont marquées par des accents robotiques laissant la trace de l’IA générative.

Les différents posts ayant participé à la diffusion sur X de la vidéo et de l’article affichent des chiffres de consultation importants, mais il est difficile de savoir si la médiatisation du sujet n’a pas joué comme un effet d’aubaine.

En réaction à cette nouvelle vague de désinformation concernant les personnalités politiques, certains candidats demandent que des mesures soient prises.

Marine Tondelier demande des mesures d’interdiction pendant les élections

Directement concerné, Raphaël Glucksmann a appelé encore sur RTL de façon grandiloquante à « la résistance » : « Ce que je demande, c’est qu’on n’ait pas la main qui tremble face à Elon Musk et X, qu’on n’ait pas la main qui tremble face au Parti communiste chinois », a-t-il ajouté, visant aussi TikTok, accusant les deux réseaux sociaux de ne pas respecter les règles européennes.

Dans une interview à Libération, Marine Tondelier demande, de son côté, de « menacer des plateformes comme X d’une interdiction pendant les élections ». « Il faut appliquer cette sanction en cas d’ingérences constatées en amont », ajoute-t-elle. Les ingérences ne s’arrêtent pourtant pas aux périodes électorales.

La présidente du parti Les Écologistes n’a pour autant pas quitté le réseau social d’Elon Musk. Elle affirme à nos confrères : « J’ai à titre personnel désinstallé l’application, oui », mais précise : « J’écris mes posts mais je laisse mon équipe les publier et y assurer un travail de veille ». Elle ajoute que, « politiquement, aujourd’hui, c’est impossible d’être absent de X car nous en sommes tous devenus dépendants ».

Présidentielle 2027 :  des ingérences aux conséquences difficilement quantifiables

6 août 2026 à 16:04
Matriochka désinfo service
Présidentielle 2027 :  des ingérences aux conséquences difficilement quantifiables

Plusieurs candidats à l’élection présidentielle ont été récemment visés par des campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux. Sans grande visibilité directe pour certaines au moins, elles arrivent quand même à se faire une place dans l’actualité via leur dénonciation par les autorités, les candidats et les médias.

En ce milieu d’été, de nouvelles campagnes d’ingérence contre la France se sont étalées sur les réseaux sociaux. Lors des élections municipales, Viginum avait détecté des ingérences numériques pro-russes, anti-LFI et putaclics.

Fin juillet et début août, ce sont les candidats Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann et Gabriel Attal qui ont été visés par des fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux et imputées au groupe de désinformation russe Storm-1516.

Les réseaux russes Storm-1516 et Matriochka suspectés

C’est d’abord une fausse information concernant Édouard Philippe qui a été diffusée par plusieurs comptes sur X dans la semaine du 20 juillet, comme le racontaient nos confrères de TF1. Ainsi, les publications évoquaient le mensonge selon lequel l’ancien premier ministre serait atteint de « démence fronto-temporale ». Une « source sécuritaire » de l’AFP a confirmé qu’une opération de désinformation menée par le réseau Storm-1516 a visé Édouard Philippe tout en affirmant que, jusqu’à ce que TF1 en parle, cette campagne était restée « peu visible » et faisait « partie de la routine habituelle des attaques russes, qui ne passent jamais le mur du son ».

De la même façon, Gabriel Attal a, ce jeudi 6 août, dénoncé sur RTL une « intervention directe d’une puissance étrangère » contre lui. « C’est une élection qui peut être faussée, qui peut être volée aux français », a-t-il ajouté. Viginum a confirmé auprès du Monde avoir détecté cette opération de désinformation, l’imputant cette fois avec « une confiance élevée » à l’autre réseau prorusse Matriochka. De la même façon, cette opération était restée « peu visible » avant qu’elle soit dénoncée, selon une source de l’AFP.

Concernant Raphaël Glucksmann, c’est le 1er août que le journaliste Edwy Plenel a alerté sur le fait que « divers comptes diffusent une fakenews avec un article bidon me citant, un mail inventé que je n’ai jamais reçu et une vidéo où ma voix est trafiquée, le tout mensongèrement attribué à Blast. Tout y est faux. Un exemple des opérations de déstabilisation numérique ». Ces comptes relaient le mensonge accusant Léa Salamé, journaliste et compagne de Raphaël Glucksmann, de proposer 50 000 euros « en échange de la publication d’articles visant à donner une image positive » du dirigeant de Place publique. Sur RTL, Raphaël Glucksmann a pointé du doigt une tentative de la Russie « de créer le doute dans la société française », citant lui aussi Storm-1516.

Le site auquel renvoient les différents comptes est similaire à celui du média indépendant Blast. De même pour le nom de domaine dans lequel seule l’absence d’un tiret entre blast et info diffère de celle du site originel. Comme l’a remarqué Libération, pour coller à l’identité du site d’information indépendant, les faussaires ont aspiré 181 pages du vrai site de Blast pour les reprendre. Le faux site est pour l’instant toujours accessible. Le nom de domaine a été enregistré auprès du registrar lituanien Hostinger et est actuellement en statut « gelé » (« frozen »).

Comme l’explique l’Afnic dans son guide pratique [PDF], ce statut « annule l’ensemble des opérations en cours de traitement par l’Afnic et empêche toute demande d’opération à venir sur le nom de domaine […]. Mais cette opération n’altère pas le fonctionnement du nom de domaine ». Un nom de domaine peut être gelé si une décision de justice l’ordonne à l’Afnic, lors de procédures alternatives de résolution de litiges ou à l’ouverture d’une procédure de vérification.

La vidéo accompagnant les messages dénoncés par le journaliste de Médiapart reprend aussi les codes graphiques de Blast avec son logo et essaye de reprendre le ton du média. Mais les voix générées par IA de Léa Salamé, Edwy Plenel et de la journaliste de Blast, Salomé Saqué, sont marquées par des accents robotiques laissant la trace de l’IA générative.

Les différents posts ayant participé à la diffusion sur X de la vidéo et de l’article affichent des chiffres de consultation importants, mais il est difficile de savoir si la médiatisation du sujet n’a pas joué comme un effet d’aubaine.

En réaction à cette nouvelle vague de désinformation concernant les personnalités politiques, certains candidats demandent que des mesures soient prises.

Marine Tondelier demande des mesures d’interdiction pendant les élections

Directement concerné, Raphaël Glucksmann a appelé encore sur RTL de façon grandiloquante à « la résistance » : « Ce que je demande, c’est qu’on n’ait pas la main qui tremble face à Elon Musk et X, qu’on n’ait pas la main qui tremble face au Parti communiste chinois », a-t-il ajouté, visant aussi TikTok, accusant les deux réseaux sociaux de ne pas respecter les règles européennes.

Dans une interview à Libération, Marine Tondelier demande, de son côté, de « menacer des plateformes comme X d’une interdiction pendant les élections ». « Il faut appliquer cette sanction en cas d’ingérences constatées en amont », ajoute-t-elle. Les ingérences ne s’arrêtent pourtant pas aux périodes électorales.

La présidente du parti Les Écologistes n’a pour autant pas quitté le réseau social d’Elon Musk. Elle affirme à nos confrères : « J’ai à titre personnel désinstallé l’application, oui », mais précise : « J’écris mes posts mais je laisse mon équipe les publier et y assurer un travail de veille ». Elle ajoute que, « politiquement, aujourd’hui, c’est impossible d’être absent de X car nous en sommes tous devenus dépendants ».

Grokipedia n’est plus mise à jour depuis 3 mois

6 août 2026 à 09:27
Les IA peuvent aussi s'arrêter de produire
Grokipedia n’est plus mise à jour depuis 3 mois

Aucune des pages du projet d’encyclopédie lancé par Elon Musk fin octobre 2025 n’a été modifié par du contenu généré par IA depuis avril. Aucune édition proposée par des humains n’a été prise en compte non plus.

En janvier dernier, Elon Musk twittait : « Grokipedia connaît une croissance fulgurante. Elle dépassera largement Wikipédia cette année ». Le projet affichait alors plus d’1,8 million d’entrées et un peu plus de 76 000 éditions approuvées par Grok, le système d’IA générative auquel l’encyclopédie est adossée.

Pas de modifications humaines approuvées depuis fin avril

Depuis, le projet raciste et désinformateur a encore grossi puisque la page d’accueil affiche actuellement un nombre de 6 092 140 articles. Mais là où elle listait les modifications en direct, cette page affiche maintenant le message « aucune modification en direct n’est disponible pour le moment ». Et, selon le média Lawfare, aucune modification n’a été approuvée depuis le 24 avril dernier, que ce soit pour des pages au sujet populaire ou obscur.

Ainsi, les journalistes de Lawfare ont repéré 12 modifications approuvées de la page concernant ChatGPT ce 24 avril. Mais toutes les modifications soumises pour cette page en mai, juin et juillet sont restées « en cours d’examen ».

« Ce schéma se retrouve quel que soit le sujet ou le niveau de fréquentation », expliquent-ils. Les utilisateurs peuvent toujours suggérer des modifications. Mais Lawfare a analysé 34 519 entrées de l’encyclopédie avec au moins une suggestion de modification. Et le média a constaté que les 225 496 modifications recommandées que cela représente sur les trois derniers mois n’ont ni été acceptées ni été rejetées.

Après approbation, le processus de Grokipedia prévoit une phase d’implémentation des modifications. Celle-ci a cessé un mois avant : depuis le 22 mars, Lawfare n’a trouvé aucune implémentation de modifications validées.

Le dernier message d’Elon Musk sur X à propos de son projet d’encyclopédie remonte au 22 février dernier. Il y annonçait la mise en place d’un système de notes de communautés comme celui de son réseau social, « afin de permettre aux utilisateurs d’apporter des modifications précises », mais le projet semble aussi en pause.

Plus de modification par Grok non plus

Selon nos confrères, l’encyclopédie n’est plus éditée non plus automatiquement par l’IA de xAI. Pourtant, en février, le chercheur en datajournalisme du Tow Center for Digital Journalism, C.J. Robinson, montrait, données à l’appui, que les modifications proposées par Grok dépassaient celles soumises par des utilisateurs humains, « représentant plus des trois quarts des suggestions ».

Mais en comparant ces données à l’état actuel de Grokipedia, Lawfare a constaté un autre problème : « un grand nombre de modifications qui figuraient auparavant dans la liste des « acceptées » apparaissent désormais comme « rejetées » ». Selon eux, une modification massive semble avoir eu lieu le 14 mars.

Mais le système de Grokipedia semble incohérent. Sur la page consacrée à l’actrice Prunella Scales, par exemple, 10 modifications faites lors de la semaine de lancement sont « approuvées » dans les archives de C.J. Robinson mais sont maintenant labellisées comme « rejetées », même si l’article les prend toujours en compte.

Wikipédia toujours très active mais avec des tensions dans la fondation

Pendant ce temps-là, un site nommé Babel recense en quasi-direct (avec 3 minutes de retard) les éditions des entrées dans Wikipedia en reconstruisant la tour légendaire du même nom, montrant que celle-ci est toujours aussi active. Dans un autre style, Listen to Wikipedia propose une visualisation et sonorisation en quasi-direct de ces éditions.

Pourtant, tout n’est pas rose dans l’univers de l’encyclopédie collaborative. Comme le relate l’infolettre d’août de la communauté francophone du projet, « alors que plus de 70 % des employés américains de la Fondation Wikimédia (WMF) ont exprimé leur volonté de se syndiquer, la direction de la WMF a refusé fin juillet de reconnaître volontairement le syndicat Wiki Workers United (WWU), préférant recourir à un processus plus long et complexe » :

« La branche américaine du WWU dénonce une obstruction antisyndicale. Le recours par la WMF à un cabinet d’avocats connu pour ses stratégies antisyndicales a conduit des contributeurs bénévoles à appeler ouvertement à la démission de la directrice de la WMF Bernadette Meehan, dont les réponses lors de la Wikimania 2026 n’avaient pas convaincu. »

Grokipedia n’est plus mise à jour depuis 3 mois

6 août 2026 à 09:27
Les IA peuvent aussi s'arrêter de produire
Grokipedia n’est plus mise à jour depuis 3 mois

Aucune des pages du projet d’encyclopédie lancé par Elon Musk fin octobre 2025 n’a été modifié par du contenu généré par IA depuis avril. Aucune édition proposée par des humains n’a été prise en compte non plus.

En janvier dernier, Elon Musk twittait : « Grokipedia connaît une croissance fulgurante. Elle dépassera largement Wikipédia cette année ». Le projet affichait alors plus d’1,8 million d’entrées et un peu plus de 76 000 éditions approuvées par Grok, le système d’IA générative auquel l’encyclopédie est adossée.

Pas de modifications humaines approuvées depuis fin avril

Depuis, le projet raciste et désinformateur a encore grossi puisque la page d’accueil affiche actuellement un nombre de 6 092 140 articles. Mais là où elle listait les modifications en direct, cette page affiche maintenant le message « aucune modification en direct n’est disponible pour le moment ». Et, selon le média Lawfare, aucune modification n’a été approuvée depuis le 24 avril dernier, que ce soit pour des pages au sujet populaire ou obscur.

Ainsi, les journalistes de Lawfare ont repéré 12 modifications approuvées de la page concernant ChatGPT ce 24 avril. Mais toutes les modifications soumises pour cette page en mai, juin et juillet sont restées « en cours d’examen ».

« Ce schéma se retrouve quel que soit le sujet ou le niveau de fréquentation », expliquent-ils. Les utilisateurs peuvent toujours suggérer des modifications. Mais Lawfare a analysé 34 519 entrées de l’encyclopédie avec au moins une suggestion de modification. Et le média a constaté que les 225 496 modifications recommandées que cela représente sur les trois derniers mois n’ont ni été acceptées ni été rejetées.

Après approbation, le processus de Grokipedia prévoit une phase d’implémentation des modifications. Celle-ci a cessé un mois avant : depuis le 22 mars, Lawfare n’a trouvé aucune implémentation de modifications validées.

Le dernier message d’Elon Musk sur X à propos de son projet d’encyclopédie remonte au 22 février dernier. Il y annonçait la mise en place d’un système de notes de communautés comme celui de son réseau social, « afin de permettre aux utilisateurs d’apporter des modifications précises », mais le projet semble aussi en pause.

Plus de modification par Grok non plus

Selon nos confrères, l’encyclopédie n’est plus éditée non plus automatiquement par l’IA de xAI. Pourtant, en février, le chercheur en datajournalisme du Tow Center for Digital Journalism, C.J. Robinson, montrait, données à l’appui, que les modifications proposées par Grok dépassaient celles soumises par des utilisateurs humains, « représentant plus des trois quarts des suggestions ».

Mais en comparant ces données à l’état actuel de Grokipedia, Lawfare a constaté un autre problème : « un grand nombre de modifications qui figuraient auparavant dans la liste des « acceptées » apparaissent désormais comme « rejetées » ». Selon eux, une modification massive semble avoir eu lieu le 14 mars.

Mais le système de Grokipedia semble incohérent. Sur la page consacrée à l’actrice Prunella Scales, par exemple, 10 modifications faites lors de la semaine de lancement sont « approuvées » dans les archives de C.J. Robinson mais sont maintenant labellisées comme « rejetées », même si l’article les prend toujours en compte.

Wikipédia toujours très active mais avec des tensions dans la fondation

Pendant ce temps-là, un site nommé Babel recense en quasi-direct (avec 3 minutes de retard) les éditions des entrées dans Wikipedia en reconstruisant la tour légendaire du même nom, montrant que celle-ci est toujours aussi active. Dans un autre style, Listen to Wikipedia propose une visualisation et sonorisation en quasi-direct de ces éditions.

Pourtant, tout n’est pas rose dans l’univers de l’encyclopédie collaborative. Comme le relate l’infolettre d’août de la communauté francophone du projet, « alors que plus de 70 % des employés américains de la Fondation Wikimédia (WMF) ont exprimé leur volonté de se syndiquer, la direction de la WMF a refusé fin juillet de reconnaître volontairement le syndicat Wiki Workers United (WWU), préférant recourir à un processus plus long et complexe » :

« La branche américaine du WWU dénonce une obstruction antisyndicale. Le recours par la WMF à un cabinet d’avocats connu pour ses stratégies antisyndicales a conduit des contributeurs bénévoles à appeler ouvertement à la démission de la directrice de la WMF Bernadette Meehan, dont les réponses lors de la Wikimania 2026 n’avaient pas convaincu. »

IA et reconnaissance faciale : le Royaume-Uni inaugure la police « proactive »

4 août 2026 à 15:19
1984 was not supposed to be an instruction manual
IA et reconnaissance faciale : le Royaume-Uni inaugure la police « proactive »

Un système de reconnaissance faciale en temps réel (LFR) déployé dans plusieurs milliers de magasins va alerter la police en temps réel lorsqu’il identifie les « délinquants les plus dangereux ». La police de Londres, qui revendique 2 000 arrestations grâce à la LFR depuis 2024, veut élargir à l’ensemble de la population un « projet pilote avec Palantir » conçu pour identifier de manière « proactive » les individus et comportements « problématiques » afin d’intervenir « avant que le préjudice ne survienne ».

Facewatch, un système de reconnaissance faciale utilisé pour identifier les voleurs par les milliers de magasins de plus de 100 enseignes britanniques, dont Sainsbury’s et Spar, a annoncé le lancement d’une fonctionnalité visant à « alerter immédiatement la police lorsque les délinquants les plus dangereux font l’objet d’une correspondance en temps réel grâce à la reconnaissance faciale ».

Nick Fisher, directeur général de Facewatch, précise que cette expérimentation serait testée à l’automne, et qu’elle devrait permettre d’alerter la police en quatre secondes en moyenne dès que les « pires délinquants » seraient repérés par son système, rapporte The Guardian.

« Il n’est pas illégal d’entrer dans un magasin, même si l’on a commis des délits par le passé », rétorque Charlie Whelton, de l’ONG de défense des droits humains Liberty :

« L’idée d’appeler la police pour quelqu’un qui n’a pas commis de délit, mais dont on craint qu’il puisse en commettre un, bouleverse véritablement notre façon de fonctionner. Et bien sûr, ce n’est pas infaillible. Ces systèmes commettent des erreurs, et il est très difficile de contester cela quand on en est victime. »

The Guardian rappelle que plusieurs personnes ont d’ores et déjà été refoulées de magasins après y avoir été identifiées à tort par la technologie Facewatch comme des voleurs à l’étalage, qualifiant d’« orwellienne » cette façon d’être « considérées comme coupables jusqu’à preuve du contraire ».

L’article ne précise pas, cela dit, quels critères permettront de définir les « délinquants les plus dangereux », ni les mesures qui seraient prises pour que la liste puisse être interfacée avec le système de Facewatch sans risque de fuiter.

« La plus grande base de données privée sur la criminalité au Royaume-Uni »

Sur son site, Facewatch se présente comme « le seul outil de prévention de la criminalité qui identifie de manière proactive les délinquants connus, permettant ainsi au personnel d’intervenir avant même qu’un délit ne soit commis ».

Facewatch aurait ainsi envoyé plus de 57 000 alertes proactives au sujet de « délinquants connus », identifiés dans les milliers de magasins de ses plus de 125 clients pour le seul mois de juin, et près de 300 000 ces six derniers mois. Le service revendique un taux de réussite de « 99,98 % », et « jusqu’à 70 % » de diminution de la délinquance.

Les voleurs à l’étalage se limitant rarement à un seul magasin en particulier, Facewatch permet aussi à ses clients d’accéder à ce que l’entreprise présente comme « la plus grande base de données privée sur la criminalité au Royaume-Uni », constituée par les renseignements qu’ils partagent au sujet des « récidivistes » identifiés :

« Les abonnés peuvent signaler de nouveaux suspects d’intérêt (SOI) par le biais de signalements d’infractions, qui doivent inclure une déclaration officielle d’un témoin attestant qu’une infraction a bien eu lieu, ainsi que des motifs raisonnables permettant de soupçonner le SOI d’en être l’auteur. Facewatch examine chaque signalement afin de s’assurer que ces deux éléments sont bien établis. L’abonné ne peut consulter que les signalements et les SOI qu’il a lui-même enregistrés. »

La page Privacy de Facewatch précise qu’une alerte comprend une ou plusieurs images faciales, le pourcentage de certitude quant à la correspondance des images, ainsi qu’une galerie d’images conservées de la personne recherchée, le type d’infraction et tout indicateur d’alerte (par exemple, violence) qui lui est associée :

« Toutes les alertes font l’objet d’une double vérification algorithmique avant leur envoi et ne sont transmises que si le taux de similitude est supérieur à 99 % ou si un analyste facial de Facewatch estime qu’il y a correspondance. »

Facewatch indique par ailleurs utiliser les serveurs AWS au Royaume-Uni pour héberger ses opérations de traitement, et recourir à son SaaS de reconnaissance faciale AWS pour effectuer un contrôle secondaire de précision en complément de celui émanant de son propre logiciel.

2 000 arrestations à Londres depuis 2024 grâce à la reconnaissance faciale

L’annonce de cette expérimentation intervient alors que la Metropolitan Police (Met) de Londres vient pour sa part d’annoncer, en juin dernier, qu’elle prévoit elle aussi d’élargir le recours à la technologie de reconnaissance faciale en temps réel (LFR), dans sept quartiers l’an prochain.

Une expérimentation à Croydon, dans la banlieue sud de Londres, aurait permis l’arrestation, entre octobre 2025 et mai 2026, de 173 personnes, dont une femme recherchée depuis plus de 20 ans, rapporte la BBC. Bien que plus de 470 000 personnes soient passées devant les caméras, la LFR n’aurait connu qu’une seule fausse alerte.

Au total, la LFR aurait conduit à plus de 2 000 arrestations depuis 2024, mais également permis de réduire la criminalité de 10,5 %, notamment les infractions commises dans le commerce de détail, les comportements antisociaux, contribuant même à une « baisse significative des violences faites aux femmes et aux filles » avance la Met.

Elle n’explique aucunement en quoi le système de reconnaissance faciale y aurait en lui-même contribué, mais précise que les caméras, montées sur du mobilier urbain, ne sont activées que lors des déploiements d’agents sur le terrain.

De plus, des agents spécialisés et des équipes de police de proximité sont également « déployés tout au long de chaque opération » pour interagir avec le public et répondre à leurs craintes en matière de reconnaissance faciale policière.

Cette « baisse significative des violences faites aux femmes et aux filles », et la réduction de la criminalité, seraient dès lors tout autant, voire bien plus, imputables à cette présence renforcée, et donc dissuasive, de policiers au contact de la population qu’à la reconnaissance faciale en tant que telle.


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☕️ Les lunettes Meta se font bannir des événements, tribunaux et même des navires

30 juillet 2026 à 06:42


De plus en plus de lieux et d’événements interdisent le port des lunettes connectées de Meta. C’est le cas des organisateurs de l’édition 2026 de la DEF CON, qui ouvrira ses portes à Las Vegas la semaine prochaine : ces montures capables d’enregistrer de la vidéo seront interdites dans les travées du grand raout annuel des spécialistes de la cybersécurité, comme le rapporte The Register. « Aucune exception n’est prévue pour les modèles équipés de verres correcteurs. Si vous en avez besoin, pensez donc à emporter une paire de lunettes conforme au règlement », ajoutent les organisateurs.

« Ravi de voir DEF CON adopter une politique “pas de lunettes de pervers” », s’est réjouie dans la foulée Eva Galperin, directrice cybersécurité à l’EFF. L’actualité de ces derniers mois a renforcé les craintes suscitées par ces lunettes, capables d’enregistrer discrètement leur environnement et les personnes qui s’y trouvent.

On a vu ainsi fleurir des vidéos de type « caméra cachée » franchement lourdingues, que ce soit des blagues ou des techniques de drague. Instagram a d’ailleurs annoncé il y a quelques jours le retrait de ces vidéos, sans préciser les moyens techniques qui seront mis en œuvre pour la suppression de ce contenu.

Les lunettes intègrent bien une diode LED pour signaler un enregistrement, mais elle peut être trafiquée. Meta a cependant promis de bloquer les enregistrements. Mais un problème demeure : les personnes filmées peuvent ignorer la signification de cette lumière.

Les tribunaux de l’État de New York interdisent les lunettes connectées.

La DEF CON est loin d’être la seule structure à bannir ces lunettes connectées. Monopoly Events, qui organise plusieurs Comic Con au Royaume-Uni, a interdit les lunettes Meta et, plus largement, tout dispositif d’enregistrement porté sur soi. Depuis le 20 juillet, les tribunaux de l’État de New York interdisent (PDF) ces dispositifs à l’intérieur des palais de justice. C’est aussi le cas ailleurs, comme à Philadelphie où les personnes qui refusent d’obtempérer peuvent être expulsées et s’exposent à des poursuites pour outrage.

Dès décembre dernier, MSC Croisières a interdit ces lunettes dans les espaces publics de ses navires. Le règlement parle d’appareils capables « d’enregistrer ou de transmettre des données de manière dissimulée ou discrète ». Dans le même secteur d’activité, Royal Caribbean a adopté une restriction similaire au mois de février.

La liste des interdictions est encore assez réduite, mais elles pourraient faire tâche d’huile au fur et à mesure de la reconnaissance publique de ces appareils, que ce soit grâce à leur succès commercial ou aux dérives qui les accompagnent. À New York et à Londres, une campagne activiste détourne les publicités de Meta dans les abribus. On peut par exemple y voir une photo modifiée de Jeffrey Epstein portant des lunettes, au-dessus du slogan : « Des lunettes pour ceux qui ne s’embarrassent pas du consentement. » Glaçant…

☕️ Les lunettes Meta se font bannir des événements, tribunaux et même des navires

30 juillet 2026 à 06:42


De plus en plus de lieux et d’événements interdisent le port des lunettes connectées de Meta. C’est le cas des organisateurs de l’édition 2026 de la DEF CON, qui ouvrira ses portes à Las Vegas la semaine prochaine : ces montures capables d’enregistrer de la vidéo seront interdites dans les travées du grand raout annuel des spécialistes de la cybersécurité, comme le rapporte The Register. « Aucune exception n’est prévue pour les modèles équipés de verres correcteurs. Si vous en avez besoin, pensez donc à emporter une paire de lunettes conforme au règlement », ajoutent les organisateurs.

« Ravi de voir DEF CON adopter une politique “pas de lunettes de pervers” », s’est réjouie dans la foulée Eva Galperin, directrice cybersécurité à l’EFF. L’actualité de ces derniers mois a renforcé les craintes suscitées par ces lunettes, capables d’enregistrer discrètement leur environnement et les personnes qui s’y trouvent.

On a vu ainsi fleurir des vidéos de type « caméra cachée » franchement lourdingues, que ce soit des blagues ou des techniques de drague. Instagram a d’ailleurs annoncé il y a quelques jours le retrait de ces vidéos, sans préciser les moyens techniques qui seront mis en œuvre pour la suppression de ce contenu.

Les lunettes intègrent bien une diode LED pour signaler un enregistrement, mais elle peut être trafiquée. Meta a cependant promis de bloquer les enregistrements. Mais un problème demeure : les personnes filmées peuvent ignorer la signification de cette lumière.

Les tribunaux de l’État de New York interdisent les lunettes connectées.

La DEF CON est loin d’être la seule structure à bannir ces lunettes connectées. Monopoly Events, qui organise plusieurs Comic Con au Royaume-Uni, a interdit les lunettes Meta et, plus largement, tout dispositif d’enregistrement porté sur soi. Depuis le 20 juillet, les tribunaux de l’État de New York interdisent (PDF) ces dispositifs à l’intérieur des palais de justice. C’est aussi le cas ailleurs, comme à Philadelphie où les personnes qui refusent d’obtempérer peuvent être expulsées et s’exposent à des poursuites pour outrage.

Dès décembre dernier, MSC Croisières a interdit ces lunettes dans les espaces publics de ses navires. Le règlement parle d’appareils capables « d’enregistrer ou de transmettre des données de manière dissimulée ou discrète ». Dans le même secteur d’activité, Royal Caribbean a adopté une restriction similaire au mois de février.

La liste des interdictions est encore assez réduite, mais elles pourraient faire tâche d’huile au fur et à mesure de la reconnaissance publique de ces appareils, que ce soit grâce à leur succès commercial ou aux dérives qui les accompagnent. À New York et à Londres, une campagne activiste détourne les publicités de Meta dans les abribus. On peut par exemple y voir une photo modifiée de Jeffrey Epstein portant des lunettes, au-dessus du slogan : « Des lunettes pour ceux qui ne s’embarrassent pas du consentement. » Glaçant…

[MàJ] PSN et Xbox hors service : le jeu dématérialisé pris au piège des serveurs

29 juillet 2026 à 06:42
Problème de connexion pour le futur sans disque
[MàJ] PSN et Xbox hors service : le jeu dématérialisé pris au piège des serveurs

À quelques heures d’intervalle, les services en ligne de PlayStation et de Xbox sont tombés dans les choux, laissant sur le carreau de nombreux joueurs désireux d’accéder à leurs jeux. Voilà qui n’annonce rien de bon pour l’avenir tout dématérialisé que préparent les constructeurs de consoles.

Le réseau Xbox a connu plusieurs hoquets ces derniers jours. La panne du 23 juillet tombait très mal : les joueurs ayant acheté l’accès anticipé à Halo: Campaign Evolved trépignaient derrière les serveurs de Microsoft pour lancer le remaster de leur jeu de tir préféré. Ils ont dû attendre quelques heures de plus, tout comme de nombreux autres utilisateurs des services en ligne Xbox, sur leurs consoles, PC, ainsi que dans le cloud.

Une panne « inacceptable »

Mais le pire était à venir. Les services Xbox n’ont pas fonctionné durant une bonne partie de la journée de lundi. Ce coup de mou a empêché les joueurs d’accéder à leur compte et donc à leur bibliothèque de jeux dématérialisés. Elle a même pu empêcher le lancement des disques de jeux.

La situation a été rétablie une quinzaine d’heures plus tard. La situation est telle que le directeur technique de Xbox, Scott Van Vliet, est sorti du bois pour donner une première explication technique de ce qui s’était passé. La panne, qu’il qualifie d’« inacceptable », trouve son origine dans une défaillance d’un service externe de gestion des licences dont dépend Xbox.

Plusieurs « scénarios » de connexion ont cessé de fonctionner correctement, tout comme des opérations qui nécessitent la vérification des droits d’accès (affichage de la bibliothèque, lancement des jeux). Les premiers signaux ont été signalés dans la nuit de dimanche à lundi. Les équipes de Microsoft ont « isolé l’infrastructure défaillante », puis rétabli le service mais de manière inégale selon les régions.

Mais au-delà de la cause de la panne, le CTO veut comprendre pourquoi la défaillance d’un seul service a pu provoquer un incident d’une telle ampleur. Pourquoi le rétablissement a pris autant de temps et comment éviter qu’un point de défaillance unique puisse de nouveau gâcher la journée des joueurs. Des changements profonds vont être effectués dans l’infra des services Xbox, pour la connexion comme pour le lancement des jeux. Scott Van Vliet promet également une communication plus rapide et plus claire quand un problème survient.

Au moins, Xbox tente de jouer la carte de la transparence, contrairement à Sony qui s’est muré dans le silence le plus total pendant et après la panne qui a touché le PSN vendredi 24 juillet. Pendant 6 heures environ, les services en ligne de PlayStation ont fonctionné en pointillés, empêchant de nombreux joueurs de lancer leurs jeux dématérialisés et de se connecter aux serveurs pour les parties en multi.

Il a fallu suivre la page de statut des services en ligne pour se tenir au courant des évolutions de l’arrêt des machines. Le PSN aurait été pris dans la nasse de la grosse panne chez AWS, qui touchait plusieurs sites et plateformes web au même moment.

L’avenir merveilleux du tout-démat’

Ces incidents interviennent au plus mauvais moment pour les constructeurs de consoles, qui depuis des années préparent les esprits à des jeux entièrement dématérialisés. Sony a d’ailleurs programmé l’arrêt des jeux physiques PlayStation pour janvier 2028, ce qui annonce une PS6 sans lecteur de disques. Le projet Helix de future Xbox pourrait bien suivre le même chemin, même si Microsoft n’a rien confirmé.

Sony s’engageait à « mobiliser en priorité » ses ressources pour innover dans la manière dont les joueurs accèdent aux jeux – pas de bol, la panne de la semaine dernière a aussi touché le PlayStation Store – et promettait « une expérience de jeu de tout premier ordre ». On ne peut pas dire que ce soit très bien parti.

Pour les joueurs attachés à l’objet physique, les galettes de jeux sont une solution à ces problèmes de serveurs, mais ces supports ne sont pas la panacée pour autant. La panne chez Xbox a ainsi empêché le lancement des jeux sur disques. Et il y a belle lurette que les supports physiques ont besoin d’un téléchargement initial ou d’une mise à jour « day one ». Le site DoesItPlay? recense beaucoup de jeux jouables sans connexion internet et/ou téléchargement nécessaire : à mettre dans ses favoris.

Mise à jour 15h30 — Xbox a clarifié auprès de The Verge que l’impossibilité de lancer des jeux à partir d’un bon vieux disque pendant la panne de lundi n’aurait pas dû arriver. Scott Van Vliet explique que « les vérifications de licence pour les jeux sur support physique ne devraient pas empêcher les joueurs d’accéder à leurs titres : c’est ainsi que le système a été conçu ».

Et pourtant, c’est bien arrivé. Les disques pour Xbox One et Xbox Series X contiennent les informations nécessaires à la vérification du droit d’utilisation. Selon la documentation de Microsoft, les jeux entièrement pris en charge sur disque et ne nécessitant pas de connexion à internet devraient rester accessibles hors ligne.

Microsoft a identifié le problème ayant empêché les consoles d’utiliser correctement ces droits d’accès. Un correctif sera déployé dans les prochaines semaines.

[MàJ] PSN et Xbox hors service : le jeu dématérialisé pris au piège des serveurs

29 juillet 2026 à 06:42
Problème de connexion pour le futur sans disque
[MàJ] PSN et Xbox hors service : le jeu dématérialisé pris au piège des serveurs

À quelques heures d’intervalle, les services en ligne de PlayStation et de Xbox sont tombés dans les choux, laissant sur le carreau de nombreux joueurs désireux d’accéder à leurs jeux. Voilà qui n’annonce rien de bon pour l’avenir tout dématérialisé que préparent les constructeurs de consoles.

Le réseau Xbox a connu plusieurs hoquets ces derniers jours. La panne du 23 juillet tombait très mal : les joueurs ayant acheté l’accès anticipé à Halo: Campaign Evolved trépignaient derrière les serveurs de Microsoft pour lancer le remaster de leur jeu de tir préféré. Ils ont dû attendre quelques heures de plus, tout comme de nombreux autres utilisateurs des services en ligne Xbox, sur leurs consoles, PC, ainsi que dans le cloud.

Une panne « inacceptable »

Mais le pire était à venir. Les services Xbox n’ont pas fonctionné durant une bonne partie de la journée de lundi. Ce coup de mou a empêché les joueurs d’accéder à leur compte et donc à leur bibliothèque de jeux dématérialisés. Elle a même pu empêcher le lancement des disques de jeux.

La situation a été rétablie une quinzaine d’heures plus tard. La situation est telle que le directeur technique de Xbox, Scott Van Vliet, est sorti du bois pour donner une première explication technique de ce qui s’était passé. La panne, qu’il qualifie d’« inacceptable », trouve son origine dans une défaillance d’un service externe de gestion des licences dont dépend Xbox.

Plusieurs « scénarios » de connexion ont cessé de fonctionner correctement, tout comme des opérations qui nécessitent la vérification des droits d’accès (affichage de la bibliothèque, lancement des jeux). Les premiers signaux ont été signalés dans la nuit de dimanche à lundi. Les équipes de Microsoft ont « isolé l’infrastructure défaillante », puis rétabli le service mais de manière inégale selon les régions.

Mais au-delà de la cause de la panne, le CTO veut comprendre pourquoi la défaillance d’un seul service a pu provoquer un incident d’une telle ampleur. Pourquoi le rétablissement a pris autant de temps et comment éviter qu’un point de défaillance unique puisse de nouveau gâcher la journée des joueurs. Des changements profonds vont être effectués dans l’infra des services Xbox, pour la connexion comme pour le lancement des jeux. Scott Van Vliet promet également une communication plus rapide et plus claire quand un problème survient.

Au moins, Xbox tente de jouer la carte de la transparence, contrairement à Sony qui s’est muré dans le silence le plus total pendant et après la panne qui a touché le PSN vendredi 24 juillet. Pendant 6 heures environ, les services en ligne de PlayStation ont fonctionné en pointillés, empêchant de nombreux joueurs de lancer leurs jeux dématérialisés et de se connecter aux serveurs pour les parties en multi.

Il a fallu suivre la page de statut des services en ligne pour se tenir au courant des évolutions de l’arrêt des machines. Le PSN aurait été pris dans la nasse de la grosse panne chez AWS, qui touchait plusieurs sites et plateformes web au même moment.

L’avenir merveilleux du tout-démat’

Ces incidents interviennent au plus mauvais moment pour les constructeurs de consoles, qui depuis des années préparent les esprits à des jeux entièrement dématérialisés. Sony a d’ailleurs programmé l’arrêt des jeux physiques PlayStation pour janvier 2028, ce qui annonce une PS6 sans lecteur de disques. Le projet Helix de future Xbox pourrait bien suivre le même chemin, même si Microsoft n’a rien confirmé.

Sony s’engageait à « mobiliser en priorité » ses ressources pour innover dans la manière dont les joueurs accèdent aux jeux – pas de bol, la panne de la semaine dernière a aussi touché le PlayStation Store – et promettait « une expérience de jeu de tout premier ordre ». On ne peut pas dire que ce soit très bien parti.

Pour les joueurs attachés à l’objet physique, les galettes de jeux sont une solution à ces problèmes de serveurs, mais ces supports ne sont pas la panacée pour autant. La panne chez Xbox a ainsi empêché le lancement des jeux sur disques. Et il y a belle lurette que les supports physiques ont besoin d’un téléchargement initial ou d’une mise à jour « day one ». Le site DoesItPlay? recense beaucoup de jeux jouables sans connexion internet et/ou téléchargement nécessaire : à mettre dans ses favoris.

Mise à jour 15h30 — Xbox a clarifié auprès de The Verge que l’impossibilité de lancer des jeux à partir d’un bon vieux disque pendant la panne de lundi n’aurait pas dû arriver. Scott Van Vliet explique que « les vérifications de licence pour les jeux sur support physique ne devraient pas empêcher les joueurs d’accéder à leurs titres : c’est ainsi que le système a été conçu ».

Et pourtant, c’est bien arrivé. Les disques pour Xbox One et Xbox Series X contiennent les informations nécessaires à la vérification du droit d’utilisation. Selon la documentation de Microsoft, les jeux entièrement pris en charge sur disque et ne nécessitant pas de connexion à internet devraient rester accessibles hors ligne.

Microsoft a identifié le problème ayant empêché les consoles d’utiliser correctement ces droits d’accès. Un correctif sera déployé dans les prochaines semaines.

Le programme de Wikimédia France pour une « ère du Web des Communs »

24 juillet 2026 à 15:40
Wonder WikiWoManIA
Le programme de Wikimédia France pour une « ère du Web des Communs »

À l’occasion des 25 ans de Wikipédia, qui rassemblaient 1 200 personnes à Paris, Wikimédia France dresse 6 « priorités » déclinées en 28 « recommandations concrètes », qualifiées de « véritable feuille de route politique et législative pour bâtir un écosystème numérique transparent et pluraliste » favorisant, à l’horizon 2035, les biens communs numériques.

La Cité des sciences et de l’industrie accueillait du 21 au 25 juillet à Paris la 21e édition de Wikimania, l’évènement mondial annuel organisé par Wikipedia, intitulée cette année « Liberté, Équité, Fiabilité », célébrant les 25 ans de l’encyclopédie participative et auquel Next avait été convié.

Plus de 1 200 personnes y ont assisté physiquement, dont un peu plus d’un tiers (34 %) ont moins de 35 ans et environ deux tiers provenant de pays situés en dehors de l’Europe du Nord et de l’Europe occidentale, et plus de 2 000 en ligne.

Une quinzaine de journalistes ont assisté à la conférence de presse, où Jimmy Wales, le fondateur de Wikipedia, a rappelé que les différents sites et projets de l’encyclopédie totalisaient 15 milliards de visites par mois. Interrogé par Next au sujet des problèmes posés par les sites d’info générés par IA, Jimmy Wales nous a répondu que « ce n’est pas seulement un problème, c’est une crise ».

Bernadette Meehan, directrice générale de la Fondation Wikimedia, a de son côté souligné que « l’Internet ne pourrait pas survivre sans Wikipedia » et que son objectif était d’informer, pas d’influencer, ce pourquoi « nous ne voulons pas d’opinions ».

Interrogée sur Grokipedia, la soi-disant encyclopédie générée par IA d’Elon Musk, créée pour concurrencer Wikipedia, elle a ironisé quant au fait que l’article la concernant contient non seulement des informations erronées, mais va également jusqu’à émettre des « opinions » biaisées à son sujet.

Rémy Gerbet, directeur exécutif de Wikimédia France, a de son côté rappelé que « nous sommes à la veille d’élections démocratiques majeures, dans un contexte de défiance et de désinformations ». Ce pourquoi l’association a profité de Wikimania pour publier un livre blanc, « Vers une société des communs numériques », qui formule un « diagnostic d’urgence », afin de « se faire entendre des candidats », au motif que « l’essor de l’intelligence artificielle générative et l’hégémonie des grandes plateformes font peser un double risque sur notre démocratie » :

  • d’une part, une saturation du web aggravée par des contenus synthétiques non vérifiables altérant la confiance des citoyens,
  • d’autre part, un phénomène d’enclosure juridique et économique entraînant la privatisation des savoirs et la captation de la valeur produite par la création humaine.

Dès lors, garantir une information « fiable, accessible et gouvernée collectivement dans l’intérêt général » constitue désormais un «enjeu démocratique majeur », avance l’association. C’est pourquoi elle appelle à « renforcer la résilience de notre espace informationnel, la préservation des biens communs numériques et la promotion d’une innovation respectueuse des principes démocratiques » :

« Nous nous trouvons aujourd’hui à la croisée des chemins. Les choix réglementaires, budgétaires et politiques que nous faisons aujourd’hui façonneront le visage du monde numérique de la prochaine décennie. Si nous laissons s’installer les logiques d’enclosure, de captation opaque de la valeur et de saturation par les contenus synthétiques, le web de demain sera un espace fragmenté, privatisé et hostile au jugement critique. »

« Cap sur 2035, l’ère du Web des Communs »

« Mais une autre trajectoire est possible », souligne-t-elle dans une conclusion prospective imaginant une « ère du Web des Communs » en 2035. Les biens communs numériques y seraient érigés en piliers de nos politiques publiques, afin de « concevoir un futur où la technologie émancipe au lieu d’enfermer », dans le cadre d’un écosystème numérique européen opérant lui aussi sa mue vers un modèle « durable, souverain et profondément démocratique » :

  • les systèmes d’intelligence artificielle générative ne seront plus des boîtes noires capturant unilatéralement la connaissance humaine, mais un écosystème d’IA fondé sur la réciprocité obligatoire (« Share-alike », à la manière des licences « libres »), où les grands modèles commerciaux (y compris les données d’entraînement et les poids des modèles d’intérêt public) nourriront en retour l’écosystème ouvert ;
  • un modèle inspiré par la sobriété et la gouvernance humaine de Wikipédia, le web sera composé d’architectures sécurisées dès la conception (« safe by design »), au point que les interfaces truquées (dark patterns) et les flux algorithmiques conçus pour maximiser l’addiction attentionnelle appartiendront au passé ;
  • une science ouverte généralisée, chaque recherche financée par le citoyen sera immédiatement disponible pour le citoyen, accélérant la lutte contre la désinformation globale, et les verrous numériques et tarifaires sur la culture définitivement abolis ;
  • une société de « consommation de l’information » transformée en une « véritable démocratie du savoir » reposant sur des citoyens ne se contentant pas d’aller voter, mais agissant aussi comme contributeurs co-gérant les communs de la connaissance de cette « république numérique ».

« Faire le choix des biens communs aujourd’hui, c’est refuser la fatalité des monopoles technologiques pour bâtir une autonomie numérique ouverte, humaine et durable », conclut Wikimédia, pour qui « il ne tient qu’aux décideurs publics de s’emparer de cette feuille de route pour faire de la France et de l’Europe les pionnières de cette nouvelle ère numérique » :

« Le modèle de Wikipédia a prouvé qu’une utopie numérique pouvait devenir une infrastructure mondiale indispensable. En 2035, les biens communs numériques ne seront plus l’exception alternative, mais l’architecture de référence de nos services publics et de notre économie de l’innovation. »

« Une troisième voie existe »

Le livre blanc de Wikimédia France dresse 6 « priorités » déclinées en 28 « recommandations concrètes », qualifiées de « véritable feuille de route politique et législative pour bâtir un écosystème numérique transparent et pluraliste » capable de conjuguer innovation, démocratie, protection des droits fondamentaux et accès universel à la connaissance. L’association « portera activement » cette feuille de route auprès des législateurs à l’approche des échéances politiques majeures que sont les sénatoriales en septembre 2026 et la présidentielle en 2027 :

  1. Préserver l’intégrité de l’information face aux risques de désinformation et de manipulation.
  2. Construire un partenariat équilibré entre éditeurs de solutions d’intelligence artificielle et producteurs de connaissances.
  3. Établir l’éducation aux médias et à l’information comme levier central de la résilience démocratique.
  4. Le rééquilibrage du droit d’auteur pour équilibrer la protection la création et la circulation des connaissances.
  5. La garantie d’un environnement numérique respectueux des libertés fondamentales et protecteur des utilisateurs.
  6. La reconnaissance des biens communs numériques comme des infrastructures stratégiques au service de la souveraineté, de l’innovation et de l’intérêt général.

Selon Wikimédia France, la souveraineté numérique ne saurait être « réduite à une simple logique d’autonomie industrielle ou de concurrence économique ». Elle « suppose également la préservation d’infrastructures de connaissance ouvertes, transparentes et gouvernées collectivement » :

« Entre le modèle des plateformes commerciales intégrées et une approche fondée sur le repli technologique, une troisième voie existe : celle des biens communs numériques. Faire des communs le pilier de nos politiques publiques signifie sanctuariser le principe d’une souveraineté ouverte, une approche où la technologie et l’information restent gouvernées démocratiquement, co-construites par et pour les humains, de manière transparente, et accessible à toutes et tous. »

Wikimédia rappelle que le fonctionnement de l’encyclopédie participative « illustre pleinement la notion de commun numérique », telle que développée notamment par Elinor Ostrom, première femme à recevoir le Prix dit Nobel d’économie « pour son analyse de la gouvernance économique, et en particulier, des biens communs » : une ressource partagée (le savoir), gérée par une communauté (les contributeurs) selon un système de règles partagées et transparentes (la coconstruction des articles) visant à « éviter sa destruction ou sa capture par des intérêts privés », résume le livre blanc.

Un « test Wikipédia » avant tout projet de loi et de régulation du numérique

Wikimedia réclame un « soutien plus direct et stratégique » pour que la France et les instances européennes reconnaissent les communs numériques comme des « infrastructures stratégiques d’intérêt général », afin que des financements d’avenir pérennisent ces écosystèmes, « sans jamais interférer avec leur indépendance éditoriale ou leur gouvernance interne ». Cette demande fait écho à la Stratégie nationale de lutte contre les manipulations de l’information 2026 - 2030 dévoilée par le SGDSN et VIGINUM en février dernier.

Face à la polarisation algorithmique, elle rappelle que la « neutralité de point de vue » qui guide les projets de la connaissance libre comme Wikipédia vise à « représenter de manière honnête, proportionnée et documentée les différents points de vue et avis sérieux autour d’un fait ». Elle appelle les pouvoirs publics à y contribuer en soutenant les travaux de recherche et expérimentations visant à « développer des interfaces numériques favorisant la contextualisation, la diversité des perspectives et la transparence éditoriale ».

Wikimédia propose également d’instaurer un « Test Wikipédia » préventif, dont une version (en anglais) avait été mise en ligne l’an passé afin d’évaluer tout projet de loi et de régulation du numérique. Le test doit s’assurer que des obligations (souvent pensées pour censurer ou filtrer les réseaux sociaux commerciaux) ne détruisent pas le modèle collaboratif et non lucratif des communs par ricochet, et ne bloquent pas le partage libre des connaissances qui participe à l’intérêt général.


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☕️ Un badge sur Facebook pour distinguer les vrais humains des faux profils

24 juillet 2026 à 13:50


Sur internet, personne ne sait que vous êtes une IA… sauf avec un badge « vérifié ». Meta vient de lancer un nouveau programme Facebook Verified pour aider les humains du réseau social (mais en reste-t-il ?) à communiquer avec d’autres humains. Il s’agit d’un badge avec une coche, affiché à côté du nom du profil.

La vérification est gratuite, mais elle nécessite l’enregistrement d’un selfie vidéo. Ce dernier est ensuite comparé aux photos du profil pour confirmer que l’utilisateur est bien la personne qu’il annonce être. Le processus est rapide, promet Meta.

Au vu des informations que possède l’entreprise sur ses utilisateurs, un selfie vidéo de plus ou de moins ne changera probablement pas grand-chose, mais l’opération implique tout de même de confier à Meta une donnée biométrique supplémentaire.

Le programme est ouvert à tous les utilisateurs de Facebook âgés de 18 ans et plus, qui respectent les standards de la communauté, notamment les règles interdisant la fraude, les arnaques et les pratiques trompeuses. Le comportement de l’utilisateur ne devra présenter aucun signe de comportement non authentique. Le déploiement se fera progressivement, pays par pays.

Le badge « vérifié » sera visible sur les profils du Marketplace, du service Rencontres, des groupes et du profil pour commencer. À terme, les coches feront leur apparition dans les publications du fil d’actualité, ce qui ne sera pas inutile sur un réseau social où les IA et les contenus générés par IA pullulent. « Il devient essentiel de pouvoir distinguer clairement les vraies personnes », reconnait le groupe.

☕️ Un badge sur Facebook pour distinguer les vrais humains des faux profils

24 juillet 2026 à 13:50


Sur internet, personne ne sait que vous êtes une IA… sauf avec un badge « vérifié ». Meta vient de lancer un nouveau programme Facebook Verified pour aider les humains du réseau social (mais en reste-t-il ?) à communiquer avec d’autres humains. Il s’agit d’un badge avec une coche, affiché à côté du nom du profil.

La vérification est gratuite, mais elle nécessite l’enregistrement d’un selfie vidéo. Ce dernier est ensuite comparé aux photos du profil pour confirmer que l’utilisateur est bien la personne qu’il annonce être. Le processus est rapide, promet Meta.

Au vu des informations que possède l’entreprise sur ses utilisateurs, un selfie vidéo de plus ou de moins ne changera probablement pas grand-chose, mais l’opération implique tout de même de confier à Meta une donnée biométrique supplémentaire.

Le programme est ouvert à tous les utilisateurs de Facebook âgés de 18 ans et plus, qui respectent les standards de la communauté, notamment les règles interdisant la fraude, les arnaques et les pratiques trompeuses. Le comportement de l’utilisateur ne devra présenter aucun signe de comportement non authentique. Le déploiement se fera progressivement, pays par pays.

Le badge « vérifié » sera visible sur les profils du Marketplace, du service Rencontres, des groupes et du profil pour commencer. À terme, les coches feront leur apparition dans les publications du fil d’actualité, ce qui ne sera pas inutile sur un réseau social où les IA et les contenus générés par IA pullulent. « Il devient essentiel de pouvoir distinguer clairement les vraies personnes », reconnait le groupe.

Google a-t-il assené un coup fatal au Web ouvert ?

24 juillet 2026 à 11:19
AI perçue, voire volée
Google a-t-il assené un coup fatal au Web ouvert ?

Alors que les médias français s s’inquiètent des conséquence du lancement récent des Aperçus IA sur leur audience, plusieurs grands éditeurs états-uniens envisagent très sérieusement de couper les ponts avec Google, ce qui signerait symboliquement la fin du Web ouvert tel qu’on le connait depuis plus de vingt ans.

Le Web ouvert a-t-il vécu ? La question se pose de façon nouvellement pressante en France, où Google vient finalement de lancer ses fameux Aperçus IA (AI Overviews), qui répondent directement aux questions de l’internaute grâce à un résumé généré par intelligence artificielle, avant d’égrainer la traditionnelle liste de liens hypertextes vers les sites susceptibles de délivrer l’information recherchée.

Un exemple pour mieux comprendre de quoi l’on parle ? Cherchons des informations relatives au fonctionnement du noyau et des pilotes au sein d’un système d’exploitation, avec une requête très générique. Depuis quelques jours, Google ne se contente plus de retourner une liste de liens parmi lesquels on espèrerait voir apparaître le récent article de Vincent consacré au sujet.

Des résumés qui supplantent les publications sources

À la place, il intègre un bloc Aperçu IA qui synthétise les informations issues des pages Web considérées comme pertinentes. Ce bloc mentionne bien les sites dont les contenus ont alimenté la génération automatique, mais il en extrait une partie de la valeur pour la fournir directement à l’internaute, qui peut donc très bien se contenter de ce résumé, alors qu’il lui aurait fallu précédemment se rendre sur l’un ou l’autre des sites source.

L’Aperçu IA mentionne des sources, mais il renvoie très bas dans la page les premiers résultats naturels du référencement – capture d’écran

Ce faisant, Google provoque un manque à gagner pour l’éditeur du site qui apparait dans les résultats de recherche, puisque ce dernier compte sur le référencement de son contenu pour générer une audience qu’il monétisera ensuite soit via de la publicité, soit via la vente d’abonnements ou de services.

« Le déploiement d’AI Overviews et d’AI Mode marque un basculement profond : la recherche glisse vers un modèle « zéro clic », où la réponse reste dans l’interface Google plutôt que de renvoyer vers les sites éditeurs », dénoncent dans un communiqué commun daté du 22 juillet le Syndicat des acteurs du marketing en ligne (CPA), le Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil) et le Groupement des éditeurs en ligne (Geste).

Les trois structures reprochent ouvertement à Google d’avoir lancé cette fonctionnalité sans concertation préalable avec le secteur, sans fournir d’outils permettant de mesurer l’impact réel sur l’audience renvoyée vers les éditeurs et sans avoir prévu de mécaniques de compensation, à l’image de ce qui a été fait autour des droits voisins sous l’impulsion de l’Autorité de la concurrence. « Pour les médias français et les acteurs du web, il ne s’agit plus d’une inquiétude théorique mais d’un risque existentiel », ajoutent les signataires, soulevant l’hypothèse de voies de recours en cas de dialogue infructueux avec le leader mondial de la recherche en ligne.

Pour les médias en ligne, le risque est effectivement existentiel, même s’il n’est pas franchement inédit : le secteur s’était déjà alarmé de la même façon quand les réseaux sociaux, Facebook en tête, avaient réduit la portée offerte aux publications issues de la presse, alors même que tous avaient investi des moyens et des ressources considérables pour optimiser leur présence sur ces plateformes.

Lutter contre l’érosion des audiences

Bon nombre d’éditeurs dépendent aujourd’hui très fortement de Google, dans la mesure où le moteur de recherche et son algorithme de recommandation Discover (l’outil qui suggère automatiquement des articles sur Android ou Chrome, particulièrement sur mobile) représentent aujourd’hui leur principale source de trafic. Pour tous ces acteurs, l’enjeu consiste désormais à réduire cette dépendance, et donc à multiplier les canaux d’acquisition de nouveaux internautes, tout en renforçant leurs liens directs avec leurs lecteurs actuels.

Le sujet est particulièrement critique pour les médias gratuits financés par la publicité, dont les revenus sont partiellement corrélés à l’audience. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs pris le mors aux dents cette semaine, en communiquant directement sur le sujet.

« Moins de visites, ce sont donc moins de moyens pour continuer à tester des véhicules en conditions réelles, entretenir ces outils gratuits et défendre une ligne éditoriale libre sur la mobilité électrique. On ne va pas vous le cacher : être moins visible dans vos recherches représente donc un vrai risque pour nous, mais également pour tous nos confrères », écrit par exemple le site Automobile Propre (groupe Braxton), avant d’appeler explicitement ses lecteurs à s’inscrire à sa newsletter, à créer un compte, à s’abonner à ses comptes sociaux… ou à le suivre sur Google.

Même son de cloche du côté de Numerama (Humanoid, filiale du groupe Ebra), selon qui il est tout à fait probable que son site, « comme la plupart des sites web que vous lisez, disparaisse de Google ». Le ton ne se veut cependant pas défaitiste, au contraire : « Le site web a une grande importance, mais aujourd’hui, la majorité de nos lectures se font ailleurs : nous avons pleinement embrassé la nouvelle réalité pour les médias, qui doivent trouver le public où il est. Pas l’inverse, où nous fonçons dans le mur », explique son directeur des opérations, Julien Cadot, avant de détailler comment Numerama a investi tous les canaux de distribution disponibles, en misant notamment sur la vidéo. Lui aussi appelle les lecteurs à se connecter directement à Numerama, au travers par exemple de son offre de newsletters.

Désintermédier au maximum la relation avec le lecteur (autrement dit, établir un lien le plus direct possible) et multiplier les canaux de distribution, l’idée fait son chemin depuis des mois dans la plupart des colloques, cercles de réflexion et publications qui réfléchissent à l’avenir des médias en ligne. Reste que la dépendance à Google est toujours bien réelle. À tel point qu’outre-Atlantique, certains acteurs réfléchissent désormais à couper les ponts.

Des médias de premier plan réfléchissent à bloquer l’indexation par Google

L’utilisation des contenus en ligne pour l’entrainement des grands modèles de langage a déjà constitué une première pomme de discorde, mais le déploiement à grande échelle des Aperçus IA a catalysé la grogne. Testés depuis mai 2024 aux États-Unis, ceux-ci semblent en effet bien provoquer des baisses d’audience massives chez les médias en ligne.

USA Today aurait ainsi perdu 18 % du trafic associé au référencement naturel sur Google entre juin 2025 et juin 2026, d’après des mesures réalisées via Semrush (un outil d’optimisation et de mesure du référencement). « Il est temps de prendre position et de dire que ça suffit ! », a déclaré son directeur général, Mike Reed, cité par le Wall Street Journal. En réaction, le groupe (qui édite USA Today mais aussi des centaines de médias locaux) envisage de couper l’indexation de ses contenus par Google si la baisse se poursuit. Des réflexions seraient également en cours au sein d’organes tels que Politico, The Economist ou l’agence Reuters. Reddit, qui a pourtant signé un accord à 60 millions de dollars avec Google en 2024 pour l’autoriser à entraîner ses modèles sur son contenu communautaire, évaluerait aussi ses options, affirme le WSJ.

Google, de son côté, répète à l’envi que les réponses générées par IA contribuent à la visibilité des contenus, et renvoient des milliards de clics vers les sites des éditeurs. Le moteur a par ailleurs annoncé début juin l’introduction d’une option permettant d’exclure son site des Aperçus IA au niveau de la Search Console (l’outil qui permet de visualiser les paramètres du référencement d’un site dans Google). Il promet que l’activation de cette option (non disponible dans notre propre Search Console) n’aura pas d’impact sur le classement des liens dans les pages de résultat.

En attendant, les éditeurs voient donc leurs contenus nourrir par défaut les résumés générés par IA, ce dont certains ne se satisfont pas : Penske Media, l’éditeur de Rolling Stone, Billboard, Variety et Hollywood Reporter, a déposé plainte contre Google en septembre 2025 en raison d’AI Overviews. L’entreprise de presse y considère que Google utilise son monopole « pour contraindre les éditeurs en ligne […] à fournir du contenu que Google republie sans autorisation dans des réponses générées par l’IA qui rivalisent de manière déloyale pour attirer l’attention des utilisateurs sur Internet, en violation des lois étasuniennes contre les monopoles ».

Certains, comme News Corp (maison mère du WSJ) ont déjà noué un accord avec Google et sont donc indemnisés pour l’utilisation faite de leurs contenus, mais quid des éditeurs qui ne sont pas en mesure de négocier, directement ou par l’intermédiaire d’une représentation, avec le moteur de recherche ? Si l’idée de se couper complètement de Google est séduisante, elle constitue un trade-off difficile à accepter. « L’audience peut être irrégulière et en baisse, mais l’audience reste l’audience », résume Josh Muncke, vice président en charge de l’IA chez The Economist auprès du WSJ.

Le Web ouvert a-t-il encore un avenir ?

D’un côté, il y a donc ce que le chercheur Olivier Ertzscheid décrit comme un pacte faustien imposé par Google : « laissez-moi indexer et réutiliser vos contenus et en échange vous serez visibles, ou empêchez-moi de le faire et l’audience de vos sites sera quasi nulle ».

Ceux qui en acceptent les termes travaillent d’ailleurs à l’adaptation de leurs contenus à l’avènement des moteurs génératifs : c’est le fameux Generative Engine Optimization (GEO), qui regroupe l’ensemble des techniques grâce auxquelles les éditeurs ou les marques essaient de doper leur visibilité dans les réponses fournies par les grands modèles de langage.

De l’autre, il y a la tentation de fermer au maximum les vannes, pour éviter qu’un tiers ne s’accapare la valeur associée au contenu informationnel.

Dans les deux cas, il y a une remise en cause du principe dit de Web ouvert (open web), qui désigne la façon dont une pluralité de sites coexistent de façon interdépendante et s’oppose à la logique de jardin fermé (walled garden) dans laquelle une plateforme contrôle à la fois la diffusion des informations, la collecte des données et la monétisation associée.

Google, qui a construit sa fortune sur le web ouvert, se défend bien sûr de toute menace. « De notre point de vue, le Web est en plein essor », affirmait Nick Fox, l’un de ses vice-présidents, en juin dernier. « Il n’y a probablement pas d’entreprise qui se soucie plus de la santé et de l’avenir du Web que Google ».

Reste que si Google concentre la valeur sur ses propres pages, l’entreprise (re)crée un jardin fermé, qui n’est pas à l’abri des risques de paupérisation. Après tout, que resterait-il à Google pour alimenter ses réponses générées par IA si tous les éditeurs qui investissent dans la production de contenus de qualité décidaient de fermer leurs portes à ses robots d’indexation ? Nos tests menés depuis le lancement des Aperçus IA en France confirment que ces derniers sont déjà parasités par des fermes à contenus eux-même générés par IA, et donc sujets à tous les risques d’hallucinations, d’interprétations fallacieuses ou de manipulation que l’on connait.

« D’une certaine manière, Google se tire une balle dans le pied. Les entreprises spécialisées en IA cherchent désespérément de nouvelles données d’entraînement exemptes de bouillie générée par l’IA. En dissuadant activement les utilisateurs de consulter les sites web qui proposent de nouvelles informations, l’entreprise se prive d’une source essentielle de données dont elle a tant besoin », remarque Futurism.

Il ne fait guère de doute que la situation évoluera, à coup d’actions en justice ou d’évolutions réglementaires. En attendant, ce sont les utilisatrices et utilisateurs finaux qui restent les juges de paix, en décidant à qui, ou à quoi, ils accordent leur attention.

Google a-t-il assené un coup fatal au Web ouvert ?

24 juillet 2026 à 11:19
AI perçue, voire volée
Google a-t-il assené un coup fatal au Web ouvert ?

Alors que les médias français s s’inquiètent des conséquence du lancement récent des Aperçus IA sur leur audience, plusieurs grands éditeurs états-uniens envisagent très sérieusement de couper les ponts avec Google, ce qui signerait symboliquement la fin du Web ouvert tel qu’on le connait depuis plus de vingt ans.

Le Web ouvert a-t-il vécu ? La question se pose de façon nouvellement pressante en France, où Google vient finalement de lancer ses fameux Aperçus IA (AI Overviews), qui répondent directement aux questions de l’internaute grâce à un résumé généré par intelligence artificielle, avant d’égrainer la traditionnelle liste de liens hypertextes vers les sites susceptibles de délivrer l’information recherchée.

Un exemple pour mieux comprendre de quoi l’on parle ? Cherchons des informations relatives au fonctionnement du noyau et des pilotes au sein d’un système d’exploitation, avec une requête très générique. Depuis quelques jours, Google ne se contente plus de retourner une liste de liens parmi lesquels on espèrerait voir apparaître le récent article de Vincent consacré au sujet.

Des résumés qui supplantent les publications sources

À la place, il intègre un bloc Aperçu IA qui synthétise les informations issues des pages Web considérées comme pertinentes. Ce bloc mentionne bien les sites dont les contenus ont alimenté la génération automatique, mais il en extrait une partie de la valeur pour la fournir directement à l’internaute, qui peut donc très bien se contenter de ce résumé, alors qu’il lui aurait fallu précédemment se rendre sur l’un ou l’autre des sites source.

L’Aperçu IA mentionne des sources, mais il renvoie très bas dans la page les premiers résultats naturels du référencement – capture d’écran

Ce faisant, Google provoque un manque à gagner pour l’éditeur du site qui apparait dans les résultats de recherche, puisque ce dernier compte sur le référencement de son contenu pour générer une audience qu’il monétisera ensuite soit via de la publicité, soit via la vente d’abonnements ou de services.

« Le déploiement d’AI Overviews et d’AI Mode marque un basculement profond : la recherche glisse vers un modèle « zéro clic », où la réponse reste dans l’interface Google plutôt que de renvoyer vers les sites éditeurs », dénoncent dans un communiqué commun daté du 22 juillet le Syndicat des acteurs du marketing en ligne (CPA), le Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil) et le Groupement des éditeurs en ligne (Geste).

Les trois structures reprochent ouvertement à Google d’avoir lancé cette fonctionnalité sans concertation préalable avec le secteur, sans fournir d’outils permettant de mesurer l’impact réel sur l’audience renvoyée vers les éditeurs et sans avoir prévu de mécaniques de compensation, à l’image de ce qui a été fait autour des droits voisins sous l’impulsion de l’Autorité de la concurrence. « Pour les médias français et les acteurs du web, il ne s’agit plus d’une inquiétude théorique mais d’un risque existentiel », ajoutent les signataires, soulevant l’hypothèse de voies de recours en cas de dialogue infructueux avec le leader mondial de la recherche en ligne.

Pour les médias en ligne, le risque est effectivement existentiel, même s’il n’est pas franchement inédit : le secteur s’était déjà alarmé de la même façon quand les réseaux sociaux, Facebook en tête, avaient réduit la portée offerte aux publications issues de la presse, alors même que tous avaient investi des moyens et des ressources considérables pour optimiser leur présence sur ces plateformes.

Lutter contre l’érosion des audiences

Bon nombre d’éditeurs dépendent aujourd’hui très fortement de Google, dans la mesure où le moteur de recherche et son algorithme de recommandation Discover (l’outil qui suggère automatiquement des articles sur Android ou Chrome, particulièrement sur mobile) représentent aujourd’hui leur principale source de trafic. Pour tous ces acteurs, l’enjeu consiste désormais à réduire cette dépendance, et donc à multiplier les canaux d’acquisition de nouveaux internautes, tout en renforçant leurs liens directs avec leurs lecteurs actuels.

Le sujet est particulièrement critique pour les médias gratuits financés par la publicité, dont les revenus sont partiellement corrélés à l’audience. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs pris le mors aux dents cette semaine, en communiquant directement sur le sujet.

« Moins de visites, ce sont donc moins de moyens pour continuer à tester des véhicules en conditions réelles, entretenir ces outils gratuits et défendre une ligne éditoriale libre sur la mobilité électrique. On ne va pas vous le cacher : être moins visible dans vos recherches représente donc un vrai risque pour nous, mais également pour tous nos confrères », écrit par exemple le site Automobile Propre (groupe Braxton), avant d’appeler explicitement ses lecteurs à s’inscrire à sa newsletter, à créer un compte, à s’abonner à ses comptes sociaux… ou à le suivre sur Google.

Même son de cloche du côté de Numerama (Humanoid, filiale du groupe Ebra), selon qui il est tout à fait probable que son site, « comme la plupart des sites web que vous lisez, disparaisse de Google ». Le ton ne se veut cependant pas défaitiste, au contraire : « Le site web a une grande importance, mais aujourd’hui, la majorité de nos lectures se font ailleurs : nous avons pleinement embrassé la nouvelle réalité pour les médias, qui doivent trouver le public où il est. Pas l’inverse, où nous fonçons dans le mur », explique son directeur des opérations, Julien Cadot, avant de détailler comment Numerama a investi tous les canaux de distribution disponibles, en misant notamment sur la vidéo. Lui aussi appelle les lecteurs à se connecter directement à Numerama, au travers par exemple de son offre de newsletters.

Désintermédier au maximum la relation avec le lecteur (autrement dit, établir un lien le plus direct possible) et multiplier les canaux de distribution, l’idée fait son chemin depuis des mois dans la plupart des colloques, cercles de réflexion et publications qui réfléchissent à l’avenir des médias en ligne. Reste que la dépendance à Google est toujours bien réelle. À tel point qu’outre-Atlantique, certains acteurs réfléchissent désormais à couper les ponts.

Des médias de premier plan réfléchissent à bloquer l’indexation par Google

L’utilisation des contenus en ligne pour l’entrainement des grands modèles de langage a déjà constitué une première pomme de discorde, mais le déploiement à grande échelle des Aperçus IA a catalysé la grogne. Testés depuis mai 2024 aux États-Unis, ceux-ci semblent en effet bien provoquer des baisses d’audience massives chez les médias en ligne.

USA Today aurait ainsi perdu 18 % du trafic associé au référencement naturel sur Google entre juin 2025 et juin 2026, d’après des mesures réalisées via Semrush (un outil d’optimisation et de mesure du référencement). « Il est temps de prendre position et de dire que ça suffit ! », a déclaré son directeur général, Mike Reed, cité par le Wall Street Journal. En réaction, le groupe (qui édite USA Today mais aussi des centaines de médias locaux) envisage de couper l’indexation de ses contenus par Google si la baisse se poursuit. Des réflexions seraient également en cours au sein d’organes tels que Politico, The Economist ou l’agence Reuters. Reddit, qui a pourtant signé un accord à 60 millions de dollars avec Google en 2024 pour l’autoriser à entraîner ses modèles sur son contenu communautaire, évaluerait aussi ses options, affirme le WSJ.

Google, de son côté, répète à l’envi que les réponses générées par IA contribuent à la visibilité des contenus, et renvoient des milliards de clics vers les sites des éditeurs. Le moteur a par ailleurs annoncé début juin l’introduction d’une option permettant d’exclure son site des Aperçus IA au niveau de la Search Console (l’outil qui permet de visualiser les paramètres du référencement d’un site dans Google). Il promet que l’activation de cette option (non disponible dans notre propre Search Console) n’aura pas d’impact sur le classement des liens dans les pages de résultat.

En attendant, les éditeurs voient donc leurs contenus nourrir par défaut les résumés générés par IA, ce dont certains ne se satisfont pas : Penske Media, l’éditeur de Rolling Stone, Billboard, Variety et Hollywood Reporter, a déposé plainte contre Google en septembre 2025 en raison d’AI Overviews. L’entreprise de presse y considère que Google utilise son monopole « pour contraindre les éditeurs en ligne […] à fournir du contenu que Google republie sans autorisation dans des réponses générées par l’IA qui rivalisent de manière déloyale pour attirer l’attention des utilisateurs sur Internet, en violation des lois étasuniennes contre les monopoles ».

Certains, comme News Corp (maison mère du WSJ) ont déjà noué un accord avec Google et sont donc indemnisés pour l’utilisation faite de leurs contenus, mais quid des éditeurs qui ne sont pas en mesure de négocier, directement ou par l’intermédiaire d’une représentation, avec le moteur de recherche ? Si l’idée de se couper complètement de Google est séduisante, elle constitue un trade-off difficile à accepter. « L’audience peut être irrégulière et en baisse, mais l’audience reste l’audience », résume Josh Muncke, vice président en charge de l’IA chez The Economist auprès du WSJ.

Le Web ouvert a-t-il encore un avenir ?

D’un côté, il y a donc ce que le chercheur Olivier Ertzscheid décrit comme un pacte faustien imposé par Google : « laissez-moi indexer et réutiliser vos contenus et en échange vous serez visibles, ou empêchez-moi de le faire et l’audience de vos sites sera quasi nulle ».

Ceux qui en acceptent les termes travaillent d’ailleurs à l’adaptation de leurs contenus à l’avènement des moteurs génératifs : c’est le fameux Generative Engine Optimization (GEO), qui regroupe l’ensemble des techniques grâce auxquelles les éditeurs ou les marques essaient de doper leur visibilité dans les réponses fournies par les grands modèles de langage.

De l’autre, il y a la tentation de fermer au maximum les vannes, pour éviter qu’un tiers ne s’accapare la valeur associée au contenu informationnel.

Dans les deux cas, il y a une remise en cause du principe dit de Web ouvert (open web), qui désigne la façon dont une pluralité de sites coexistent de façon interdépendante et s’oppose à la logique de jardin fermé (walled garden) dans laquelle une plateforme contrôle à la fois la diffusion des informations, la collecte des données et la monétisation associée.

Google, qui a construit sa fortune sur le web ouvert, se défend bien sûr de toute menace. « De notre point de vue, le Web est en plein essor », affirmait Nick Fox, l’un de ses vice-présidents, en juin dernier. « Il n’y a probablement pas d’entreprise qui se soucie plus de la santé et de l’avenir du Web que Google ».

Reste que si Google concentre la valeur sur ses propres pages, l’entreprise (re)crée un jardin fermé, qui n’est pas à l’abri des risques de paupérisation. Après tout, que resterait-il à Google pour alimenter ses réponses générées par IA si tous les éditeurs qui investissent dans la production de contenus de qualité décidaient de fermer leurs portes à ses robots d’indexation ? Nos tests menés depuis le lancement des Aperçus IA en France confirment que ces derniers sont déjà parasités par des fermes à contenus eux-même générés par IA, et donc sujets à tous les risques d’hallucinations, d’interprétations fallacieuses ou de manipulation que l’on connait.

« D’une certaine manière, Google se tire une balle dans le pied. Les entreprises spécialisées en IA cherchent désespérément de nouvelles données d’entraînement exemptes de bouillie générée par l’IA. En dissuadant activement les utilisateurs de consulter les sites web qui proposent de nouvelles informations, l’entreprise se prive d’une source essentielle de données dont elle a tant besoin », remarque Futurism.

Il ne fait guère de doute que la situation évoluera, à coup d’actions en justice ou d’évolutions réglementaires. En attendant, ce sont les utilisatrices et utilisateurs finaux qui restent les juges de paix, en décidant à qui, ou à quoi, ils accordent leur attention.

Xbox teste le cloud gaming gratuit financé par la publicité

24 juillet 2026 à 06:12
Pas de console, mais un cloud
Xbox teste le cloud gaming gratuit financé par la publicité

Le cloud gaming serait-il une solution au problème du matériel hors de prix ? Pas besoin de consoles ou de PC, une (bonne) connexion internet et une manette potable suffisent pour profiter des blockbusters les plus récents sur sa télé ou son smartphone. Plusieurs solutions sont disponibles, mais les principales sont payantes, chez Sony (PlayStation Plus), NVIDIA (GeForce Now), ou Microsoft (Xbox Cloud Gaming).

Xbox, qui selon le mot d’Asha Sharma veut « divertir plus d’un milliard de personnes chaque jour », a besoin d’élargir sa plateforme au-delà de Windows et de ses consoles. C’est ce qui l’a poussée à adapter plusieurs de ses grosses franchises à la concurrence (rendez-vous compte, le nouveau Halo est disponible sur PS5 !), mais aussi à tenter quelque chose de nouveau : une offre de cloud gaming gratuite pour les joueurs sur Xbox.

Ce nouveau service, objet de rumeurs depuis des mois, est désormais officiel. Xbox propose le streaming depuis le nuage sans frais, mais avec pas mal de contraintes. D’une, il faut posséder les jeux que l’on veut streamer, et seule une petite sélection est compatible ; on n’a pas accès au catalogue pléthorique du Game Pass, en revanche les jeux free to play sont supportés. De deux, les sessions sont limitées à 1 heure. De trois, la formule est financée par la publicité.

Une expérimentation, et plus si affinités

Il s’agit pour le moment d’une expérimentation réservée aux joueurs inscrits au programme Xbox Insiders, qui permet de tester des nouveautés avant qu’elles soient proposées au grand public. Deux minutes de publicités seront jouées avant le début de la session de jeu, il n’y aura pas de pause en plein combat de boss. Si le joueur veut aller au-delà de l’heure offerte, il devra visionner de nouvelles publicités. Microsoft promet d’appliquer à ces réclames « les mêmes critères de qualité qu’à nos contenus », ce qui ne mange pas de pain.

Image : Xbox

Les publicités doivent aussi « apporter une valeur ajoutée » et correspondre aux « attentes des joueurs sur chaque plateforme ». Microsoft s’engage enfin à indiquer clairement ce qui relève de la publicité. « Lorsqu’elle est bien utilisée, elle peut contribuer à réduire le coût d’accès », explique l’entreprise. « Elle offre aux joueurs une autre manière de découvrir des jeux sans devoir payer d’emblée pour le streaming, tout en élargissant le public grâce à de nouvelles façons de jouer. »

L’idée est on ne peut plus claire : alors que les consoles atteignent des prix ahurissants (les Xbox vont encore augmenter au 1er août, la Switch 2 en septembre), le cloud gaming permet de jouer à des titres récents « sans avoir à acheter immédiatement une nouvelle console ». Voilà qui est « particulièrement important dans les régions où les consoles sont plus difficiles à trouver ou moins abordables ».

Xbox veut apprendre de ce test, qui aura une durée limitée. Le Game Pass (payant) était jusqu’à présent le seul moyen d’accéder au streaming du Xbox Cloud Gaming. En parallèle, Microsoft a lancé une nouvelle offre Game Pass « Starter Edition » en bundle avec d’autres abonnements, comme Discord Nitro et Horizon+ (Meta). Elle propose l’accès à une cinquantaine de jeux et 10 heures de cloud gaming par mois.

Amazon s’y intéresse aussi

Toujours dans le registre du streaming de jeux, Amazon a annoncé l’intégration de son propre service Luna au sein de Prime Video. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, un nouvel onglet va apparaitre sur les Fire TV, qui donnera un accès direct au catalogue de la plateforme – elle compte quelques titres pas forcément récents mais bien connus et appréciés, comme Hogwarts Legacy, EA FC 26, Dispatch ou encore Indiana Jones et le Cercle Ancien.

« Seules quelques centaines de millions [de personnes] possèdent une console ou un PC suffisamment puissant pour jouer », explique Amazon. « Pour les autres, le coût et les contraintes les ont jusqu’ici tenues à l’écart. Luna s’adresse à ces joueurs, avec des jeux immersifs accessibles en quelques secondes, aussi faciles à trouver que les séries et les films qu’ils regardent déjà, et disponibles sur les appareils qu’ils possèdent déjà. » Un discours similaire à celui de Microsoft, qui pourrait effectivement être entendu par les joueurs peu enclins à s’équiper de matériel dernier cri.

Xbox teste le cloud gaming gratuit financé par la publicité

24 juillet 2026 à 06:12
Pas de console, mais un cloud
Xbox teste le cloud gaming gratuit financé par la publicité

Le cloud gaming serait-il une solution au problème du matériel hors de prix ? Pas besoin de consoles ou de PC, une (bonne) connexion internet et une manette potable suffisent pour profiter des blockbusters les plus récents sur sa télé ou son smartphone. Plusieurs solutions sont disponibles, mais les principales sont payantes, chez Sony (PlayStation Plus), NVIDIA (GeForce Now), ou Microsoft (Xbox Cloud Gaming).

Xbox, qui selon le mot d’Asha Sharma veut « divertir plus d’un milliard de personnes chaque jour », a besoin d’élargir sa plateforme au-delà de Windows et de ses consoles. C’est ce qui l’a poussée à adapter plusieurs de ses grosses franchises à la concurrence (rendez-vous compte, le nouveau Halo est disponible sur PS5 !), mais aussi à tenter quelque chose de nouveau : une offre de cloud gaming gratuite pour les joueurs sur Xbox.

Ce nouveau service, objet de rumeurs depuis des mois, est désormais officiel. Xbox propose le streaming depuis le nuage sans frais, mais avec pas mal de contraintes. D’une, il faut posséder les jeux que l’on veut streamer, et seule une petite sélection est compatible ; on n’a pas accès au catalogue pléthorique du Game Pass, en revanche les jeux free to play sont supportés. De deux, les sessions sont limitées à 1 heure. De trois, la formule est financée par la publicité.

Une expérimentation, et plus si affinités

Il s’agit pour le moment d’une expérimentation réservée aux joueurs inscrits au programme Xbox Insiders, qui permet de tester des nouveautés avant qu’elles soient proposées au grand public. Deux minutes de publicités seront jouées avant le début de la session de jeu, il n’y aura pas de pause en plein combat de boss. Si le joueur veut aller au-delà de l’heure offerte, il devra visionner de nouvelles publicités. Microsoft promet d’appliquer à ces réclames « les mêmes critères de qualité qu’à nos contenus », ce qui ne mange pas de pain.

Image : Xbox

Les publicités doivent aussi « apporter une valeur ajoutée » et correspondre aux « attentes des joueurs sur chaque plateforme ». Microsoft s’engage enfin à indiquer clairement ce qui relève de la publicité. « Lorsqu’elle est bien utilisée, elle peut contribuer à réduire le coût d’accès », explique l’entreprise. « Elle offre aux joueurs une autre manière de découvrir des jeux sans devoir payer d’emblée pour le streaming, tout en élargissant le public grâce à de nouvelles façons de jouer. »

L’idée est on ne peut plus claire : alors que les consoles atteignent des prix ahurissants (les Xbox vont encore augmenter au 1er août, la Switch 2 en septembre), le cloud gaming permet de jouer à des titres récents « sans avoir à acheter immédiatement une nouvelle console ». Voilà qui est « particulièrement important dans les régions où les consoles sont plus difficiles à trouver ou moins abordables ».

Xbox veut apprendre de ce test, qui aura une durée limitée. Le Game Pass (payant) était jusqu’à présent le seul moyen d’accéder au streaming du Xbox Cloud Gaming. En parallèle, Microsoft a lancé une nouvelle offre Game Pass « Starter Edition » en bundle avec d’autres abonnements, comme Discord Nitro et Horizon+ (Meta). Elle propose l’accès à une cinquantaine de jeux et 10 heures de cloud gaming par mois.

Amazon s’y intéresse aussi

Toujours dans le registre du streaming de jeux, Amazon a annoncé l’intégration de son propre service Luna au sein de Prime Video. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, un nouvel onglet va apparaitre sur les Fire TV, qui donnera un accès direct au catalogue de la plateforme – elle compte quelques titres pas forcément récents mais bien connus et appréciés, comme Hogwarts Legacy, EA FC 26, Dispatch ou encore Indiana Jones et le Cercle Ancien.

« Seules quelques centaines de millions [de personnes] possèdent une console ou un PC suffisamment puissant pour jouer », explique Amazon. « Pour les autres, le coût et les contraintes les ont jusqu’ici tenues à l’écart. Luna s’adresse à ces joueurs, avec des jeux immersifs accessibles en quelques secondes, aussi faciles à trouver que les séries et les films qu’ils regardent déjà, et disponibles sur les appareils qu’ils possèdent déjà. » Un discours similaire à celui de Microsoft, qui pourrait effectivement être entendu par les joueurs peu enclins à s’équiper de matériel dernier cri.

[MàJ] L’IA générative empêche d’admettre que nous ne savons pas

23 juillet 2026 à 10:17
À l'IA jacta est
[MàJ] L’IA générative empêche d’admettre que nous ne savons pas

Alors que le gouvernement a annoncé que les élèves de seconde bénéficieraient à la rentrée 2027 d’une heure de cours d’intelligence artificielle par semaine, des chercheurs ont testé la capacité des êtres humains à déléguer leur esprit critique à une IA. Paradoxalement, ceux qui avaient le droit d’interroger une IA affichaient un taux de confiance plus de deux fois plus élevé que ceux qui n’y avaient pas droit. Et pourtant, ces derniers se sont bien moins trompés que ceux qui répétaient les réponses proposées par l’IA.

MàJ, 21 h, avec un bloc de conclusion précisant que le ministre de l’Éducation vient de préciser que le cours d’IA en seconde devra également servir de « levier précoce » pour lutter contre les inégalités et disparités entre filles et garçons auxquelles sont confrontées les filières et métiers du numérique et de l’intelligence artificielle.


« Savoir quand ne pas répondre est l’un des fondements du jugement humain. Mais que se passe-t-il lorsqu’une IA a toujours une réponse ? » s’interroge sur LinkedIn Walter Quattrociocchi, pour qui la phrase la plus importante en science n’est pas « j’avais raison », mais « je ne sais pas ».

Pour y répondre, ce professeur d’informatique et auteur de trois livres consacrés à la désinformation et à la post-vérité s’est associé avec deux autres chercheurs universitaires, Chiara Marcoccia et Valerio Capraro, afin de procéder à cinq expérimentations.

Le titre de leur preprint en divulgâche quelque peu les résultats : « Les conseils fournis par l’IA dissuadent les gens de dire « je ne sais pas », même lorsque ces conseils sont erronés et que l’exactitude est récompensée ».

Ils avaient demandé à 3 132 participants de répondre à six questions relatives au cinéma, choisies de sorte que leurs réponses soient difficiles à trouver par des humains, mais portant sur des détails visuels suffisamment pointus pour que les LLM soient prompts à « halluciner » des réponses plausibles, mais erronées.

Y figuraient par exemple des questions comme « quel animal figure sur la proue du bateau pirate dans “Astérix et Obélix” ? », ou « quelle est la couleur du maillot de l’équipe de foot de « Joue-la comme Beckham » ? ».

L’IA fait exploser le taux d’erreurs… et le niveau de confiance

Histoire de parfaire le tableau, les chercheurs avaient également pris soin d’opter pour un modèle, Step 3.5 Flash, dont ils savaient que la totalité des réponses seraient erronées car « hallucinées », contrairement à celles proposées par d’autres modèles plus sophistiqués.

L’objectif du questionnaire n’était pas d’estimer la capacité des assistants IA à répondre correctement, mais bien d’observer comment les participants font confiance aux réponses générées par IA. Affectant ainsi à la fois leur capacité de discernement et leur propension à ne plus oser répondre « je ne sais pas ».

Les participants étaient divisés en deux groupes : le premier devait répondre aux questions sans aide externe, le second pouvait reposer la question à une IA. Or, en moyenne, 44 % des membres du premier groupe ont répondu « Je ne sais pas », contre 3 % seulement de ceux qui ont pu interroger une IA (soit une différence de - 93 %).

De plus, le taux de bonnes réponses des premiers était de 27 %, contre seulement 9 % pour le second (- 67 %). Dans le même temps, le niveau de confiance des premiers était de 30 %, contre 76 % chez les seconds (+ 153 %).

L’IA les a non seulement induits en erreur, au point de tripler le nombre de réponses erronées par rapport au groupe témoin, mais elle leur a dans le même temps donné une illusion de compétence totalement infondée. Et ce, alors que près d’un tiers d’entre eux aurait pu donner la bonne réponse s’ils n’avaient pas interrogé l’IA.

Dit autrement : en se reposant aveuglément sur l’IA, le taux de réponse correcte s’écroule de deux tiers, alors que les participants se sentent deux fois et demi plus confiants. Et seule une infime minorité des participants recourant à l’IA (3 %) reconnaît ne pas savoir répondre à la question, l’IA ayant donné aux autres un (faux) sentiment de certitude, basé sur des réponses (majoritairement) fausses.

Pour parfaire leur expérimentation, les chercheurs ont également proposé des incitations financières, ce qui a légèrement amélioré les résultats obtenus par les participants car ils se comportaient un peu plus prudemment.

Dans le groupe ayant accès à l’IA, la disposition à admettre son ignorance est ainsi passée de 3 % à 8 %, et la pertinence des réponses de 9 % à 16 %, des taux restant bien inférieurs à ceux du groupe de contrôle, respectivement de 44 % et 27 %.

Les IA génératives ne savent pas répondre « je ne sais pas »

Comme le résume Walter Quattrociocchi, le problème n’est pas simplement que l’IA puisse se tromper, mais que le fait qu’elle propose une réponse incite les gens à vouloir y croire au point de la reprendre à leur compte. Ce qui ne peut avoir que des effets négatifs tant dans l’éducation ou la recherche que dans le débat public.

« Pour les êtres humains, la capacité à dire “Je ne sais pas” est très importante, car elle traduit la reconnaissance des limites de nos propres connaissances », explique Valerio Capraro à The Register. Cette incapacité peut donc aussi, a contrario, donner un sentiment de surpuissance à ceux qui, pourtant, « ne savent pas » si ce qu’ils relaient est vrai, ou pas, ni donc de quoi ils parlent.

The Register précise par ailleurs que, bien que les chercheurs aient choisi des questions portant sur des anecdotes cinématographiques, ils affirment que leurs conclusions peuvent s’étendre à d’autres domaines.

Comme le relevaient des chercheurs d’OpenAI dans un preprint publié en septembre dernier, les IA sont en effet « encouragées à fournir une réponse au hasard plutôt qu’à avouer leur ignorance », quitte à raconter n’importe quoi, afin de satisfaire leurs utilisateurs, sur fond de concurrence exacerbée.

Les évaluations portant sur l’exactitude sont en outre majoritaires dans les classements et les fiches système des modèles, « ce qui pousse les développeurs à créer des modèles préférant les hypothèses à l’abstention ». Ce pourquoi, « même si les modèles gagnent en sophistication, ils hallucinent toujours au lieu d’expliquer qu’ils ne savent pas répondre ».

Des études universitaires sur la « sycophancy » (que l’on peut traduire par « effet sycophante » ou « biais de complaisance ») ont par ailleurs montré que ChatGPT, Claude et Gemini flattaient ceux qui les interrogeaient dans près de six réponses sur dix, indiquant des « taux de complaisance » s’échelonnant de 47 % à 95 %, sur sept familles de modèles.

« Je suis très inquiet pour les enfants »

« Je suis très inquiet pour les enfants, car les adultes ont acquis un esprit critique », déplore Capraro auprès du site : « Mais pour les enfants, qui naissent pour ainsi dire avec ces systèmes, le risque est qu’ils n’acquièrent même pas les compétences critiques de base ».

Le Financial Times racontait lui aussi récemment que l’écrivain et scénariste Dave Eggers, invité par Sam Altman à effectuer une conférence devant 200 employés d’OpenAI, leur avait déclaré l’an passé que « L’impact de ChatGPT sur la vie des enseignants est catastrophique » :

« Que ce soit votre intention ou non, vous avez rendu la vie de chaque enseignant infiniment plus difficile qu’elle ne l’était il y a deux ans. Alors, prenez bien conscience de cela… Si les élèves l’utilisent pour rédiger, ce qui est la plus grande tragédie de toutes, ils n’apprendront jamais à écrire. Et on leur vole leur voix. Ils n’auront jamais la capacité d’exprimer leur vérité et de raconter leur propre histoire. Et cela revient à réduire au silence une ou deux générations entières. »

Enseigner l’IA, et l’esprit critique, à partir de la rentrée scolaire 2027

« Nous ne pouvons pas laisser une génération entière découvrir l’intelligence artificielle sans lui donner les clés pour la comprendre et donc la maîtriser », avait de son côté souligné Sébastien Lecornu en juin dernier dans un message posté sur X, en annonçant qu’ « À partir de la rentrée 2027 et sous l’impulsion du Ministre Edouard Geffray, tous les élèves de seconde bénéficieront d’un enseignement dédié à l’IA, à raison d’une heure par semaine intégrée au cours de sciences numériques et technologie » (:

« Fonctionnement des modèles, usages, éthique, souveraineté numérique, esprit critique face aux manipulations et aux fausses informations : notre école doit préparer les jeunes au monde qui vient.
Former à l’IA et réduire l’exposition aux écrans participent d’une même ambition : faire de nos élèves des citoyens libres, autonomes. Condition de notre souveraineté collective. »

Le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, venait en effet d’annoncer (en anglais) lors d’une table ronde à VivaTech que « tous les élèves français de première année de lycée bénéficieront d’un enseignement dédié à l’IA. Ce sera la première fois que tous les élèves en France disposeront d’un dispositif permanent et spécifique ».

Le Monde et l’AFP rappellent qu’Élisabeth Borne, alors ministre de l’Éducation nationale, avait elle aussi annoncé que collégiens et lycéens bénéficieraient à la rentrée 2025 d’une formation en ligne à l’IA, « avec des sessions obligatoires pour les élèves de 4e et de 2de ». Une formation peu mise en œuvre, de source syndicale.

Le cours de sciences numériques et technologie (SNT) avait été confié depuis sa création en 2019 à des professeurs de mathématiques et de technologies, ou à n’importe quel autre professeur paraissant plus qualifié.

« Or la durée hebdomadaire de ce cours est d’une heure et demie », précise à l’AFP Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, syndicat majoritaire dans le second degré, qui appelle à « une clarification ».

Conférer à l’informatique et l’IA un « statut de bien culturel commun »

Le Café pédagogique relève pour sa part que les programmes de SNT sont centrés sur l’informatique et ses développements, et que l’intelligence artificielle n’y apparaît qu’une seule fois.

Début juillet, la Société informatique de France (SIF), créée pour fédérer les professionnels de l’enseignement et de la recherche en informatique, publiait un communiqué saluant cette « initiative propre à développer chez tous les élèves une citoyenneté numérique éclairée », tout en regrettant que ce dispositif exclue les lycées professionnels, « qui représentent plus de 28% des élèves ».

Elle souligne qu’un enseignement d’IA au lycée « nécessite de disposer a minima de professeurs d’informatique en nombre ». Or, « à peine une petite centaine de professeurs d’informatique, certifiés ou agrégés, établissements publics et privés confondus, sont recrutés en moyenne chaque année depuis 2022 », alors qu’on dénombre « environ 19 000 » classes de seconde en France, et qu’il faudrait donc en ouvrir « plusieurs centaines » par an, et leur proposer une formation continue :

« Le premier enjeu consiste donc à intégrer dans chaque lycée au moins un enseignant d’informatique avec un bagage complet pour que chaque élève puisse comprendre les fondements scientifiques informatiques de l’IA. »

Le deuxième enjeu consiste à pourvoir ces enseignants d’un programme à la hauteur de l’objectif affiché, « avec une colonne vertébrale scientifique », ainsi qu’une « sensibilisation aux enjeux environnementaux, éthiques et d’autonomie ».

Le troisième enjeu est « comme c’est le cas pour le français et pour les mathématiques – de conférer à l’enseignement de l’informatique et de l’IA un statut de bien culturel commun », conclut la SIF, afin de les « installer définitivement au cœur des compétences des générations qui font le XXIe siècle » :

« Un an de préparation ne sera pas superflu pour y parvenir ! Pour favoriser le succès de ce projet, il faudra s’appuyer sur l’expérience d’une pluralité d’acteurs – dont la Société informatique de France – qui mènent déjà des réflexions sur ces sujets et peuvent dès aujourd’hui contribuer utilement à la création et au déploiement d’un tel enseignement. »

Un levier précoce pour lutter contre les « fortes disparités entre filles et garçons »

Ce 20 juillet, Edouard Geffray a précisé (.pdf) que l’horaire hebdomadaire de SNT « sera désormais fixé à 2 heures » :

« L’enseignement rénové de SNT conservera un ancrage scientifique. Il visera à faire comprendre le rôle central des données, à consolider la pensée informatique et algorithmique, ainsi qu’à faire appréhender la réalité matérielle et des infrastructures du numérique. Il devra permettre de saisir les enjeux environnementaux, géopolitiques, économiques, informationnels et démocratiques qui structurent les espaces numériques, notamment les réseaux sociaux. »

Le ministre de l’Éducation souligne qu’au sein de ce programme, le volet consacré à l’intelligence artificielle visera à :

  • « poser les bases d’une compréhension scientifique et technique de l’IA, sans technicité excessive à ce niveau, articulée à une réflexion sur les données, leurs biais et leur protection, ainsi qu’à la question de la souveraineté numérique ;
  • développer l’esprit critique en abordant les dimensions sociétales, éthiques, juridiques, notamment en termes de protection de la vie privée ou de secrets protégés, et environnementales, en articulation avec l’éducation aux médias et à l’information et avec l’enseignement moral et civique ;
  • donner à chaque élève les clés d’un usage éclairé de l’IA, dans le cadre du cadre de référence des compétences numériques. »

Le ministre y souligne également que les filières et métiers du numérique et de l’intelligence artificielle restant « marqués par de fortes disparités entre filles et garçons », l’enseignement de SNT dès la seconde « est un levier précoce pour agir sur ces inégalités ».

Le programme révisé devra dès lors « susciter, chez les filles comme chez les garçons, l’intérêt et la confiance nécessaires à un engagement vers ces études et métiers, à travers des exemples et des activités donnant à voir une représentation équilibrée des femmes et des hommes ».

[MàJ] L’IA générative empêche d’admettre que nous ne savons pas

23 juillet 2026 à 10:17
À l'IA jacta est
[MàJ] L’IA générative empêche d’admettre que nous ne savons pas

Alors que le gouvernement a annoncé que les élèves de seconde bénéficieraient à la rentrée 2027 d’une heure de cours d’intelligence artificielle par semaine, des chercheurs ont testé la capacité des êtres humains à déléguer leur esprit critique à une IA. Paradoxalement, ceux qui avaient le droit d’interroger une IA affichaient un taux de confiance plus de deux fois plus élevé que ceux qui n’y avaient pas droit. Et pourtant, ces derniers se sont bien moins trompés que ceux qui répétaient les réponses proposées par l’IA.

MàJ, 21 h, avec un bloc de conclusion précisant que le ministre de l’Éducation vient de préciser que le cours d’IA en seconde devra également servir de « levier précoce » pour lutter contre les inégalités et disparités entre filles et garçons auxquelles sont confrontées les filières et métiers du numérique et de l’intelligence artificielle.


« Savoir quand ne pas répondre est l’un des fondements du jugement humain. Mais que se passe-t-il lorsqu’une IA a toujours une réponse ? » s’interroge sur LinkedIn Walter Quattrociocchi, pour qui la phrase la plus importante en science n’est pas « j’avais raison », mais « je ne sais pas ».

Pour y répondre, ce professeur d’informatique et auteur de trois livres consacrés à la désinformation et à la post-vérité s’est associé avec deux autres chercheurs universitaires, Chiara Marcoccia et Valerio Capraro, afin de procéder à cinq expérimentations.

Le titre de leur preprint en divulgâche quelque peu les résultats : « Les conseils fournis par l’IA dissuadent les gens de dire « je ne sais pas », même lorsque ces conseils sont erronés et que l’exactitude est récompensée ».

Ils avaient demandé à 3 132 participants de répondre à six questions relatives au cinéma, choisies de sorte que leurs réponses soient difficiles à trouver par des humains, mais portant sur des détails visuels suffisamment pointus pour que les LLM soient prompts à « halluciner » des réponses plausibles, mais erronées.

Y figuraient par exemple des questions comme « quel animal figure sur la proue du bateau pirate dans “Astérix et Obélix” ? », ou « quelle est la couleur du maillot de l’équipe de foot de « Joue-la comme Beckham » ? ».

L’IA fait exploser le taux d’erreurs… et le niveau de confiance

Histoire de parfaire le tableau, les chercheurs avaient également pris soin d’opter pour un modèle, Step 3.5 Flash, dont ils savaient que la totalité des réponses seraient erronées car « hallucinées », contrairement à celles proposées par d’autres modèles plus sophistiqués.

L’objectif du questionnaire n’était pas d’estimer la capacité des assistants IA à répondre correctement, mais bien d’observer comment les participants font confiance aux réponses générées par IA. Affectant ainsi à la fois leur capacité de discernement et leur propension à ne plus oser répondre « je ne sais pas ».

Les participants étaient divisés en deux groupes : le premier devait répondre aux questions sans aide externe, le second pouvait reposer la question à une IA. Or, en moyenne, 44 % des membres du premier groupe ont répondu « Je ne sais pas », contre 3 % seulement de ceux qui ont pu interroger une IA (soit une différence de - 93 %).

De plus, le taux de bonnes réponses des premiers était de 27 %, contre seulement 9 % pour le second (- 67 %). Dans le même temps, le niveau de confiance des premiers était de 30 %, contre 76 % chez les seconds (+ 153 %).

L’IA les a non seulement induits en erreur, au point de tripler le nombre de réponses erronées par rapport au groupe témoin, mais elle leur a dans le même temps donné une illusion de compétence totalement infondée. Et ce, alors que près d’un tiers d’entre eux aurait pu donner la bonne réponse s’ils n’avaient pas interrogé l’IA.

Dit autrement : en se reposant aveuglément sur l’IA, le taux de réponse correcte s’écroule de deux tiers, alors que les participants se sentent deux fois et demi plus confiants. Et seule une infime minorité des participants recourant à l’IA (3 %) reconnaît ne pas savoir répondre à la question, l’IA ayant donné aux autres un (faux) sentiment de certitude, basé sur des réponses (majoritairement) fausses.

Pour parfaire leur expérimentation, les chercheurs ont également proposé des incitations financières, ce qui a légèrement amélioré les résultats obtenus par les participants car ils se comportaient un peu plus prudemment.

Dans le groupe ayant accès à l’IA, la disposition à admettre son ignorance est ainsi passée de 3 % à 8 %, et la pertinence des réponses de 9 % à 16 %, des taux restant bien inférieurs à ceux du groupe de contrôle, respectivement de 44 % et 27 %.

Les IA génératives ne savent pas répondre « je ne sais pas »

Comme le résume Walter Quattrociocchi, le problème n’est pas simplement que l’IA puisse se tromper, mais que le fait qu’elle propose une réponse incite les gens à vouloir y croire au point de la reprendre à leur compte. Ce qui ne peut avoir que des effets négatifs tant dans l’éducation ou la recherche que dans le débat public.

« Pour les êtres humains, la capacité à dire “Je ne sais pas” est très importante, car elle traduit la reconnaissance des limites de nos propres connaissances », explique Valerio Capraro à The Register. Cette incapacité peut donc aussi, a contrario, donner un sentiment de surpuissance à ceux qui, pourtant, « ne savent pas » si ce qu’ils relaient est vrai, ou pas, ni donc de quoi ils parlent.

The Register précise par ailleurs que, bien que les chercheurs aient choisi des questions portant sur des anecdotes cinématographiques, ils affirment que leurs conclusions peuvent s’étendre à d’autres domaines.

Comme le relevaient des chercheurs d’OpenAI dans un preprint publié en septembre dernier, les IA sont en effet « encouragées à fournir une réponse au hasard plutôt qu’à avouer leur ignorance », quitte à raconter n’importe quoi, afin de satisfaire leurs utilisateurs, sur fond de concurrence exacerbée.

Les évaluations portant sur l’exactitude sont en outre majoritaires dans les classements et les fiches système des modèles, « ce qui pousse les développeurs à créer des modèles préférant les hypothèses à l’abstention ». Ce pourquoi, « même si les modèles gagnent en sophistication, ils hallucinent toujours au lieu d’expliquer qu’ils ne savent pas répondre ».

Des études universitaires sur la « sycophancy » (que l’on peut traduire par « effet sycophante » ou « biais de complaisance ») ont par ailleurs montré que ChatGPT, Claude et Gemini flattaient ceux qui les interrogeaient dans près de six réponses sur dix, indiquant des « taux de complaisance » s’échelonnant de 47 % à 95 %, sur sept familles de modèles.

« Je suis très inquiet pour les enfants »

« Je suis très inquiet pour les enfants, car les adultes ont acquis un esprit critique », déplore Capraro auprès du site : « Mais pour les enfants, qui naissent pour ainsi dire avec ces systèmes, le risque est qu’ils n’acquièrent même pas les compétences critiques de base ».

Le Financial Times racontait lui aussi récemment que l’écrivain et scénariste Dave Eggers, invité par Sam Altman à effectuer une conférence devant 200 employés d’OpenAI, leur avait déclaré l’an passé que « L’impact de ChatGPT sur la vie des enseignants est catastrophique » :

« Que ce soit votre intention ou non, vous avez rendu la vie de chaque enseignant infiniment plus difficile qu’elle ne l’était il y a deux ans. Alors, prenez bien conscience de cela… Si les élèves l’utilisent pour rédiger, ce qui est la plus grande tragédie de toutes, ils n’apprendront jamais à écrire. Et on leur vole leur voix. Ils n’auront jamais la capacité d’exprimer leur vérité et de raconter leur propre histoire. Et cela revient à réduire au silence une ou deux générations entières. »

Enseigner l’IA, et l’esprit critique, à partir de la rentrée scolaire 2027

« Nous ne pouvons pas laisser une génération entière découvrir l’intelligence artificielle sans lui donner les clés pour la comprendre et donc la maîtriser », avait de son côté souligné Sébastien Lecornu en juin dernier dans un message posté sur X, en annonçant qu’ « À partir de la rentrée 2027 et sous l’impulsion du Ministre Edouard Geffray, tous les élèves de seconde bénéficieront d’un enseignement dédié à l’IA, à raison d’une heure par semaine intégrée au cours de sciences numériques et technologie » (:

« Fonctionnement des modèles, usages, éthique, souveraineté numérique, esprit critique face aux manipulations et aux fausses informations : notre école doit préparer les jeunes au monde qui vient.
Former à l’IA et réduire l’exposition aux écrans participent d’une même ambition : faire de nos élèves des citoyens libres, autonomes. Condition de notre souveraineté collective. »

Le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, venait en effet d’annoncer (en anglais) lors d’une table ronde à VivaTech que « tous les élèves français de première année de lycée bénéficieront d’un enseignement dédié à l’IA. Ce sera la première fois que tous les élèves en France disposeront d’un dispositif permanent et spécifique ».

Le Monde et l’AFP rappellent qu’Élisabeth Borne, alors ministre de l’Éducation nationale, avait elle aussi annoncé que collégiens et lycéens bénéficieraient à la rentrée 2025 d’une formation en ligne à l’IA, « avec des sessions obligatoires pour les élèves de 4e et de 2de ». Une formation peu mise en œuvre, de source syndicale.

Le cours de sciences numériques et technologie (SNT) avait été confié depuis sa création en 2019 à des professeurs de mathématiques et de technologies, ou à n’importe quel autre professeur paraissant plus qualifié.

« Or la durée hebdomadaire de ce cours est d’une heure et demie », précise à l’AFP Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, syndicat majoritaire dans le second degré, qui appelle à « une clarification ».

Conférer à l’informatique et l’IA un « statut de bien culturel commun »

Le Café pédagogique relève pour sa part que les programmes de SNT sont centrés sur l’informatique et ses développements, et que l’intelligence artificielle n’y apparaît qu’une seule fois.

Début juillet, la Société informatique de France (SIF), créée pour fédérer les professionnels de l’enseignement et de la recherche en informatique, publiait un communiqué saluant cette « initiative propre à développer chez tous les élèves une citoyenneté numérique éclairée », tout en regrettant que ce dispositif exclue les lycées professionnels, « qui représentent plus de 28% des élèves ».

Elle souligne qu’un enseignement d’IA au lycée « nécessite de disposer a minima de professeurs d’informatique en nombre ». Or, « à peine une petite centaine de professeurs d’informatique, certifiés ou agrégés, établissements publics et privés confondus, sont recrutés en moyenne chaque année depuis 2022 », alors qu’on dénombre « environ 19 000 » classes de seconde en France, et qu’il faudrait donc en ouvrir « plusieurs centaines » par an, et leur proposer une formation continue :

« Le premier enjeu consiste donc à intégrer dans chaque lycée au moins un enseignant d’informatique avec un bagage complet pour que chaque élève puisse comprendre les fondements scientifiques informatiques de l’IA. »

Le deuxième enjeu consiste à pourvoir ces enseignants d’un programme à la hauteur de l’objectif affiché, « avec une colonne vertébrale scientifique », ainsi qu’une « sensibilisation aux enjeux environnementaux, éthiques et d’autonomie ».

Le troisième enjeu est « comme c’est le cas pour le français et pour les mathématiques – de conférer à l’enseignement de l’informatique et de l’IA un statut de bien culturel commun », conclut la SIF, afin de les « installer définitivement au cœur des compétences des générations qui font le XXIe siècle » :

« Un an de préparation ne sera pas superflu pour y parvenir ! Pour favoriser le succès de ce projet, il faudra s’appuyer sur l’expérience d’une pluralité d’acteurs – dont la Société informatique de France – qui mènent déjà des réflexions sur ces sujets et peuvent dès aujourd’hui contribuer utilement à la création et au déploiement d’un tel enseignement. »

Un levier précoce pour lutter contre les « fortes disparités entre filles et garçons »

Ce 20 juillet, Edouard Geffray a précisé (.pdf) que l’horaire hebdomadaire de SNT « sera désormais fixé à 2 heures » :

« L’enseignement rénové de SNT conservera un ancrage scientifique. Il visera à faire comprendre le rôle central des données, à consolider la pensée informatique et algorithmique, ainsi qu’à faire appréhender la réalité matérielle et des infrastructures du numérique. Il devra permettre de saisir les enjeux environnementaux, géopolitiques, économiques, informationnels et démocratiques qui structurent les espaces numériques, notamment les réseaux sociaux. »

Le ministre de l’Éducation souligne qu’au sein de ce programme, le volet consacré à l’intelligence artificielle visera à :

  • « poser les bases d’une compréhension scientifique et technique de l’IA, sans technicité excessive à ce niveau, articulée à une réflexion sur les données, leurs biais et leur protection, ainsi qu’à la question de la souveraineté numérique ;
  • développer l’esprit critique en abordant les dimensions sociétales, éthiques, juridiques, notamment en termes de protection de la vie privée ou de secrets protégés, et environnementales, en articulation avec l’éducation aux médias et à l’information et avec l’enseignement moral et civique ;
  • donner à chaque élève les clés d’un usage éclairé de l’IA, dans le cadre du cadre de référence des compétences numériques. »

Le ministre y souligne également que les filières et métiers du numérique et de l’intelligence artificielle restant « marqués par de fortes disparités entre filles et garçons », l’enseignement de SNT dès la seconde « est un levier précoce pour agir sur ces inégalités ».

Le programme révisé devra dès lors « susciter, chez les filles comme chez les garçons, l’intérêt et la confiance nécessaires à un engagement vers ces études et métiers, à travers des exemples et des activités donnant à voir une représentation équilibrée des femmes et des hommes ».

La France dit non au FSD de Tesla mais veut des véhicules autonomes homologués dès 2027

23 juillet 2026 à 09:34
Full-Scale Deflection
La France dit non au FSD de Tesla mais veut des véhicules autonomes homologués dès 2027

Alors que plusieurs pays européens viennent de donner leur feu vert, le ministre des Transports Philippe Tabarot explique que la France n’est pas encore disposée à autoriser la conduite assistée de Tesla, dite FSD pour Full Self Driving. Il affirme vouloir se ranger derrière le cadre réglementaire européen, et dit attendre des véhicules autonomes homologués en France dès 2027.

Les conducteurs de Tesla vont devoir prendre leur mal en patience. Bien que les Pays-Bas, la Lituanie, l’Estonie, le Danemark et la Belgique aient donné leur feu vert, la France ne souhaite pas autoriser l’activation du mode de conduite automatique supervisée dit FSD, pour Full Self Driving. C’est du moins la position exprimée mercredi 22 juillet par le ministre des Transports Philippe Tabarot, dans une vidéo publiée sur le site Agora, qui propose aux internautes de soumettre leurs questions au gouvernement.

Excès de vitesse et vigilance insuffisante des conducteurs

Le ministre indique répondre à la question d’un certain Ludovic, qui s’enquiert de la possibilité d’utiliser le mode FSD en France. Et sa réponse se veut sans équivoque : « En France, on considère que ce système apporte un certain nombre de progrès technologiques mais que les contreparties en termes de sécurité ne sont pas encore suffisantes pour une autorisation en l’état ».

Tesla présente pour mémoire ce mode FSD comme une « conduite automatique supervisée », ce qui n’est pas exactement la même chose qu’une conduite totalement autonome. La fiche produit de ses véhicules décrit d’ailleurs le FSD comme une agrégation de fonctionnalités d’aide à la conduite (assistance au maintien de cap, reconnaissance des feux de signalisation et des panneaux, etc.).

En pratique et contrairement à un système de conduite totalement autonome, la surveillance active du conducteur reste un prérequis, même si Tesla assure que les performances sont suffisantes pour ne nécessiter qu’une « intervention minimale ». Longtemps vendu en supplément lors de l’achat d’une Tesla, le mode FSD est désormais commercialisé sous la forme d’un abonnement mensuel (99 euros par mois). Son activation reste cependant subordonnée aux autorisations réglementaires.

Et sur ce point, Philippe Tabarot exprime deux réserves principales. La première concerne les dépassements de vitesse dont se rendrait coupable le FSD. « S’il constate que les véhicules autour de lui roulent plus vite, en clair, il peut rouler à 70 km heure au lieu de 50 si le trafic circule à cette vitesse et ça sans demande explicite du conducteur. Dans certains cas, un véhicule peut ainsi aller jusqu’à 50 % au-dessus de la limite de vitesse autorisée. Le code de la route n’est donc pas respecté », avance le ministre.

L’autre point d’achoppement concerne les mécanismes mis en œuvre par Tesla pour garantir que le conducteur soit pleinement attentif à la conduite lors de certaines manœuvres comme les changements de voie ou les franchissements de ronds-points. « Pourtant, un manque d’attention peut avoir des conséquences très graves aussi bien pour les personnes à l’extérieur que pour les occupants du véhicule », déclare le ministre, avant de rappeler que le conducteur reste pénalement responsable en cas d’erreur d’un système d’aide à la conduite.

Des véhicules réellement autonomes homologués dès 2027 ?

Philippe Tabarot ne se dit pas foncièrement opposé à l’homologation de la conduite automatique supervisée de Tesla, mais réclame des évolutions du système, suivies d’une nouvelle évaluation. « Je tiens à le souligner : la France soutient ces technologies et leur déploiement doit se faire dans un cadre de confiance qui permet d’évaluer les systèmes et de déterminer les ajustements du FSD nécessaires pour garantir un haut niveau de sécurité ».

En attendant, le ministre rappelle que la France encadre depuis plus de dix ans des expérimentations autour du véhicule autonome. Et formule un objectif pour le moins ambitieux : « En France, plus de 200 expérimentations de véhicules autonomes ont été réalisées depuis 2015. C’est une base solide, mais je veux aller plus loin et permettre l’arrivée de véhicules autonomes homologués en France dès 2027 ».

Relayées par des actionnaires et soutiens de l’entreprise sur X, ces déclarations ont suscité un commentaire d’Elon Musk. « Retarder l’approbation de FSD en France coûtera des vies », a estimé le patron de Tesla, qui a fait de la conduite autonome l’un des principaux axes stratégiques de l’entreprise, incarné notamment par le projet Cybercab (ou Robotaxi).

Une accidentalité limitée, mais en hausse

Musk vante depuis longtemps les performances du FSD, nourri par « des données de conduite anonymes prélevées sur des milliards de miles » et jusqu’à « sept fois plus sûr » qu’un conducteur humain, selon la communication de Tesla. L’expérience acquise dans les pays où le FSD est déjà autorisé confirme la fiabilité générale du système, mais elle souligne aussi qu’il n’est pas exempt de défauts.

Aux États-Unis, Tesla a par exemple rapporté à l’agence fédérale en charge de la sécurité routière (la NHTSA) 207 accidents survenus alors que le FSD était enclenché pour le seul mois de mai 2026, soit le plus haut volume jamais rapporté par le constructeur. Le média Electrek, qui révèle ce chiffre, salue les performances générales du dispositif, le qualifiant de meilleur système de niveau 2 disponible sur le marché.

Il signale dans le même temps un paradoxe qui va dans le sens des déclarations de Philippe Tabarot. Les progrès du système, et la façon qu’a Tesla de communiquer sur une promesse de conduite automatique (et non sur un simple ensemble d’assistances au conducteur) participent à une forme de déresponsabilisation des conducteurs, qui délèguent de plus en plus les manœuvres à la machine, et provoquent de ce fait une augmentation du nombre d’accidents, alors même que la technologie s’améliore.

Un levier commercial bien identifié

La récente publication des résultats financiers de Tesla pour le deuxième trimestre 2026 (PDF) révèle quant à elle l’importance croissante du FSD dans le modèle économique de l’entreprise. Elle revendique désormais 1,48 million de souscriptions actives, sur un total de 9,7 millions de véhicules livrés depuis son lancement. L’homologation du système est par ailleurs présentée comme un facteur de dynamisation des ventes sur les marchés concernés :

« Nous avons également atteint des taux d’adoption record pour le FSD en Amérique du Nord, plus de 55 % des nouvelles livraisons incluant un abonnement à cette fonctionnalité. Dans le prolongement de l’autorisation de déployer le FSD aux Pays-Bas, nous avons obtenu des autorisations supplémentaires en Lituanie, en Estonie, au Danemark et en Belgique ; à la date de juillet, les clients de ces pays avaient parcouru plus de 50 millions de kilomètres (31 millions de miles) en mode FSD. Nous constatons un vif intérêt pour nos véhicules sur les marchés où le FSD est autorisé. »

La France dit non au FSD de Tesla mais veut des véhicules autonomes homologués dès 2027

23 juillet 2026 à 09:34
Full-Scale Deflection
La France dit non au FSD de Tesla mais veut des véhicules autonomes homologués dès 2027

Alors que plusieurs pays européens viennent de donner leur feu vert, le ministre des Transports Philippe Tabarot explique que la France n’est pas encore disposée à autoriser la conduite assistée de Tesla, dite FSD pour Full Self Driving. Il affirme vouloir se ranger derrière le cadre réglementaire européen, et dit attendre des véhicules autonomes homologués en France dès 2027.

Les conducteurs de Tesla vont devoir prendre leur mal en patience. Bien que les Pays-Bas, la Lituanie, l’Estonie, le Danemark et la Belgique aient donné leur feu vert, la France ne souhaite pas autoriser l’activation du mode de conduite automatique supervisée dit FSD, pour Full Self Driving. C’est du moins la position exprimée mercredi 22 juillet par le ministre des Transports Philippe Tabarot, dans une vidéo publiée sur le site Agora, qui propose aux internautes de soumettre leurs questions au gouvernement.

Excès de vitesse et vigilance insuffisante des conducteurs

Le ministre indique répondre à la question d’un certain Ludovic, qui s’enquiert de la possibilité d’utiliser le mode FSD en France. Et sa réponse se veut sans équivoque : « En France, on considère que ce système apporte un certain nombre de progrès technologiques mais que les contreparties en termes de sécurité ne sont pas encore suffisantes pour une autorisation en l’état ».

Tesla présente pour mémoire ce mode FSD comme une « conduite automatique supervisée », ce qui n’est pas exactement la même chose qu’une conduite totalement autonome. La fiche produit de ses véhicules décrit d’ailleurs le FSD comme une agrégation de fonctionnalités d’aide à la conduite (assistance au maintien de cap, reconnaissance des feux de signalisation et des panneaux, etc.).

En pratique et contrairement à un système de conduite totalement autonome, la surveillance active du conducteur reste un prérequis, même si Tesla assure que les performances sont suffisantes pour ne nécessiter qu’une « intervention minimale ». Longtemps vendu en supplément lors de l’achat d’une Tesla, le mode FSD est désormais commercialisé sous la forme d’un abonnement mensuel (99 euros par mois). Son activation reste cependant subordonnée aux autorisations réglementaires.

Et sur ce point, Philippe Tabarot exprime deux réserves principales. La première concerne les dépassements de vitesse dont se rendrait coupable le FSD. « S’il constate que les véhicules autour de lui roulent plus vite, en clair, il peut rouler à 70 km heure au lieu de 50 si le trafic circule à cette vitesse et ça sans demande explicite du conducteur. Dans certains cas, un véhicule peut ainsi aller jusqu’à 50 % au-dessus de la limite de vitesse autorisée. Le code de la route n’est donc pas respecté », avance le ministre.

L’autre point d’achoppement concerne les mécanismes mis en œuvre par Tesla pour garantir que le conducteur soit pleinement attentif à la conduite lors de certaines manœuvres comme les changements de voie ou les franchissements de ronds-points. « Pourtant, un manque d’attention peut avoir des conséquences très graves aussi bien pour les personnes à l’extérieur que pour les occupants du véhicule », déclare le ministre, avant de rappeler que le conducteur reste pénalement responsable en cas d’erreur d’un système d’aide à la conduite.

Des véhicules réellement autonomes homologués dès 2027 ?

Philippe Tabarot ne se dit pas foncièrement opposé à l’homologation de la conduite automatique supervisée de Tesla, mais réclame des évolutions du système, suivies d’une nouvelle évaluation. « Je tiens à le souligner : la France soutient ces technologies et leur déploiement doit se faire dans un cadre de confiance qui permet d’évaluer les systèmes et de déterminer les ajustements du FSD nécessaires pour garantir un haut niveau de sécurité ».

En attendant, le ministre rappelle que la France encadre depuis plus de dix ans des expérimentations autour du véhicule autonome. Et formule un objectif pour le moins ambitieux : « En France, plus de 200 expérimentations de véhicules autonomes ont été réalisées depuis 2015. C’est une base solide, mais je veux aller plus loin et permettre l’arrivée de véhicules autonomes homologués en France dès 2027 ».

Relayées par des actionnaires et soutiens de l’entreprise sur X, ces déclarations ont suscité un commentaire d’Elon Musk. « Retarder l’approbation de FSD en France coûtera des vies », a estimé le patron de Tesla, qui a fait de la conduite autonome l’un des principaux axes stratégiques de l’entreprise, incarné notamment par le projet Cybercab (ou Robotaxi).

Une accidentalité limitée, mais en hausse

Musk vante depuis longtemps les performances du FSD, nourri par « des données de conduite anonymes prélevées sur des milliards de miles » et jusqu’à « sept fois plus sûr » qu’un conducteur humain, selon la communication de Tesla. L’expérience acquise dans les pays où le FSD est déjà autorisé confirme la fiabilité générale du système, mais elle souligne aussi qu’il n’est pas exempt de défauts.

Aux États-Unis, Tesla a par exemple rapporté à l’agence fédérale en charge de la sécurité routière (la NHTSA) 207 accidents survenus alors que le FSD était enclenché pour le seul mois de mai 2026, soit le plus haut volume jamais rapporté par le constructeur. Le média Electrek, qui révèle ce chiffre, salue les performances générales du dispositif, le qualifiant de meilleur système de niveau 2 disponible sur le marché.

Il signale dans le même temps un paradoxe qui va dans le sens des déclarations de Philippe Tabarot. Les progrès du système, et la façon qu’a Tesla de communiquer sur une promesse de conduite automatique (et non sur un simple ensemble d’assistances au conducteur) participent à une forme de déresponsabilisation des conducteurs, qui délèguent de plus en plus les manœuvres à la machine, et provoquent de ce fait une augmentation du nombre d’accidents, alors même que la technologie s’améliore.

Un levier commercial bien identifié

La récente publication des résultats financiers de Tesla pour le deuxième trimestre 2026 (PDF) révèle quant à elle l’importance croissante du FSD dans le modèle économique de l’entreprise. Elle revendique désormais 1,48 million de souscriptions actives, sur un total de 9,7 millions de véhicules livrés depuis son lancement. L’homologation du système est par ailleurs présentée comme un facteur de dynamisation des ventes sur les marchés concernés :

« Nous avons également atteint des taux d’adoption record pour le FSD en Amérique du Nord, plus de 55 % des nouvelles livraisons incluant un abonnement à cette fonctionnalité. Dans le prolongement de l’autorisation de déployer le FSD aux Pays-Bas, nous avons obtenu des autorisations supplémentaires en Lituanie, en Estonie, au Danemark et en Belgique ; à la date de juillet, les clients de ces pays avaient parcouru plus de 50 millions de kilomètres (31 millions de miles) en mode FSD. Nous constatons un vif intérêt pour nos véhicules sur les marchés où le FSD est autorisé. »

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