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Le magazine Time sert aux chatbots IA des pages spécifiques avec de la pub

7 août 2026 à 15:46
La bataille de l'enshittification
« Aperçus IA » de Google : l’Alliance de la presse saisit l’Autorité de la concurrence

Le magazine états-unien a commencé à mettre en place des versions différentes des pages de son site, selon qu’il soit consulté par un navigateur ou par un chatbot IA. L’éditeur peut ainsi optimiser ses articles pour qu’ils soient repris par Claude ou ChatGPT en y insérant de la publicité spécifiquement conçue pour être recrachée par les chatbots.

Si les chatbots IA viennent chercher leurs réponses sur les sites des médias, pourquoi ceux-ci n’en profiteraient pas ? C’est ce que s’est dit le magazine américain Time en mettant en place un système servant des pages différentes selon que son site web est consulté par un navigateur habituel ou par un crawler d’un chatbot IA.

L’éditeur a converti toutes les pages de son site web en Markdown, format qui est plus facilement analysable par les agents IA, expliquait Digiday début juillet. De fait, le langage de balisage léger inventé par John Gruber avec l’aide d’Aaron Swartz est idéal pour ces outils : il est explicite et minimise le nombre de tokens utilisés pour analyser le contenu. Si on veut que son contenu soit repris par ChatGPT et Claude, il est donc plutôt malin de le leur servir en Markdown.

La pratique de la redirection sélective pour des buts problématiques n’est pas nouvelle. Par exemple, nous avions déjà montré qu’elle était utilisée pour cacher de la désinformation ou pour adapter des liens sponsorisés en fonction d’attentes parfois nauséabondes d’internautes.

Insérer de la pub spécifiquement rédigée pour les chatbots IA

Ici, l’éditeur a vite compris qu’il pouvait proposer aux marques d’autres services en s’appuyant sur cette technique : le magazine a commencé à glisser des publicités dans certains des fichiers Markdown. Cela permet de faire passer discrètement des messages dans ChatGPT et Claude sans qu’ils n’apparaissent dans les pages proposées aux lecteurs de Time. L’ingénieur allemand Vincent Schmalbach a remarqué le tour de passe-passe et l’a décrit sur son blog.

Ainsi, un article comme celui-ci est proposé en HTML pour tous les navigateurs, mais si on l’ouvre avec le user-agent ClaudeBot, on obtient un texte du genre :

Ici, pas de publicité intégrée. Mais lorsqu’on fait la même opération sur une page listant les « meilleures inventions de 2025 », on se retrouve, contrairement à un lecteur lambda qui l’ouvrirait avec un navigateur, avec un texte promouvant la banque en ligne Ally Bank avant les inventions :

Le texte sur Ally est idéalement écrit pour être cité par un chatbot IA à qui l’utilisateur demanderait « Qui est Ally Bank ? ». Remarquons qu’il est surmonté d’une remarque affirmant : « Contenu sponsorisé. Réalisé en partenariat avec Ally. Ally est le sponsor et la source de ce contenu ».

On obtient le même texte, sous une présentation qui diffère un peu si on utilise les user-agent d’OpenAI GPTBot ou OAI-SearchBot. Remarquons que ce n’est pas le cas si on utilise les crawlers de Google Googlebot, Google-Extended ou GoogleOther mais que le Markdown s’affiche pour le quatrième crawler de Google utilisé par Gemini Google-CloudVertexBot.

Une pratique qui risque de se généraliser

Comme le fait remarquer Vincent Schmalbach, on retrouve dans le fichier Markdown servi à ClaudeBot les traces de l’agence de publicité en ligne Mobian, spécialisée dans la pub pour les agents IA. La page d’accueil de son site reprend spécifiquement l’exemple du Time :

Si nous n’avons pas encore d’exemple d’autres éditeurs de sites très visités qui auraient déjà mis en place ce système, il y a de fortes chances que Time soit rapidement suivi par d’autres. Reste à savoir comment vont réagir les entreprises d’IA générative qui vont devoir faire attention à ce que leurs outils ingèrent.

Va-t-on assister à une nouvelle partie du jeu du chat et de la souris pour bloquer publicités et autres contenus différents de ce qui est affiché dans les pages communément lues par les humains ?

Le magazine Time sert aux chatbots IA des pages spécifiques avec de la pub

7 août 2026 à 15:46
La bataille de l'enshittification
« Aperçus IA » de Google : l’Alliance de la presse saisit l’Autorité de la concurrence

Le magazine états-unien a commencé à mettre en place des versions différentes des pages de son site, selon qu’il soit consulté par un navigateur ou par un chatbot IA. L’éditeur peut ainsi optimiser ses articles pour qu’ils soient repris par Claude ou ChatGPT en y insérant de la publicité spécifiquement conçue pour être recrachée par les chatbots.

Si les chatbots IA viennent chercher leurs réponses sur les sites des médias, pourquoi ceux-ci n’en profiteraient pas ? C’est ce que s’est dit le magazine américain Time en mettant en place un système servant des pages différentes selon que son site web est consulté par un navigateur habituel ou par un crawler d’un chatbot IA.

L’éditeur a converti toutes les pages de son site web en Markdown, format qui est plus facilement analysable par les agents IA, expliquait Digiday début juillet. De fait, le langage de balisage léger inventé par John Gruber avec l’aide d’Aaron Swartz est idéal pour ces outils : il est explicite et minimise le nombre de tokens utilisés pour analyser le contenu. Si on veut que son contenu soit repris par ChatGPT et Claude, il est donc plutôt malin de le leur servir en Markdown.

La pratique de la redirection sélective pour des buts problématiques n’est pas nouvelle. Par exemple, nous avions déjà montré qu’elle était utilisée pour cacher de la désinformation ou pour adapter des liens sponsorisés en fonction d’attentes parfois nauséabondes d’internautes.

Insérer de la pub spécifiquement rédigée pour les chatbots IA

Ici, l’éditeur a vite compris qu’il pouvait proposer aux marques d’autres services en s’appuyant sur cette technique : le magazine a commencé à glisser des publicités dans certains des fichiers Markdown. Cela permet de faire passer discrètement des messages dans ChatGPT et Claude sans qu’ils n’apparaissent dans les pages proposées aux lecteurs de Time. L’ingénieur allemand Vincent Schmalbach a remarqué le tour de passe-passe et l’a décrit sur son blog.

Ainsi, un article comme celui-ci est proposé en HTML pour tous les navigateurs, mais si on l’ouvre avec le user-agent ClaudeBot, on obtient un texte du genre :

Ici, pas de publicité intégrée. Mais lorsqu’on fait la même opération sur une page listant les « meilleures inventions de 2025 », on se retrouve, contrairement à un lecteur lambda qui l’ouvrirait avec un navigateur, avec un texte promouvant la banque en ligne Ally Bank avant les inventions :

Le texte sur Ally est idéalement écrit pour être cité par un chatbot IA à qui l’utilisateur demanderait « Qui est Ally Bank ? ». Remarquons qu’il est surmonté d’une remarque affirmant : « Contenu sponsorisé. Réalisé en partenariat avec Ally. Ally est le sponsor et la source de ce contenu ».

On obtient le même texte, sous une présentation qui diffère un peu si on utilise les user-agent d’OpenAI GPTBot ou OAI-SearchBot. Remarquons que ce n’est pas le cas si on utilise les crawlers de Google Googlebot, Google-Extended ou GoogleOther mais que le Markdown s’affiche pour le quatrième crawler de Google utilisé par Gemini Google-CloudVertexBot.

Une pratique qui risque de se généraliser

Comme le fait remarquer Vincent Schmalbach, on retrouve dans le fichier Markdown servi à ClaudeBot les traces de l’agence de publicité en ligne Mobian, spécialisée dans la pub pour les agents IA. La page d’accueil de son site reprend spécifiquement l’exemple du Time :

Si nous n’avons pas encore d’exemple d’autres éditeurs de sites très visités qui auraient déjà mis en place ce système, il y a de fortes chances que Time soit rapidement suivi par d’autres. Reste à savoir comment vont réagir les entreprises d’IA générative qui vont devoir faire attention à ce que leurs outils ingèrent.

Va-t-on assister à une nouvelle partie du jeu du chat et de la souris pour bloquer publicités et autres contenus différents de ce qui est affiché dans les pages communément lues par les humains ?

« Un robot conçu comme poupée sexuelle n’a rien à faire dans nos salles de classe »

7 août 2026 à 13:58
MER IL ET FOU !
« Un robot conçu comme poupée sexuelle n’a rien à faire dans nos salles de classe »

Un robot humanoïde pour enseigner dans une salle de classe, ce n’est pas banal. Mais quand ce robot est issu d’une entreprise de poupées sexuelles rachetée par un ancien banquier d’affaires spécialisé dans le minage de bitcoins et le métavers, qui pensait pouvoir s’en servir pour faire entrer l’intelligence artificielle à l’école… on pouvait craindre que ça pourrait mal tourner. Et ça a mal tourné.

« Un robot conçu par une entreprise spécialisée dans les poupées sexuelles n’a rien à faire dans nos salles de classe », tempêtait fin juillet Melinda Person, présidente du New York State United Teachers (NYSUT), syndicat fédérant plus de 700 000 enseignants (en poste ou retraités) de l’État de New-York, dans une lettre ouverte précisant qu’elle n’aurait «jamais pensé devoir formuler » un tel « constat ».

Aussi improbable que cela puisse paraître, une entreprise spécialisée dans les cryptoactifs (qui s’était fait connaître pour avoir acheté pour 2,4M$ de « terrains numériques » dans le métavers en NFT) a cru pouvoir pivoter son « business model » en vendant au district scolaire d’une bourgade rurale new-yorkaise (dont la devise est « Home of the Warriors », en hommage à la tribu d’Iroquois dont sa réserve indienne est issue) un robot humanoide initialement conçu et vendu comme poupée sexuelle hyperréaliste afin de servir d’assistante IA d’éducation basée sur un programme de soutien scolaire créé par Steve Wozniak, pionnier de la micro-informatique et concepteur des premiers ordinateurs Apple afin d’aider les jeunes à s’initier aux métiers de la tech’. Ouf ! L’auteur de ces lignes n’aurait, lui non plus, jamais imaginé pouvoir enfiler autant de perles de buzzwords d’affilée.

Une « nouvelle ère » et un « tournant historique pour l’IA et la robotique »

Fin juin, Realbotix, une entreprise qui se présente comme «l’un des principaux développeurs américains de robots humanoïdes et de systèmes d’IA avancés », annonçait en effet par communiqué de presse « déployer son premier robot humanoïde et son assistant pédagogique basé sur l’IA dans un district scolaire américain ».

Le district scolaire en question est celui de Salamanca, une bourgade rurale de 6 000 habitants (dont 20 % d’Amérindiens) située à l’ouest de l’État de New York, dans le comté de Cattaraugus. C’est l’une des deux réserves indiennes sénécas (ou Tsonnontouans, « les gens de la grande montagne » en VF, un peuple autochtone iroquois). On est loin de la Silicon Valley.

Le projet pilote repose sur Optio, un assistant pédagogique qui intègre une IA dans les cours de sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STEM) « grâce à des avatars personnalisés et des robots humanoïdes qui assistent les enseignants et motivent les élèves ».

En l’espèce, il s’agit d’un robot humanoïde féminin hyperréaliste, doté d’une peau en silicone et de cheveux longs. Il est censé « créer des expériences d’apprentissage captivantes et pratiques », encourager la participation des élèves et leur permettre de se familiariser dès leur plus jeune âge avec les technologies émergentes.

Andrew Kiguel, un ancien banquier d’affaires reconverti dans le minage de bitcoins, les infrastructures blockchain, les tokens et le métavers, est devenu CEO de Realbotix. Il qualifie le projet de « nouvelle ère » et de « tournant historique tant pour l’IA que pour la robotique humanoïde » :

« Nous dépassons le stade des démonstrations en laboratoire et des projets pilotes pour intégrer directement dans les salles de classe une IA concrète et incarnée — afin de soutenir les enseignants, de susciter l’intérêt des élèves et de prouver que la robotique de pointe peut s’épanouir dans des environnements éducatifs réels. »

Un programme pour lycéens illustré par une photo d’enfants, générée par IA

Le communiqué soulignait que le déploiement initial d’Optio accompagnera les lycéens (« high school students ») dans le cadre de cours consacrés à l’IA et à la robotique, et qu’il était prévu de l’étendre à environ 500 lycéens au cours du semestre d’automne, en fonction des retours d’expérience des enseignants et élèves.

Une photo générée par IA du robot d’assistance pédagogique de Realbotix

Étrangement, la photographie (générée par IA) confiée par Realbotix à la presse ne montrait pas une classe de lycéens, mais d’élèves de primaire, avec des enfants d’environ 5/6 ans. Une illustration d’autant plus étonnante que, sur LinkedIn et X.com, Realbotix précise qu’il n’a vocation à interagir qu’avec des lycéens seulement (« only high school seniors »).

« Le plus important, c’est peut-être de dire ce que ce projet pilote n’est pas »

Le district scolaire de Salamanca souligne pour sa part dans sa présentation du projet pilote, sur Instagram et X.com, que le robot éducatif et avatar numérique Realbotix « a été alimenté exclusivement par le programme scolaire approuvé par l’académie, des stratégies pédagogiques et des informations historiques sur Salamanca » :

« Contrairement à de nombreux outils d’intelligence artificielle qui se contentent de fournir des réponses, le robot et l’avatar numérique Realbotix sont conçus pour encourager la réflexion critique et favoriser l’apprentissage. Lorsque les élèves posent des questions, le robot les guide tout au long du processus d’apprentissage plutôt que de faire le travail à leur place. »

La présentation du programme pilote de Realbotix par le district scolaire de Salamanca

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☕️ BMW transforme ses voitures en panneaux publicitaires pour Spider-Man

7 août 2026 à 06:42


Les BMW sont des supports publicitaires comme les autres. Plusieurs conducteurs n’ont guère apprécié voir sur l’écran de leurs voitures une réclame pour le blockbuster Marvel estival Spider-Man: Brand New Day. La publicité, pardon, « l’animation festive » selon la description du constructeur, se lance plein écran en cliquant sur le bandeau. La vidéo, dans laquelle Spider-Man virevolte autour d’une voiture de la marque, s’accompagne d’une musiquette de fond et d’un « spectacle lumineux » dans l’habitacle. Elle sera proposée jusqu’au 10 août.

@bmw 🚨 Spoiler Alert: Something amazing is waiting in your BMW. 🤫 See #SpiderManBrandNewDay exclusively in cinemas 31st July.#BMW @spidermanmovie ♬ original sound – bmw

Cette « surprise spéciale » a été conçue dans le cadre d’un partenariat avec le film, dans lequel une BMW iX3 et une BMW 5 Series font des apparitions. Si le placement de produit est un grand classique dans l’histoire d’Hollywood, subir de la sorte une réclame dans sa voiture est inédit. Et ce n’est pas du goût de tout le monde. Au vu des prix des véhicules BMW, les conducteurs sont nombreux à estimer qu’ils pourraient au moins être dispensés de publicité.

Il arrive que des animations spéciales s’affichent sur l’écran des BMW, mais habituellement pour des occasions comme Noël ; il ne s’agit pas de vendre un produit ou ici, un film. L’entreprise affirme pourtant au Spiegel que la vidéo de Spider-Man n’est pas une promotion pour le long métrage, et qu’elle ne sert pas non plus de bande-annonce. À cet égard, ce n’est donc pas une réclame traditionnelle. L’argument est pour le moins audacieux, mais BMW assure recevoir de nombreux retours positifs sur cette campagne.

En 2023, Stephan Durach, le dirigeant de BMW en charge de l’infodivertissement, assurait qu’il ne vendrait jamais l’écran de ses véhicules à des annonceurs. « Je ne peux pas l’imaginer, c’est un espace privé (…) C’est l’endroit où vous pouvez faire ce que vous voulez, seul : vous avez la bonne température, la musique que vous voulez ». Et profiter d’une publicité pour Spider-Man, donc.

☕️ BMW transforme ses voitures en panneaux publicitaires pour Spider-Man

7 août 2026 à 06:42


Les BMW sont des supports publicitaires comme les autres. Plusieurs conducteurs n’ont guère apprécié voir sur l’écran de leurs voitures une réclame pour le blockbuster Marvel estival Spider-Man: Brand New Day. La publicité, pardon, « l’animation festive » selon la description du constructeur, se lance plein écran en cliquant sur le bandeau. La vidéo, dans laquelle Spider-Man virevolte autour d’une voiture de la marque, s’accompagne d’une musiquette de fond et d’un « spectacle lumineux » dans l’habitacle. Elle sera proposée jusqu’au 10 août.

@bmw 🚨 Spoiler Alert: Something amazing is waiting in your BMW. 🤫 See #SpiderManBrandNewDay exclusively in cinemas 31st July.#BMW @spidermanmovie ♬ original sound – bmw

Cette « surprise spéciale » a été conçue dans le cadre d’un partenariat avec le film, dans lequel une BMW iX3 et une BMW 5 Series font des apparitions. Si le placement de produit est un grand classique dans l’histoire d’Hollywood, subir de la sorte une réclame dans sa voiture est inédit. Et ce n’est pas du goût de tout le monde. Au vu des prix des véhicules BMW, les conducteurs sont nombreux à estimer qu’ils pourraient au moins être dispensés de publicité.

Il arrive que des animations spéciales s’affichent sur l’écran des BMW, mais habituellement pour des occasions comme Noël ; il ne s’agit pas de vendre un produit ou ici, un film. L’entreprise affirme pourtant au Spiegel que la vidéo de Spider-Man n’est pas une promotion pour le long métrage, et qu’elle ne sert pas non plus de bande-annonce. À cet égard, ce n’est donc pas une réclame traditionnelle. L’argument est pour le moins audacieux, mais BMW assure recevoir de nombreux retours positifs sur cette campagne.

En 2023, Stephan Durach, le dirigeant de BMW en charge de l’infodivertissement, assurait qu’il ne vendrait jamais l’écran de ses véhicules à des annonceurs. « Je ne peux pas l’imaginer, c’est un espace privé (…) C’est l’endroit où vous pouvez faire ce que vous voulez, seul : vous avez la bonne température, la musique que vous voulez ». Et profiter d’une publicité pour Spider-Man, donc.

Présidentielle 2027 :  des ingérences aux conséquences difficilement quantifiables

6 août 2026 à 16:04
Matriochka désinfo service
Présidentielle 2027 :  des ingérences aux conséquences difficilement quantifiables

Plusieurs candidats à l’élection présidentielle ont été récemment visés par des campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux. Sans grande visibilité directe pour certaines au moins, elles arrivent quand même à se faire une place dans l’actualité via leur dénonciation par les autorités, les candidats et les médias.

En ce milieu d’été, de nouvelles campagnes d’ingérence contre la France se sont étalées sur les réseaux sociaux. Lors des élections municipales, Viginum avait détecté des ingérences numériques pro-russes, anti-LFI et putaclics.

Fin juillet et début août, ce sont les candidats Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann et Gabriel Attal qui ont été visés par des fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux et imputées au groupe de désinformation russe Storm-1516.

Les réseaux russes Storm-1516 et Matriochka suspectés

C’est d’abord une fausse information concernant Édouard Philippe qui a été diffusée par plusieurs comptes sur X dans la semaine du 20 juillet, comme le racontaient nos confrères de TF1. Ainsi, les publications évoquaient le mensonge selon lequel l’ancien premier ministre serait atteint de « démence fronto-temporale ». Une « source sécuritaire » de l’AFP a confirmé qu’une opération de désinformation menée par le réseau Storm-1516 a visé Édouard Philippe tout en affirmant que, jusqu’à ce que TF1 en parle, cette campagne était restée « peu visible » et faisait « partie de la routine habituelle des attaques russes, qui ne passent jamais le mur du son ».

De la même façon, Gabriel Attal a, ce jeudi 6 août, dénoncé sur RTL une « intervention directe d’une puissance étrangère » contre lui. « C’est une élection qui peut être faussée, qui peut être volée aux français », a-t-il ajouté. Viginum a confirmé auprès du Monde avoir détecté cette opération de désinformation, l’imputant cette fois avec « une confiance élevée » à l’autre réseau prorusse Matriochka. De la même façon, cette opération était restée « peu visible » avant qu’elle soit dénoncée, selon une source de l’AFP.

Concernant Raphaël Glucksmann, c’est le 1er août que le journaliste Edwy Plenel a alerté sur le fait que « divers comptes diffusent une fakenews avec un article bidon me citant, un mail inventé que je n’ai jamais reçu et une vidéo où ma voix est trafiquée, le tout mensongèrement attribué à Blast. Tout y est faux. Un exemple des opérations de déstabilisation numérique ». Ces comptes relaient le mensonge accusant Léa Salamé, journaliste et compagne de Raphaël Glucksmann, de proposer 50 000 euros « en échange de la publication d’articles visant à donner une image positive » du dirigeant de Place publique. Sur RTL, Raphaël Glucksmann a pointé du doigt une tentative de la Russie « de créer le doute dans la société française », citant lui aussi Storm-1516.

Le site auquel renvoient les différents comptes est similaire à celui du média indépendant Blast. De même pour le nom de domaine dans lequel seule l’absence d’un tiret entre blast et info diffère de celle du site originel. Comme l’a remarqué Libération, pour coller à l’identité du site d’information indépendant, les faussaires ont aspiré 181 pages du vrai site de Blast pour les reprendre. Le faux site est pour l’instant toujours accessible. Le nom de domaine a été enregistré auprès du registrar lituanien Hostinger et est actuellement en statut « gelé » (« frozen »).

Comme l’explique l’Afnic dans son guide pratique [PDF], ce statut « annule l’ensemble des opérations en cours de traitement par l’Afnic et empêche toute demande d’opération à venir sur le nom de domaine […]. Mais cette opération n’altère pas le fonctionnement du nom de domaine ». Un nom de domaine peut être gelé si une décision de justice l’ordonne à l’Afnic, lors de procédures alternatives de résolution de litiges ou à l’ouverture d’une procédure de vérification.

La vidéo accompagnant les messages dénoncés par le journaliste de Médiapart reprend aussi les codes graphiques de Blast avec son logo et essaye de reprendre le ton du média. Mais les voix générées par IA de Léa Salamé, Edwy Plenel et de la journaliste de Blast, Salomé Saqué, sont marquées par des accents robotiques laissant la trace de l’IA générative.

Les différents posts ayant participé à la diffusion sur X de la vidéo et de l’article affichent des chiffres de consultation importants, mais il est difficile de savoir si la médiatisation du sujet n’a pas joué comme un effet d’aubaine.

En réaction à cette nouvelle vague de désinformation concernant les personnalités politiques, certains candidats demandent que des mesures soient prises.

Marine Tondelier demande des mesures d’interdiction pendant les élections

Directement concerné, Raphaël Glucksmann a appelé encore sur RTL de façon grandiloquante à « la résistance » : « Ce que je demande, c’est qu’on n’ait pas la main qui tremble face à Elon Musk et X, qu’on n’ait pas la main qui tremble face au Parti communiste chinois », a-t-il ajouté, visant aussi TikTok, accusant les deux réseaux sociaux de ne pas respecter les règles européennes.

Dans une interview à Libération, Marine Tondelier demande, de son côté, de « menacer des plateformes comme X d’une interdiction pendant les élections ». « Il faut appliquer cette sanction en cas d’ingérences constatées en amont », ajoute-t-elle. Les ingérences ne s’arrêtent pourtant pas aux périodes électorales.

La présidente du parti Les Écologistes n’a pour autant pas quitté le réseau social d’Elon Musk. Elle affirme à nos confrères : « J’ai à titre personnel désinstallé l’application, oui », mais précise : « J’écris mes posts mais je laisse mon équipe les publier et y assurer un travail de veille ». Elle ajoute que, « politiquement, aujourd’hui, c’est impossible d’être absent de X car nous en sommes tous devenus dépendants ».

Présidentielle 2027 :  des ingérences aux conséquences difficilement quantifiables

6 août 2026 à 16:04
Matriochka désinfo service
Présidentielle 2027 :  des ingérences aux conséquences difficilement quantifiables

Plusieurs candidats à l’élection présidentielle ont été récemment visés par des campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux. Sans grande visibilité directe pour certaines au moins, elles arrivent quand même à se faire une place dans l’actualité via leur dénonciation par les autorités, les candidats et les médias.

En ce milieu d’été, de nouvelles campagnes d’ingérence contre la France se sont étalées sur les réseaux sociaux. Lors des élections municipales, Viginum avait détecté des ingérences numériques pro-russes, anti-LFI et putaclics.

Fin juillet et début août, ce sont les candidats Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann et Gabriel Attal qui ont été visés par des fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux et imputées au groupe de désinformation russe Storm-1516.

Les réseaux russes Storm-1516 et Matriochka suspectés

C’est d’abord une fausse information concernant Édouard Philippe qui a été diffusée par plusieurs comptes sur X dans la semaine du 20 juillet, comme le racontaient nos confrères de TF1. Ainsi, les publications évoquaient le mensonge selon lequel l’ancien premier ministre serait atteint de « démence fronto-temporale ». Une « source sécuritaire » de l’AFP a confirmé qu’une opération de désinformation menée par le réseau Storm-1516 a visé Édouard Philippe tout en affirmant que, jusqu’à ce que TF1 en parle, cette campagne était restée « peu visible » et faisait « partie de la routine habituelle des attaques russes, qui ne passent jamais le mur du son ».

De la même façon, Gabriel Attal a, ce jeudi 6 août, dénoncé sur RTL une « intervention directe d’une puissance étrangère » contre lui. « C’est une élection qui peut être faussée, qui peut être volée aux français », a-t-il ajouté. Viginum a confirmé auprès du Monde avoir détecté cette opération de désinformation, l’imputant cette fois avec « une confiance élevée » à l’autre réseau prorusse Matriochka. De la même façon, cette opération était restée « peu visible » avant qu’elle soit dénoncée, selon une source de l’AFP.

Concernant Raphaël Glucksmann, c’est le 1er août que le journaliste Edwy Plenel a alerté sur le fait que « divers comptes diffusent une fakenews avec un article bidon me citant, un mail inventé que je n’ai jamais reçu et une vidéo où ma voix est trafiquée, le tout mensongèrement attribué à Blast. Tout y est faux. Un exemple des opérations de déstabilisation numérique ». Ces comptes relaient le mensonge accusant Léa Salamé, journaliste et compagne de Raphaël Glucksmann, de proposer 50 000 euros « en échange de la publication d’articles visant à donner une image positive » du dirigeant de Place publique. Sur RTL, Raphaël Glucksmann a pointé du doigt une tentative de la Russie « de créer le doute dans la société française », citant lui aussi Storm-1516.

Le site auquel renvoient les différents comptes est similaire à celui du média indépendant Blast. De même pour le nom de domaine dans lequel seule l’absence d’un tiret entre blast et info diffère de celle du site originel. Comme l’a remarqué Libération, pour coller à l’identité du site d’information indépendant, les faussaires ont aspiré 181 pages du vrai site de Blast pour les reprendre. Le faux site est pour l’instant toujours accessible. Le nom de domaine a été enregistré auprès du registrar lituanien Hostinger et est actuellement en statut « gelé » (« frozen »).

Comme l’explique l’Afnic dans son guide pratique [PDF], ce statut « annule l’ensemble des opérations en cours de traitement par l’Afnic et empêche toute demande d’opération à venir sur le nom de domaine […]. Mais cette opération n’altère pas le fonctionnement du nom de domaine ». Un nom de domaine peut être gelé si une décision de justice l’ordonne à l’Afnic, lors de procédures alternatives de résolution de litiges ou à l’ouverture d’une procédure de vérification.

La vidéo accompagnant les messages dénoncés par le journaliste de Médiapart reprend aussi les codes graphiques de Blast avec son logo et essaye de reprendre le ton du média. Mais les voix générées par IA de Léa Salamé, Edwy Plenel et de la journaliste de Blast, Salomé Saqué, sont marquées par des accents robotiques laissant la trace de l’IA générative.

Les différents posts ayant participé à la diffusion sur X de la vidéo et de l’article affichent des chiffres de consultation importants, mais il est difficile de savoir si la médiatisation du sujet n’a pas joué comme un effet d’aubaine.

En réaction à cette nouvelle vague de désinformation concernant les personnalités politiques, certains candidats demandent que des mesures soient prises.

Marine Tondelier demande des mesures d’interdiction pendant les élections

Directement concerné, Raphaël Glucksmann a appelé encore sur RTL de façon grandiloquante à « la résistance » : « Ce que je demande, c’est qu’on n’ait pas la main qui tremble face à Elon Musk et X, qu’on n’ait pas la main qui tremble face au Parti communiste chinois », a-t-il ajouté, visant aussi TikTok, accusant les deux réseaux sociaux de ne pas respecter les règles européennes.

Dans une interview à Libération, Marine Tondelier demande, de son côté, de « menacer des plateformes comme X d’une interdiction pendant les élections ». « Il faut appliquer cette sanction en cas d’ingérences constatées en amont », ajoute-t-elle. Les ingérences ne s’arrêtent pourtant pas aux périodes électorales.

La présidente du parti Les Écologistes n’a pour autant pas quitté le réseau social d’Elon Musk. Elle affirme à nos confrères : « J’ai à titre personnel désinstallé l’application, oui », mais précise : « J’écris mes posts mais je laisse mon équipe les publier et y assurer un travail de veille ». Elle ajoute que, « politiquement, aujourd’hui, c’est impossible d’être absent de X car nous en sommes tous devenus dépendants ».

Grokipedia n’est plus mise à jour depuis 3 mois

6 août 2026 à 09:27
Les IA peuvent aussi s'arrêter de produire
Grokipedia n’est plus mise à jour depuis 3 mois

Aucune des pages du projet d’encyclopédie lancé par Elon Musk fin octobre 2025 n’a été modifié par du contenu généré par IA depuis avril. Aucune édition proposée par des humains n’a été prise en compte non plus.

En janvier dernier, Elon Musk twittait : « Grokipedia connaît une croissance fulgurante. Elle dépassera largement Wikipédia cette année ». Le projet affichait alors plus d’1,8 million d’entrées et un peu plus de 76 000 éditions approuvées par Grok, le système d’IA générative auquel l’encyclopédie est adossée.

Pas de modifications humaines approuvées depuis fin avril

Depuis, le projet raciste et désinformateur a encore grossi puisque la page d’accueil affiche actuellement un nombre de 6 092 140 articles. Mais là où elle listait les modifications en direct, cette page affiche maintenant le message « aucune modification en direct n’est disponible pour le moment ». Et, selon le média Lawfare, aucune modification n’a été approuvée depuis le 24 avril dernier, que ce soit pour des pages au sujet populaire ou obscur.

Ainsi, les journalistes de Lawfare ont repéré 12 modifications approuvées de la page concernant ChatGPT ce 24 avril. Mais toutes les modifications soumises pour cette page en mai, juin et juillet sont restées « en cours d’examen ».

« Ce schéma se retrouve quel que soit le sujet ou le niveau de fréquentation », expliquent-ils. Les utilisateurs peuvent toujours suggérer des modifications. Mais Lawfare a analysé 34 519 entrées de l’encyclopédie avec au moins une suggestion de modification. Et le média a constaté que les 225 496 modifications recommandées que cela représente sur les trois derniers mois n’ont ni été acceptées ni été rejetées.

Après approbation, le processus de Grokipedia prévoit une phase d’implémentation des modifications. Celle-ci a cessé un mois avant : depuis le 22 mars, Lawfare n’a trouvé aucune implémentation de modifications validées.

Le dernier message d’Elon Musk sur X à propos de son projet d’encyclopédie remonte au 22 février dernier. Il y annonçait la mise en place d’un système de notes de communautés comme celui de son réseau social, « afin de permettre aux utilisateurs d’apporter des modifications précises », mais le projet semble aussi en pause.

Plus de modification par Grok non plus

Selon nos confrères, l’encyclopédie n’est plus éditée non plus automatiquement par l’IA de xAI. Pourtant, en février, le chercheur en datajournalisme du Tow Center for Digital Journalism, C.J. Robinson, montrait, données à l’appui, que les modifications proposées par Grok dépassaient celles soumises par des utilisateurs humains, « représentant plus des trois quarts des suggestions ».

Mais en comparant ces données à l’état actuel de Grokipedia, Lawfare a constaté un autre problème : « un grand nombre de modifications qui figuraient auparavant dans la liste des « acceptées » apparaissent désormais comme « rejetées » ». Selon eux, une modification massive semble avoir eu lieu le 14 mars.

Mais le système de Grokipedia semble incohérent. Sur la page consacrée à l’actrice Prunella Scales, par exemple, 10 modifications faites lors de la semaine de lancement sont « approuvées » dans les archives de C.J. Robinson mais sont maintenant labellisées comme « rejetées », même si l’article les prend toujours en compte.

Wikipédia toujours très active mais avec des tensions dans la fondation

Pendant ce temps-là, un site nommé Babel recense en quasi-direct (avec 3 minutes de retard) les éditions des entrées dans Wikipedia en reconstruisant la tour légendaire du même nom, montrant que celle-ci est toujours aussi active. Dans un autre style, Listen to Wikipedia propose une visualisation et sonorisation en quasi-direct de ces éditions.

Pourtant, tout n’est pas rose dans l’univers de l’encyclopédie collaborative. Comme le relate l’infolettre d’août de la communauté francophone du projet, « alors que plus de 70 % des employés américains de la Fondation Wikimédia (WMF) ont exprimé leur volonté de se syndiquer, la direction de la WMF a refusé fin juillet de reconnaître volontairement le syndicat Wiki Workers United (WWU), préférant recourir à un processus plus long et complexe » :

« La branche américaine du WWU dénonce une obstruction antisyndicale. Le recours par la WMF à un cabinet d’avocats connu pour ses stratégies antisyndicales a conduit des contributeurs bénévoles à appeler ouvertement à la démission de la directrice de la WMF Bernadette Meehan, dont les réponses lors de la Wikimania 2026 n’avaient pas convaincu. »

Grokipedia n’est plus mise à jour depuis 3 mois

6 août 2026 à 09:27
Les IA peuvent aussi s'arrêter de produire
Grokipedia n’est plus mise à jour depuis 3 mois

Aucune des pages du projet d’encyclopédie lancé par Elon Musk fin octobre 2025 n’a été modifié par du contenu généré par IA depuis avril. Aucune édition proposée par des humains n’a été prise en compte non plus.

En janvier dernier, Elon Musk twittait : « Grokipedia connaît une croissance fulgurante. Elle dépassera largement Wikipédia cette année ». Le projet affichait alors plus d’1,8 million d’entrées et un peu plus de 76 000 éditions approuvées par Grok, le système d’IA générative auquel l’encyclopédie est adossée.

Pas de modifications humaines approuvées depuis fin avril

Depuis, le projet raciste et désinformateur a encore grossi puisque la page d’accueil affiche actuellement un nombre de 6 092 140 articles. Mais là où elle listait les modifications en direct, cette page affiche maintenant le message « aucune modification en direct n’est disponible pour le moment ». Et, selon le média Lawfare, aucune modification n’a été approuvée depuis le 24 avril dernier, que ce soit pour des pages au sujet populaire ou obscur.

Ainsi, les journalistes de Lawfare ont repéré 12 modifications approuvées de la page concernant ChatGPT ce 24 avril. Mais toutes les modifications soumises pour cette page en mai, juin et juillet sont restées « en cours d’examen ».

« Ce schéma se retrouve quel que soit le sujet ou le niveau de fréquentation », expliquent-ils. Les utilisateurs peuvent toujours suggérer des modifications. Mais Lawfare a analysé 34 519 entrées de l’encyclopédie avec au moins une suggestion de modification. Et le média a constaté que les 225 496 modifications recommandées que cela représente sur les trois derniers mois n’ont ni été acceptées ni été rejetées.

Après approbation, le processus de Grokipedia prévoit une phase d’implémentation des modifications. Celle-ci a cessé un mois avant : depuis le 22 mars, Lawfare n’a trouvé aucune implémentation de modifications validées.

Le dernier message d’Elon Musk sur X à propos de son projet d’encyclopédie remonte au 22 février dernier. Il y annonçait la mise en place d’un système de notes de communautés comme celui de son réseau social, « afin de permettre aux utilisateurs d’apporter des modifications précises », mais le projet semble aussi en pause.

Plus de modification par Grok non plus

Selon nos confrères, l’encyclopédie n’est plus éditée non plus automatiquement par l’IA de xAI. Pourtant, en février, le chercheur en datajournalisme du Tow Center for Digital Journalism, C.J. Robinson, montrait, données à l’appui, que les modifications proposées par Grok dépassaient celles soumises par des utilisateurs humains, « représentant plus des trois quarts des suggestions ».

Mais en comparant ces données à l’état actuel de Grokipedia, Lawfare a constaté un autre problème : « un grand nombre de modifications qui figuraient auparavant dans la liste des « acceptées » apparaissent désormais comme « rejetées » ». Selon eux, une modification massive semble avoir eu lieu le 14 mars.

Mais le système de Grokipedia semble incohérent. Sur la page consacrée à l’actrice Prunella Scales, par exemple, 10 modifications faites lors de la semaine de lancement sont « approuvées » dans les archives de C.J. Robinson mais sont maintenant labellisées comme « rejetées », même si l’article les prend toujours en compte.

Wikipédia toujours très active mais avec des tensions dans la fondation

Pendant ce temps-là, un site nommé Babel recense en quasi-direct (avec 3 minutes de retard) les éditions des entrées dans Wikipedia en reconstruisant la tour légendaire du même nom, montrant que celle-ci est toujours aussi active. Dans un autre style, Listen to Wikipedia propose une visualisation et sonorisation en quasi-direct de ces éditions.

Pourtant, tout n’est pas rose dans l’univers de l’encyclopédie collaborative. Comme le relate l’infolettre d’août de la communauté francophone du projet, « alors que plus de 70 % des employés américains de la Fondation Wikimédia (WMF) ont exprimé leur volonté de se syndiquer, la direction de la WMF a refusé fin juillet de reconnaître volontairement le syndicat Wiki Workers United (WWU), préférant recourir à un processus plus long et complexe » :

« La branche américaine du WWU dénonce une obstruction antisyndicale. Le recours par la WMF à un cabinet d’avocats connu pour ses stratégies antisyndicales a conduit des contributeurs bénévoles à appeler ouvertement à la démission de la directrice de la WMF Bernadette Meehan, dont les réponses lors de la Wikimania 2026 n’avaient pas convaincu. »

IA et reconnaissance faciale : le Royaume-Uni inaugure la police « proactive »

4 août 2026 à 15:19
1984 was not supposed to be an instruction manual
IA et reconnaissance faciale : le Royaume-Uni inaugure la police « proactive »

Un système de reconnaissance faciale en temps réel (LFR) déployé dans plusieurs milliers de magasins va alerter la police en temps réel lorsqu’il identifie les « délinquants les plus dangereux ». La police de Londres, qui revendique 2 000 arrestations grâce à la LFR depuis 2024, veut élargir à l’ensemble de la population un « projet pilote avec Palantir » conçu pour identifier de manière « proactive » les individus et comportements « problématiques » afin d’intervenir « avant que le préjudice ne survienne ».

Facewatch, un système de reconnaissance faciale utilisé pour identifier les voleurs par les milliers de magasins de plus de 100 enseignes britanniques, dont Sainsbury’s et Spar, a annoncé le lancement d’une fonctionnalité visant à « alerter immédiatement la police lorsque les délinquants les plus dangereux font l’objet d’une correspondance en temps réel grâce à la reconnaissance faciale ».

Nick Fisher, directeur général de Facewatch, précise que cette expérimentation serait testée à l’automne, et qu’elle devrait permettre d’alerter la police en quatre secondes en moyenne dès que les « pires délinquants » seraient repérés par son système, rapporte The Guardian.

« Il n’est pas illégal d’entrer dans un magasin, même si l’on a commis des délits par le passé », rétorque Charlie Whelton, de l’ONG de défense des droits humains Liberty :

« L’idée d’appeler la police pour quelqu’un qui n’a pas commis de délit, mais dont on craint qu’il puisse en commettre un, bouleverse véritablement notre façon de fonctionner. Et bien sûr, ce n’est pas infaillible. Ces systèmes commettent des erreurs, et il est très difficile de contester cela quand on en est victime. »

The Guardian rappelle que plusieurs personnes ont d’ores et déjà été refoulées de magasins après y avoir été identifiées à tort par la technologie Facewatch comme des voleurs à l’étalage, qualifiant d’« orwellienne » cette façon d’être « considérées comme coupables jusqu’à preuve du contraire ».

L’article ne précise pas, cela dit, quels critères permettront de définir les « délinquants les plus dangereux », ni les mesures qui seraient prises pour que la liste puisse être interfacée avec le système de Facewatch sans risque de fuiter.

« La plus grande base de données privée sur la criminalité au Royaume-Uni »

Sur son site, Facewatch se présente comme « le seul outil de prévention de la criminalité qui identifie de manière proactive les délinquants connus, permettant ainsi au personnel d’intervenir avant même qu’un délit ne soit commis ».

Facewatch aurait ainsi envoyé plus de 57 000 alertes proactives au sujet de « délinquants connus », identifiés dans les milliers de magasins de ses plus de 125 clients pour le seul mois de juin, et près de 300 000 ces six derniers mois. Le service revendique un taux de réussite de « 99,98 % », et « jusqu’à 70 % » de diminution de la délinquance.

Les voleurs à l’étalage se limitant rarement à un seul magasin en particulier, Facewatch permet aussi à ses clients d’accéder à ce que l’entreprise présente comme « la plus grande base de données privée sur la criminalité au Royaume-Uni », constituée par les renseignements qu’ils partagent au sujet des « récidivistes » identifiés :

« Les abonnés peuvent signaler de nouveaux suspects d’intérêt (SOI) par le biais de signalements d’infractions, qui doivent inclure une déclaration officielle d’un témoin attestant qu’une infraction a bien eu lieu, ainsi que des motifs raisonnables permettant de soupçonner le SOI d’en être l’auteur. Facewatch examine chaque signalement afin de s’assurer que ces deux éléments sont bien établis. L’abonné ne peut consulter que les signalements et les SOI qu’il a lui-même enregistrés. »

La page Privacy de Facewatch précise qu’une alerte comprend une ou plusieurs images faciales, le pourcentage de certitude quant à la correspondance des images, ainsi qu’une galerie d’images conservées de la personne recherchée, le type d’infraction et tout indicateur d’alerte (par exemple, violence) qui lui est associée :

« Toutes les alertes font l’objet d’une double vérification algorithmique avant leur envoi et ne sont transmises que si le taux de similitude est supérieur à 99 % ou si un analyste facial de Facewatch estime qu’il y a correspondance. »

Facewatch indique par ailleurs utiliser les serveurs AWS au Royaume-Uni pour héberger ses opérations de traitement, et recourir à son SaaS de reconnaissance faciale AWS pour effectuer un contrôle secondaire de précision en complément de celui émanant de son propre logiciel.

2 000 arrestations à Londres depuis 2024 grâce à la reconnaissance faciale

L’annonce de cette expérimentation intervient alors que la Metropolitan Police (Met) de Londres vient pour sa part d’annoncer, en juin dernier, qu’elle prévoit elle aussi d’élargir le recours à la technologie de reconnaissance faciale en temps réel (LFR), dans sept quartiers l’an prochain.

Une expérimentation à Croydon, dans la banlieue sud de Londres, aurait permis l’arrestation, entre octobre 2025 et mai 2026, de 173 personnes, dont une femme recherchée depuis plus de 20 ans, rapporte la BBC. Bien que plus de 470 000 personnes soient passées devant les caméras, la LFR n’aurait connu qu’une seule fausse alerte.

Au total, la LFR aurait conduit à plus de 2 000 arrestations depuis 2024, mais également permis de réduire la criminalité de 10,5 %, notamment les infractions commises dans le commerce de détail, les comportements antisociaux, contribuant même à une « baisse significative des violences faites aux femmes et aux filles » avance la Met.

Elle n’explique aucunement en quoi le système de reconnaissance faciale y aurait en lui-même contribué, mais précise que les caméras, montées sur du mobilier urbain, ne sont activées que lors des déploiements d’agents sur le terrain.

De plus, des agents spécialisés et des équipes de police de proximité sont également « déployés tout au long de chaque opération » pour interagir avec le public et répondre à leurs craintes en matière de reconnaissance faciale policière.

Cette « baisse significative des violences faites aux femmes et aux filles », et la réduction de la criminalité, seraient dès lors tout autant, voire bien plus, imputables à cette présence renforcée, et donc dissuasive, de policiers au contact de la population qu’à la reconnaissance faciale en tant que telle.


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☕️ Les lunettes Meta se font bannir des événements, tribunaux et même des navires

30 juillet 2026 à 06:42


De plus en plus de lieux et d’événements interdisent le port des lunettes connectées de Meta. C’est le cas des organisateurs de l’édition 2026 de la DEF CON, qui ouvrira ses portes à Las Vegas la semaine prochaine : ces montures capables d’enregistrer de la vidéo seront interdites dans les travées du grand raout annuel des spécialistes de la cybersécurité, comme le rapporte The Register. « Aucune exception n’est prévue pour les modèles équipés de verres correcteurs. Si vous en avez besoin, pensez donc à emporter une paire de lunettes conforme au règlement », ajoutent les organisateurs.

« Ravi de voir DEF CON adopter une politique “pas de lunettes de pervers” », s’est réjouie dans la foulée Eva Galperin, directrice cybersécurité à l’EFF. L’actualité de ces derniers mois a renforcé les craintes suscitées par ces lunettes, capables d’enregistrer discrètement leur environnement et les personnes qui s’y trouvent.

On a vu ainsi fleurir des vidéos de type « caméra cachée » franchement lourdingues, que ce soit des blagues ou des techniques de drague. Instagram a d’ailleurs annoncé il y a quelques jours le retrait de ces vidéos, sans préciser les moyens techniques qui seront mis en œuvre pour la suppression de ce contenu.

Les lunettes intègrent bien une diode LED pour signaler un enregistrement, mais elle peut être trafiquée. Meta a cependant promis de bloquer les enregistrements. Mais un problème demeure : les personnes filmées peuvent ignorer la signification de cette lumière.

Les tribunaux de l’État de New York interdisent les lunettes connectées.

La DEF CON est loin d’être la seule structure à bannir ces lunettes connectées. Monopoly Events, qui organise plusieurs Comic Con au Royaume-Uni, a interdit les lunettes Meta et, plus largement, tout dispositif d’enregistrement porté sur soi. Depuis le 20 juillet, les tribunaux de l’État de New York interdisent (PDF) ces dispositifs à l’intérieur des palais de justice. C’est aussi le cas ailleurs, comme à Philadelphie où les personnes qui refusent d’obtempérer peuvent être expulsées et s’exposent à des poursuites pour outrage.

Dès décembre dernier, MSC Croisières a interdit ces lunettes dans les espaces publics de ses navires. Le règlement parle d’appareils capables « d’enregistrer ou de transmettre des données de manière dissimulée ou discrète ». Dans le même secteur d’activité, Royal Caribbean a adopté une restriction similaire au mois de février.

La liste des interdictions est encore assez réduite, mais elles pourraient faire tâche d’huile au fur et à mesure de la reconnaissance publique de ces appareils, que ce soit grâce à leur succès commercial ou aux dérives qui les accompagnent. À New York et à Londres, une campagne activiste détourne les publicités de Meta dans les abribus. On peut par exemple y voir une photo modifiée de Jeffrey Epstein portant des lunettes, au-dessus du slogan : « Des lunettes pour ceux qui ne s’embarrassent pas du consentement. » Glaçant…

☕️ Les lunettes Meta se font bannir des événements, tribunaux et même des navires

30 juillet 2026 à 06:42


De plus en plus de lieux et d’événements interdisent le port des lunettes connectées de Meta. C’est le cas des organisateurs de l’édition 2026 de la DEF CON, qui ouvrira ses portes à Las Vegas la semaine prochaine : ces montures capables d’enregistrer de la vidéo seront interdites dans les travées du grand raout annuel des spécialistes de la cybersécurité, comme le rapporte The Register. « Aucune exception n’est prévue pour les modèles équipés de verres correcteurs. Si vous en avez besoin, pensez donc à emporter une paire de lunettes conforme au règlement », ajoutent les organisateurs.

« Ravi de voir DEF CON adopter une politique “pas de lunettes de pervers” », s’est réjouie dans la foulée Eva Galperin, directrice cybersécurité à l’EFF. L’actualité de ces derniers mois a renforcé les craintes suscitées par ces lunettes, capables d’enregistrer discrètement leur environnement et les personnes qui s’y trouvent.

On a vu ainsi fleurir des vidéos de type « caméra cachée » franchement lourdingues, que ce soit des blagues ou des techniques de drague. Instagram a d’ailleurs annoncé il y a quelques jours le retrait de ces vidéos, sans préciser les moyens techniques qui seront mis en œuvre pour la suppression de ce contenu.

Les lunettes intègrent bien une diode LED pour signaler un enregistrement, mais elle peut être trafiquée. Meta a cependant promis de bloquer les enregistrements. Mais un problème demeure : les personnes filmées peuvent ignorer la signification de cette lumière.

Les tribunaux de l’État de New York interdisent les lunettes connectées.

La DEF CON est loin d’être la seule structure à bannir ces lunettes connectées. Monopoly Events, qui organise plusieurs Comic Con au Royaume-Uni, a interdit les lunettes Meta et, plus largement, tout dispositif d’enregistrement porté sur soi. Depuis le 20 juillet, les tribunaux de l’État de New York interdisent (PDF) ces dispositifs à l’intérieur des palais de justice. C’est aussi le cas ailleurs, comme à Philadelphie où les personnes qui refusent d’obtempérer peuvent être expulsées et s’exposent à des poursuites pour outrage.

Dès décembre dernier, MSC Croisières a interdit ces lunettes dans les espaces publics de ses navires. Le règlement parle d’appareils capables « d’enregistrer ou de transmettre des données de manière dissimulée ou discrète ». Dans le même secteur d’activité, Royal Caribbean a adopté une restriction similaire au mois de février.

La liste des interdictions est encore assez réduite, mais elles pourraient faire tâche d’huile au fur et à mesure de la reconnaissance publique de ces appareils, que ce soit grâce à leur succès commercial ou aux dérives qui les accompagnent. À New York et à Londres, une campagne activiste détourne les publicités de Meta dans les abribus. On peut par exemple y voir une photo modifiée de Jeffrey Epstein portant des lunettes, au-dessus du slogan : « Des lunettes pour ceux qui ne s’embarrassent pas du consentement. » Glaçant…

[MàJ] PSN et Xbox hors service : le jeu dématérialisé pris au piège des serveurs

29 juillet 2026 à 06:42
Problème de connexion pour le futur sans disque
[MàJ] PSN et Xbox hors service : le jeu dématérialisé pris au piège des serveurs

À quelques heures d’intervalle, les services en ligne de PlayStation et de Xbox sont tombés dans les choux, laissant sur le carreau de nombreux joueurs désireux d’accéder à leurs jeux. Voilà qui n’annonce rien de bon pour l’avenir tout dématérialisé que préparent les constructeurs de consoles.

Le réseau Xbox a connu plusieurs hoquets ces derniers jours. La panne du 23 juillet tombait très mal : les joueurs ayant acheté l’accès anticipé à Halo: Campaign Evolved trépignaient derrière les serveurs de Microsoft pour lancer le remaster de leur jeu de tir préféré. Ils ont dû attendre quelques heures de plus, tout comme de nombreux autres utilisateurs des services en ligne Xbox, sur leurs consoles, PC, ainsi que dans le cloud.

Une panne « inacceptable »

Mais le pire était à venir. Les services Xbox n’ont pas fonctionné durant une bonne partie de la journée de lundi. Ce coup de mou a empêché les joueurs d’accéder à leur compte et donc à leur bibliothèque de jeux dématérialisés. Elle a même pu empêcher le lancement des disques de jeux.

La situation a été rétablie une quinzaine d’heures plus tard. La situation est telle que le directeur technique de Xbox, Scott Van Vliet, est sorti du bois pour donner une première explication technique de ce qui s’était passé. La panne, qu’il qualifie d’« inacceptable », trouve son origine dans une défaillance d’un service externe de gestion des licences dont dépend Xbox.

Plusieurs « scénarios » de connexion ont cessé de fonctionner correctement, tout comme des opérations qui nécessitent la vérification des droits d’accès (affichage de la bibliothèque, lancement des jeux). Les premiers signaux ont été signalés dans la nuit de dimanche à lundi. Les équipes de Microsoft ont « isolé l’infrastructure défaillante », puis rétabli le service mais de manière inégale selon les régions.

Mais au-delà de la cause de la panne, le CTO veut comprendre pourquoi la défaillance d’un seul service a pu provoquer un incident d’une telle ampleur. Pourquoi le rétablissement a pris autant de temps et comment éviter qu’un point de défaillance unique puisse de nouveau gâcher la journée des joueurs. Des changements profonds vont être effectués dans l’infra des services Xbox, pour la connexion comme pour le lancement des jeux. Scott Van Vliet promet également une communication plus rapide et plus claire quand un problème survient.

Au moins, Xbox tente de jouer la carte de la transparence, contrairement à Sony qui s’est muré dans le silence le plus total pendant et après la panne qui a touché le PSN vendredi 24 juillet. Pendant 6 heures environ, les services en ligne de PlayStation ont fonctionné en pointillés, empêchant de nombreux joueurs de lancer leurs jeux dématérialisés et de se connecter aux serveurs pour les parties en multi.

Il a fallu suivre la page de statut des services en ligne pour se tenir au courant des évolutions de l’arrêt des machines. Le PSN aurait été pris dans la nasse de la grosse panne chez AWS, qui touchait plusieurs sites et plateformes web au même moment.

L’avenir merveilleux du tout-démat’

Ces incidents interviennent au plus mauvais moment pour les constructeurs de consoles, qui depuis des années préparent les esprits à des jeux entièrement dématérialisés. Sony a d’ailleurs programmé l’arrêt des jeux physiques PlayStation pour janvier 2028, ce qui annonce une PS6 sans lecteur de disques. Le projet Helix de future Xbox pourrait bien suivre le même chemin, même si Microsoft n’a rien confirmé.

Sony s’engageait à « mobiliser en priorité » ses ressources pour innover dans la manière dont les joueurs accèdent aux jeux – pas de bol, la panne de la semaine dernière a aussi touché le PlayStation Store – et promettait « une expérience de jeu de tout premier ordre ». On ne peut pas dire que ce soit très bien parti.

Pour les joueurs attachés à l’objet physique, les galettes de jeux sont une solution à ces problèmes de serveurs, mais ces supports ne sont pas la panacée pour autant. La panne chez Xbox a ainsi empêché le lancement des jeux sur disques. Et il y a belle lurette que les supports physiques ont besoin d’un téléchargement initial ou d’une mise à jour « day one ». Le site DoesItPlay? recense beaucoup de jeux jouables sans connexion internet et/ou téléchargement nécessaire : à mettre dans ses favoris.

Mise à jour 15h30 — Xbox a clarifié auprès de The Verge que l’impossibilité de lancer des jeux à partir d’un bon vieux disque pendant la panne de lundi n’aurait pas dû arriver. Scott Van Vliet explique que « les vérifications de licence pour les jeux sur support physique ne devraient pas empêcher les joueurs d’accéder à leurs titres : c’est ainsi que le système a été conçu ».

Et pourtant, c’est bien arrivé. Les disques pour Xbox One et Xbox Series X contiennent les informations nécessaires à la vérification du droit d’utilisation. Selon la documentation de Microsoft, les jeux entièrement pris en charge sur disque et ne nécessitant pas de connexion à internet devraient rester accessibles hors ligne.

Microsoft a identifié le problème ayant empêché les consoles d’utiliser correctement ces droits d’accès. Un correctif sera déployé dans les prochaines semaines.

[MàJ] PSN et Xbox hors service : le jeu dématérialisé pris au piège des serveurs

29 juillet 2026 à 06:42
Problème de connexion pour le futur sans disque
[MàJ] PSN et Xbox hors service : le jeu dématérialisé pris au piège des serveurs

À quelques heures d’intervalle, les services en ligne de PlayStation et de Xbox sont tombés dans les choux, laissant sur le carreau de nombreux joueurs désireux d’accéder à leurs jeux. Voilà qui n’annonce rien de bon pour l’avenir tout dématérialisé que préparent les constructeurs de consoles.

Le réseau Xbox a connu plusieurs hoquets ces derniers jours. La panne du 23 juillet tombait très mal : les joueurs ayant acheté l’accès anticipé à Halo: Campaign Evolved trépignaient derrière les serveurs de Microsoft pour lancer le remaster de leur jeu de tir préféré. Ils ont dû attendre quelques heures de plus, tout comme de nombreux autres utilisateurs des services en ligne Xbox, sur leurs consoles, PC, ainsi que dans le cloud.

Une panne « inacceptable »

Mais le pire était à venir. Les services Xbox n’ont pas fonctionné durant une bonne partie de la journée de lundi. Ce coup de mou a empêché les joueurs d’accéder à leur compte et donc à leur bibliothèque de jeux dématérialisés. Elle a même pu empêcher le lancement des disques de jeux.

La situation a été rétablie une quinzaine d’heures plus tard. La situation est telle que le directeur technique de Xbox, Scott Van Vliet, est sorti du bois pour donner une première explication technique de ce qui s’était passé. La panne, qu’il qualifie d’« inacceptable », trouve son origine dans une défaillance d’un service externe de gestion des licences dont dépend Xbox.

Plusieurs « scénarios » de connexion ont cessé de fonctionner correctement, tout comme des opérations qui nécessitent la vérification des droits d’accès (affichage de la bibliothèque, lancement des jeux). Les premiers signaux ont été signalés dans la nuit de dimanche à lundi. Les équipes de Microsoft ont « isolé l’infrastructure défaillante », puis rétabli le service mais de manière inégale selon les régions.

Mais au-delà de la cause de la panne, le CTO veut comprendre pourquoi la défaillance d’un seul service a pu provoquer un incident d’une telle ampleur. Pourquoi le rétablissement a pris autant de temps et comment éviter qu’un point de défaillance unique puisse de nouveau gâcher la journée des joueurs. Des changements profonds vont être effectués dans l’infra des services Xbox, pour la connexion comme pour le lancement des jeux. Scott Van Vliet promet également une communication plus rapide et plus claire quand un problème survient.

Au moins, Xbox tente de jouer la carte de la transparence, contrairement à Sony qui s’est muré dans le silence le plus total pendant et après la panne qui a touché le PSN vendredi 24 juillet. Pendant 6 heures environ, les services en ligne de PlayStation ont fonctionné en pointillés, empêchant de nombreux joueurs de lancer leurs jeux dématérialisés et de se connecter aux serveurs pour les parties en multi.

Il a fallu suivre la page de statut des services en ligne pour se tenir au courant des évolutions de l’arrêt des machines. Le PSN aurait été pris dans la nasse de la grosse panne chez AWS, qui touchait plusieurs sites et plateformes web au même moment.

L’avenir merveilleux du tout-démat’

Ces incidents interviennent au plus mauvais moment pour les constructeurs de consoles, qui depuis des années préparent les esprits à des jeux entièrement dématérialisés. Sony a d’ailleurs programmé l’arrêt des jeux physiques PlayStation pour janvier 2028, ce qui annonce une PS6 sans lecteur de disques. Le projet Helix de future Xbox pourrait bien suivre le même chemin, même si Microsoft n’a rien confirmé.

Sony s’engageait à « mobiliser en priorité » ses ressources pour innover dans la manière dont les joueurs accèdent aux jeux – pas de bol, la panne de la semaine dernière a aussi touché le PlayStation Store – et promettait « une expérience de jeu de tout premier ordre ». On ne peut pas dire que ce soit très bien parti.

Pour les joueurs attachés à l’objet physique, les galettes de jeux sont une solution à ces problèmes de serveurs, mais ces supports ne sont pas la panacée pour autant. La panne chez Xbox a ainsi empêché le lancement des jeux sur disques. Et il y a belle lurette que les supports physiques ont besoin d’un téléchargement initial ou d’une mise à jour « day one ». Le site DoesItPlay? recense beaucoup de jeux jouables sans connexion internet et/ou téléchargement nécessaire : à mettre dans ses favoris.

Mise à jour 15h30 — Xbox a clarifié auprès de The Verge que l’impossibilité de lancer des jeux à partir d’un bon vieux disque pendant la panne de lundi n’aurait pas dû arriver. Scott Van Vliet explique que « les vérifications de licence pour les jeux sur support physique ne devraient pas empêcher les joueurs d’accéder à leurs titres : c’est ainsi que le système a été conçu ».

Et pourtant, c’est bien arrivé. Les disques pour Xbox One et Xbox Series X contiennent les informations nécessaires à la vérification du droit d’utilisation. Selon la documentation de Microsoft, les jeux entièrement pris en charge sur disque et ne nécessitant pas de connexion à internet devraient rester accessibles hors ligne.

Microsoft a identifié le problème ayant empêché les consoles d’utiliser correctement ces droits d’accès. Un correctif sera déployé dans les prochaines semaines.

Le programme de Wikimédia France pour une « ère du Web des Communs »

24 juillet 2026 à 15:40
Wonder WikiWoManIA
Le programme de Wikimédia France pour une « ère du Web des Communs »

À l’occasion des 25 ans de Wikipédia, qui rassemblaient 1 200 personnes à Paris, Wikimédia France dresse 6 « priorités » déclinées en 28 « recommandations concrètes », qualifiées de « véritable feuille de route politique et législative pour bâtir un écosystème numérique transparent et pluraliste » favorisant, à l’horizon 2035, les biens communs numériques.

La Cité des sciences et de l’industrie accueillait du 21 au 25 juillet à Paris la 21e édition de Wikimania, l’évènement mondial annuel organisé par Wikipedia, intitulée cette année « Liberté, Équité, Fiabilité », célébrant les 25 ans de l’encyclopédie participative et auquel Next avait été convié.

Plus de 1 200 personnes y ont assisté physiquement, dont un peu plus d’un tiers (34 %) ont moins de 35 ans et environ deux tiers provenant de pays situés en dehors de l’Europe du Nord et de l’Europe occidentale, et plus de 2 000 en ligne.

Une quinzaine de journalistes ont assisté à la conférence de presse, où Jimmy Wales, le fondateur de Wikipedia, a rappelé que les différents sites et projets de l’encyclopédie totalisaient 15 milliards de visites par mois. Interrogé par Next au sujet des problèmes posés par les sites d’info générés par IA, Jimmy Wales nous a répondu que « ce n’est pas seulement un problème, c’est une crise ».

Bernadette Meehan, directrice générale de la Fondation Wikimedia, a de son côté souligné que « l’Internet ne pourrait pas survivre sans Wikipedia » et que son objectif était d’informer, pas d’influencer, ce pourquoi « nous ne voulons pas d’opinions ».

Interrogée sur Grokipedia, la soi-disant encyclopédie générée par IA d’Elon Musk, créée pour concurrencer Wikipedia, elle a ironisé quant au fait que l’article la concernant contient non seulement des informations erronées, mais va également jusqu’à émettre des « opinions » biaisées à son sujet.

Rémy Gerbet, directeur exécutif de Wikimédia France, a de son côté rappelé que « nous sommes à la veille d’élections démocratiques majeures, dans un contexte de défiance et de désinformations ». Ce pourquoi l’association a profité de Wikimania pour publier un livre blanc, « Vers une société des communs numériques », qui formule un « diagnostic d’urgence », afin de « se faire entendre des candidats », au motif que « l’essor de l’intelligence artificielle générative et l’hégémonie des grandes plateformes font peser un double risque sur notre démocratie » :

  • d’une part, une saturation du web aggravée par des contenus synthétiques non vérifiables altérant la confiance des citoyens,
  • d’autre part, un phénomène d’enclosure juridique et économique entraînant la privatisation des savoirs et la captation de la valeur produite par la création humaine.

Dès lors, garantir une information « fiable, accessible et gouvernée collectivement dans l’intérêt général » constitue désormais un «enjeu démocratique majeur », avance l’association. C’est pourquoi elle appelle à « renforcer la résilience de notre espace informationnel, la préservation des biens communs numériques et la promotion d’une innovation respectueuse des principes démocratiques » :

« Nous nous trouvons aujourd’hui à la croisée des chemins. Les choix réglementaires, budgétaires et politiques que nous faisons aujourd’hui façonneront le visage du monde numérique de la prochaine décennie. Si nous laissons s’installer les logiques d’enclosure, de captation opaque de la valeur et de saturation par les contenus synthétiques, le web de demain sera un espace fragmenté, privatisé et hostile au jugement critique. »

« Cap sur 2035, l’ère du Web des Communs »

« Mais une autre trajectoire est possible », souligne-t-elle dans une conclusion prospective imaginant une « ère du Web des Communs » en 2035. Les biens communs numériques y seraient érigés en piliers de nos politiques publiques, afin de « concevoir un futur où la technologie émancipe au lieu d’enfermer », dans le cadre d’un écosystème numérique européen opérant lui aussi sa mue vers un modèle « durable, souverain et profondément démocratique » :

  • les systèmes d’intelligence artificielle générative ne seront plus des boîtes noires capturant unilatéralement la connaissance humaine, mais un écosystème d’IA fondé sur la réciprocité obligatoire (« Share-alike », à la manière des licences « libres »), où les grands modèles commerciaux (y compris les données d’entraînement et les poids des modèles d’intérêt public) nourriront en retour l’écosystème ouvert ;
  • un modèle inspiré par la sobriété et la gouvernance humaine de Wikipédia, le web sera composé d’architectures sécurisées dès la conception (« safe by design »), au point que les interfaces truquées (dark patterns) et les flux algorithmiques conçus pour maximiser l’addiction attentionnelle appartiendront au passé ;
  • une science ouverte généralisée, chaque recherche financée par le citoyen sera immédiatement disponible pour le citoyen, accélérant la lutte contre la désinformation globale, et les verrous numériques et tarifaires sur la culture définitivement abolis ;
  • une société de « consommation de l’information » transformée en une « véritable démocratie du savoir » reposant sur des citoyens ne se contentant pas d’aller voter, mais agissant aussi comme contributeurs co-gérant les communs de la connaissance de cette « république numérique ».

« Faire le choix des biens communs aujourd’hui, c’est refuser la fatalité des monopoles technologiques pour bâtir une autonomie numérique ouverte, humaine et durable », conclut Wikimédia, pour qui « il ne tient qu’aux décideurs publics de s’emparer de cette feuille de route pour faire de la France et de l’Europe les pionnières de cette nouvelle ère numérique » :

« Le modèle de Wikipédia a prouvé qu’une utopie numérique pouvait devenir une infrastructure mondiale indispensable. En 2035, les biens communs numériques ne seront plus l’exception alternative, mais l’architecture de référence de nos services publics et de notre économie de l’innovation. »

« Une troisième voie existe »

Le livre blanc de Wikimédia France dresse 6 « priorités » déclinées en 28 « recommandations concrètes », qualifiées de « véritable feuille de route politique et législative pour bâtir un écosystème numérique transparent et pluraliste » capable de conjuguer innovation, démocratie, protection des droits fondamentaux et accès universel à la connaissance. L’association « portera activement » cette feuille de route auprès des législateurs à l’approche des échéances politiques majeures que sont les sénatoriales en septembre 2026 et la présidentielle en 2027 :

  1. Préserver l’intégrité de l’information face aux risques de désinformation et de manipulation.
  2. Construire un partenariat équilibré entre éditeurs de solutions d’intelligence artificielle et producteurs de connaissances.
  3. Établir l’éducation aux médias et à l’information comme levier central de la résilience démocratique.
  4. Le rééquilibrage du droit d’auteur pour équilibrer la protection la création et la circulation des connaissances.
  5. La garantie d’un environnement numérique respectueux des libertés fondamentales et protecteur des utilisateurs.
  6. La reconnaissance des biens communs numériques comme des infrastructures stratégiques au service de la souveraineté, de l’innovation et de l’intérêt général.

Selon Wikimédia France, la souveraineté numérique ne saurait être « réduite à une simple logique d’autonomie industrielle ou de concurrence économique ». Elle « suppose également la préservation d’infrastructures de connaissance ouvertes, transparentes et gouvernées collectivement » :

« Entre le modèle des plateformes commerciales intégrées et une approche fondée sur le repli technologique, une troisième voie existe : celle des biens communs numériques. Faire des communs le pilier de nos politiques publiques signifie sanctuariser le principe d’une souveraineté ouverte, une approche où la technologie et l’information restent gouvernées démocratiquement, co-construites par et pour les humains, de manière transparente, et accessible à toutes et tous. »

Wikimédia rappelle que le fonctionnement de l’encyclopédie participative « illustre pleinement la notion de commun numérique », telle que développée notamment par Elinor Ostrom, première femme à recevoir le Prix dit Nobel d’économie « pour son analyse de la gouvernance économique, et en particulier, des biens communs » : une ressource partagée (le savoir), gérée par une communauté (les contributeurs) selon un système de règles partagées et transparentes (la coconstruction des articles) visant à « éviter sa destruction ou sa capture par des intérêts privés », résume le livre blanc.

Un « test Wikipédia » avant tout projet de loi et de régulation du numérique

Wikimedia réclame un « soutien plus direct et stratégique » pour que la France et les instances européennes reconnaissent les communs numériques comme des « infrastructures stratégiques d’intérêt général », afin que des financements d’avenir pérennisent ces écosystèmes, « sans jamais interférer avec leur indépendance éditoriale ou leur gouvernance interne ». Cette demande fait écho à la Stratégie nationale de lutte contre les manipulations de l’information 2026 - 2030 dévoilée par le SGDSN et VIGINUM en février dernier.

Face à la polarisation algorithmique, elle rappelle que la « neutralité de point de vue » qui guide les projets de la connaissance libre comme Wikipédia vise à « représenter de manière honnête, proportionnée et documentée les différents points de vue et avis sérieux autour d’un fait ». Elle appelle les pouvoirs publics à y contribuer en soutenant les travaux de recherche et expérimentations visant à « développer des interfaces numériques favorisant la contextualisation, la diversité des perspectives et la transparence éditoriale ».

Wikimédia propose également d’instaurer un « Test Wikipédia » préventif, dont une version (en anglais) avait été mise en ligne l’an passé afin d’évaluer tout projet de loi et de régulation du numérique. Le test doit s’assurer que des obligations (souvent pensées pour censurer ou filtrer les réseaux sociaux commerciaux) ne détruisent pas le modèle collaboratif et non lucratif des communs par ricochet, et ne bloquent pas le partage libre des connaissances qui participe à l’intérêt général.


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☕️ Un badge sur Facebook pour distinguer les vrais humains des faux profils

24 juillet 2026 à 13:50


Sur internet, personne ne sait que vous êtes une IA… sauf avec un badge « vérifié ». Meta vient de lancer un nouveau programme Facebook Verified pour aider les humains du réseau social (mais en reste-t-il ?) à communiquer avec d’autres humains. Il s’agit d’un badge avec une coche, affiché à côté du nom du profil.

La vérification est gratuite, mais elle nécessite l’enregistrement d’un selfie vidéo. Ce dernier est ensuite comparé aux photos du profil pour confirmer que l’utilisateur est bien la personne qu’il annonce être. Le processus est rapide, promet Meta.

Au vu des informations que possède l’entreprise sur ses utilisateurs, un selfie vidéo de plus ou de moins ne changera probablement pas grand-chose, mais l’opération implique tout de même de confier à Meta une donnée biométrique supplémentaire.

Le programme est ouvert à tous les utilisateurs de Facebook âgés de 18 ans et plus, qui respectent les standards de la communauté, notamment les règles interdisant la fraude, les arnaques et les pratiques trompeuses. Le comportement de l’utilisateur ne devra présenter aucun signe de comportement non authentique. Le déploiement se fera progressivement, pays par pays.

Le badge « vérifié » sera visible sur les profils du Marketplace, du service Rencontres, des groupes et du profil pour commencer. À terme, les coches feront leur apparition dans les publications du fil d’actualité, ce qui ne sera pas inutile sur un réseau social où les IA et les contenus générés par IA pullulent. « Il devient essentiel de pouvoir distinguer clairement les vraies personnes », reconnait le groupe.

☕️ Un badge sur Facebook pour distinguer les vrais humains des faux profils

24 juillet 2026 à 13:50


Sur internet, personne ne sait que vous êtes une IA… sauf avec un badge « vérifié ». Meta vient de lancer un nouveau programme Facebook Verified pour aider les humains du réseau social (mais en reste-t-il ?) à communiquer avec d’autres humains. Il s’agit d’un badge avec une coche, affiché à côté du nom du profil.

La vérification est gratuite, mais elle nécessite l’enregistrement d’un selfie vidéo. Ce dernier est ensuite comparé aux photos du profil pour confirmer que l’utilisateur est bien la personne qu’il annonce être. Le processus est rapide, promet Meta.

Au vu des informations que possède l’entreprise sur ses utilisateurs, un selfie vidéo de plus ou de moins ne changera probablement pas grand-chose, mais l’opération implique tout de même de confier à Meta une donnée biométrique supplémentaire.

Le programme est ouvert à tous les utilisateurs de Facebook âgés de 18 ans et plus, qui respectent les standards de la communauté, notamment les règles interdisant la fraude, les arnaques et les pratiques trompeuses. Le comportement de l’utilisateur ne devra présenter aucun signe de comportement non authentique. Le déploiement se fera progressivement, pays par pays.

Le badge « vérifié » sera visible sur les profils du Marketplace, du service Rencontres, des groupes et du profil pour commencer. À terme, les coches feront leur apparition dans les publications du fil d’actualité, ce qui ne sera pas inutile sur un réseau social où les IA et les contenus générés par IA pullulent. « Il devient essentiel de pouvoir distinguer clairement les vraies personnes », reconnait le groupe.

Google a-t-il assené un coup fatal au Web ouvert ?

24 juillet 2026 à 11:19
AI perçue, voire volée
Google a-t-il assené un coup fatal au Web ouvert ?

Alors que les médias français s s’inquiètent des conséquence du lancement récent des Aperçus IA sur leur audience, plusieurs grands éditeurs états-uniens envisagent très sérieusement de couper les ponts avec Google, ce qui signerait symboliquement la fin du Web ouvert tel qu’on le connait depuis plus de vingt ans.

Le Web ouvert a-t-il vécu ? La question se pose de façon nouvellement pressante en France, où Google vient finalement de lancer ses fameux Aperçus IA (AI Overviews), qui répondent directement aux questions de l’internaute grâce à un résumé généré par intelligence artificielle, avant d’égrainer la traditionnelle liste de liens hypertextes vers les sites susceptibles de délivrer l’information recherchée.

Un exemple pour mieux comprendre de quoi l’on parle ? Cherchons des informations relatives au fonctionnement du noyau et des pilotes au sein d’un système d’exploitation, avec une requête très générique. Depuis quelques jours, Google ne se contente plus de retourner une liste de liens parmi lesquels on espèrerait voir apparaître le récent article de Vincent consacré au sujet.

Des résumés qui supplantent les publications sources

À la place, il intègre un bloc Aperçu IA qui synthétise les informations issues des pages Web considérées comme pertinentes. Ce bloc mentionne bien les sites dont les contenus ont alimenté la génération automatique, mais il en extrait une partie de la valeur pour la fournir directement à l’internaute, qui peut donc très bien se contenter de ce résumé, alors qu’il lui aurait fallu précédemment se rendre sur l’un ou l’autre des sites source.

L’Aperçu IA mentionne des sources, mais il renvoie très bas dans la page les premiers résultats naturels du référencement – capture d’écran

Ce faisant, Google provoque un manque à gagner pour l’éditeur du site qui apparait dans les résultats de recherche, puisque ce dernier compte sur le référencement de son contenu pour générer une audience qu’il monétisera ensuite soit via de la publicité, soit via la vente d’abonnements ou de services.

« Le déploiement d’AI Overviews et d’AI Mode marque un basculement profond : la recherche glisse vers un modèle « zéro clic », où la réponse reste dans l’interface Google plutôt que de renvoyer vers les sites éditeurs », dénoncent dans un communiqué commun daté du 22 juillet le Syndicat des acteurs du marketing en ligne (CPA), le Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil) et le Groupement des éditeurs en ligne (Geste).

Les trois structures reprochent ouvertement à Google d’avoir lancé cette fonctionnalité sans concertation préalable avec le secteur, sans fournir d’outils permettant de mesurer l’impact réel sur l’audience renvoyée vers les éditeurs et sans avoir prévu de mécaniques de compensation, à l’image de ce qui a été fait autour des droits voisins sous l’impulsion de l’Autorité de la concurrence. « Pour les médias français et les acteurs du web, il ne s’agit plus d’une inquiétude théorique mais d’un risque existentiel », ajoutent les signataires, soulevant l’hypothèse de voies de recours en cas de dialogue infructueux avec le leader mondial de la recherche en ligne.

Pour les médias en ligne, le risque est effectivement existentiel, même s’il n’est pas franchement inédit : le secteur s’était déjà alarmé de la même façon quand les réseaux sociaux, Facebook en tête, avaient réduit la portée offerte aux publications issues de la presse, alors même que tous avaient investi des moyens et des ressources considérables pour optimiser leur présence sur ces plateformes.

Lutter contre l’érosion des audiences

Bon nombre d’éditeurs dépendent aujourd’hui très fortement de Google, dans la mesure où le moteur de recherche et son algorithme de recommandation Discover (l’outil qui suggère automatiquement des articles sur Android ou Chrome, particulièrement sur mobile) représentent aujourd’hui leur principale source de trafic. Pour tous ces acteurs, l’enjeu consiste désormais à réduire cette dépendance, et donc à multiplier les canaux d’acquisition de nouveaux internautes, tout en renforçant leurs liens directs avec leurs lecteurs actuels.

Le sujet est particulièrement critique pour les médias gratuits financés par la publicité, dont les revenus sont partiellement corrélés à l’audience. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs pris le mors aux dents cette semaine, en communiquant directement sur le sujet.

« Moins de visites, ce sont donc moins de moyens pour continuer à tester des véhicules en conditions réelles, entretenir ces outils gratuits et défendre une ligne éditoriale libre sur la mobilité électrique. On ne va pas vous le cacher : être moins visible dans vos recherches représente donc un vrai risque pour nous, mais également pour tous nos confrères », écrit par exemple le site Automobile Propre (groupe Braxton), avant d’appeler explicitement ses lecteurs à s’inscrire à sa newsletter, à créer un compte, à s’abonner à ses comptes sociaux… ou à le suivre sur Google.

Même son de cloche du côté de Numerama (Humanoid, filiale du groupe Ebra), selon qui il est tout à fait probable que son site, « comme la plupart des sites web que vous lisez, disparaisse de Google ». Le ton ne se veut cependant pas défaitiste, au contraire : « Le site web a une grande importance, mais aujourd’hui, la majorité de nos lectures se font ailleurs : nous avons pleinement embrassé la nouvelle réalité pour les médias, qui doivent trouver le public où il est. Pas l’inverse, où nous fonçons dans le mur », explique son directeur des opérations, Julien Cadot, avant de détailler comment Numerama a investi tous les canaux de distribution disponibles, en misant notamment sur la vidéo. Lui aussi appelle les lecteurs à se connecter directement à Numerama, au travers par exemple de son offre de newsletters.

Désintermédier au maximum la relation avec le lecteur (autrement dit, établir un lien le plus direct possible) et multiplier les canaux de distribution, l’idée fait son chemin depuis des mois dans la plupart des colloques, cercles de réflexion et publications qui réfléchissent à l’avenir des médias en ligne. Reste que la dépendance à Google est toujours bien réelle. À tel point qu’outre-Atlantique, certains acteurs réfléchissent désormais à couper les ponts.

Des médias de premier plan réfléchissent à bloquer l’indexation par Google

L’utilisation des contenus en ligne pour l’entrainement des grands modèles de langage a déjà constitué une première pomme de discorde, mais le déploiement à grande échelle des Aperçus IA a catalysé la grogne. Testés depuis mai 2024 aux États-Unis, ceux-ci semblent en effet bien provoquer des baisses d’audience massives chez les médias en ligne.

USA Today aurait ainsi perdu 18 % du trafic associé au référencement naturel sur Google entre juin 2025 et juin 2026, d’après des mesures réalisées via Semrush (un outil d’optimisation et de mesure du référencement). « Il est temps de prendre position et de dire que ça suffit ! », a déclaré son directeur général, Mike Reed, cité par le Wall Street Journal. En réaction, le groupe (qui édite USA Today mais aussi des centaines de médias locaux) envisage de couper l’indexation de ses contenus par Google si la baisse se poursuit. Des réflexions seraient également en cours au sein d’organes tels que Politico, The Economist ou l’agence Reuters. Reddit, qui a pourtant signé un accord à 60 millions de dollars avec Google en 2024 pour l’autoriser à entraîner ses modèles sur son contenu communautaire, évaluerait aussi ses options, affirme le WSJ.

Google, de son côté, répète à l’envi que les réponses générées par IA contribuent à la visibilité des contenus, et renvoient des milliards de clics vers les sites des éditeurs. Le moteur a par ailleurs annoncé début juin l’introduction d’une option permettant d’exclure son site des Aperçus IA au niveau de la Search Console (l’outil qui permet de visualiser les paramètres du référencement d’un site dans Google). Il promet que l’activation de cette option (non disponible dans notre propre Search Console) n’aura pas d’impact sur le classement des liens dans les pages de résultat.

En attendant, les éditeurs voient donc leurs contenus nourrir par défaut les résumés générés par IA, ce dont certains ne se satisfont pas : Penske Media, l’éditeur de Rolling Stone, Billboard, Variety et Hollywood Reporter, a déposé plainte contre Google en septembre 2025 en raison d’AI Overviews. L’entreprise de presse y considère que Google utilise son monopole « pour contraindre les éditeurs en ligne […] à fournir du contenu que Google republie sans autorisation dans des réponses générées par l’IA qui rivalisent de manière déloyale pour attirer l’attention des utilisateurs sur Internet, en violation des lois étasuniennes contre les monopoles ».

Certains, comme News Corp (maison mère du WSJ) ont déjà noué un accord avec Google et sont donc indemnisés pour l’utilisation faite de leurs contenus, mais quid des éditeurs qui ne sont pas en mesure de négocier, directement ou par l’intermédiaire d’une représentation, avec le moteur de recherche ? Si l’idée de se couper complètement de Google est séduisante, elle constitue un trade-off difficile à accepter. « L’audience peut être irrégulière et en baisse, mais l’audience reste l’audience », résume Josh Muncke, vice président en charge de l’IA chez The Economist auprès du WSJ.

Le Web ouvert a-t-il encore un avenir ?

D’un côté, il y a donc ce que le chercheur Olivier Ertzscheid décrit comme un pacte faustien imposé par Google : « laissez-moi indexer et réutiliser vos contenus et en échange vous serez visibles, ou empêchez-moi de le faire et l’audience de vos sites sera quasi nulle ».

Ceux qui en acceptent les termes travaillent d’ailleurs à l’adaptation de leurs contenus à l’avènement des moteurs génératifs : c’est le fameux Generative Engine Optimization (GEO), qui regroupe l’ensemble des techniques grâce auxquelles les éditeurs ou les marques essaient de doper leur visibilité dans les réponses fournies par les grands modèles de langage.

De l’autre, il y a la tentation de fermer au maximum les vannes, pour éviter qu’un tiers ne s’accapare la valeur associée au contenu informationnel.

Dans les deux cas, il y a une remise en cause du principe dit de Web ouvert (open web), qui désigne la façon dont une pluralité de sites coexistent de façon interdépendante et s’oppose à la logique de jardin fermé (walled garden) dans laquelle une plateforme contrôle à la fois la diffusion des informations, la collecte des données et la monétisation associée.

Google, qui a construit sa fortune sur le web ouvert, se défend bien sûr de toute menace. « De notre point de vue, le Web est en plein essor », affirmait Nick Fox, l’un de ses vice-présidents, en juin dernier. « Il n’y a probablement pas d’entreprise qui se soucie plus de la santé et de l’avenir du Web que Google ».

Reste que si Google concentre la valeur sur ses propres pages, l’entreprise (re)crée un jardin fermé, qui n’est pas à l’abri des risques de paupérisation. Après tout, que resterait-il à Google pour alimenter ses réponses générées par IA si tous les éditeurs qui investissent dans la production de contenus de qualité décidaient de fermer leurs portes à ses robots d’indexation ? Nos tests menés depuis le lancement des Aperçus IA en France confirment que ces derniers sont déjà parasités par des fermes à contenus eux-même générés par IA, et donc sujets à tous les risques d’hallucinations, d’interprétations fallacieuses ou de manipulation que l’on connait.

« D’une certaine manière, Google se tire une balle dans le pied. Les entreprises spécialisées en IA cherchent désespérément de nouvelles données d’entraînement exemptes de bouillie générée par l’IA. En dissuadant activement les utilisateurs de consulter les sites web qui proposent de nouvelles informations, l’entreprise se prive d’une source essentielle de données dont elle a tant besoin », remarque Futurism.

Il ne fait guère de doute que la situation évoluera, à coup d’actions en justice ou d’évolutions réglementaires. En attendant, ce sont les utilisatrices et utilisateurs finaux qui restent les juges de paix, en décidant à qui, ou à quoi, ils accordent leur attention.

Google a-t-il assené un coup fatal au Web ouvert ?

24 juillet 2026 à 11:19
AI perçue, voire volée
Google a-t-il assené un coup fatal au Web ouvert ?

Alors que les médias français s s’inquiètent des conséquence du lancement récent des Aperçus IA sur leur audience, plusieurs grands éditeurs états-uniens envisagent très sérieusement de couper les ponts avec Google, ce qui signerait symboliquement la fin du Web ouvert tel qu’on le connait depuis plus de vingt ans.

Le Web ouvert a-t-il vécu ? La question se pose de façon nouvellement pressante en France, où Google vient finalement de lancer ses fameux Aperçus IA (AI Overviews), qui répondent directement aux questions de l’internaute grâce à un résumé généré par intelligence artificielle, avant d’égrainer la traditionnelle liste de liens hypertextes vers les sites susceptibles de délivrer l’information recherchée.

Un exemple pour mieux comprendre de quoi l’on parle ? Cherchons des informations relatives au fonctionnement du noyau et des pilotes au sein d’un système d’exploitation, avec une requête très générique. Depuis quelques jours, Google ne se contente plus de retourner une liste de liens parmi lesquels on espèrerait voir apparaître le récent article de Vincent consacré au sujet.

Des résumés qui supplantent les publications sources

À la place, il intègre un bloc Aperçu IA qui synthétise les informations issues des pages Web considérées comme pertinentes. Ce bloc mentionne bien les sites dont les contenus ont alimenté la génération automatique, mais il en extrait une partie de la valeur pour la fournir directement à l’internaute, qui peut donc très bien se contenter de ce résumé, alors qu’il lui aurait fallu précédemment se rendre sur l’un ou l’autre des sites source.

L’Aperçu IA mentionne des sources, mais il renvoie très bas dans la page les premiers résultats naturels du référencement – capture d’écran

Ce faisant, Google provoque un manque à gagner pour l’éditeur du site qui apparait dans les résultats de recherche, puisque ce dernier compte sur le référencement de son contenu pour générer une audience qu’il monétisera ensuite soit via de la publicité, soit via la vente d’abonnements ou de services.

« Le déploiement d’AI Overviews et d’AI Mode marque un basculement profond : la recherche glisse vers un modèle « zéro clic », où la réponse reste dans l’interface Google plutôt que de renvoyer vers les sites éditeurs », dénoncent dans un communiqué commun daté du 22 juillet le Syndicat des acteurs du marketing en ligne (CPA), le Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil) et le Groupement des éditeurs en ligne (Geste).

Les trois structures reprochent ouvertement à Google d’avoir lancé cette fonctionnalité sans concertation préalable avec le secteur, sans fournir d’outils permettant de mesurer l’impact réel sur l’audience renvoyée vers les éditeurs et sans avoir prévu de mécaniques de compensation, à l’image de ce qui a été fait autour des droits voisins sous l’impulsion de l’Autorité de la concurrence. « Pour les médias français et les acteurs du web, il ne s’agit plus d’une inquiétude théorique mais d’un risque existentiel », ajoutent les signataires, soulevant l’hypothèse de voies de recours en cas de dialogue infructueux avec le leader mondial de la recherche en ligne.

Pour les médias en ligne, le risque est effectivement existentiel, même s’il n’est pas franchement inédit : le secteur s’était déjà alarmé de la même façon quand les réseaux sociaux, Facebook en tête, avaient réduit la portée offerte aux publications issues de la presse, alors même que tous avaient investi des moyens et des ressources considérables pour optimiser leur présence sur ces plateformes.

Lutter contre l’érosion des audiences

Bon nombre d’éditeurs dépendent aujourd’hui très fortement de Google, dans la mesure où le moteur de recherche et son algorithme de recommandation Discover (l’outil qui suggère automatiquement des articles sur Android ou Chrome, particulièrement sur mobile) représentent aujourd’hui leur principale source de trafic. Pour tous ces acteurs, l’enjeu consiste désormais à réduire cette dépendance, et donc à multiplier les canaux d’acquisition de nouveaux internautes, tout en renforçant leurs liens directs avec leurs lecteurs actuels.

Le sujet est particulièrement critique pour les médias gratuits financés par la publicité, dont les revenus sont partiellement corrélés à l’audience. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs pris le mors aux dents cette semaine, en communiquant directement sur le sujet.

« Moins de visites, ce sont donc moins de moyens pour continuer à tester des véhicules en conditions réelles, entretenir ces outils gratuits et défendre une ligne éditoriale libre sur la mobilité électrique. On ne va pas vous le cacher : être moins visible dans vos recherches représente donc un vrai risque pour nous, mais également pour tous nos confrères », écrit par exemple le site Automobile Propre (groupe Braxton), avant d’appeler explicitement ses lecteurs à s’inscrire à sa newsletter, à créer un compte, à s’abonner à ses comptes sociaux… ou à le suivre sur Google.

Même son de cloche du côté de Numerama (Humanoid, filiale du groupe Ebra), selon qui il est tout à fait probable que son site, « comme la plupart des sites web que vous lisez, disparaisse de Google ». Le ton ne se veut cependant pas défaitiste, au contraire : « Le site web a une grande importance, mais aujourd’hui, la majorité de nos lectures se font ailleurs : nous avons pleinement embrassé la nouvelle réalité pour les médias, qui doivent trouver le public où il est. Pas l’inverse, où nous fonçons dans le mur », explique son directeur des opérations, Julien Cadot, avant de détailler comment Numerama a investi tous les canaux de distribution disponibles, en misant notamment sur la vidéo. Lui aussi appelle les lecteurs à se connecter directement à Numerama, au travers par exemple de son offre de newsletters.

Désintermédier au maximum la relation avec le lecteur (autrement dit, établir un lien le plus direct possible) et multiplier les canaux de distribution, l’idée fait son chemin depuis des mois dans la plupart des colloques, cercles de réflexion et publications qui réfléchissent à l’avenir des médias en ligne. Reste que la dépendance à Google est toujours bien réelle. À tel point qu’outre-Atlantique, certains acteurs réfléchissent désormais à couper les ponts.

Des médias de premier plan réfléchissent à bloquer l’indexation par Google

L’utilisation des contenus en ligne pour l’entrainement des grands modèles de langage a déjà constitué une première pomme de discorde, mais le déploiement à grande échelle des Aperçus IA a catalysé la grogne. Testés depuis mai 2024 aux États-Unis, ceux-ci semblent en effet bien provoquer des baisses d’audience massives chez les médias en ligne.

USA Today aurait ainsi perdu 18 % du trafic associé au référencement naturel sur Google entre juin 2025 et juin 2026, d’après des mesures réalisées via Semrush (un outil d’optimisation et de mesure du référencement). « Il est temps de prendre position et de dire que ça suffit ! », a déclaré son directeur général, Mike Reed, cité par le Wall Street Journal. En réaction, le groupe (qui édite USA Today mais aussi des centaines de médias locaux) envisage de couper l’indexation de ses contenus par Google si la baisse se poursuit. Des réflexions seraient également en cours au sein d’organes tels que Politico, The Economist ou l’agence Reuters. Reddit, qui a pourtant signé un accord à 60 millions de dollars avec Google en 2024 pour l’autoriser à entraîner ses modèles sur son contenu communautaire, évaluerait aussi ses options, affirme le WSJ.

Google, de son côté, répète à l’envi que les réponses générées par IA contribuent à la visibilité des contenus, et renvoient des milliards de clics vers les sites des éditeurs. Le moteur a par ailleurs annoncé début juin l’introduction d’une option permettant d’exclure son site des Aperçus IA au niveau de la Search Console (l’outil qui permet de visualiser les paramètres du référencement d’un site dans Google). Il promet que l’activation de cette option (non disponible dans notre propre Search Console) n’aura pas d’impact sur le classement des liens dans les pages de résultat.

En attendant, les éditeurs voient donc leurs contenus nourrir par défaut les résumés générés par IA, ce dont certains ne se satisfont pas : Penske Media, l’éditeur de Rolling Stone, Billboard, Variety et Hollywood Reporter, a déposé plainte contre Google en septembre 2025 en raison d’AI Overviews. L’entreprise de presse y considère que Google utilise son monopole « pour contraindre les éditeurs en ligne […] à fournir du contenu que Google republie sans autorisation dans des réponses générées par l’IA qui rivalisent de manière déloyale pour attirer l’attention des utilisateurs sur Internet, en violation des lois étasuniennes contre les monopoles ».

Certains, comme News Corp (maison mère du WSJ) ont déjà noué un accord avec Google et sont donc indemnisés pour l’utilisation faite de leurs contenus, mais quid des éditeurs qui ne sont pas en mesure de négocier, directement ou par l’intermédiaire d’une représentation, avec le moteur de recherche ? Si l’idée de se couper complètement de Google est séduisante, elle constitue un trade-off difficile à accepter. « L’audience peut être irrégulière et en baisse, mais l’audience reste l’audience », résume Josh Muncke, vice président en charge de l’IA chez The Economist auprès du WSJ.

Le Web ouvert a-t-il encore un avenir ?

D’un côté, il y a donc ce que le chercheur Olivier Ertzscheid décrit comme un pacte faustien imposé par Google : « laissez-moi indexer et réutiliser vos contenus et en échange vous serez visibles, ou empêchez-moi de le faire et l’audience de vos sites sera quasi nulle ».

Ceux qui en acceptent les termes travaillent d’ailleurs à l’adaptation de leurs contenus à l’avènement des moteurs génératifs : c’est le fameux Generative Engine Optimization (GEO), qui regroupe l’ensemble des techniques grâce auxquelles les éditeurs ou les marques essaient de doper leur visibilité dans les réponses fournies par les grands modèles de langage.

De l’autre, il y a la tentation de fermer au maximum les vannes, pour éviter qu’un tiers ne s’accapare la valeur associée au contenu informationnel.

Dans les deux cas, il y a une remise en cause du principe dit de Web ouvert (open web), qui désigne la façon dont une pluralité de sites coexistent de façon interdépendante et s’oppose à la logique de jardin fermé (walled garden) dans laquelle une plateforme contrôle à la fois la diffusion des informations, la collecte des données et la monétisation associée.

Google, qui a construit sa fortune sur le web ouvert, se défend bien sûr de toute menace. « De notre point de vue, le Web est en plein essor », affirmait Nick Fox, l’un de ses vice-présidents, en juin dernier. « Il n’y a probablement pas d’entreprise qui se soucie plus de la santé et de l’avenir du Web que Google ».

Reste que si Google concentre la valeur sur ses propres pages, l’entreprise (re)crée un jardin fermé, qui n’est pas à l’abri des risques de paupérisation. Après tout, que resterait-il à Google pour alimenter ses réponses générées par IA si tous les éditeurs qui investissent dans la production de contenus de qualité décidaient de fermer leurs portes à ses robots d’indexation ? Nos tests menés depuis le lancement des Aperçus IA en France confirment que ces derniers sont déjà parasités par des fermes à contenus eux-même générés par IA, et donc sujets à tous les risques d’hallucinations, d’interprétations fallacieuses ou de manipulation que l’on connait.

« D’une certaine manière, Google se tire une balle dans le pied. Les entreprises spécialisées en IA cherchent désespérément de nouvelles données d’entraînement exemptes de bouillie générée par l’IA. En dissuadant activement les utilisateurs de consulter les sites web qui proposent de nouvelles informations, l’entreprise se prive d’une source essentielle de données dont elle a tant besoin », remarque Futurism.

Il ne fait guère de doute que la situation évoluera, à coup d’actions en justice ou d’évolutions réglementaires. En attendant, ce sont les utilisatrices et utilisateurs finaux qui restent les juges de paix, en décidant à qui, ou à quoi, ils accordent leur attention.

Xbox teste le cloud gaming gratuit financé par la publicité

24 juillet 2026 à 06:12
Pas de console, mais un cloud
Xbox teste le cloud gaming gratuit financé par la publicité

Le cloud gaming serait-il une solution au problème du matériel hors de prix ? Pas besoin de consoles ou de PC, une (bonne) connexion internet et une manette potable suffisent pour profiter des blockbusters les plus récents sur sa télé ou son smartphone. Plusieurs solutions sont disponibles, mais les principales sont payantes, chez Sony (PlayStation Plus), NVIDIA (GeForce Now), ou Microsoft (Xbox Cloud Gaming).

Xbox, qui selon le mot d’Asha Sharma veut « divertir plus d’un milliard de personnes chaque jour », a besoin d’élargir sa plateforme au-delà de Windows et de ses consoles. C’est ce qui l’a poussée à adapter plusieurs de ses grosses franchises à la concurrence (rendez-vous compte, le nouveau Halo est disponible sur PS5 !), mais aussi à tenter quelque chose de nouveau : une offre de cloud gaming gratuite pour les joueurs sur Xbox.

Ce nouveau service, objet de rumeurs depuis des mois, est désormais officiel. Xbox propose le streaming depuis le nuage sans frais, mais avec pas mal de contraintes. D’une, il faut posséder les jeux que l’on veut streamer, et seule une petite sélection est compatible ; on n’a pas accès au catalogue pléthorique du Game Pass, en revanche les jeux free to play sont supportés. De deux, les sessions sont limitées à 1 heure. De trois, la formule est financée par la publicité.

Une expérimentation, et plus si affinités

Il s’agit pour le moment d’une expérimentation réservée aux joueurs inscrits au programme Xbox Insiders, qui permet de tester des nouveautés avant qu’elles soient proposées au grand public. Deux minutes de publicités seront jouées avant le début de la session de jeu, il n’y aura pas de pause en plein combat de boss. Si le joueur veut aller au-delà de l’heure offerte, il devra visionner de nouvelles publicités. Microsoft promet d’appliquer à ces réclames « les mêmes critères de qualité qu’à nos contenus », ce qui ne mange pas de pain.

Image : Xbox

Les publicités doivent aussi « apporter une valeur ajoutée » et correspondre aux « attentes des joueurs sur chaque plateforme ». Microsoft s’engage enfin à indiquer clairement ce qui relève de la publicité. « Lorsqu’elle est bien utilisée, elle peut contribuer à réduire le coût d’accès », explique l’entreprise. « Elle offre aux joueurs une autre manière de découvrir des jeux sans devoir payer d’emblée pour le streaming, tout en élargissant le public grâce à de nouvelles façons de jouer. »

L’idée est on ne peut plus claire : alors que les consoles atteignent des prix ahurissants (les Xbox vont encore augmenter au 1er août, la Switch 2 en septembre), le cloud gaming permet de jouer à des titres récents « sans avoir à acheter immédiatement une nouvelle console ». Voilà qui est « particulièrement important dans les régions où les consoles sont plus difficiles à trouver ou moins abordables ».

Xbox veut apprendre de ce test, qui aura une durée limitée. Le Game Pass (payant) était jusqu’à présent le seul moyen d’accéder au streaming du Xbox Cloud Gaming. En parallèle, Microsoft a lancé une nouvelle offre Game Pass « Starter Edition » en bundle avec d’autres abonnements, comme Discord Nitro et Horizon+ (Meta). Elle propose l’accès à une cinquantaine de jeux et 10 heures de cloud gaming par mois.

Amazon s’y intéresse aussi

Toujours dans le registre du streaming de jeux, Amazon a annoncé l’intégration de son propre service Luna au sein de Prime Video. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, un nouvel onglet va apparaitre sur les Fire TV, qui donnera un accès direct au catalogue de la plateforme – elle compte quelques titres pas forcément récents mais bien connus et appréciés, comme Hogwarts Legacy, EA FC 26, Dispatch ou encore Indiana Jones et le Cercle Ancien.

« Seules quelques centaines de millions [de personnes] possèdent une console ou un PC suffisamment puissant pour jouer », explique Amazon. « Pour les autres, le coût et les contraintes les ont jusqu’ici tenues à l’écart. Luna s’adresse à ces joueurs, avec des jeux immersifs accessibles en quelques secondes, aussi faciles à trouver que les séries et les films qu’ils regardent déjà, et disponibles sur les appareils qu’ils possèdent déjà. » Un discours similaire à celui de Microsoft, qui pourrait effectivement être entendu par les joueurs peu enclins à s’équiper de matériel dernier cri.

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